TOGA
en les comparant les unes aux autres, et en les examinant de près ; la différence sauterait aux yeux, si les dessins avaient été exécutés sur une plus grande échelle, de manière que l'on eût pu reproduire les détails avec plus d'exactitude et de perfection : elle frappera tous ceux qui auront l'occasion de voir les originaux.
La toge ample, toga fusa ( Suet. yiug. 73), la dernière , celle qui prévalut dans le siècle d'Auguste, et sous les empereurs qui lui succédèrent , présente aux yeux une très- grande différence avec les précédentes ; et cependant, pour y arriver, il avait suffi d'agrandir encore la surface de la draperie, jusqu'à ce qu'elle formât un cercle complet ( rotunda , Quint. XI, 3, 139), quand on retendait à terre, comme un manteau italien ou espagnol. La partie de cette toge que l'on fixait à la base du cou, était encore échancrée, comme dans les spécimens donnés ci-dessus, mais de façon seulement que le vêtement tînt mieux et eût, pour entourer la personne, de plus larges plis ; c'est ce à quoi Quintilien (/. c.) fait allusion par l'épithète bien coupée (apte cessa ), appliquée à la toge. Cet agrandissement nouveau de la draperie, comme celui quil'avait précédé, produisit une nouvelle manière d'arranger la toge , où disparaît toute ressemblance avec le pallium grec. On la posait d'abord sur l'épaule gauche, de manière qu'un tiers environ de la longueur totale de la toge couvrît le côté gauche de la personne et tombât par devant jusque entre les pieds, comme le montrent les parties marquées 1 dans les deux figures, vues l'une de dos, l'autre de face, que nous donnons comme S|)écimens. On passait le reste de la draperie derrière le dos, puis sous le bras droit ; on la pliait ensuite en deux, à peu près par le milieu : on en couvrait ainsi le devant du corps, puis on la rejetait par-dessus l'épaule gauche , de sorte qu'elle tombait jusqu'aux talons, ainsi que le montre celle des deux ligures qui est vue de dos. La portion ainsi repliée par devant produit un double sinus, comme le dit Quintilien (/. c. ); l'un est formé par la partie de ia draperie qui est rejetée en
dehors par-dessus l'autre, et qui, dans le spécimen ci-joint, netombequejusqu'aux genoux (2), mais descend plus bas encore dans d'autres statues, de manière à s'arrêtera tres-peu de distanceau-dessusdu bord inférieur delà draperie (/ma toga, 3), dis-
position que Quiutilien considère comme la plus convenable {deceiitissimus).U autre sinus est formé par le pli même, qui va, comme nous l'avons dit, de dessous le bras droit jusque sur l'épaule gauche, de manière à décrire la même courbe qu'un baudrier {balteus. Quint. / . c.) ; ce pli, nous le savons, devait s'arrondir avec aisance sur la poitrine, comme on le voit ici , et n'être ni tiré roide et tendu comme dans la première manière d'arranger la toge , celle dont on a tm exemple dans la troisième figure de cet article, ni aussi lâche que dans celle qui se rapproche du pallium grec, et que nous représente la quatrième figure — nec strangulet , nec fluat (Quint. /. c). Enfin, comme le bout du pan de la toge que l'on commençait par poser sur l'épaule gauche aurait traîné à terre et embarrassé les mouvements de celui qui la portait ( Suet. Cal. 35) à cause de la grande longueur de cette draperie, onen relevait une partie de dessous ce baudrier ou sinus suj)érieur (4), autour duquel on en formait un petit pli rond (5), appelé timbo (Tertull. de Pall. 5), et ce pli en maintenait l'extrémité inférieure à une hauteur convenable. La figure vue de face est le dessin d'une statue de la villa Pamfili ; celle qui est vue de dos, d'une statue de la villa Medici.
TOGATCS.
Une autre méthode d'ajuster la toge, connue sous le nom de CmcTus gabi- NDS, est expliquée et figurée au mot CiNCTUS.
2. Toga prxtexta. Toge ornée d'une large bande de pourpre, empruntée primitivement aux Étrusques , et qui était portée avec la huila par les enfants de libre naissance des deux sexes , ainsi que par les principaux magistrats, les dictateurs, les préteurs , les édiles, les rois tant qu'il y en eut, et quelques collèges de prêtres, à Rome comme dans les colonies (Prop. iv, 1,(131 ; Liv, xxxiv, 7 ; Festus, s.v.; Cic. Pliil. ii, 43 ; Plin. H. N. IX, 63; Eutrop. i, 17). Elle ne différait des toges figurées ci-dessus que par la bordure, que ne représentaient pas les sculpteurs ; c'est ce qu'attestent de nombreuses statues encore subsistantes de jeunes gens portant la toge avec la huila autour du cou ( Bartoli , Sep. 27; Mus. Borb. vu, 49; Mus. Pio- Clem. m, 24 ; Villa Borghese, V, 3 et 4). Dans toutes ces figures et dans bien d'autres encore , la prastexta est ajustée comme la toge dans les deux derniers spécimens donnés.
3. Togapura ou iiirilis. La toge toute simple que portaient ordinairement les bommes, faite en laine blanche, sans ornement ni couleur { Cic. ad Att. v, 20 ; Phil.n, 18).
4. Toga picta. Toge ornée de broderies (ac«/>/cto) ; primitivement elle était portée par le consul dans son triomphe
avec \ditunlcapalmata; puis, sous l'empire, par les consuls et les préteurs quand ils célébraient les jeux du Cirque; aussi les
voit-on souvent sur les diptyques consulaires des derniers temps de Home; c'est de l'un d'eux qu'est tirée la figure cijointe, représentant le consul comme président des jeux ; il lève un mouchoir (mappa) : ce qui est le signal du commencement des courses (Liv. x, 7; Lamprid.
Alex.Sev. 40).
5. Toga palmata. Employé quelquefois dans le même sens que toga picta (Mart. VII, 2 ; Serv. ad Virg. j£n. xi, 334 ) ; mais l'épithète palmata est donnée plus souvent à la tunique portée pardessous cette toge.
6. Couverture de livre (Mart. X, 93), synonyme de Membrana, 2.
TOGATA. Proprement, une femme vêtue de la toge; car, dans les premiers temps de Rome, les femmes la portaient aussi bien que les hommes (Varro, de Fit. P.R. ap.^on. s. o'.), de même qu'en Grèce elles portaient \e pallium comme les hommes.
Mais quand la stola eut été adoptée et fut devenue le vêtement distinctif des matrones romaines, l'usage de la toga parmi les femmes fut restreint aux courtisanes (meretrices), ou aux femmes mariées qui avaient été renvoyées par leurs maris pour cause d'adultère (Mart. ii, 39 ; Juv. II, 70) ; et par suite, le mot logata finit par signifier une prostituée ( Hor. Sat. I, 2, 03), ou une adultère ( Mart. vi, 64).
2. Togata fabula. Pièce de théâtre dont les incidents et les caractères étaient pris dans la vie romaine, et qui, par conséquent, était jouée par des acteurs vêtus du costume national ou toge (Cic. Sext. 55 ; Sen. Ep. 8).
TOGATARIUS. Acteur dans une pièce représentant des événements de la vie romaine, et par conséquent portant la toga, ou costume national ( Suet. Aug. 45 ).
TOGATULUS. Diminutif le Toga- TDS. Ce mot indique une personne trèspauvre , qui portait une toge très-grossière, râpée ou trop courte (/o«-tt/a) (Mart. X, 74).
TOGATUS. Daus un sens général, qui porte la toge ; mais, comme ce vêtement formait la partie vraiment distinctive du costume national, ce mot est souvent employé dans un sens plus particulier pour désigner un Romain , par opposition à
TOGCLA.
TONSILLA.
palliatus, un Grec, dont le vêtement national était le palinim (Virg. ^n. i, 286 ; Cic. Rose. Am. 46 ; Phil. V, 5 ; Suet. Claud. 15). De plus, comme la toga était un costume civil , auquel, en temps de guerre ou en cas de service actif dans l'armée, on substituait le sagum ou le paludamentum , on emploie encore ce mot dans un sens particulier pour désigner quelqu'un qui est dans le civil, par opposition à un militaire (Cic. Sull. 30 ; de Or. I, 24 ). Puis , comme c'était la toge qui complétait ce qu'on pouvait appeler la grande tenue d'un Romain, et que les basses classes ne la portaient que les jours de fête , et la déposaient pour vaquer à leurs travaux, le mot togatus est opposé à tunicatus , et indique que la personne à qui est appliquée cette épithète n'appartient pas aux classes ouvrières (Juv. i, 96; ni, 127 ; VII, i 42) : c'est là le sens et le piquant du trait satirique dans les textes auxquels nous renvoyons.
TOGULA. Diminutif de ToGA, tantôt indiquant la finesse du tissu , et par conséquent une étoffe plus précieuse , comme dans Cicéron ( ad Jtt. i, 18), où ce mot est employé pour togapicta; quelquefois marquant infériorité de dimensions et de qualité, comme dans un autre passage de Cicéron ( Pis. 23 ; cf. Mart. IX, 101), et ayant par conséquent un sens méprisant.
TOLLENO (vxTÎ^tov-tôetov). Bascule, machine très-simple qui sert à tirer de
l'eau d'un puits et est encore en usage dans plusieurs parties de l'Europe; elle se compose d'une longue perche, avec une corde et un seau à l'un des bouts et à l'autre un contre-poids , posée eu
équilibre sur une forte traverse. Quand elle était très-longue , elle jouait, comme on le voit ici, dans un massif eu maçonnerie élevé tout exprès , et percé d'une sorte de lucarne où elle était engagée (Festus, s.v.\ Plaut. Fragm. ap.
Fest. V. Reciprocare ; Plin. H. N. xix, 20). La gravure est empruntée à une peinture de Pompéi qui représente un paysage égyptien. On y voit le puits avec le seau ( situla ) suspendu au-dessus ; deux hommes font marcher le levier, qui a précisément la forme courbe dont parle Martial (ix, 19, antlia curva).
2. Machine de construction analogue, qui, dans des opérations militaires sur terre ou sur mer, servait à élever un certain nombre d'hommes au niveau des remparts de l'ennemi , etc. (Liv. xxiv, 34 , XXXVIII, 5 ; Veg. Mil. iv, 21).
TOMACINA (Tsixâ/iov). Varro , R. R.
n, 4, 10). Synonyme de
TOMACULUM. Hachis ou espèce de saucisse faite des parties internes du cochon (Juv. X, 355), ou d'autres animaux ; on mettait dans ce mets de la cervelle, du foie, etc. ; on le cuisait sur le gril et on le mangeait chaud (Petr. Sat. 31; Ou vendait aussi dans les rues de ces saucisses, qu'on tenait chaudes dans de petits fours d'étain (Mart. i, 42, 9).
TOMENTUM ( yvâçaXXov). Flocons de laine détachés en foulant du drap, et qui servaient à rembourrer des coussins, des traversins , des matelas , etc.; par suite, ce mot servit à désigner la bourre même, sans égard à la matière dont elle était faite, que ce fût de la laine , des plumes, de la paille, des têtes de carex, ou de la filasse, toutes choses qui servaient à cet usage (Plin. H. N. Viil, 73; Mart. XIV, 159, 160, 161, 162 ; Senec. r. J5. 25 ; Suet. Tib. 54).
TOMIXou THOMIX (6w|jii$). Corde faite d'étoupe , d'écorce ou des parties fibreuses du genêt ( Vitruv. vil, 3, 2 ; Cohimell. XII, 32)
TONSA. Aviron ; terme employé par les poètes, le plus souvent au pluriel (Ennius, ap. Fest. s.v. Virg. Lucan. Sil. Ital.).
TONSILLA. Pieu aiguisé et ferré à l'une de ses extrémités, que l'on plantait
TOMSOR.
en terre pour fixer un bateau au rivage (Verrius, Pacuvius, et Accius ap. Fest.
TONSOR (xoupeO; ). liarhîer , dont les occupations consistaient chez les Romains à couper les cheveux, à raser la barbe, à arranger les ongles, à arracher avec des pinces (volsellse) les poils malencontreux ( Mart. VIII, 47 ; Plaut.
^iil. 11,4, 33). Les riches entretenaient parmi leurs esclaves un barbier ; mais le commun des mortels avait recours à la boutique du harltier (tonstrina ) ; car les Romains se rasaient rarement eux-mêmes, au moins à partir de l'an de Rome 454, où vint d • Sicile à Rome le premier barbier ; avant cette époque, on avait porté la barbe et lescheveux longs (Plin. H. N. VII, 59).
TONSTRICULA (Cic. Tusc. y, 20).
Diminutif de Tonsthix.
TOÎSSTRINA rxoupetov). Bouiique de barbier (Plin. H. N. XXXVI, 47 ) ; chez les Grecs comme chez les Romains , c'était le rendez-vous favori des oisifs qui se réunissaient chez leur barbier pour causer des nouvelles du jour (Plaut. Ep. 11,2, 16; As. 11,276).
TONSTRIX (xoypeÛTpia). Femme qui faisait le métier de barbier; ce qui se rencontrait assez souvent chez les anciens , comme le prouvent différents textes et de nombreuses inscriptions (Plant. Truc.
II, 4, 54 ; IV, 2, 63 ; iv, 4, 3 ; Mart. ii, 17 ; inscript, fl/;. Grut. et Fabrelli).
TONSUS (xoupuio;). Coupé, rafraîchi , en parlant des cheveux ou de la barbe (Mart. vi, 64;xi, 39) ; épithèle qui indique simplement que la croissance naturelle du poil a été arrêtée an moyen des ciseaux (forfes), tandis que rasus indique qu'on a été rasé de près avec un rasoir (no- ■vacuia). Les Grecs portaient leurs cheveux coupés très -courts dans le chagrin et le deuil, les femmes comme les hommes, ainsi que le montre, pour les unes, la figure ci-jointe d'Electre , tirée
d'un vase peint, et pour les autres, celle d'Agamemnon au mot Catagbapua ; du contraire, dans les mêmes circonstances, les Romains laissaient croître leurs cheveux et leur barbe, jusqu'à ce que leur deuil fût terminé, on que le péril qui les menaçait se fût éloigné d'eux; alors ils faisaient couper ce qui était de trop ; c'est ainsi que l'expression tonsus reas, appliquée à un accusé, est synonyme d'acquitté. En temps ordinaire, le citoyen romain, sous la république comme sous l'empire, poitaitdes cheveux de moyenne longueur, coupés pas très-court, à l'exception des habitants des campagnes (Mart. X, 98), qui étaient obligés de songer plus à la commodité qu'à l'élégance, et c'est ainsi que tonsus signifie souvent rustre, sentant la campagne , surtout appliqué aux esclaves qui servaient à table (Mart. xi, 12), parce que les gens à la mode avaient l'habitude de se faire servir par des esclaves très-bien mis, et portant de longs cheveux flottants (voy.lesgravures, aux mots AcKRSECOMES et Pinckrna), cependant quelques jeimes fats aux habitudes efféminées et certaines femmes de mœurs légères affectaient de porter des cheveux courts (Suet. Âug.
45; Nero , 44; Ce. Pis. 8).
TOPIA. Paysages qui, à une époque assez avancée, devinrent à la mode pour décorer les murs d'une maison. C'étaient des vues de fantaisie , des sites champêtres, des ports, des temples, etc. ( Vitruv. VIII, 5, 2). On a trouvé dans les
maisons de Pompéi plusieurs de ces topia, qui répondent très bien à la description de Vitruve ; ce sont, pour la plupart, des compositions de pure imagination, très-peu fidèles à la nature ,
TOPURIUS.
TORcn.An.
mais faites facilement, et assez agréables à l'œil. Nous en donnons un spécimen, afin que l'on ait une idée du système qui était généralement adopté pour cette branche de l'art chez les anciens.
TOPIARIUS. Jardinier-artiste, esclave dont les fonctions particulières étaient de s'occuper de Vopus topiavium (Cic. ad q. Fr. III, 1,2; Plin. H. N. XV, 39) ; on conipienait sous ce nom la culture et l'entretien des arbres tt des arbrisseaux, la formation et la décoration de tonnelles et de bosquets, la taille des arbres verts, auxquels, au moyen de la serpe et du sécateur, on faisait prendre mille formes étranges d'oiseaux, d'animaux, de monstres, etc., semblables à celles qui étaient si recherchées dans les jardins hollandais au dernier siècle (Cic. Par. V, 2; Plin. £p. 111, 19, 3).
TORAL et TORALE. Housse que l'on faisait pendre devant la partie inférieure d'un lit de table , au-dessous du matelas ( torus) jusqu'au plancher ( Varro, L. L. VI, 167; Petr. Sat. 40; Hor. Ep. i, 5, 22), comme on le voit dans la gravure ci-jointe , d'après une peinture découverte à Résina. Ainsi le toral est disùwciAwstragulum et Aw peristroma,c[u''oii étendait, comme un drap, sur le matelas, et que foulait sous elle la personne couchée sur le lit, comme le montre la gravure, à ce dernier mot. Elle était ordinairement faite, dans un but de propreté, d'une draperie blanche ou tout au moins de quelque étoffe qui se lavât (Hor. Sat.
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11, 4, 84) ; mais il est fait aussi mention
de tissus d'or ou couverts de broderies, comme servant au même usage ( Lamprid. Elag. 19). Le ridicule Trimalcion fait apporter et sus endre au bas des lits sur lesquels étaient couchés les convives en train de dîner, une housse surlaquelle sont figurées des scènes de chasse, et juste au moment où on sert un sanglier (Petr. /. c).
TORCULAR et TORCULUM (Xnvo;).
Presse servant à la fabrication de l'huile et du vin (Vitruv. vi, 6, 3; Plin. H. N. XVlll, 74 ; Varro, op. Non. s. r.), dont l'objet était d'extraire par une pre.-sion violente tout le jus qui restait dans les peaux et les tiges du raisin {pes vinaceor«m), après qu'il avait été foulé aux pieds, ou l'huile que gardait la pulpe des olives (samsa) après qu'elles avaient été écrasées par le moulin approprié à cet usage.
La machine primitivement employée dans ce but était très-simple : c'était un bloc de pierre très-lourd que l'on soulevait à l'aide d'un levier pour placer dessous les raisins enfermés dans un panier (/l'scina, Columell. xii, 39, 3), ou entre des lattes {regulx, Id. xii, 52, 10), afia que la masse ne pût, sous le pressoir, s'échapper par les côtés ; c'est ce que représente la gravureci-dessous,d'aprèsun basrelief grec du musée de Naples. Les deux hommes qui occupent la gauche du dessin sont en train d'assurer la pierre, taudis que les trois qui appuient sur l'autre extrémité du levier la soulèvent pour faire place au panier de raisins qu'on veut mettre dessous. Il est probable qu'après qu'on avait fait retom!)er la pierre sur le fruit, le levier changeait de rôle ; une de ses extrémités étant engagée dans une emboitnre, on le faisait porter sur la pierre, et les ouvriers , en se suspendant à l'autre bout, augmentaient la force de pression.
On fit bientôt un pas de plus, on inventa pour cet usage une véritable machine , que Calon nous décrit en détail [R. R. 18), et qui opérait au moyen d'un levier presseur^^rf/i/m), que l'on serrait contre l'objet à presser au moyen de cordes attachées à une des extrémités de la poutre, et sur lesquelles on tirait à l'aide d'un cabestan (sucula^ Plin. H. A'.xviii,
TORCITLAR.
TORCUtAH.
74 ). On a découvert des débris très-consitlérables d'une de ces presses dans un ancien pressoir à Gragnano (primilive-
ment Stabîœ), et c'est d'après ces débris qu'a été dessiné le plan ci-dessous, destiné à expliquer le caractère de cette machine
et les parties dont elle était composée, en donnant les noms techniques et spéciaux de chacune.
1, 1. Deux forts montants ou arbres [arbores) solidement enfoncés comme des coins dans des trous pratiqués tout exprès sous le plancher du pressoir ( voyez la gravure au mot Torcularium, n° 4, ï) ; la langue [lingula, 2) de la poutre qui servait à presser [prelnm, 3) était maintenue en place entre ces deux montants, ce qui
LU
.JH
formait un point de résistance, quand la machine était en jeu. Comme tout l'effort de la poutre, tendant à se relever par un de ses bouts , quand on abaissait l'autre avec force , portait sur cette partie de l'appareil, Caton recommande que l'on emploie deux montants au lieu d'un, comme présentant plus de solidité parleur réunion et devant être plus difficilement arrachés à leur base que ne le serait un seul; aussi en voit-on deux représentés dans le plan ; mais, dans le spécimen partiellement conservé à Gragnano, un seulement était employé, et il était percé d'un
œil (foramen) qui recevait la langue de la poutre. 4, 4. Deux poteaux (stipites), plantés aussi dans des trous du même genre sous le plancher (voyez la gravure au mot ToRCULARiDM,n°3,^, /t),etqui tenaient les bouts du cabestan [sucuIh, 5, 6) qui abaissaient la poutre. Les têtes de ces deux poteaux étaient reliées par une traverse, sur laquelle était fixée une poulie, autour de laquelle s'enroulait une corde attachée à l'extrémité de la poulie ; elle servait à élever cette poutre pour faire place aux paniers pleins de marc que l'on plaçait dessous, sur le lit {area, 6), où ils étaient pressés et répandaient ce qu'ils contenaient encore de jus. La manière dont on obtenait ce résultat est facile à saisir. Quand les raisins ou les olives avaient été foulés aux pieds ou écrasés par les moulins, ou mettait le marc sur un panier qu'on plaçait dans y area par-dessus. On posait ensuite une planche plate très-forte (orbis olearius. Cat. R. R. 18), qui servait à distribuer également la pression sur toute la surface du panier. Alors on abaissait sur Vorbis le long bout de la poutre qui servait de levier, et le cabestan le tirait en bas jusqu'à ce que tout le jus eût été exprimé. Une autre espèce de presse à raisin, bien connue, quoiqu'elle ne soit décrite par aucun des écrivains anciens dont le texte nous est parvenu, est représentée dans la gravure ci-jointe , em-
TORCULARIUH.
pruntée à une peinture d'Herculanum ; elle se compose de deux montants solidement fixés en terre, et fortifiés par deux traverses, l'une en haut , l'autre en bas; cette dernière tenait lieu de l'arma sur laquelle on plaçait les paniers de raisin. Au-dessus de celte traverse il y avait un certain nombre de plan-
ches épaisses (tjm-
pana, Plin. H. iV.xvilI,74), qui jouaient le rôle de levier de la presse, ayant leurs deux extrémités adaptées dans des rainures verticales pratiquées dans toute la hauteur des deux montants, et où elles glissaient, poussées avec force sur le marc au moyen de blocs énormes enfoncés entre elles comme des coins par le maillet. Des presses de ces deux genres continuèrent à être en Italie d'un usage général jusqu'à cent ans environ avant Pline; alors on y introduisit d'abord un perfectionnement assez simple, ce fut d'abaisser la poutre, le levier de la presse, au moyen d'une vis (cochlea) et non plus du cabestan ou des gonds (Plin. H.N.xyni, 74); mais ce premier pas conduisit à un grand changement qui eut lieu pendant le temps même de la vie de Pline, et qui modifia profondément la forme et le caractère de la machine primitive. La grande longueur du levier qui servait à obtenir la pression était très-incommode, en ce que la machine dont il était la pièce principale ne pouvait fonctionner que dans un appartement très-spacieux, et la presse dont nous avons parlé en dernier lieu n'est qu'une lourde et grossière invention: toutes deux furent avantageusement remplacées par la presse à vis, que représente la gravure , d'après une peinture de Pompéi ; au lieu de la longue poutre , des planches (tympana) y sont placées au-dessus du marc, contre lequel les serre une longue vis ou mât (ma/uj), placé
au centre de l'appareil ; on a ainsi une machine également puissante, mais plus petite et occupant beaucoup moins de place (Plin. /. c). En réalité, la figure représente une presse à étoffes (pressorium) ; mais , comme cet appareil est construit sur le même principe que celui dont nous nous occupons, il peut bien servir ici de spécimen.
2. (Xtîvôç. Plin. H. ]V. xviii, 62 ; Columell. XI, 2, 7 1 ). Dans ces textes, où il est question de laver et de nettoyer le torculum, on croit généralement que ce mot signifie une cuve où les raisins sont foulés aux pieds; mais il n'y a aucune bonne raison à donner de cette interprétation tout arbitraire. En effet, l'ancienne presse à levier étant composée de plusieurs pièces' que l'on assemblait et que l'on montait dans la saison de la récolte du raisin et des olives, que l'on démontait ensuite et que l'on serrait quelque part, pour laisser la chambre libre et en tirer parti d'une autre manière (Varro, ap. Non. s. V. — vineis iihi ampla cella torculum reponant) ; il paraît bien que Pline et Columelle ne parlent que de la nécessité de nettoyer et de laver ces différentes pièces avant de les ajuster.
3. (Vitruv. VI, 6,2). Prewo/r, c'est-àdire l'appartement où fonctionnait le /orcular. Synonyme de
TORCULARIUM ()^Tjvewv). Chambre à presser, dénomination sous laquelle était compris tout le bâtiment où l'on fabriquait l'huile, et où étaient contenus le moulin, les réservoirs, les presses, les vases, tous les objets enfin qui servaient à cette fabrication ( Cato, R. R. 12-13 et 18;Columell. xil, 18, 3). On donnait aussi ce nom à la chambre où était placée la presse à raisin, quoiqu'elle eût d'ailleurs son nom particulier sous lequel on la désignait souvent (vinarium) ; elle était construite sur le même plan général et contenait des appareils analogues à ceux qui servaient à la fabrication de l'huile , et n'en différait que par quelques petits détails relatifs à la nature du marc sur lequel on avait à opérer. C'est ce que l'on peut recueillir en partie des textes de Caton et de Columelle où sont décrites de telles constructions , et ce
TOBCCLARICM.
TORCULABIUM.
qui est plus amplement confirmé par des fouilles faites, dans la seconde moitié du dernier siècle, sur l'emplacement de l'ancienne Stables; elles mirent à découvert différentes chambres à presser, quelquesunes pour le raisin , d'autres pour les olives, tontes disposées d'après le même principe général, et se correspondantexactement les unes aux autres dans leurs différentes parties. La gravure ci-jointe
donne le plan d'un de ces bâtiments, où l'on faisait de l'huile, avec une coupe de ses dépendances sous le plancher, le tout s'accordant dans la plupart des traits essentiels avec les détails fournis par Caton. Ce plan, en aidant ainsi à bien comprendre le texte de cet auteur, donnera une idée complète et exacte de la méthode et des procédés qu'employaient les Romains pour fabriquer cet important pro-
duit de leur agriculture. Le n° 1 représente le plancher de la chambre , qui est coupée en deux par un passage à découvert, et conlieut un moulin qui écrase le fruit pour deux presses, un seul moulin suffisant amplement à toutes les deux, parce que l'opération de moudre est bien plus
rapide que celle de presser. Le n" 2 est uue coupe de la même pièce en la ligne ab. Le n° 3 est une coupe verticale de la même , en la ligne CD ; le n° 4, une coupe de la même, en la ligue ef. Les mêmes lettres indiquent dans les quatre figures les mômes parties. G est la machine à écraser le fruit
TOBCCLABIirU.
(trapetum), dont une description et une vue complète sont données à ce mot. H, H. Double grand bassin , en maçonnerie, fermé du côté où il n'y a pas de mur par un bord élevé (a, a). Le lond de ces bassins est en pente et s'incline vers les points i>, 6, en chacun desquels s'ouvre un conduit de plomb qui, de chaque côté, débouche dans une grande jarre en terre (c, c), dont une partie est au-dessous (n" 2) et l'autre au-dessus (n" 3) du plancher. A côté de chaque jarre il y a un piédestal bas (/", f), qui atteint au niveau des bords de la grande jarre , vers laquelle s'incline sa surface supérieure formée d'une tuile à rebords. De l'autre côté de la chambre, il y a, de part et d'autre, trois trous carrés (^,/«, /), pra*tiques dans la maçonnerie jusqu'à une profondeur considérable sous le niveau du plancher (n°* 3 et 4), qui servaient à recevoir les montants de la presse {torcutar) ; celui en i était pour l'arbre (arboi) où était introduite la langue (lingula) du levier de la presse (prelum ) ; les deux autres («■, A) pour les poteaux (stipites) du cabestan (sucttla), au moyen duquel on aijaissait le levier, ainsi qu'il a été expliqué au mot ToRCULAR. Comme tout l'effort de la machine poitait sur cetarbre et ces poteaux (stipites), ce qui les exposait fort à être déchaussés et arrachés quand on abaissait le levier, ils étaient assurés, sous le plancher, par des traverses ou des boulons (pedicini, Cato , B. B. 18), pour la réception desquels est pratiquée en dessous une jietite chambre (k, k, n"' 3 et 4) avec un escalier /, /, /, n"' 1 et 4 ), qui servait aux ouvriers à y descendre. Ori peut maintenant concevoir facilement la manière dont on opérait et l'usage des différentes parties. Le large passage au mili u servait aux bètes de somme et aux ouvriers pour apporter les olives, qui étaient placées dans le trapetum et écrasées 'G). On mettait ensuite toute la pulpe dans des paniers que l'on transportait sous les presses (/, g, h), qui en exprimaient tout le jus et le faisaient couler dans les bassins (hh), d'où, grâce à la pente du pavé, il passait à travers le conduit de plomb dans les grandes jarres (c, c) ; le capulator l'y puisait dans des va-
ses qu'il emportait dans le magasin ou la cave {cella olearia); ce qui était la fin de l'opération. Le petit piédestal , avec sa tuile penchée au sommet {f, n° 3), à côté de la grande jarre (c), servait à poser le vase que l'on était en train de remplir ; et les rebords, ainsi que l'inclinaison donnée à la tuile, étaient destinés à empêcher que rien ne se perdît, tout ce qu'on versait de trop ou à côté retournant ainsi dans la grande jarre.
TORCULARIUS, comme adjectif, s'applique aux divers instruments, vaisseaux, etc., qui servaient dans une chambre à presser, et étaient employés dans le cours des opérations, soit pour l'huile, soit pour le vin (Varro, B. B. i, 22; Colum. I, 6 ) ; mais, pris substantivement au pluriel (torculariï), ce mot désigne les ouvriers qui faisaient marcher la presse (Columell. XII, 52, 3 ), comme on le voit dans la première gravure à ToRCULAR.
TOREUMA (T6pe\j(i.a). C'est probablement une ciselure en ivoire, exécutée avec un instiiiment pointu ( cxlum, torrius), que l'on manie en se servant du tour ; mais, il faut l'avouer, le sens précis de ce mot est très-contesté. U vient, sans aucun doute, du giec TOpeOo), creuser, qui est souvent employé comme synonyme de TopveOw, travailler au tour; et, comme le grec et le latin ont tous les deux des termes distincts pour les différents procédés connus sous le nom de sculpture, de coulage en métal, de ciselure, de taille, d'incrustation, de moulage, pour tous ceux enfin qui sont maintenant connus et pratiqués, excepté pour celui qui consiste à travailler avec la pointe et le tour, dont le principe est le même que celui du forage, il semble raisonnable de croire que le mot toreiima servait à désigner une classe d'ouvrages exécutés de la manière que nous avons indiquée, soit en ivoiie, soit en pierre tiès-dure, soit en argent. Ce qui est certain , c'est qu'on regardait le toreuma comme une œuvre d'art très-distinguée et très-précieuse ( Cic. Pis. 27 ; Sali. Cat. 21 ); c'est en général à de petits objets qu'est donné ce nom, et surtout à dt-s vases qui servaient de coupes à boire (Suet. Jitl. 47 ; Cic. f'err. Il, 4, 18), et étaient
TOBMF.NTUM.
TOBQDIS.
ornées de figures et de dessins en relief (Mart. X, 87). On trouve aussi le même mot employé en parlant d'une coupe d'argile (luteum rotœ toreuma, Mart. IV, 4G; cf. XIV, 102); l'emploi en ce cas ne peut en être expliqué que par l'analogie qu'il y a entre le mouvement de la roue du potier et de celle qui servait au ciseleur en ivoire.
TORMENÏUM. Terme général pour toute espèce de machine de guerre qui lançait des projectiles (Cic. Caes, Liv.) au moyen d'une impulsion produite par quelque substance élastique , quelque corde tordue ou tendue ; il comprend donc, comme espèces du genre, la balista, \a. catapulta, \e scorpio, et d'autres machines énumérées dans la Table analytique.
2. ( (jTpeêXwTinpiov ). Terme général pour désigner tout instrument de torture (Pl'in.H. iV. xxxiv, 19, 32; Curt. vi, 11); sans aucun doute, parce que la roue était un des plus anciennement et plus communément employés,
3. (Onôi^w^a). Fort câble serré de la poupe à la proue autour de la quille d'un vaisseau , afin d'en maintenir la ciiarpente dans les gros temps ( Isidor. Orig. XIX, 4, 4). On eu gardait dans les arsenaux des provisions, et chaque bâtiment, avant de mettre en mer, en embarquait pour en faire usage en cas de besoin. Cf. Mitra, 3.
TORNUS(T6pvoç). roKr, roMc, de potier (Virg. Georg. II, 449; Plin. H. N. VII, 57 ) ; et aussi , un instrument à pointe aiguë, pour sculpter ou graver, adapté à un tour (Virg. Ed. Ill, 38).
TOKQUATUS (arpsTCToçôpo; )•, Qui porte un collier formé de fils roulés en spirale (torquis) autour d\i cou, comme c'était l'habitude des Gaulois (voy. la gravure au mot CoMATUS), des Perses et de quelques autres nations , ainsi que le montre la figure ci-joinle, qui représente un des soldats perses dans la fameuse mosaïque de Pompéi. Par extension , miles torquatus, chez les Romains, c'est «n soldat auquel on avait donné, comme récompense de sa valeur (Veg. Mil. ii, 7 ; cf. Plin. H. N. xxxill, 10 ), un ornement de ce genre, qu'il ne portait pas
autour du cou,^ comme les Orien-
taux, mais fixé sur la poitrine comme une décoration moderne. C'est ce que montre clairement la figure ci-jointe, re-
présentant, d'après un bas-relief funéraire, le portrait d'un centurion, qui porte les décorations suivantes : un lemniscus flottant derrière la tête, et sur la poitrine deux torques sous lesquels apparaît une plialera.
TORQUIS et TORQUES ( aTpeTtTÔ; ).
Ornement de forme circulaire, fait d'un