Artisan qui fait ces voitures (Capitol. Mar. et Balb
RHOMBUS (f6(jigo;). Signifiait primitivement le fuseau (fusus) qui servait aux femmes à filer (schol. ad Apollon.
Argon. l, 1139) ; une section verticale qui en serait faite quand il est couvert de fil produirait la figure que les mathématiciens appellent un rhomboïde, comme on peut le voir par le fuseau du milieu dans la gravure au mot Fusus. Ce dernier sens, de rhomboïde, rhombe ou losange , finit par se substituer tout à fait au sens primitif, à l'idée de l'objet qui avait donné son nom à cette figure; on la retrouve pourtant conservée dans une des acceptions de ce mot chez les écrivains grecs et latins , qui l'emploient quelquefois pour désigner une sorte de bobine ou de fuseau magique dont on se servait dans les enchantements (Ov. Am. i, 8, 7 ; Prop. m, 6, 26).
RHOMPH^A, ROMPH^A, et RUM- PIA (^ofAçaia). Arme de combat propre aux t'hraces (Aul. Gell. x, 25); mais quelle était la nature de cette épée ou de celte lame, c'est ce que l'on ne sait pas d'une manière positive. En tous cas, elle était d'une longueur prodigieuse (Liv.
XXXI, 29 ), et elle avait, comme \epilum romain , un manche de bois de la même dimension que le fer qui y était attaché (Val. Flacc. vi, 7 8).
RHYPAROGRAPHUS ( ^uuapoYpâçoç). Peintre qui traite des sujets bas et grossiers. Parmi ces sujets on cite des scènes de la vie domestique , des intérieurs de boutiques de barbier, des échoppes de savetier, des animaux , des natures mortes ( Plin. H. IV. xxxv, 37), enfin à peu près ceux qu'ont préférés les Flamands et auxquels ils ont dû leur célébrité. Il est évident, d'après l'adjectif qui détermine le sens de ce mot (^uitap6;, bas, sale), que le public grec, amateur éclairé du beau, faisait peu de cas de ce genre d'ouvrages ; mais l'esprit grossier et plus matériel des Romains , chez qui le goût et l'amour des arts étaient bien moins purs, étant acquis et souvent factices et non pas un don de la nature ,
RHTTIDM.
RISCCS.
comme ceux qu'elle avait prodigués aux Grecs, en faisait un grand cas, et les payait quelquefois plus cher que les œuvres des grands maîlves (Piin. /. c.)
RHYTIUM ( ô ^uTÔv). C'est proprement le nom grec d'une corne à boire (Mart. Il, 35, 2), de laquelle on laissait la liqueur couler (d'où l'origine de ce root, ^uTÔ; voulant dire coulant), à travers un trou qui est percé à l'extrémité inférieure , jusque dans la bouche de celui qui buvait, comme le montre le spécimen ci-joint , d'après une peinture de Pompéi. On la voit ici sous une forme élémentaire : c'est une simple corne; mais on en rencontre aussi d'un dessin très-orné, représentant différentes têtes d'animaux, et où l'étroite ouverture formée par les lèvres au bout du museau laissait la liqueur s'échapper. Ou en a découvert plusieurs de ce genre dans les fouilles de Pompéi et d'Herculanum ; elles sont gravées dans le Museo Borl>onico(v, 20; VIII, 14).
RICA. Pièce de drap carrée et bordée d'une frange [vestimentum quadratum , fimbriatum. Varrius, ap. Fest. s. -v. ), que les femmes portaient comme un voile sur la tète , surtout quand elles faisaient des sacrifices (Varro, L. L, v, 130), mais aussi dans d'antres occasions ( Plaut. F.pid, 11, 2, 50; Aul. Gell.
VI, 10; Cses. German. in Arat. 121).
On voit bien et la forme et le caractère de cette draperie dans la figure cijointe, qui représente une prêtresse d'Isis, d'après une statue de la collection Chiaramonti au Vatican.
RICINIUM, RECINIUM, RICINUS, ou RECINUS. Forme de diminutif pour Rica. Petite pièce carrée de drap [paltiolum brève j Non. s. v.), que l'on
portait pliée en deux sur la tête (Isidor. Orig. xix, 25) comme voile; les femmes la prenaient surtout en signe de deuil ( Varro, Je Vit. pop.
Rom. ap. Non. /. c. ; Fragm. xil Tab. ap. Cic. de Leg. il, 23). La gravure reproduit une des quatre figures d'une fresque qui décorait une des parois d'une chambre des Thermes de Titus, où
fut trouvé le célèbre groupe du Laocoon ; on suppose qu'elle représente Véturie, la mère de Coriolan , sortie de Rome comme suppliante et en deuil , pour dissuader son fils , qui occupe le premier plan dans le tableau, de marcher contre sa patrie. Mais, en admettant même que cette explication ne fût pas la vraie, il n'en est pas moins évident, d'après les attitudes et la démarche des deux femmes que contient le dessin, qu'elles jouent le rôle de suppliantes, et que par conséquent elles portent tous les vêtements qui marquent la douleur. Cela seul suffit pour que nous reconnaissions dans la draperie, d'un caractère tout particulier, qui couvre la tête et les épaules de la figure ci-jointe la pièce ci-dessus décrite.
RICULA. Diminutif de Rica. Voile que portaient les jeunes femmes sur la tête (Turpil. ap. Non. v. Rica; Isidor. Orig. XIX, 31, 5).
RISCUS (ftffxoç). Garde-robe, servant surtout à contenir les vêtements des femmes (Terent. Eun. iv, 6, 15; ViX^.Dig. 34, 2, 2G; Pollux, vu, 79).
Ce mot paraît avoir été appliqué en général à tonte espèce de réceptacle servant à l'usage que nous venons d'indi-
ROBORARIUH.
ROGUS.
quer, car tantôt c'est un panier tC osier recouvert de cuir (Donat. ad Terent.
/. c), tantôt un grand coffre ( Gloss. Pliilox.) ; ou un placard dans le mur (Non. s. V.).
ROBORARIUM. Emplacement entouré de palissades de bois, et plus particulièrement de bois de chêne (Scip. Afric. ap. Gell. II, 20).
ROBUR. Dans une prison [carcer), le cachot souterrain où l'on exécutait les sentences de mort : d'où l'expression, dignum carcere et robore , qui mérite l'emprisonnement et la mort (Apul.
j4poL p. 530 ; Festus s. v. ; Liv. xxx"vni, 69, et XXXIV, 44, où le même lieu est appelé carcer/n/er/or; Lucan. Il, 125).
Le robur nous est représenté par la chambre circulaire dans la gravure ci-
jointe ; c'est une coupe delà prison publique, construite par Ancus Martius et Servius Tullius, qui existe encore maintenant à Rome, et celle même à laquelle se rapportent les passages de Tite-Live cités ci-dessus,
ROGATORES. Officiers qui, dans les comices romains, avaient pour fonctions de se tenir à l'extrémité inférieure du \>QnX{^ ports suffragloriim) sur lequel montait chaque citoyen pour donner son vote avant de sortir de l'enceinte {ov'de) où il avait été renfermé avec sa centurie ; le rogator présentait à chaque individu qui défilait devant lui les bulletins {tabellx) ; celui-ci les prenait et en jetait un dans la boite (clsta) placée à
l'extrémité opposée du pont. La gravure, tirée d'une médaille, nous fait comprendre toute l'opération ; on voit en
p. NER VA
bas la palissade qui entourait l'owVe; audessus, un votant qui monte sur le pont et qui reçoit son bulletin du rogator, tandis qu'un autre à l'extrémité opposée du pont est en train de déposer le sien dans l'urne. Il est bon de remarquer que ce nom de rogator fut donné à cet officier avant qu'eût été établi l'usage du vote secret, quand il n'avait qu'à demander (rogare) aux citoyens pour qui ils votaient, et à enregistrer leur déclaration en faisant, sur une tablette de cire où étaient ipscrits les noms des candidats, une marque ou point (punctum), à côté du nom de celui à qui une voix était donnée (Cic, N. D. Il, 4 ; Dw. il, 35, eti, n ;de Sert. 11 ; Pis. 15).
ROGUS (itupâ) . Un bûcher en train de brûler; il était fait de grosses bûches de bois non façonné (xil Tab. ap. Cic. f.eg.
Il, 23), empilées en une masse carrée sur le sommet de laquelle le corps se réduisait en cendres (Virg. jEn. xi, 189). La distinction était formelle : on ap|ieiait le bûcher pyra avant que le feu y eût été mis, et rofius pendant qu'il brûlait (Serv. ad Virg. /. c), comme on le voit dans la figure ci-jointe, qui représente le bûcher sur lequel se consume le corps de Patrocle, dans le bas-relief connu sous le nom de Fabula Iliaca, où sont représentés les principaux événements de l'Iliade,
ROSTBITM.
RORARII. Corps de l'armée romaine, qui faisait partie de la levis armatura, les soldats armés à la légère. Ou rangeait les rorarii dans la troisième ligue derrière les Iriarii, entre eux et les accensi (lAv. vill, 8; cf. Plaul. Fragm. ap. Varr. L. L. Vil, 58). Leur tâche était de se jeter en avant, quand l'occasion s'en pré-
sentait, et de faire sur les colonnes de l'ennemi des attaques aussi vives qu'irrégulières, en les accablant de traits qu'ils leur lançaient du milieu des rangs de la première et de la seconde ligne de l'infanterie légionnaire (Liv. viii, 8 et 9). Il est assez probable que ce nom venait de rares gouttes de pluie, comme le disent les grammairiens (Varro, /. c; Festiis, s. f.; Non. s. v.) ; mais il ne ressort pas du tout de là comme ces auteurs et, à leur exem[»le, les grammairiens modernesl'ont inféré, que ce nom ait été donné à ces trou|)es parce qu'elles co/n/7ie/?caie«/ l'action par une pluie de traits analogue aux gouttes qui précèdent un orage; car c'était là l'emploi propre des /■«-/•e/i/ar/'i, qui, dans ce but, élaieut commodément placés sur les ailes, tandisquele poste d'arrièregarde qu'occupaient les rorarii ne se serait guère prêté à de telles fonctions ; rares, ce sont aussi bien les gouttes de pluie qiii tombent pendant (\u'avnnt un orage. Le poste d'ailleurs que leur assigne T. Live, juste devant les accensi qui étaient classés les derniers dans l'armée, indique suffisamment qu'ils eu étaient distincts, ainsi que des ferentarii, et qu'ils formaient une troupe à part, qui tenait, et par le rang et par l'équipement, le milieu entre ces deux corps. La figure ci-
dessus, empruntée à la colonne Trajane, représente un soldat de l'armée impériale i combattant, comme nous l'avons indiqué plus haut, entre deux légionnaires pesamment armés. Quoique l'on ne voie pas son arme, son attitude montre assez clairement qu'il est en train de lancer un trait. Des figures semblables se présentent dans deux autres parties de la colonne, avec des boucliers du même genre et équipées de la même manière, nues jusqu'à la ceinture, avec des pantalons courts {femoralia) et des bottines militaires (ca//o-a). Dans un des cas, elles sont mêlées à un corps de troupes de toutes armes, qui écoute une harangue de l'em • pereur; dans l'autre, elles sont sur le champ de bataille, dispersées et combattant entre les rangs de la grosse infanterie , comme celle que nous avons représentée ici. Dans les premiers temps de Rome, ces soldats portaient sans aucun doute une jaquette, en place des pantalons que nous vojons, qui n'étaient pas alors connus, et qui ne commencèrent à être portés que sous les empereurs ; mais c'est là une légère différence qui n'altère en rien le caractère général de laûgure : tandis que l'usage du bouclier et des traits, en mêmetempsque la manière dont le reste du corps est exposé, s'accordent parfaitement avec le rang qu'occupaient ces hommes et le rôle qu'ils avaient à jouer, et marqued'ailleurs quelle différence il y avait entre eux, les ferentarii qui n'avaient pas de boucliers et absolument aucune arme défensive, et les accensi, qui n'avaient pas d'autre arme offensive que celles que pouvait leur fournir la nature, que leurs poings, des bâtons, des pierres.
ROSTHATUS.En forme de hec ou garni d'une pointe ou hec[rostrum) ; s'applique comme épithète descriptive, à beaucoup d'objets différents; ainsi, par exemple, à la serpe du vigneron (Columell. il, 21, 3 ; voy. RoSTRUM, 3) ; à la charme (Plin. H. iV. XVIII, 48 ; voy.RosTRUM, 4, 5); à une couronne (Pliu. H. N. XVI, 3 ; XXII, 4 ; voy. CORONA, 8); à un vaisseau (Hirt. /?. yifr. 23 ; voy. Rostrlm, 1) ; à une colonne (Suet. Galh. 23; voy. CoLCMNA,3).
ROSTRUM (fÛYxoî). Proprement, le
60StRCM.
ftOSTftDM.
museau d'un animal, surtout le groin d'un porc; \e bec d'un oiseau; par suite on transporte ce nom à différents objets faits de main d'homme, et qui, soit par leur forme, soit par leurs usages, ressemblent à l'un des organes indiqués ci-dessus; ainsi : 1 . éfiéoÀo;. L'éperon, comme nous disons d'un bâtiment de guerre, partie de la proue qui fait saillie et se termine en pointe, tantôt de bronze, tantôt de fer, et destinée à agir sur les flancs des navires ennemis comme le bélier sur un mur [Liv. Hor. Hirt. Plin, etc.)- Dans la marine primitive, c'était une simple poutre se terminant par une pointe de métal qui représentait presque toujours la tète d'un animal quelconque, comme le montre le spécimen que nous reproduisons. C'est in rostrum antique, original peut-être unique, qui fut trouvé au fond du port le Gènes, et qui, on le suppose du moins,
tème de construction adopté pendant les guéries puniques ; celle de droite a le ros-
y aurait été précipité lors de la bataille que s'y livrèrent les Génois et le Carthaginois Magon. L'éperon partait et faisait saillie de l'avant du navire à une hauteur au-dessus de la ligne de flottaison qui est indiquée par la gravure au mot Navis, G. Mais quand se perfectionna le système de la guerre maritime, le rostrum fut formé par plusieurs poutres en saillie, garnies de pointes métalliques aiguës, cequi n'empêchait pas de conserver quelquefois, concurremment avec elles, la grosse poutre isolée dont nous venons de parler ; en tout cas, elles étaient placées soit au niveau de la quille, soit au-dessous, de sorte que chaque trou percé par l'éperon, non-seulement endommageait le navire, mais y ouvrait une terrible voie d'eau. Ces différents traits se retrouvent dans la gravure ci-jointe, d'après deux médailles romaines ; la figure de gauche nous montre le rostrum sur la même ligne que la quille^ suivant le sys-
trum primitif, en forme de bec d'oiseau, au-dessus de la quille, et le rostrum perfectionné et plus redoutable au-dessous de la quille et sous l'eau, comme cela se faisait habituellement du temps d'Auguste (Scheffer, Mil. Nav. il, 5).
2. Rosira, au pluriel (ol £(x6oXoi, Polyb. VI, 53, 1). Les Rostres, nom donné à la tribune où, dans le Forum romain, les orateurs montaient pour parler au peu-
TALIK^^^
pie, parce qu'elle était ornée d'éperons de navires pris aux Volsques d'Antium dans la guerre latine (Liv. vill, 1 4 ; Varro, L. L. V, 165; Cic. C«s. etc.). La gravure, d'après une médaille delà gensLollia (probablement du M. T..ollius Palicanus que mentionne Cicéron, Verr. Il, 41), quoique très-défectueuse dans les détails, nous mettra néanmoins en état de nous faire une idée juste de la forme et du caractère de ce monument célèbre. La courbure des lignes qui traversent la médaille indique clairement que c'était une construction de forme circulaire , surmontée d'une plate-forme qu'entourait un parapet et que protégeait une sorte de dais en pierre ; le tout était supporté par des arcades dont les piliers étaient ornés des éperons en question .
ROSTUIIU.
On y montait sans doute par des degrés, et il y avait ,)fobablement un escalier de chaque côté : de sorte que l'ensemble de la construction devait ressembler d'une manière frappante aux ambones ou chaires que l'on voit encore actuellement à Rome dans plusieurs des églises les plus anciennes.
3. L'extrémité recourbée et pointue de la serpe du vigneron {faix -vinitoria), la pointe qui est tournée en l'air dans la
figure ci-jointe, empruntée à un ancien manuscrit de Columelle; elle ressemble fort au bec de certains oiseaux de proie (Columeil. IV, 25, 3).
4. L'extrémité recourbée de la charrue romaine primitive qui servait pour les terres légères ; elle était formée d'un
tronc d'arbre courbé, soit naturellement, soit artificiellement, en crosse, et armé d'un fer à l'un de ses bouts, quand il le fallait, comme le montre très-bien la Ggure ci-jointe, empruntée à un petit groupe en bronze étrusque, découvert à Arezzo (Plin. H. IV. xviii, 48).
5. Le bec d'une lampe à huile (lucerna), d'où sort la mèche, et dont le contour est marqué par une ligne courbe
qui se détache du corps de la lampe, et, vue de profil, présente quelque ressemblance avec le bec d'un oiseau , comme le montre le spécimen ci-joint, d'a-
près une lampe romaine antique (Plin.
H. N. xxviii, 4G).
6. La tête d'un marteau de forgeron (malleus); dans ce cas, l'analogie vient] de l'emploi, non de la forme de l'instrument; on appelle rostrum la partie avec
laquelle sont portés les coups, par allusion au rostrum d'un vaisseau qui frappait les bâtiments ennemis. La gravure ci-jointe représente des forgerons à leur enclume, d'après un bas-relief (Plin. H. N. xxxiv, 41).
ROTA (Tpoxôi;)- Roue, ayant la même forme que nos roues actuelles, et composée des membres suivants : modiolus, le moyeu ; radii, les rayons ; absides, les jantes ; cantlius ou orbis, la bande ; parties que l'on distingue toutes nettement dans la figure ci-jointe, qui représente une roue antique actuellement conservée dans le cabinet des Antiquités à Vienne.