‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 205 sur 327 · Pila vitrea (Senec. Q. N, I · texte numérisé non relu

Pila vitrea (Senec. Q. N, I

Globe de verre rempli d'eau pour être placé entre une personne et l'objet qu'elle contemple afin de le grossir et de le faire voir plus nettement ; habitude que l'on a conservée dans la gravure sur bois et tous les autres travaux qui veulent une lumière brillante et claire, laquelle, en même temps, ne fatigue pas la vue. Il paraîtrait aussi, d'apiès le passage de Sénèque cité plus haut, que les anciens employaient quelquefois cet instrument pour aider une mauvaise vue, comme nous faisons de nos lunettes; car les lunettes, dont le secours nous est si utile, nefurentinventées qu'au commencement du quatorzième siècle, par un Florentin nommé Salvino degli Amati, qui mourut en 1317, comme l'atteste l'épitaphe inscrite sur sa tombe (Manni, D/î,jer/. degliOcchiali, p. 65). Il faut d'ailleurs sesouvenir que les anciens, qni employaient comme lecteurs et secrétaires beaucoup d'esclaves instruits, n'avaient pas un aussi pressant besoin que nous de secours artificiels pour la vue. Un autre sens de pila -vitrea est expliqué au paragraphe précédent.

4. Pila mattiaca (Mart. xiv,27). C'était une boule de pommade allemande que les dames de Rome et les jeunes gens à la mode employaient pour donneràleurs cheveux une teinte blonde et claire. Elle était faite de graisse de chèvre et de cendre de hêtre, le tout pétri ensemble et roulé en boule, et l'épilhète qui la caractérisait lui venait de la ville de Mattium ( Marpurg ou Marbourg), d'où on l'apportait à Rome.

5. Boule servant de bulletin de suffrage, afin de choisir les juges qui seraient chargés de juger une cause , et d'empêcher par là qu'il n'y eût dans le tribunal faveur ou hostilité pour ou contre une des deux parties. A cette fin on mettait dans une boite, inscrits chacun sur une boule, les noms des juges ; puis on les tirait au sort, comme nous faisons pour un jury, chaque partie ayant d'ailleurs le droit de signaler et de récuser tout juge qui serait son ennemi et dont elle craindrait la partialité (Prop. IV, 11,20, et Ascon. jérgiiment Miloii.).

6. Mannequin, fait grossièrement de vieilles étoffes que l'on bourre de foin ; il servait à éprouver, quand on les avait domptés, le caractère de certains animaux, des buffles par exemple ; ou à les exciter quand ils paraissaient mornes et impassibles. Cette habitude se conserve encore à Mola, dans la baie de Gaëte, à une certaine fête , où la coutume veut qu'on dompte des buffles dans la grande rue de la ville ( Mart. Spect. 19; Ascon. ad Cic. Fragm. pro C. Cornel.).

PILANI. Le nom par lequel se distinguaient primitivement les soldats composant la troisième ligne ou division de l'ancienne légion romaine, parce que seuls alors ils étaient armés de la lourde javeline ou piliim, les deux autres se servant de la lance ou liasta. Mais, quand le piliim fut donné aux trois divisions, le titre de triariiîut substitué à celui depilani, dont il devint désormais synonyme (Varro, A. L. V, 89 ; Paulus, e Festo , s. -v. ; Ov. Fast, II, 129). Aune époque postérieure, cependant, et vers la fin de la république, quand prévalut l'habitude de ranger une armée eu ligne par cohortes, les noms de pilani et de triarii se perdi-

PILARICS.

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