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MONUMENTUM

12) ; quelques architectes reconnaissent aussi lui monopteros dans les ruines encore subsistantes, à Poiizzoles, d'un édifice connu sous le nom de temple de Séranis. MONOXYLUS, (ixovôÇuXoO. Littéralement, fait d'une seule pièce de bois. Ce

mot s'applique , comme épithète , à tout petit bateau creusé dans un tronc , comme au Unter, à Yalveus , à la scapliula (Plin. H. N. VI, 26) ; enfin, pris comme substantif, il désigne un bateau à large fond, dont les soldats romains se servaient pour jeter des ponts sur les rivières qu'il n'était pas possible de traverser à gué. Un certain nombre de ces bateaux étaient ordinairement transportés à la suite d'une armée sur des chariots (Veget. Mil. III, 7), et on les voit à splusieurs reprises représentés sur les colonnes Trajane et Antonine ; c'est à cette dernière qu'est emprunté le spécimen cijoint.

MONUMENTUM (iJ.vr,i;.a, |ivïi(i.£Tov ).

En général, toute image, tout signe, tout monument destiné à perpétuer la mémoire des personnes ou des choses. Ce mot s'applique aux statues , aux bâtiments et aux temples, surtout quand le nom du fondateur y était inscrit ( Cœs. B. C. II, 21 ; Cic. Ferr. i, 4 ; Div. i, 9 et 28);

2. Monumentum sepulcri , ou seulement monumentitm. Tombeau ou monument élevé en mémoire d'un mort , soit que ses restes y fussent réellement déposés (c'est alors proprement sepiUcrum), soit que ce ne fût qu'un édifice, un mausolée élevé en souvenir de quelque ami perdu dans un endroit autre que celui où était déposée sa dépouille mortelle (Florent. Dlg. ii, 7, 42; Festus , s. v.; Varro, L. L. vi, 45 j Sulpic. ap. Cic.

ad Fam. IV, 12; Hor. Sat. i, 8, 13; IN'epc.s, Dion. 10). On ne permettait pas d'élever ces monuments datis l'enceinte de la cité , excepté dans quelques cas très-rares, où cette faveur toute exceptionnelle était accordée comme une distinction précieuse (Plut. ^rat. 53). Ils étaient ordinairement construits sur les bords des grandes routes, formant une longue ligne continue d'un très-bel effet, et une avenue d'un aspect sévère, qui pouvait suggérer à tous les passants de nobles et graves pensées , et leur faire faire un retour sur eux-mêmes. La gravjire ci-jointe représente une rangée de tombeaux de chaque côté de la

roule , immédiatement à la sortie des portes de Pompéi, sur le grand chemin qui mène à Herculanum. Ce dessin donnera une idée de l'imposante grandeur que devaient présenter les aboixis de Rome par la voie Appienne, le long de laquelle s'élevaient jadis les monuments de beaucoup de ses grands hommes , de ses législateurs , de ses orateurs et de ses capitaines. On peut encore distinguer et suivre du regard, des deux côtés de la route, maintenant déserte , les restes et les ruines de ces monuments, sur une longueur d'environ quatre à cinq milles à partir de la ville. A Athènes, de même, les routes qui aboutissaient à la ville, et particulièrement le chemin de l'Académie, étaient bordés de tombeaux d'hommes illustres et de sépultures des guerriers morts pour la patrie (Pausau. i, 29). 3. (vuwpi(T|iaTa). Jouets, signes de reconnaissance attachés par les parents au cou des enfants qu'ils exposaient , afin que , s'ils avaient la chance de survivre , ils pussent être reconnus plus tard par leur famille (Tereut. Eun. iv,

MOBA.

MORTARUM.

G, 16). C'est ce qu'on désigne ordinairement par le terme pins général de Crkpundia. Voyez, à ce mot, une description étendue et une représentation fidèle de ces objets.

MORA (xvwôwv, TtTÉpuî). Dent en saillie ou barre transversale des deux côtés du fer de .

lance qui armait les épieux de chasse; elle était placée au-dessous de la pointe de ce fer, et fixée dans la virole ou dans le trou où venait s'enfoncer et s'adapter le manche de l'arme. C'était surtout pour la chasse au sanglier qu'on faisait usagede la mora; elle servait à empêcher la pointe de pénétrer trop avant dans le corps de l'animal : ce qui l'eut amené trop près du chasseur; car le sanglier se précipitant avec une grande violence sur l'épieu tendu , le manche de l'arme , s'il n'eût été arrêté par un obstacle , eût suivi le fer et se fût enfoncé jusques aux mains de la personne qui le tenait (Grat. Cyneg. 110;,Xen. Crn.

10, 3 et 16 ; Pollux, v, 22). Le dernier auteur cité établit une distinction entre )4va)5<ov et TTTspuÇ , distinction dont rendent compte d'une manière satisfaisante les deux spécimens ci-joints, représentant tous deux des fers d'épieux d'après d'anciens monuments ( Alstorp. de Hast, p, 179). Les deux pointes courbées comme des dents sont les xvw5ov- T£i; : les pointes droites qui s'élargissent à leurs extrémités, et qui ont un peu la forme d'ailes, sont les TiTepuYe;; mais, comme ces deux sortes d'appendices servaient au même usage et avaient pour but d'arrêter l'élan de l'animal , les écrivains latins les comprennent sous le même nom général de mora, c'est-à-dire littéralement, un délai, un obstacle.

2. La barre transversale servant à protéger la partie de l'épée que tient la

NH

main et empêchant la lame de pénétrer

plus avant; c'est ce que nous appelons la garde de l'épée. Le spécimen donné ici est emprunté au sarcophage d'Alexandre Sévère, à Rome (Sil. Ital. 1,515).

3. Planche mince fixée dans un sens horizontal au bas d'attelles entre lesquelles est serrée une jambe cassée, afin de supporter le pied et de maintenir tout l'appareil en place.

MORIONES. Idiots contrefaits, qu'on achetait comme esclaves, et qu'on entretenait à Rome dans les maisons des grands, pour amuser par leur stupidité et leur difformité physique ( Mart.

VIII, 13; XII, 94 ; Plin.

Ep. IX, 17, 1). Ces deux caractères sont évidents dans la figure ci-jointe, tirée d'une petite statue de bronze où les yeux et les dents étaient montés en argent ; elle répond fidèlement à la description donnée par Martial ( vi, 39) d'une de ces malheureuses créatures, acuto capite , et aurihus longis , Qux sic moventur, ut soient asellorum.

MORTARIUM (Ô),(;.o;). Mortier, où différents ingrédients étaient pétris et mêlés avec un petit pilon {pistillum) que l'on maniait d'une seule main (Virg.

Moret. 100), en lui faisant faire tout le tour du mortier {it manus in gyrum; 102. 11 était fait, comme le sont encore nos mortiers, de pierre ou de toute autre substance dure , creusée en forme de bassin peu profond ( lapidis cavum orbem, 96; Plin. H. N.

XXXIV, 50 ; xxxiii, 41 ; Scrib. Comp.

111 ; Columell. xii, 57, 1 ; Cato, R. R. 74). La gravure représente un mortier antique trouvé parmi des ruines de bâtiments romains à Londres. Cf. Pila.

2. Bassin creux où les olives étaient placées, dans l'espèce de moulin appelé trapettim, pour être écrasées par les roues qui marchaient tout autour (Cato,

fi. R. 22 ). Dans la figure de droite de la gravure ci-jointe, qui représente un trapetum antique découvert à Stabia , avec une coupe de ce trapetu: i dans le sens de la hauteur, on peut observer que le morlarium ( désigné dans les deux plans par les chiffres 1 , 1 ) est un bassin dont les côtés et le fond ont la même forme curviligne que le mortier ordinaire, quoique le centre en soit occupé par une co-

lonne courte et épaisse (miliariurn, 2, 2) , qui supporte les deux meules (orbes, 3, 3).

3. Large bassin ou réservoir de forme analogue , où l'on mêlait et pétrissait du ciment très-fin (Plin. H. iV. XXXVI, 55; Vitruv. vu, 3, 10).

4. Tranchée creuse pratiquée autour des racines d'un arbre pour y recueillir l'eau (Pailad. iv, 8, 1 ). Ce sens est venu de la ressemblance entre cette tranchée circulaire avec le tronc de l'arbre s'élevant au milieu, et le mortaritim d'un moulin à olives avec sou miliarium, tel qu'on le voit dans la figure ci-dessus.

MUCINIUM ou MUCCINIUM (Arnob.

H, 23 ). Mouchoir de poche. Voy. Suda- HICM.

MUGRO. Toute pointe d'arme ou d'instrument aigu, mais surtout la pointe d'une épée, par opposition à cuspis, pointe d'une lance (Ov. Met. XII, 485; Cic. Pliil.

XIV, 3; Virg. JEn. ii, 449; Lucan. vu, 140; etc.).

MULCTRA , MULCTRALE et MULC-

TRUM (àfioXyeu;). Seau à lait, servant à traire les vaches et les chèvres ( Virg. Ed. III, 30 ; Georg. m, 177 ; Hor. Epod. XVI, 49 ), et à porter le lait pour le crier par la ville (Calpurn. Ed. iv, 25). La figure est empruntée au Virgile du Vatican.

MULI MARIANL Marins, pour prer aux inconvénients résultant de l'immense convoi de bagages qui accompagnait une armée en marche, imagina de faire porter à chaque soldat des vivres pour un certain nombre de jours , avec les ustensiles nécessaires pour apprêter ces aliments et son bagage personnel, le tout au haut d'une perche attachée à son dos. On conserva dans la suite cet usage , comme le prouve la figure ci-jointe, représentant un des soldats de l'armée de Trajan, d'après la colonne Trajane. Quand Marins introduisit cet usage pour la première fois , cette nouveauté fit rire, et de là le sobriquet que l'on donna aux soldats de Marins, muli mariani, parce que, comme des bêtes de somme , ils portaient leurs charges sur leur dos (Frontin. Strateg.

IV, 1,7; Festus s. 'v., et i'. ^Erumnula).

MULIO (6peo5c6(iio;). Celui qui entretient des mules pour les louer ou les vendre.

2. (:?i[xtovYiYÔi;, àff'rpa6ri>,aTr,ç). Muletier, conducteur de mules, que les animaux fussent à lui ou non, qu'il les conduisît comme cocher, attelées à une voiture, ou à pied , portant leurs charges à dos(Suet. Nero, 30; Vesp. 23; Vit. 7).

MULLEOLUS (TertuU. Pall. 4). Diminutif de

MULLEUS. Bottine rouge ou violette que portaient les patriciens de Rome, non pas tous, mais ceux-là seulement qui avaient exercé une magistrature curule, la dictature, le consulat, la préture, la censure ou l'édilité curule (Cato, ap. Fest. s. v. ; Vopisc. Aurd. 49; Isidor. Orig. XIX, 34, 10). Quelques-uns pensent que le mulleus était la même chose que le calceus patricius (voy. la gravure à ce mot, p. 94) ; d'autres, qu'il

lis

MULOMKDICIJS.

ressemblait au calceus répandus, dont nous avons donné la figure à la même page.

MULOMEDICUS (xrrivtaTpoç). Dans le sens propre du mot, vétérinaire qui borne ses soins aux malades des mules, par opposition à equarius medicus, médecin de chevaux. Le mot mulomedicus a. souvent un sens plus étendu, et signifie en général un médecin qui s'occupe des maladies des bestiaux ( Vcget. Mulomed. Prxf. I et iv).

MULTICIUS ou MULTITIUS. S» dit d'une étoffe formée d'un tissu trèsorné, très-précieux ou très-fin, qui servait à faire des vêtements de femmes et d'hommes de mœurs molles et efféminées.

On ne connaît pas d'une manière certaine le sens précis du mot. Quelques-uns le font dériver de multum et d'/c/o, et l'interprètent très-serré , battu de nombreux coups avec l'instrument dont se sert le tisserand pour serrer le tissu {radius, spatha) : ce qui est évidemment Contraire au caractère de transparence que l'on attribue aux étoffes appelées multlcia ( itoXviiiTa , Gloss. Philox . ) ; d'autres le regardent comme une abréviation de imultilicius multa licia : voy. ce dernier mot). Cette seconde étymologie indiquerait que le tissu de l'étoffe contenait un dessin compliqué et difficile à exécuter; c'est peut-être l'interprétation la plus rationnelle du mot mnlticiiis (Juv. Il, 66; XI, 186; Valerian. Aug. in Ep. ap. Vopisc. Àurel. 12 ).

MUNEMRIUS. Celui qui donne au public un spectacle de gladiateurs (Suet. Dom. 10; Quint, viii, 3, 34).

2. Munerarius lihellus. Programme de spectacle ; affiche ou bulletin annonçant les noms des gladiateurs qui devaient être produits dans un spectacle public, et à quelle classe de gladiateurs ils appartenaient (Trebell. Claitd. 5).

MURCUS. Surnom donné à ceux qui Se mutilaient en se coupant eux-mêmes le pouce pour échapper au service militaire (Ammian. xv, 12, 5). Ce fait paraît avoir été assez commun (Suet. yittg. 24 ; Cod. Theod. 7, 13, 4-5 et 10 ; Dig. 49, 16, 4, § 12; cf. ^Jian. Far. Uist. II, 9), et c'est à cet usage que notre mot

poltioH doit son origine, par l'intermédiaire de l'italien poltrone , abrégé du latin pollice triinco.

MUREX. Mollusque à coquille en colimaçon se terminant par une pointe aiguë, que les poêles donnaient aux Triions pour trompette (Val.

Flacc. III, 726), comme dans le spécimen ci-joint , tiré d'une lampe en terre cuite.

Cetle coquille servait aussi à renfermer des parfums (Mart. m, 82), et àornerdes grottes (Ov. Met. viil, 563), comme on peut le voir encore dans les jardins de deux maisons à Pompéi.

2. Par extension , tout objet qui a une surface rude et piquante, avec des pointes en saillie semblables à l'extrémité de la coquille du murex; ainsi une pierre, une roche hérissée de protubérances se terminant en pointe (Plin. H. N. xix, 6; Virg. jEn. v, 205) ; un coffre garni intérieurement de pointes de fer (Gell. vi, 4) ; et aussi, à ce que quelques-uns pensent, un mors très-dur garni de pointes (Stat. Achill. I, 221 : murice frœnat acuto Delpldnas), comme le lupatum, et comme les mors dont se servaient anciennement les Mameluks. Le passage de Stace se rapportant à un Triton et à ses dauphins, l'explication la plus poétique serait d'entendre qu'il arrête leur élan , non avec un mors, mais par le son que rend sa conque à la pointe aiguë. [Un ancien glossateur explique mieux, à ce qu'il semble, dans ce passage , murice acuto par lupatis et frxnis ex murice confectis. ]

3. Murex ferreus. Chausse -trape, instrument fait de quatre pointes de fer,

disposées de manière que, quand de loin ou de près on jetait le tout à terre, une

MDRICATDS.

des pointes se tenait toujours en l'air, comme le prouve le spécimen que nous donnons d'après un modèle parvenu jusqu'à nous. On s'en servait autrefois à la guerre pour empêcher la cavalerie d'avancer, et mettre les chevaux hors de combat (Val. Max. m, 7, 2; (Airt. iv, 17).

MURICATUS et MURICIUS. Armé ou formé de saillies aiguës, comme la pointe du murex (Plin. H. N. XX, 99; Auson.

£p. IX, 4 ) .

MURILEGULUS. Pêcheur de murex .• le suc qu'on en tirait était employé pour la teinture de pourpre (Co^. Justin. 11).

MURRHINA, MURRHEA et MYR- RHINA. rasés murrhins (Vlia. H . N.

XXXVII, 7; Prop. iv, 5, 26; Juv. vi, 156; Lamprid. £lag. 32). Les recherches des modernes ont établi et ont mis hors de doute que la murrha des anciens était une terre fine que l'on trouvait en Orient , et dont on faisait des vases de différentes sortes, mais toujours légers et fragiles; dans différentes fouilles on a découvert beaucoup de fragments de porcelaine antique qui tous confirment avec une exactitude remarquable la description de Pline {H. N. xxxvii , 8), quant à la variété des couleius dont ils sont couverts ; mais , sous un autre rapport, l'idée qu'il exprime sur les matières dont est composée cette porcelaine n'est pas entièrement conforme à la réalité, et il ne rend pas un compte exact de la composition des vases murrhins. Le fait dûment constaté que plusieurs bouteilles de vraie porcelaine de Chine, couvertes de caractères chinois, ont été trouvées dans des tombeaux égyptiens (c'est une d'entre elles que représente la gravure ci-jointe, d'après un des vases de la collection de Sait au Musée Britannique), prouve clairement quede très-bonne heure des porcelaines, formées de cette terre, furent exportées de Chine jusque dans le monde romain, quoique les Romains n'aient jamais découvert comment on les fabriquait ; et c'est là ce qui explique le prix énorme de ces porcelaines.

MURUS (TEtyo;). Mur de pierres ou de briques, bâti autour d'une ville pour

MDSCULCS.

la défendre et la fortifier, par opposition à paries^ mur d'une maison ou de tout autre édifice ( Cic. N. D. m, 40 ; Off. I, 11 ; Cœs. B. G. ii, 12). Les murs des villes avaient ordinairement de distance en distance des tours rondes ou carrées (turres) et des portes fortifiées (portœ) aux points où de grandes routes sortaient de la ville ; quelquefois ils étaient entourés à l'extérieur d'une tranchée (fossa ), avec une levée de terre {agger), sur laquelle étaient construits les remparts ( loricx , propugnacula ), surmontés de créneaux (pinnœ) pour protéger les défenseurs.

2. Murus crinalis. Couronne ou ornement de tète, fait à l'imitation des murs d'une ville avec leurs tours et leurs fortifications. Les poètes et les artistes le donnaient pour attribut à Cybèle, comme symbole des cités de la terre sur lesquelles elle était supposée régner. Le spécimen ci-joint est tiré d'un bas-relief en marbre (Claud. iii Eutrop. il, 284 ).

MUSCARIUM (ffô6o). Chasse-mouche, plumeau fait de longues plumes de paon (Mart. XIV, 67) ou de la touffe qui garnit le bout de la queue d'une vache (Id. xiv, 71) ; par extension , ce mot est employé pour désigner une queue de cheval (Veg. ret.yi, 2, 2).

2. Coffre ou cabinet où l'on serrait des papiers, des tablettes, etc., pour les préserver des taches de mouches (Inscript, ap. Romanelli , Viaggio a Pompei , p. 168). Les Italiens modernes ont formé du même radical et dans le même sens leur mot moscaiuola , qui désigne un buffet, ou un garde-manger où l'on serre des comestibles.

MUSCARIUS. Voy. Clavus,4.

MUSCULUS. Machine employée dans les sièges pour couvrir et protéger les assiégeants pendant qu'ils étaient occupés à creuser la tranchée et à approcher des murs. La manière dont on la construisait est détaillée tout au long par César {B. C. il, 10) et par Végèce (>///. IV, 16); il n'en existe pas de représenta-

tion authentique, mais seulement des restitutions conjecturales; celle qu'a donnée Guischard (Mémoires militaires , t.

II, p. 58, tab. 2) peut très-bien servir pour aider à comprendre le texte de César.

2. Navire à voile, de très-petite dimension entre la poupe et la proue (Isidor. Orig.xix, 1, 14; Not, Tir. p. 178).

La forme caractéristique de ces bâtiments et leur nom même se sont conservés chez les Vénitiens, qui se servent encore du mot topo (souris ) pour distinguer de petites embarcations d'une espèce particulière, parmi les bâtiments de toute sorte et sans nombre qui viennent trafiquer dans leurs eaux.

MUSEUM et MUSIUM (Mouaâov).

Primitivement , ce mot désignait un temple des Muses , un lieu qui leur était consacré ou qu'elles hantaient. Il s'appliqua dans la suite à un établissement fondé par Ptolémée Philadelphe, à Alexandrie, pour le développement de toutes les sciences et l'entretien de littérateurs et de savants qui vivaient là aux frais de l'État (Suet. Claud. 42; Spart. Hadr. 20). Les écrivains latins donnent aussi ce nom à des grottes ou à des appartements écartés de leurs villas, où ils aimaient à se retirer pour méditer (Plin. H. N. XXVI, 42; Varro, R. R. m, 6, 9; cf. Cic. £<?£-. il, 1; Plin. Ep. i, 9).

MUSIVARIIÎS. Artiste qui exécutait des travaux de mosaïque [opus wusivum), comme il est expliqué à l'article suivant.

MUSIVUM ((jloucteTov). C'est le primitif dont est dérivé notre mot mosaïque ; mais les anciens attachaient au mot /n«sivum un sens un peu plus restreint.

Chez eux , musivum désignait une mosaïque faite de petits morceaux de verre coloré ou d'une composition en émail , par opposition au litltostrotum (voyez ce mot), mosaïque faite de pierres naturelles et de marbres de différentes couleurs. Primitivement, cette espèce de mosaïque servait, non pour les planchers, mais pour les plafonds (Plin. H. N.

XXXVI, 4 ; Inscript, ap. Furlanetto , de Musiv. cap. 1, p. 2), parce que, dans l'origine, on craignait que les matières

qui la composaient ne fussent pas assez dures pour supporter l'impression et le frottement des pieds. Quand on eut reconnu que cette crainte n'était pas fondée , on employa ces matières à faire des pavés de luxe (Augustin. Civ. Dei, XVI, 8), soit seules, soit en y mêlant des pierres naturelles, qui permettaient à l'artiste de rendie son ouvrage plus parfait , ses couleurs plus variées et plus vraies, enfin d'imiter avec une remarquable fidélité les formes , les nuances , les tons divers de la peinture; c'est ce qui fit donner à ce genre le nom de peinture en mosaïque {pictura de musivo), et lui donna une grande supériorité sur tous les autres procédés employés pour les travaux de même nature. Chacun de ces procédés avait un nom particulier, que l'on trouvera dans la liste dressée à la Table analytique ( Plin. H. N. XXXVI, 64; Spart. Pescenn. 6; Visconti , Mus. Pio-Clem. vil, p. 236).

MUSTACEUM. Gâteau de mariage, distribué aux amis de la mariée et du marié quand ils se retiraient, les fêtes du mariage terminées (Juv. vi, 202). 11 était fait de farine pétrie avec du vin doux, du fromage et de l'anis , et on le cuisait sur des feuilles de laurier (Cato , R. R. 121).

MUSTUM (TpûÇ). Vin doux, encore dans la cuve (Cato, Columell. etc.).

MUTATIONES. Maison de poste sur les grandes roules ,-où des relais de chevaux étaient ménagés pour le service de l'État, et la commodité des voyageurs.

Le maître de poste de la plus petite mutatio était forcé d'entretenir vingt chevaux au moins; celui d'une mutatio de première classe ne pouvait pas en nourrir moins de quarante (Impp. Arcad. et Honor. Cod. Theodos. 8, 5, 53; Cod.

Jtist. 12, 51, 15 ; cf. Ammian. xi, 9, 4, oïl ce mot est employé pour désigner un relai ou changement de chevaux).

MUTATOR. s. ent. equorum (Val.

Flacc. VI, 161). Expression poétique pour Descltor. Voy. ce mot.

MUTULUS. En général , toute saillie de pierre ou de bois, comme le bout d'une petite poutre ou d'un chevron s'avançant au delà de l'alignement d'un

mur (Calo, B. R. S ; Varro, B. R. m, 6, 13; Serv. adT\\%. jEn. i, 740). Par extension , et dans un sens technique en architecture , mutule, ornement caractéristique de l'ordre dorique, consistant ^ en une pièce carrée et en saillie, placée à des intervalles réguliers au-dessus des triglyphes et des métopes , juste au-dessous du couronnement, et destinée à représenter à l'extérieur l'extrémité d'un des arbalétriers ( cante-

rii) de la charpente du toit (marqués f f dans la gravure, au mot Materiatio).

Aussi la mutule avait-elle sa face supérieure, celle qui devait toucher au couronnement, un peu inclinée, pour indiquer la position obliquede l'arbalétrier, commeon le voit dans notre dessin, qui représente une portion de l'entablement du temple de Thésée à Athènes (Vitr. iv, 2, 3 et 5). 2. Dans l'ordre corinthien , on appelle maintenant ces pièces des modillons.

Elles y sont bien plus travaillées, et ressemblent à des tasseaux d'ornementation ; mais, dans beaucoup de constructions romaines et modernes appartenant

à cet ordre , leur destination première , de représenter les extrémités des arbalétriers (canterii) du toit, est complète-

ment perdue de vue. On 6te ainsi aux mutules leur sens en insérant au-dessous d'elles une rangée de denticules (deriliculi), qui représentent les extrémités des chevrons (asseres, h h dans la gravure, au mot Materiatio) : procédé condamné par les Grecs, et disposition qu'ils évitèrent toujours (Vitruv. iv, 2, 5). La flgure représente une partie du portique qui s'élève en avant du Panthéon à Rome, et nous montre l'ordre corinthien dans toute sa pureté, ayant des modillons sans cette addition condamnable des denticules.

MYOPARO ([xuoitàpwv). Diminutif de Paro. Petite embarcation de pirate dont se servaient les corsaires saxons; elle était faite d'un treillage en osier recouvert de peaux crues (Isidor. Orig. xix, 1, 21), et remarquable par la rapidité de sa course (Cic. Fragm. et Sallust. ap. Non. s. i;.; Scheffer, Mil. Nav. il, p. 72; Savaro ad Sidon. Ep. viil, 6).

MYROPOLA ([Aupo7ta>Xr,ç). Parfumeur grec (Plaut. Cas. ii, 3, 10).

MYROPOLIUM ((xupoTtwXtov). Boutique ou étalage de parfumeur grec (Plaut. Ep. 11,2, 17).

MYSTA ou MYSTES ((iûffTriç). Mot grec désignant un homme initié aux rites secrets et aux mystères de certains cultes (Ov. Fast. IV, 53G).

MYSTAGOGUS ((xuffTaYwyô;, iJ-epi- YiYTiTTii;). Guide ou cicérone, qui conduisait les étrangers dans des lieux qui leur étaient inconnus, et leur indiquait les objets qui méritaient le plus d'attirer leur attention , surtout dans les temples (Cic. Verr. II, 4,69).

MYSTRUM ((lûffTpov ). Mesure de liquides, chez les Grecs, contenant le quart d'un cra'/'M* (Rhemn. Fan. 77).

MYXA ouMYXUS (|xû?a, (xvicTrip).

Mot emprunté au grec, signiGant proprement l'humeur qui sort des narines , le

mucus nasal ; par extension, on emploie

ce mot dans les deu\ langues pour désigner le l)ec d'une lampe à huile , la saillie par laquelle passe la mèche, comme on le voit à gauche de la figuré cijointe (Mart. Xiv, 41).

NABLIA ou NAULIA etNABLUM (vâ-

6>a, vaûXa). Instrument de musique qui, suivant Athénée (iv, 77), était d'origine phénicienne, et sans aucun doute identique à l'instrument hébreu, nehel , si souvent mentionné dans les Psaumes.

De l'Orient il passa chez les Grecs et les Romains. C'était un instrument à cordes; il en avait dix, suivant Sopaler (Atheu. /. c. ), douze, suivant Josèphe (Aiitiq. VII, 10); il était de forme carrée (Schilte ad Kircher, Miisurg. n, p.

49), et on le touchait des deux mains, san% ptectrum , comme une harpe (Joseph. /. c; Ov. j4. Am. lil, 327, duplici génial la naulia palma verrere; Cîesius in Asterismo Ljrse , p. 189).

Ovide le mentionne comme un instrument du même genre que la lyra et la citliara, mais se distinguant de l'un et de l'autre , et particulièrement fait pour charmer les festins et les joyeuses réunions ; il en recommande l'étude à toutes les jeunes femmes qui veulent avoir des admirateurs et cultiver l'art de plaire. Tous ces détails s'appliquent si bien à l'instrument et à la figure ci-dessus, tirés d'une peinture de Pompéi, qu'ils rendent extrêmement probable que l'artiste a voulu représenter le nuhlnm ; mais en même temps ils sont difticiles à accorder avec le témoignage d'Athénée (/. c), qui dit que l'instrument en question était un orgue hydraulique.

NANI (vàvvot et vâvoi) et NANj^il.

Nains que l'on entretenait par ostentation parmi ses esclaves, tant du sexe masculin que du sexe féminin (Suet. Ti/>. 61 ; Lamprid. Alex. Sev. 34 ). Ils n'étaient ni contrefaits ni imbéciles comme les mo-

liones; car on leur enseignait la musique et on leur donnait d'autres talents encore

(Prop. IV, 8, 41). La figure est prise d'une statuette qui, probablement , n'est qu'un portrait.

NARTHECIUM (vapÔ^xiov, vâper,?).

Petit coffre à garder des parfums et des médicaments (Cic. Fin. ii, 7 ; Mart. iv, 78 ) ; il avait une forme cylindrique comme la tige de la férule (viperiÇ), que l'on employait peut-être au même usage, et qui,

sans aucun doute, suggéra le nom que l'on donna à ce petit étui. La figure cijointe est copiée sur un modèle en ivoire découvert à Pompéi.

NASITERNA. Vase qui parait avoir eu à peu près les mêmes formes et servi aux mêmes usages que notre arrosoir; les anciens l'employaient pour arroser l'arène où se faisaient les courses, pour humecter le sol dans les jardins et les vignobles, pour abattre la poussière devant une maison, etc. (Feslus, s. v. ; Cato, R. R. 10; Plaut. Stick, ii, 3, 28). Ce mot est formé de nasus, nez , bec, goulot, avec une terminaison augmentative comme cislerna de cista. En le décomposant, on arrive au sens de 'vase à long goulot et non à celui de vase à trois goulots ou à trois manches, comme quelqtiesuns l'ont imaginé.

NASSA ()CTi[i6ç, xilpToç). Nasse, \ong panier d'osier pour prendre du poisson, à large bouche en forme d'entonnoir, et à gorge étroite formée de baguettes disj osées de manière à céder et à livrer pas-

NASSITERNA.

sage au poisson cherchant à pénétrer dans la nasse, mais à ne pas Uii permettre de ressortir (Festus, s. v. ; Oppian. Hal. m, 85 et 341; Sil.Ital.v, 48, cù la forme de la nasse et la manière de la faire sont décrites tout au long, exactement con-

formes à la figure ci-jointe , composée d'après deux mosaïques romaines, dans chacune desquelles l'objet est représenté à demi enseveli parmi les herbes dans une eau basse).

NASSITERNA. Voyez Nasiterxa.

NATATIO. Bain où l'on pouvait nager, soit en plein air, soit couvert (Celsus, III, 27, 1 ; Cœl. Aurel. Tard, i, 1), par conséquent d'une température plus élevée et de plus grande dimension que le bain où l'on ne faisait que se plonger ( bapt'isterium) .

NAUCLERUS (vaûxXr,po;). Armateur grec, qui gagnait sa vie en transportant d'un endroit à un autre des marchandises et des passagers, et se faisait généralement le subrécargue ou le capitaine de son propre navire (Isidor. Orig. xix, 1, 3; Plaut. MU. iv, 3, IG, et 6, 68; Xen. Mem. m, 9, 11).

NAUCULA, pour Naviccla.

N.\ULIA. Voyez Nablia.

NAULUM(vaùXov).Prix que l'on payait pour le port d'une certaine quantité de marchandises, ou pour une traversée, sur un navire (Juv. viii, 97 ; Paul. Dig.

30, 39, 1; \]\'p.Dig. 20,4, 6).

NAUMACHl A (vawfioxta). Engagement sur mer; en latin, ce mot ne s'applique habituellement qu'à la représentation d'une bataille navale, que l'on donnait comme amusement au peuple de Rome, dans un lac artificiel creusé tout exprès (Suet. Jul. 44 ; Claud. 21 ; Ner. 12).

2. Édifice construit pour donner des représentations de batailles navales (Suet. Tib. 72 ; TU. 7). Il y en avait plusieurs de cette espèce à Rome ; ils étaient tous composés d'un vaste bassin plein d'eau, entouré d'un bâtiment circulaire d'un aspect monumental , contenant des sièges

pour les spectateurs, disposés comme ceux du Cirque ou de l'amphithéâtre ; c'est ce que montre le spécimen que nous en don-

nons, d'après une médaille de l'empereur Domitien.

NAUPEGUS(vauir«iY<>;). Constructeur de navires.

NAVALE (v£wv, vEwpiov, vEwffotxo;).

Chantier ou bassin couvert, où les navires étaient construitsou réparés, et où on les mettait à l'abri, quand ils étaient dans le port, avec tous les agrès (Virg. Mnj

IV, 503 ; Liv. viil, 14 ; XL, 51 ; Vitruv.

2. ( vaO(iTa6|xov) . Rade ou havre servant à abriter les vaisseaux ( Ov. Her. xviii, 207).

NAVARCHUS (vaûapyô;). Capitaine de navire , celui qui, dans un escadre, commandait un seul bâtiment (Veg. Mil.

V, 2; Cic. Verr. II, 5, 32). En grec, c'était le litre donné à l'amiral en chef chez les Spartiates (Thuc. iv, 11 ).

NAVIA. Petit navire comme Vah'eiis , le linter ou le monoxlyiis (Macrob. Sat. 1,7).

2. Capita aut navia. Expression dont se servaient les gamins de Rome quand

ils jetaient en l'air des pièces de monnaie,

TfAVICELlA.

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