‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 252 sur 327 · N. X, 60; XXXV · texte numérisé non relu

N. X, 60; XXXV

SYMPHONIA (ffuiiçwvta). L'harmonie de plusieurs voix ou instruments jouant de concert, par opposition à cantus, la mélodie d'une seule voix ou d'un seul instrument (Gic. Cœl. 1 6).

2. (^ôntpov, pupaoïtayé;). Sorte de tambour allongé, fait d'un cylindre creux de bois ou de cuivre, avec une peau tendue aux deux bouts, et que l'on frappait des deux côtés à la fois avec des baguettes, wrgulx (Isidor. Orig. m, 21 , 14). Il servait d'instrument militaire aux Égyptiens (Prudent, adv. Symm. ii, 527), et aux Parthes (Plut. Crass. 23), mais pas aux Grecs et aux Romains , quoiqu'on le rencontre dans un bas-relief publié par Licetus ( De gemmis annulorum) ; il est suspendu par une large courroie au col de celui qui en joue, et c'est de cette manière que le porte le personnage à gauche de la gravure, tirée d'une peinture égyptienne. La figure de droite représente un tambour dont la caisse est en cuivre , égyptien aussi , d'après un original découvert à Thèbes.

Enfin au-dessous est une baguette de tambour, en bois, conservée aujourd'hui au musée de Berlin. Les traits que l'on voit tout le long de la caisse^ des tambours, dans le sens vertical et horizontal,

figurent les cordes qui tendaient les peaux. Le bouton qui termine la baguette devait être entouré de laine et

^"iii II l'ili'^

de cuir, et la forme de la poignée prouve bien que la baguette était laite pour battre un tambour placé dans une position horizontale, comme celui que porte le personnage qui est immédiatement au-dessus. Burney pense que le tambour que nous venons de décrire n'est pas d'invention très-ancienne {Hist. of Music, I, 116), et il se fonde surtout sur ce qu'il n'en a pas trouvé une seule représentation dans les œuvres d'art ; mais le spécimen publié par Licetus ne lui était pas connu, et les originaux qui sont gravés ci-dessus n'avaient pas encore été découverts au moment où il écrivait. De plus, les érudits et les lexicographes inclinent à regarder le mot symp/ionia, dans le sens que nous lui prêtons ici , comme d'une latinité douteuse, parce qu'ils ne croient pas qu'on puisse le justifier par aucun texte latin antérieur à Prudence et à Isidore. Celse , toutefois (m, 18), applique ce mot le plus clairement du monde à un instrument de musique qu'il nomme avec les cymbales, et qui devait faire beaucoup de bruit, destination que nul ne saurait mieux remplir que le tambour. Ce mot pourrait recevoir encore une interprétation analogue dans un passage de Pline (H. N. IX, 8), où la symphonia se trouve rapprochée de l'orgue hydraulique, quoique dans ce texte une autre explication soit peut-être préférable. En fout cas, il est certain, d'après les spécimens que nous avons donnés ci-dessus, que les Égyptiens firent de très-bonne heure

STMPHOHIACI.

8TRMA.

usage du tambour, et par suite, il ne dut pas être inconnu aux Romains, qui sans doute inventèrent ou adoptèrent quelque nom pourle désigner. Si en bonne latinité ce nom n'était pas symplionia, quel étaitil? Certainement ce n'était pas tympanum; car ce mot désigne un instrument, sinon de nature, du moins de forme très-différeute , comme Isidore l'établit avec clarté et précision, en disant que le tympanum (tambour de basque) n'a de peau tendue que d'un côté (Orig. m, 21, 10 : corium ex una parte extentum), tandis que la symphonia (tambour proprement dit ou tambourin) , présente deux surfaces pareilles {ibid. m, 21, 14 ; ex utraque parte pelle ex tenta) .

SYMPHONIÂCI. Sjmplionistes, musiciens qui chantaient ou jouaient de concert un morceau de musique. On donnait aussi plus particulièrement ce nom à de jeunes esclaves que l'on élevait comme choristes, pour divertir leurs maîtres à dîner (Cic. Mil. 21), et à unebandede musiciens que l'on employait à bord de certains navires, pour faire plonger toutes les rames ensemble et en cadence dans la mer, en chantant ou en jouant le chant naval (celeusmà), ou pour transmettre, au moyen des sons delà musique, des ordres et des signaux (Cic. Div. Verr. 17 ; Ascon. ad. /.).

SYMPOSIUM (duixTtôffiov). Mot grec, et qui exprime proprement un trait des mœurs grecques (Cic.at/ Fam. ix, 24). Il désignait une réunion de buveurs à laquelle on invitait souvent à venir se joindre d'autres personnes qui n'avaient pas pris part au dîner; elles assistaient à toute la partie joyeuse du festin. Dans ces réunions, les jeunes Grecs faisaient venir des danseuses et des chanteuses, et selivraient à de très-copieuses libations (Becker, Charicles, Excurs. II). Le mot latin est compotatio ou convh'ium.

SYÎSTHESINA (Suet. Nero, 51). Synonyme de

SYNTHESIS ((TUvOedi;). Vêtement que portaient les Romains aux heures des repas (Mart. V, 79), mais jamais dans d'autres moments, ni en public, excepté pendant les saturnales, époque où la cité tout entière était dans les fêtes et

la joie d'un carnaval moderne (Mart.

XIV, 1 et 141). Il est impossible de déterminer la particularité de costume que signalait et indiquait ce mot; mais les bas-reliefs et les peintures qui nous montrent des personnages à table, les représentent le haut du corps tout à fait nu, ou, plus ordinairement, vêtu d'une sorte de tunique à manches longues ou courtes, les jambes et la partie inférieure du corps enveloppées d'une draperie, que quelquefois aussi on relève comme un manteau par-dessus l'épaule, ainsi que le montrent les gravures aux mots AccuBO et Lectcs Tricliniaris. Peut-être que ces deux choses réunies, Yindumentum et l'amictus, constituaient une syntkesis, ce qui s'accorde mieux avec le sens primitif et l'étymologie de ce mot, ainsi qu'avec ses autres acceptions ; car toutes désignent une combinaison de plusieurs objets différents. Ainsi on ïe voit appliqué à l'ensemble des plats qui composent un service (Stat. SUf. iv, 9, 44) ; à un mélange médical composé de différents ingrédients (Seren. Sammon. xxx, 578); à une garde-robe ou habillement complet (Scsev. Z)/g'. 34, 2, 39).

SYNTONUM (Quint. IX, 4, 142). Instrument de musique que l'on suppose être le même que le Scabillcm, ou s'en rapprocher beaucoup.

SYRINX (ffupcfÇ). C'est le nom grec de la flûte champêtre inventée par Pan ; elle était formée de tiges creuses de roseau , de longueur inégale, disposées l'une à côté de l'autre , comme on le voit dans la ligure ci-jointe, d'après une statue trouvée à Pompéi. Les Romains l'appelaient arundo ou fistula.

SYRMA (<j\jp\L<x). Longue robe qui traîne à terre, portée principalement sur la scène tragique (Juv. viil,229;cf. Hor. ^. P. 21 5) par les acteurs qui jouaient les rôles de dieux ou de héros; comme la figure ci-jointe, qui représente le personnage d'Hercule, dans un groupe d'acteurs sur un bas-relief en marbre. Elle était destinée à donner à la personne de la gran deur et de la dignité, et à cacher aux re-

STSTTLOS.

gards ce que pouvait avoir de disgracieux,

TABELLA.

vue par derrière, la chaussure à hauts talons (cot/turnus).

SYSTYLOS(ffû(TTy)io;).^jj/j/c, c'està-dire, colonnes serrées; terme qu'employaient les anciens architectes pour

désigner un entre-colonnement de deux diamètres seulement, celui que représente la seconde ligne du diagramme ci-joint, où l'on peut mesurer d'un seul coup d'oeil les distances respectives des colonnes dans les cinq différents systèmes d'entrecolonnement qui étaient en usage dans l'antiquité (Vitruv. m, 2).

TABELLA (mvàxiov, cavtStov). Dans un sens général, toute petite planche plate, d'où les sens particuliers suivants :

1. Petite tablette de bois, entourée d'un rebord faisant saillie, et couverte , soit de sable , soit d'une couche de cire; les écoliers s'en servaient comme d'une ardoise; ils écrivaient dessus avec une pointe métallique, stilus (Plin. H.

iV. XXXIV, -19; Ov. ^. Am. i, 437 ; m, 469). Le spécimen est emprunté à une peinture de Pompéi.

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