‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 49 sur 327 · CASTELLUM · texte numérisé non relu

CASTELLUM

termes presque synonymes, c'est évidemment pour insinuer que la domus ou maison de ville est pauvre et mal bâtie, et ne vaut pas mieux qu'une casa ou cabane.

3. Berceau ou tonnelle rustique, faite d'osier et de branchages , et quelquefois

couverte de vignes, comme dans le spécimen ci-joint pris d'une ancienne mosaïque de Préneste (Tibull. il, 1, 24).

4 . Sorte de hutte que les soldats élevaient quelquefois de branches d'arbre au lieu de tente (Veget. Mil. ii, 10).

CASEUS (^-cMpôç). Fromage (Varro, X. L. V, 108 ) que les anciens faisaient du lait des vaches, des brebis et des chèvres (Varro, R. R.u,\\), et qu'ils mangeaient ou frais, comme du fromage à la crème, ou séché et durci ( Id. i/). ). On lui donnait des formes élégantes et de fantaisie au moyen de moules de buis (Columell.

VII, 8, 7 ). Pline {ff. N. xi, 97 ) énumère les différents endroits où l'on faisait les meilleurs fromages.

CASSIDA. Même sens que Cassis.

CASSIDARIUS. Armurier qui faisait des casques de métal (Inscrip. ap.

Muret. 959, 5).

2. Officier qui était chargé de prendre soin des casques de métal dans le palais impérial (Inscript, ap. Reines. 8, 70).

CASSIS, «-/Wj-f (x6pu;). Casque de métal, par opposition à Galea, casque de cuir ( Isidor. Orig. xviil, 14 ; comparez Tac. Germ. 6). Cette distinction n'est pas toujours observée ( Ovid. Met, viii, 25, ou les deux noms sont donnés au même casque ) ; et comme le dernier mot est le plus usité, les différentes espèces et formes de casques seront décrites et expliquées par des figures au mot Galea.

CASSIS, -ii- (âpxuî). Uu des filets em-

ployés par les anciens pour la chasse des animaux sauvages, tels que le sanglier et le cerf (Isidor. Or'ig. xix, 5, 4 ; Ov. A. Âm. \, 392;Mart. Ep. m, 58). C'était une sorte de filet en bourse ou de tonnelle qu'on tenait ouverte par des branches d'arbres : l'animal qu'on poursuivait s'y enfonçait et une corde mobile (epi(/romus)le refermait immédiatement autour de son cou ( Yates , Textrin. Antiq. p. 422).

CASTELLARIUS. Officier qui était chargé de veiller au réservoir public ( castellum ) d'un aqueduc ( Frontin, Aq. 117 ; Inscript. ap. Grut. 601, 7 ).

CASTELLUM. Diminutif de Castbum.

Petite place fortifiée ou forteresse dans laquelle on plaçait un corps de troupes , soit en rase campagne pour y protéger la population agricole contre les excursions de l'ennemi, soit sur les frontières pour protéger un État , ou dans toute autre position qui commandait la voie principale et les ligues de communication (Sisenn. ap. Non. s. Fcstinatim, p. 514 ; Cic. Fam. XI, 4 ; id. Phil. V, 4). La gra-

vure représente un de ces postes fortifiés avec sa garnison, d'après le Virgile du Vatican.

2. Petite ville fortifiée, appelée ainsi parce que plusieurs forts, qui dans l'origine ne devaient être que des postes militaires, devinrent bientôt des villes et des villages par l'empressement de la population voisine à y accourir et à élever ses cabanes alentour, pour se donner uu appui ; précisément de même que les châteaux des barons aux époques féoda-

CASTKIXlîM.

les furent le noyau de plusieurs des villes de l'Europe moderne (Curt. V, 3).

3. Réservoir d'un aqueduc. On plaçait des réservoirs de cette espèce à l'endroit où les aqueducs sortaient des villes ou sur tous les points où une provision d'eau était nécessaire pour les besoins delà localité; des conduits introduits dans les réservoirs distribuaient l'eau dans les divers quartiers d'une ville ( Vitruv. VIII, 6, 1 ; Plin. H. N. XXXVI, 24, n" 9 ; Frontin. Âq. 35). Ordinairement ces réservoirs étaient de simples tours en brique ou en terre, contenant une citerne profonde; mais, à l'endroit où l'aqueduc touchait aux mins de la ville, on visait dans le dessin du castellitm autant au beau qu'à l'utile : on lui donnait une grande façade architecturale d'un ou de plusieurs étages , décorée de colonnes et de statues, et du trop-plein de l'eau on faisait une belle fontaine qui se répandait par plusieurs ouvertures dans un vaste bassin ( Vitruv. /. c). On peut en juger par la gravure ci-jointe, qui

est une restauration du castellum appartenant à l'aqueduc de Jules César qui subsiste encore à Rome, près de l'église de San-Eusebio, quoique dans un état de délabrement ; mais les détails que nous donnons ici sont tirés d'une vieille gravure du monument , faite au seizième siècle, à une époque où les principaux ornements étaient encore à leur place primitive, et où l'ensemble était beaucoup mieux conservé que maintenant.

4. Castellum privatum. Réservoir bâti aux frais d'un certain nombre de particuliers vivant dans le même quartier et ayant obtenu une coucession d'eau du conduit public, qui était réunie en un même corps et distribuée à chacun

d'eux par des conduits particuliers (Frontin. 106 ; comparez 27 ).

5. Castellum domesticurn. Citerne que chacun construisait sur sa propriété particulière pour recevoir l'eau qui lui était concédée du réservoir public. (Frontin.)

G. Citerne ou réservoir dans lequel l'eau élevée par une roue hydraulique était versée des augets et des caisses ( modioli) où elle était réunie (Vitruv. x, 4, 3). Voyez Rota âquaria.

CASTERIA. Place où les rames , les gouvernails et les appareils mobiles d'un vaisseau étaient déposés quand il n'était pas en commission ; ou, d'après une autre opinion, compartiment particulier dans le vaisseau lui-même où les rameurs se reliraient pour se reposer quand ils étaient relevés de leur service ( Non. s. V. p. 85 ; Plaut. Asin. m, 1,16; Scheffer, Mil. Nav. il, 5).

CASTRA. Pluriel de Castrdm. Campement ou camp fortifié. La disposition d'un camp romain attestait un système et un art remarquables. La forme générale du camp était carrée, et la position entière entourée d'un fossé {fossa) et d'un retranchement {agger) en dedans de ce fossé, dont le haut était défendu par une forte enceinte de palissades (valliim). Chacun des quatre côtés avait une vaste porte pour l'entrée et la sortie ; la plus éloignée de la position de l'ennemi (a) était appelée ^or/a decumana ; celle qui faisait immédiatement face à cette position (b) j'orta prœtoria ; pour les deux autres : celleàmain droite (c)/>o;/a^ri«cîpalis dextra ; celle à main gauche (D) , porta principalis sinistra. L'intérieur était divisé en sept rues ai passages dont le plus large, qui établissait une communication directe entre les deux portes latérales et passait devant la tente du général (prœtorium), était large de 30", 50, et s'appelait Fia Principalis, En avant de cette rue , mais dans une direction parallèle, il y en avait une autre, appelée Fia Quintana, large de 16"', 25, qui partageait la partie supérieure du camp en deux divisions égales; et celles-ci étaient de nouveau subdivisées par cinq autres rues de même largeur qui coupaient la Fia Quintana, à angles droits. Les tentes

et les quartiers des troupes étaient disposés ainsi qu'il suit : 1, \e prxtorium, ou tente du général ; 2, le quxstorium, espace concédé au questeur pour sa tente

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