Pieu aigu servant à dresser un vallum (Liv. XXXV
5. Instrument qui servait dans le tissage (Virg. ^w. IX, 476; Ov. Met. IV, 275; VI, 56; Lucret. v, 1352); en raisonnant d'après l'analogie et en s'aidant des autres sens du mot, on arrive à croire que c'est la longue baguette qui sert en-
core maintenant aux Indiens à la fois de navette et de battant, pour faire passer le fil de trame entre les fils de chaîne, puis pour serrer l'éloffe.
RADULA. Racloir, outil de fer servant à gratter et à faire disparaître des matières couvrant une surface que l'on veut en dél)arrasser, commeuneancienne couche de peinture ou d'enduit de dessus un mur (Columell. xil, 18, 5).
RALLUM. Par contraction pour radaluin. Racloir de forme triangulaire,
que le laboureur attachait au gros bout de son aiguillon, et qui lui servait à gratter le soc et à en détacher la terre (Plin. H. iV. XVIII, 49, 2). Le spécimen cijoint est copié sur un bronze étrusque, où cet instrument est entre les mains d'un paysan occupé à labourer.
RASTELLUS. Diminutif de Rasteh; désigne surtout un râteau de bois qui sert à égaliser le terrain après que de la graine y a élé semée (Columell. Il, 12, 6), ou à ramasser et à faner dans les champs la paille ou le foin (Varro, R. R. 1,49, 1 ; /.. L.\, 136).
RASTER et RASTRUM. Outil d'agriculteur ou d'horticulteur qui , et par sa forme et par ses usages , tient à la fois de notre fourche, de notre râteau et de notre houe. H ressemblait à la fourche et au râteau , en ce que la tète, qui en était de fer (Cato, R. R. 10 et 11 ) et
très-pesante (Virg. Georg. i, 164), avait deux, trois et quelquefois quatre dents {quadridens , Cato , //. ce. ) écartées les unes des autres (Isidor. Orig. XX, 14,6;
a raritate dentium), et disposées comme les dents du râteau sur une ligne perpendiculaire au manche avec qui elles formaient des angles droits, au lieu d'en être, comme les dents de la fourche ordinaire, un prolongement ; mais la manière dont on l'employait ordinairement ressemble à celle dont on se sert de la houe : on le levait de terre à chaque coup (Senec. de Ira, II, 5), puis on le rabattait avec force en le faisant pénétrer dans le sol ( Celsus ap. Non. s. v.). C'est ainsi qu'il servait à bêcher et à nettoyer la surface du sol (Varro, L. L. v, 136; Yirg. Georg. III, 534); à défoncer le terrain et à lui donner des façons, en place de la charrue {Mn. ix, G08), et plus particulièrement à briser, avant le hersage , ou pour en tenir lieu , toute grosse motte de terre laissée par la charrue ( Plin. H. N. XVIII, 49 , 3 ; Yirg. Georg. I, 94). La figure ci-dessus, tirée d'un très-ancien manuscrit de Terence conservé à la bibliothèque du Vatican , quoique ce ne soit sans doute qu'une représentation artistique qui ne vise pas à une grande exactitude, réunit les différents traits que nous avons indiqués , et mettra le lecteur en état de se faire une idée exacte des caractères essentiels de cet instrument. Elle est en tète de la première scène du premier acte de V Ueautontimorumenos ; Ménédème porte sur son épaule cet instrument qui, d'après le texte de la pièce, tloit être celui que nous venons de décrire. — ('.UREM. Istos rastros interea tamen ad' pone , ne labora. Mened. Minime, etc. Dans le dessin du manuscrit le rastrum est accompagné , sur l'épaule de Ménédème, d'une gerbe d'avoine, et d'un joug pour atteler les bœufs à la charrue. Cet exemple fait comprendre aussi la différence qu'il y a entre le raster et le ligo , instrument qui d'ailleurs ressemble au raster et se manie de la même manière, mais qui , au lieu d'avoir la tète formée de deux ou plusieurs fourchons isolés, comme le râteau, ou d'être, comme celui que l'on a représenté ici , un outil à deux cornes ( bicorne ferrum (Columell. X, 148), avait, comme la houe, un fer entier, seulemeul
à lame dentelée, ou, comme le dit le même auteur (x, 88), brisée eu dents — fracti dente ligonis. C'est ce que montre la gravure au mot LlGO. Le mot Raster s'emploie, il est bon de le remarquer, plus souvent au pluriel qu'au singulier, parce que la tête de l'outil était formée de plusieurs parties , de plusieurs fourchons et non d'un seul fer.
2. Raster ligneus. Râteau de bois (Columell. II, 27 ) ; le diminutif rastellus est plus commun dans ce sens.
RASUS ( Çeotôç). Rasé, se dit des cheveux et de la barbe (Cic. Rose. Com. 7 ; Aul. Gell. III, 4 ; voy. la gravure à Llnigek), par opposition ktonsus,i\m veut dire rogné, coupé rase avec des ciseaux. RATARIA. Énuméré par Aulu-Gelle parmi les différentes espèces de bateaux et de navires dont il donne la liste ( X, 25), mais sans un mot qui en indique les caractères propres. Servius {ad Yirg. Mn. I, 43) dit seulement que c'était un petit bâtiment marchant à la rame — navicula cum ramis. Isidore (Orig. XIX, 1, 9) semble indiquer que c'était un bateau grossièrement construit, à fond plat. RATIS (cxeSîa). Radeau, formé de planches en assez grand nombre pour qu'elles supportassent un chargement.
Le spécimen que nous donnons est em-
prunté à une mosaïque qui faisait partie du plafond d'un ancien temple de Bacchus.devenu l'église de Saiute-Constan ce, près de Rome (Plin. H. N. Vli, 57 ; Quint, X, 2, 7 ;Cic, Tusc.i, 30; Isidor. Orig. XIX, 1,9).
2. ( TiÀotov xovTwTÔv), Bateau a fond plat , que l'on faisait marcher, non avec l'aviron, mais avec le croc, comme le montre l'exemple ci-joint, d'après la très-
RECUAUIIS.
ancienne mosaïque de Préneàte. C'est, en fait de construction navale, le premier
pas du radeau au navire (Virg. Georg.
II, 445; Flor. iv, 2, 32 ; Diodor. xix; Baïfius, de fie IV av.).
3. Les poètes emploient indifféremment ce mot pour désigner toute espèce de bateau ou de navire.
4 . Pont de bateaux ; on le construisait en attachant entre les deux rives du fleuve, l'un à côté de l'autre , autant de bateaux qu'il en fallait pour soutenir
un chemin de planches allant d'un bord à l'autre. Delà l'expression de Tite-Live : Rate jungere flumen. La figure est empruntée à la colonne d'Antonin.
RECHÂMUS (Vitruv. x, 2, 1). Synonyme de Trocklea.
RECI^'CTUS (Virg. Ain. iv, 618).
Équivalent de DisciNCTUS.
RECINIUM. Voy. Hicinium.
RECTA (ôpOoCTTàôloi; j^itwv). Tunique
tissée toutd'une pièce, comme nos bas, qui
serrait la taille et prenait le corps, sans avoir besoin, comme la tunique ordinaire, aussi large en haut qu'en bas, d'une ceinture qui la fît sentir; elle tombait donc du col aux pieds, avec des plis droiis et ininterrompus, comme le montre la figure de Cérès ci-jointe : c'est à ce caractère qui lui est propre qu'elle dut son nom en latin comme en grec (Plin.
H.N. Vill, 74; Festus, s. a».; Isidor.
Orig. XIX, 22, 18; Pollux, vu, 48).
REDEMPTOR (âpyoXotgoç). Entrepreneur. S'applique à tonte personne qui entreprend, pour un prix convenu, d'exécuter toute espèce d'ouvrage , comme la construction et la réparation d'une maison (Cic. Div. II, 2 1 ; Plin. H. N. xxxvi, 66 ; Liv; Hor.).
REDIMICULUM. Long cordon ou ruban attaché à la mitra (Isidor. Orig. xix, 31,5; Virg. Mn. ix, 616 ), ou à toute autre coiffure du même genre, afin de
l'attacher sous le menton (voy. la gravure au mot Mitra ) ; quand il n'était pas noué, il pendait sur les épaules et la poitrine (Ov. Met. X, 266), comme le montre la figure ci-jointe de Paris, d'après une peinture de Pompéi.
REGULA (xavojv). Règle droite dont se servaient les charpentiers, les maçons, et en général tous les artisans pour tracer des lignes ou prendre des mesures
(Vitruv. V, 3; Cic. ap. Non. 'v. Perpendiculum ). La gravure représente
ftEMEjt.
ItEMBS.
une règle antiqvie en bronze , trouvée à Pompéi , dans une l)Oiiti<iue de maçon ; elle est divisée en parties égales par des points, et se plie en deux par son milien au moyen d'une charnière analogue à celle dont sont pourvues nos règles ; elle a de plus par derrière un support qui empêche les deux moitiés de la règle , quand elle est ouverte, de céder et de se refermer l'une sur l'autre : c'est une lame de métal solidement fixée à l'une des deux parties de la règle, et à son autre extrémité marquée de deux entailles où s'adaptent les têtes de deux petits clous enfoncés dans la seconde moitié de la règle. Cette lame rigide , ainsi fixée dès qu'on le veut aux deux parties mobiles de la règle, en assure l'immobilité.
2. Dans un sens plus général, toute longue latte droite, toute barre mince de bois ou de métal, à quelque usage qu'elle servît, et dans un sens plus spécial, au pluriel , les lattes entre lesquelles étaient renfermées la pulpe des olives (samsa), ou les peaux de raisin (pes vinaceorum), quand on les plaçait sous le pressoir (prelum). Elles servaient à maintenir toute la masse sous l'action de la presse , et à l'empêcher de s'échapper par tous les côtés , repoussée par la force qui pesait surtout au milieu ( Columell. xii, 52, 10) ; voy. la figure au mot Torcclar, 1 ; on y voit un {«nier (fisciiia) employé, comme cela se faisait souvent (Id. xii, 39, 3), au lieu de lattes, et dans le même but.
REMEX (èp£TY)ç, x.(tinr},i'zr\i). Rameur sur un bateau, une galère ou un navire. Sur les bâtiments de guerre, les rameurs (rémiges) formaient une classe distincte des marins (naulœ), qui s'occupaient des voiles et de la direction du navire, ainsi que des soldats de marine (classiarii), qui étaient chargés de la défense du vaisseau ; l'équipage du vaisseau se composait de ces trois classes d'hommes réunies (Cic. Ferr. il, 5, 33 ; II, 4, 34 ; Cœs. B. C. III, 24).
Dans les bateaux et les petites embarcations, les anciens se servaient de leurs rames de presque toutes les manières encore en usage : quelquefois un seul rameur maniait une couple d'avirons (voy.
la gravure au mot BiREMis, 1) ; quand le
bateau était très-large, ou dans de plus grandes embarcations, chaque rameur ne maniait qu'une rame, soit assis et tirant la rame à lui, comme nous le faisons, soit debout et l'écartant de son coips , comme cela se pratique encore de nos jours le plus ordinairement dans la Méditerranée (voyez la gravure au mot ACTUARIOLIIM).
Dans de grands navires allant sur mer et n'ayant qu'un rang de rames, tels que les «aifi longre , liburnicse , et d'autres appartenant à la classe des moneres, qui étaient munis d'avirons très-pesants et très-longs, il est presque certain que plusieurs hommes tiraient sur le même aviron, étantassis sur un même banc, comme cela se faisait sur les galères des Vénitiens, des Génois et des Français de Marseille, pendant les quinzième, seizième et dix-septième siècles, méthode ainsi décrite dans les Mémoires de Jean Marteihle, protestant français, condamné aux galères en 1701 : « Les rameurs sont assis sus des bancs ( les transira des Romains), six hommes à chaque aviron; un de leurs pieds porte sur un tabouret bas oumarche|)ied, l'autre est levé et appuyé contre le banc qui est devant eax;, ils penchent le corps en avant (le remis inciimbuiit de Virgile), et avancent les bras par-dessus le dos de ceux qui sont devant eux , et dont 4'attitude est alors la même. Ayant ainsi porté l'aviron en avant, ils se soulèvent avec l'extrémité de la rame qu'ils tiennent dans leurs mains ( remis pariter insurgunt , \irg.), et en plongent l'autre dans la mer ; cela fait, ils se rejettent sur leurs bancs, qui plient sous le poids. «
Dans des bâtiments munis de plus d'un rang de rames (or</o), comme la biremis, la triremis, etc., la méthode de ramer était différente. Les rameurs y étaient assis sur des sièges séparés (sedilia), et non sui des bancs placés en travers (transira), et chaque aviron était manié par un seul homme, celui dont le point d'appui était plus élevé au-dessus de l'eau se trouvant nécessairement le plus long, et le travail de l'homme qui le manœuvrait le plus pénible. Mais quand on construisait des navires de très-grandes
REHIGIUM.
REPAGnLA.
dimensions, tels, par exemple, quelViex*?ris , Yhepter'is, la decemremis , etc., quoiqu'ils ne pussent pas avoir, comme nous l'avons expliqué à l'article Ordo , plus de cinq rames échelonnées l'une audessus de l'autre de la ligne de flottaison au plat-bord, il est clair cependant qu'il devait y avoir une certaine proportion entre la longueur et la largeur du vaisseau, d'une part, et de l'autre, la longueur et le poids de la rame; et, dans de tels cas, il n'est que raisonnable d'inférer que les deux manières de ramer que nous venons d'indiquer étaient employées concurremment, les avirons les plus courts étant maniés chacun par un homme seul, les avirons supérieurs , plus longs et plus lourds, par autant de rameurs que leurs dimensions pouvaient l'exiger. Ainsi , quand les auteurs anciens disent que l'équipage des rames est incomplet , cela n'implique pas qu'aucun des avirons reste sans rameur (ce qui serait difficile à comprendre), mais que quelques-uns n'avaient pas le nombre de mains et la quantité de force qui leur eussent été nécessaires.
REMIGIUM. L'ensemble des rames d'un vaisseau ; se dit aussi , comme l'expression grecque, elpEai'a et tô èpeTtxôv, pour rémiges , un équipage de rameurs ( Virg. Hor. Plin. etc. ).
REMULCUM ou -US (^ûixa). Cable servant à un bâtiment pour en remorquer un autre (Isidor. Or'ig. xix, 4, 8; Hirt. B. Alex. Il ; Liv. XXXII, IG).
Il, REMUS (ép£T(i6;, xùinri). aviron; les petits avirons et godilles que maniait un seul homme ne différaient en rien de ceux qu'emploient les modernes, comme on peut le voir d'après de nombreux spécimens que présente ce Dictionnaire ; mais les plus grands, qui avaient quelquefois jusqu'à 16*", 4C de long, et qui par conséquent voulaient être maniés chacun par plusieurs hommes, devaient avoir un bras trop épais pour que la main pût le saisir ; on peut en conclure avec toute confiance qu'ils étaient faits comme ceux dont on se servait aux seizième et dix-septième sièclesà bord des galères de la Méditerranée; chacun était long de 13 à 16 mètres , et il y avait six rameurs pour chaque rame, qu'ils maniaient au moyen
d'une fausse poignée ou grille, attachée A\\ bras de l'aviron, comme le montre la gravure ci-jointe, représentant la portion d'une de ces rames qui était corn ■
prise dans l'intérieur du navire. Cette plaque , qui se trouve juste à gauche de la susdite poignée, n'appartient pas à l'aviron lui-même, et y est attachée, comme défense, pour l'empêcher de s'user en frottant contre le flanc du navire ; quand elle est elle-même usée , il est facile de la remplacer.
RENO ou RHENO. Manteau très-court (parvis rhenorum tegumentis. Caes. B.
G. VI, 21), qui ne couvrait que les épaules et la poitrine, et ne descendait |)as plus bas que les reins et le ventre (Isidor, Orig. XIX, 23, 4). C'était un vêtement qui caractérisait particulièrement les Germains ( Salliist. Fragm. inc. 13, éd.
Gerlach) et les Gaulois (Varro, /.. L. v, 1G7 ). Il était fait de la peau du renne.
On le voit souvent porté par des Germains de la colonne Antonine (voy. les gravures aux mots Framea et Supplex) ; quelques soldats romains le portent aussi sur la colonne Trajane , et nous en avons choisi deux pour cette gravure , vus , l'un de face, l'autre de dos, parvS qu'ils montrent plus clairement la forme propre et les dimensions du vêlement en question.
REPAGULA (pluriel). Un des moyens employés par les anciens pour fermer les portes (Cic. Dlv. i, 34); mais quelle était au juste cette sorte de fermeture , on ne peut guère s'en rendre compte que par le raisonnement , et non par des témoignages positifs. Comme ce mot ne se
RKPOSITORU'H.
rencontre qu'au pluriel , on peut en conclure que cette fermeture consistait eu deux attaches et non eu une seule ; tan-
dis que l'expression de Plante (Cist. m, 18), occlucfite pessulis , repagulis , conduit à conjecturer qu'elle était formée d'une paire de verrous (pessuli) faits de bois et fixés aux battants d'une porte (Plin. H. N. XVI, 82), à la même hauteur, en face l'un de l'autre, de manière qu'en tirant, l'un de gauche à droite, l'autre de droite à gauche, ils s'adaptassent l'un à l'autre ; ce qui semble être le véritable sens de la définition donnée par Verrius {ap. Fest. s. i'.) : repagula, qux patefaciundi gratta ita figuntur, ut e contrario oppangantur. La figure cijointe, représentant une porte égyptienne, d'après une peinture de Thèbes, nous montre les deux verrous attachés à des battants séparés , et, en haut comme en bas, se rencontrant en sens opposé ; elle convient donc assez bien à la description que nous avons faite des repagula pour nous atitoriser à croire que c'est bien de ce genre de fermeture qu'elle nous donne un spécimen. C'est en effet aux Égyptiens que les Romains, comme les Grecs, ont emprunté les modèles de la plupart de leurs clefs, de leurs serrures, et en général de toutes leurs fermetures. REPLUM (Vitruv. iv, 6, 5). Montant vertical dressé au milieu de la cage de la porte pour servir de feuillure, et couvrir la fente formée au point de jonction des deux battants, comme le montre la figure ci-jointe, qui représente, telle qu'elle existait primitivement, une ancienne porte de bronze qui appartenait autrefois au temple de Rémus, devenu maintenant
l'église de Saint-Côme et de Saint-Damien, à Rome. Le plan qui est en bas, et où le montant en question est au milieu, nous montre la manière dont la feuillure couvrait la jonction des battants, et l'élévation nous présente un des battants de la porte fermé contre le montant ; on comprend aisément que , si les deux battants étaient ouverts , il resterait seul, comme un pilier isolé, au milieu de l'ouverture de la porte. Pourtant
l'interprétation que nous donnons ici du mot Replum ne peut pas être regardée comme certaine , car le sens précis de ce mot est très-controversé, et il n'y a pour l'établir d'une manière décisive d'autres autorités que la présence de ce mot, sans aucune explication, dans un passage de Vilruve.
REPOSITORIUM. Meuble qu'employaient les Romains pour servir les différents mets qui composaient un repas ( Plin. H. M. xvili, 90), et que l'on plaçait sur une table dans la salle à manger'(Petr. Sat. 60). C'était une boîte
REPORTIA.
RKTIARirS.
ou coffre ( d'où theca repositoril, Pelr. Sat. 39), rond ou carré, très-haut, fait quelquefois de bois précieux incrusté en écaille et enrichi d'ornements d'argent (Fenestelia ap. Plin. H. N.
XXX.III, 52; Petr. Sat. 35). Le coffre était de plus partagé en un certain nombre d'étages séparés et placés l'un au-dessus de l'autre , dont chacun contenait un plateau [ferculum) garni de plats; c'est à peu près ces paniers à plusieurs étages dans lesquels nos restaurateurs envoient à des pratiques un dîner tout prêt. Cela est prouvé par un passage de Pétrone {Sat. 36; cf. 35), où il est dit qu'un repositorium est placé sur la table, et après qu'on en a enlevé la partie supérieure, un autre plateau contenant un autre service d'entrée apparaît aux regards — superiorem partent repositorii abstulerunt. Quo facto , videmus infra , scilicet in altero ferculo, altilia, etc. — Ce texte indique clairement la différence entre un repositorium et un ferculum, et prouve la légèreté des érudits qui ont cru ces deux mots synonymes. ->■
REPOTlA. Partie de gens qui se mettent à boire après un festin (Apul. yipol. p. 101; de Mundo, p. 750); par suite dans un sens particulier, la fête que le nouveau marié donne à ses amis le jour qui suit ses noces (Festus, s. v. ; Hor. Sat. 11,2,60).
RESTIARIUS (<Txoivoii),6y.o:, y.(ù.iia- (TTpôçoc). Cordier { Inscript. Vet. a Jo. Cam. Rossi édita).
RESTIO («ryoïvort wXt];). Marchand de corde et de ficelle ( Frontin. ap. Gramm. Lat. éd. Putsch, p. 2201 ; Suet. Aug. 2).
RETE et RETIS (SUtuov). Filet, avec un sens aussi étendu que celui de ce mot en français , comprenant filets de pèche et de chasse, et par suite, toutes les différentes espèces de filets qui sont énuraérés dans la Table analytique (Cic. Piaut. Virg. etc.) Les chasseurs employaient ce mot dans un sens spécial et tout technique pour désigner le grand filet [longo mcantia relia tractu, Nemes. Cyneg. 300) avec lequel, avant de commencer les battues, ils avaient soin d'entourer une vaste étendue de terrain
pour empêcher le gibier de se disperser en plaine , et pour former un cercle fermé de toutes parts vers l'infranchissable circonférence duquel on pourrait le pousser, quand les chiens l'auraient forcé à sortir des remises où il se tenait caché. On se fera facilement une idée de ce filet, de la manière dont on le disposait, et des services qu'il rendait, d'après la gravure ci-jointe , copiée sur une fresque dans le
tombeau des Nasons, près de Rome, tombeau qui contient plusieurs peintures représentant des scènes de chasse.
HETIARIUS. Gladiateur romain, ainsi nommé du filet {rete) qui était son arme particulière et dislinctive. Il portait, en outre, une lourde fourche à trois dents ( fascina , tridens ) ; mais il n'avait pas d'armure défensive; son art était de bien lancer son filet sur la tète de l'adversaire, généralement un secutor, avec lequel on le mettait aux prises. S'il réussissait à en-
velopper des replis de son let le secutar
RETICULATUS.
RETINACULUBI.
qui avait une anniire défensive et offensive, il le joignait et l'attaquait avec S3 fourche comme le montre la gravure, empruntée à une mosaïque antique ; niais s'il manqu.iit son coup, n'ayant pas d'armure défensive, il prenait immédiatement la fuite, et s'efforçait de ramasser son filet avant que son adve saire eût pu le joindre, pour le lancer une seconde fois (Suet. CaLZQ;Claud. 3i; Juv. ii, 143; VIII, 203 ).
R KTICUL ATUS. Mot à mot, fait comme un filet, d'un travail semblable à celui des mailles d'un filet.
1. Reticulata structura. Manière de cons'ruire des murailles très en vogue en Italie pendant les derniers temps de la république romaine et les premiers de l'empire. Dans ce système, la surface
externe du mur présente à l'œil l'image d'un réseau , comme le montre la partie marquée A dans la gravure ci-jointe, qui offre réunies au regard les différentes sortes de maçonnerie employées par les anciens constructeurs. Dans le système dont il est ici question, de petites pierres, ou des blocs de tuf taillés en cube, au lieu d'être posés à plat sur un de leurs côtés, reposent sur une de leurs arêtes, de manière à s'adapter l'un à l'autre comme autant de coins. Ce genre de maçonnerie, quoique très-agréable à l'œil , a le grand défaut de manquer de solidité, par suite de la tendance qu'ont à se fendre des murs ainsi construits (Vitruv. ii, 8, 1; Plin. H. N. xxxvi, 51 ).
2. Reticulata fenestra. Fenêtre fermée par de petites barres de bois ou de métal, qui se croisent en formant un réseau (Varro, R.R.iu, 7, 3).
RETICULUM (S'XTÛSlov). Diminutif de Rrte. Petit filet ou filet à petites mailles (Varro, R. R. m, 5, 13) ; d'où les sens particuliers suivants :
1. Sac en filet , premier type du sac à ouvrage de nos dames; il servait à contenir différents objets : — du pain (Hor. Sat. I, 1,47); des balles à jouer (Ov. /1. A m. III, 361); des feuilles de rose sèches, ou d'autres substances aromatiques, que l'on portait ainsi à son bras (Cic. Verr. il, 5,
2. (xexpuçaToç). Filet de tête, bonnet en filet, qui appartenait proprement aux femmes (Varro, L. L.y, 130), quoique les hommesl'aient quelquefois aussi adopté
(Lambrid. Heliog. 11 ;Juv.ii, 96), comme cela se voit encore de nos jours en Italie, où il est porté par les femmes d'Ali)ano, et les hommes de Sonnino. Le spécimen est emprunté à une peinture de Pompéi.
RETINACULUM (axo'vtov èutYStov ).
Dans la langue de la marine , amarre, câble jeté de l'arrière d'un bâtiment ( Ov. Met. XV, 696 ), et servant à l'attacher au rivage (Ih. xiv, 547), par opposition au câb'e de l'ancre {ancoralg) , que l'on jetait de l'avant.
2. Corde à haler, au moyen de laquelle des animaux tiraient du rivage un navire (Hor. Sat. i, 5, 18), par opposition à remulcus, corde avec laquelle un bâtiment en remorquait un ou plusieurs autres.
3. Longs traits pour des chars auxquels étaientattachées plusieurs paires de bœufs ; ils avaient quelquefois jusqu'à 7 ou 8 mètres de long (Cato, R. R. 63 et 135 ).
4. Toute espèce de longue corde ou lanière servant à retenir ou à contenir ; ainsi, longe ou licou pour tfe bétail (Columell. VI, 2, 4. Voyez Capistrum) ; les rênes d'un char (Virg. Georg. I, 513.
Voy. Habena).
BETIOLCH.
BBTPAROGRAPBrS.
RETIOLUM. Diminutif de Rete (Apul.
Met. VIII, p. 155); synonyme de Reti- CCLCM, 2 (Augustin. Ep. 109, n. 10).
RtTlS. Voyez Rete.
RETIUM. Synonyme de Rete (Gloss.
Philox. et Schol. Vet. ad Juv. vill, 20, où ce mot sert à désigner le filet du retiarius ).
RHEDA. Grande et spacieuse voiture à quatre roues (Isidor. Orig. xx, 12), munie de pluNieurs sièges, de manière à pouvoir contenir une nombreuse compagnie, avec ses paquets, son bagage (Juv. m, 10; Mart. m, 47, 5). Elle parait avoir été eu grand usage chez les Romains , à la fois à ia ville et à la campagne (Cic. MU. 20 ; ad AU. vi, 1 ; v, 17 ; Suet. Jul. 57) ; elle ressemblait probablement au char à banc français couvert, car cette voiture même , ainsi que le nom qu'elle portait, était d'origine gauloise (Quint. 1, 5, 68). La figureci-jointe n'est tirée d'aucune représentation antique, mais
elle n'est pas non plus entièrement de fantaisie, ayant été composée par Ginzrot ( JVageit und Fahrwerke, tab. 20), d'après plusieurs voitures qui ressemblent fort l'une à l'autre et que l'on voit sur les colonnes de Trajan et d'Antonin. Nous la reproduisons ici pour donner une idée approximative des caractères généraux de ce moyen de transport; quoiqu'elle ne soit pas tout à fait authentique, on y retrouvera facilement les traits indiqués dans les différents passages auxquels nous avons renvoyé.
RHEDARiUS. Le cocher d'une rheda (Cic. Mil. 10).