Velati. Dans l'armée ce sont des
surnuméraires qui accompagnaient les troupes pour remplacer ceux qui étaient tués ou blessés. Parmi eux étaient compris les Accensi, Ferentarii et Rorarii, qui étaient simplement vêtus d'une tuni-
que (Velatcs, 2), sans armure défensive ou cotte de mailles (Festus, s. v.; id. v. Adscripticii), comme le montre la figure ci-jointe , empruntée à la colonne Trajane.
VELITES (ypoffçoiiàxoO- Les tirailleurs, si l'on peut ainsi parler, d'un corps d'armée romaine : infanterie légère-
ment armée , qui n'était pas comptée dans la légion proprement dite, et n'occupait pas de place déterminée dans l'ordre de bataille, mais combattait par petits groupes entre les bataillons d'infanterie ou les escadrons de cavalerie, partout où se faisait sentir le besoin de leurs services. Ils n'avaient pas d'autre armure de corps qu'un casque de cuir sans cimier {galea, cndo) , mais étaient munis
YKI-UM.
d'un bouclier rond (parma), d\me courte épée espagnole (gladius Hispanicus), et de plusieurs lances à bois long et à fer très-aigu (hasta telitaris), destinées à servir de projectiles, et peu propres pour combattre de près (Liv. xxxviil, 21 ; XXX, 33 ; Polyb, VI, 22). Le s|)écimen, emprunté à l'arc de Seplime-Sévére , réunit tous ces traits ; il n'y manque que la lance, objet souvent omis par la sculpture à cause des difficultés qu'en présente l'exécution, et de son peu d'effet pittoresque ; mais on peut se faire une idée de cette arme en se reportant à la gravure au mot Hasta , 4.
VELUM (IdTÎov). Eu général, toute voile de navire ( Liv. Virg. Ov.) ; mais
particulièrement la large voile carrée ou grande voile, par opposition à la misaine {dolon), au hunier (supparum), et autres voiles qui devaient à leur forme ou à leur place sur le navire un .nom particulier (Stat. Sih. m, 2, 27 ; Virg. ^n. I, 106). Elle était lixée en haut à une vergue (antenna) et formée de pièces carrées cousues ensemble, comme le représente la figure ci-dessus, empruntée au Virgile du Vatican,
2. Dans les mauvais temps, ou quand on arrivait au port, on abaissait la vergue à la moitié de la hauteur du mât, et on carguaitla voileou on prenait des ris, comme le représente la gravure ci-dessous, d'après une lampe en terre cuite ; opérations qu'exprimaient les locutions dem'ittere antennas (Hirt../Î. jllex. 45 ), abaisser la vergue ; vélum siibduoere, ou anteniiis subnestere (Hirt. /. c; Ov. Met.
XI, 483), carguer la voile; vélum lé-
gère (Vir^. Georg. 1,373), raccourcir la voile (Cf. Vitruv, x, 3, 5 et 6).
3. Au contraire , quand le bâtiment mettait en mer par un beau temps , la vergue était hissée jusqu'au haut du mât, les garcettes lâchées et les coins de la voile abaissés jusqu'au pont. C'est l'opération qu'on est en train d'accomplir dans le dessin ci-contre, emprunté à un bas-relief funéraire de Pompéi, et qu'expriment les locutions suivantes : vêla
facere (Cic. Tusc. IV, 4), faire toutes voiles; vêla pondère {Ih. IV, 5), étendre les voiles ; vêla solvere et deducere (Virg. Mn. iv, 574 ; Ov. Met. m, GC3), dérouler la voile et la laisser tomber de la vergue.
4. (TtapaTteTOffixa). Rideau suspendu devant la porte de la rue d'une maison pour en fermer l'entrée, quand la porte même restait ouverte (Suet. Claud. 10; Juv. VI, 228). Dans l'intérieur d'une
VKNABCLUM.
VENATIO.
maison, il servait, comme ce que nous appelons une portière, à séparer deux appartements différents , ou à couper en plusieurs parties une pièce très-grande (Plin. Ep. IV, 19 , 3) ; dans un temple,
on l'employait pour voiler l'image d'une divinité, et il n'était tiré que d^ns certaines occasions solennelles, comme on fait encore dans quelques églises catholiques (Apul. Met. XI, p. 251 et 257 ) ; enfin, comme les rideaux de nos fenêtres, il servait avec les volets (foriculœ) à bannir la lumière ( Juven. ix, 104 ; Mart. i, 35). Ces rideaux étaient tantôt d'une seule pièce, et on les soulevait de bas en haut, ce qu'indique l'expression allevare 'veliim (Sen. £p. 80), lever le rideau , ou la portière était fermée de deux rideaux qui s'ouvraient par le milieu , comme on le voit par la figure ci-jointe, qui représente l'entrée du palais de Didon, d'après le Virgile du Vatican ; ce que désigne l'expression -vêla reducere (Apul.
//. ce. ), tirer les rideaux.
5. La toile ou rideau d'un théâtre (Ov. A. ^m. 1, 103 ; Prop. iv, 1,15. Voy. AnL-«A, 4).
G. La banne de toile tendue au-dessus de la tète des spectateurs, dans un théâtre ou un amphitiiéâtre, pour les protéger contre le soleil et le mauvais temps (Plin. H. JV. XIX, 6; Lucret. iv , 7 3. Voy. Velaricm).
7. Comme VelaMEN, terme général pour toute espèce de couverture, de draperie, qu'il s'agisse de personnes (Cic.
Cat. II, 10) ou de ch{)ses(ld. ferr. u, 5. 12).
VENABULUM. Épieu de chasse (Cic.
ad Fam. Vil, 1) ; arme redoutable avec un« longue el large tête de fer (Mart. xiv, 31 ; Virg. /E«. iv, 131), généralement en forme de losange, quelquefois munie d'une garde (mora) pour empêcher la pointe de pénétrer trop avant ( Grat. Cyneg.
108-110). C'est cette arme même que représente la gravure, empruntée à une fresque du tombeau des Kasons , sur la voie Flaminienne, près de Rome. Elle fait connaître en même temps une singulière méthode qu'employaient les anciens chasseurs pour prendre au piège les bêtes féroces au moyen d'un miroir disposé
devant une cage. La manière la plus ordinaire de se servir de l'épieu , que l'on employait très-rarement , ou pour mieux dire jamais, comme arme de jet , est figurée dans la gravure suivante, et au mot Venator.
VENATIO (ÔTipa), Chasse aux bêtes féroces ( Cic. de Sen. 16). La gravure, empruntée à une peinture du tombeau des Nasons , représente une chasse au sanglier, qui, d'après les nombreuses représentations de scènes semblables parvenues jusqu'à nous, paraît avoir été l'exercice favori des Romains. Elle nous montre en même temps tous les objets habituellement mentionnés comme servant à la chasse : l'épieu (venahultim), l'arc (nrciis), trois chiens (canes -venatici ),dont l'un, celui de droite, est retenu par une hisse [copii/a, lorum), le
cheval de chasse {eqiius uenator) et sept chasseurs (venatores ), y compris les serviteurs qui ne font que suivre la chasse. 2. Combat de bêtes , soit avec des hommes (Cic. adFam. vu, 1 ), soit entre elles (Suet. Claud. 21); spectacles qui étaient continuellement donnés dans l'am-
nocéros, d'après une lampe en terre cuite trouvée à Labicum.
VENATOR (ôïipaTTi; x^vyivéttu).
phithéâtre et le cirque de Rome, et qui tous les deux sont figurés dans la gravure : à gauche, on voit le combat d'un homme contre une bête féroce, d'après un basrelief funéraire sculpté sur un des monuments de la rue desTombeaux à Pompéi; à droite, la lutte d'un ours et d'un rhi-
Chasseur qui poursuit et attaque des animaux sauvages, comme le tigre, le tau-
reau, le sanglier, le daim, etc., accompagné de chiens et armé de l'épieu , à pied ou à cheval (Cic. Tusc. ii , 17; Hor. Od. I, 1, 26), ainsi que le montre la gravure ci-contre, empruntée à une peinture de Pompéi ; elle représente un chasseur avec son chien, et un sanglier aux abois, blessé dans le dos par un épieu, et le front percé d'un autre, que tient et qu'enfonce la main du chasseur.
2. (ôr)ptonàx »)<;)• Gladiateur qui dans l'amphithéâtre combattait coutredes animaux féroces ( Apul. Met. iv , p. 72; Cassiodor. Var. Ep. V, 52); voy.l'avantdernière gravure; on le nommait plus habituellement Bkstiarics.
3. Venator equus. Cheval dressé pour la chasse (Stat. fheb. ix, C85 ; voy. Vk- NATIO, 1).
VENATBIX.
3. Venator canîs. Chien dressé pour la chasse ( Virg. uEn. xil, 751 ; voyez la gravure à Venatio, 1).
VENATRIX (xuvTiYéTiç )• Chasseresse , femme qui chasse avec des chienset armée
de l'arc ( Virg. jEn. i, 319) ; se dit plus particulièrement de Diane, la déesse de la chasse (Ov. Met. ii, 454 ; Juv. xiii, 80), que représente en cette qualité la figure ci-jointe , d'après une lampe en terre cuite»
VENTILABRUM (Ôpt'vaÇ)- Fourche à imnner, servant à séparer le grain , les fèves et autres légumes, de la paille et des tiges, quand la récolte avait été hattue, par conséquent lorsque la moisson avait été faite de la manière ordinaire, avec une faucille {fais), au lieu que les épis ou les cosses seulement fussent détachées de la tige restée debout par un peigne (peclen) ou une fourchette (merga), comme faisaient souvent les anciens agriculteurs (Columell. Il, 10, 14; cf.
II, 20, 3-5 ). L'instrument en question était une fourche à trois ou quatre dents, avec laquelle on soulevait la paille et on la lançait très-loin en l'air, de manière que la brise , qui pour cette opération devait être assez fraîche, emportât la paille tandis que le grain, plus lourd, retombait à terre, où on achevait de le nettoyer au moyen d'une pelle de bois [ pala lignea) ou d'un van (vanniis).
On se sert encore de ce procédé en Espagne, où l'instrument employé est désigné par un nom analogue, aventador, qui, comme ventilabrum, indique l'action du vent, sans lequel on ne saurait en faire usage avec quelque effet (Townsend's Itinerary, vol. III, p. 314).
VENTILATOR. Quelqu'un qui vanne avec le o>entilabrum, comme nous l'avons expliqué dans le dernier article (Columell. II, 10, 15).
2. Jongleur, qui lance ses balles en l'air, comme le vanneur lance son blé (Quint. X, 7, 11).
VENTRALE (xoiXiôSsafioç). Ceinture forméed'une pièce d'étoffe de forme rectangulaire,étroite et longue , attachée autour des reins et sur le ventre, comme on le voit dans la figure ci-jointe, d'après un bas-relief sur un candélabre de marbre.
Ici, elle est portée par-dessusla tunique;
mais sa place la plus
ordinaire était sur la peau même, soit qu'on mît la tunique par-dessus, soit que le corps fût d'ailleurs entièrement nu, comme on le voit dans une statue de pêcheur (Visconti , Mus. Pio-Clem. m , tav. A. 6), qui prouve en même temps que le ventrale était distinct dusuhltgaculum et ne se portait pas , comme ce dernier, dans l'intérêt de la décence ; car dans cettestatue il laisse à découvert tout ce qu'on doit cacher : ce qui aurait aussi lieu pour notre figure si la tunique était ôlée. On l'employait quelquefois comme moyen médical ( Plin. H. N. Vlll, 73 ; XXVII, 28) ; on s'en servait aussi pour porter sur soi de l'argent ou d'autres petits objets (Ulp. Dig. 48,20, 6), quand on avait ôté ses vêtements, et dans l'eau ( Lucil. Sat. VI, 1 : cum hulga lavât). C'est ce qui fait qu'on le voit souvent sur des statues de pêcheurs , comme dans celle à laquelle nous venons de renvoyer, et dans une autre du Vatican {Mus. Pio- Clem. III, 32), restaurée sous le faux nom de Sénèque, et où on a rempli de plâtre le milieu du -ventrale, d'une manière qui altère tout à fait le véritable caractère de cette ceinture.
VENUS. Le coup de Vénus, le meilleur au jeu de dés {tesserm) ou d'osselets {tali) , celui où tous les nombres se I présentaient différents les uns des au-
702 VERBRR.
très (Prop, iv, 8 , 45 ; Suet. Àug, 1 1 ; ci. Mart. xiv, 14).
VERBER. La lanière d'un fouet servant à châtier des esclaves ( Terent.
j^ndr. I, 2, 28; Tibull. i, 9, 22; voy. Flagellijm , 1) ; d'un fouet à conduire des chevaux (Virg. Georg. m, 106; Ov.
Met. XIV, 821 ; voy. Flagellum, 2); d'une fronde ( Virg. Georg. I, 309 ; voy. FiJNDA, 1) ; (l'une machine au moyen de laquelle de grosses pierres ou d'autres projectiles étaient lancés avec force (Lucret. III, 469).
VEREDARIUS. Messager du gouvernement, qui portait les dépêches publiques dans une légère carriole traînée par des chevaux rapides (veredï), dont il y avait des relais disposés le long des gran-
des roules ( Sidon, Ep. V, 7 ; Festus, v. Veredus ; Suet. u4ug. 49). On croit que c'est un de ces courriers que représente la gravure ci-jointe , tirée d'un des bas-reliefs du monument d'Igel.
VEUEDUS. Cheval qui marche trèsvite, servant soit pour la chasse (Mart. XII, 14; XIV, 86), soit comme cheval de poste (Festus , s. 'v,; Imp. Jul. Cod, 12, 51, 4 ; cf. Veredaril's).
VERMICULÂTUS. Voyez Pavimen- TDM, 4.
VERRICULUM. (Yal. Max. iv, 1, 7). Synonyme d'EvERRiCDLUM.
VERRUCULA. L'appendice charnu qui pousse des deux côtés de la barbe
chez quelques espèces de boucs ( Colu-
VERC. !
mell. VI, 6, 2), et que les anciens artistes introduisaient dans les représentations des Faunes , pour indiquer le rapport qu'avaient leurs goûts et leurs peuchants avec ceux des boucs, ainsi que le montre la tète ci-jointe, empruntée à une statue de marbre.
YERSIPELLIS. Mot à mot, quelqu'un qui change de peau ; par suite, quelqu'un qui prend ou à qui on fait prendre la figure d'un autre, comme Jupiter se changeant en Amphitryon (Plaut. Amph, 121, Prol.) ; métaphoriquement, un personnage rusé et intrigant, qui sait jouer toute espèce de rôle (Id. Baccli. iv, 4, 12). Mais ce mot désigne plus particulièrement un homme changé en loup, d'après une ancienne légende d'Arcadie , suivant laquelle chaque membre d'une certaine famille était changé en loup ])Our neuf ans, et après cette période reprenait sa première forme (Plin. H. N.
VIII, 22; Petr. 5a^ 62).
VERTICILLUS. Peson de fuseau (Plin.
H. N. xxxvil, 11, 1) ; c'était un petit disque ou une plaque ronde en bois, en pierre ou en métal , au travers de laquelle on faisait passer le bout inférieur du fuseau pour qu'on pût lui imprimer un mouvement de rotation, et que, grâce à ce poids, il tendît et serrât mieux le fil. On le voit au bas des deux figures ci-jointes, qui représentent, d'après un original parvenu jusqu'à nous, un fuseau égyptien, d'un côté chargé de fil, et nu de l'autre.
VERU (ôéeXô;). Broche à rôtir de la viande (Varro, Z/. L. v, 127). souvent en bois (Plin. H. N. xxx, 47 ; Virg.
Georg. II, 396 ; Ov. Fast. ii, 363), effilée au bout, de manière à pouvoir être introduite dans la viande (Sen. Thjest.
1063; Virg. JSn. I, 212); on la plaçait au-dessus du feu (Id.^w. v, 103),surdes chenets (varœ), et probablement on la tournait avec la main. Cf. Vercculum.
2. ((laOviov). Trait (Virg. j£/i. vu, 665; Tibull. I, 6, 49) emprunté aux Samnites par l'infanterie légère des Ro-
VERCCCLATtJS.
mains (Festus, v. Samnites) ; il avait, comme la broche d'où lui venait sou nom, une pointe lie fer aiguë et ronde ,
ainsi que le montre la figure ci -jointe, d'après un original trouvé en Weslphalie, et publié par Alstorp (de Hast. p. 192). VERUCULATUS. Voy. Falx, 1 .
VERUCULUM (ô6e>tffxo;). Diminutif de Vero ; c'est le nom donné au plus petit des deux javelots que portail chaque soldat de l'infanterie régulière romaine ; il avait une tête triangulaire en fer, longue de cinq pouces , et un manche en bois de trois pieds et demi (Veg. Mil. ii, 15). La figure ci-jointe, d'après un ancien monument, aussi publié par Alstorp, coïncide exactement avec la description ci-dessus ; elle indique aussi que la broche des anciens ( 'veru ), d'où celte arme tirait son nom, avait quelquefois, comme celle des modernes, une tète plate et triangulaire, au lieu d'une pointe longue et unie.
VERUINA. Synonyme de Verdtum.
(Fulgent. 33 ; PÏaut. Bacch. iv, 7, 46).
VERDTUM ( ffaOviov ). Synonyme de
Veru, 2 (Virg. Georg. n, 168 ; Sil. Ital.