II. Danses gymnastiques et guerrières
Elles servaient de préparation au combat et d'excitation à la valeur militaire, comme celle des insulaires de la mer du Sud et des Indiens de l'Amérique du Nord. Parmi ces danses on énumère :
1 , Saltatio Corjhantum. La danse des Corybantes, propre plus j)articidièrement aux Phrygiens et aux Cretois ; elle tenait le milieu entre les danses religieuses, militaires et mimiques : ceux qui l'exécutaient étaient armés et bondissaient de côté et d'autre avec des gestes étranges et violents , tout en frappant leurs boucliersetleursglaivesl'un contre l'autre pour imiter le bruit que faisaient les Corybantes quand, en Crète, ils s'efforçaient de couvrir le bruit des cris de Jupiter enfant (Lucian. Sait. 8', Strabo, x, 3, 21 ; Lucr. ii, 630-639. On suppose que c'est cette danse que représente le groupe ci-joint, pris d'un bas-relief au Vatican. L'ensemble de ce qui reste de cette composition est formé de six figures , toutes dans la même altitude que le couple ici représenté; mais, comme les deux ligures i
extrêmes n'ont pas de vis-à-vis, il est évident que ce marbre n'est qu'un fragment.
et ce fragment, dans l'origine, faisait partie d'une frise qui comprenait un plus grand nombre d'exécutants.
2. Saltatio Pyrrhica. La danse pyrrhique ; elle est décrite et figurée au mot Pyrrhica.
3. Saltatio Saliorum. Danse qu'exécutaient les Saliens ou prêtres de Mars (Quint. 1. 11, 18), dans la cérémonie où les boucliers sacrés (ancilia) étaient i)ortés en pompe dans Rome. Nous n'eu avons pas de représentation , mais on ])eut inférer d'un passage de Sénèque Ep. 15), que les mouvements de ces prêtres dans cette cérémonie ressemblaient plutôt à des sauts et à des bonds qu'à des pas gracieux ou mesurés : car il les compare au frappement de pieds et aux sauts des foulons (sait us fullonii) sur les étoffes qu'ils sont occupés à nettoyer, comme cela est expliqué aux mots FuLLO, FuLLONiCA , OÙ l'on en a donné un spécimen ; on déployait dans cette danse une grande force musculaire et beaucoup d'agilité.
4. Saltatio bellicrepa. Danse guerrière romaine, instituée, dit-on par Romulus, en commémoration du rapt des Sabines,commecérémonie expiatoire destinée à détourner de son peuple un semblable malheur (Festus, s. v,).
III. Les danses mimiques. Ceux qui les exécutaient, comme les acteurs d'un ballet moderne, représentaient, rien que par les gestes et les mouvements du corps, certains événements, certaines actions ; la musique soutenait et réglait leurs
SALTATOa.
SALTCARICS.
attitudes et leurs mouvements : c'était ce que de nos jours on appellerait de la pantomime, la danse, au sens où nous entendons ce mot, n'y ayant aucune part ; en effet, le talent de ces acteurs était bien plutôt dans les attitudes expressives qu'ils savaient donner à leurs physionomies , à leurs corps, à leurs bras et à leurs mains, que dans les mouvements de leurs pieds (Macrob. Sat. ii, 7 ; Suet, Cal. 57 ; Nero, 54 ; TIt. 7 ; Ov. ^. ^/n. I, 595). IV. Danses, pas de danse, dans le sens où nous entendons ordinairement ces mots ; exercices où il s'agissait de dé-
ployer de la grâce , de l'agilité et de la force , et dont les mouvements des pieds et du corps étaient la partie essentielle , sans aucun essai de représentation mimique, comme le montre le groupe ci-joint, emprunté à un vase peint. Ces danses étaient exécutées surtout pour amuser les convives dans les grands festins, et l'on a trouvé dans les peintures d'Herculanum et de Pompéi un grand nombre de figures représentant les artistes qui donnaient ces divertissements; toutes ces figures témoignent du haut point de perfection où les anciens avaient porté l'art de la danse proprement dite.
SALTATOR (ôpxiriffTYjc 7tavTÔ(xiu.a;).
Danseur; celui qui exécutait des pantomimes sur le théâtre (Saltatio, m), on de vraies danses dans les festins et les endroits publics (Saltatio , iv), mais non celui qui se mêlait à une danse religieuse ou guerrière (Saltatio, i et ii), les deux premiers de ces exercices étant regardés par les Romains comme indignes d'un homme bien né et déshono-
rants , tandis que les deux autres n'avaient rien qui ne convînt au citoyen. Aussi le mot saltator a-t il toujours un sens injurieux et méprisant (Cic. Mur. 6 ; Off.
I, 42; Macrob. Sat. ii, 10).
SALTATRICULA. Diminutif de Sal- TATRix, avec un sens méprisant (Aul.
Gell. I, 5).
SALTATRIX (ôpyj^TÏpta). Danseuse.
C'était une classe de femmes très-nombreuse dans la Grèce et l'Italie antique, comme elle l'est maiuteuant dans l'Orient,
de mœurs très-légères, mais fort belles en général, et qui se louaient pour danser dans les grands repas et les fêtes, afin d* divertir les conviveset les invités (Cic.P/f . 8; Ammian. XIV, 6, 19; Macrob. 5af, II, 10). Des femmes de cette condition sont souvent représentées dans le peintures de Pompéi, et c'est de l'une de ces peintures qu'est tirée la figure ci-jointe ; elles sont presque toujours pourvues d'un grand voile transparent qu'elles répandent quelquefois en plis gracieux tout autour de leur corps, que d'autres fois elles laissent flotter de manière qu'il les couvre en partie, et que souvent aussi elles portent déployé au-dessus de leur tête , de manière que le corps tout entier reste exposé aux regards des spectateurs ; scandale qu'il ne faut pas attribuer au caprice de l'artiste, mais qui, du moins dans la corruption de mœurs de l'époque impériale, a eu une existence trop réelle (Tertull. deSpeclac, p. 2G9). SALTUARIUS. Proprement, esclave chargé de la surveillance d'une région,
SALCTIGKRCLI.
SAMMS.
d'un domaine où les bois se mêlaient aux pâturages (saltus ) ; nous pourrions traduire par un forestier (Inscript, ap. Orelli , lè99); mais ce mot s'emploie surtout dans un sens plus général pour désigner Vinlendant auquel était confie le soin d'une propriété rurale, et qui remplissait à l'égard des fermiers de son maître les mêmes fonctions, et avait avec eux les mêmes rapports, que Vinsularius avec les locataires de la ville; il avait la surveillance générale des terres et des bâtiments servant à l'exploitation, il s'occupait des locations et des réparations à faire, de manière à empêcher que, soit par négligence, soit volontairement, on lie fit rien qui diminuât la valeur des propriétés de son maître (Petr. Sat. 53 ; Pomp. Dig. 7, 8, 16; African. Dig. 32, 1, 58).
SALUTIGERULI , s. ent. puerî. Esclaves qui n'avaient d'autffes occupations que de porter des messages , des salutations , des compliments aux amis et aux connaissances de leur maîtres (Plaut. AuL III, 5, 28).
SAMBUCA ( (ia[x6ijXT)). Instrument à cordes de nature et de longueurs différentes, ressemblant à notre barpe (Scipio African. ap. Macrob. Sat. ii, 10; Pers. v, 95; Porpbyr. in Ptol.
Harm.). Il était parfois de petite dimension, comme la barpe galloise; d'autres fois c'était un grand et puissant instrument, comme la barpe ordinaire.
très-orné , ainsi que le montre le spécimen ci-joint , emprunté à une peinture
égyptienne très-connue sous le nom de harpe de Bruce, du savant qui a le premier publié ce monument.
2. Machine de guerre qui servait à escalader les murailles (Feslus, s.v.', Veg. Mil. IV, 21; Vitruv. X, 16, 9). En l'absence de toute représentation de cette machine, il est aisé d'en concevoir l'usage et le caractère , d'après la figure cidessus; ce devait être une plate-forme mobile qu'on élevait et qu'on abaissait au moyen d'un certain nombre de cordes attachées à des poulies placées au sommet de la charpente , et imitant par leur disposition les cordes d'une harpe.
SAMBUCIN A et SAMBUCl STRIA(ffa(x.
êuxîffTpta). Joueuse de harpe (Plaut.
Stick. II, 3, 57); c'était le plus souvent une étrangère, d'origine égyptienne ou asiatique (Liv. xxxix, 6). Quand elle jouait, elle se tenait ou debout, comme la figure ci-dessus, ou assise les
jambes repliées sous soi , comme le montre la gravure ci-joiiite , qui représente une harpiste égyptienne, d'après les tombes de Beni-Hassan.
SAMNIS. Gladiateur armé comme les soldats samnites (Cic. 5ex<. 64), c'est-àdire qui avait un casque fermé avec des ailes (pinnœ ) des deux côtés ( Varro, L. L. V, 142), un bouclier du genre de ceux que l'on appelait scuta^ un jambart {ocrea ) à la jambe gauche ( Liv. ix, 40), et au bras droit, qui n'était pas protégé par le bouclier, un brassard (manica, Juv. VI, 256). 11 est aisé de retrouver presque tous ces traits dans la figure ci-jointe, cmpruntce à un bas-relief en stuc, d'après une tombe de Pompéi ; on croit pouvoir y reconnaître, à cause de ces ressemblances,
SAXDALIGERULiE.
SARABALLA.
un gladiateur de cette classe. On remarquera toutefois que les deux jambes son*
munies dejambarts, et non pas seulement la gauche, comme le disent pourtant expressément Tite-Live et Juvénal (//. ce); mais comme l'original a entièrement péri, par suite du peu de solidité que présentait la substance dont il était formé , et que d'ailleurs il avait déjà beaucoup souffert des injures du temps avant le moment où on le découvrit , il n'est pas déraisonnable de croire que Mazois, l'artiste à qui nous devons ce dessin, a ajouté, par amour de la symétrie, le jambart de droite , soit qu'il ignorât la particularité que nous venons de signaler, soit qu'il ait été trompé, ce qui est possible, par les écorchures du stuc.
SANDALIGERULiE. Femmes esclaves qui portaient les pantoufles de cérémonie ( sandalia ) de leur maîtresse , quand elle sortait (Plaut. Trin. ii, 1, 29).
SANDALIUM (ffâvavSàiiov, aàvSaXov).
Pantoufle très-ornée que portaient les dames grecques, auxquelles l'empruntèrent les Romaines (Terent. Eiin. v, 7, 4; Turpil. ap. Non. v. Priores). Quant aux caractères qui la distinguaient , elle parait avoir tenu le milieu entre le calceolus et la solea, ayant une empeigne qui couvrait les doigts et la partie antérieure du pied, mais laissait le cou-de-pied à découvert, ainsi que le talon, que ne protégeait pas un quartier de derrière; il est probable que souvent, sinon toujours, des cordons l'attachaient au pied. L'usage en appartenait exclusivement aux femmes; aussi
le spécimen donné ci-dessus, où l'on peut remarquer la décoration de l'empeigne, forme-t-il, dans un bas-relief romain, la chaussure d'une femme. On rencontre une autre sandale, juste de la même forme, au pied d'une femme dans une des peintures de Pompéi {^Mus. Barbon. VII, 39).
SANDAPILA. Sorte de civière ou de bière grossière, qui servait à porter en terre les corps des pauvres et des malfaiteurs (Fulgent. S.V.; Suet. Dom. 17).
SANDAPILARIUS. Qui porte la bière appelée sandapila (Sidon. Ep. il, 8).
SANGUICULUS. Sorte de boudin fait avec le sang d'un chevreau (Plin. U. N, XXVIII, 58).
SANNIO. Proprement, quelqu'un qui fait des contorsions et des grimaces ; par suite, bouffon de théâtre , ce que nous appelons un paillasse, qui cherche à exciter la gaieté des spectateurs par toute espèce de gestes grotesques , de mouvements ridicules , de contorsions du visage ou du corps, comme nous le montre la figure cijointe,qui représente, d'après une pierre gravée, un acteur qui remplissait ce rôle (Cic. de Or. Ii, 61).
SAPA (E^'TlM-a» dîpaiov). Vin doux ou nouveau, réduit, par l'ébullition, de deux tiers (Plin. H. N. xiv, 1 1), et qu'on employait surtout pour donner du bouquet et de la force à d'autres vins (Coiumell. XII, 19).
SARABALLA et SARABARA (dapâ- 6aXXa et -6apa) Larges et longs pantalons (fltixa ac siniiosa, Isidor. Orig. XIX, 23), qui tombaient de la ceinture sur le cou-de-pied , et que portaient les Parthes (Publius ap. Isidor, /. c), les Mèdes (Tertull. de Pall. 4), et quelques autres nations asiatiques, ainsi
SAPO.
8ABCIHAT0R.
que les peuples du Nord, comme on le voit dans la figure ci-jointe, représentant un auxiliaire germain, sur la colonne Trajane.-
SAPO ((TotTtwv). Mot celtique ou germain qui contient le radical du bas allemand sepe, de l'anglais soap^ et du français savon; mais il désigne, chez les anciens, un objet qui diffère, et par sa forme et par son usage , de ce que nous représente maintenant ce mot. L'ancien sapo, en effet, ne servait pas à laver : c'était une pommade pour teindre les cheveux en brun clair ; elle était composée de moelle de chèvre et de cendres de hêtre ; la meilleure qualité s'en faisait chez les Germains, qui l'avaient in ventée; celle qui venait ensuite était fabriquée en Gaule. Ou en faisait des boules, que l'on apportait à Rome, pour les femmes et les jeunes élégants, qui faisaient un très-grand cas des cheveux châtains , goût que partage encore leur postérité (Pliu. H. N. xxvill, 51; cf. Mart. viil, 33, 20; xiv, 26; Beckman, History of Inventions, yo\. Il, p. 92, Lond., 1846).
SARAPIS (ffâ parti;). Tunique que portaient seuls les rois de Perse, d'un rouge
pourpre (purpureus, uop^ûpeo;), décorée |)ar-devant d'une bande blanche ([X£ 6- ^euxoç), comme le montre bien la gravure ci-joinle ; elle représente Darius à la bataille d'Issus , d'après la célèbre mosaïque de Pompéi. Les différentes parties du vêlement y sont teintées comme nous venons de le dire (Plant. Pœn. V, 5,33; cf. Curt. m, 3, 28; Hesych, s. v.).
SARCINA. Paquit d'objets que l'on a réunis et dont on a fait une sorte de bloc pour les rendre plus faciles à transporter, soit par la main de l'homme, soit par d€« l)êtes de somme, soit en voiture (Petr. Sat. in ; Phajdr. li, 1 ; Hirt. B. Afr.
75), par opposition à fascis, réunion fl'objets attachés l'un à l'autre en faisceau. Le spécimen est emprunté à la co-
lonne Trajane; il montre la manière dont sont toujours représentés les paquets chez les anciens.
2. Le bagage personnel de chaque soldat , qu'il portait avec soi dans les marches ; c'étaient ses armes , ses habits, des vivres pour un certain nombre de jours, et les ustensiles nécessaires pour apprêter ses aliments. Ce mot est opposé à impedimenta, les bagages de l'armée (Caes. B. G. i, 24 ; B. Cm, 76; Hirt. J?.
Afr. 75). La gravure représente un soldat romain , avec le bagage ci-dessus décrit , d'après la colonne Trajane.
SARCINALIS et SARCINARIUS. Cheval de charge ou toute autre bête de som-
me qui porte sur son dos un paquet disposé en forme de sarcina, comme le montre la figure ci-jointe, empruntée à l'arc de Constantin ( Cies. B. C. \,i\', Ammian. XV, 5 ; XXIX, 5).
SARCINATOR. Hommedont le métier est de raccommoder, de réparer des vêtements (Lucil. Sat. xxvill, 33; Plaut.
Àul. lit, 5, 4 I ; Paul. Dig. 47, 2, 82) ; non pas un tailleur dans le sens que nous donnons à ce mot, car les babils des anciens u'avaient pas besoia d'être
SARCINATRIX.
SARRACCM.
taillés et ajustés au corps, les vêtements de dessus étant formés surtout d'une grande pièce rectangulaire , ceux de dessous de deux ou de plusieurs lés de même dimension , seulement cousus l'un à l'autre sur les côtés et en haut, excepté là où étaient laissées des ouvertures pour passer les bras et la tète. Par ces moyens si simples, et grâce à l'usage de tisser sur un métier vertical des yièces d'étoffe, on pouvait obtenir tous les différents vêtements qui sont représentés dans ce Dictionnaire.
SARCINATRIX. Femme qui fait le même métier que le sarcinator, c'est-àdire qui raccommode des vêtements (Varro, ap. Non. s. v.; Cajus, Dig. 15, 27).
SAHCIiNULA. Diminutif de Sarcina.
SARCOPHAGUS (dapxoçdcYoç;. Mot à mot, Carnivore; nom qui par suite fut donné aune espèce paiticulière de pierre à chaux qu'on tirait d'Assos en Troade, et qui avait la propriété remarquable de consumer, dans l'espace de quarante jour, la chair et même, à l'exception des dents, les os d'un corps que l'on y renfermait (Plin. H. N, xxxvi, 27).
A cause de cette propriété , on l'employait en grande quantité pour faire des cercueils, quand on enterrait le corps tout entier sans le brûler; et par suite on en vint à se servir de ce mot dans un sens général pour toute espèce de cercueil, quels qu'en fussent les matériaux (Juv. X, 172).
SARCULATIO. L'action de jouer de la houe, de remuer la terre avec le sarculum autour des racines des jeunes plantes (Pallad. m, 24, 6).
SARCULUM et-US (9xa>t;). Houe; plus légère et plus petite que le llgo, elle servait surtout à arracher les mauvaises herbes dans les champs et les jardins (Plin. H. N. xvm, 65, 2; xix, 33; Columell. Il, 11, 10). Dans des régions montagneuses, où il y a ordinairement très-peu de terre végétale , et où les inégalités de la surface interdisaient l'usage de la charrue, on employait le sarcuCum au lieu de cet instrument (Plin. H. N. XVIII, 49, 2). Le spécimen est tiré d'un bas-reliefromainquireprésente une course dans le Cirque, et dans les scènes de ce
genre, les anciens sculpteurs introduisent souvent cet outil, qui servait dans le Cir-
que à entourer d'une tranchée la partie de l'arène où luttaient lesathlètes, comme cela est expliqué au mot Scamma.
2. SarciUum bicorne (Pallad. i, 43, 3). Houe à deux fourchons, portant le nom particulier de Bidkns ; voyez ce mot.
SARI8SA((Tâpi(TÇ7a). Pique particulière à V infanterie de la phalange macédonienne(Liv. ix, 19), d'une longueur prodigieuse (Id. xxxviil, 7), n'ayant pas moins de5 à 6 mètres (Polyb. xvill, 12), et du même genre que le confus, seulement beaucoup plus longue (Veg. Mi/.
III, 24). On peut avoir une idée approximative du caractère général et des dimensions de cette arme , la plus longue et la plus lourde des lances qui fussent en usage chez les anciens, en se reportant à l'arme que tient Alexandre dans la figure donnée au mot CONTCS, 3.
SARISSOPHORUS ((rapiaffoçôpo;).
Armé de la sarissa ; épithète par laquelle on désignait les fantassins de la phalange macédonienne, auxquels appartenait particulièrement cette arme (Liv. xxxvi, 18; Curt. IV, 15; Polyb. xil, 20, 2),
SARRACULUM (Ammian.xxxi,2, 18).
Diminutif de
SARRACllM. Espèce particulière de charrette, de chariot, d'origine étrangère, mais adopté en Italie (Sisenn. ap.
Non. V. Carra; Capitolin. M. Àntonin. 13), où les paysans l'employaient or-
SARBITIO.
SAXCM QCADRATCH.
dinairement pour se transporter, eux et leurs familles, d'un endroit à un autre ( Cic. Fragm. in Pison. ap. Quint.
Vlll, 3, 21), et pour conduire leurs denrées au marché. Les écrivains latins le mentionnent avec \e plaustrum (Juv. m, 264), et l'emploient à peu près comme synonyme de ce mot (Id. v, 23) ; ce qui indique qu'il ressemblait beaucoup à ce véhicule, quoiqu'il en différât en même temps par quelques points ; voilà ce qui nous conduit à proposer la figure ci-dessus comme une (idèle représentation du sarracum. Elle est tirée d'une peinture qui représente un groupe de paysans dans le marché d'Herculanum, et elle possède deux des caractères essentiels d'un vrai plaustrum, c'est-à-dire une plate ferme épaisse en planches supportée sur des roues pleines {tympana) et non sur des roues à rayons [rotœ) ; mais elle en diffère par ce trait important qu'elle est ferméç de trois côtés par des cloisons verticales solidement fixées sur la plate-forme , tandis que dans le plaustrum, le plancher qui repose sur les roues ne supporte qu'un panier, ou est entouré simplement d'une balustrade à jour, et quelquefois même ne l'est pas du tout.
Voir l'article et la gravure à Pladstrum.
SaRRITIO ou SARITIO. L'action d'arracher avec la houe de mauvaises herbes d'entre les jeunes plantes et dans les blés encore verts (Columell. ii, 11,4; Plin.
H. N. XVIII, 50). On exécutait celte opération avec le sarculum ; mais elle diffère de sarculatio, qui exprime l'action de rendre avec la houe la terre friable tout autour des racines d'une plante, et de runcatio, qui désigne l'action d'émonder et de sarcler un champ avec la main et l'instrument appelé runco.
SARRITOR ou SARITOR. Ouvrier qui exécute \Asarritio[Co\um. xi, 13, 1).
SARRlTURA.Synonyniede Sarritio.
SARTAGO (Tyiyavov ). Ustensile de cuisine, qu'où croit être notre poêle à frire. Le spécimen ci-joint est d'après un original en bronze découvert à Pom-
péi (Plin. H. N. XVI, 22; Juv. x, 64).
SARTOR (de sarcio). Synonyme de Sarcinator (Non. s, v.)..
2. (De sarrio). Synonyme de Sarri* TOR (Plant. Capt. m, 5, 3).
SATRAPA, SATRAPES et SATRAPS ((TarpaTiri;). Satrape; officier perse d'un rang élevé, gouverneur, viceroi d'une province (Quint.
Curt. m, 13; Nepos, Con.
2). Un des privilèges honorifiques qui distinguaient ces dignitaires était le droit de porter un bonnet élevé, roide et droit (tiara recta), et le fait que cette tiare surmonte la tète du personnage ci-joint, tiré d'une sculpture de Persépolis, conduit à y voir un officier remplissant les fonctions que nous venons d'indiquer.
SAVANUM.Voy. Sabanlm.
SAVILLUM ou SUAVILLUM. Espèce de pudding fait de farine , de fromage, d'œufs et de miel, et servi dans le vase où il avait cuit, comme ce que les Anglais appellent pie-disk (Cato, R. fi. 84),
SAXUM QUADRATUM. Roche de formation volcanique, que les géologues italiens appellent tuf Htlioide\tufo litoide), celle même qui forme la base du mont Capitolin; elle dut son nom aux masses rectangulaire» dans lesquelles la divisent ses fissures naturelles. Toutes les constructions primitives attribuées à la période légendaire des rois, la prison souterraine de Servius Tullius, la Cloaca Maxima, et les substructions du Capitole, sont bâties avec cette matière, qui fut en effet la seule en usage jusqu'à l'introduction de la pierre Appienue et Gabienne, connue maintenant sous le aomdepeperino. C'est par conséquent cette pierre queTite-Live désigne sous le nom de saxum quadratuin (vi, 4), quand il parle de la fondation du temple du Capitole; c'est encore de la même matière qu'il entend parler (x, 23), quand il dit que la route de la Porta Capena au temple de Mars était pavée saxo cjuadrato; non pas que les pierres formassent des carrés réguliers ,
SCABELLCM.
SCKIM.
comme nos dalles, puisque les Romains employaient pour paver les routes des blocs polygonaux (Voyez l'article et la figure à Via) ; ce qu'il veut dire c'est que la roche employée était du tuf lithoïde, et non du si/ex, qui, de son temps, était la seule matière dont on se servît dans les constructions ( Bracchi , Suolo di Roma ) .
SCABELLUM. Diminutif de ScAMNUM (Quint. 1, 4, 12) ; petit tabouret carré, ne formant qu'une marche (Varro, L. L.
V, 168), employé comme tabouret de lit quand la couchette n'était pas très-haute
(Varro, /. c), comme le montre la figure ci-jointe, empruntée à un bas-relief romain.
2. (•JTtoirôÔiov). Tabouret du même genre, placé devant une chaise, devant un
siège, pour supporter les pieds, comme dans la figure ci-jointe, d'après une peinture de Pompéi (Isidor. Ori^. xx, 2, 8). 3. (xpov)7t£Î|ta). Instrument de musique ; c'était un soulier à semelle de bois très-épaisse (Pollux, VII, 87), percée sous les doigts d'une fente horizontale profonde où était logée une petite machine de métal (cf. Lucian. Sait. 83) ; quand le pied, appuyant sur l'extrémité de la semelle, le pressait contre terre, le métal reten-
tissait et faisaitentendre certains sons. Le joueur de flûte (jtibicen) avait un pied muni de cet instrument (Pollux, x, 153), dont il se servait surtout pour indiquer le conmencement et la fin de l'acte (Cic. Cœl. 27), pour battre la mesure et accompagner d'autres instruments(Suet.
Cal. 64; August. de Mus. 111, 1). Quoique l'on ait quelques doutes sur l'exactitude de l'interprétation que nousdonnons, les nombreuses représentations encore subsistantes d'un instrument tel que celui que présente la gravure, d'après une ancienne statue en marbre , et l'indication des personnages qui s'en servaient, sont de fortes raisons de croire qu'il faut entendre ainsi le scahellum. Un groupe en terre cuite, du Musée Britannique, nous montre, auprès d'une cuve à raisin, un personnage qui joue de la flûte double {tibix pares) en battant la mesure avec un instrument semblable à celui qui est figuré ci-dessus. Un sarcophage de marbre, publié par Visconti [Mus. Plo-Clem. v, tav. c ), représente une femme jouant de la flûte phrygienne {tibia phrygia) et battant la mesure avec un instrument analogue. Une statue de femme au Capitole [Mus. CapitoUn.iw, 36) a sous son pied une semelle du même genre.
SCALjE (xXtfiaÇ). Échelle, machine
qui sert à monter (de scanda), mot tou-
jours employé au pluriel, parce quel'é.
chelle était composée d'un certain nombre d'échelons séparés, disposés l'un au-dessus de l'autre entre deux montants, comme cela se fait encore actuellement (Sali. Plin. C;es. Tac. Ov. Virg.). La gravure ci-dessus représente un des soldats de l'armée de 'Trajan portant une échelle de siège pour prendre d'assaut une forteresse des Daces.
2. Échelle de navire, construite de la même manière ; on la portait à bord, et on l'abaissait du pont à terre quand on avait à débarquer ou à embarquer des passagers, comme le montre
le spécimen que nous en donnons, d'après une ancienne fresque découverte à Rome (Virg. jEn. x, 653; Liv, xxvi, 45) ; le pons o\i pont qui conduisait du bâtiment à terre n'était qu'une simple planche qu'on jetait horizontalement des platsbords d'un petit bâtiment à la surface du quai, ou de toute éminence du rivage dont le sommet pouvait se trouve% au niveau du pont du bâtiment. Voyez la gravure au mot PONS, 5.
3. Escalier conduisant du rez-dechaussée aux étages supérieurs d'une maison particulière ou de tout autre édifice. Les anciens architectes construisaient leurs escaliers à peu près comme le font les modernes; tantôt ils les fixaient dans l'intérieur de la maison contre un mur de manière à en laisser ouvert un des côtés, comme cela se fait presque partout chez nous dans les maisons particulières ; tantôt ils les élevaient à l'extérieur, comme cela se voit encore si souvent eu Italie dans des construc-
tions modernes; d'autres fois ils enfermaient l'escalier entre quatre murs, comme le serait un escalier creusé dans l'épaisseur d'une muraille, de sorte que la personne qui montait ou descendait l'escalier était dérobée aux regards de tous, hors de celui qui se trouvait au même étage qu'elle. Ces sortes d'escaliers étaient particulièrement appelés escaliers grecs, scalee Grœcx (Vilruv. ix, Prxf. T; Aull. Gell. X, 15; Serv. ad Virg. Mn. IV, 646), et, d'après la nature même de la construction, devaient être nécessairement sombres et presque toujours étroits ; ce qui explique pourquoi l'escalier est si souvent mentionné chez les anciens comme cachette (Cic. Mil.
15; Phil. II, 9; Hor. £/>. ii, 2, 15); idée contraire aux usages modernes, où l'escalier est la partie la plus ouverte à lous, la plus publique de la maison. Les commentateurs, à propos de tous les passages ci- dessus indiqués, ne connaissant pas la particularité architectoniqiie que nous venons d'expliquer, sont réduits à dénaturer le sens de leurs auteurs en substituant une préposition à une autre, en traduisant commes'il était dit que le personnage en question se réfugie sous l'escalier et non dans l'escalier. 4. A une époque plus rapprochée de nous, ce mot parait avoir été le premier que l'on ait employé en latin pour désigner une paire d'étriers; dans ce sens, on le rencontre pour la première fois dans un traité sur l'art de la guerre, écrit par l'empereur Maurice à la fin du sixième siècle. Il est acquis à la science que les anciens Grecs et Romains ne montaient pas à cheval sur de vraies selles, formées comme les nôtres de deux pièces de bois coupées en cintre, que deux branches de fer joignent l'une à l'autre, mais sur un panneau carré, sur une espèce de couverture pliée en quatre, que l'on appelait rphippium (Voy.
Sella equestris). Aussi, comme les étriers ne furent adoptés qu'après l'invention de la selle proprement dite, et que cette invention ne paraît dater qu8 du quatrième siècle de l'ère chrétienne, le mot scalx n'est pas dans ce sens d'une bonne latinité, et n'exprime pas un dé-
SCALMCS.
8CALPT0R.
tail des mœurs antiques, mais de celles du moyen âge. Voy, Mauricii Àrs Mil.
éd. Joh. Scheffer, Upsal. 1664, p. 22 et lib. II, cap. 8, p. 64; Beckman, History of Inventions , à l'article Stirrups (étriers).
SCALMUS (ff)ta)i[i6ç). Tolet, forte cheville en bois à laquelle la rame était attachée, au moyen d'une courroie (i^rw^-
pus), dans l'intérieur du bâtiment, pour qu'elle se maintînt toujours en place pendant qu'on la maniait ( Cic. Brut.
53; de Or. I, 38; Vilruv. x, 3, G).
Comme elle était à l'intérieur du navire, cette pièce n'est apparente dans aucune œuvre d'art; mais elle avait, on ne peut en douter, la même forme que dans les galères de la Méditerranée au seizième siècle, bâtiments auxquels est empruntée la pièce que nous représentons ici.
SCALPELLUM et-US («r|xtXtov). Diminutif de Scalper ou Scalprum. Petit couteau de chirurgien, servant à couper tout autour d'une blessure les bourgeons charnus qui s'y forment (Columell. VI, 32 ; Plin. H. N. xxviil, 28 ; Cic. Sejt. 65), et à pratiquer une sai- 'guée (Cels. li, 10).
SCALPER et SCALPRUM ( <i|j.tXTi, xoXaitTrip). Instrument aigu et coupant, qu'employaient les artistes et les artisans à différents usages, et qui appartenait à la classe des outils que nous appelons ciseaux ( Isid. Orig. xix, 19, 13), c'està-dire de ceux que l'on chasse avec un maillet, avec lesquels on coupe en les poussant loin de soi, et non en les ramenant vers soi. On donnait pourtant aussi ce nom à plusieurs instruments qui servaient tout simplement à couper à la manière ordinaire, comme il sera expliqué dans les paragraphes suivants.
1. Scalprum f abrite. Ciseau ordinaire, que l'on chassait au moyen du maillet.
(Liv. XXYII, 49, malleo adactum), du
même genre que ceux dont on se sert encore maintenant , comme le montrent les deux spécimens ci-joints , l'un et l'autre d'après des originaux conservés au Musée Britannique; celui de gauche était destiné à avoir un manche en bois, comme les ciseaux de menuisiers , celui de droite est tout en métal, comme ceux des tailleurs de pierre.
2. Trancliet servant à tailler le cuir (Hor. Sat. ii, 3, 106; Jul.
Poil. VII, 83 ), pareil à celui dont se servent encore nos cordonniers et nos bourreliers, comme le montre le spécimen ci-joint, d'après un original découvert à Pompéi.
3. Instruments qu'employaient les chirurgiens (Jul. Poil. IV, 181 ; X, 141) pour ouvrir des blessures et enlever les chairs mortes (Celsus, viii, 3 et 4) ; c'est à cet usage que, d'après l'avis des médecins, devait servir l'instrument représenté ci-contre, découvert dans une boutique de chirurgien à Pompéi.
4. Canif; dont les copistes (liirarii), qu'employaient les particuliers et les libraires, se servaient pour tailler le roseau {arundo, calamus), avec lequel on écrivait les anciens manuscrits (Tac. Ann. v, 8; Suef.
Vitell. 2). La figure ci-jointe est tirée d'un original découvert à Rome dans des fouilles; le manche en est d'os, et la lame, en se fermant, entre dans une rainure qui y est pratiquée, absolument comme cela se faitmaintenant.
5. Une des parties de la serpe du vigneron {faix vinitoria), la portion de la lame comprise entre le sinus et le rostrum, comme on le saisira mieux en se reportant à l'article et à la figure au mot Falx, 5 ( Columell. IV,25, 1; Plin. H. N. XVII, 26).
SCALPTOR. Artiste qui travaille avec le ciseau (scalprum), comme dans la figure ci-jointe, d'après une pierre gravée trouvée à Pompéi, qui représente un ar-
SCALPTORIUM.
SCAMNCM.
liste ciselant un vase de marl)rc. Les érudits diffèrent considérablement d'opinion sur le sens exact des deux mots Scalptor et Sculptor : quelques-uns les considèrent comme purement synonymes
(B. Crusius, Clav'is. Sueton. v. Scalpere) ; d'autres pensent que le premier de ces deux mots désigne seulement un graveur de pierres, le second, l'artistequi sculpte le marbre (Ernesti ad Suet. ^«^. 50, Mer. 4G) ; d'autres croient que le scalplor exécule des travaux moins fins, jiîus communs que ceux du sculptor (Oudendorp arf Suet. Galb. 10); d'autres laissent la chose dans le doute et regardent la question comme insoluble (Bremi ad Suet. ^ug. 50; Heindorf. a^Hor. Sat, II, 3, 22). Le mot scalptor est employé pour désigner tantôt un graveur sur pierres (Plin. H. N. xxxvii, 15, scalptor gemmarum) ; tantôt un sculpteur (Id. XXXVI, 5, scalptor marmoriim); tantôt un artiste qui grave les coins servant à frapper les monnaies (Inscript, ap. Marin. Iscriz. Alb. p.
109; scalptor monetœ).
SCALPTOBlUM.Main artificielle qui servait à gratter les parties du corps auxquelles autrement on aurait eu de la peine à atteindre soi-même (Mart. xiv, 83).
SCALPTUBATUS. Gravé avec le ciseau (scalprum).