‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 72 sur 327 · CONÇUS · texte numérisé non relu

CONÇUS

CONGIARIUM.

aussi employé dans un sens plus général pour signifier un monument élevé au-dessus du sol (Plin. Ep. vi, 10, 5), et dans lequel on plaçait des urnes cinéraires. La gravure représente la section et le plan d'une chambre sépulcrale découverte dans le roc qui forme la base du mont Aventin, à une profondeur de 40 pieds au-dessous du sol ; le conduit qu'on voit au centre formait un escalier pour descendre dans le sépulcre, qui est une chambre circulaire, entourée extérieurement d'un corridor, ainsi que le montre le plan en miniature à main gauche, dans la partie supérieure de la gravure, 11 contient aussi des niches pour des urnes cinéraires qui peuvent avoir été faites à une époque ultérieure.

2. (XâpvaÇ). Coffre ou cercueil dans lequel on enfermait le cadavre quand on le plaçait dans le caveau (Suet. ^ug. 18 ;

Plin. H. N. XXXVII, 7). La gravure représente le cercueil de L. Cornélius Scipio Barbatus, qui fut découvert dans une sépulture souterraine de la gens Cornelia sur la voie Appienne. Il est en pierre de formation volcanique , de couleur grise (peperino), orné de denticules, de triglyphes et de rosettes sculptés sur les métopes ; la table du haut s'enlève comme un couvercle, et sur le côté est gravée l'épitaphe suivante, curieuse non-seulement en ce qu'elle nous apprend pour qui le cercueil fut fait, mais aussi comme spécimen authentique des commencements de la langue latine :

CORWELIVS . LVCIVS . SCIPIO . BAKBATVS . GNArVOD . PATRE . PftOGMATVS . PORTIS . VIR . SAPIE>.SgVE . QVOIVS . FORMA .

Fvrr . coifsoL. cbnsor . aidilis . qvei . pvit . apvd . vos.

TAVRA51A. CISAVNA.

SAlf NIO . CBPIT , SVBIGIT.OMTIE. I.OVCANA .OPSIDESQVB.

ABDOVCIT.

3. Magasin dans lequel on gardait les machines de guerre (Amm. xvill, 9, 8, 1).

CONDUS ou PROMUS CONDUS (voy.

Promus).

CONDYLUS. Même sens que CoNDA- LIUM (Festus, s. V.).

CONFARREATIO. Une des trois formes du mariage en usage chez les Romains ; on croit que c'était la plus ancienne , comme la plus solennelle ; car elle avait quelque chose d'une cérémonie religieuse, tandis que les deux autres n'étaient que des contrats civils. Cette cérémonie avait lieu en présence de dix témoins, du grand prêtre et du flamen dialis; elle était accompagnée de prières et du sacrifice d'une brebis dont on étendait la peau sur les sièges de la fiancée et du fiancé. Le nom de confarreatio venait d'un usage qui s'y rattachait, celui de porter un gâteau de farine (far) devant la fiancée , lorsqu'elle revenait après avoir été unie ( Arnob. iv, 140; Serv. ad Virg. Georg. I, 31; £n. iv, 374 ; Plin. H. N. xviil, 3). Un marbre ancien, représentant les cérémonies de la confarieatio, est donné et décrit par Bartoli {Àdmirand. pi. 68),et par Lumisden {Antiquities o/'i?o/ne,appendix lll) ; mais les figures en sont trop nombreuses et les détails trop minutieux pour se prêter à une rédaction adaptée à ce Dictionnaire.

CONFARREATUS. Romain marié par la cérémonie de la confarreatio ( Tac.

Ann. IV. 16).

CONGIARIUM. Largesse ou donation consistant en un certain nombre de congii remplis de vin , d'huile, de sel, etc. (Liv. XXV, 2; Plin. H. N. xiv, 17; XXXI, 41 ), que les rois, les consuls et les empereurs de Rome avaient coutume de distribuer an peuple à leurs frais (Suet. Nero, 7; VVm. Paneg. 25). C'est là le sens exact et primitif du mot ; mais, avec le temps , des largesses d'un autre genre, même d'argent (Suet. Aug. 41 ), furent désignées par le même nom , qu'elles fussent faites au peuple ou aux soldats (Cic. Mt. xvi, 8), quoique pour ces dernières le véritable nom fut donalivum. On distribuait le congiarîum de la manière suivante : celui qui le donnait était assis sur un tribunal élevé (suggestum) ; ceux qui devaient le" recevoir s'en approchaient un à un , et il

CONSECRATIO.

leur était remis une carte (fessera) sur laquelle était écrit le montant du don à recevoir, et qui était payable sur précentatioa dans les bureaux du donateur.

On voit tous ces détails dans la gravure ci-jointe, prise d'un l)as-relief de l'arc de Constantin à Rome. Dans quelques cas , cependant , ces cartes étaient jetées au hasard parmi la foule , qui devait se les disputer : on les appelait alors expressément mlssilia.

CONGIUS. Mesure romaine pour les liquides, contenant six sextarii ou douze heminx (Rhemn. Fann. </e Pond, et Mens. 70 ; Cato, R. R. 67 ). On eu voit la forme et la nature dans la gravure cijointe, tirée d'un modèle de l'époque de

Vespasien, connu maintenant sous le nom de congiiis de Farnèse. Les grandes lettres P. X. sont pour pondo decem.

CONISTERIUM (xovîfftpa). Appartement dans la palsestra ouïe gymnasium, dont le plancher était couvert de sable fin (xôviç), ou dans lequel on frottait de sable le corps des lutteurs après les avoir oints (Vitruv. V, 11 ).

CONOPEUMouCONOPIUM (xwvweoiv ou xwvwTteTov). Moustiquaire suspendu

sur un lit de repos ou sur des personnes reposant au dehors , pour en éloigner les cousins ou autres insectes importuns. Cet usage venait d'Egypte (Hor. Epod. ix, IG; Prop. m, II, 45; Varro, R. R. ii, 10, 8; Juv. VI, 80). Dans la première forme du mot la pénultième est longue.

CONQUISITORES. Espèce d'officiers recruteurs dont la fonction était d'aller chercher certains citoyens choisis par le consul comme conscrits , et de les forcer en son nom de prononcer le serment militaire et de prendre du service ; tandis que, dans les cas ordinaires, les citoyens se présentaient d'eux-mêmes pour être enrôlés (Cic. Mil. 25; Liv. xxi, 11 ; Hirt. B.Jlex.2. Cf. Cic. Prov.Cons.1; Liv. xxili, 32 ; XXV, 6 ).

CONSECRATIO (àTcoeéMffiç, àïnepw- <7'.;). Déification ou apothéose, cérémonie par laquelle un mortel était mis au nombre des dieux et appelé à participer aux honneurs divins. L'apothéose était décernée d'ordinaire aux empereurs romains, mais elle était inconnue sous la république. La principale partie de cette cérémonie avait lieu dans le Champ de Mars, où on élevait un bûcher de fagots et de bois ordinaire , mais habilement disposé à l'extérieur, et ressemblant à un autel de trois ou quatre étages qui diminuaient successivement et qui étaient décorés de statues, de draperies et d'autres ornements. Sur le second étage une

couche splendide, portant l'image en cire du défunt , était placée et entourée de toutes sortes d'herbes aromatiques. On mettait le feu au bùclier et un aigle s'envolait de la partie supérieure pour aller, à ce qu'on croyait, porter l'âme au ciel, comme on le voit par la gravure ci-jointe.

CONSTRATUM.

COJfTOMONOBOLOjr.

prise d'un bas-relief de l'arc de Titus et représentant l'apothéose de cet empereur.

La première gravure représente un autel, d'après une médaille de Caracalla, qui porte pour légende Consecratio ( Tac.

Aiin. XIII, 2; Suet. Dom. 2; Herodian.

CONSTRATUM. En général tout plancher fait de planches, comme : 1° constratum navis (Petr. Sat. 100), le pont d'un vaisseau, qui est clairement représenté dans la gravure ci-jointe , d'après

un bas-relief du tombeau de Munatius Plancus à Pompéi ; 2° constratum pontis (Liv. XXX, 10), plancher sur un pont de bateaux, comme dans la gravure ci-jointe,

prise de la colonne de Marc-Aurèle , ou sur un pont de bois, comme dans la gravure au mot Pons Scblicius.

CONSUL (uuaToç). Consul, un des deux magistrats principaux élus chaque année par le peuple romain sous la république, et conservés nominalement

sous l'empire, quoique avec un pouvoir fort différent et fort limité. Les symboles extérieurs de leur autorité étaient les faisceaux (fasces) portés devant eux par douze licteurs; un sceptre d'ivoire (sceptrum eburneum ou scipio eburneus) avec l'image d'un aigle au sommet, et la toge hroàèe{togapicta), qui cependant n'était portée que dans certaines occasions. Leur costume civil ordinaire était, en effet, la io^a et la tunica avec le laticlave (latus clavus ) ; leur vêtement de guerre, le paludamentum, la lorica et le parazonium.

En conséquence, dans les œuvres d'art, ils sont représentés sans insignes qui les distinguent réellement ; ils sont ou simplement drapés dans la toge ou vêtus du même costume de guerre que les autres officiers supérieurs (Voy. les médailles consulaires de Cn. Pison et de Cinna dans Spanheim, vol. ii, p. 88, 91 ).

CONTABULATIO. Longs plis parailèles dans un vêtement ample , comme la toga , la palla , le pal Hum , etc. , qui pendent des épaules et semblent se recouvrir l'un l'autre comme les planches dans un bâtiment construit en bois. On le voit clairement par les lignes du dos de la figure' ci-jointe , prise d'un vase d'argile (Apul. Met. XI, p. 240 ; cf. Tertull. de Pall.

5, et voy. CoRRCGis).

CONTARlIet CONTATI (xovT096pot).

Soldats armés de la longue pique appelée contus (Inscript, ap. Grut. 40, 2 et 3 ; Veget. Mil. m, 6 ; Arriau. Tact. p. 15. Voy. Contus, 3).

CONTIGNATIO. Ensemble des pou 1res et des solives qui supportent le plancher dans un bâtiment de plusieurs étages (Vitruv. vi, 5 ; Pallad. l, 9) ; de là vient que ce mot est aussi employé pour désigner le plancher ou l'étage lui-même (Cses. B. C. Il, 9; Liv. xxi, 62).

CONTOMONOBOLON. Jeu dans lequel on sautait avec une perche (contus)

COKTITBEBNALBS.

CONTCS.

pour se donner un point d'appui (Imp.

Justin. Coi/. 3, 43,3.Voy. Monobolon).

CONTUBERNALES (erûffxr.voi). Camarades ou compagnons de tente, c'est-àdire soldats qui avaient les mêmes quartiers et qui vivaient ensemble sous la même tente, chaque tente étant occupée par dix hommes sous les ordres d'un officier subalterne (decanus) qui ressemblait à notre sergent ou à notre caporal (Festus, s. V.; Veg. Mil. ii, 8 et 13 ; Cic. Ligar. 7 ; Hirt. Bell. Alex. 16).

2. Jeunes gens de familles distinguées qui accompagnaient un général dans ses campagnes pour apprendre sous lui l'art de la guerre. : ils étaient aussi appelés ses contubernales ; ou, comme nous dirions, son état-major (Cic, Cœl. 30; Suet. Jul. 42 ; cf. Tac. Agr. 5).

3. De là, dans un sens plus général, amis intimes, ou liaisons étroites (Plin. Ep. IV, 27, 5).

4. Personnes vivant ensemble comme mari et femme sans être légalement mariées, comme des esclaves ou un affranchi et une esclave (Petr. Sat. 96, 7 ; 57, 6 ; Columell. i, 8, 5 ; xii, 3, 7 ).

CONTUBERNIUM (ffuffxïivîa). Tente militaire où dix soldats et leur chef(</ecanus ou caput contubernii) étaient logés ensemble (Cies. B. G. m, 76 ; Tac. Hut. I, 43); de là, dans un sens plus général, toute demeure dans laquelle plusieurs personnes vivent ensemble (Suet. Cal.

10 ; Tac. Hist. m, 74), et particulièrement deux esclaves, homme et femme (Columell. XII, 1, 2).

CONTUS (xovToç). Perche longue et forte, chaussée de fer, dont on se servait pour pousser un bateau contre le courant, au lieu de rames ; elle ressemblait à notre croc, ainsi qu'on le voit par la gravure

ci-jointe, prise du très-ancien pavé de mosaïque du temple de Préneste , maintenant Paleslrine (Virg. Mn. vi, 302 ; Eurip. Alcest. 262).

2. Perche de même nature, employée à bord d'un vaisseau (Virg. jEn. v, 208) pour différents usages, pour tenir levaisseau éloigné des rochei's ou du rivage (Hom. Od. IX, 487 ), pour sonder (Festus, s. ■V. Percunctatio ; Donat. at^Terent. Hec. I, 2,2) et pour autres usages analogues. Chaque trirème était munie de trois perches pareilles, de différentes grandeurs (Boeckh, Urk. p. 125). Dans la gravure, au mot Bucinator, on voit un des matelots, à l'avant du navire qui va entrer au port, tenant uu coiitus entre les mains.

3. Pique de cavalerie fort longue et fort pesante (Nonius, s. i».; Arrian. Tact. p. 15, où elle est distinguée par un rapprochement de la lance, \ô-{fr\, lancea ) ; elle ressemblait à la sarissa macé-

donienne, excepté qu'elle n'était pas tout à fait aussi longue (Veg. Mil. m, 24). Elle était l'arme nationale des Sarmates (Tac. Aiin. vi, 35; Stat. Achtll. ii.

418'; Sil. Ital. xv, 684). Cependant cette lance fut, à l'occasion, adoptée par les Grecs et par une partie de la cavalerie romaine (Arrian. p. IG); et elle était

GOITUS.

COPDLA.

pareillement employée jiar les chasseurs pour combattre les bêtes féroces (Grat.

Cyneg, 117). La grandeur et la force de l'arme donnée dans notre gravure, qui représente Alexandre à la bataille d'Issus, d'après la grande mosaïque de Pompéi, nous font croire que nous avons là un vrai spécimen du conius. On peut remarquer qu'une partie seulement de la lance entière est visible ; caria partie cachée par la main, et placée au centre de gravité, a péri par la mutilation du modèle. On cite à tort cette arme comme un spécimen de la sarissa, qui appartenait à Y infanterie et qui était encore plus pesante.

CONUS (xô>vo;). Généralement, tout ce qui a une figure conique , et de là , dans un sens plus particulier :

1. Le cimier en métal, au haut d'un casque, auquel était attachée l'aigrette (Plin. H. TV. X, 1 ; Virg. uEn. m, 468); le véritable terme est Apex. Voyez ce mot.

2. Espèce particulière de cadran so* laire, décrit, à ce que son nom fait supposer, sur une figure de forme conique (Vitruv. IX, 8, 1).

CONVIVIUM (ffûvSemvov, étjTiafftç).

Fête ou banquet qui avait lieu à des heures régulières et convenables et sans qu'il s'y joignît une idée de débauche ou d'excès ; il différait de la comissatio, qui était une orgie prolongée après le convivium (Cic. Sen. 13; Ferr. ii, 4, 27; Offic. III, H).

COOPERCULUM. Même sens que Operculum.

COOPERTORIUM. Pièce d'étoffe ample pour couvrir des animaux, des objets ou des personnes (Yeg. Fet. m, 77; Scœv. Dior.U, 2, 39).

COPA. Fille qui fréquente les tavernes où elle gagne sa vie à danser, à chanter et à jouer pour l'amusement de la compagnie (Suet. Nero,2T; Virg. Copa, l).

COPADIA. Mets délicats pour la table ou friandises pour les gourmands (Apic.

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