‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 263 sur 327 · Tessera frumentaria et nummar'ia · texte numérisé non relu

Tessera frumentaria et nummar'ia

Billet ou bon que dans certaines occasions les magistats donnaient aux gens pauvres, et sur la présentation duquel ils recevaient la quantité de pain , de blé , de vin et

d'huile , ou les sommes d'argent, qui y étaient portées (Suet. Nero, 1 1 ; y4ug. 40 et 41 ) ; quelquefois les empereurs les jetaient à la foule qui se les disputait (voy, Congiaricm), et de riches personnages faisaient de même pour tâcher de gagner la faveur populaire (Suet. /)oot. 4). C'étaient d'abord de petites tablettes carrées , en bois, comme la ligure de gauche, sur lesquelles était marqué le nombre de mesures à recevoir ; ce furent plus tard des boules comme la figure de droite, creuses et portant inscrite en dedans la quantité à recevoir, ou contenant un ordre écrit pour l'objet qu'on voulait offrir, quand, au lieu de comestibles ou d'argent, c'était quelque article de fantaisie. Cet ordre était payable sur présentation au magasin du donateur, et pouvait être vendu ou transféré (Suet. //. ce; Juv. vu, 174). Les deux spécimens sont la reproduction d'originaux trou\és dans des fouilles; on voit la manière dont on les distribuait dans la gravure au mot Congiakium.

5. Tessera tlieatralis. Billet d'entrée au théâtre , ou dans quelque autre endroit de réjouissances ])ubliqucs (Mart. vin, 78 ), distribué par le duumvir, et donnant à son possesseur droit à une place pour la représentation. Le numéro du siège, celui de la division verticale et de la rangée horizontale où il se trouvait, étaient marqués sur cette tessera ; elle portait même quelquefois le titre de la pièce que l'on allait jouer, comme dans le spécimen ci-joint,

d'après un original découvert à Pompéi.

La pièce annoncée est la Casina de Plaute, et la place à laquelle donne droit le billet est la huitième de la seconde rangée du troisième cuneiis.

6. Tessera militaris (ctijv6y)[1x). Tablette de bois (Polyb. VI, 34), sur laquelle était inscrit le mot d'ordre, et que les officiers donnaient à leurs soldats pour qu'ils pussent avoir un signe au moyen duquel ils distinguaient les amis des ennemis ; c'était aussi un des moyens de répandre dans lesdifférentes divisions d'une armée les ordres du commandant en chef (Liv. VII, 35; xxvii, 46; Veg. Mil. ii, 7 ; Virg. Mn. vu, 637 ; Serv. ad t.).

TESSERARIUS. Dans l'armée , l'ordonnance qui recevait des maius de l'officier supérieur la tablette ( tessera) portant le mot de passe ou l'ordre d'action, et qui la faisait parvenir dans toute l'armée (Tac. Hist. I, 25 ; Veg. Mil. ii, 7 ).

TESSERULA. Diminutif de Tessera, petit tube pour faire des pavés de mosaïque (Lucil. ap. Cic. Or. 44) , comme Tessela ; billet ou bon (Pers. V, *4) , comme Tessera, 4 ; tablette pour voter dant les comices (Varro, R. R. Iil, 5, 18), comme Tabella, 4.

TESTA (ôffxpaxov, xepdt|xiov). En général , toute espèce de vase fait en argile cuite ou terre depotier (Plin. Virg. Hor. etc.); tuile (Vitruv. il, 8, 19; voy. Tegula) ; tesson de tuiles ou de poterie (Ov. Met. VIII, 661 ; Juv. m, 270).

TESTACEUM. Fait de tuiles (Columell. I, 6, 13; Plin, Ep. X, 46). Voy. Pavimentdm, 6 et Spica,

TESTU etTESTUM. Le couvercle d'un vaisseau de terre et le vaisseau lui-même (Cato.if. R. 74;Ov. Fast. v, 510; voy.

les gravures au mot Olla).

TESTUACIUM. Pain cuit dans une sorte de poêle en terre (Varro, L. L. V, 106).

TESTUDINATUS ou -NEATUS. Fait en forme de testudo; s'applique aux toits et aux plafonds (Vitruv. ii, 1, 4; Columell. XII, 15, 1); voy. Testddo, 2.

TESTUDINEUS. Fait ou orné d'écaillé de tortue (Prop. iv, 6, 32; Juv. VI, 80).

TESTUDO (x^^y?, yA(à'^r\). Dans le premier sens du mot, une tortue; par ex-

tension , ce nom est donné à un instrument à cordes particulier (Cic. N. D. Il, 67 ; Hor. yi. P. 394), qui forme une variété de la Ij-ra; c'est la lyre, non dans sa première simplicité (voy. les gravures au mot Lyra), mais perfectionnée par l'addition d'une pièce concave, en travers de laquelle les cordes étaient tendues pour que les sons en devinssent plus pleins et plus retentissants. Ce nom venait d'une légende d'après la quelle Mercure, le fabuleux inventeur de cet instrument, en aurait conçu la première idée en voyant, sur les tables de l'Egypte, une écaille de tortue en travers de laquelle des fragments delà peau desséchée du ventre étaient restés tendus en cordes minces, qui firent résonner différentes notes quand ses doigts les ébranlèrent (Serv. ad Virg. G. IV, 464 ; cf. Homer. H. in Merc. 24-54). Par suite, on donna à la table d'harmonie la forme d'une écaille de tortue, comme on le voit dans le spécimen ci-joint, qui dans une peinture de Pompéi est entre les mains de Mercure. On la faisait résonner avec les doigts et le plectrum, comme il est dit et figuré au mot Cano, 2. La distinction établie ci-dessus, quoique sans aucun doute elle soit fondée, n'est pas, toutefois , rigoureusement observée; car les poètes appliquent souvent ce terme indifféremment à toute espèce d'instrument à cordes, lyre ou cithare.

2 . Plafond formé de quatre plans convergeant vers un centre (Vitruv. v, 1, 6), distinct de la voûte (carnara), et du dôme (lliolus); par suite, ce nom se donne aussi à l'appartement couvert d'un plafond comme celui que nous venons de décrire (Varro , L. L. v, 161; Cic. 5rttf. 22). La figure que forment les quatre plans s'élevant jusqu'à un point qui est leur sommet commun, est bien indiquée par les deux lignes qui se coupent au milieu de la gravure ci-jointe, et qui sont des-

tinées à représenter le toit d'un atrium , dans un fragment du plan de Rome, en marbre, que l'on conserve au Capitole.

3. Hangar en planclies, couvert de peaux non tannées, et placé sur des roues, de sorte qu'on pouvait le transporter où l'on voulait pour protéger les hommes pendant qu'ils creusaient des tranchées et faisaient leurs approches vers les murs d'une ville assiégée (Vitruv. X, 15 et 16 ; Caes. B. G. v, 43 et 52) ; ou pour couvrir ceux qui manœuvraient le bélier : on

l'appelait alors testudo arietaria (Vitruv. X, 13, 2); c'est ce que représente la gravure ci-jointe, d'après un bas-relief de l'arc de Septime-Sévère.

4. Toit que les soldats faisaient audessus de leur tête avec leurs boucliers pour se défendre des traits de l'ennemi, surtout quand ils s'avançaient au pied des

murs d'une place fortifiée, pour les escalader (Ges. B. G. II, 6; Tac. Hist. m, 27; IV, 23). On élevait les boucliers au-dessus des tètes et des épaules en se serrant de manière qu'ils se touchassent et se recouvrissent mutuellement par leurs bords , de sorte que leur réunion formait une masse, compacte comme l'é»

caille d'une tortue ou la pente d'un toit, et sur laquelle les projectiles glissaient sans atteindre les soldats qui marchaient dessous (Liv. XLiv, 9). Ce qui complétait le toit, c'était que les soldats du rang extérieur étaient à genoux pendant que

TETRACBOADON.

ceux des rangs antérieurs se tenaient de plus en plus droits. Ces détails seront mieux saisis à l'aide de la figure ci-dessus, tirée de la colonne d'Antonin, et qui représente un corps de soldats romains faisant la testudo en marchant à l'assaut d'une forteresse des Germains.

TETRACHORDON (TerpàxopSov ).

Qui a quatre cordes , et qui ainsi produit quatre notes (Capell. ix, 324); c'est un système de sons qui comprend deux tons et demi, et sur lequel était fondée toute l'ancienne musique des Grecs.

Vitruve (ix, 8, 2), appelle l'orgue hydraulique {hydraulus) un tétrachorde, quand il n'a que quatre tuyaux.

TETRADOROSou -ON (TETpàSwpo; ou-ov). M.à m. quia quatre largeurs de main; s'applique aux briques (Vitruv. m, 2, 3) ; voy. le mot Later , où sont décrites et figurées les formes et dimensions comparatives des anciennes briques.

TETRADRACHMUM (teTpâSpxixiiov).

Une des monnaies d'argent d'Athènes , valant quatre drachmes {drachmse), et par conséquent environ 3 fr. GO c. de

notre monnaie (Liv. xxxiv,"52). La gravure est une reproduction d'une de ces pièces avec une réduction d'un tiers.

TETRAPHORl. S. ent. plialangarii.

Porteurs qui transportaient un fardeau à quatre, au moyen d'une perche (Vitr. x, 3, 7) ; voy. les figures aux mots Phalan- QJE et PuALANGARll, OÙ cette opération est faite par deux et par huit hommes.

TETRASTYLOS (T£Tpâ!ïxu)^oî). Qui a quatre colonnes, soit qu'elles fussent situées sur une même ligne en avant d'un édifice (Vitruv. m, 3, 7), soilqu'elles formassent dans l'intérieur les quatre coins d'un carré (Id. vi, 3, t ; voy. la gravure au mot Atrium, 2 ) ; par suite , on emploie tetrastylon, comme substantif, pour désigner un intérieur, tel qu'un péristyle (peristylium), qu'entourent quatre ran-

ÎEXTOtt.

gées de colonnes formant les quatre côtés d'un carré (Capitol. Gord, 32 ; Inscript. ap.Grul. 124, 1).

TEXTOR, TEXTRIX (uçàvm;, (içàvxpia). Celui ou celle qui tisse (Mart. xii, 69; IV, 19). Yoici le procédé que l'on employait pour les tissus unis : la chaîne (stamen, tela), qui se composait d'un certain nombre de fils forts , était attachée soit à la barre transversale (Jugum), qui formait le sommet du métier (Voy. la gravure au mot Tela, 2), soit au rouet (insubulum), comme dans la figure ci-jointe. Alors on passait une baguette {arundo) entre les fils, de manière qu'elle se trouvât en dessous du premier fil , en dessus du second, en dessous du troisième,

et ainsi de suite dans toute la largeur de la chaîne, et que tous les fils de la chaîne fussent ainsi partagés eu deux paquets séparés (jfa/nert secernit arundo. 0\.3Iet. VI, 55). Alors on faisait passertous les fils d'un paquet à travers une série de brides ou lisses ( licia ), qui étaient attachées par leur extrémité supérieure à une barre (//ciafoWMm), que nos tisserands appellent la lame, chaque fil étant passé à travers une bride séparée, comme on le voit dans la gravure ; on en faisait de même pour l'autre paquet. Cette opération d'arranger les lisses est désignée par les expressions licia telœ addcre, ou subnectere. On fixait ensuite l'extrémité inférieure des fils de chaîne à l'ensouple inférieure (scapus), s'il y en avait une , comme dans la figure au mot Tela, 1 ; on les rassemblait en un certain nombre de faisceaux, à l'extrémité de chacun

TKXTRINA.

THEATRCM.

desquels était attaché, comme on le voit ici, un Y>o\ds(pondus), afm de maintenir la chaîne roide et tendue pendant que l'on tissait la trame. Le métier étant ainsi chargé, le tisserand, en appuyant sur une des lames , soulevait une portion des fils par son milieu : il se formait ainsi un vide (trama) à travers lequel on faisait passer le fil de trame , au moyen soit d'une grande aiguille à faire le filet (radius), soit d'une navette (alveolus); le fil, la duite de nos tisserands, passant pardessous une partie des fils de chaîne et par-dessus l'autre, se trouvait les lier les uns aux autres ; alors on rendait le tissu compacte en serrant les duites au moyen d'une sorte de battoir en bois (spatlia), ou des dents d'un peigne (pecten ), qui étaient insérées entre les fils de chaîne. C'est le peigne ou ros des tisserands modernes ( Ov. /. c. 65-58 ; Schneider, Index R. R. Script., v. Tkla).

TEXTRINA (l(TTwv). Chambre à tisser (Vitruv. VI, 4, 2).

TEXTRINUM (Cic. rerr. il, 4, 2). Synonyme du précédent.

2. (vauTiÔY'ov). Bassin où l'on construit et où l'on radoube des navires (Ennius , aj}. Serv. «t/ Virg. Mn. xi, 326).

THALAMEGUS (ÔayaixyiYÔç). Yacht ou canot de parade dont se servaient les rois d'Egypte pour se promener sur le Nil (Suet. C«s. 52 ). Il était très-richement orné , contenait tout ce qui pouvait servir dans une partie de plaisir, et des cabines ( tJialami ) pour une suite nombreuse , d'où le nom ci-dessus , ainsi que la périphrase latine navis cubiculata (Sen. de Ben. vu, 20).

THALAMUS (6âXa[io;). Mot emprunté au grec , et ayant dans les deux langues une signification très-générale et trèssemblable ; il est employé pour désigner une chambre à coucher (Dormitorium) ; mais particulièrement la principale des chambres à coucher, celle où i-eposaient des époux ( voy. la gravure au mot Do- MUS, 2, g); chambre où l'on se tient (Cdbicdlum), particulièrement dans les appartements intérieurs de la maison :

quelquefois la maison d'habitation tout entière (Virg. JEn. vi, 280 et 623; Vitruv. VI, 10, 2; Ov. Met. il, 738).

THALASSITES (0aXaff(TtTYn). Vin que l'on coulait au fond de la mer dans des jarres hermétiquement fermées , pour le mûrir (Plin. H. N. xiv, 10); par opposition à vinum maris expers ( Hor. Sot. II, 8, 15), olvo; àOâ>a(T<TOi; en grec.

THEATRUM. Théâtre , pour la représentation de drames ou de scènes mimiques. Les premiers théâtres, en Grèce comme en Italie, ne furent que des échafaudages temporaires en bois, que l'on élevait pour la circonstance , et que l'on abattait ensuite ; mais plus tard, les théâtres devinrent des édifices permanents, en pierre ou en brique , d'une architecture très-soignée , souvent très-belle, et d'une très-riche décoration. Tout en se ressemblant par leurs traits et leurs caractères généraux, les théâtres grecs et les théâtres romains différaient par quelquesunes de leurs dispositions intérieures et la distribution de plusieurs des parties essentielles que les composaient.

1. Le théâtre romain était ordinairement bâti dans l'intérieur de la ville , sur un terrain plat; il se composait extérieurement d'un ou de plusieurs étages d'arcades superposées qui formaient une enceinte semi-circulaire et livraient passage aux spectateurs ; des escaliers prati-

qués dans l'épaisseur du bâtiment les

TUKAXKCai.

THEiiTUUM.

conduisaient à des rangs de sièges disposés aussi en demi-cercle dans l'intérieur, et adossés à ce mur extérieur dont nous venons de parler, et dont on a un spécimen dans la gravure , qui représente l'extrémité circulaire du théâtre de Marcellus, tel qu'il existe maintenant dans les débris qui en sont restés. Deux étages seulement subsistent : l'inférieur, d'ordre dorique, enterré en partie dans le sol; l'ordre ionique, audessus, est mieux conservé; mais il y avait originairement un troisième étage d'ordre corinthien , qui a complètement disparu. La ligne circulaire du plan est facile à distinguer dans le dessin , ainsi que les colonnes qui décoraient chaque étage, et entre elles les pierres des arceaux, qui formaient autant d'arcades ouvertes, maintenant bouchées par le mur et les fenêtres des maisons modernes qui ont remplacé l'édifice. L'extrémité opposée du théâtre, qui contenait la scène , des appartements appropriés à l'usage des acteurs , et des magasins , était droite ; elle formait pour ainsi dire la corde du demi-cercle, et était décorée extérieurement d'un portique [porticus), quelquefois d'une étendue considérable , comprenant de nombreuses colonnades , des promenades découvertes et couvertes , et des galeries , où les désœuvrés et les flâneurs élégants aimaient à se réunir. Une portion de ces dépendances , suffisante toutefois pour donner une idée de l'ensemble , est indiquée par la partie

inférieure de la gravure , qui représente

le plan du théâtre de Pompée à Rome , d'après le plan de la ville gravé sur marbre que l'on conserve au Capitole :

au bas est le portique, marqué en lignes noires; au-dessus, l'on voit les murs de la scène elle-même, et enfin les sièges pour les spectateurs : ils sont disposés en demi-cercle , et étaient entourés extérieurement par une muraille semblable à celle que représente la gravure précédente. Il n'y avait pas de toit ; l'intérieur de l'édifice, à ciel ouvert, se composait des parties essentielles suivantes, distribuées , comme le montre la gravure, qui est un plan du théâtre d'Herculanvim, construit sur le modèle romain.

Le corps de l'édifice [cavi-a), où étaient assis les spectateurs, se composait d'un certain nombre de rangées semi-circulaires de sièges formées par de hautes marches (gradiis), s'élevant en lignes concentriques les unes au-dessus des autres. Ces rangées de sièges sont divisées horizontalement en étages ( mxn'iana), qui en contiennent chacun plusieurs, séparés par de larges corridors (prxcinctiones, A A A A) ; et verticalement, en compartiments cunéiformes (cunei, B B B B B B b), par un certain nombre d'escaliers (scalx) qui servaient aux spectateurs à descendre jusqu'à la rangée où étaient situées leurs places respectives, quand ils avaient débouché dans l'enceinte par les portes (vomitoria , b b b b b) qui se trouvaient au haut de chaque escalier, portes qu'ils atteignaient au moyen de passages et de couloirs couverts , ménagés dans l'épaisseur du bâtiment, ce qui est expliqué et figuré avec plus de détail au mot Amphitheatrum. Au bas de la cavea était V orchestra (c), formant une demi -circonférence exacte, et qui contenait les sièges destinés aux magistrats et aux personnes de distinction , au lieu de servir, comme l'orchestra grecque, aux musiciens et aux évolutions du chœur. Un peu en arrière de V orchestra il y avait un mur bas (piilpitum ou proscenii pulpitum , c, qui formait le devant de la scène [proscenium, D d) du côté des spectateurs, et la séparait de l'orc/j^i/ra. Derrière la scène, I se trouvait un mur élevé , eu briques ou

THEATKUM

TUEATRUM.

en maçonnerie (scena, e e e), qui formait d'une manière permanente le fond du théâtre , avec trois grandes entrées pour les principaux acteurs, et de l'autre côté de ce mur, les appartements oîi s'habillaient les auteurs ainsi que les magasins

{postscenia, E e), ce que nous appelons les coulisses. Les deux petites constructions {f f) qui, aux deux extrémités du moscenium, avancent jusque sur la scène, rappellent nos loges d'avant-scène ; on suppose qu'elles

étaient réservées comme places d'honneur aux premiers magistrats d'Herculanum, car elles ont chacune, avec un escalier spécial [gg), une entrée particulière qui donne sur le portique de derrière ; mais il ne faut y voir qu'un caprice de l'architecte, et non une de ces parties essentielles qui se retrouvent disposées de même dans tous les théâtres. 2. (ôéaxpov). Le théâtre grec, autant que les localités le permettaient , était ordinairement placé sur la pente d'une colline, afin de pouvoir y établir plus facilement, en taillant les flancs mêmes de la montagne, les sièges des spectateurs; le terrain plat qui se trouvait au pied recevait les constructions nécessaires pour la scène et ses dépendances; dans ce cas, la cavea n'était guère qu'une excavation , et n'avait pas d'extérieur;

mais quand la nature du sol ne donnait pas de telles facilités, et qu'il devenait nécessaire de bâtir sur un terrain plat , la construction qui entourait et soutenait la cavea présentait à l'extérieur les mêmes caractères que celle que nous avons décrite à l'article des théâtres romains. L'intérieur contenait toutes les parties énumérées dans les paragraphes précédents, disposées de la même manière, avec quelques différences importantes, par rapport à l'usage auquel étaient consacrées quelques-unes d'entre elles et la forme qu'elles recevaient. On le comprendra, en comparant la gravure cijointe, qui est un plan du grand théâtre de Pompéi, construit d'après le système grec, avec le plan du théâtre romain donné précédemment. La partie où étaient assis les spectateurs ( xoîXov, ca-

èu

ÎHEAtRUM.

ttlKlllSI auM.

vea ) est, comme dans ce dernier, à ciel découvert, et subdivisée d'une manière analogue en étages par de larges corridors

(Sta!|(ô(jLaTa, prxcinctiones), et en compartiments cunéiformes (a A A, xepxiêeç, cunei) par des escaliers {a a a, xXt- (Aaxeç, scalœ ) convergeant vers le centre ; mais, au lieu d'être une demi-circonférence, elle est formée d'un segment de cercle beaucoup plus grand ; ce qui donne de la place pour un public plus nombreux. L'orchestre (6p3(Yi(TTpa) était également bien plus encaissé que dans un théâtre romain, et n'était pas occupé par les spectateurs, mais servait seulement au chœur, à qui il fallait de la place pour se ranger à la suite du coryphée et faire ses évolutions. Au centre de l'orchestre s'élevait l'autel de Bacchus (b, ^\)\ir\i''t.t\, tliymele) qui, étant en bois, a péri, mais qu'on a rétabli dans la dessin, pour qu'on en voie bien la place. La scène et ses dépendances ( irpocxif)viov, proscenium) étaient divisées, comme dans le théâtre romain , en deux parties : la scène même, d'où parlaient les acteurs i^h, XoyeTov, ôxpiSaç, pulpitum), et le fond de la scène avec son mur permanent (c, ffXTjviQ, scena). Le nom des appartements situés derrière la aviT^^ri, et que les Romains appelaient postscenia, est douteux; quelques antiquaires, croient que c'était ÛTtoixYiviov , mais d'autres pensent qu'on désignait par ce mot le mur bas qui sépare le devant de la scène de l'orchestre.

3. Theatrum tectum. Théâtre couvert d'une toiture , comme l'Odéoa de

Périclès à Athènes, et qui servait généralement de salle de concert (Slat.

S'tlv. m, 5, 91; Inscript, ap. Orelli, 3294). On croit que le plus petit des deux théâtres de Pompéi était couvert, d'après une inscription que l'on y trouve eu l'honneur du personnage aux frais de qui fut construit le toit. Intérieurement il est disposé d'après le même plan que les autres théâtres ; mais, comme toute la partie supérieure est ruinée, il est impossible de déterminer de quelle nature était ce toit.

THECA (Ô^XTi). Boîte ou étui pour serrer quoi que ce soit; l'épithète qui accompagne le mot indique, dans chaque cas particulier, le genre d'objet que l'on y dépose ; ainsi tUeca calamaria, boîte à plumes; t/ieca nummaria , boîte à argent, etc. (Virg. Quint. Prop. Varro).

THECATUS. Déposé dans un étui; appliqué à l'arc ( Sidon. Ep. I, 2), comme on le voit dans la gravure au mot CORYTCS.

THERISTRUM (ôéptaTpov et ÔEpîa-rpiov). Mot grec (Theocr, xv, G9) transporté en latin assez tard (Tertull. de Pall. 4 ; Hieron. il in Isai. m, 23). Dans les deux langues , le sens précis du mot est un peu incertain ; tout ce qu'on en sait, c'est qu'il désignait une partie du vêtement des femmes, qu'elles portaient en été comme défense contre le soleil : c'était une pièce d'étoffe carrée (pallium, Isidor. Orig. xix, 25, G ), qui servait

probablement à couvrir la tête, comme onlevoitdans la figure ci-jointe, empruntée à un bas-relief, qui rappelle tout à fait la manière dont actuellement , dans plusieurs parties de l'Italie , les femmes se couvrent la tête d'un morceau de toile en été, d'étoffe de laine en hiver. De même, dans l'antiquité, à la couver-

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