PEPLUM
PEPLCM.
Xaiov , oxÉitov TÔv àpîarepov wjxov , xxt É(i,7rpot76ev ÔTial ntaOev ffuvâyov xâç Ôûo TTTepwyaç et; ti^v ôeÇiàv irXeupàv, yuuvriv èwv t)^ ôe^tàv X''P* ''<'''' fov «S(xov). La figure ci-jointe, d'après une statue découverte à Herculanum et appartenant au même groupe que les deux insérées au mot Palla, éclaircit d'une manière frappante les paroles d'Eustathe, et nous montre le caractère de cette draperie et la manière dont on la portait : si ce n'est qu'Eustathe semble placer la seconde agrafe non sur l'épaule, mais au-dessous du bras , de manière à former une exomis, ce dont on trouve un exemple dans Hope, Costumes, vol. II, p. 180, d'où l'on peut inférer que les deux systèmes étaient en usage ; mais cela n'altère en aucune façon les caractères fondamentaux de ce vêtement. 4° Xénophon {Cjr.
V, J, 6) raconte que Panthée, dans un transport de douleur, déchira son péplum: •jtepixaxsp^ïlÇ ax xôv âvtoôev îténXov; ce qui ne veut pas dire simplement qu'elle déchira son vêtement de dessus , comme le rendent les traducteurs , mais qu'elle déchira tout à l'entour (Ttcpî) et de haut en bas (xaxâ) la partie supérieure (x6 avcaOev) de son péplum, c'est-à-dire le haut du péplum replié en dehors, et couvrant la poitrine et le dos : action et expressions très-faciles à comprendre si on les applique à un vêtement analogue à celui que représente la figure ci-dessus , mais qui deviennent fort embarrassantes si l'on prend le péplum pour un châle qui enveloppait la tète et de là tombait autour du corps. Pendant cet élan de douleur, dit Xénophon , ses traits , sa gorge et ses mains étaient exposés aux regards des spectateurs (/. c. Cf. Eurip. Hec. 558-560) ; de là les commentateurs infèrent que le péplum couvrait la tête et les mains, comme pourrait le faire un châle ; mais c'est une erreur : car les femmes grecques et romaines , aussi bien que les asiatiques , portaient par dessus le péplum ( voy. la figure au mot Palla , 3 ) un châle ou voile séparé [amictus) : et c'est cette pièce de l'habillement de Panthée que l'action violente de déchirer son vêtement {péplum) avait fait tomber de dessus sa tète
et ses bras. 5" Le péplum est mentionné et par les auteurs grecs et par les auteurs latins comme un long vêtement tombant jusqu'aux pieds et traînant à terre (Tpwâ- 6a; éXx£(Tt7t£7t),oviç, Hom. //. vi, 443, péplum fluens , Claud . Nupt. Honor.
122 ; Mauil, v, 387) : trait qu'il est difficile de rapporter à un châle. 6" Les Grecs désignent par ce même mot la longue robe étroite , à manches tombant jusqu'au poignet, que portaient les Perses, et qui leur descendait jusqu'aux pieds (JEsch. Pers. 474, 1060), comme les Romains donnaient le nom de palla à une robe du même genre dont étaient revêtus lesmusiciens sur la scène. Voy. les figures aux mots Sceptuchds et Palla CiTHABOKDicA. 7° Le peplum était attaché sur l'épaule par une broche, qui , quand on la détachait, laissait à découvert l'épaule et un côté du corps (Soph. Tracliin. 926-928 ; Sidon. Apoll. Carm. m, 206) ; mais un châle ou voile, que l'on ne porte jamais que par-dessus d'autres vêtements, n'aurait pas laissé le corps à nu, même étant complètement enlevé.
8° Un vêtement, tel que celui que nous avons décrit au mot Palla , répond à toutes les conditions énoncées ci-dessus, et fait comprendre pourquoi les anciens en parlent tantôt comme d'une tunique, tantôt comme d'un amictds (Mart.
(japell. 6, amicta peplo ) ; pourquoi on trouve ce mot mal employé pour désigner un tapis , un rideau, un voile servant à couvrir quoi que ce soit ; comment on est arrivé à l'idée que c'était une sorte de châle; comment, quand on le portait dans la procession des Panathénées, on pouvait le comparer à une voile de vaisseau : c'est que, quand on défaisait les agrafes, ce n'était plus qu'une giande draperie rectangulaire , qui ne prenait forme de vêtement que lorsqu'elle était pliée et ajustée sur la personne.
2. Le peplum de Minerve était une grande pièce d'étoffe, richement brodée, que l'on portait en pompe aux fêtes des Panathénées , tendue dans toute sa largeur, comme une voile de vaisseau, entre deux perches qui servaient à la porter; c'est ainsi que dans les processions du
culte catholique les bannières sont queU quefois portées par deux hommes (Plato, Euthyphr. p. G, c ; Virg. Cir. 21). Mais, quand on la plaçait sur la statue de la déesse, on la pliait et on l'ajustait de la même manière que la Pai.la. C'est ce que l'on comprendra aisément d'après la figure ci-jointe de Minerve , empruntée à un vase peint; les broches des épaules sont cachées par l'amictus , et \e péplum \y est serré au corps par une ceinture, que rend nécessaire la hauteur de la portion du péplum qui est rabattue en dehors (tôv âvwQe tiitiXo ), ce qui indique l'ampleur et par suite la richesse de la draperie dont était formé le vêtement de la déesse. Beaucoup d'autres statues nous montrent Minerve dans un costume analogue ; et , entre autres, une tirée du musée Chiaramonti (tav. 14), qui n'a pas de draperie extérieure , d'amiclus, présente les broches sur les deux épaules , et un péplum exactement semblable à celui des deux premières figures données à l'article Palla ; la seule différence est que le rempli est aussi haut que dans la figure ci-jointe, et qu'une étroite segis partant de l'épaule droite et passant sous le bras gauche , comme un baudrier, maintient le péplum et remplace la ceinture que nous remarquons dans la figure donnée ci-dessus,
PERA (Ttyipa). Besace, havresac fait en cuir et que l'on portait au moyen d'une courroie passée par-dessus une des épaules; elle servait aux voyageurs , aux paysans, aux mendiants, à porter des provisions et toute sorte d'objets de première nécessité. Les philosophes cyniques la prenaient par affectation (Phaedr. IV, 9; Senec. c
Ep. 91; Mart. iv, 53). La figure représente un paysan avec son bâton et sa besace (cum baculo et pera), d'après un marbre conservé à Ince-Blundell.
PERFORACULUM. Instrumentqu'employaieut les menuisiers , les sculpteurs sur bois; on traduit ordinairement par vrille ou tarière ; mais il est clairement distingué de terebra dans le passage suivant, où le rapport établi entre ce mot et le mot dolatus semblerait indiquer quelque outil ressemblant plutôt à une gouge :
perforaculis dolatum, terebrarumxertigine excavatum (Arnob. VI, 14),
PERGULA. Proprement, et dans un sens général , toute espèce de construc-
tion ajoutée sur une des faces d'une maison ou de tout autre édifice , en dehors de l'emplacement qu'il devait occuper dans le plan de l'architecte : ainsi, un appentis, comme l'espèce de hangar qui, dans le paysage ci-contre , s'élève adossé à la maison de campagne ou a la ferme , d'après une des peintures de Pompéi (Plaut. Pseud. I, 2, 84 ; Petr. Sat. 74). D'où les sens les plus particuliers qui suivent :
2. Balcon construit au-dessus des colonnades d'un forum , et auquel donnaient entrée les bâtiments contigus; il servait surtout au commerce des banquiers et des changeurs (Plin. H. N. xxi, 6 ; cf. M.«niandm).
3. Grand hangar où les peintres anciens avaient coutume d'exposer leurs œuvres aux regards du public, quan I elles étaient terminées (Lucil. ap. Lactait. I,
PKRIPETASMA.
PERISTROMA.
22; Plin. H. N., xxxv, 36, 12; Cod.
Theodos. 13, 4, 4).
4. Salle de cours oi'i l'on enseignait une branche quelconque des arts ou des lettres (Suet, Gramm. 18 ; Juv. xi, 137; Vopisc. Saturn. 10).
5. Observatoire placé au sommet d'une maison pour faire des observations astronomiques (Suet. Aug. 94).
6. Dans des vignobles ou des jardins, une longue treille, un long berceau de vigne sous lequel on se promenait ,
comme on le voit dans le dessin ci-joiijt, d'après une peinture du tombeau des Nasons (Liv. XIV, 3; Coium. iv, 21, 2; XI, 2, 32). Les Italiens modernes disent encore dans le même sens la pergola.
PERIPETASMA (Tcept ÉTadjAa). Terme général , grec à proprement parler, pour désigner tout ce qui est déployé, étendu , comme une couverture , un rideau, une tapisserie suspendue le long d'une muraille, etc. (Cic. Ferr. 11, 4, 12). Voy. AuLiCA, Peristroma, Tapes.
PERIPTEROS ( itsptnTEpoç). Mot qu'employaient les architectes pour désigner un temple ou tout autre édifice en-
touré sur toutes ses faces d'un rang de colonnes (Vitruv. m, 2). Le temple de Thésée à Athènes fournit un spécimen encore subsistant de cette disposition.
PERISCELIS (TieXepixeXtç). Sorte de jarretière , d'un travail Irès-soigué , et faite de métaux précieux , que portaient surtout les femmes grecques et les courtisanes, autour de la cheville , comme on
porte un bracelet autour du poignet (Hor. Ep. I, 17, 56; Petr. 5a/. 07).
Dans les nombreuses occasons où les peintures de Pompéi nous représentât des ornements de ce genre , ils sont toujours donnés à des figures qui ont les jambes et les pieds nus, à des danseuses et autres personnes de la même classe , ou aux déesses et héroïnes drapées dans le style poétique et héroïque; ainsi la figure ci-jointe, empruntée à une de ces peintures , représente Ariane. Donc , dans le passage de Pétrone (/. c), où il dit que la femme de Trimalcion les porte
de manière qu'on les aperçoit par dessous sa tunique au-dessus de ses souliers, ce trait a pour but de ridiculiser ce riche parvenu , son ostentation , sa vulgarité, sa folie, et celles de sa sotte moitié, qui charge sa personne d'objets de luxe, sans examiner jusqu'à quel point ils peuvent être convenables , sans comprendre combien elle se rend ridicule.
PERISTROMA (iTcpt(jTpa.(i.a). En général , tout ce qui sert de couverture : ainsi les rideaux, les tapis, les tentures d'une chambre; mais plus particulière-
ment une grande couverture que l'on étendait sur un lit de table de manière qu'elle pendît autour, comme le mon-
PERISTYIJUM.
tre la gravure ci-jointe, d'après le Virgile du Vatican (Cic. Pliil. ii, 27).
PERISTYLIUM (TtEpiffxOX.ov). C'est-àdire colonnade autour d'une cour, oîi dans l'intérieur d'un bâtiment, disposée demanière que les murs de l'édifice soient extérieurs aux colonnes, tandis que le mot
per'ipterus sert à désigner une construction tout à fait l'opposé du péristyle, une colonnade extérieure à un b'itiment (Siret. Âug. 82; Pliu. Ep. X, 23, 2; Schneider in Vitruv. m, 3, 9 ).
2. \,e péristyle d'une maison romaine, qui formait la seconde division du plan général , la partie intérieure de l'édifice, et qui correspondait, par la place qu'il occupait, au ^jrt»cort//w d'une maison'grecque. C'était là le théâtre et le sanctuaire de la vie domestique , là que se trouvaient lés appartements privés du propriétaire et de sa famille, auxquels n'avaient accès que les parents et les intimes amis. Le péristyle était fermé d'un espace découvert, entouré sur tous les côtés d'une colonnade, comme l'atrium, mais occupant un champ plus large, quelquefois disposé en jardin, avec une fontaine et un impluvium au centre ; les appartements haoités par la famille étaient distribués sur les côtés du péristyle et s'ouvraient sous la colonnade en question. Il était séparé de Vatrium par le tablinum et les fauces qui étal>lissaient des communications entre les deux régions de la maison (Vitruv. VI, 3, 7). La gravure ci-dessus est une vue de la moitié du péristyle d'une maison de Pompéi, restitué par Mazois.
On en comprendra la position par rapport au reste de la maison eu se reportant au second des plans donnés au mot DoMUS, où il est marqué FF.
PERISTYLUM (7iept(TTvXov). (Cic.Z)o/n.
44; Varro, R. B. m, 5, 8). Synonyme du précédent.
PERO (àp^ûXï)). Bottine qui montait jusqu'au mollet, qu'on laçait par devant, et qui était faite de cuir cru, de peau non tannée et garnie de poils (Virg. j£n. vil, C90 ; Juv. XIV, 18C; Isidor.
Orig. XIX, 34). Le spécimen est emprunté à une peinture de Pompéi.
PERONATUS. Qui porte de ces bottines (péronés, Pers. V, 102); la chaussure caractéristique de ceux qui travaillaient aux champs , des laboureurs et des pâ-
tres. C'est un berger qui les porte, dans la figure que nous donnons , d'après le Virgile du Vatican.
PERPENDICULUM (jtàeeToç). Fil à plomb, qui sert aux couvreurs, aux maçons à voir si leur ouvrage ne s'écarte pas de la perpendiculaire (Vitruv. vu, 3, 5 ; Cic. ap. Non. s. v. ; Plin. H. N. XïXV, 49). La gravure en représente un , d'après uu original que l'on a trouvé avec plusieurs autres à Pompéi dans la boutique d'un maçon ; on en a découvert, dans différentes fouilles, beaucoup d'autres spécimens, qui tousse ressemblent fort, et nediffèrent de ceux qui sont maintenant employés qu'à deux égards, en ce qu'ilssont de bronze et non de plomb, et qu'ils sont modelés avec un goût auquel les anciens avaient à cœur de rester fidèles , même dans la confection des objets les plus insignifiants, des instruments les plus vulgaires.
PERSONA ( npôffwTtov ou ÉlovJ.Mas.
que que portaient toujours sur la scène ,
dans les théâtres de la Grèce et de l'Italie antique, les acteurs de toute classe, tragiques , comiques ou pantomimes. La partie du masque qui couvrait la figure était de bois (Prudent. Jdv. Symmacli.
H, 64G ; cf. Virg. Georg. ii, 387), et à cela s'ajoutait une perruque eu rapport avec le caractère du masque, de sorte que non-seulement les traits, mais toute la tête de l'acteur, étaient couverts et déguisés (Aul. Gell. V, 7). De plus, chaque âge et chaque condition de la vie, de la jeunesse à la décrépitude , du héios à l'esclave, avait son masque particulier dont le caractère était assez bien connu pour que les spectateurs devinassent, aussitôt qu'un personnage paraissait sur la scène, sa qualité et sa condition. La perruque particulière qui accompagnait chaque masque avait aussi son style, aussi connu que les traits même et l'expression du masque.
Les masques que l'on destinait à représenter des personnages historiques, des héros , des demi-dieux, etc., étiient dessinés d'après quelque ty pe'consacré,qu'exploitaient €t que reproduisaient depuis des siècles, chacun à leur manière, poètes, peintres et sculpteurs ; c'étaient donc souvent de magnifiques représentations de formes idéales. Quant aux masques tragiques ordinaires et à ceux de la comédie, ils étaient très-nombreux, et variaient beaucoup dans les détails, comme l'expliquent les deux paragraphes suivants. 2. Persona tragica. Le masque tragique (Phaedr, i, 7); il y en avait au moins vingt-cinq différents, six pour les vieillards, sept pour les jeunes gens, neuf pour les femmes , et trois pour les esclaves ; ils se distinguaient par une conformation de traits particulière, parla couleur du teint, par l'arrangement ainsi que par la couleur des cheveux et de la barbe. La
types , d'après des peintures de Pompéi , deux pour vieillards , et 'un pour jeune homme : le masque de droite, avec les cheveux en grande superficies, pour la haute tragédie ; celui de gauche, avec les cheveux aussi disposés en superficies , mais plus sobrement et avec plus de naturel, pour la tragédie moyenne ; la tète de jeune homme au milieu , qui a les cheveux disposés d'une manière analogue, mais avec encore plus de sobriété, appartient à la même classe ; tous répondent bien exactement à la description de Pollux (IV, 133, seq.).
3. Persona comica. Le masque comique, dont on n'énumère pas moins de quarante-trois types différents , distingués, comme ceux mentionnés ci-dessus, par leurs traits, leur teint et leur perruque; il y en avait neuf pour vieillards, dix pour jeunes gens, sept pour esclaves mâles, trois pour vieilles femmes, et
gravure présente trois de ces différents
quatorze pour jeunes femmes. La gravure ci-jointe nous offre deux de ces types, d'après les peintures de Pompéi ; celui de droite est d'un vieillard ; l'autre d'une jeune femme qui , avec la mitra snr la tète , est destinée à représenter une courtisane ( meretrix ) , comme les décrit Pollux (/. c). D'autres spécimens de masques comiques sont donnés aux mots Personatus, Lorarius, Mihcs.
4. Persona muta. Une autre sorte d^ masque était celui que portait l'acteur muet {persona muta), qui figure parmi les dramatis personx de quelques-unes des comédies de Plante et de Térence, et qui paraît sur la scène pour accompagner un autre personnage, mais ne parle jamais lui-même. C'est ce masque que représente, d'après une peinture de Pompéi , le dessin ci-joint, où la bouche fermée et les le-
ne
PERSONATUS.
vres serrées indiquenl le silence que doit garder celui qui le porte.
5. Masque en terre cuite, en marbre, ou en toute autre substance, imitant soit la Ggure humaine, soitdestètesd'animaux, et ayant généralement un caractère grotesque , servant d'antéfixe ( voyez Ante- I'IXA) dans un édifice ; de bouche façonnée pour les eaux d'une fontaine, ou de gargouille pour verser du haut d'un édifice les eaux pluviales rassemblées par un toit ; c'est de ce dernier masque que la gravure ci-jointe nous donne un spécimen , d'après un original en terre cuite ( Lucret. iv, 297 ; Plin. H. N. xxxv, 43; Uip. Di^. 19, I, H).
PERSONATUS. Qui porte un masque ( pefsorta ) ; se dit plus particulièrement d'un acteur sur la scène (Cic. de Orat. III, 69 ; Hor. Sat. i, 4,56) ; car dans les anciens théâtres de la Grèce et de l'Italie les acteurs paraissaient toujours avec des
masques dessinés de manière à convenir aux rôles particuliers que chacun avait à jouer; c'est ce dont la gravure cijointe fournit un exemple; elle représente une des figures d'un bas-relief de marbre où est reproduite une scène de comédie.
PERTICA. Toute perche longue et mince, ou gaule pour battre le, blé (Plin. H. N. xviii, 72), abattre des noix (Ov.
Nux. 67), des olives (Plin. H. N. xv), ou servir à prendre des mesures (Prop.
IV, I, 130); c'est ce que dans ce sens on appelle encore une perche dans certaines campagnes où l'on mesure un terrain par perches. Pour la désigner dans cette acception , on employait aussi l'expression perûca militaris , parce que c'était au moyen de cet instrument que l'on partageait en lots le terrain concédé aux soldats. Aussi le voit -on souvent représenté sur les médailles et les pierres gravées à côté d'une charrue. Voy. GoR- L^us, Dact'rUotkec. Il, n. 608-610.
PES (tiouî). Pied d'homme ou d'animal ; par suite on transporta le mot et l'idée à des objets inanimés : on dit le pied d'une table , d'une chaise , d'un lit, etc. On donnait quelquefois à ces pieds de meubles la forme de pieds d'animaux, ou quelque autre analogue à celles qui sont encore en usage pour le même objet, comme le montrent de nombreux exemples dis[)ersés dans cet ouvrage (Sen. de Ben. il, 34 ; Ov. Met. VIII, 661; Plin. H. A', xxxiv, 4).
2. Pied, mesure de longueur qui était divisée en douze pouces (unciœ) ou en seize doigts (digili , Vitruv. m, 1 ; Columell. V, 1, 4 ; Front. A^. 24). La longueur précise de l'ancien pied romain, que M. Letronne (l""" vol. du Martial de la collection Lemaire) évalue à 0'", 29S'"'K,n'a pas'pu être encore exactemenf détei minée; car l'on a trouvé dans les fouilles plusieurs pieds , et on remarque dans leur longueur respective une légère différence. Une de ces mesures , d'après un original, découvert à Pompéi, est représentée au mot Régula , 1 ; mais les dimensions restreintes des pages de ce recueil n'ont pas permis de l'y insérer avec sa longueur réelle. Plusieurs spécimens de ces mesures sont gravés avec leurs vérifablesdimensions dans le Mttseo Borbonico, VI, 15, et dans Ficorini, Labico Ântico, p. 93.
3. Pes vell. Corde attachée à un des coins inférieurs d'une voile carrée , afin de la tourner du côté du vent. C'est ce qu'on appelle , dans la langue de notre marine, les écoutes (Isid. Orig. XX, 3, 4). Chaque voile avait deux écoutes,
PESSULCS.
comme le montre la figure ci-jointe, d'après une monnaie de Lépidiis : l'une à
bâbord, l'autre à tribord (CatuU. 4, 19 ) ; ce qui fera bien comprendre les expressions suivantes : x^iio pede ou pediiiis x(juis, marcher vent arrière, parce qu'alors la voile était placée juste en travers du navire, et que par conséquent les deux cordages avaient la même longueur; obliquare lavo pede cornua (Lucan. V, 428), marcher avec un vent de côté ou gagner dans le vent , parce que dans ce cas on brassait d'un bord, et on donnait à la vergue et à la voile une direction oi)lique au sens du vaisseau, afin qu'elle prît le vent ; prof erre pedein (Plin. H. N. II, 48) a le même sens, parce que l'une des écoutes était attachée à l'avant, comme on le voit dans la figure ci-jointe, pour donnera la voile l'obliquité nécessaire; facere pedem (Virg.
jEn. V, 828), allonger les écoutes afin de permettre à la voile de s'ouvrir et de se creuser au vent; ce qui implique aussi qu'il soufQe d'un bon côté.
4. Pes %'inaceorum . La masse de peaux de raisin et de bois de la grappe qui restait dans la cuve après que le pressoir (prelum) avait fait rendre au vin son premier jus , dont on faisait les vins de première (jualité. De ce résidu on extrayait encore, par l'action répétée du j)ressoir, le vin appelé circumcidaneum , et d'autres qualités inférieures ( Colum. XI, 43, 10; 19, 3). Voy. la gravure au mot TOKCULAR.
PESSULUS (y.),£T6pov, (làvSaXoç, y.a.xùftdç,). Verrou pour fermer une porte (Ter. Eun. m, 5, 55; Heaut. ii, 3, 37), dont la figure ci-jointe donne un spé-
cimen, d'après un original en bronze, découvert à Pompéi. Les portes des anciens
étant généralement à deux battants , avaient deux et quelquefois quatre verrous , l'un en haut , et l'autre en bas de chaque battant , qui entraient dans des trous pratiqués dans le linteau et le seuil de la porte, comme on peut le voir encore dans beaucoup de maisons de Pompéi ; c'est ce qui fait que le plus souvent, quand il est question de fermer une porte, ou parle des 'verrous, au pluriel (Plant. Àul. I, 3, 26, Occlude fores ambobus pessulis ; K\m\. Met. m, p. bG, pessulis injectis; IV, p. 76; I, p. 8); quelquefois on ne pouvait les ouvrir sans une clef, ce à quoi servait probablement la clef à trois dents {clavis Laconica. Apiil. Met, I, p. 11, subdita clavi pessulos reduco), quoique, dans ce passage et d'autres analogues, les pessuli puissent bien ne pas être autre chose que le pêne d'une serrure fermée à double tour. Quand on a tourné deux fois la clef, on a fait en quelque sorte entrer successivement deux pênes dans la gâche; de là viendrait le pluriel pessuli; ou bien ce serait une expression générale pour dire tout ce qui sert à fermer une porte , et dont il ne faudrait pas trop presser le sens.
PETASATUwS (Cic. ad Fam. xv, 17; Suet. ^ug. 82). Qui porte le petasus.
Voyez l'article suivant,
PETASUS (TOxaffoO- Chapeau de feutre, à fond bas et à larges bords, que les Romains empruntèrent aux Grecs , et qui, en Italie comme en Grèce, servait de défense contre le soleil et la pluie (Plaut. Pseiid. II, 4, 45; Àmpli. i, I, 190; cf. Suet. ^Mg-. 82). Naturellement, suivant le caprice de l'individu ou celui de la mode , ce chapeau prenait diverses formes; mais la plus ordinaire se rapprochait fort de celle de ces chapeaux que portent à Paris les forts de la halle et les charbonniers. Il était attaché par des cordons, que l'on nouait sous le col ou derrière la tête. Ces deux manières de l'attacher se rencontrent dans les deux
PETAUBISTA.
POiECASICM.
figures ci-jointes , empruntées , l'une à une peinture de Pompéi, l'autre à un
bas-relief grec. La plupart des cavaliers de la procession des Panathénées, qui du Parthénon a été transportée au Musée Britannique, portent le petasus , et un des signes conventionnels qu'avaient adoptés les artistes grecs pour indiquer qu'ils représentaient une personne en voyage , était de la montrer un petasus pendant sur le dos , comme on le voit dans la première figure au mot Certï.
PETAURISTA (TreraypiaT^ç)- Personne qui faisait des tours de force avec la machine appelée petaurum (Festus s. 'V.; Varro ap. Non. s. a».; Pelr.
Sat. 63); mais, comme on n'a pas déterminé d'une manière certaine la nature de cette machine, il est impossible de reconnaître dans quelque œuvre d'art ceux qui sont représeutés s'en servant, et de les décrire.
PETAURUM (TiéTaupov). Mot grec qui , dans cette langue, désigne un perchoira 'volailles; par suite on l'adopta, plus particulièrement chez les' Romains, comme nom d'une machine qui servait à faire en public certains tours de force et de souplesse , ou à s'amuser, comme la balançoire. .Quelle en était la forme exacte, c'est ce qu'on ne sait pas encore d'une manière précise ; ce'pointest encore enveloppé d'oliscurités , chaque explication et description nette et détaillée que l'on a tentée du petaurum ne' pouvant s'accorder avec tous les différents textes où se rencontre ce mot, quoiqu'elle semble appuyée par un ou plusieurs d'entre eux. Parmi toutes les conjectures qu'on a hasardées , voici les plus pausibles :
1. Ce serait un terme général pour tout l'attirail des danseurs de corde, des faiseurs de tours, des bateleurs de tout genre, et qui comprendrait les perches, les cordes, les cerceaux dont ils avaient besoin pour leur différents exercices.
I 3. Une longue planclie posée en équilibre, àson centre degravité, sur un montant vertical, et s'élevant ou s'abaissaiit comme ces bascules que font les enfants avec une planche et une gi'osse pierre. Un homme était à chaque bout, et un troisième, placé au centre, bondissait de là pardessus la tète de celui de ses compagnons que la planche entraînait vers le sol, touchait terre, puis ressautait sur la planche, et ainsi de suite; c'était quelque chose d'analogue à l'exercice représenté sur la pierre gravée dont nous avons donné un fac-similé au mot MONOBOLOW.
3. Une roue suspendue en l'air, et que faisait tourner le poids de deux hommes, dont l'un était en haut, l'autre en bas de la roue, et qui, tout en la mettant eu mouvement , faisaient différents tours d'adresse. On peut voir, au-dessus de presque toutes les carrières de pierre des environs de Paris, des roues que trois ou quatre hommes, quelquefois plus, font ainsi marcher par leur propre poids, en gravissant sans cesse des échelons pratiqués à l'extérieur du cercle de la roue.
4. Une roue couchée^horizontalement, comme une roue de potier, et sur laquelle le bateleur faisait ses tours, pendant que la roue tournait rapidement.
Les passages des auteurs sur lesquels on appuie cesdifférentes explications sont les suivants : Lucil. ap. Fest. s. v., ou p. 87, 40, éd. Gerlach ; Manil. Âstron. V, 434 ; Juv. xiv, 265 ; Petr. Fragm. 13; Mart. ii, 86, xi. 21.
PETORITUM ou PETORRITUM. Voiture découverte à quatre roues, qui servait, chez les Romains surtout, au transport des esclaves et des personnes de condition inférieure, mais dont on ne connaît aucune représentation. Elle était d'origine étrangère ; on l'avait empruntée probablement aux Gaulois , et son nom venait de deux motsceltiques,^e/&ar, quatre, et air, roue (Hor. Ep. Il, 1, 192; Sat. i, 6, 104; Festus s. v.-, Aul. Gell. XV. 30).
PHtECASIATUS. Qui porte des souliers du genre de ceux que l'on appelait phœcasia; épithète qui désigne expressément des Grecs (Senec. Ep. 113).
PHiECASIUM ((paixà<jiov). Soulier
PDALANGvE.
PHALANGARII.
blanc propre aux gymiiasiarques et aux prêtres de Grèce et d'Alexandrie; il était porté aussi par des personnes d'une autre condition, et des deux sexes (Senec. de Ben. Vil, 21 ; Anthol. lat. VI, 254 ; Petr. Sut. 67).
PHALANGtEou PALANG.*: (?<i).«TY£; et çotXàyY'*)' Longue perche ronde qu'on employait pour porter plus aisément des
fardeaux, les deux bouts de la perche re-
{)osant sur les épaules des porteurs, et le ardeau étant suspendu en un point également distant des deux points d'appui. La gravure représente des soldats de la colonne Trajane faisant usage Ae phalangx (Vitruv. X, 3, 7, 8 et 9).
2. Rouleaux, cylindres debois que l'on plaçait sous des olijets très-pesants pour aidera les mouvoir, comme, par exemple, sous la quille d'un vaisseau, quand on le lançait ou bien qu'on le tirait à terre ( Non. s. V.; Varro ap. Non /. c; Caes. B.C. II, 10).
3. Morceaux de bois précieux, comme, par exemple, de bois d'éi)ène, coupés en cylindres, en rondins, et livrés ainsi au commerce (Plin. H. JV. Xli, 8).
4. Gourdins. Gros bâtons que l'on employait primitivement comme arme à la guerre, et dont les Africains se seraient servis les premiers dans leurs luttes contre les Égyptiens (Plin. B. N. vu, 57). Ces massues étaient probablement taillées dans quelque bois dense et dur.
Une arme de fer, de la même foime que les massues de bois connues sous le nom de plialangx, a été découverte, parmi d'autres objets également inconnus jus-
qu'alors, à Pœstum, dans un tombeau, en même temps qu'une peinture qui couvre l'une des parois intérieures du sépulcre et qui représente un guerrier grec à cheval, portant, comme le montre la gravure , la massue et un bouclier suspendus à sa lance. L'arme même, qui est représentée au bas de la gravure, a,
sans comprendre l'anneau qui la termine, un peu plus de deux pieds de long; la manière dont cette massue et le bouclier sont portés par le guerrier à cheval, fait supposer que nous avons là la représentation d'un trophée d'armes , dont il avait dépouillé à la guerre quelque ennemi vaincu. L'instrument que nous venons de décrire et la peinture qu'il accompagne permettent, ce qu'on n'avait pu faire encore jusqu'ici , de dire ce que l'on entendait au juste par le mot phalangx, pris pour désigner une arme.
PHALANGARII ou PALANGARIL Porteurs qui, à l'aide de fortes perches [phalangx), transportaient des objets massifs et d'un grand poids. Par ce moyen, quatre, six et même huit hommes réunissaient leurs forces pour le
transport d'un seul objet, comme le mon-
PnALANGITES.
PHAnETRATCS.
tre le spécimen ci-joint , d'après une lampe en terre cuite; ce sont hiiit porteurs qui soutiennent un tonneau de vin, suspendu comme nous l'avons expliqué aumotPHALANGiE (Yilruv. X, 3, 7 ; luscript. ap. Fabretti, p. 10).