‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 54 sur 327 · CELLA · texte numérisé non relu

CELLA

pendances d'une vigne. C'était un magasin où le produit de la vendange de l'année était déposé dans de larges vaisseaux de poterie (dolia, serix, etc.), ou dans des barils de bois (cupw), après avoir été retiré des cuves du pressoir (forcM/ar/uw), où le vin était fabriqué ; il y était gardé jusqu'à ce qu'il fût vendu ou mis en bouteilles, c'est-à-dire enfermé dans les amphoiœ;'û était alors transporté dans Vapotheca, au liant de la maison , où on le laissait vieillir ("Varro, R. R. \, 13, 1 ; Colum. XII, 18, 3et4 -jPallad. i,18;Cic. Senect. 16). La gravure, qui est prise d'un

bas-relief découvert à Augsbourg en 1601, représente un deces magasins pour le vin mis en futailles, manière habituelle de le garder dans les climats moins favorables (Plin. H. N. XIV, 27) ; et le spécimen suivant, quoique ne représentant pas à proprement parler la cave d'un propriétaire de vignobles, servira à donner une idée du plan sur lequel étaient arrangés et disposés ces magasins, quand le vin était gardé dans des vaisseaux de poterie , ce qui était la manière la plus habituelle.

2. Cave d'un marchand de vin ou d'un cabaretier au rez-de-chaussée, où

l'on gardait aussi le vin en gros. On le tirait ens«iite pour le débit ou on le vendait en détail aux pratiques plus pauvres qui fréquentaient ces maisons. De là le nom de vin de débit journalier ( vihum doliare) ou pris de la futaille [de

cupâ). (Cic. Pis. 27 ). Les gra^-ures représentent une section et un plan d'une partie d'un de ces dépôts de vin qui fut découvert en 1789, sous les muis de Rome. Il est divisé en trois compartiments : le premier, auquel on arrivait par quelques degrés , consiste eu une petite chambre , ornée d'arabesques et d'un pavé en mosaïque; elle ne contenait rien, quand on la découvrit dans les fouilles; le second, qui faisait suite au premier, est de la même grandeur, mais tout à fait dépourvu d'ornements et sans pavé. Le plancher est un lit de sable, au centre duquel on trouva enterrée [defossa), jusqu'aux deux tiers de l«ur hauteur, une rangée de dolia de l'espèce la plus large. Le dernier est une galerie étroite, haute de \^fi2i et longue de 5"", 49 (on n'en a représenté qu'une partie dans la gravure , mais elle est quatre fois aussi longue). Ce dernier compartiment est, comme le précédent, recouvert d'un profond lit de sable où un grand nombre de vaisseaux de poterie, de formes et de grandeurs différentes, étaient en partie enterrés comme les précédents, mais disposés sur une double rangée des deux côtés le long des murailles, de manière à laisser au milieu un passage libre, comme on le voit par la gravure inférieure, qui reproduit le plan de la cave.

3. Cella olearia. Magasin ou cave attachée à une plantation d'oliviers , où l'huile, quand elle était faite, était déposée dans de larges . vaisseaux de poterie, jusqu'à ce qu'on l'eût vendue aux marchands d'huile (Cato,/î. R. Ill, 2; Varro, R. R.i,\l, 2 ;Columell. I, 6, 9).

4. Petites chambres groupées ensemble comme celles qu'on bâtissait pour servir de dortoirs aux esclaves ( Cic.

Phil. II, 27); chambres à coucher pour les voyageurs dans les hôtelleries et les maisons publiques (Petr. Sat. 9, 3 et 7 ) ; enfin les voûtes qu'occupaient les prostituées (Juv. Sat. \l, 128 ; Petr. Sat. VIII, 4). La gravure représente une longue ligne de cellx subsistant encore parmi les ruines d'une villa romaine à Mola di Gaeta; le devant en était, dans l'origine, fermé par un briquetage et n'avait qu'uoe porte d'entrée au centre pour

CELLARICS.

CELLULARICS.

donner passage à celui qui occupait la

cella; il n'y entrait de lumière et d'air que ce qu'en admettait cette ouverture.

5. Chambres qui, dans les bains, contenaient les commodités nécessaires pour le bain chaud et froid , et s'appelaient cellse, parce qu'en fait les bains se composaient d'un certain nombre de pièces, communiquant l'tme avec l'autre, comme les cellules d'une ruche , ainsi qu'on peut le voir très-clairement dans la gravure ci-jointe, d'après une fresque qui décorait un appartement dans les Thermes de Titus. La chambre qui contenait

les bains chauds était la cella caldaria ou caldarium ; celle du bain tiède, cella tepidaria ou tepidarhim ; celle du bain froid , cella frigidaria ou frigidarium (Plin. Ep. V, 6, 26 et 26; Pallad. i, 40).

6. Niches ou cellules d'un pigeonnier ou d'un poulailler, qui sont groupées d'une manière analogue (Columell. Vlii, 8, .3;id. vin, 14,9).

7. ((jTixô;). Intérieur d'un temple, :'est-à-dire partie enfermée entre les

quatre murs latéraux, non compris le portique et le péristyle (Cic. Pliil. m, 12). La gravure donne un plan du temple de la Fortuna Virilis, subsistant encore à Rome. La partie comprise dans les lignes noires est la cella.

GELLâBIUS. Esclave appartenant à

la classe des ord'inar'ii, qui' avait le gouvernement de l'office, du magasin des provisions , de la cave à vin {cella penaria et vinaria),el qui était chargé de distribuer chaque jour à la maison les rations de vivres (Plant. Capt. iv, 2, 116 ; Columell. XI, 1, 19).

CELLATIO. Suites de petites chambres figurées dans la gravure au mot Cella, 4 : elles pouvaient servir à tousies besoins ordinaires de la vie ; on en faisait aussi des magasins pour les provisions, des chambres à coucher pour les esclaves et les domestiques inférieurs, etc. (Petr. Sat. 77, 4 ).

CELLIO. Même sens que Cellarius (Inscript, ap. Crut. 582, 10).

CELLULA. Diminutif de Cklla.

Toute chambre petite ou ordinaire, semblable à celles que nous avons décrites et représentées au mot Cella, 4 (Ter.

Eun. II, 3, 18 ; Petr. Sat. Il, 1 ).

2. Intérieur d'un petit sanctuaire ou temple, ainsi que nous l'avons décrit au mot Cella, 7 (Petr. Sat. 136, 9).

CELLULARIUS. Moine, ainsi appelé des petites cellules des couvents qu oc-

CEI.OX.

CENTONAniI.

cupaient les religieux (Sidon. Ep. IX, 9).

CELOX. Même sens que Celés, 2 (Ennius ap. Isidor. Orig. XXX, 1, 22; Liv. XXXVII, 27).

CENOTAPHIUM (xevoTâçiov ). Cénotaphe ou tombe élevée à la mémoire d'une personne dont on n'avait pu trouver le corps ou dont les cendres avaient été déposées ailleurs ( Lamprid. ^lex.

Sev. 63) ; de là aussi le nom de tumulus lionorarius ( Suet. Claitd. 1 ) et A'inanis ( Virg. Mn. m, 303), parce qu'il n'était élevé que comme hommage au défunt et ne contenait rien de ses restes.

CENSOR (TijjLïitT);). Magistrat romain d'un rang élevé, dont les attributions étaient de taxer la propriété des citoyens en faisant le census; de surveiller leur moralité, et de punir ceux dont la conduite était mauvaise, en les dégradant et en leur étant leur rang, leurs charges ou leur position dans la société. Ainsi il pouvait priver le sénateur de son siège à la curie ; le chevalier, du cheval qui lui était donnné aux frais de l'État; ce qui équivalait à le dégrader; il pouvait encore faire descendre tout citoyen de sa tribu dans une autre de moindre importance ou de rang inférieur (Liv.

XXVII, 11; Suet. ^ug. 37 ; Polyb. vi, 13, 3). Il ne portait pas de marque distinclive ni de costume particulier, excepté les insignes ou le costume des personnages consulaires; aussi, quand un censeur est représenté sur des monnaies ou sur des médailles, est-il simplement drapé dans la toge et assis sur une chaise curule ( voy. la médaille de Claude dans Spanheim, vol. li, p. 101).

CENTAURUS(xévTavjpo(;). Centaure; race d'hommes sauvages qui habitaient entre les montagnes de Pélion et d'Ossa en Thessalie, et qui furent exterminés dans une guerre qu'ils soutinrent contre leurs voisins , les Lapithes. Les poètes et les artistes en ont fait des monstres fabuleux, demi-hommes et demi-chevaux, d'où leur est venu le nom de bimembres (Virg. ^11. VIII, 293;*Ovid. Met. xv, 283). C'est sous cette forme qu'ils sont représentés combattant les Lapithes, sur les métopes du Parthénon , dans les temples de Thésée à Athènes et d'Apollon

Epicurius près de Phigalie en Arcadie.

Dans les œuvres de l'art grec, les centaures sont des deux sexes et on les représente souvent jouant d'un instrument de musique. Ces figures sont toujours re-

marquables pour la grâce et l'art consommé avec lesquels les artistes de cette nation parvenaient à unir les parties incohérentes de deux formes si dissemblables. Nous avons choisi, comme moins commune, la figure d'un centaure femelle : elle est prise d'un très-beau basrelief en bronze fait par un artiste grec et découvert à Pompéi.

CENTO (jcévTpwv). Couverture ou vêtement composé de dilïéreuts morceaux d'étoffe cousus ensemble, dont les anciens se servaient pour habiller leurs esclaves (Cato, R. R. 59 ; Columell. i, 8, 9), pour faire des courtepointes de lit (Macrob. Sat. i, 6), ou pour d'autres usages vulgaires. Par extension , ce nom fut aussi donné à un poëme fait de vers ou de bribes de vers pris dans différents auteurs, comme le Cento nuptialis (VAusone.

2. Espèce d'étoffe commune qu'on mettait sous la selle d'une béte de somme pour garantir son dos et empêcher qu'il ne fût écorché, ainsi qu'on le voit dans la gravure cijointe, prise d'une __ ^

peinture d'HercuIa-

num (Veget. ret. ii, 59, 2).

CENTÔNARII. Marckanas de vieux, qui trafiquaient de vêtements de rebut.

C'était à Rome une industrie importante ; on y employait beaucoup de ces objets vendus à vil prix, comme couvertures pour

CENTDNCCLCS.

éteindre le feu (Ulp. Dlg. 33, 7, 12), pour protéger les tentes et les machines de guerre contre les traits de l'ennemi (Cœs. B. C II, 9). Ils servaient encore aux usages énumérés au mot Cento.

CENTUNCULUS. Diminutif deCENTO; ce terme avait les divers sens qui sont mentionnés à ce mot ( Apul. Met. i, p. 5 ; Liv. vil, 4 ; Edict. Dioclet, p. 21). De plus, d'après un passage d'Apulée (jpol. p. 422, mimi centuncitlv), on ci'oit que ce mot désignait un vêtement bariolé, comme celui ifii'on appelle maintenant habit d'arlequin et qui est indubitablement d'une haute antiquité , car, dans le Musée de Naples , on conserve un vase d'argile sur lequel Bacchus est représenté dans un rôle burlesque et habillé précisément comme notre arlequin moderne.

CENTURIO (èxaTovTcxpxnO- Centurion , officier de l'armée romaine , d'un rang inférieur à celui du tribun par qui il était nommé. Son poste sur le champ de bataille était immédiatement au-devant de l'aigle (Veget. Mil. ii, 8); et la marque distinctive de son rang était une baguette (vitis) dont il se servait pour corriger les soldats qui lui étaient subordonnés, quand ils désobéissaient ou négligeaient leur devoir (Plin. H. N. XIV, 3). La gravure ci-joinle donne les figures jde deux centurions, l'une à la main gauche d'après un bas-relief d'une tombe qui porte cette inscription : qdintus pu-

BLIUS FESTUS. CENTUR. LEG. XI ; il tient

sa baguette dans la main droite, est décoré des plialerx et porte des jambières (ocreae), comme les soldats romains des premiers temps. L'autre représente un centurion de l'époque de Trajan , d'après

un bas-relief appartenant d'abord à l'arc de triomphe de cet empereur, mais placé maintenant dans l'arc de Constantin ; il porte le casque et tient sa baguette de sa main droite. Dans la composition originale, le porte-aigle (a^«/i///'er) est à côté de lui.

CEPOTAPHIUM (vcyi7roT«9iov). Tombe située dans un jardin; ou jardin eqtouié d'une sorte de respect religieux à cause du sé|)ulcre qu'il contenait (Inscrip. ap. Fabretti, p. 80, n" 9; id.p.ll5,n" 293; comparez S. Joan. Evaug. XIX, 41 ).

CERA. Cire, et, par extension , objets faits de cire, comme les images de cire des ancêtres que les familles romaines d'un certain rang conservaient dans des cases placées autour de l'atrium (Ovid. Fast. I, 691 ; Juv.

VIII, 19 ). La gravure, prise .

d'un bas-relief d'une tombe ' """■■""> ' où l'on voit une femme pleurant la mort de son mari , présente l'image de ce dernier placée dans une petite case fixée à la muraille de l'appartement où se passe la scène.

2. Tablettes sur lesquelles on écrivait avec le stylus; elles se composaient de planches très-minces revêtues de cire et ayant un bord élevé pour garantir du frottement ce qu'elles con tenaient. Elles étaient de différentes grandeurs et le nombre de leurs feuillets variait ; de là vient que l'on emploie le mot cera au pluriel dans le sens de tablettes (Quint. X, 3, 31 et 32 ; Juv. i, 63). Les tablettes elles-mêmes sont distinguées par le nombre de leurs feuillets. Ainsi ccr rduplices, tablette qui n'a que deux planchettes ,

comme la figure du bas, à main gauche;

CERtOLARE.

cerx triplices (Mart. Ep. xiv, 6), tablette qui contient trois feuilles , une entre les deux du dehors , comme la figure du haut; ceree quiiitupUces (Mart. Ep.

XIV, 4), tablette à cinq feuilles, comme la figure du bas à main droite : tous ces spécimens sont pris de peintures de Pompéi. Quand on emploie le singulier, prima secunda, extrema cera {'ttor. S at.

II , 5 , 53 ; Cic. Ferr. n, 1 , 36 ; Suet. Jul. 83), c'est pour désigner la première, la seconde ou la dernière page des tablettes.

CERAULA (jtepaOXyic). Mot grec latinisé et répondant au mot CoRPfiCEN de la langue latine (Apul. Met. p. 171 ; ceracula doctissimus, qui cornu caiiens adambulahai),

CERBERUS (K£p6epo;). Chien qui veillait à l'entrée des enfers ; monstre qui , au rapport de la fable, était né de "Typhaon et d'Échidna, et avait été traîné sur la terre par Hercule , le dernier et le plus difficile de ses douze travaux. En réalité, Cerbère était un chien qui appartenait au roi des Molosses, dont le pays produisait la plus belle race de chiens connue de l'antiquité , et qu'on croit représentée par des statues de marbre conservées maintenant au Vatican ; on y voit deux chiens de haute taille, avec de longs poils sur le cou et sur les épaules comme la crinière d'un lion. Les poètes firent de ce poil des serpents (Hor. Od. II, 8ô), et, pour augmenter l'horreur, quelques-uns donnèrent à l'animal cent têtes (Hor. Od. li, 84), d'autres cinquante (Ilesiod. Titeogon. 312, quoiqu'au vers 771, Cerbère n'en ait plus qu'une); d'auties limitèrent le nombre des létes à troiS) (Soph. Trac/tin. 1109). La tète du milieu était d'un lion, et avait d'un côté celle cl'un loup , de l'autre celle d'un chien ordinaire (Macrob. Sat. i, 20). Telle est la forme ordinaire sous laquelle Cerbère est représenté par les peintres et les sculpteurs de l'antiquité (Mus. Pio- Ctem. tom. II, tav. 1 ; Bartoli, Luceriie, part. 2, tav. 7; Cod. Vat. etc.). On trouve un grand nombre de spécimens où le caractère fabuleux du monstre est subordonné à son caractère réel, par exemple dans un groupe d'Hercule et de

Cerbère au Vatican (Mus. Pio-Clem. ii, 8), où la tête pareille à celle du lion et la crinière du chien Molosse sont fortement mar(|uées et se distinguent entièrement des deux autres têtes , qui sont beaucoup plus petites, et plutôt indiquées que développées.

CERCURUS (xÉpjcoupo; ou xepxoûpoç). Vaisseau inventé par les Cypriotes; il était à rames , rapide dans ses mouvements , et servait également pour le transport des marchandises et^pour la guerre (Liv. XXXill, 19; Lucil. Sat. viii, 3, éd. Gerlach.; Plant. Merci, 1 , 86 ; Plin. H. N. vil, 57 ; Herod. vii , 97). On ne trouve nulle part une description exacte de ce genre de navires. Scheffer (Mil.

]\'av. II, 2, p. 75) pense que les rames, au lieu de courir tout le long du vaisseau , allaient seulement de la proue au

centre, de telle façon que l'arrière pouvait servir à renfermer la cargaison, comme on le voit par la gravure ci-jointe, tirée par Panvinus (De Lud. Circens. ii, 11 ) d'une médaille de bronze, qui, si nos idées sont justes , donnera un spécimen du vaisseau en question.

CERDO. Ouvrier d'une classe inférieure (luv. IV, 153; Pers. iv, 51). Son métier est désigné par l'addition d'un autre substantif, v.omrae sutor cerdo (Mart. Ep. m, 59), savetier ; cerdo faber (Inscript, ap. Spon. Miscell. Erudit. Antiq, p. 221), ouvrier forgeron; et ainsi de suite pour les autres métiers.

CEREUS. Chandelle de cire, faite de moelle de jonc revêtue de cire; aussi torche faite des fibres du papyrus tortillées ensemble et couvertes de cire (Cic. Off. III , 20 ; Plaut. Cure. I, 1,9; Val. Max. m, 6, 4 et Candela).

CERIOLARE. Pied pour des chandelles de cire et des torches , semblable

CEBimCS.

au spécimen donné au mot Candela- BRUM. Les ustensiles de cette sorte prenaient une multitude de formes de fantaisie suivant le goût de l'artiste qui en faisait le dessin. Dans une inscription {ap. Grut. 175, 4) on en mentionne un qui est de bronze et qui représente Cupidon tenant un calathus (comparez Inscript, ap. Maffei , Mus. Veron. p. 83).

CERNUUS (xuêtffroTYip). Littéralement , qui a la figure tournée vers le sol ; de là saltimbanque, qui amuse le public eu faisant des bonds, des sauts périlleux, des culbutes, en marchant la tète eu l)as , et en se livrant à d'autres exercices que nous voyons encore exécutés dans les rues et dans les foires ( Lucil.

Sat. III, 20; Serv. ad Virg. JEn. x, 894). La gravure ci-jointe représente un de ces saltimbanques pris dans la collection du Collegio Romano (Caylus, m, 74).

2. Chez les Grecs , ces tours de force étaient souvent exécutés par des femmes qu'on introduisait avec les chanteuses et les danseuses pour amuser les hôtes pendant un festin. Leur habileté et leur souplesse étaient réellement extraordinaires.

Un de leurs exercices favoris consistait à faire une culbute en arrière entre des épces et des couteaux plantés dans le sol, à de petites distances l'un de l'autre, avec les pointes en haut, comme ou le voit

dans la gravure ci-jointe , prise d'un vase d'argile grec. On appelait ce tour elç Çîçy] ou el; [Aayatpa; x\j6t<7Tâv. (Plat. Symp. p. 190 Aj Xen. Sjmp. ii", 11).

CEROMÀ (x^pwjxa). Onguent fait d'huile et de cire mêlées ensemble , avec lequel on oignait les corps des lutteurs avant de les frotter de sable fin (Mart. Ep. VII , 32.) On employait aussi ce terme pour désigner la chambre où avait lieu celte préparation à la lutte (Plin. H. N. XXXV, 2; Senec. Brev. Vit. 12).

CER¥CHI (xepoûj^ot). Cordes qui couraient de chaque bras de la vergue au sommet du mât et qui répondaient à ce qu'on appelle maintenant en termes de manne les balancines (Lucan. VIII, 177 ;

id, X, 494). Elles servaient à tenir la vergue dans une position horizontale sur le mât , position qu'elle ne pouvait garder sans un support de cette sorte. Les plus grands vaisseaux, dont la vergue était longue et jiesante , avaient quatre balancines comme dans notre spécimen, pris du Virgile du Vatican , tandis que les vaisseaux de dimension ordinaire n'en avaient que deux.

CERVL En termes de guerre, grosses branches d'arbres, avec des branches plus petites et coupées à une certaine distance du tronc, de manière à ressembler à une corne de cerf (Varro, L. L. v, 117). On les plantait dans le sol pour entraver la marche d'une colonne ennemie, pour arrêter une charge de cavalerie dans une plaine qui n'offrait aucun obstacle naturel (Sil. Ital. X, 412 ; Liv. xuv, 11) et pour défendre par une palissade toute position faible ou importante (Caes. B. G. VII, 72).

CERVICAL (TtpocrxeçâXaiov, viitauj^Eviov). Coussin ou oreiller pour supporter le derrière de la tète et le cou sur un lit

CERVISIA.

CKRYX.

de repos ou'un lit de table. (Stiet. Nero, 6 ;

Mart. XIV, 146). La gravure est prise d'une peinture de Pompéi.

CERVISIA ou CEREVISIA. Boisson tirée de l'orge, comme la/'ièreou Xale ; c'était la boisson ordinaire des Gaulois ( Plin. H. N. XXII , 82 ). Le même nom, suivant Servius ( ad Virg. Georg. m , 379), était aussi donné à un breuvage tiré du fruit du cormier, qui répondait à notre cidre.

CERYCEUM (xTipûjceiov). Mot grec latinisé; même sens que Caddceus (Martian. Capell. 4, p. 95).

CERYX (xTÔpuÇ). Mot grec, employé avec une forme latine par Sénèque ( Trati' quill. 3); héraut grec ou prévôt, qui tenait chez ce peuple le même rang et qui avait les mêmes attributions que le fetialis et le legati des Romains. Le signe de sa dignité était une baguette(xTipyx£t ov ,

cadiiceus). Sa personne était regardée commesacréeet inviolable; sa mission la plushonorable consistait à porter, comme nous dirions, des drapeaux blancs entre les armées en lutte et des messages entre les nations hostiles. La figure que nous donnons, d'après un vase d'argile, mon-

tre le ceryx se préparant à remplir les devoirs de sa charge. Il est armé d'une épée et d'une lance ; il a la baguette de héraut dans sa main droite; il se tient devant un autel où brûle le feu sacré , et sur lequel il vient de faire un sacrifice avant de partir pour sa mission. L'idée de départ était indiquée, suivant l'habitude des artistes grecs, par certains signes de convention, tels que les brodequins de voyage , la chlamyde jetée sur le bras et flottante, et le chapeau suspendu derrière le dos. Outre cela , le ceryx avait , à titre de prévôt, le droit d'intervenir et de séparer les combattants, comme on le voit par la gravure ci-jointe , prise aussi d'un

vase d'argile. 11 était chargé de convoquer dans les assemblées du peuple, d'y maintenir l'ordre et de surveiller les cérémonies d'un sacrifice comme celles des fêtes publiques et privées.

2. Crieur public, se rapprochant davantage du prœco romain ; ses attributions consistaient à faire des proclamations dans les assemblées publiques(Aristoph. Jcli. 42, seq.), et à ordonner le

silence par le sou de la trompette dans

CESTICILBUS.

CHALATOBIl'S.

les jeux nationaux pendant qu'on prononçait l'éloge solennel (xTipu>(|Aa)»du vainqueur(Fabn, Jgon. il, 3 ; Mosebach,^e Prxcon. ■vet. § 32-34)', rommeou le voit par la gravure suivante, tirée d'un marbre grec du Vatican. Le cfrjxest représenté commençant à sonner la trompette à côté du vainqueur, qui place sur sa tête la couronne qu'il vient de recevoir du président (àYwvoôétTii;), tandis que dans l'autre partie de la composition luttent deux pancratiastes.

CESTICILLUS .Coussinet de porte-faix pour porter des fardeaux sur la tête (Festus, s. V.). Comparez Arcilus.

CESTROSPHENDOiNE ( xeatpoffcpev- SôvT) ). Arme de guerre employée d'abord par les soldats de Perse dans la guerre de Macédoine : c'était un dard court, dont la tète était large de deux empans, attaché à une tige de bois grosse d'un doigt et longue d'une demi-coudée ; il était muni de trois jjetites ailes de bois, semblables aux plumes d'une flèche. On le lançait avec une fronde (Liv. XLII, 65 ; Polyb. XXVli, 9).

CESTRUM (y.éaTpov). Sorte de burin ou de pointe à graver employée dans la jieiuture à l'encaustique sur ivoire. On suppose que cet instrument était échauffé au feu, que les traits qu'on voulait dessiner étaient gravés sur la tablette avec la pointe, et qu'ils étaient ensuite remplis de cire liquide. Toute la question de la peinture à l'encaustique, ainsi que la manière dont on l'exécutait , est restée fort oi)scure. (Plin. H. N. xxxv, 41).

CESTUS(xeaT6<:,sc.isià;).Dansunsens général, tout lien ou tonte attache (Varro, R. R. I, 8, 6 ) ; ^^^

mais ce mot est pro- '^

prement un adjectif grec qui signifie brodé; de là vient qu'on l'emploie plus souvent dans un sens particulier pour désigner la ce/«/Mre de Vénus, sur laquelle était brodé le tableau des passions, des désirs, des joies et des peines de l'amour (Hom. //. XIV, 214 ; Mart. Ep. vi,

1 3 ; id. XIV, 206 et 207). La gravure que nous donnons est prise d'un bas-relief du Museo Chiaramoiiti , représentant une Vénus drapée dans le style archaïque, jwr conséquent d'après un modèle très-ancien ; ce qui lui donne de l'autorité. On remarque que le cestus, sur cette ligure, est porté plus bas que la ceinture de la femme ordinaire {cingulum, i), et plus haut que celle des jeunes femmes-(20rta ou cingulum, 2). C'est ce qui peut expliquer les incertitudes des savants sur la place précise du cestus et le vague apparent des passages qui ontconduitquelques-uns à le placer au-dessus des reins, comme Winckelmann , et d'autres au-dessous du sein immédiatement , comme Heyne et Visconti , tandis que , dans la gravure, il occupe réellement une position intermédiaire.

2. Gant porté par les athlètes qui combattaient au pugilat : dans ce sens on écrit vulgairement C^STCS. Voy. ce mot.

CETARIiE ou CETARIA. Eaux basses ou lieux de pèche sur une côte fréquentés par le gros poisson à certaines époques de l'année et où il est pris par les pécheurs, tels que les parties de la Méditerranée où on prend le thon (Hor. Sat. ii, 5, 44 ; Plin. H. N., IX, 19).

CETARII. Classe de pécheurs qui prenaient le gros poisson , comme le thon , dans les cetariœ (Varro, ap. Non. s. v. p. 49), le salaient et le vendaient dans des boutiques (Columell. Vlil, 17,12; Terenl. Eun. II, 2, 26).

CETRA. Petit bouclier rond (Varro, ap. Non. s. v. p. 555 et p. 82), couvert de peau (Serv. nt/Virg. Mn. vil, 732); il était employé surtout par les Africains, les Espagnols et les anciens Bretons (Tac. ■^gr. 30). On croit que la forme et le caractère de ce bouclier sont conservés dans la large des Écossais des hautes terres.

CETRATUS. Qui porte la petite targe ronde appelée cetra; c'était une arme caractéristique de quelques nations barbares , et non des Romains (tires. li. C. I, 70).

CHALATORlUS.i!'M«/.5(è7itTovo;,sousentendu l^6.!Ï), corde par laquelle une vergue est élevée et abaissée sur le mât, et qui répond à ce qu'en termes de marine

CHALCIDICCM.

CHALCIDICCM.

on appelle aujourd'hui drisse. Elle était fixée au milieu de la vergue et passée par une poulie attachée au màt : de là son extrémité descendait sur le pont, où les matelots s'en servaient à volonté (Veget. Mil. IV, 15). Ce mot vient probablement de ycû.du), relâcher, desserrer ou abaisser, et il se rapproche du mot yaXivôç, qui désignait une amarre des matelots grecs.

CHALCIDICUM (XaJxtSiJcov). Portique large, bas et profond, couvert d'un toit qui lui était particulier; supporté par des pilastres et attaché à l'entrée de face d'un édifice où il protégeait la porte principale et formait pour tout l'édifice une vaste entrée (Becchi, del Calcidio e délia cripta di Eumachia, § 21-43), ainsi qu'on le voit par la gravure ci-jointe, qui représente ime construction d'un caractère semblable , subsistant encore au-devant de l'ancienne église de S. Giorgio in Velabro, à Rome; c'était , à ce qu'on croit , l'emplacement de la Basilica Sem|)roniana au Forum Boarium. Ces constructions tirèrent leur nom de la ville de Chalcis (Festus, s, 1),), parce qu'elles y furent employées, on peut le présumer, pour la première fois , ou qu'elles y étaient plus usitées qu'ailleurs. On les ajoutait aux édifices particuliers aussi bien qu'aux bâ-

faisaient leurs affaires; on les ajoutait aussi aux palais des rois et des grands personnages (Hygin. Fab. 184 ; Auson. Perloch. Odjss. 23; Prorop. de Mdific. Justin. I, 10); aux basiliques, à la fois cours de justice et bourses pour les marchands, où elles servaient à abriter les denrées dont on trafiquait à l'intérieur; à la curie, hôtel de ville et palais du sénat (Dion Cass.LI, 22; August. Mon. ^ncyran. ap.

Grut. p. 232, 4); il est probable que les esclaves y attendaient leurs maîtres , et qu'elles servaient d'asile à la foule qui se rassemblait naturellement auprès de tels lieux par curiosité ou pour affaires. Le caractère extérieur et l'aspect de ces monuments sont suffisamment indiqués par la gravure précédente ; et leur plan général, relativement au reste de l'édifice, par la suivante, qui donne le plan d'un monument considérable élevé à Pompéi par la prêtresse Eumachia et consistant en une galerie fermée {crjpta, a), une galerie ouverte (/JorficHi, b) qui y confine et qui enferme une cour ou area (c) au

timents publics, non comme un pur ornement de la façade, mais comme un abri jjour les personnes qui attendaient au dehors leur tour d'être admises ou qui y

centre; le tout est couvert d'une vaste entrée faisant face au forum avec le nom

CbAtotLCHCà.

CHELE.

de CHALClDlcrm inscrit sur une table de marbre fixée à la muraille.

CHAMULCHUS (xajjLouXxô;)- Sorte de baquet employé pour transporter des matières pesantes, telles que de gros blocs de marbre, des colonnes, des obélisques, etc., qui sont é tendues sur le sol. Ce mot vient de j(a(j.(xi, à terre, et D.xw, tirer. Ces baquets étaient probablement semblables à ceux dont ou se sert encore maintenant pour le même objet (Ammian. XVII , 4, 14).

CHARACTER (xapa)ctyip).En général tout signe ou toute marque , gravée ou empreinte sur toute espèce de matière , comme une devise sur des médailles , des sceaux, etc., et, dans un sens plus particulier, la marque faite au fer rouge sur les flancs des bœufs, des moutons ou des chevaux, pour distinguer les races, constater la propriété, et pour d'autres desseins de même nature. La gravure repré-

sente cette marque sur un cheval de course d'après un petit bronze antique (Columell. XI, 2, 14).

2. Instrument en fer avec lequel on faisait de telles marques (Isidor. Ôr'ig . XX, 7).

CHARISTIA (yapiffTiiz ou yjxpmma.) .

Fêtes des charities, banquet de famille auquel on n'invitait que des parents ou des membres de la même famille, et dont le but était de terminer tous les différends qui pouvaient s'être élevés entre eux, et de maintenir toute la famille dans l'amitié et l'union (Val. Max. ii, 1, 8 ; Ovid. Fast. II, 617). On célébrait cette fête le 19 février (vill Cal. Mari.) ; ce jour avait reçu le nom de « jour des parents » lux propinquorum (Mart. Ep. IX, 56).

CHARISTION (xap'.CTTiwv). Tout instrument pour peser ; mais quel en était

le véritable caractère, en quoi différaitil de la balance {librà) et de la romaine (statera), on l'ignore (luscript. ap. Don. cl. 2, n°67; Not. Tires, p. 164).

CHARTA (xâpTYii;). Papier à écrire, dont Pline énumère huit espèces différentes {H. N. XII, 23) : 1. Jugustana, appelé dans la suite Claudiana, papier de première qualité; 2. Liviana, seconde qualité.; 3. Hieratiea , primitivement la meilleure et la même que la charta régla de Catulle (xix, 10); 4, 5, 6, ^mp/iitlieatrica, Satica, Leueotica, qualités inférieures , nommées d'après le lieu de leur fabrication; 7. Fa««/a/7a , papier fabriqué à Rome, et qui tirait son nom du fabricant Fannius;8. Emporetica, papier grossier dont on ne se servait pas pour écrire , mais seulement pour envelopper des marchandises : de là son nom, tiré d'un mot grec qui signifie marcliandise. On peut ajouter à cette liste : 9. Charta dentata , papier dont on avait adouci et poli la surface en la frottant de la dent de quelque animal : il était brillant et laissait glisser la plume comme notre papier satiné (Cic. Q, Pr.

II, 15; Plin. H. JV. xili, 25); enfin, 10. Charta bibula, papier transparent qui buvait et laissait voir les lettres (Plin. Epist. VIII, 15, 2; comparez Plin. H. N. XIII, 24).

CHELE {yiy\ki\). Mot grec qui signifie pied fourchu ; pattes crochues et dentelées en scie comme celles d'un crabe ; serres d'oiseau, ou pattes de bêtes féroces : de là vient qu'on emploie aussi ce mot pour désigner plusieurs instruments différents qui ont dans leur forme o'i dans l'usage qu'on en fait une ressemblance avec un de ces objets : ainsi une aiguille à coudre, un bri se-lames pour défendre l'entrée d'un port quand il a la forme d'une patte ouverte ( voyez le plan du port d'Ostie au mot PoRTUS , lettre k) ; des pinces ou des tenailles, dont les extrémités sont recouri)ées comme des pattes, etc. Chez les Romains, pour une raison analogue, on donne le même nom à une certaine partie des machines de guerre , telles que la ballisla et le scorpio , qui étaient une sorte de patte faite pour s'ouvrir et saisir la détente

CUELOMUM.

CHIRAHAXIUM.

OU la corde de la machine; elle la tirait en arrière pour produire le contre-coup qui lançait le trait (Vitruv. x, II, 7 ; id. X, 10, 4).

CHELONIUM (xeXwviov). Crampon ou collier fixé aux extrémités des montants d'une certaine machine qui remuait de pesants fardeaux {machina tractoria). On y introduisait le pivot [cardo) d'un essieu qui tournait avec la roue (sucula) ; il ressemblait au crampon dans lequel se mouvait l'essieu d'un plaustrum (Vitruv.

2. Crampon du même genre fixé au sommet d'un montant dans une autre espèce de machine pour lever les fardeaux (poljspaston) ; on y attachait les poulies (Iroc/ilese) (Vitruv. X, 2, 8).

3. Pièce particulière d'une catapulta appelée aussi pulvinus (Vitruv. x, 1 0, 5).

CHELYS (xéXuç, /eXcivri). Mot grec introduit dans la langue latine par les poètes; mais le vrai mot latin est Tes- TUDO. Voy. à ce mot les différents sens de c/ielys, et les gravures qui les expliquent. '

CHENISCUS (x^iviaxoç). Ornement ' qui ressemblait à la tète et au cou d'une oie ixh'^), et qu'on plaçait quelquefois à l'arrière des vaisseaux (Apul. Met. xi, p. 260), mais qui , plus fréquemment , dans les monuments anciens, se trouve à l'avant. La gravure représente trois de ces

ornements : celui du centre, plus détaillé, est tiré d'un ancien bas-relief dont on a une copie au Musée Britannique ; le second, à main gauche, sur l'arrière, de la colonne Trajane; et le troisième, à main droite, sur la proue, du Virgile du Vatican. CHENOBOSCION (xTivo6oaxeiov). Enceinte dépendant d'une maison de campagne ou d'une ferme ; elle servait à nourrir et à garder des oies , dont on

avait de grandes troupes dans quelques propriétés (Varro , /f. B. xil, 10, 1).

Cette enceinte consistait e-.i une cour spacieuse située en dehors de la ferme et de ses bâtiments (Columell. vili, 1, 4), entourée d'un mur haut de 2'",74, qui formait les derrières d'une galerie ou colonnade ouverte {por tiens) , sous laquelle étaient placés les poulaillers (liarx) pour les oies. Ces poulailliers étaient en maçonnerie ou en briquelage; ils avaient chacun 0"',9l carrés et étaient fermés sur le devant par une porte. On choisissait, quand on le pouvait, un emplacement près duquel était un cours d'eau ou une mare; autrement on creusait un réservoir, et, dans le voisinage, ou à côté, on avait une prairie, ou naturelle ou artificielle , si le sol le demandait (Columell. VIII, 14, 1-2).

CHILIARCHUS ou CHILIARCHOS (yiXtâpxiQÇ ou ytXtapyoç). Commandant de mille hommes ; mot employé spécialement par les Grecs pour désigner le visir persan (Xen. Crrop- il, 1, 23; Nepos, Con. 3), et appliqué par les Romains au commandant des soldats qui montaient une flotte (Tac. Ann. xv, 51).

CHIMjERA (x.i(iaipa). Littéralement , chèvre dont les poètes et les artistes de la Grèce firent un monstre qui lançait du feu et qui était un composé de trois animaux différents ; il avait la tète d'un lion et le corps d'une chèvre sauvage qui se terminait en une queue de dragon. La fable racontait qu'il avait été tué par Bellérophon (Hor. Ovid. Tibull. Hom. etc).

CHIRAMAXIUM (xEipaciAàÇiov). Fauteuil de malade à roues , que les mains d'un esclave pouvaient pousser en avant ou retirer en arrière , de la même manière qu'on le pratique encore maintenant. (Petr. Sat.

28, 4). La figure ci-jointe représente un fauteuil de marbre qui est aujourd'hui au Musée Britannique, mais qui, dans l'origine, appartenait aux bains d'Antonin à Rome.

CBIRIDOTA.

CHIHONOMIA.

OÙ il servait saus doute comme sella balnearis ou pertusa; les deux petites roues sculptées comme ornements sur les côtés et à l'imitation du fauteuil mobile en bois des malades , dans lequel ou les conduisait aux bains et on les en ramenait, établissent à la fois le sens du mot et montrent l'accord sur ce point des habitudes des anciens avec les nôtres. CHIRIDOTA (x£tpi3wTÔ;,sc. x'twv).

Mot grec et adjectif, employé quelcpiefois comme substantif par les Romains (Capitolin. Perlinax,S). On donnait ce nom à une tunique dont les longues mancbes allaient jusqu'à la main ( ytif ), et qui caractérisait particulièrement les races asiatiques et celtiques. On en voit un spécimen dans la figure ci-jointe, détacliée du groupe de Niobé, qui représente le gouverneur (psedngogus) des jeunes enfants :

on choisissait d'ordinaire ces gouverneurs parmi les habitants de l'Asie Mineure. En Grèce , aucun homme, et à Rome, personne dans les temps anciens, ne portait de tunique à manches, excepté ceux qui affectaient des mœurs étrangères ou qui étaient lâches et efféminés. Aussi, quand on parle de personnes ainsi velues, c'est toujours avec une idée de blâme (Scipio Air. ap, Gell. VII, 12, 2; Cic. Cat. n, 10; Suet. Cal. 52 ). Mais en Grèce et à Rome on permettait ces tuniques aux femmes , comme le prouvent de nombreux monuments dus aux artistes tant grecs que romains, et comme on le voit dans la gravure ci- jointe , prise d'une peinture de Pompéi ; de là le sarcasme qu'on lit dans Virgile {Mn . ix , G 1 6) ,

où les Troyens sont appelés femmes et non plus hommes , parce que leurs tuniques avaient de longues manches.

CHIRONOMIA (x£ipovo[i.îa). Art de gesticuler ou de parier avec les mains et par gestes , avec ou sans le secours de la voix (Quint, i, 11, 17). Cet art remontait à une haute antiquité et était d'un grand usage chez les Grecs et chez les Romains, au théâtre et à la tribune : c'était une nécessité résultant de leur habitude de s'adresser à de nombreuses assemblées en plein air, assemblées dont la majorité n'eût pu comprendre ce qu'où disait sans le secours de quelques signes de convention qui permettaient à l'orateur de parler à l'œil aussi bien qu'à l'oreille de son auditoire. Ces signes consistaient dans certaines positions des mains et des doigts, dont le sens était universellement reconnu et familier à toutes les classes. La pratique en était réduite en un système régulier, dont on retrouve quelques traces parmi la populace de Naples , on y soutient de longues conversations seulement en gestes et sans qu'un mot soit prononcé. 11 est difficile de traiter une telle question avec détails dans un ouvrage comme le nôtre. Toutefois l'action e le-mème est souvent représentée sur les vases grecs et sur d'autres monuments de 1 art antique par des signes si clairement expriniés et tellement semi)lal)les pour le caractère à ceux qu'on emploie encore à Naples , qu'un lazzaroneordinaiie, sion lui montre une de ces compositions , en expliquera

du premier coup le sens, qu'un savant avec toute son instruction ne pourrait deviner (lorio , Mimica dcgli Anticlii, p. 369). Dans la gravure ci-jointe , par exemple ,

CUIROKOMOS.

CHLAMYDATUS.

qui est prise d'un vase d'argile grec, il est évident que les deux femmes sont engagées dans une querelle ; que la première à gauche, qui se porte en avant et qui dirige vers l'autre son index pour la désigner, la charge d'une accusation que dicte le dépit; tandis que le mouvement en arrière de la Ggure à main droite, le jeu de son instrument tout à coup interrompu , ses bras ouverts et levés , offrent une expression fort naturelle de surprise , soit réelle, soit feinte. Quant à cela, tout le monde l'eût deviné. Mais le sujet de la querelle.'' 11 est indiqué par la position des mains et des doigts. C'est une querelle d'amour qui vient de la jalousie : car le geste employé par un Napolitain d'aujourd'hui pour signiGer l'amour, et qui consiste à joindre le bout de l'index et celui du pouce de la main gauche, est un de ceux que fait la première figure ; tandis que l'autre femme n'exprime pas seulement la surprise par son attitude, mais encore, en levant sa main droite vers son épaule, en tenant tous ses doigts ouverts et droits, elle nie l'accusation et s'en déclare indignée ; car tel est le geste employé par un Napolitain pour signifier une dénégation, surtout quand l'inculpation excite son étonnement et son déplaisir.

Ainsi ce petit nombre de gestes représente un long dialogue. La cause de la querelle est sans doute le faune assis, qui, pendant qu'il affectait de jouer si résolument entre les deux demoiselles iriitées, a été découvert faisant des signes imprudents à la nymphe au tambourin.

Son ancienne passion, qui est derrière lui, les a aperçus.

CHlRONOMOSetCHlRONOMON (x£tpov6{ioç etxeipovo(jLtôv). En général, toute personne qui se sert de l'art de gesticuler pourexprimer sa pensée sans le secours du langage, comme on l'a expliqué dans l'article précédent; de là, acteur qui exécute des pantomimes sur un théâtre (Juv. Sat. VI, 63), et quiconque s'acquitte d'un devoir à remplir arec des mouvements réguliers, étudiés ou pareils à ceux de la scène. C'est pour cette raison que le même terme est appliqué par les satiriques à l'esclave qui découpait les plats dans de grands festins en agitant pompeusement

son couteau (Juv. Sat. v, 121 ; cf. Pctr. Sat. 36).

CHIRURGUS (xetpoupYÔ;). Chirurgien qui fait des opérations, distinct du médecin ordinaire. Le médecin romain (mediciis) des premiers temps exerçait ces deux fonctions de l'art de guérir; mais, vers le temps de Tibère, la chirurgie commença à devenir une profession distincte (Cels. Prœf. VII ;Recker, Gallus,'ç. 224, trad. angl.).

CHLAMYDA. Même sens que Chla- MYS. (Apul. Met. XI, p. 256; Flor. Il, 16, 2).

CHLAMYDATUS (xX3t!Aw8wTÔç). Vêtu de la chlamys ou manteau grec : ce vêtemens prêtait, par sa nature, à ce qu'on le portât d'un grand nombre de manières qui avaient toutes des caractères différents, mais auxquelles on s'étudiait à donner une Iwnne tournure et de la grâce (Ovid. Metamorplios. H, 133). Les plus simples et les plus usuelles étaient les suivantes :

1. La partie la plus étroite du manteau (voy. la figure à main droite, au mot Chlahys ) était passée par derrière autour du cou, et on en ramenait les deux coins au-devant de la gorge, où ils étaient réunis par une boucle , une agrafe ou une broche, de telle sorte qu'on en pouvait rejeter les pointes derrière les épaules (demissa ex- humeris, Virg. £n. iv, 263) : le milieu ou la partie la plus longue pendait alors par derrière jusqu'aux genoux, comme on le voit par la figure ci-jointe, prise de la frise des Panathénées qui est au musée britannique.

2. Ou bien, un pan de la partie étroite de la figure à main gauche, au mot Chlamys , était rabattu de manière à former une ligne plus longue, puis attaché de côté sur l'épaule droite par une broche , etc.; de cette sorte, le manteau enveloppait complètement le bras gauche et laissait découverts le bras et tout le côté droits, pendant que les quatre coins pendaient du même côté parallèlement l'un à

CifLAItfrS.

CHObAdCS.

l'autre, deux par devant et deux par der-

rière , comme le montre la figure cijointe, prise d'un vase grec.

3. Ou bien encore, on en passait un côté sur la poitrine et on le jetait sur l'é-

paule gauche, il enveloppait ainsi complètement la partie supérieure de la perionue jusqu'aux poignets (Apul. Flor. n, 15,2). Cette disposition était surtout adoptée pour aller à cheval, comme le montre la figure ci-jointe , prise de la frise des Panathénées qui est au musée britannique.

CHLAMYS (x).a!AÛc). Manteau léger et court, venu des hai)itants de la Thessalie ou de la Macédoine : c'est de là qu'il fut importé dans les autres parties de la Grèce, et qu'il devint le vêtement de cheval ordinaire des jeunes gens d'Athènes , depuis le moment où ils étaient Içrfioi jusqu'à l'âge de la virilité (Plut. Alex. 26; Pollux, X, 124; Apul. Met. x,

p. 233). Il consistait en un carré obibng d'étoffe auquel on attachait des deux cô-

tés une pointe (TtTt'puÇ), quelquefois de la forme d'un triangle rectangle, et d'autres fois d'uu triangle obtusangle; de telle sorte que le tout, quand on le déployait, faisait un manteau de forme et de dimension semblables aux figures que nous avons données ci-dessus. Les manières différentes dont on l'ajustait et dont on le portait sont décrites et expliquées dans l'article précédent.

2. A proprement parler, la chlamyde faisait partie du costume national des Grecs , mais non de celui des Romains, bien que certains personnages de ce peuple l'aient adoptée accidentellement, même à une époque ancienne ; ainsi, on cite L. Scipion etSylla (Cic. Rabir. Post. 10 ; Val. Max. m, 2 et 3), mais comme des exceptions. Dans quelques cas aussi ce vêtement est prêté aux femmes, à Didou par Virgile (^/i. IV, 137), et à Agrippine par Tacite {Ann. xil, 56).

CHORAGIUM (xopiiyiov). Mobilier, décors, costumes, etc. , appartenant à un théâtre, qui sont nécessaires pour mettre une pièce sur la scène ; ce sont, comme nos acteurs les appellent, les accessoires (Festus, s. V.; Plaut. Capt. Prol. 60).

2. Vaste apjiartement derrière la scène, où l'on gardait les accessoires, ou peut-être dans lequel les acteurs, et pour le théâtre grec les chœurs, s'habillaient ou répétaient (Vitruv. V, 9, 1 ;Demosth. defalsa Légat. 200). 11 formait une des dépendances construites dans les portiques spacieux sur lederrière d'un théâtre (Vitruv. /. c), comme on peut le voir par le plan du théâtre de Pompée, donné au mot Thkatrum.

3. Espèce de ressort dans les machines hydrauliques (Vitruv. x, 8, 1 ),

CHORAGUS. Celui qui fournissait les décors, les ornements, les costumes, etc., nécessaires pour mettre une pièce en

CH0RAVLE9.

caoBS.

scène à Rome ; quelquefois il faisait ces dépenses à ses frais, mais le plus souvent il ûisposaii de fonds sur des contributions imposées à tous les citoyens et que lui remettaient lesédiles(Plaut. Pers.l, 3,78).

2. (Xoprifô;). Chez les Grecs, le chorége était celui qui faisait les dépenses pour monter un clweur, et celui qui conduisait le chœur était quelquefois désigné par le même uom .

CHORAULES et CHORAULÂ (xopaO- Xti;). Musicien qui accompagnait sur la double flûte le chœur du théâtre grec, ou, en général , des chanteurs dans un concert , par opposition à l'aulœdus, qui

jouait des solos sans accompagnement vocal (Suet. Galb. 12; Plin. //. N. xxxvil, 3 ; Mart. Ep. IX, 78). On voit le costume et l'instrument de ces exécutants dans la figure ci-jointe, prise d'un dessin de Fulvius Ursiuus, à la bibliothèque du Vatican, faild'après une statue découvertesur la voie Appieuue et portant inscrit sur sa base le mot Choracles.

CHOREA (xopsta). Danse en chœur,

c'est-à-dire dans laquelle ceux qui l'exécutent se prennent par la*main, forment uu cercle et dansent au son de leurs propres voix, comme le représente la gravure, tirée d'une peinture dans les bains de Titus, à Rome (Virg. Cul. 19 ; Ovid. Met. via, 681 ; Claud. B. Gild. 448).

CHOROBATES. lustrumeut employé pour prendre le niveau de l'eau et celui du pays par le(|uel on doit la conduire (Vitruv. VIII, 5, 1 ).

CHOROCITHARISTA. Musicien qui accompagne un chreur de chanteurs sur la citliara (Suet. Dom. 4).

CHORS, CORS ou COHORS (xôproç).

Ferme ou cour de ferme constituant une des dépendances principales d'une maison de campagne, où tout le bétail, porcs, volaille, etc., était gardé, enfermé, et avait ses fourrages. C'était une large cour couverte de lilière dont on voulait faire du fumier pour les champs; elle avait un réservoiroîi l'on abreuvait lebétail quand on l'amenait pour la nuit ; elle était close par de nombreux bâtiments comprenant des hangars pour les chars, les charrues et les instruments de labourage, ainsi que

des écuries, des étables à porcs, des étables pour le bétail et autres animaux domestiques {turba cortis, Mart. Ep. III, 58), qui formaient le mobilier vif de la ferme (Varro, L. L. V, 88; R. R. 1, 13, 2 et 3 ; Vitruv. vi. G, I). La gravure ci-jointe, qui représente la cour dans laquelle les compagnons d'Ulysse furent gardés quand ils étaient changés en porcs, d'après une miniature du Virgile du Vatican, servira à donner une' idée du plan et du caractère général d'une ancienne cour de ferme et de ses dépendances.

2. Bergerie faite de claies et de filets, et établie sur les lieux où paissaient les troupeaux pour les protéger pendant la nuit (Varro, 71. R. ii, 2, 9). C'était aussi une enceiute permanente , entourée de

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