‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 50 sur 327 · CASTRA · texte numérisé non relu

CASTRA

et pour les magasins du commissariat qui étaient sous ses ordres; 3, le forum, sorte de place du marché; 4 4, les lentes de la cavalerie d'élite et des volontaires :

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h 5, les tentes de l'infanterie d'élite et des volontaires; 6 6, les équités extraor- </i«a/-/iou cavalerie extraordinaire fournie par les alliés; 7 7, les pedites extraordi- «a/-/7 ou infanterie extraordinaire fournie par les alliés ; 8 8, places réservées pour les auxiliaires d'occasion; 9 9, les lentes des tribuns et des prsefecti sociorum, ou généraux qui commandaient les alliés.

Telle était la partie- supérieure du camp. Le centre de la partie inférieure était occupé par les deux légions romaines qui formaient une armée consulaire, flanquée de chaque côté par les ailes droite et gauche, composées des troupes alliées.

On comprendra du premier coup d'œil la manière dont ces corps étaient distribués, par les noms de chacun d'eux qui sont écrits dans notre plan au-dessus de leurs positions respectives. Enfin tout rinlérieur était entouré d'un espace dé-

couvert, large de GO mètres entre Yagger et les tentes, pour les mettre à l'abri du feu et des traits et faciliter à l'intérieur le mouvement des troupes. Le plan , dressé d'après la description de Polybe, à l'époque où les armées romaines étaient divisées par manipules, est donné ici pour expliquer la méthode générale suivant laquelle était disposé un camp romain, et non comme dessin autiientique d'un monument ancien. Quelques-uns des détails de moindre importance furent nécessairement modifiés , quand la coutume de diviser les légions en cohortes au lieu de manipules eut prévalu ; mais le plan général et les traits principaux de la disposition intérieure restèrent les mêmes.

2. Castra Prœ/oriana. Camp permanent aux portes de Rome, où était établie la garde prétorienne (Suet. Claud .

CASTRCM.

CATADROMUS.

21 ; Tac. Ann. iv, 2). Une partie du haut mur de briques q«ii l'enfermait avec une des portes est encore debout près de la Porta p'ta où il forme une portion des murs actuels de la ville ; il fut compris dans l'enceinte générale quand elle fut reculée par Aurélien.

3. Castra navalla ou nautica. Campement naval , c'est-à-dire ligue de forti iication formée autour d'une flotte, pour la protéger contre l'ennemi, quand les vaisseaux étaient tirés sur le rivage (Caes. B. G. V, 22 ; Nepos, Alcib. 8 ).

CASTRUM. Augmentatif de Casa, ce mot indiquait dans son sens primitif une hutte large ou solidement bâtie et par suite un fort ou une forteresse; cependant le diminutif Castellcm fut toujours d'un usage plus commun. (Nepos, Alcib. 9 ; Virg. jEn. vi, 776).

CASTULA. Jupon de femme , porté sur la peau et attaché au-dessous de la poitrine qu'il laissait à découvert ( Varro , de Vit. Pop. Rom. ap.

Non. s. V. Caltula , p. 584). Dans les premières œuvres de l'art, on le représente souvent comme le seul vêtement de dessous pour l'habillement des femmes , ainsi qu'on le voit dans la figure donnée ici et tirée d'un bas-relief d'une tombe étrusque.

Les femmes romaines portaient le plus souvent une tunique ou un autre vêtement sur la poitrine et sur les épaules , de telle sorte que les deux vêtements couvraient le corps tout entier et formaient une tunique de dessus et une tunique de dessous. Dans ce ras, la partie supérieure du jupon aussi bien que le sein étaient cachés sous les pans par le vêlement de dessus. C'est de cette façon que le jupon est porté par Sylvia dans le Virgile du Vatican (p. 146) et par une figure de femme dans les peintures de Pompéi {Mus. Borh. xiv, 2). Comparez (xii, 57), une autre figure où la castula est mise sur une tunique à longues manches, mais attachée sur les épaules et autour de la

taille de la même façon que ci-dessus.

CASULA. Diminutif de Casa : toute petite cabane ou humble demeure en général ; mais plus particulièrement hutte uu cabane de forme conique que les bergers et les chevriers élevaient dans les lieux où paissaient leurs troupeaux; ainsi que les paysans qui se livraient à l'agriculture, dans les champs, pour s'abriter au temps de la moisson {VVm.H.N. XXXV, 37; Juv. Sat.xi, 153.) Le spécimen ci-joint est pris d'une peinture représentant une scène rustique. La gravure donnée au mot Caprabius montre une hutte de chevrier du même caractère.

2. Manteau ou capote à capuchon , comme celle que portaient les paysans, et qui est toujours donnée à Télesphorus l'assistant d'Ksculape : il est représenté avec la casula dans le spécimen ci-joint d'après une pierre gravée. Quand le capuchon est ramené sur la tête comme ici, le vêtement entier a vraiment un aspect semblable à la cabane que nous avons décrite en dernier lieu. C'est de cette ressemblance que vient le terme, qui était probablement une sorte de sobriquet ou de motfamilier parmi les classes inférieures (Isidor. Orig, xix, 24, 17).

CATACLISTA, se. vestis^k'^wX. Met.

XI, 245; ni la leçon ni la signification de ce mot ne sont tout à fait certaines). Quelques-uns ont cru qu'il signifiait un vêtement qu'on serrait dans la garde-robe et qu'on n'en tirait qu'aux grandes occasions pour être porté comme uu habillement de fête (Salmas. ad Tertull. de Pall. 3 ) ; d'autres , avec plus d'apparence de raison , y ont vu un vêlement sans ouverture , mais fort juste , comme ceux que portent ordinairement les statues égyptiennes [Mus. Pio Clem. VI, 14).

CATADROMUS. Corde tendue transversalement du sol à quelque point élevé dans un théâtre, et sur laquelle les dan-,

CATAGRAPHA.

CATAPHHACTDS.

ieurs decorde montaient et descendaient.

Ce tour de force fut exécuté, à ce qu'on rapporte, quelque étrange que cela puisse paraître, par un éléphant, avec son cavalier sur le dos, dans l'amphithéâtre de Rome (Suet. Nero, 11 ; comparez Gatb.

S , et Plin. H. N. viii, 2 ). La gravure

pst prise d'une médaille de Caracalla : les cordes transversales et les danseurs qu'elles portent sont clairement indiqués ; les corbeilles et les branches de palmier placées au sommet représentent les prix destinés à ceux qui réussissaient à les atteindre.

CATAGRAPHA (xà xatà^paça). Peinture où les figures sont dessinées en perspective, ou, comme disent les artistes, en raccourci; de cette manière, quoique toute la figure soit représentée, une portion seulement en est vue par le spectateur (Plin. H. N. XXXV, 34). Ce procédé est considéré maintenant comme preuve d'une grande habileté de la part de l'artiste ; mais les anciens peintres n'y avaient recours que rarement. La figure ci-jointe

jfst tirée d'une peinture de Pompéi qui Représente Agamemnon conduisant Chryséis à bord du vaisseau qui devait la mener à son père. La figure d' Agamemnon

est légèrement raccourcie dans la partie supérieure ; le procédé est à peine sensible, et cependaut, de toutes les œuvres qu'on a découvertes des artistes de Pompéi , c'est celle qui se rapproche le plus d'un raccourci. Le tableau célèbre de la bataille d'Issus , la composition de peinture la plus considérable et la plus riche en figures qui soit venue jusqu'à nous , présente tous les personnages de face ou de coté et dans des attitudes presque droites , quoique dans l'action la plus énergique. A l'exception de quelques bras et de quelques jambes et d'un cheval qui tourne le dos au spectateur, il n'y a aucune tentative pour raccourcir la figure, dans le sens oii bous l'entendons maintenant , c'est-à-dire de façon à ce qu'elle soit entièrement représentée sur la toile dans un espace qui, sans ce procédé, n'en pourrait contenir qu'uno partie. Même les trois hommes qui sont blessés et étendus sur le sol sont présentés en profil, le corps couché de tout son long : les jambes et les bras seuls sont faiblement raccourcis. La même observation s'applique aux dessins des vases d'argile.

CATAPHRACTA(xaTa9pâxTyiç). Terme employé par Végèce pour désigner en général toute espèce de cuirasse portée par l'infanterie romaine depuis les premiers temps jusqu'au règue de l'empereur Gratien (Veget. Mil. 1, 20).

CATAPHRACTARIUS. Même sens que Cataphractcs (Lamprid. Alex. Sev.

56 ; Ammian. XVI, 2, b;ib. 10, 8 et 12,

CATAPHRACTUS(xaTà?paxTo;). Soldat qui faisait partie de la cavalerie pesamment armée (Sallust. ap. Non. s, v.

CATAPIRATRS.

CATARACTA.

p. 55G), el dont le cheval, aussi bien que lui-même, était couvert d'une armure complète (Serv. adWr^. JEn. xi, 770). 11 ressemblait au dos écaillé d'un crocodile (Ammian. xxil, 15, IC). Cette armure était particulière à quelques nations étrangères, telles que les Parthes (Prop. lu, 12, 12), les Perses (Liv. xxxvii, 40) et les Sarmates (Tac. Hist. \, 7 9), comme on le voit par la gravure, qui représente >in catapliractus Sarmate, d'après la colonne Trajane.

2. Sisenna (ap. Non. /. c.) applique le même terme à un soldat de l'infanterie : ou doit entendre par là que ce soldat est armé de pied en cap et couvert d'une armure pesante consistant en un casque , une cuirasse , des cuissards et des jambières, tel qu'on le voit dans la figure jointe au mot Ocreatus.

CATAPIRÂTES (poXîi:)- Plomb de sonde dont les matelots se servent pour

.souder. On fixait du suif à l'extrémité, de la même façon que maintenant, pour s'assurer de la nature du sol et voir s'il était de sable, de roc, de cailloux ou de coquilles, et s'il était convenable ou non pour le mouillage (Lucil. Sat. p. 82, u, éd. Gerlach; Isidor. Orïg. xix, 4, 10). Dans la gravure, prise d'un bas-relief en marbre dont on a une copie au Musée Britannique , ce plomb est représenté comme suspendu à l'avant d'un vaisseau.

CATAPULTA (xaTa7ïé),Tri;). Machine de guerre construite principalement pour lancer des dards et des traits d'une grande pesanteur (Paulus ex Fest. s. Trifax). Ce mot désigne quelquefois le trait que lançait la machine (Titin. ap. Non. s. a-. p. 552; Plant. Pers. \, 1, 27 ). La catapiilte est décrite en détail par Vitruve ( X, 15), et elle n'apparait pas moins de

six fois sur la colonne Trajane, d'où est tirée la figure ci-jointe. Les détails ne

sont nulle part indiqués d'une façon assez exacte pour donner une intelligence sufûsante des mots de 'Vitruve ou pour montrer la manière précise dont on faisait jouer cette machine. Tout ce qu'on voit, c'est qu'elle lançait le trait par la force du contre-coup, quand la barre transversale était éloignée d'un des côtés et qu'on l'y laissait revenir avec un recul. La catapulte était employée de la même façon que la ballista pour lancer d'énormes blocs de pierre (Caes. B.C. il, 9). L'arc du centre était ménagé pour livrer passage au projectile. On plaçait quelquefois la catapulte sur une voiture et on la faisait transporter par des chevaux et des mulets, ainsi que la carroballista, comme le prouve la figure suivante.

CATAPULTARIUS(xaTa7t£XTix6<;). Ce mot désignait tout ce qui servait dans une catapulte ou qui appartenait à celte machine, delà pilum catapultarium (Plant.

Chic. III, 5, 11), trait énormeet pesant, fait pour être lancé par la catapulta ( comparez Poljb. XI, 11, 3). La gravure est tirée de la colonne Trajane et donne aussi quelques renseignements sur la manière d'employer et de gouverner ces machines.

CATARACTA ou CATARACTES (xa- Tap^ixTY);). Cataracte, cascadj oa chute

CATARACTA.

d'eau soudaine d'un niveau supérieur à un niveau inférieur, comme les chutes de Tivoli ou de Terni. (Plin. H. N. v, 10; Vitruv. vill, 2,6).

2. Écluse ou vanne dans une rivière , destinée soit à modérer la rapidité du courant (Plin. Ep. X, 69), soit à arrêter l'eau pour conserver à son cours une profondeur suffisante (Rutil. 1, 481 ). La gravure est tirée d'un des bas-reliefs de

l'arc de Septime Sévère. On remarquera •jue l'artiste romain, fidèle à la pratique (leson école, a négligéd'introduire l'écluse et s'est contenté de sculpter les montants qui la tenaient à sa place et permettaient de l'abaisser et de la lever.

3. Herse suspendue au-dessus de l'entrée d'une ville ou d'une place fortifiée.

de telle façon qu'on pouvait l'abaisser et la leverpar des anneaux et des chaînes de fer à volonté (Liv. xxvii, 28 ; Veget. Mil. IV, 4). Dans une des anciennes portes qui subsistent encore à Rome , dans une antre à Tivoli et aussi à Pompéi, on voit distinctement les coulisses dans lesquelles jouait la herse; et le spécimen donné ici d'après une ancienne fresque.

où elle défend l'entrée d'un pont, montre les chaînes par lesquelles on la faisait fonctionner, précisément comme le rapporte Végèce. La grille qui fermait l'entrée ne se voit pas dans l'original, ce qui peut sembler un effet du temps; peutêtre aussi n'était-ce pas une herse régulière, mais seulement une barre mobile levée et abaissée à certaines heures pour fermer le passage aux voyageurs ou au bétail. Dans les deux cas, cette figure suffit pour faire comprendre le caractère des herses chez les anciens.

CATASCOPIUM. Diminutif de Catas- COPCS ; petite guérite où l'on était placé en observation (Aul. Gell. x, 25).

CATASCOPUS (xaTâffxonoc). Espion on éclaireur (Hirt. Bell. Afr. 20).

3. Navire employé comme vaisseau d'observation (Ctes. B. G. iv, 26; Isidor. Orig. XIX, 1 ).

CATASTA. Échafaud ou plate-forme élevée , en bois , sur laquelle on plaçait les esclaves quand on les exposait en vente dans les marchés , pour que l'acquéreur pût les examiner et reconnaître leurs qualités ou leurs défauts (Tibull. ii, 3, 60 ; Pers. VI, 77; Suet. Gramm. 13). D'après une expression de Stace {S'ilv. ii, 1, 72, turho catastx), il semblerait que cette machine tournait à volonté, comme les supports employés pour les statues , afin que l'aquéreur pût voir passer devant ses yeux et examiner toutes les faces de la figure.

2. Catasta arcana. Appareil de même genre, sur lequel on montrait les esclaves les plus précieux et les plus beaux , non pas dans le marché public, mais en particulier dans les magasins des marchands (Mart. Ep. ix, 60, 5).

3. Lit ou grille de fer sous laquelle on allumait du feu, et au-dessus de laquelle on plaçait quelquefois des criminels pour les torturer : c'est ainsi que plusieurs des premiers martyrs furent brûlés vifs (Prudent. IIspl (jxecp., 1, 56; ii, 399).

CATEJA. Trait employé en temps de guerre par les Germains, les Gaidois, les Hirpins, etc. C'était une épée d'une longueur considérable et d'un bois mince, à laquelle était attachée une longue corde, comme au harpon. De cette manière, celui

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