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TINA

ce terme est 'particulièrement employé pour désigner, dans la charpente d'un toit, les entraits (Vitruv. iv, 2, 1) qui sont placés en travers sur l'architrave (trabs ) ; comme on le voit dans le plan au mot Materiatio , où ils sont marqués d d d d d. Dans l'intérieur d'un bâtiment, ils forment les solives principales des plafonds; et dans les édifices en pierre d'ordre dorique, les extrémités en sont représentées extérieurement par les triglyphes ; mais, dans les constructions ioniennes et corinthiennes , il n'en est pas tenu compte à l'extérieur, et les extrémités en sont entièrement cachées par les pierres de la frise continue {zophorus ) qui les couvre.

TINA. Vase dans lequel , pendant les premiers temps de Rome, on-apportait le vin à table (Varro, ap. Non. s. v.). On n'en connaît pas les propriétés particulières; mais nous pouvons inférer qu'il était de très-grande dimension, des expressions de Varron, qui en parle comme d'un vaisseau qui remplace l'outre {uter), et Nonius l'associe avec l'espèce de baril que l'on appelle cupa. Les italiens modernes ont conserve ce mot presque sous son ancienne forme , // tino , et l'emploient pour désigner la cuve où est foulé le raisin après la vendange.

TINTINNABULATUS. Portant une clochette; se dit particulièrement des animaux, autour du cou desquels on en

attachait chez les anciens dans le même but qu'on le fait chez nous (Sidon. Ep. II, 2). Le spécimen est tiré d'une figurine en bronze.

TlNTINNABULUM()cw5(.)v).C/oc/jc«f, sonnette (Plaut. Trin. iv, 2, 162), présentant les mêmes formes et servant aux mêmes usages que de nos jours; placée

à la porte d'une maison (Suet. ^ug. 91 ; cf. Sen. de Ira, m, 35), pour avertir les domestiques ; dans les bains , pour prévenir quand l'eau était prête (Mart. xiv.

163) ; employée aussi dans les sacrifices ( Plant. Pseud. I, 3, 112), et enfin au cou des animaux , comme objet à . la fois d'ornement et d'utilité. La gravure représente six sonnettes de formes différentes, d'après des originaux antiques ; les deux de gauche sont des clochettes de moutons ; les deux de dessous, attachées à un ruban, servaient à orner le poitrail d'un cheval; les deux autres sont des sonnettes à main de plus grande dimension.

TINTINNACULUS. Celui qui fait tinter les oreilles d'une autre personne (Plant. Truc, iv, 3, 8); sobriquet donné au LoBARius , par allusion à l'effet que produisaient ses coups sur l'esclave qu'il punissait.

TITULUS. Placard ou affiche attachée au bout d'un long bâton , et que portaient dans les triomphes les soldats, pour apprendre à la foule le nombre des prison-

niers, la quantité du butin, les noms des villes et des pays soumis : renseignements qui y étaient tous écrits en gros caractères (Ov. Trist. IV, 2, 20). La gravure

représente un des écriteaux portés dans le triomphe de l'empereur Titus après la conquête de Jérusalem , d'après l'arc élevé en mémoire de cet événement.

2. Titre d'un ouvrage ( Plin. Ep. y, 13, 3; Senec. Tranq. 9). Synonyme d'IwDEX ; voy. l'explication et la figure donnée à ce mot.

3. Affiche ou écriteau qu'on suspendait contre une maison pour indiquer qu'on voulait la louer ou la vendre ( Plin. Ep. VU, 27, 7); d'où l'expression mittere Lares sub titulum (Ov. Rem. 302; cf.

Tibull. II, 4, 54), qui signifie afficher qu'une maison est en vente. L'affiche qui mettait en vente spécifiait le prix qu'on demandait, et entrait dans les détails de l'affaire ; pour annoncer qu'on voulait louer, la formule se composait de ces deux mots : Est locanda, dont on se sert encore aujourd'hui pour le même usage à Rome.

4. Épitaphe (Plin. Ep. vi, 10, 3); et toute espèce d'inscription sur des monuments, des bâtiments , des vases, etc.

TOGA (triSevva). Toge ; le principal vêtement de dessus des Romains, celui qui formait le costume national et distinctif de ce peuple, comme le pallium pour les Grecs. Elle était ordinairement en laine blanche, excepté dans des cas de deuils privés , ou parmi les pauvres , à qui il n'eût pas été possible de supporter les dépenses de fréquents blanchissages ; dans ces deux cas, on employait de la laine de couleur sombre et foncée.

Comme les dimensions de ce vêtement et la manière de l'ajuster ne furent pas toujours les mêmes, mais changèrent aveclestemps, les érudits et les antiquaires ont rencontré de grandes difficultés quand ils ont voulu déterminer avec précision la grandeur et la forme de la draperie dont il se composait; car, quoiqu'un grand nombre de figures vêtues de la toga existent encore, et dans des bas-reliefs et comme statues isolées, cependant elles appartiennent , presque sans exception, à l'époque impériale et ne représentent que la dernière manière et la moins simple de l'ajuster. C'est donc aux œuvres de l'art étrusque, nation d'où, directement ou indirectement , la

toge vint aux Romains, qu'il faut demander les premiers spécimens de ce vêtement ; et, en effet, nous y trouvons des preuves manifestes que primitivement la toge était une pièce d'étoffe en forme de croissant ou de demi-cercle, comme l'indique Denys (m, 61 ) , et d'une médiocre grandeur, de manière à ne pas former de plis sur la poitrine, ainsi que l'atteste Quintilien (xi,3, 137).Onaun exemple du premier des caractères que nous avons indiqués , dans la figure cijointe ; c'est la reproduction d'un petit bronze étrusque, où la forme en croissant est clairement indiquée par les nombreux plis parallèles qu'a produits aux deux extrémités l'effort por lequel , en tirant la toge roide dans le dos, on a fait de la ligne concave, qui la termine en haut, une ligne droi le. Quand on avait ajusté par derrière cc.itre le bas du cou le milieu de la pi js petite des deux courbes du bord supérieur de la draperie, ce qu'est en traiu de faire le personnage représenté cidessus, on en jetait les deux bouts pardessus les épaules , de manière qu'ils pendissent verticalement par-devant , comme ceux du pallium grec ( voy. la gravure au mot Pallium, 1), mais sans broche sous le menton ; alors on prenait, on relevait le côté droit, on le tirait sous le menton, de manière qu'il fût bien tendu, et ne formât pas do sinus : puis on le rejetait par -dessus l'épaule gauche , de telle sorte que l'extrémité en tombât dans le dos comme un pan d'habit ; dans ce cas , les deux bras étaient complètement couverts et emprisonnés par la draperie , comme

on le voit dans la seconde figure, d'après une pierre gravée, aussi de travail étrusque ; ou, si celui qui portait la toge voulait se conserverie bras droit libre, au lieu d'en tirer le coté droit en travers de la poitrine à la hauteur de l'épaule , il la faisait passer sous son aisselle (voy. la première figure) , puis le rejetait pardessus l'épaule opposée, ainsi que nous le montre la troisième figure, tirée d'une

statue étrusque en bronze. De plus , dans tous ces modèles, les dimensions de la draperie , très-restreintes si on les compare à celles que prit plus tard ce même vêtement, expliquent d'une manière satisfaisante pourquoi on appelle une toge dece genre toga restricta (Suet. ^ug. 73).

Le premier changement, introduit, comme il est raisonnable de le penser, sous la république, fut l'augmentation de la surface de la draperie, sans qu'on altérât le caractère de ses contours ; elle conserva , étendue à plat, la forme du croissant, mais se composa d'un segment du cercle plus grand que le demi-cercle primitif, ce qui produisit un vêtement qui, par ses dimensions, tint le milieu entre la toge primitive et archaï(|ue, dont nous venons de parler, et celle qui prévalut en dernier lieu. C'est cette toge moderne, si l'on peut ainsi parler, que portait habituellement Auguste , et que son biographe désigne par l'expression ne<fu- restricta, neaue fusa (Suet. -^ng- 73), c'est-à-dire, ni étriquée, ni très-ample. Mais cette augmentation de surface

rendit nécessaire de modifier un peu la manière de l'adapter au corps, ce qui conduisit à ne former qu'un très-court sinus {perquam /;rem. Quint. XI, 3, 137), lequel commença à être de mode dans les temps qui suivirent l'âge primitif de Rome (Quint. Le.); il servait à compenser ce que la draperie avait gagné de longueur, en en abaissant par devant une certaine partie, de manière que le bout rejeté pardessus l'épaule ne pendît pas trop bas par derrière.

Cette disposition est parfaitement visible dans la figure ci-jointe, d'après une statue conservée à Venise, dans la bibliothèque de Saint-Marc ; en la comparant aux spécimens précédents, on y remarquera que le côté droit, qui est ramené en traversde la poitrine, au lieu d'être tendu sous le menton ou sous l'aisselle, est déprimé par devant, de manière à former le court ^i- I nus dont nous avons parlé ci-dessus, et à faire ainsi une sorte de lit où reposait le bras, complètement couvert; la main seule et une petite partie de la poitrine sont apparentes. C'est là l'attitude que désignait l'expression bracitiumateste continere (Quint. /. f .) ; et c'était celle qu'adoptaient en général les orateurs de la république, imitant en cela les coutumes des Grecs (Quint. /. c). En léalité, toutes les figures données jusqu'ici ressemblent fort à celles qui sont drapées dans le pallium grec ( voy. les gravures à ce mot)',la dif érence consiste principalement en ce que la toga, à cause de sa forme plus ou moins voisine du cercle, a des plis plus nombreux et plus amples, tandis que ceux dit pallium sont plus rares, plus maigres et serrent de plus près le corps, comme cela devait résulter naturellement de la forme rectangulaire de la draperie qui le composait. On n'a pas perdu de vue, dans les gravures, la distinction que nous venons de signaler ; elle y est suffisamment indiquée par le caractère différent des traits qui y marquent les plis, comme on le reconnaîtra

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