‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 192 sur 327 · H. N. IX · texte numérisé non relu

H. N. IX

OBSTRIGILLUM. Espèce particulière de soulier, où étaient cousues des deux côtés à la semelle deux lar- ^^ ges plaques de cuir que tra- ^^^pto»^ versaient lescordons, comme ^~T^=^ on le voit dans le spécimen ci-joint, d'après une peinture de Pompéi (Isidor. Orig. xix, 34, 8).

OBTURACULUM et OBTURAMEN- TUM. Bouchon, quelquefois de liège, quelquefois de verre, servant à fermer le goulot ou l'entrée d'une bouteille, d'une jarre, ou de tout vaisseau du même genre (Maicell. Empir, 35; Plin. H. 2V. xvi, 13j. La figure représente une bouteille

et un bouchon de verre, d'après une peinture de Pompéi.

OCCATIO (PwXojtoTtia). L'opération qui consiste à briser les mottes de terre que laisse la charrue (Cic.t/ë^en. 15); c'est ce qu'on appelle herser. On l'exécutait en traînant sur la terre une claie (craies), ou une pièce de bois garnie de dents

(dentata), semblable à notre herse, dont le poids était souvent augmenté par celui du laboureur qui s'asseyait dessus. Dans certains sols très-durs on bri sait et on étendait à la main les mottes de terre, avec un instrument pesant à fourchons (rastrum), qui réunissait les propriétés du râteau à celles de la houe (Plin. H. N. xviil, 49, 3 ; Virg. Georg. I, 94 et 155). Mais le procédé le plus en usage chez les anciens Romains consistait à dompter la terre par des labourages transversaux, plusieurs fois répétés, et qui remplaçaient ainsi le hersage (Columell. Il, 4, 2 ; Plin. /. c. § 2). La figure représente l'opération du hersage comme on l'exécutait en Egypte , d'après un des tombeaux de Thèbes. Un homme répand la graine, tandis que l'occator la recouvre avec sa herse.

OCCATOR (PwXoxÔTTo;). Celui qui herse, comme l'expliquent l'article et la figure ci-dessus (Columell. II, 13, 1; Plant Capt. 111 5, 3).

OCELLATA. Billes dont les enfants se servaient pour jouer (Suet. Aug, 83 ; Varro, ap. Non. v. Margaritum).

OCRE A (xv/][Ai<;). Jambière, pièce d'armure défensive qui couvrait le tibia depuis la cheville jusqu'un peu au-dessus du genou (Varro, L. L.y, 1 1 6) ; des cordes et des boucles l'attachaient sur la partie postérieure de la jambe, qui par conséquent n'était pas protégée. Elle était faite de différents métaux, d'étain ou de bronze, et modelée sur la forme et les dimensions de la jambe de la personne

OCUKATCS.

qui la portait; souvent elle était richement ornée de figures en relief ou en creux. La gravure représente une paire de jambières antiques en bronze, figu-

rées de front et de profil. On voit sur les côtés les boucles qui servaient à les attacher aux jambes, et le long des bords un très-grand nombre de petits trous, qui servaient à piquer la doublure. Dans le modèle les surfaces laissées en blanc sur notre gravure sont couvertes de ciselures, que nous n'avons pu reproduire à cause de l'exiguïté des proportions de la copie.

2. Au pluriel, guêtres de chasse, houseaux ; pris poétiquement pour Pero ; voy. ce mot (Virg. Moret. 121).

OCREATUS. Qui porte des jambières.

Les Grecs et les Etrusques en portaient une à chaque jambe, comme on le voit souvent sur leurs vases peints, et dans la figure ci-jointe, qui servait d'ornement au cimier d'un casque de bronze découvert à Pompéi. Les Samnites, et les gladiateurs, dont l'équipement était copié sur celui des Samnites, n'en portaient qu'une à la jambe gauche (Liv.ix,40;Juv. vi,256); la lourde infanterie romaine portait aussi une seule jambière, mais à la jambe droite (Veg. Mil. i, 20) ; car elle avait pour fonction de joindre tout de suite l'ennemi, et de décider la bataille à la pointe de l'épée, la jambe droite étant dans ce cas portée en avant et sans défense : position exactement l'opposée de celle que prennent lessoldatsqui chargent avec la lance ou qui s'en servent comme d'un javelot.

2. Appliqué poétiquement aux chasseurs (Hor. Sat. il, 3, 234), pour Pe- RONATUS. Voyez ce mot.

OCTASTYLOS (àxTàaTu>oç). Octastyle, c'est-à-dire, qui a en avant du fjronaos une rangée de huit colonnes (Vitruv. m, 3, 7).

OCTOPHORON ou OCTAPHORON (oxxa)çopov,ô)CTa90pov).Pfl/art^tti«(/ectica), porté par huit esclaves (Suet. Cal. 43; CÀc.adq. Fr. Il, 10; Mart. vi, 84), coUime le montrent les gravures aux mots AssKR, l,et Phalangarii.

OCULARIARIUS. Ouvrier dont l'état était de faire des yeux artifieiels en verre, en argent ou en pierres précieuses; ou mettait souvent de ces yeux aux statues de marbre (Inscript, ap. Grut. 645, 1 ; ap. Fabretti, p. 641, n° 357).

OCULARIUS. Oculiste (Scrib. Comp.

37) ; se confond souvent avec medicus et chirurgus (Celsus, VI, 6, 8 ; Inscript. ap. Grut. 400, 7).

ODEUM (wÔ£Îov).L'Odéou, petit théâtre à toit convexe, bâti par Périclès, à Athènes , pour les concours de musique (wSat. Plutarch. Pericl. 13; Vitruv. v, 9, 10). Par extension, on adopta ce nom pour désigner tout petit théâtre couvert d'un toit {tlieatrum tectum) et servant de salle de concert (Suet. Dom. 5).

OECUS ou ŒCOS (otjcoç). Proprement, c'est le mot grec signifiant maison latinisé. C'est aussi, dans une maison, le nom d'un appartement particulier d'origine et d'invention grecque, mais qui fut ensuite adopté par les architectes romains, quoique avec des changements et des perfectionnements. Par sa disposition générale, cet appartement ressemblait fort à l'atrium, hors qu'il était fermé, entièrement couvert d'un toit, sans ouverture (impluvium) au milieu.

Quoiqu'il ne fût pas exclusivement affecté à un seul usage, il servait surtout de salle de festins ; mais il surpassait en hauteur et en largeur, aussi bien qu'çn éclat, la salle à manger ordinaire, tricliiiium (Vitruv. VI, 7, 2 et 4 ; Plin, H. N. XXXVI, 60). 11 y avait pour ces appartements quatre styles différents, ou quatre différentes manières de les construire et distinguées chacune par une épithète qui

OENOPnOFUM.

indiquait le genre de construction adopté, ou qui rappelait le pays auquel on l'avait particulièrement emprunté. Ainsi :

1. OEcus tetrastjlos. Ûœcus à quatre colonnes, ressemblant à l'atrium du même nom (voy. Atrium, 2), hors qu'il n'avait pas d'impluvium et que le toit co\ivrait le carré compris entre les quatre colonnes et les galeries qui entouraient cet espace (Vitruv. vi, 3, 8).

2. OEcus Corinthius. h'œcus corinthien, qui ressemblait à un atrium du même nom (voy. Atrium, 3), excepté qu'il avait un toit en voûte, supporté par des colonnes à une certaine distance des murs, mais sans ouverture au milieu (Vitruv. Ti, 3, 9).

3. OEcus Mgyptius. \Jœcus égyptien, plus splendide que le précédent , ayant le toit qui couvrait la partie centrale du salon supporté sur un double rang de colonnes, comme dans une basilica (voy. ce mot), et ainsi plus haut d'un étage que les côtés de l'appartement.

Ceux-ci, couverts d'un toit en terrasse, formaient une promenade tout autour de la partie centrale, la plus élevée du bâtiment (Vitruv. vi, 3, 9).

4. OEcus Cyzicenus. L'eecus de Cyzique, qui était, quoique très-fréquent en Grèce, une nouveauté en Pâlie du temps de Vitruve; il était particulièrement fait pour l'été ; son caractère propre était d'avoir des portes ou fenêtres en verre descendant jusqu'à terre, de manière que les personnes couchées à table pussent jouir de tous côtés de la vue qui s'étendait alentour (Vitruv. vi, 3, 10).

CENOPHORUM (olvoçôpov). Panier ou léger coffre servant à transporter d'un endroit à un autre de petites quantités de vin; il servait surtout aux personnes qui, en voyage, aimaient mieux emporter leur propre vin que courir le risque de boire celui qu'elles trouveraient sur la route (Hor. Sat. l, 6, 108; Pers. V, 140).

OENOPHORUS (olvo96poî). Esclave qui portait le panier à vin {œnophorum) que nous venons de décrire. Une statue de Praxitèle, connue sous le nom A'OEnophorus, représentait un homme chargé de ces fonctions (Plin. H. N. xxxiv, 19, 10).

Œ:NOPOLIlIM(oîvoitwXtov). Cabaret, on boutique de marchand de vin , les habitants du voisinage venaient tous les jours s'y fournir de la quantité de vin nécessaire pour leur repas (Plant. j4s.

OFFENDIX, et au pluriel offendices.

Cordons qui attachaient sous le menton, comme le montre la gravure ci-jointe, d'après un )*• jm bas-relief romain, Y apex, bon- L/- 1 net porté par certains collé- ■^^Jv'^/ ges de prêtres , tels que les \J t Flammes et les Saliens (Fes- '

tus, s. V.).

OFFICINA (ipvaffT^plov). Atelier, manufacture, tout endroit où l'on pratique quelque industrie, quelque travail manuel (Cic. Off. i, 42), par opposition à taherna, boutique où l'on vendait au détail, et à apotheca, entrepôt, magasin. Le genre particulier de fabrique dont on voulait parler était indiqué parle nom des ouvriers qui y étaient employés; ainsi officina fullonum (Plin. H. N.

XXXV, 40, 39), foulonnerie; tingentium (Id. IX, 62), teinturerie; a? /-an'orH»» (Id. XVI, 8), atelier d'orfèvre; cetariorum (Columell. VIII, 17, 12), fabrique de poisson salé ; etc.

OLITOR. Jardinier qui cultive les légumes, par opposition au topiarius, qui s'occupait des arbrisseaux et arbres verts (Columell, x,'229; XI, 1, 2).

OLITORIUS. Sous-entendu hortus, jardin légumier (Ulp. £>/^. 50, 16, 198). — Olitorium, sous-entendu forum, marché à légumes (Liv. xxi, 62).

OLLA. Grande jarre ou large pot, d'un emploi continuel et d'une fabrication grossière, fait de terre cuite (Columell. VIII, 8, 7; XII, 43, 12), quelquefois aussi en métal (Avian.

Fab. XI ; Plin. H. N. XXXIV, 20). Voila avait un fond plat, des flancs bombés, une très-large ouverture et un couvercle; elle servait à beaucoup d'usages, surtout à cuire de la viande ou des légumes, comme notre

OLLARim.

pot-au-feu , et à conserver des fruits ; c'est à cause de cela aue le raisin conservé dans des jarres prenait le nom à'ollaris uva (Columell. /. c; Mart. vu, 20), La figure, d'après une peinture de Pompéi, reproduit tous les traits que nous avons indiqués.

2. Olla ossuaria ou cïnerarla. iarre de terre du même genre, où , après le bûcher, on enfermait les os et les cendres des morts, pour déposer ensuite le tout dans la chambre funéraire (Inscript.

«/>. Murât. 917,1 'f'ap. Grut.

626, 6). C'était surtout pour lespersonnesdes classes inférieures qu'on employait ces ollx, et on en déposait beaucoup sous une seule voûte (voy. Sepul- CRCM commune) ; elles étaient quelquefois rangées debout dans des niches tout autour de la chambre, mais le plus souvent enterrées jusqu'au cou dans le plancher de ces niches, comme le montre la gravure au mot suivant. Le modèle ci-joint représente un original trouvé dans un des tombeaux que des fouilles ont mis à découvert daus la villa Corsini, à Rome ; l'ouverture en est couverte d'une tuile, ou couvercle {operculum),suT lequel est inscrit le nom de la personne dont l'intérieur du vase contient les cendres ; ce détail explique une inscription qui se trouve dans Muratori (1756, 7) : Ollx quœ sunt operculis et tilulis marmoreis.

OLLARIUM. Niche de caveau funéraire, où était déposée une urne cinéraire (Inscript, ap. Fabretti, p. 13, n" 60) ; on les y plaçait surtout deux par deux, comme des pigeons dans un nid, et c'est

ce qui Gt aussi donner à ces niches le nom de columbarium. La flgure représente deux niches , chacune contenant deux urnes, d'après un tombeau près de Rome. ONAGER. Machine puissante employée dans les sièges pour lancer des traits et des pierres d'un grand poids. Elle est décrite

tout au long par Amraien (xxill, 4) ; mais les détails donnés sur une machine sont toujours obscurs quand on n'a pas sous les yeux un modèle de l'objet décrit.

OiNERARIA (Cic. ad Att. x , 12). Voy.

Navis, 1.

OPA ou OPE ( ÔTtin ). Terme grec, au lieu duquel les architectes romains employaient le mot columbarium (Vitruv.

IV, 2, 4). Il désigne le lit, la cavité où repose la tête d'un entrait (tignum) ; et, par suite , l'espace entre une opa ou un tignum et une autre opa ou un autre tignum, prend le nom de metopa ou d'/rttertignum.

OPERCULUM (Ttwjta). Couvercle pour une jarre", un pot, ou tout autre vase de même sorte (Cato, R. R. 104; Columell. vm, 8, 7 ). Voyez les trois gravures ci-dessus.

2. Operculum ambulatorium. Couvercle mobile, que l'on pouvait élever ou abaisser de manière à lui faire toucher et couvrir de très-près les substances contenues dans le vase auquel il appartenait; nous en avons de semblables pour nos pots à tabac. Les Romains couvraient quelquefois leurs ruches de couvercles de ce genre, afin que les dimensions du gâteau et celle de la ruche fussent exactement proportionnées l'une à l'autre (Plin. H. N. xxi, 47).

OPERIMENTUM. Terme général pour désigner tout ce qui sert de couverture ou de couvercle.

OPlFERiE. Probablement par cor-

ruption pour hyper X ({iTte'pai). Les cordes attachées aux extrémités de la

OPIFICINA.

vergue (aiitenna), pour pouvoir la lourner du côté du vent ; c'est ce que nos marins appellent les bras de la vergue (Isidor. Ori^. XIX, 4, 6 ; cf. Hom. OJ. V, 2G0). Ces cordages sont très-clairement indiqués dans la gravure ci-jointe, d'après une lampe en terre cuite; chacun est manié par un marin différent ; l'équipage change ainsi la direction de la vergue et la fait tourner autour du màt.

OPIFICINA ( Plaut. Mil. iil, 3, G).

Le même qu'OFFiciNA. Cette dernière forme, quoiqu'elle ne soit qu'une contraction, est la plus habituellement employée.

OPILIO (otoTtoXo;)' Berger ou pâtre qui garde dans un pâturage un troupeau

de moulons (Plaut. y^s. m, 1, 3G; Columell. VII, 3, 13 ; Xl, 1, 18). La iigure est empruntée à un ancien manuscrit du Virgile de la Bibliothèque du Vatican.

OPISTHODOMUS ( ôitt(y668o[xo;).

Chambre fermée où n'entre pas le public, bâtie derrière un temple, à peu près comme une sacristie moderne (Front. ad M. Caesar. I, 8).

OPISTHOGRAPHUS (ÔTriaGorpaçoî).

Écrit sur le» deux côtés d'une feuille de papier; les anciens, en général, n'écrivaient pas sur le verso , mais quelquefois ils le faisaient par économie, surtout quand il s'agissait de brouillons que l'on avait l'intention de recopier et de mettre au net plus tard (Plin. £p. m, 5, 7).

OPOROTHECA ou OPOROTHECE (oTîwpoOïixyi). Cellier pour conserver des fruits d'automne, des poires, des pommes , des raisins, etc. (Varro, R. R. i, 2, 10, et 59, 2).

OPPESSULATUS ( Apul. Met. i, p. 16; IX, p. 198; Ammian. xxxi, 13, 15). Attaché avec un pessulus. Voy. ce mot.

OPPIDUM. En général, une ville ; par suite, dans un sens particulier, la masse de bâtiments qui occupait l'extrémité droite d'un cirque (Naevius, ap. Varr.

L. L. V, 133; Festus, s. v.). L'oppidum comprenait les loges où se rangeaient les chevaux et les chars (carceres), les rangs de sièges ])lacés au-dessus pour les musiciens et les spectateurs, la porte qui les coupait au milieu, à travers la-

quelle la procession du cirque entrait dans l'arène (porta pompse), et les tours placées aux deux bouts ; le tout présentant l'apparence d'une ville avec ses divers bâtiments , comme le montre le modèle ci-joint, représentant Y oppidum du cirque de Caracalla, près de Rome, restitué d'après les débris considérables qui en restent. De chaque côté de l'entrée , on a ajouté une loge, parce qu'il y en avait en général quatorze en tout ,

quoique celui-ci , qui est un très-petit cirque, n'en ait jiimais eu en réalité que douze. Le plan au mot ClRCUS fait voir (a a etB) la positionde Y oppidum par rapport au reste de l'édifice, et dans la vue donnée à ce même mot on distingue une \Mi\\\e à' oppidum, appartenant à l'hippodrome qui existait jadis à Constantinople (voy. p. 157).

OPTIONES. A l'armée, sorte de suppléants, d'adjudants, que les officiers su-

OPTOSTROTCM.

périeurs avaient le droit de charger de les aider à s'acquitter de leurs fonctions, auxquels même ils pouvaient les remettre tout entières , dans le cas où la maladie ou tout autre empècliement les mettait dans l'impossibilité de les remplir euxmêmes (Varro, L. L. y, 91 ; Veg. Mil. II, 7).

OPTOSTROTUM. Pavé , plancher de briques ( Not. Tiron, p. 164; de ôtitô;, coctits, et (Txpwxôv, stratum).

ORA. Amarre, câble lancé de l'arrière et attachant le navire au rivage, tandis que l'ancre et son câble (ancorale) maintenaient l'avaivt tourné vers la haute mer (Liv. XXII, 19 ; Quint, iv, 2, 41).

ORARIA. Echarpes ou mouchoirs que quelques empereurs faisaient distribuer à la poj)ulace dans les jeux du Cirque, pour qu'elle les levât et les agitât en l'air comme signe d'encouragement aux conducteurs de chars (Vopisc. Jurel. 48 ; August. C. D. xxii, 8, 7 ; cf. Hieron. Ep. 62, 9).

ORBICULUS. Poulie tournant sur un axe, et ayant dans .sa circonférence une gorge creuse où glissait la corde ; elle servait, comme fait encore de nos jours la même machine , à tirer et à élever en l'air des corps pesants (Cato, R. R. Z; Yitruv.

X, 2, passim).

2. Petite roulette placée à chaque bout d'un axe ou d'un cylindre , pour le faire rouler quand on le traînait à terre ; ce mot s'applique surtout aux roulettes du cylindre denté qui servait à battre le blé, dans la machine qu'on appelait plostellum punicum (Varro, R. R. l, 62, 1).

3. Poids rond et plat, en forme de poulie, comme ou en emploie encore dans nos boutiques; on en faisait des assortiments disposés de manière que les différents poids rentrassent les uns dans les autres (Golumell. iv, 30, 4 ; mais ce passage est très-obscur). Caylus (vu, 31, 1) en donne un spécimen, d'après des originaux antiques.

ORBILE (Varro, R. R. m, 6, 16) mais le sens ainsi que le texte même du passage sont très-controversés) . Quelques-uns entendent par ce mot uneyfl«/<'de roue;

d'autres, l'extrémité de l'essieu, la partie qui s'adapte au moyeu. Schneider voudrait lire orbis.

ORBIS. En général, tout ce qui a une forme circulaire; particulièrement, les corps ronds présentant une surface plate, ou creux à l'intérieur, par opposition à glohus, qui désigne une sphère massive.

Par extension, ce mot est souvent employé, surtout chez les poêles, pour désigner tout objet ayant quelque chose decette forme : ainsi, le disquedepierreou de métal qu'on s'exerçait à lancer, comme un palet (Ov.Fa5Mii',588 ; Stat.r/teé.vi, C6G ; voy. Discus) ; le plateau qui, dans une balance, contient les objets que l'on veut peser (Tibull. ly, 1, 44; voy. Lanx,3); la plaquedemétal que l'on employait comme miroir,quand elle était de forme circulaire (Mart. IX, 18 ; voy. Spéculum) ; un bouclier circulaire (Petr.5fl^ 89 ; Stat. Tlieb. IV, 132 ; cf. Clipeus, Parma); le cercle queformaitune bague (Ov. Jm. ii, 16, G ; voy. Annulus) ; la bande d'une roue(Virg. Georg. 111,361 ; Plin. //. iv.viii,19 ; voy. Rota) ; un bandeau de laine (Prop. IV, 6, 6 ; voy. Infula) ; une table ronde (Mart. XIV, 138; voy.CiLiBANTUM, Monopodicm).

2.0rbis olear'ius {bçôç, ^sch. Fragm.', PoUux, Vil, 160; X, i30 ; et rpiTiTYip, Nicand. «/>. Athen. iv,ll). Planche ronde de bois dur, que l'on plaçait au-dessus de la masse des olives écrasées, ou des grappes déjà foidées aux pieds, quand on les soumettait à l'action du pressoir(/>/-e/affi), afin que la pression pût se distribuer d'une manière égale sur toute la surface qui lui était soumise (Cato, R. R. 18). Voyez l'article et la ligure au mot Tobcular, 2, où Vorbis est indiqué par le chiffre G; et où la figure donne une idée nette de sa place et de son emploi.

3. (Tpoyôç, Geopon. IX, 19). Dans un moulin à olives, la meule formée d'une masse de lave circulaire, plate d'un côté et ronde de l'autre, de manière à cadrer avec la forme circulaire du bassin (morlariiim ) dans lequel elle fonctionnait (Cato. R. R. 22 et 136). On comprendra mieux la position de ces meules et la mauiève dont elles agissaient en se reportant à l'article et à la figure consacrés au mot

ORCA.

OBDINABII.

Tkapetcm. Elles y sont indiquées par les chiffres, 3, 3.

ORCA ( ôpxïi ou Cpx-o). Vaisseau de terre de dimensiou considérable , mais plus petit que Vamphora, servaut à contenir du poisson salé (Hor. Sat. Il, 4, 6G ; Arist. ^esp.

676) ; des figues sèches ( Columell. XII, 15, 2; Plin. H. N.

XV, 21) ; de l'huile et du vin (Varro, Jî. R. i, 13, 6). On en parle comme d'un vase qui aurait eu le corps renflé, un fond {lointu, une petite embouchure, un col ong et étroit (Bartolom. Vont.Comment.

in Pers, m, 50), précisément ce que l'on rencontre dans la figure ci-jointe, qui représente un des nombreux vaisseaux de terre découverts dans la cave dont nous donnons une représentation au mot Chl- LA.Laforme du vase représenté ici est bien aussi celle que devait avoir le vase dont parle Perse (/. c), soit qu'il veuille parler d'une boite à dés à long col — angiistee collo non f allier orcx — soit qu'il lasse allusion à un jeu qu'aimaient les enfants romains. On piquait dans la terre un vase de cette espèce, et des enfants, placés à quelques pas , essayaient d'y jeter et d'y faire entrer des noix.

ORCHESTA ( ôp^rioTTiQ;. Cassiodor.

Far. Ep. iv, 51). C'est proprement un mot grec, à la place duquel les Romains employaient Pantomimus.

ORCHESTOPOLARIUS ( bi?i^<tio-KÔ- >.o;). Baladin qui exécutait une sorte de danse dont ou ne connaît pas exactement la nature. On se borne à des conjectures tirées de la composition du mot (ôpx^i~ (TTi^ç, saltator, et tioXêo), tourner (Firm. Matk. vill, 15).

ORCHESTRA (ôpxr.aTpa). Orchestre, dans un théâtre grec ou romain ; par sa position relativement au reste de l'édifice, V orchestra correspondait à notre parterre. C'était un espace plat et découvert au centre et au i)as de l'édifice, compris d'une part entre le dernier et le plus bas rang de sièges pour les spectateurs, et de l'autre entre le mur qui servait de limite à la scène, 'comme le molitre la figure ci-jointe , représentant le petit théâtre de Pompéi. Le mur bas sur

la gauche est la limite de la scène, et l'en-

foncement en demi-cercle sur la droite Vorchestra.

2. Dans les théâtres grecs, Vorchestra était l'endroit où se tenait le choeur et où il faisait ses évolutions ; ce qui demandait beaucoup d'espace.Aussi cet enfoncement avait-il, dans ces théâtres , une grande profondeur, et formait il plus qu'un demi-cercle , comme le montre, au mot Theatrum, le plan d'un théâtre grec, où Vorchestra est indiquée par la lettre B. Les plans de dix théâtres différents découverts en Lycie etdessinéspar Spratt et Forbes ( Travels in Lycia, vol. il, pi. 2), présentent tous ces mêmes dispositions. Au centre de Vorchestra était la thjmele ou autel de Bacchus.

3. Dans les théâtres romains, Vorchestra se rapprochait fort de notre parterre. Les Romains n'ayant pas de chœurs dans leurs représentations dramatiques, cette partie du théâtre était occupée par des spectateurs. C'était aux sénateurs et aux personnages de distinction qu'il appartenait de s'y asseoir (Suet. Âug. 35 ; Nero, 1 2 ; Jul. 39), et par suite, ce mot est employé pour désigner les classes supérieures par opposition à la populace (Juv. m, 178). Cette orchestra était aussi beaucoup plus petite que Vorchestra grecque, pour le motif donné ci-dessus, et consistait eu un demi-cercle parfait, comme le montre le plan du théâtre d'Herculanum au mot Theatbusi, où la lettre c désigne Vorchestra.

ORCULA (Cato, B. R. 117). Diminutif de Orca.

ORDINARII. Nom donné en général aux esclaves qui occupaient la position

OBDO.

de ceux que nous appellerions principaux domestiques. On comprenait sous cette désignation Yalriensls ou portier de la maison, le cellarius ou sommelier, le dispensator, ou économe , dépensier, le promus-condus, le procurator, etc. ils surveillaient et dirigeaient l'exécution de tous les travaux domestiques, de tous les gros ouvrages ; mais ils ne les exécutaient pas eux-mêmes : car ils avaient des esclaves à eux (vicarii), achetés de leurs deniers, qui les servaient (Suet. Galb, 12; Ulp. Dl^.i'i, 10, 15, et 14, 4, 6).

2. Giadiatores ordlnarii. Gladiateurs élevés et dressés selon les règles, qui possédaient parfaitement leur, art (Senec. de Ben. m, 28 ; £p. 7 ; cf. Suet. ^ug. 45), par opposition aux catervarii, qui combattaient sans aucune espèce de science et en désordre, par troupes. ORDO. Dans un sens général, une rangée, une série d'of)jets placés l'un à côté de l'autre dans un ordre de succession régulier : ainsi, une rangée d'arbres, un rang, une file de soldats, etc.

2. Dans la marine des anciens, une file, ou comme on traduit le plus ordinairement , un rang de rames. Le nombre des rangs de rames variait, suivant les dimensions du bâtiment et la classe de navires à laquelle il appartenait, de un à cinquante. La manière dont on disposait et dont on comptait ces bancs ou ordines est encore , sous beaucoup de rapports, une question controversée, qui restera probablement longtemps encore sans solution satisfaisante, à moins que l'heureuse découverte de quelque œuvre d'art ne permette aux antiquaires futurs d'appuyer leurs théories sur quelque autorité plus solide que de simples conjectures ; car, parmi beaucoup de systèmes qui ont été mis en avant, il n'y en a pas un absolument à l'abri detoute objection. Ceux même qui paraissent raisonnables sur le papier, et qui peuvent en apparence s'appliquer sur quelque autorité classique, quand on veut passer à la pratique, on découvre qu'ils supposent des effets, des actions, des combinaisons mécaniquement impossibles ; et pour ceux dont on prouve, par des expériences positives, qu'ils sont réellement exécutables,

on ne peut cependant les accepter qu'avec hésitation, parce qu'ils manquent de témoignages de l'antiquité qui les appuient etlesautorisent. Jusqu'à cinq rangs de rames, nous avons, directement et indirectement, de bonnes raisons de penser que l'on comptait les rangs de rames en hauteur et non en longueur; c'est-à-dire que le nombre totaldes rames, quel que fût ce nombre, qui se trouvaient sur un même alignement de la poupe à la proue, formait un ordo ou rang de rames. C'est ainsi que Tacite désigne une moneris, ou navire à un seul rang de rames (voy. ce mot), par cette expression : qum simplici ordine agebantur ^Hist. V, 23) ; ce que représente la figure ci-jointe , d'après une

mosaïque découverte auprès de Pouzzoles. Dans la birème, ou vaisseau à deux rangs de rames , il est également clair, d'après d'autres mots du même passage de Tacite et la figure ci-dessous , tirée

d'un bas-relief en marbre, que le second rang de rames était placé au-dessous du premier, et qu'on comptait les bancs à partir des rebords du pont jusqu'à la ligne de Qottaison ; les trous qui laissaient passer les rames, et par suite les sièges des rameurs étaient placés eu ligne oblique les uns au-dessous des autres , de manière que l'intervalle entre un rang de rameurs et le suivant fût

aussi pelit que possible. La construction d'une trirème, ou vaisseau à trois rangs de rames, était fondée sur le même principe : on y comptait d'une manière analogue les rangs des rames depuis les platsbords jusqu'à la ligne de flottaison ; c'est ce qu'aflcsle celte expression de Virgile : Tertio consurgurit ordine rem'i i^Mn. y, 140), et la figure ci-jointe , d'après une

ancienne fresque romaine, qui confirme le témoignage de Virgile. Une construction semblable pour quatre rangs de rames est indiquée par la figure du mot Qdadriremis, où les rames sont visiblement sur quatre rangs de hauteur à partir de l'eau, quoiqu'on y distingue moins clairement les détails, à cause de la petitesse du dessin , qui représente seulement une figure empreinte sur une monnaie; nous avons le droit d'en conclure qu'on disposait et qu'on comptait de la ■ même manière un cinquième rang de rames. On s'est assuré par expérience qu'une série de cinq avirons, s'élevani obliquement de la ligne de flottaison au plat- Jiord , pouvait tenir dans un espace de neuf pieds de haut, le point le plus élevé au-dessus de l'eau où le levier qui forme la rame p'iisse être coupé par le tolct (sca/mus) sans perdre tout effet (Howell, War Gallies of tlie Ancietits, p. 49- 51). Au delà de ce nombre commence la difficulté de compter les rangs, et on ne peut plus, en l'absence de tout témoignage positif, que formuler des conjectures ; on n'a plus pour se guider ni descriptions ni images. Si plus de cinq rangs de rames parallèles étaient placés l'un au-dessus

de l'antre, il serait matériellement impossible de manier l'aviron du sixième rang, le point fixe du levier se trouvant alors placé si haut au-dessus de l'eau, qu'il devrait élever le bras de la rame bien au-dessus de l'atteinte du rameur, ou empêcher la pale de toucher l'eau, à moins que l'aviron ne fût d'une longueur si démesurée , que la partie de la rame qui était contenue dans le vaisseau allât d'un plat-bord à l'autre, et dépassât même celui qui lui était opposé. Comment donc comprendre un vaisseau à quarante rangsderames, comme celui que construisit Ptolémée ? La solution la plus plausible est de croire que dans tous les bâtiments de première classe les avirons étaient disjwsés sur cinq lignes parallèles , comme dans une quinquérème, mais que les rangs ou ordines, au-dessus du nombre de cinq, étaient comptés en longueur et non en hauteur ; on aurait appelé ordo chaque rangée ascendante de cinq rames à partir de la ligne de flottaison, et l'on aurait compté le

nombre des ordines on rang de la poupe à la proue, et non plus de l'eau au platbord. Ainsi un navire à dix rangs de rames aurait eu, en comptant de la poupe à la proue , dix rangs de rames , chacun de cinq rames sur une ligne oblique et ascendante, comme le montre le plan cijoint. Un vaisseau à quarante rangs de rames présenterait la même disposition, cinq rangs de rames parallèles courant de l'arrière à l'avant; mais chacune de ces ligues aurait contenu, entre ces deux points extrêmes, quarante sabords pour laisser passer les avirons, et non dix : on n'obtient ainsi qu'une longueur très-raisonnable ; car la monemmème, petit bâtiment, dans la première planche de cet article, a vingt-quatre avirons à la file. OREjÏ; (ya).tv6ç). Bridon pour les chevaux de selle et de trait (Titinnius, Naevius, Cato et Cœlius ap. Fest. s. v.).

OllTUOCRAPIIM.

La bride dont nous nous servons, et où deux bras de levier pressent contre la lèvre et la mâchoire inférieure une chaîne on une tige de métal, était inconnue aux anciens, ciiezqui les mors les plus en faveur étaient construits avec de grands ménagements pour la bonche de l'animal, formés d'articulations souples et jonant aisément,de manière à beaucoup prêter, et épais, de façon à moins blesser les parties avec lesquelles ils se trouvaient en contact, en distribuant leur action sur une surface plus étendue (Xen. Eq. 10, (J setjq. ). Tous ces traits se retrouvent dans le modèle ci-joint, d'après un original en bronze, qui est formé d'articulations mo-

dépensaient beaucoup de soins et d'habileté, à en juger d'après les coiffures va-

biles, et pourvu de chaque côté, entre le milieu du mors et l'anneau circulaire où venait s'attacher la rêne , d'une roulette qui obligeait l'animal à tenir toujours sa langue en mouvement et lui occupait la bouche.

ORGANUM' (ôpYavov), En général , tout instrument, toute machine , qui , en agriculture , en architecture , à la guerre, aide le travail humain, letc.; différant, toutefois, de macidna, en ce qu'il fallait à la personne qui se servait de Yorganiim un certain degré d'adresse ; taudis que, pour employer la machina, ou n'avait besoin que de beaucoup de force physique ou de beaucoup de bras (Vitruv. X, 1, 3; Columell. m, 13, 12; Plin. H. N. XIX, 20). Par extension, ce nom est donné surtout aux instruments de musique (Quint. IX, 4, 10;xi, 3, 20), et, parmi eux, plus particulièrement à celui dont vient notre orgue ( Suet. Ner.

41 ; Lamprid. Alex. Sev. 27 ; Heliog.

32), qui avait aussi un nom particulier, qu'il devait à l'eau primitivement employée, au lieu de poids, pour le faire marcher. Voy. Hyoraiilus.

ORNATRIX. Femme esclave qui avait pour fonctions principales d'assister à la toilette de sa maîtresse, pour la coiffer (Ov. Â. ytin. m, 229 ; Suet. Claud. 40) : grande affaire, où les femmes romaines

riées et capricieuses , souvent toutes de fantaisie, que nous montrent les bustes nombreux de la période impériale qui sont parvenus jusqu'à nous. La gravure représente, d'après une peinture de Pompéi, une ornatrîx coiffant sa maîtresse avec des fleurs, dont quelques-unes sont encore posées sur la table auprès d'elle. ORNIÏHON (ôpviewv). Volière ou basse-cour, formant une des principales dépendances d'une ferme ou d'une maison de campagne. Beaucoup d'oiseaux léduits à l'état domestique y étaient élevés , entretenus et engraissés pour la table. Ces bâtiments étaient construits par les Romains sur une grande échelle et montés avec beaucoup de magnificence (Varro, R. R. m, 3 ; Columell. viii, 3). ORPHANOTROPHIUM ( ôp^avoxpoçetov ). Asile pour des orphelins, (pii étaient nourris et élevés aux fraisdu public (Cod. Justin. 22).

ORTHOGRAPHIA (op9oYpa9i'a).£/;Kre de géomètre ou d'architecte, représentant, soit la façade d'un bâtiment, avec toutes ses parties, toutes ses ouvertures, tous ses ornements, non en perspective, mais comme les verrait un spectateur placé à une distance infinie, soit une coupe du bâtiment, c'est à-dire tout le plan intérieur de la maison, comme il se découvrirait si le mur extérieur disparaissait tout d'un coup. Les dessins qui accompagnaient primitivement le texte de Vitruve ayant été jierdus, il ne nous reste aucun spécimen de cel'ebran-

ORTHOSTATA.

che du dessin chez les anciens ; mais l'habileté avec laquelle ils faisaient des plans à terre (ichno^rapliia), peutnous garantir leur supériorité daus^ celle autre branche du même art.

ORTHOSTATA (ôpào<7TàTY)<;). Littéralement, qui sellent debout ; termeemployé par les architectes pour désigner la surface extérieure d'un mur, com-

posée de matériaux 'différents de 'ceux qui en formaient le corps et l'intérieur, c'est-à-dire de briques ou de moellons régulièrement posés les uns sur les autres, en avant d'une masse irrégulière de pierres de toutes les grosseurs, empâtées de ciment. C'est ce qu'on voit dans le spécimen ci-joint d'une construction romaine (Vitruv. ii, 8, 4).

OSCILLATIO (aîwpa). Balançoire et partie de l)alançoire (Pet. Sat. 140; Hjgin. Fa6. 130; Festus, 'v. Oscillum ; Serv. ad. Virg. Georg. ii , 389) ; un des divertissements favoris des an-

ciens , plaisir auquel ils se livraient à peu près comme nous le faisons : leur balançoire était un fauteuil à quatre pieds, suspendu par quatre cordes au lieu de deux, comme l'indique le dessin cijoint , d'après un vase peint qui représente une femme grecque se balançant.

La composition entière, dans l'original, contient une autre figure debout à terre, derrière la balançoire, les bras étendus, dans l'attitude de quelqu'un qui vient de

pousser le fauteuil, et qui attend son retour pour répéter la même opération.

OSCILLUM. Diminutif de Os. Petit masque ou image de la figure humaine ; surtout petit masque de Bacchus, que les paysans sus|)endaient dans un vignoble, de manière que, selon le vent, il se tournât d'un coté ou de l'autre; et c'était une croyance généralement répandue ,

^^<p^ia»

que la partie du champ vers laquelle se tournaient les regards du dieu portait plus de fruits ( Virg. Georg. Il , 388- 392 ; Macrob. Sat. i, 7 ). La gravure représente plusieurs de ces oscilla suspendus à un arbre, d'après une pierre gravée, et un masque antique de Bacchus, conservé.au Musée Britannique, qui porte encore au sommet de la tète uu anneau servant jadis à le suspendre.

OSSARIUM et OSSUARIUM. Coffre de marbre, de pierre ou de toute autre substance, où l'on enfermait souvent, pour le déposer dans la chambre funéraire , un vase de plus de prix, qui contenait les os etles cendres d'un mort (Inscript, ap.

Grut. 1043, l,et 915, \ 3. Ossuarium viva sibi fecit.ViXi,. ^'S- ^"^^ 12, 2). Le modèle représente le coffre antique où fut enfermée l'urne qui contenait les cendres d'Agrippine, quand on lesdéposa dans le mausolée d'Auguste, comme l'atteste l'inscription qu'il porte. Il est maintenant conservé à Rome, dans le Capitole.

OSTIARIUS (eypwpô?) Portier, «iclave assis dans une loge auprès de la

ACMHWA-H-AOnraiI

id\lAvcvirm-' «uxjuoci'cuung

MAm^cAU&lK -x/c

OVDM.

porte (cella ostiaria, Petr. Sat. 29), ou qui, dans les premiers temps de Rome, était enchaîné à côté de l'entrée de la maison (Id. 28; Suet.Mef. 3) pour reconnaître ceux qui entraient. Le même sens que Jamtor.

OSTIUM (60pa). Proprement, ce mot désigne une poi te dans l'intérieur de la maison, comme une porte de chambre, par opposition à la porte qui donne sur la rue, janua (Isidor. OW"-. XV, 7j 4; Vitruv.

Yi, 3, 6). Cette distinction est claire-

ment marquée dans un passage de Plaute ( Pers. V, 1, G, anteostium et januam ), et est facile à saisir par la gravure cijointe, qui représente l'entrée d'une maison de Pompéi, avec le plafond et les portes restaurés. La janua, c'est l'ouverture pratiquée dans le mur extérieur de la maison ; elle donne entrée dans un vestil)ule { protliyrum), au bout duquel s'ouvre une nouvelle porte, Vostium, à moitié fermée dans notre gravure, et qui sépare V atrium ou , s'il s'agit d'une maison grecque, Vaula, du corridor par lequel on entre. Vitruve appelle ces deux ]^ovXei duasjanuas{y\, 7, 1), parce que la distinction faite ci-dessus, quoique sans

aucun doute elle soit exacte , était rarement observée, le mot ostium étant généralement employé comme synonyme de janua, pour toute porte placée sur le devant d'une maison et y donnant entrée, et surtout pour une entrée de temple (Vitruv. VI, 3, 6). Voyez, au mot HvPiE- THRUM, un spécimen de ces entrées de temple.

2. La porte qui formait le devant des loges où les chars et les chevaux étaient rangés dans le Cirque, avant que les cour-

ses commençassent (Auson. Ep, xvili, 1 1 ), comme le montre le modèle ci-joint, emprunté au Musée Britannique.

3. Le goulet ou l'entrée d'un port (Virg. ^n. 1, 400 ). Voyez la figure au mot

PORTCS.

OVILE. Proprement, parc à moutons ou à chèvres ; mot employé ensuite pour désignerun enclosdans le champ de Mars, où se réunissait séparément chaque centurie, avant que ses membres procédassent à donner leurs voles (Liv. xxvi, 22 ; Lucan, II, 197 ; Juv. vi, 527); on l'appelait ainsi parce qu'il était entouré d'une palissade semblable à celle dont sont formés les parcs à moutons. C'est ce que représente le treillis qui est au bas du dessin cicontre, d'après une monnaie de Nerva, Les figures au-dessus sont les votants au moment où ils sortent de l'ovile, et où ils passent sur le pont {pons suffraglorum), pour jeter leurs suffrages ( tabellse) dans l'urne (cista).

OVUM. ÔF.uf. En dehors de son sent propre, ce mot désigne particulièremens des boules coniques, en forme d'œufs, qui

OXVBAl'HL'S.

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étaient placées au haut d'une table de jiierie soutenue par des colonnes sur la barrière (spina) qui partageait parle milieu un cirque ( circus), afin d'indiquer aux spectateurs le nombre de tours qui , dans chaque course, avaient déjà été faits par les concurrents. Comme chaque course se composait de sept tours d'arène, et que l'empressement et l'intérêt que la populace apportait à ce genre de spectacles allait presque jusqu'au délire, il était nécessaire d'inventer quelque moyen de montrer à chaque instant à tous le nombre de tours déjà faits, de manière à ôter même toute possibilité de dispute. C'est le résultat qu'on obtenait au moyen de ces ovoïdes ; on en voit sept, dans la planche ci -jointe, supportés sur quatre colonnes, comme ils sont représentés sur la spina dans un bas-relief romain où est sculptée une course de chars. Cette forme avait été choisie en l'honneur de Castor et PoUux. Tantôt on élevait un de ces œufs à mesure qu'un tour était achevé par le char qui tenait la tète ; tantôt, au commencement de chaque course, on élevait tous les sept œufs, et l'on en descendait un à chaque tour achevé. Laquelle de ces deux méthodes était généralement adoptée, c'est ce que l'on ne sait pas bien, et ce qui est l'objet de \ives discussions ; en tout cas, le résultat était le même, et peut-être que l'usage variait suivant les temps et les lieux (Liv. xn, 27; Varro, R. K. \, 2, 11 ; Cassiodor. Var. Ep. III. 51 ; Dio, XLIX, p. 417).

OXYBAPHUS (Ô$06a9ov). Rhemn.

Fann. de Pond. 1b ; Isidor. Orig. xvi, 11 ). Mesure à liquides contenant quinze drachmes ; c'est |)ro|n-ement un mot grec, auquel équivaut le mut latiu Acetabu- LUM. Voyez ce mot.

P.«DAGOGIANI, s. enX.pueri. Jeunes esclaves choisis pour leur beauté personnelle, et élevés, sous l'empiie, dans les maisons des gens riches pour servir de

compagnons et de serviteurs aux enfants de leurs maîtres ; ils remplaçaient ainsi le pxdagogus des anciens âges ( Amniian.

XXV, G, 15 ; XXIX, 3, 3). Le nom, aussi bien que l'usage, s'est en quelque façon conservé à travers le moyen âge jusqu'à nos jours ; car le mot moderne page est une corruption évidente du latin pxdagogiani.

Pj«DAG0G1UM. Dans les maisons des grands , l'appartement où de jeunes esclaves, séparés soigneusement de tous les autres, étaient élevés pour faire le service de pa^es, paedagogiani (Plin. £p. VII, 27, 13).

2. Page ( Senec. de Vit. Beat. Il ; £p. 123 ; Plin. N. N. xxxiii, 54 ; cf. Suet. Nero, 28). Voy. P^dagogiani.

PiEDAGOGUS (TtçxtSaywyôç). Esclave du rang le plus élevé, dont les fonctions spéciales étaient de surveiller l'éducation morale du fils de son maître , de l'accompagner dans ses promenades, de le conduire à l'école et de le ramener, et peut-être aussi de lui donner des leçons chez lui (Cic. de /Im. 20 ; Senec- d^; Ira, II, 22 ; Quint. I, 1 , 8, et 2, 10). 11 occupait ainsi une position assez sembable , mais non pas tout à fait pareille à celle qu'a chez nous un précepteur ; elle ressemble mieux à celle du tutorede l'Italie moderne, qui est en général un abbate, et qui accompagne partout et toujours son pupille, même quand il va faire une visite, absolument comme le pédagogue dans la Grèce et l'Italie anciennes. La figure donnée au mot Manica, 1, représente, du moins on le croit généralement, ie.pxdagogus de l'un des enfants deNiobé. 11 y a dans le caractère de la tête et des draperies une intention évidente de faire reconnaître un étranger.

PiENULA ( 9aiv6Xrii;). Vêtement de dessus, du genre de ceux que l'on appe\ait'veslimenta dansa. C'était une sorte de blouse ronde, munie d'un capuchon, ayant en haut un trou rond par où l'on passait la tête, et d'ailleurs entièrement fermée sur le devant ; quelquefois cependant elle était fendue par devant, depuis la lisière inférieure jusqu'à mi-corps , de sorte que les deux pans ainsi formés pouvaient être relevés et rejetés par-

P.ïNLLARIlS.

dessus l'épaule, comme on le voit dans la figure de droite de la planche ci-jointè ; mais, dans tous les cas , elle était sans

manches : et c'est ce qui faisait dire de ceux qui la portaient, qu'ils y étaient empêtrés , serrés et comme enfermés ( irretiti ; adstricti et relut inclusi : Cic. MU. 20; Tac. Dial. Je Oral. 39). On la portait par-dessus la tunique, surtout en voyage, et dans la ville quand il faisait très-froid outrés-humide (Quint, vi, 3, 66; Lamprid. yilex. Sev. 27); quelquefois les femmes la revêtaient (Quint.

VIII, 3,64); elle était faite, soitd'une étoffe à poils très-épais ef très-longs (Mart. XIV, 145), soitdecuir (Id. xiv, 130). Les figures ci-jointes montrent ce vêtement par devant etpar derrière, d'après des statues gravées dans le traité de Bartolini, de Psenida.

2. Une des parties de la pompe foulante inventée par Gtésibius d'Alexandrie, et appelée de son nom Ctesibica MACHINA ; voy. à ce mot, dans la figure, la psenula désignée par la lettre D.

P^^NULARIÙS. Qui fait ou qui vend des pxnulx (Inscript, ap. Grut. 646, 5).

P^NULATUS. (Cic. Mil. 10 et 20 ; Sen. de Ben. m, 28). Qui porte la pasnula, telle qu'elle est décrite et figurée à ce mot.

PAGANICA, s. ent./^//a. Espèce particulière de balle, garnie de duNCt et couverte de cuir, employée primitivement par les paysans {pagani), d'où est veau son nom, quoique dans la suite les

habitants plus civilisés des villes en aient adopté l'usage. Elle était plus grosse et moins dure que le trigon, plus petite et plus résistante que le foÙis (Mart. xiv, 45; vu, 32).

PAGINA. Tantôt ce mot est synonyme de sciieda, et désigne une feuille de papier composée d'un certain nombre de bandes de l'écorce (intérieure du papyrus {philyrx), dont une certaine quantité, quand on les collait l'une à l'antre, formait un livre ou rouleau (//ber , volumen ) ; tantôt il signifie une des colonnes de lignes qui couvrent la feuille, comme dans le modèle ci-joint, et alors il correspond tout à fait à notre mot, page, par lequel on doit le traduire ( Plin. H. N. XIII, 24 ; Cic. ad Q. Fr. I, 2, 3).

PAGUS (iràyoç). Mot grec, signifiant littéralement une montagne, un pic: sens dans lequel les Romains l'adoptèrent pour désigner toute sorte de position au milieu de la campagne, mieux défendue par la nature que parl'art ; ainsi, le sommet d'une colline abrupte où la population rurale des environs pouvait se retirer et se mettre en sûreté avec son bétail et sa richesse mobilière, en cas d'une de ces incursions soudaines, ou razzias , si fréquentesdansla stratégie encore barbare des premiers siècles de Rome ( Dionys. il, 76 ; IV, 15). Chacune de ces positions formait naturellement le noyau d'un village, comme beaucoup de villes de l'Europe moderne sont nées de l'empressement avec lequel les classes industrieuses se pressaient et cherchaient à s'établir sous la protection d'un château féodal : le nom de pagiis fut ainsi donné au village et au district qui l'entouiait immédiatement, et le nom <le pagan'i aux paysans qui l'habitaient, pour les distinguer des soldats. Milites et pagani sont souvent opposés l'un à l'autre, comme chez nous civil à militaire (Varro, L. L. vi, 24, 26 ; Virg. Georg. Il, 328 ; Ov. Fast. i, 669; Tac, Ànn. l, 56 ; Cic. Dom. 2S ; Suel. Àitg. 27).

PALA. Bèclie à lame de fer (Columell.

PALi£STRITA.

X, 46), servant à la fois aux travaux des jardins et à ceux des champs (Id. v, 9,8 ; Varro, L. L. v, 134 ; Liv. lu, 26, fossam fod'iens patie inrtisus). L'ancienne bêche n'était pas toutefois un outil aussi lourd que celle dont on se sert maintenant ; elle avait un manche plus mince et plus long, et était arrondie à son extrémité inférieure, comme le montre la figure ci-jointe, d'après une peinture fu-

néraire de l'ère chrétienne. Les Romains modernes se servent d'une bêche qui a piécisément cette même forme, et qu'ils désignent par son ancien nom : la pala. 2. (nTÛov). Pelle, de même forme que la bêche, employée pour vanner le blé, comme on le fait encore en Italie eten Grèce(Cato, R. B. 11). On s'en sert sur l'aire, quand souffle une légère brise. Le laboureur prend plein sa pelle du blé déjà battu et le jette en l'air, le plus Ibin possible, transversalement à la direction du vent, qui sépare et emporte les parties plus légères, la__menue paille

et tout le rebut , laissant le blé, qui est plus lourd, retomber sur l'aire. La figure représente uu paysan Albain vannant du blé avec une pala pendant le temps des vents étésiens.

3. ((làvSpa, (TçevSôvY) , TiueXf;)- Le chaton d'une bague ( Cie. Off. m, 9).

Yoy. la figure au mot FuNoA, 4.

PALiESTRA (TtaXaicTTpa). C'est proprement un mot grec, souvent synonyme de Gyhnasidsi ; s'il y a parfois une différence, voici en quoi elle consiste : dans l'origine, et à proprement parler, la palaestra était l'endroit où les athlètes qui luttaient dans les jeux publics étaient dressés et formés à l'art du pugilat, de la lutte, etc.; le gjmnasium êtail, au contraire, un établissement où la jeunesse grecque se livrait à tous les jeux de son âge et à des exercices gymnastiques'; la palwstra serait donc la partie du g-r/n/îasium où s'enseignait la gymnastique proprement dite (Plant. Bacch. m, 3, 23 ; CaluU. 63, 60; Vitruv. \ , H ). Voyez Gymnasidm.

2. Les Romains, quand ils donnaient à ce mot un sens particulier, l'employaient pour désigner un emplacement ménagé dans leurs villes pour toute espèce d'exercices physiques, et pour ceux de la gymnastique en particulier (Cic. ad Q. Fr,

PAL^STRICUS (Tca)iai(iTpix6ç).Dans un sens général, se dit de toute personne très-habile dans les exercices de la palestre, et qui en fait son étude particulière(Quint. i, 11, 15). Mais on donnait, le plus souvent, à ce mot un sens particulier en le faisant servir à désigner un personnage ( ni tenait à la fois du maître de danse et du maître d'armes. Il avait pour fonction spéciale d'enseigner aux jeunes gens de Grèce et d'Italie à éviter dans leurs manières la gaucherie et la vulgarité, à acquérirun portélégantet une démarche gracieuse, des attitudes aisées et des gestes convenables (Quint. 1,11,16; II, 8, 7 ; XII, 2, 12 ) ; car, chez les Grecs surtout , admirateurs passionnés du beau sous toutes ses formes et partout où il pouvait entrer, la grâce était regardée comme nécessaire et indispensable, même dans les luttes violentes de la palxslra. De là palxstrici motus (Cic. Off. I, 36), pour dire les mouvements et les gestes appris à l'école de ces maîtres : gestes et mouvements que Cicéron a raison de condamner quand ils ont quelque chose d'affecté, et qu'ils sentent trop, comme nous dirions, le maître de danse.

PAL^STRITA (nuXawTpÎTTiç). Qui

PALAMGA.

s'exerce à la palestre (Cic. Verr. il, 2, 14 ; Mart. m, 58, 25).

PALANGA. Voy, Phalang^e.

PALARIA. Au pluriel neutre, exercice du trait , auquel se livraient les recrues dans les armées romaines, en lançant leur pilum contre un poteau {palus), planté en terre en guise de mannequin (Charis. 1, 21; cf. Veg. Mil. i, 11; il, 23).

PALE (ix«Xti. Stat. Jch. il, 44 1 ; Tlieb. VI, 830). C'est proprement un mot grec, auquel repond le latin LccTA.

PALEARIUM. Grenier à fourrage, grenier où l'on serrait de la paille ( Columell. I, G, 9).

PALIMPSESTUS (7taXÎ|i«l;ïiffTo;)- Parchemin que l'on avait gratté pour faire disparaître l'écriture dont il était couvert, afiudes'en servir une seconde fois, et d'y tracer de nouveaux caractères ( Cic. ad Fam. vil, 18 ; Catull. 22, 5). Par suite , les savants ont donné le nom de palimpsestes à des manuscrits dont les caractères apparents et lisibles, quoique remontant déjà eux-mêmes à une assez haute antiquité, recouvrent une écriture plus ancienne encore. Il paraît probable que cette habitude d'eflacer, pour récrire sur le mèiye papier, remonte jusqu'aux libraires grecs et romains, et qu'ils avaient recours à ce procédé quand la composition confiée en premier lieu au parchemin présentait peu d'intérêt et avait |)eu de valeur. Quoi qu'il en soit , aucun des palimpsestes actuellement existants ne semble antérieur au neuvième siècle; on a souvent découvert que des tetivres de premier ordre avaient été effacées paruu lavage , afin que le parchemin pût recevoir d'autres compositions, la première écrituie se laissant cependant distinguer etquelquefois même lire par-dessous l'autre. C'est ainsi que le de Repuhlica de Cicéron a été découvert et déchiffré par Angelo Mai sous un commentaire de saint Augustin sur les Psaumes.

PALLA ( ÇuffTii; usTtXoç). Mot qu'employaient les écrivains latins pour désigner, à proprement parler, une partie du vêtement des femmes grecques; la palla était la robe de cérémonie dei damei riches, des déesses , des personnages mythologiques, et celle que portaient les

musiciens et les acteurs sur la scène (Non. s. V.; Hor. A. P. 278). Elle était formée

d'une pièce d'étoffe oblongue ou rectangulaire, qu'on pliait avant de s'en revêtir, d'une manière toute particulière, que le plan ci-joint et la description suivante feront aisément comprendre. D'abord on pliait par le haut la pièce entière abcd en la ligne EF, ce qui la réduit au parallélogramme EFCD, la ligue ab coïncidant par derrière avec la ligne gh sur le devant. Ensuite on la pliait en deux par le milieu, suivant la ligne IKL, et l'on amenait le coté Fc à coïncider avec le côté opposé f,d, la portion de l'étoffe dont on avait fait un r, mpli restant en dehors, de sorte que le tout se trouvait enfin réduit à la figure EDU, qui est double et entièrement fermée d'un côté, IKL, tandis qu'elle est ouverte de Tautre, egd. Alors, voici comme on mettait la palla : la personne qui voulait s'en revêtir séparait les deux côtés, qui avaient été ramenés l'un contre l'autre en egd , et en faisait passer un derrière son dos , de manière à être exactement au milieu du carré kdli, edli dans la colonne voisine. Elle attachait alors l'un à l'autre le devant et le derrière de la palla par une broche , au-dessus de l'épaule gauche, en pr, passant le bras à travers l'ouverture marquée NI dans le plan et N i dans la figure drapée. Une autre broche était ensuite attachée de la même manière sur l'épaule droite, en M, comme est en train de le faire une des femmes représentées ci-dessous, de sorte que la partie comprise entre m et > fournit une ouverture pour le cou, et celle ctttre

M E (m e dans la figure drapée ) un passage pour le bras droit, semblable à celui qui laissait de l'autre côté passer le bras

gauche. Les coins e g et l K sur le premier plan , e i sur le second , retomberont dans le sens qu'indiquent les lignes ponctuées, et occuperont les places marquées e G, l K sur la draperie de la figure de droite. Toute celte partie supérieure du vêtement correspond bien à la description que donne Sidoine Apollinaire d'une statue de Bacchus en costume de femme (Carm. xxil, 31), comme celle que l'on voit au Vatican {Mus. Pio-Clem. vu, 2) : nec tegit exsertos , sed laiigit, palla lacertos. Ou comprend, d'après la description ci-dessus, que la palla était par elle-même une draperie flottante, que l'on ajustait sur soi en s'en enveloppant, comme de toute autre pièce de I'Amictus ; c'est ce qui fait dire souvent de personnes ainsi vêtues , qu'elles soûl pal lis ainiclae (Varro ap, N'on s. oi.) ; et l'on saisira encore mieux l'importance de celle remar((ue, en se reportant à la figure du mot Péplum , 1 , qui représente, vue de coté , une figure prise sur une statue d'Herculanum , appartenant au même groupe que les deux figures ci-dessus, et portant la même sorte de vêtement, avec tout le colé gauche de la palla ouvert, si bien que des observateurs superficiels pourraient la prendre pour un palliuiii. Mais quelquefois cotte draperie carrée , après avoir été repliée sur elle-même en haut, puis pliée en deux, comme nous l'avons indiqué, était cousue sur le coté gauche depuis le bas

jusqu'î^ la moitié ou les deux tiers de sa hauleur, ce dont on peut voir un exemple frappant dans la ligure de gauche de la gravure ci-dessus. Une large bande y recouvre et y trahit la couture par laquelle sont jointes l'une à l'autre les d( nx parties de l'étoffe. Ainsi disposée, elle devient un vêtement fermé, vestimentum clausum , que l'on était obligé de passer par en haut, comme toutes les autres pièces de I'Indctds; de là vient que l'on peut dire d'une personne ainsi vêtue, qu'elle est pallam induta (Ov. Met. XIV, 202) ; cette variété de la palla ressemble fort, à première vue, à la tunique : ressemblance qu'augmente encore l'habitude que l'on avait, quand la palla était ainsi disposée , de la serrer autour de la taille ou au-dessus des hanches, au moyen d'une ceinture, comme on le voit dans la figure de droite ci-dessus ; d'où l'expression palla succinctam , dans Horace {Sat. I, 8, 23).

Nous ne cacherons pas aux lecteurs que cette explication diffère de celle que donnent habituellement de ce mot les lexicographes et les philologues , qui se contentent de dire que palla n'est qu'un mot poétique \\onr pallium , plus particulièrement employé quand il s'agit de femmes. Voici nos observations en réponse à ce système :

I " Le pallhtni n'est jamais une pièce de I'Indutus , comme l'est parfois la palla ; et au contraire ce pallium même, ou une draperie qui lui ressemble fort, est quelquefois porté par-dessus la palla. K\n&\ pourCircé, dans Ovide (/. f.): Pallamque induta nitentem. Insuper aurato circumvelalur amictu.

2° La palla est souvent décrite comme un vêtement qui couvrait les. pie<ls (Ov. Am. III, 13, 2G ; cf. Virg. En. XI, 57G ; Stat. Âch. i, 262) ; ce que ne fait jamais , ce que ne pourrait jamais faire le pallium.

3° On l'attachait, on la serrait avec luie ceinture (Hor. l. c.)\ ce qui n'arrive pas et ne pouvait arriver au pallium.

4" Nouius {s. V.) et Servius {ad Virg. jEii. I, 648 ) expliquent également le mot palla par un composé, tunico-pallium, indiquant ainsi que la

palla avait à la fois les caractères de la tunique et ceux du pallium, ou eu d'autres termes, que c'était à la fois un INDUTUS et un AMICTCS, ce qui correspond exactement à la description donnée j)ar PoUux (vii, 47), du vêtement de femme grec appelé ÇucttJ; : £vôu[xà te 6(ioû, xai 7t£p(6),r,(i.a xalyjTwv-

5° Toutes les autres espèces de palla, qui sont décrites et figurées dans les paragraphes suivants, ont avec la palla que nous venons de décrire et de représenter une affinité réelle, mais aucune absolument avec le pallium, car ce sont des vêtements fermés comme des tuniques el appartenant à I'indutus.

C° Le passage où Sénèqne [de Ira, m, 22) désigne un rideau par le mot palla n'enlève en rien aux raisonnements qui précèdent leur force et leur valeur; car, quand la palla était détachée du corps , elle formait une grande pièce d'étoffe de forme rectangulaire, comme nous l'avons expliqué.

Dans une multitude d'autres passages où se présente ce mot, il est seul, sans une épithète caractéristique , sans un détail qui nous apprenne si l'auteiu' veut désigner par là un vêtement de dessus ou de dessous, ou un vêtement couvrant à lui seul suffisamment tout le corps, sans le secoursd'aucunautre.Lesraisonsquenous venons d'énoncer établissent de la manière la plus naturelle et la pluspéremptoireque les motipalla etpallium ne sont passynonymes, et elles confirment l'exactitude de la traduction ici donnée du premier de ces deux mots. Nous les avons exposées avec une extrême concision , il est vrai : la nature de ce travail l'exigeait ; mais , nous écartant d'opinions anciennes et établies , soutenues par l'autorilé de grands noms, nous n'avons pas cru pouvoir nous dispenser de donner nos motifs, et d'indiquer sur quelles autorités nous nous appuyons.

2° Quoique la valla, quand elle était portée comme robe de cérémonie , fût toujours un long vêtement tombant jusque sur les pieds , comme nous l'indiquons dans les paragraphes précédents , dans d'autres cas , elle était quelquefois de bien moindres dimensions, et se ter-

minait juste au-dessus du genou : c'est ce que prouvent des témoignages écrits , aussi bien que des œuvres d'art. C'est cette sorte de palla que Valérius Flaccus |)rèie aux nymphes compagnes de Diane (m, 525 : siimmo pnlla genu) ; Ovide à Tisiphone ( Met. iv, 481 ; cf. Virg. JEn.

VI, 555), et que porte la Fur'ia, dans le Virgiledu Vatican. La gravure, d'après un bas-reliefde la villa Borghèse, nous montre une draperie maintenue en place et attachée au moyen d'une broche sur chaque épaule, tout à fait semblable, sauf par sa longueur, à celle que représente la première partie de cet article. On suppose que cette figure représente une vierge Spartiate dansant aux fêtes de Diane, que l'on célébrait dans un des villages de Laconie, appelé Caria, où la danse était 'une des parties les plus importantes de la fête , et où , dans le costume de celles qui l'exécutaient, il devait y avoir une allusion au caractère et aux habitudes de la déesse qu'elles honoraient (Visconti, Mus. Pio-Clem. Vil, 38, n.). Diane elle-même, dans un grand nombre de statues, est représentée vêtue d'une palla exactement semblable à celle qui est ici figurée , si ce n'est qu'elle a à l'extérieur, sous le sein, une ceinture qui sert à retenir la draperie serrée contre le corps, pendant la poursuite et les efforts de la chasse.

3. La palla des dames romaines, quoiqu'elle ne fût pas exactement la même que celle des femmes, grecques, y ressemblait assez pour qu'on ait pu la comprendre dans la même classe de vêtements et la désigner par le même nom.

Comme celle-ci , elle avait à la fois le caractère d'iNDUMENTUM et celui d'A- MICTUS, étant portée comme tunique, et par-dessus une tunique (Varro, L. L. v. 13; Hor. Sat. i, 2, !)!)), et ajustée à la personne par des agrafes sur les épaules, comme nous l'avons expliqué dans les

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deux, paragraphes précédents , avec cette seule différence, que le haut de l'étoffe n'était pas retourné .

et replié pour faire pèlerine, la tunique de dessous couvrant complètement la poitrine et rendant cette défense inutile. La figure ci-jointe , d'après une statue de la pi'étresse Livia , découverte à Pompéi, fait comprendre tous ces détails. Le vêtement de dessous, qui monte jusqu'au haut de la gorge, avec des manches descendant plus bas que le coude, est la tunique de dessous ou \stola (Hor. Le); par-dessus celte sorte dechemise on aperçoit la palla avec ses bords de devant et de derrière attachés l'un à l'autre sur l'épaule par des agrafes, comme dans les trois figures précédentes ; enlin un large voile, une draperie tout à fait flottante [amictus) est jetée par-dessus le tout, comme le dit expressément Ovide {Met. xiv, 2()2), et comme l'indique Tite-Live (xxvil, 4) par ces mots : {mllam pictamcum amiculo purpureo, où e diminutif marque la finesse du tissu et non l'exiguïté des dimensions duvêtement. Les lisières inférieures de la palla sont cachées par la draperie extérieure , de sorte qu'il est impossible d'en déterminer la longueur réelle ; mais il est probable qu'elle ne tombait guère au-dessous du genou , afin de ne pas cacher le ,' volant ( instita) de la stola, dont on voit à terre et sur les pieds de la figure le bas et les derniers plis. Outre tout cela, cette dame sans aucun doute portait sur la peau une chemise proprement dite {tunica intima), que cachent entièrement les vêtements de dessus. C'est ainsi que nous pouvons aisément comprendre ce que veuf dire Horace (/. c), quand il oppose les vêtements si légers des femmes de mauvaise vie aux épaisses barrières que présentait le costume des femmes honnêtes et de haute naissance ; nous saisissons aussi la défuiitiou donnée par Nonius (s. d.) : Palla — honeslx mulieris 'vestimentum.

4. La palla dont Apulée {Met. xi, p.* 240) revêt Isis, paraîtrait, d'après son texte même, un vêtement d'un caractère tout différent de ceux dont nous venons de déterminer la nature par les témoignages écrits et les représentations figurées, sans l'existence dans le musée Pio-Clémentin d'un bas-relief représentant une prêtresse d'Isis, et dont la figure ci-jointe est une copie. Le costume de cette prétresse correspond si bien jusque dans ses moindres détails à celui que décrit Apulée, qu'il semble hors de doute que sa description était faite d'après quelque type bien connu dans les arts, et dont la figure que nous donnons n'était aussi qu'une reproduction. On s'aperçoit à première vue qu'elle porte une palla absolument de mê- 3 me forme et ajustée tout à fait de la même manière que la figure de droite , au paragraphe premier.

Seulement sur cette palla passe une large écharpe décorée d'étoiles et de croissants brodés , qui va de dessous le bras droit à travers la poitrine jusque sur l'épaule gauche, où elle s'attache en laissant pendre par devant une extrémité garnie de franges ; tous ces détails du costume et de ses ornements sont donnés tout au long par Apulée. L'obscurité du passage vient de ce qu'il donne le nom de palla seulement à l'écharpe ; c'est-àdire qu'il décrit la partie du costume qui en forme le Irait le plus apparent, et qui attire le plus l'attention sous le nom du vêtement auquel elle était attachée et dont elle faisait l'ornement.

5. Palla' citharœdica. La palla que les musiciens portaient sur la scène ; par suite, elle est donnée souvent dans les œuvres d'art à Apollon, comme le costume qui lui convient le mieux, quand il joue son rôle de citharœdus et de musagetes. C'était une longue robe flottante, à manches tombant jusqu'au poignet, ser-

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PALLIOLCM.

■ée par une large ceinture autour de la

;aille, et dont le bas couvrait les pieds, t quelquefois mène traînait à terre.

Elle ressemble ainsi sous beaucoup de rapjwrts à la cliindota ou tunica manicata, et par suite elle est mentionnée comme une pièce de Vinduttis (Auct. ad H ère II.

IV, 47 ; citkarœdus palla indutus ; cf.

Apul. Flor. n, 15, 2, où une robe tout à fait semblable à celle qui est ici représentée est minutieusement décrite). Elle diffère cependant de la tunique ordinaire en ce qu'elle n'était pas , comme celle-ci, de largeur uniforme du haut en bas : mais étroite et collante à son extrémité supérieure sur la poitrine et les épaules , elle s'élargissait par degrés vers le bas , jusqu'à devenir en approchant des pieds une robe flottante et traînante; ce qui lui fit probablement donner ce nom de palla. Tous ces traits sont facilement reconnaissables dans la planche ci-jointe, qui représente une statue d'Apollon au Vatican ; la draiierie floi tante qui tombe derrière les épaules est un amktus porté par-dessus la palla. Dans la statue qui nous a servi de modèle , les bras sont refaits par un sculpteur moderne, qui leur a donné des manches courtes , que nous avons changées dans le dessin en manches longues ,* nous fondant sur d'autres représentations du même sujet, et plus particulièrement sur un ancien type de la sculpture grecque archaïque (Winck.

Mon. Ined. Vignette du frontispice), type que reproduisirent plus ou moins fidèlement tous les anciens sculpteurs qui firent des Apollons joueurs de lyre.

C. Palla Gallica. Jaquette que portaient les Gaulois, vêtement court , collant, fendu devant et derrière jusqu'à l'entre-jambes ( Mart. i, 93; cf. Strabon. IV, 4, 3). Quand elle fut adoptée à Rome, elle y reçut le nom de Caracalla , de l'empereur qui la mit à la mode. Elle est décrite et figurée à ce mot.

PALLIASTRUM. Augmentatif de palliuin : cette terminaison d'augmentatif indique ici la grossièreté du tissu. C'était donc un vêtement de qualité inférieure que portaient les classes pauvres, et certains philosophes qui affectaient une grande austérité dans leur costume (Apul, Flor. II, 14; Met. I, p. 4).

PALLIATUS. Qui porte le palllum grec, par suite habillé comme un Grec; car ce mot, en latin, est opposé à togatus, mot désignant proprement un Romain, dont le costume national était la toga (Plant. Cure, m, 2, 9; Cic. Jiabir. Post. 9; Suet. Jul. 48 ; Claud. 15). Les figures aux mots Pallicm et Toga feront comprendre du premier coup la différence.

PALLIOLATUS. Qui porte sur la tète le palliolum tel qu'il est décrit et figuré à l article qui va suivre (Suet. Claud. 2 ; Mart. IX, 33).

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