‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 71 sur 327 · Columbaria, pluriel ( TpuxrifiaTa · texte numérisé non relu

Columbaria, pluriel ( TpuxrifiaTa

Ouvertures pour les rames, par lesquelles les rames s'avançaient de l'intérieur d'un vaisseau ( Isidor. Orig. xix, 2, 3; cf. Festus, a>. Navalis Scriba) ; elles étaient appelées ainsi parce qu'elles ressemblaient aux niches d'un pigeonnier, comme on le voit clairement par la gravure, qui représente deux ouvertures pour les rames ^^A d'un côté du vaisseau, d'après le Virgile du Vatican. Ainsi s'explique le sens du mot columbarius dans un

COLCMELLA.

COLCMNA.

fragment de Plaute, où il signifie un rameur avec une idée de mépris.

b. Columbaria, pluriel (ÔTtat). Cavités ou trous dans les murailles d'uu édifice qui forment un lit sur lequel les têtes des poutres (ligna) reposent (Vitruv. iv, 2, 4). Voy. la gravure du mol Materiatio, lettres cf, d, d.

&. Columbaria (pluriel). Ouvertures pratiquées dans l'axe d'une espèce particulière de roue à bras ( tjmpanum ) pour élever de l'eau. L'axe en question élait un cylindre creux, et l'eau, élevée parles tours de la roue, entrait dans l'axe par ses ouvertures et se déchargeait par l'extrémité dans l'auge faite pour la recevoir (Vitruv. X, 4 ). Mais on comprendra mieux tout le mécanisme en se reportant à l'article Ttmpanum, 6.

COLUMELLA (otuXiç). En général, diminutif de COLCHNA..

2. ((TTiriXiStov). Petit cippus ou pilier court élevé sur une tombe comme pierre tumulaire (Cic. Leg. ii, 26).

3. Columella ferrea. Forte barre de fer, faisant partie du trapetum ou machine à broyer les olives (Cato, R. R.

20 et 21 ). Voy. Trapetcm , et la gravure sur laquelle cette barre est représentée par la figure 4.

COLUMEN. La plus haute poutre dans i a charpente d'un toit, foi mant la pièce qui couronne tout le reste (Vitruv. iv, 2. 1). Voy. Materiatio et la gravure sur laquelle elle est marquée h, b.

COLUMNA (îiiwv, ffTÙXoi;). Colonne employéedans l'architecture pour supporter l'entabiement et le toit d'un édifice. Elle se composait de trois par'ies principales : le chapiteau (capitulu./i), le fût (scapus) et la base spira). La colonne était, de p!us, élevée dans trois style sou

onlres principaux qui paient chacun des formes caractéristiques et distinctives ; les personnes mêmes qui n'étaient pas du métier pouvaient facilement les reconnaître par la différence des chapiteaux. 1 " Dorica, colonne de l'ordre dorique, représentée dans la gravure ci-joinle, qui offre une vue

du Parthéuon, d'après l'Encyclopédie de l'Architecture de Gwilt; c'est la plus ancienne, la plus massiveet la plus lourde de toutes : elle n'a pas de base, et le chapiteau en est fort simple. (Voy. Capitdldm» 1 et 2). 2° lonica, colonne de l'ordre iol nique, la seconde pour la légèreté : elle a

une base, et son chapiteau est déroré de volutes (Voy. Gapitulcm, 3 et 4). 3° Corintliia, colonne de l'ordre corinthien, la plus légère de toutes, avec une base et une plinthe, dont le chapiteau, assez considérable, est orné de feuillage. (Voy. Ca- PITDLOM, 6). Ou y ajoute (|uel(|uefois : 4" Ttucanica, colonne de l'ordre toscan, connue seulement par Vitruve, et qui ressemble beaucoup au dorique romain ; et 5° Composita, colonne de l'ordre composite, ordre mêlé et formé par la combinaison des volutes de l'ordre ionique avec le feuillage de l'ordre corinthien.

Ce support, le plus parfait et le plus beau de tous ceux de l'architecture, eut, comme c'est l'ordinaire , les commencements les plus simples. Quelques fortes perches ou les troncs droits des arbres , enfoncés dans le sol pour supporter une pièce de bois transversale sur laquelle reposait un toit de branchages ou de paille, forma le premier fût (scapus) d'une colonne. Quand une tuile ou une tablette de bois fut jilacée sous l'extrémité inférieure du tronc pour former comme une sorte de fondement et empêcher le fût de s'enfoncer trop avant dans le sol, on eut la première idée d'une base (spira), et une tuile ou une tablette semblable, placée au haut du tronc, pour que la poutre transversale ou l'architrave reposât sur une plus large surface, fut le premier chapiteau. C'est ainsi que ces éléments si simples, travaillés par le génie et l'industrie des époques successives, produisirent les traits nombreux qui distinguent les ordres de l'architecture. Expliquer les qualités particulières de chacun de ces ordres serait un détail mieux placé dans le travail d'un architecte que dans ce Dictionnaire : il faudrait pour cela des dessins étendus et des explications minutieuses qui ne sont point nécessaires pour un jeune étudiant ou pour le commun des lecteurs. Il est un point cependant qu'il faut se rappeler sanscesse, c'est que la co/ttTO/ia de l'ancienne architecture implique toujours, non pas un support fictif, mais un support réel; car ni les Grecs ni les Romains, jusqu'au moment de la décadence des arts, n'employèrent jamais les colonnes, ainsi que le font les modernes dans

leurs édifices , comme un ornement superflu ou un simple accessoire, mais bien comme une partie principale et essentielle de la construction, qui fût tombée immédiatement en pièces si l'on avait retiré ce support. Il faut se souvenir que l'emploi abusif de colonnes réunies, ou deux à deux, ou par groupes , encastrées, scellées, etc., ne pénétra jamais dans l'architecturegrecque ; car la beauté particulière delà colonne consiste dans son isolement, grâce a uquel elle présente une variété infinie de points de vue et de changements de scène à chaque mouvement du spectateur, soit qu'il voie les colonnes sur un rang ou sur une file.

2. CoUimna cochlis. Colonne au centre de laquelle est un escalier en spirale ou en limaçon pour monter au haut (P.

Victor, de Reg. Urb. Rom. c. 8 et 9). Elles avaient différentes destinations , mais elles servaient surtout comme colonnes honorifiques pour porter à leur sommet la statue d'une personne dont elles devaient rappeler les actions ou la mémoire. Deux colonnes de ce genre subsistent encore à Rome, l'une élevée en l'honneur de l'empereur Trajan, qui est représentée dans notre gravure, et à côté de laquelle on voit une coupe montrant à l'intérieur l'escalier en spirale; elleavait, avec la statue de l'empereur, remplacée maintenant par celle du pape Sixte V, 1 30 pieds de haut ; l'autre, de même

COLUMtfA.

COLCMNARltS.

genre, a été élevée en l'honneur de l'empereur Marc-Aurèle Antonin. Toutes deux sont couvertes à l'extérieur des bas-reliefs en spirale, dont nous avons tiré plusieurs figures pour ce Diclioiuiaire.

3. Columiia rostrala. Colonne ornée d'images le long du fût, qui représentent des proues (rosira) de vaisseaux (Virg.

Georg. II, 29; Servius, ad /.). On les élevait pour rappeler la mémoire des personnes qui avaient remporté une grande victoire navale, et notre gravure représente celle qui fut érigée en l'honneur de C. Duilius (Plin. H.

N. XXXIV, 11), après son engagement avec la flotte carthaginoise, 261 avant J.- C. On la conserve maintenant au Capitole de Rome , avec une partie de l'inscription au-dessous, détaillant le nombre des vaisseaux et la quantité du butin qu'on prit après la bataille.

4. Columna Beliica. Petite colonne élevée devant le temple de Bellone , qui était situé près de la Porta Carmentaiis e\.AwCircus Maximus, et contre laquelle les Romains des premiers temps avaient l'habitude de lancer un javelot quand ils allaient déclarer la guerre (Festus, s. v. Bellona; Ovid. Fast. vi, 200).

5. Columna Mœnia. Colonne érigée dans le forum de Rome, à laquelle les esclaves , les voleurs et autres coupables étaient attachés pour être châtiés publiquement (Cic. Sext. 58 ; Div. Verr. 16 ; Âscon. ih.).

6. Columnie Herculis. Colonnes (T Hercule ; cette expression désignait , dans l'origine, deux colonnes en forme de pyramides que les Phéniciens avaient l'habitude d'élever dans le cours de leurs longs voyages, comme des phares et des bornes qui les aidassent à reconnaître les côtes particulières , dans leurs voyages subséquents ; ils les dédiaient à Hercule et à Astarté, leur soleil et leur lune. On voit clairement ces colonnes dans la gravure ci-jointe, prise d'une monnaie tyrieiine, où les deux colonnes avec le phare sur le devant, la conque au-dessous , dont le maître du

vaisseau sonnait pour annoncer sou arrivée dans le port ( voir Bucinator), et l'arbre représentant le pays, expliquent assez la nature de l'objet représenté. On trouve des restes de pareils monuments ou d'autres qui leur ressemblent dans la partie occidentale de l'Angleterre, en Chine, en Afrique. Tacite les mentionne

(Germ. 34) comme existant de son temps sur la rive orientale du Rhin , dans le pays des Frisii (Frisons). Chez les Grecs et les Romains , c'étaient les deux montagnes pyramidales du détroit de Gibraltar, Calpé et Abyla (Gibraltar en Europe et Ceuta en Afrique), qui étaient nommées les Colonnes d'Hercule, à cause de la ressemblance qu'elles ont de loin avec les colonnes phéniciennes décrites ci-dessus.

Ils inventèrent une fable en l'honneur de leur héros pour rendre compte du nom (Mêla, i, 5; Plin. H. N. m, Procem.).

7. Poinçon ou poinçon de comble dans un toit en charpente, pour supporter les étais (capreoli) et les chevrons (can-

therii) : marqué D dans la gravure (Vitr. IV, 2, 1).

COLUMNARIUM. Taxe romaine levée sur les propriétaires ou les occupants , pour le nombre des colonnes contenues dans les maisons ou autres édifices qui leur appartenaient (Cic. yitt. xui, 6).

COLUMNARIUS. Misérable ou peutêtre débiteur insolvable , c'est-à-dire

It

COLUBIA.

quelqu'un qui avait dû être châtié à la colonne Mxnia (Cael. ad Cic. Fam. VIlI, 9).

COLURIA. Segments circulaires de pierre placés l'un au-dessus de l'autre pour former une colonne, quand la colonne est faite de pièces rapportées au lieu de l'être d'un bloc entier de marbre (Sidon. Ep. Il, 2); mais la leçon n'est pas certaine.

COLUS {r{ka.-/.6.it)) . Quenouille faite ordinairement d'un bâton de canne d'à

Ceu près 0™,91 de longueur et fendu en aut de manière à s'ouvrir et à former une sorte de corbeille pour contenir la laine ou le lin qu'on voulait filer, comme on le voit par la figure à main droite de la gravure ci-jointe, tirée d'un original égyptien du musée Britannique.

L'anneau qui l'entoure est destiné à être mis sur la laine, pour tenir la masse entière réunie. Les paysans d'Italie, de nos jours,- font leurs quenouilles précisément de la même forme et avec la même matière. Quand la quenouille était remplie de laine, on la désignait par des épithètes comme compta ( Pliu. H. N. viii, 74), plena (TibuU. I, 3, 86), ou lana amicta (Catull. 64, 312); et la figure à main gauche la montre dans cet état d'après un bas-relief du forum de Nerva à Rome : elle représente une femme avec la quenouille dans sa main gauche, le fil tiré et pendant (statnen), tandis qu'elle fait tourner le fuseau {fusus) avec les doigts de sa main droite. Comparez aussi l'article Neo, où la manière de filer et de se servir de ces instruments est décrite avec plus de détails.

COLYMBUS ()côXu{j.6oç). Dans la glose

d'Isidore, réservoir ( lacus ) où on lavait le linge ; de là bain pour nager ou se plonger ( Lamprid. Hel. 23; Prudent.

PeriSteph. U).

COMA (x6(i.iri). Cheveux; presque synonyme de cxsaries, mais impliquant le plus souvent le sens de longueur et d'abondance, c'est-à-dire des cheveux beaux et épais. Nous trouvons ce mot appliqué aussi à la crinière des animaux (Pallad. IV, 13, 2; Aul, Gell. v, 14, 2); à la crinière de cheval qui surmontait le cimier d'un casque ( Stat. Tlieb. viii, 389 ; cf. Chista), et souvent accompagné d'épithèles comme intonsa (Cic. Tusc.

III, 26), demissa (Prop. II, 24, 52), et autres semblables.

COMATORIUS. Voyez Acos, 2.

COMATUS {x.O[i.riTt]i). Dans un sens général, qui porte des cheveux longs et épais avec tout leur développement naturel (Mart. xii, 70; Suet. Cal. 35). On se sert particulièrement de ce mot pour caractériser les Germains (TertuU.

Virg. veland. 10) et les habitants de la Gaule transalpine, comprenant la Belgique, la Celtique et l'Aquitaine sous le nom de Gallia comata (Mêla, III, 2 ; Plin. H. N. iv, 31 ; Lucan. i, 443), à cause de l'abondance de leurs cheveux et de la manière dont ils étaient arrangés. Les artistes romains les représentaient uniformément comme dans la gravure ci-jointe, prise d'un sarcophage

découvert à la villa Amendola , près de Rome , et chargé de bas-reliefs qui donnent les détails d'un combat entre les Romains et les Gaulois.

COMES (àxôXouôoç). En général compagnon ou associé ; mais plus particuliè-

COMISSATIO.

rement domestique ou gouverneur qui accompagnait son élève à l'école et au sortir de l'école , dans ses promenades (Suet. /lug. 98; Tib. 12; Claitd. 35).

COMISSATIO ()cw(ioç, ffUfjiTOotov).

Réjouissances bruyantes, ou orgie qui commençait après la cœna et qui se prolongeait souvent jusqu'à une heure avancée de la nuit (Varro, L. L. VII, 89 ; Liv. XL, 13; Cic. Cœl. 15; Suet. TU.

7). Des scènes grecques de celte nature sont fréquemment représentées sur des vases d'argile (Mus. Borb. V, 51 ; Millin, ras. Antiq. II, 58 ; Tischbein , ii, 55; Winck. Mon. Ined. 200); dans ces scènes l'heure avancée est indiquée par les candélabres , la joie par la présence de Cornus et de génies ailés , et la débauche par la compagnie mêlée de courtisanes , de danseuses , de musiciennes et de chanteuses.

COMISSATOR (xwjxaffxini;, (jm\it:ô- TTiç). Joyeux compagnon qui se trouve mêlé à une comissatio ou orgie ( Liv. XL, 9 ; Cic. Cal. 28). Le comissator ne dînait pas toujours ( cœiiare ) avec son hôte, mais il était souvent invité à venir boire avec la compagnie après avoir dîné ailleurs; comme Habinnas vient de la cœna de Scissa à la comissatio de Trimalchio , Habinnas comissator intravit (Petr. Sat. 65 ; cf. Liv. XL, 7).

GOMITIUM. Place entourée d'une enceinte, attenant au forum romain et voisine de la Curia, où l'on tenait les comices centuriates et où l'on jugeait les procès (Varro, L. L. V, 155), Dans l'origine, elle était découverte et les assemblées étaient par conséquent souvent obligées de se dissoudre quand le temps était mauvais ; mais on la recouvrit d'un toit, pour obvier à cet inconvénient, lors de la seconde guerre punique ( Liv. xxvii, 36). Quelques murailles élevées qui subsistent encore au pied du mont Palatin, sont, à ce qu'on suppose , des restes de cet édifice.

COMMENTACULUM ou COMMOTA- CULUM. Baguette que les prêtres romains portaient dans les processions religieuses pour s'ouvrir un chemin et empêcher le peuple de s'avancer trop près d'eux (Feslus, s. V.).

COMPEDITUS. Qui a les fers ou les entraves aux pieds. Ce mot désigne plus spécialement un esclave qui était tou-

jours enchaîné, même en travaillant (Senec. de Tranq. 10; Plaut. Capt. V, 1, 23; Cato, R. R. 56; cf. Ovid.

Pont. l, 6, 31 ), comme les galériens de l'Italie moderne , dont les chaînes sont faites précisément de la même manière que celles que porte la figure ci-jointe, prise d'une pierre gravée qui représente Sature dans les fers. C'est un accessoire souvent ajouté par les Romains aux statues de ce dieu, mais qu'on retirait pendant ses fêtes, au mois de septembre (Stat. Sylv. i, 6, 4), où une liberté momentanée était aussi accordée aux esclaves, par allusion à la condition heureuse dont on supposait que l'humanité avait joui sous le règne de Saturne.

COMPES (tiéSyi). Chaîne ou entrave pour les pieds , comme on le voit par la gravure précédente et celle du mot Ca- TULCS.

2. Anneau d'argent ou d'or, porté par les femmes sur le bas de la jambe, pré-

cisément au'dessus de la cheville, comme un bracelet autour du poignet (Plin. If.

COMPITHM.

N. xxxiii, 54 ; cf. id. xxxiii, 12 ; Petr. Sat. 67), ainsi qu'on le voit par la gravure ci-jointe, prise d'une peinture de Pompéi qui représente Ariane. Les ornements de ce genre étaient laissés aux femmes des classes plébéiennes de Rome, aux courtisanes, aux danseuses et autres personnes de ce genre qui sortaient les pieds nus et montraient leurs jambes en partie, tandis que les dames et les matrones romaines les cachaient entièrement sous leurs robes longues et traînantes. C'est pour cette raisou qu'on ne voit jamais de pareils anneaux dans les peintures de Pompéi sur des figures qui portent des souliers, mais seulement quand le pied et la cheville sont découverts. LorsquePétrone, dans le passage cité ci-dessus, les place sur les jambes de Fortunata au-dessus de ses souliers, c'est pour ridiculiser l'étalage vulgaire que la femme d'un parvenu fait de sa fortune en inventant une mode qui n'est suivie que par elle.

COMPITUM. Lieu où se rencontrent deux ou plusieurs routes ; ce mot s'em-

ploie surtout en parlant de la campagne (Virç. Georg. ii, 382), par opposition à tr'mum qui se dit plutôt des rues d'une ville (Cic. Jgr. i, 33). Il était d'usage d'élever dans ces endroits des autels , des sanctuaires et de petits temples, où les habitants de la campagne accomplissaient des cérémonies religieuses en l'honneur des lares cornpitales , divinités qui présidaient aux carrefours (Prop. iv, 3, 54) : de là vient qu'on se sert quelquefois du mot compitum pour désigner une chapelle élevée dans un pareil lieu (Grat. Cyneg. 483 ; Pers. iv, 28). Tous ces détails sont expliqués par la gravure ci-jointe, prise d'un paysage trouvé à Pompéi.

COMPLUVIUM. Large ouverture car-

rée au centre du toit, qui couvrait les qua-

tre côtés d'un atrium dans une maison romaine , et vers laquelle ces côtés convergeaient pour faire descendre la pluie dans un réservoir (^impluvium), creusé dans le plancher immédiatement au-dessous , comme on le voit clairement par la gravure, qui représente l'intérieur d'un atrium de Pompéi restauré ( Varro, L. L.

V, 161 ; Festus, v. Impluvium; Vitruv.

VI, 3, 6). Dans un passage de Suétone {y4ug. 92), tout l'espace découvert, area, entouré par la colonnade , est appelé compliwium.

CONCiEDES. Barricade faite d'arbres abattus et placés en travers d'une route pour arrêter l'approche ou la poursuite des ennemis (Tac. ^nn. i, 50 ; Veg.

Mil. III, 22). Sur les colonnes de Trajan et deMarc-Aurèle les soldats, tant romains que barbares , sont fréquemment représentés abattant des arbres pour cette destination ou d'autres semblables.

CONCHA (xôyx^ ). Proprement coquillage , tel que la moule , l'huître perlière, etc. Comme différents ustensiles de ménage étaient faits des coquilles de ces poissons ou à l'imitation de leur forme, on donne communément le nom de conclia à de tels objets : ainsi, une salière (Hor. Sat. i, 3, 14); une coupe à boire (Juv. VI, 303) ; im vase à parfums (Hor. Od. II, 7, 22; Juv. vi, 419).

2. Conque ou coquille de Tritons ; les poètes et les artistes les représentent souvent sonnant de la conque au lieu de trompette (Plin. H. N. ix, 4 ; Lucan. ix, 394) ; alors la corxjue ressemble plus à la

CONCILIABULCM.

CONDITORIUM.

bucclna, comme on le voit par la gravure

ci-jointe, prise d'une lampe eu terre cuite.

CONCILIABULUM. Dans un sens général, tout lieu de réunion publique, mais plus particulièrement place où les habitants de la campagne avaient l'habitude de se rassembler à des époques flxes pour conclure des affaires , tenir des marchés et terminer des différends. Ces lieux ressemblaient à nos villes de marchés et à^assises, et aux places où doivent se tenir les foires (Festus, s. i;.; Liv. vil, 15; XXXIV, 1, 66; XL, 37).

CONCLAVE. Terme général, appliqué indifféremment dans une maison à toute pièce ou à tout appartement qui n'est pas traversé à chaque instant par tout le monde, mais qu'où peut fermer à clef, comme une salle à manger, une chambre à coucher, etc. (Festus, s. v.; Ter. Eun. m, 5, 35 ; Heaut. v, 1, 29; Cic' Rose. Am. 23 ; Or. Il, 86 ; Vitruv. VI, 3, 8 ).

CONCREPO. Voy. Crkpitcs.

CONCUBINA. Femme qui a contracté l'union particulière appelée concubinatus (Cic. Or. I, \Q;Dig. 25,7).

CONCUBINATUS. Proprement, union entre deux personnes de sexes différents, dans le genre du mariage; les Romains ne regardaient pas cette union comme immorale ou dégradante, tant que les deux parties restaient fidèles l'une à l'autre , quoiqu'elle n'eût aucune des suites attachées au mariage légitime. Elle avait lieu d'habitude entre des personnes de condition inégale , mais qui désiraient vivre ensemble, comme entre un sénateur et une affranchie; et, en fait, elle ressemblait complètement aux mariages dits morganatiques de tètes couronnées ou de princes avec des personnes d'un rang inférieur, qui, suivant la lettre des lois de certains pays, ne sont pas conformes à la politique ou à la légalité, mais qui ne

sont pas immoraux (Becker, Gallus ; Ulp. Dig.2b,l, 1;48, 5, 13).

CONCUBINUS. Homme qui contracte avec une femme l'union appelée concubinatus (CatuU. 61, 130; Quint, i, 2,8).

CONDALIUM. Anneau porté sur la première articulation (condjius, xovSu- Xo; ) de l'index (Festus, v. Condylus ; Plaut. Trin. iv, 3,

7 et 15). Les com- ^ — \^^.

mentateurs et les ^^<\^ ^ lexicographes infè- ^,^<^ \ rent du passage de '"^^^ ~ Plante (/. c.) que des anneaux de ce genre étaient particuliers à la classe des esclaves ; mais il ne semble pas que le condalium que Slasimus perd au jeu fût le sien ; c'était sûrement celui de son maître , et celui que nous donnons dans notre gravure est sur la main droite d'une statue de femme en bronze découverte à Herculanum. 11 y a cependant deux statues au Vatican (Visconti, Mus. Pio-Clem. III, 28 et 29 ), représentant toutes les deux des acteurs comiques ( dont l'un est certainement un esclave) qui portent des anneaux semblables sur la même articulation de l'index, mais à la main gauche,

GONDITIVUM (Seneca, Ep. vi). Même sens que

CONDITORIUM. Caveau souterrain ou sépulcre {descendit in conditorium, Petr. Sat. 111, 7), où un cadavre était déposé dans une case , sans être réduit en cendres (9\m. H. N. vu, 16), usage qui prévalut chez les Romains aux deux périodes extrêmes de leur histoire avant que la coutume de brûler les corps se fût établie et après qu'on l'eut abandonnée.

C'est là le sens exact du mot ; on le trouve

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