III
2. Au temps de Végèce, on donnait ce nom à l'arme que nous avons décrite au mot Veruculum (Veg. Mil. ii, 15).
VESICA (xû(7Tt<;). fessie (Ov. Met.
V, 304), servant soit de bourse (Varro, B. B.
m, 17, 2. Voy. Marsupicm) , soit de lanterne (Mart. XIV, 62. Voy.
Laperna ) ; on en formait aussi un bonnet (Mart. VIII, 33), dont les femmes avaient l'habitude de se couvrir toute la tète pour maintenir leurs cheveux, et les conserver propres et en ordre en attendant qu'elles se coiffassent. La gravure ci-jointe, empruntée à un vase peint, en offre un spécimen.
VESPlLLOiNES. Employés des' pompes , funèbres ou croque-morts , qui emportaient la nuit ou sur le soir ( leur
nom vient de vesper ) les cadavres des pauvres , pour lesquels on ne pouvait faire la dépense de funérailles (Festus, s. V.', Suet. Dom. 17 ).
VESTALES. Vierges Vestales. Elles faisaient partie d'une réunion de femmes qui se consacraient par un vreu de chasteté au service de la déesse Vesta, dans le temple de laquelle elles servaient comme prêtresses, veillant jour et nuit sur le feu sacré qui brûlait sur l'autel. Leur costume se composait de la stola (Plin. Ep. IV, 11, 19), avec un corsage court de toile de lin ( carbasus. Val. Max. I, 1, 7 ; Prop. iv, 1 1, 54), mis pardessus comme ind^jmentum ( Dionys. Il, G8 ) ; quand elles faisaient des sacrifices, elles y ajoutaient un amictus formé d'une
pièce rectangulaire d'étoffe blanche garnie d'une bordure , et nommée suffibulum, parce que, mise sur la tête, oa l'attachait par une broche sous la gorge (Festus, V. Suffibulum) ; les cheveux, sous cette draperie , étaient serrés contre la tête par un rouleau de laine blanche (/'«/"w/rt), noué d'un ruban (vitta). Presque tous ces traits se retrouvent dans les figures ci-dessus. Celle de droite est empruntée à une pierre gravée qui représente la Vestale Tuccia portant, pour prouver sa chasteté soupçonnée, de l'eau dans un criblft, du Tibre au temple de la déesse (Val. Max. viil, 1,5); on y voit la stola, le carbasus ou veste de lin tombant jusqu'au genou, et le su^fibulum, tenu d'un bout dans la maio gauche, et de l'autre pendant derrière l'épaule droite. La figure de gauche, d'après une lampe en terre cuite, représente
VKSTIAniUM.
VEXILLAHIUS.
la Vestale telle qu'elle paraissait dans un sacrifice , le suffihulum sur la tête. La liroche qui le nouait sous le menton est omise, mais il est facile d'en concevoir la position et l'usage ; quant à la forme de la draperie et à la bordure dont elle est ornée, elles sont rendues avec toute la netteté désirable.
VESTIARIUM. Vestiaire, garde-robe; terme général, se dit de tout ce qui sert à cet usage, cabinet, coffre, boîte ou porte-manteau (Plin. H. IV. w, 8 ; cf. Cato, B. R. 98. Vov. Arca, Abmarium, etc ).
VESTlARlUS.Marchand d'habits (Uip.
Dlg. 14, 3, 6 ; Scsevola, ib. 38, 1, 45).
VESTIBULUM (Tip66upov). Ce n'est pas notre vestibule, mais une cour cTentrée , ou cour d honneur, devant une maison (Aul. Gell. xvi, 5 ; Vitruv. vi, 7, 5; Plaut. Most. m, 2, 133), un temple (Cic. Verr. 11, 2, 66), un établissement de bains (Id. Cœl.l^) , ou tout autre édifice,juste en face de l'entrée principale (Cic. CsEcïn. 12). Elle était formée par la prolongation de murs ou de bâtiments latéraux en avant de la façade, comme on le voit dans le dessin que nous donnons, d'après une ancienne fresque romaine ; elle n'avait pas de toiture, mais formait entre la rue et la maison une place découverte, librement accessible par devant , et fermée sur les côtés par un mur, par une colonnade ou par une
rangée de bâtiments contenant des écuries ou des remises, comme dans le spécimen ci-joint (Vitruv. vi, 5; Juv.
VII, 126 ). On trouve dans tous nos palais , à Versailles , par exemple , et à Fontainebleau , des modèles du vestibulum, qui ne s'ajoutait qu'aux grands édifices ( Vitruv. /. c. ), et que par conséquent on ne rencontre pas une seule fois
dans la petite ville provinciale de Pompéi.
VESTIPLICA. Femme esclave, qui avait pour fonctions de plier et de soigner les vêtements de sa maîtresse (Quint. Decl. 363 ).
VESTISPICA. Femme esclave, qui avait pour fonctions de veiller sur les vêtements de sa maîtresse et de les conserver en bon état (Plaut. Trin. ii, 1, 29).
VETERINARIUS. Vétérinaire ; sous ce nom sont comprises toutes les branches de la profession , le médecin des chevaux, celui des vaches, etc. (Columell. VI, 8, 1 ; vu, 6, 14 ).
VEXILLARIUS ((nifiaioipopoO; Le soldat qui portait le vexillum ou étendard de son régiment (Liv. viii, 8 ; Tac.
Hlst. I, 41 ). Ce mot désigne plus particulièrement , mais non pas exclusivement, un cavalier ; la cavalerie n'avait pas d'autre enseigne que le vexillum.
La gravure ci-jointe est empruntée à la colonne Antonine.
2. Sous l'empire, on donna le nom de F'exillarii à un corps distinct, que l'on suppose avoir été composé de vétérans ; affranchis du service régulier et du serment militaire, ils continuaient à être enrégimentés sous un drapeau séparé (vexillum), pour prêter secours à l'armée, si le besoin s'en faisait sentir, garder les frontières , et veiller à la défense des provinces récemment conquises. Un
VEXILLATIO.
certain nombre de ces soldats supplémentaires étaient attachés à chaque légion (Tac. HUt. II, 83 et 100; cf. Ann. I, Zv, ).
VEXILLATIO. Corps de troupes uni sous un seul drapeau {vexillum) ; se dit des alliés (Suet. GaM. 20).
VEXILLUM ((TYitxetov ). Étendard ou drapeau, pièce d'étoffe carrée attachée par le haut à une traverse horizontale (Tertull. j4pol. 16), comme les bannières de nos églises, par opposition à l'enseigne {signum), qui n'était qu'une hampe surmontée de l'image d'un aigle, d'un cheval, etc. Levexillum fut toujours l'enseigne unique et particulière de la cavalerie romaine. Dans l'origine, il servait aussi à l'infanterie (Liv. vill, 8); mais il devint ensuite la bannière distinctive des auxiliaires, comme le signum l'était pour les légions ; aussi nomme-t-on souvent l'un à côté de l'autre le sifraum et le
vexillum, quand on veut parler à la fois des légions romaines et des auxiliaires (Liv. XXXIX, 20; Suet. Ner. 13; Vit.
11). La gravure représente la traverse sur laquelle était tendu le drapeau, d'après un original en bronze ; à côté, un dessin en miniature du drapeau avec sa hampe.
VIA. Route pavée,m\e\i\kK, dit-on, par
les Carthaginois (Isidor. Orig. XV, 16, 6), servant aux chevaux, aux voitures et aux piétons (Varro, L. L. v, 35), à la ville ou à la campagne; mais plus particulièrement la principale voie de communication ou grande route d'un point à un autre, d'une province à uneautre,par opposition à une rue détournée ou un chemin de traverse ( Mart. VU, 6 1 ; Cic. Ptùl. XII, 9 ; Hor. Sat. i, 9, 1). Les voies romaines étaient construites de manière à réunir à beaucoup de commodité tous
les éléments possibles de durée : au milieu était une chaussée ( agger ), pavée de gros blocs polygonaux de lave basaltique (silex), assujettis sur un lit formé de trois couches différentes , étendues l'une au-dessus de l'autre : l'inférieure composée de ])etites pierres ou gravier ; la moyenne, de blocaille ou de pierres cassées empâtées dans de la chaux ; la supérieure , épaisse d'un demi-pied, formée de fragments de briques et de poteries, mêlés de ciment. De chaque côté était un trottoir élevé (crepido), flanqué dans toute sa longueur de pierres de bordure [umbones), qui, dans quelques cas, étaient reliées de place en place par de gros blocs cunéiformes (gomplu), qui serraient et consolidaient la masse. La gravure représente une vue du grand chemin d'Herculanum à Pompéi , près de l'entrée de cette dernière ville : on y voit la chaussée et les trottoirs, avec leurs pierres de parement de chaque côts. Une coupe , indiquant la manière dont on disposait les blocs polygonaux, a été donnée au mot Agger, 4, et on trouvera, à chacun des mots énumé-
VIÀTORES.
rés ci-dessus comme désignant les différentes parties de la voie, des figures spéciales.
VIATORES. Officiers publics attachés au service des magistrats romains, et servant de messagers pour aller convoquer au sénat les sénateurs dispersés dans leurs terres, le peuple aux Comices, et citer devant un magistrat les individus qu'il sommait de comparaître. Ils étaient particulièrement attachés à ceux des magistrats qui n'avaient pas de licteurs, comme les tribuns du peuple et les censeurs ; mais, dans les premiers temps de Rome , les consuls , les dictateurs , les préteurs, avaient leurs courriers ou messagers en même temps que leurs licteurs (Cic. de Sen. 16 ; Varro ap. Gell. XIII, 12 ; Liv. ii, 66 ; VI, 15 ; XXII, 11.)
VIBIA. La traverse ou planche horizontale posée sur les pieds fourchus (varœ) qui forment, avec elle, un tréteau ou chevalet sur lequel peuvent se tenir ou travailler les artisans; d'où l'adage, Vibia 'varam sequ'ttur (Auson. Idyll, 12), « La planche tombeavec sesétais, » cequi figurément veut dire : Une erreur en suit une autre.
VICARIUS. Proprement, substitut ou remplaçant ; particulièrement , un esclave entretenu par un autre esclave pour lui servir de domestique (Hor. Sat. II, 7 , 79; Mart. il, 18 ; les principaux esclaves, ceux qu'on nommait ordi/iarii, avaient des esclaves à eux, achetés à leurs frais.
VICTIMA (lepeTov). Proprement, victime sacrifiée aux dieux comme témoignage de reconnaissance, en échange de bienfaits reçus : par opposition khostia, offrande par laquelle on cherchait à faire la paix avec eux, à apaiser ou à détourner leur colère; mais cette distinction n'est pas rigoureusement observée.
VICTIMARIL Serviteurs ou ministres employés aux sacrifices , et qui avaient pour fonctions d'allumer le feu, de préparer les objets et les instruments nécessaires , et de tenir la victime au moment où elle allait recevoir du popa le coup qui l'abattait, ainsi que le montre la gravure ci-joinle, d'après un bas-relief
romain (Liv. XL, 29; Val. Max. i, 1,
13; Inscript. c^. Fabretti.p. 460, n.l3). VICTORIATUS, s. eut. nummus. Moné naie d'argent romaine , valant la moitié d'un denarius , ainsi nommée parce qu'elle portait sur le revers l'image d'une
victoire , comme le montre la gravure ci-jointe , qui reproduit un original vu des deux côtés (Varro, L. L. x, 41; Cic. Font. 6 ; Plin. ^. IV. xxxiil, 13).
VICUS ()cw[jir,). Dans le sens primitif, un certain nombre de maisons qui se touchent ; par suite, une rue bordée de maisons de chaque côté, soit dans un village, soit dans une ville ; et enfin une région, un quartier de la ville, composé d'un certain nombre de rues et de maisons (Hor. Hpist. II, 1, 269; Ov. Fast. vi, 609; Cic. Mil. 24).
VIDULUS. Grand panier d'osier couvert de cuir, destiné à tenir de petits objets : cislellam in 'vidulo (Plaut. Rud. IV, 4 , 88) ; marsupium cum viatico in -vidulo (Id. Men. V, 7,49), et servant de panier de pèche (Id. Bud. iv, 3, 64-72 ), texte qui prouve qu'il était couvert en cuir.
VIETOR (de vieo, tresser l'osier). Celui qui fabrique des paniers en osier; nom que donne Plante à quelqu'un qui fabrique un vidulus {Rud. Vf, 3, 62).