‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 191 sur 327 · NU DUS · texte numérisé non relu

NU DUS

complète de vêtement. Par suite, dans le langage de la conversation, ce mot signiliait mal couvert, j)eu vêtu, eu parlant

des personnes des deux sexes, n'ayant d'autre vêtement que celui qui se porte tout contre la peau ; il se disait ainsi d'un Romain privé de sa toga, d'un Grec dépouillé de son pallium , comme nous disons d'un homme sans son habit, qu'il est déshabillé, et de même d'une femme sans sa robe. Cependant le mot latin ««dus, et le grec yuiJivô;, paraissent avoir indiqué quelque chose de plus que la simple absence d'un vêtement de dessus (atiiiclus) s'ajoutant à la tunique ; car ces deux mots s'appliquent particulièrement aux gens employés à des travaux manuels, aux journaliers, aux laboureurs, etc. (Hesiod. 0/J. 390; Virg. Georg. i, 299; Aurel. Vict. Fir. illustr. 17), qui portaient, soit une exomis (voy. la gravure à ce mot), soit une très-courte tunique serrée à la taille par une ceinture et ne tombant pas jusqu'aux genoux, comme la figuie de gauche dans la gravure ci-jointe, d'après une peinture de Pompéi ; s'il s'agit de femmes, ces épithètes s'appliquent à celles qui échappent à un danger par ime fuite précipitée et à moitié habillées (Xen. Anah. i, 10, 3), ou aux jeunes filles lacédémoniennes qui luttaient dans le gymnase (Aristoph. Lys. 82), n'ayant qu'une petite chemise, qui n^atteignait pas jusqu'aux genoux, et laissait l'épaule droite nue, exactement comme le montre la figure de droite, d'après une statue du Vatican. Dans tous les cas indiqués cidessus, un vêlement qui couvre à peine une partie de la personne suggère réelle-

ment une idée de nudité ; mais cela ne frappe pas autant quand il s'agit de quelqu'un qui porte une tunique ordinaire, sans amictus par dessus (voy. les figures au mot Tdnica). Outre ces deux mots qui s'appliquent même à ce cas, les Grecs et les Romains avaient également un mot propre pour distinguer cette espèce de déshabillé : en grec [lovoj^tXMv ou olofi T(i)v, et en latin, tun'icatus.

NUMELLA et NUMELLUS. Machine faite pour maintenir des hommes ou des animaux immobiles dans une position déterminée, soit pendant qu'on leur infligeait un châtiment (Non. s. i;.; Plaut. Js. III, 2, 5), soit pendant les opérar lions du vétérinaire (Columell. VI, 19, 2), et dans toute occasion enfin où il était nécessaire d'obtenir l'immobilité (Id. VII, 8, 6). Elle était faite comme une sorte de carcan, de deux planches ou barres glissant dans des rainures le long de deux forts montants. On écartait les planches, on faisait passer la tête, puis on les rapprochait, et le cou était pris (Columell. VI, 19, 2) ; ensuite on attachait les jambes aux montants par des courroies roulées autour des chevilles, ou, s'il s'agissait d'un cheval, au-dessous des boulets (Festus, s. v.).

NUMIDA. Courrier à cUeval, esclave courant à cheval devant la voiture de son maître pour lui faire passage, annoncer son arrivée, et surtout satisfaire son goût pour l'ostentation. C'était généralement un Numide : on sait que ce peuple était célèbre par son adresse à monter à cheval (Senec. Ep.%1 et 123 ; Tac. Hist. II, 40; Inscript, ap. Marin. Fr. Ârv. p. 691).

NUPTA (vûiiçri).

Femme mariée : proprement , femme couverte d'un voile (de nubere), parce que le jour de leurs noces les femmes romaines s'enveloppaient de la tête aux pieds dans un grand voile jaune, comme le montre la figure de femme mariée ci-

yvvTiM.

jointe, d'après un bas-relief romain qui représente une cérémonie nuptiale (Cic.

Ov. Cœs. Juv. etc.).

NUPTIiE (yâixo;). Mariage. Voy. les mots Matrimomcm et Confarreatio, loù la cérémonie tout entière est décrite.

NYCTOSTRATEGUS. Titre adopté isous l'empire au lieu de l'ancien titre de Prxfectus vigilum, pour désigner l'officier qui commandait un poste de nuit dans la ville, et qui y conduisait des patrouilles pour protéger les citoyens contre les incendies, les vols avec effraction, les violences de tout genre (Arcad. Dig. 50, 4, 18, §12).

NYMPHi:UM ou NYMPHEUM (vuij.çatov ou vujAipeïov. Proprement, édifice consacré aux nymphes(Plin. H. iV. xxxv, 12, 43); sous ce titre, on désignait une chambre vaste et élevée, décorée de colonnes, de statues, de peintures, ayant au milieu une fontaine d'où jaillissait un courant d'eau pure (Liban. Antioch, p.

372), de manière à former une retraite pleine d'agrément et de fraîcheur (Philostr. Apoll. Tjan. viil, 12). P. Victor {Urb. Rom.) indique dans Rome un grand nombre d'édifices de cette sorte, et les autres écrivains en parlent en général comme de dépendances des Thermes (Ammian. xv, 7, 3 ; Capitol. Gord. 32 ; Cod. Theodos. et Valent. 11, 42, 5 et 6). Un appartement de cet espèce était, en effet, pour des Thermes une pièce utile, et que les baigneurs devaient trouver fort de leur goût.

OBBA (ajtéiÇ). Espèce particulière de vase ou de coupe (Pers. V, 148; Varr.

ap. Non. s. 'v.) en terre et quelquefois en bois ou en jonc tressé {exsparto. Non. l.c). Le nom latin de cette coupe est traduit par â|i6iÇ dans le glossaire de Philoxenus. Athénée (xi, 8) dit que ce mot désigne une coupe se terminant en pointe à son extrémité inférieure. Dioscoride (v, 110) l'applique au couvercle d'un vase dont on se servait pour faire du vif-argent, dans

un passage traduit par Pline (/f. .V.xxxiir, 3, 41), qui, pour désigner ce même vase , emploie le mot calix. Quant à la figure ci* jointe, d'après un original en terre cuite, tous les détails donnés ci-dessus, la forme pointue dont parle Athénée, le crt//x auquel Pline l'assimile, et, si on la retourne, l'emploi comme couvercle qu'indique Dioscoride, lui conviennent si bien que l'on peut, sans aucune incertitude, reconnaître en elle une véritable obba avec sa forme caractéristique.

OBBATUS. Fait en forme à'obba. Ce mot s'applique aux bonnets que portaient Castor et Poilux (Apul.Me/.

x,p. 234), bonnets souvent représentés sur les œuvres d'art comme terminés en haut par une pointe effilée; il en est ainsi dans la figure ci-jointe, d'après une peinture de Pompéi. Charon, sur un vase peint, dans Stackelberg, Grab. der Hell., pi. 47), porte un bonnet dont la forme ressemble encore bien mieux à celle de la coupe dessinée ci-dessus; de sorte qu'il n'y a plus nécessité de changer la leçon d'Apulée dans le passage cité, comme l'ont fait quelques éditeurs.

OBELISCUS(ogeXi(jxoç). Proprement, petite broche ; par suite, ce mot s'applique à tous les objets qui ont une extrémité amincie et en pointe comme une broche, mais surtout à ces colonnes élevées, minces , rectangulaires , placées sur un étroit piédestal, et se terminant à leur sommet par une pointe, qui furent originairement inventées par les Egyptiens, et qui gardent encore chez nous leur ancien nom d'obélisques (Plin. H. N.

XXXVI, 14 ; Ammian. xvii, 4, (î). La figure représente un obélisque égyptien couvert d'hiéroglyphes, qui fut anciennement apporté à Rome pour décorer le mausolée d'Auguste, dans le Champ de Mars.

OBEX. Ce qui sert à tenir une porte fermée. 11 ne parait pas que ce mot ait jamais eu un sens plus précis ; car, dans plusieurs passages où il se rencontre, on

pourrait l'entendre également d'un verrou, d'une barre, d'une serrure ou d'un loquet ; par suite, on peut le considérer comme un terme général s'appliquant également à toutes les différentes dispositions qu'avaient adoptées les anciens pour fermer les portes (Ov. Met. xiv, 780; Tac. Hist. m, 30; Paulus e Festo, v.

Obices).

OBOLUS (oêoXô;). Petite pièce de monnaie grecque, anciennement en argent, plus tard en bronze ; il y avait deux oboles : l'obole attique, valant à peu près 0,15 cent., et l'obole d'Égine, qui valait environ 0,22 cent. (Vitruv. m, I,

OBSERATUS, Attaché au moyen d'une Seba : voyez ce mot (Terent. Eun. IV, 6, 25 ; Liv. v, 4 1 ; Mart. vu, 20,

OBSTRAGULUM. Bande de cuir qui

servait à attacher autour du pied l'espèce

de soulier appelée crepida; elle passait

entre l'orteil et le doigt d'à côté, et sur le cou-de-pied, comme le montre le spécimen ci-joint, d'après un marbre grec.

Des extravagants portaient quelquefois les obstragula garnis de perles (Plin.

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