TRICLINIUM
l'élat-major qui entoure immédiatement l'empereur, et portant le même costume que lui et que le legatus, ainsi que le montre le groupe ci-joint, d'après la colonne Trajane ; on y voit en avant l'empereur, immédiatement derrière lui un legatus, et au troisième rang, un tribun.
4. Tribuni plebei ou plebis (ôïi(xap- 5^01). Tribuns du peuple, magistrats choisis par les plébéiens dans leur ordre, pour défendre les droits et les intérêts des classes pauvres et faibles contre la puissance oppressive de l'aiislocratie patricienne. Leur nombre varia de deux à dix ; ils jouissaient d'un pouvoir immense; ils étaient accompagnés de coureurs [liatores), qui remplaçaient les licteurs des magistrats patriciens. Les emblèmes que leur prêtent leurs médailles sont le long banc (subsellium) et une baguette (-v/r^a) ; d'ailleurs, n'ayant absolument qu'une autorité civile, ils n'ont pas de costume distinct, et sont vêtus, comme tous les citoyens, de la toge nationale (Liv. 11, 32; Cic. Leg. m, 7),
TRICHILA, TUICHILUM, TRICLA, TRIGLEA et -lA. Bosquet ou pavillon disposé, dans le parc qui entourait une villa ou dans tout autre lieu, de manière
à fournir une retraite fraîche et ombragée pour dîner dans les beaux temps (Virg.
Copa, 8; Inscript, ap. Orelli, 4517, 4456; Cœs. B. C. m, 96 ; cf. Prop. iv, 8, 35 seqq.). Il était souvent formé de treillis de bois, le long desquels on fai-
sait monter des vignes, des courges, et autres plantes grimpantes (Columell. X, 378); mais c'était quelquefois une construction en pierre, décorée de colonnes et d'autres objets d'art (Inscript, ap.
Orelli, 2909), comme celles que nous élevons dans nos parcs. C'est ce que montre la gravure, qui représente une de ces retraites, avec sa table à mangei-, ses massifs de maçonnerie destinés à recevoir les matelas de trois lits de table, et en avant une fontaine, le tout tel qu'il existe parfaitement conservé dans la maison d'Actéon à Pompéi.
TRICHORUM (Tpîxwpov). Mot servant à désigner quelque espèce particulière d'appartement dans les maisons ou autres édifices (Stat. Silv. i, 3, 58 ; Spart. Pesc. 12; Inscript, ap. Orelli, 1395; ap, Fabretti, p. 740, n. 505); on suppose que c'était une pièce partagée en trois compartiments ou allées par des rangées de colonnes.
TRICLINIARCHA et -ES. Principal domestique, aux soins duquel était confié l'arrangement de la table et de la salle à manger (tricliniiun), ainsi que la direction de tout le personnel chargé du service (Petr. Sat. 22; Inscript. ap, Orelli, 794).
TRICLINIARIS. Se dit de tout objet, de toutustensile ayant rapport au service de la table ou à l'ameublement de la salle à manger; ainsi, lectus tricliniaris (Plin. H. N. XXXVI, 6), le lit de repas (voy. Lectds, 4); gradus Iricliniaris (\arro,L. L. viil, 32), les degrés au moyen desquels on montait sur le lit (voy. Gradcs, 1); mappa tricliniaris (Yarro, L. L. ix, 47), serviette de table (voy. Mappa, 1); et substantivement, au 'pluriel, tricliniaria (Plin. H. N. VIII, 74), couvertures et tentures jetées sur des lits (voy. Peri- STROMA, Stragulum, Torale), OU les salons mêmes où l'on dînait (Varro, R.
/?. I, 13, 7 ; voy. Triclinium, 2).
TRICLINIUM (rpîxXtvov). Ce mot n'indiquait pas un seul lit de table (/ec/j« tricliniaris), mais la réunion de trois lits de table (Varro, L. L. IX, 9; R. R. ili, 13, 2 ; Macrob. Sat. 11, 9), disposés de manière à former trois côtés d'un carré, avec un espace vide au milieu pour la
TRICLINIVM.
TRIDENTIFER.
table , et le côté ouvert pour laisser les domestiques passer et apporter les plateaux sur lesquels sont arrangés les plats. Un triclinium ainsi constitué était en général destiné à la réception de neuf per-
sonnes, trois sur chaque lit ; mais ce nombre n'était pas de rigueur, car souvent toutes les places n'étaient pas prises; et d'autres fois , chaque lit n'était disposé que pour une seule personne (voy. la gravure au mot AccuBiTCM), de manière que toute la compagnie ne se composât que de trois convives ; au contraire, dans le spécimen donné ci contre, si les deux lits de côté ne reçoivent chacun que trois personnes, il n'y a pas moins de sept individus sur celui qui est vu de face. Le bas-relief original auquel est empruntée cette gravure fut trouvé à Padoue (autrefois Patavium), très-endommagé , mais conservant plusieurs détails assez apparents pour donner une idée exacte de la manière dont étaient disposés, aveclesconvives qu'ils portaient , les trois lits d'un triclinium; dans ce spécimen pourtant, ce ne sont pas, à proprement parler, des lits (lecti), mais des massifs de maçonnerie, analogues à ceux que l'on voit dans la gravure précédente, et sur chacun desquels on étendait un matelas , dont on aperçoit ici les bords sous le corps des figures couchées. Si une table , comme celle du dernier dessin, était placée au milieu , entre les lits , la scène serait complète". Les figures de gauche sont encore couchées, comme en train de dîner ; celles de droite, déjà repues, se sont étendues sur le dos pour faire leur sieste (Juv. I, 56 ; Ov. Jm. ii, 5, 13), tandis que le reste de la compagnie, tout au bout du triclinium, boit à pleines coupes. Cette scène représente peut-être une fête fu-
néraire (silicernium) ; ou ce qui est plus probable , une débauche de vin après un repas (comissatio , symposium), partie pour laquelle on avait coutume d'inviter d'autres convives encore que ceux qui avaient assisté au dîner ; c'est ce qui expliquerait ce qu'il y a d'inaccoutumé dans le nombre des buveurs pressés sur le lit du fond.
2. Salle à manger, où était disposé le triclinium (Cic. de Or. II, 65 ; Phaedr. iv, 24;Petr. 5a^ 22; Vitruv. vi, 6, 7, et 7, 4 ). On a découvert dans les maisons de Pompéi plusieurs appartements de ce genre, presque tous petits, et munis de massifs de maçonnerie, au lieu découches mobiles, sur lesquels on étendait un matelas, ainsi que le montrent les deux gravures précédentes ; mais il faut bien comprendre que d'autres salles à manger, originairement munies de véritables lits, ont perdu leurs caractères distinclifs par l'enlèvement du mobilier qui leur appartenait.
TRIDENS (xpiôSouç, Tpîaiva). Proprement,muni de trois dents ou fourchons; s'emploie par suite substantivement dans le même sens que fitscina, fourche à trois dents pour harponner le poisson (Plin. H.
N. IX, 20; voy. la gravure au mot FcsciNA , 1 ) ; arme du même genre, dont se servaient les gladiateurs appelés retiarii ou lanceurs de filet (Juv. viii, 203; voy. la gravure au mot FusciNA, 2) ; le trident de Neptune, dont les poètes el les artistes avaient fait avec beaucoup d'à-propos l'attribut et comme le spectre du dieu de la mer (Virg. Georg. i, 13; ^n. ii, 610).
TRIDENTIFER et TRIDENTIGER.
Qui porte le trident ou le sceptre des mers, épithète propre au dieu Neptune, qui est ainsi représenté dans la dernière gravure, d'après une miniature du Virgile du Vatican (Ov. Met. viil, 595; XI, 202n
TRIGLYPUCS.
TRIENS. Monnaie de cuivre qui pesait quatre onces et valait un tiers d'flj(Plin. H. N.
XXXIII, 1 3). Elle est marquée de quatre boules qui en indiquent la valeur, comme on le voit dans la figure ci -jointe, qui est la reproduction d'un original à un tiers de réduction.
TRIERARCHUS ( TpiVjpxpxo? ). Proprement, le commandant d'une trirème grecque, d'où ce titre fut transporté dans la marine romaine (Tac. Ann. xiv, 8 ; Hist. II, 16).
TRIERIS (TptT^pYjç). Mot grec, en place duquel les Romains emploient plus ordinairement Triremis.
TRIFAX. Arme de jet, de quatre coudées et demi de long, qu'on lançait avec la catapulte (Festus, s. v.; Enuius,a^.
Fest. /. c; Aul. Gell. x, 26, 1), pro-
bablement une sorte de lance qui devait son nom à ce qu'elle avait un fer à trois pointesune en avant et deux en arrière, comme on le voit dans la figure , tirée de la colonne Trajane.
TRIGA. Char attelé de trois chevaux, et attelage de trois chevaux de front (Isidor. Orig. xviii, 26; Ulp. Dig. 21, 1, 38 ), dont deux tiraient sur le timon.
et le troisième était attaché comme cheval de volée , par une simple longe {sim-
plici vinculo ; Isidor. Orig. xvill, 35) aux cordes qui, passant de chaque côté du cheval du milieu, entouraient la partie antérieure du char, comme le montre la figure ci-jointe, d'après un vase étrusque gravé par Ginzrot.
TRIGARIUM. Emplacement ou enclos pour l'exercice des trigse ou des chc • vaux et des chars en général (Plin. H. N. XXXVII, 77). Il y avait dans Rome plusieurs champs de course de ce genre ; on en trouve l'énumération dans P.
Viclorius.
TRiGARlTJS. Celui qui conduit un attelage de trois chevaux tirant un char (trigse. Plin. H. N. XXVIII, 42).
TRIGLYPHUS (TptYXyçoç). Triglyplie, membre de la frise dans un enta'bfement dorique ; il se compose de trois cannelures parallèles, avec gouttes (gutlx) en dessous, disposées à intervalles réguliers dans toute la longueur de la frise, et destinées à représenter sur la face externe de l'édifice les extrémités des en-
traits (ligna) posés sur l'architrave (Vitruv. IV, 2). Le sens littéral du mot est, à trois rainures on fentes; et l'on suppose que , dans les anciennes constructions en bois, les bouts de l'entrait étaient réellement taillés en trois sillons parallèles, soit afin de conduire l'eau de pluie qui coulait de la corniche au-dessus d'eux , soit pour empêcher le bois de se fendre. D'autres pensent que l'on ne taillait pas à la main ces sillons à l'extrémité des solives, mais qu'ils y étaient produits naturellement par l'action lente de l'eau de pluie coulant des-
sus en petits ruisseaux ; mais, dans tous les cas, d'une manière comme de l'autre, la moulure connue sous le nom de triglyphe serait la reproduction d'un des détails de la toiture primitive en bois. La gravure représente une partie de la frise encore subsistante du théâtre de Marcellus, à Rome.
TRIGON. Petite balle, très-durement rembourrée et couverte de cuir, servant à jouer un jeu que l'on désigne par le jnéme nom (Mart. iv, 19, XII, 83). Le spécimen est emprunté à un bronze étrusque, la couture du cuir y est clairement indiquée, et il est facile de se figurer la grosseur de la balle d'après ce fait, que la main qui la tient est une main d'enfant.
2. Le jeu auquel l'on jouait avec une ou plusieurs balles du genre de celle que nous venons de décrire (Hor. Sat. i, 6, 126). On suppose qu'il exigeait la réunion de trois joueurs qui occupaient relativement les uns aux autres la même position que les trois sommets d'un triangle , de manière que chaque joueur eût en face de lui deux adversaires, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche. L'habileté à se servir de la main gauche étant mentionnée comme une qualité dont ne saurait se passer un bon joueur de trigon (Mart. XIV, 46), on en conclut encore que chaque joueur avait deux balles, qu'il devait lancer, l'une à droite, l'autre à gauche , et recevoir de la même manière. Mais ce ne sont là après tout que des conjectures, aucune représentation de ce jeu, assez nette pour établir le fait que nous avançons, n'ayant encore été découverte.
TRIGONUM (TpÎYwvov). Pièce triangulaire de marbre, de tuile ou de quelque composition , qui servait dans les
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