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Les poètes romains se servent aussi

COTICULA.

du mot cothurnus pour traduire le grec lvôpo(Aii;(Voy. Endromis, 3). C'est de celte manière qu'il est employé par Virgile ( ^n. I, 341 ),Némésien(<7jrté'g'. 90), et Sidoine Apollinaire ({7ar/n.ii,400),qui décrit minutieusement r£vôpo(i.tç, mais non le cothurnus.

4. Brodequin porté par les acteurs tragiques sur la scène (Virg. Ed. viii, 10; Servius, ad l. ) : il avait une semelle de liège épaisse de plusieurs pouces pour accroître leur taille ( Juv. Sat. VI, 033) et leur donner un air plus imposant; par extension, ce mot signifie un style su- ^/^M'x'i blime et relevé. ^ ''^^ Pour cacher la vue désagréable d'une telle chaussure , les acteurs tragiques portaient toujours de longues robes qui touchaient à terre, comme on le voit par la gravure ci-jointe, prise d'un bas-relief en marbre de la villa Albani qui représente une compagnie d'acteurs ; l'artiste y a laissé les cothurni découverts pour qu'on ne se trompât point sur le caractère de l'acteur.

COTICULA. Diminutif de Cos : pierre de touche, pour éprouver l'or et l'argent (Plin, ^. iV. XXXIII, 43).

2. Petit mortier fait de la même espèce de pierre dure que celle dont on se servait pour les pierres à ',rasoir et les pierres de rémouleur (Plin. H. iV". xxxi, 45; XXXVII, 54 ; Isidor. Orig. iv, 11).

COTTABUS(x6TTaêoi;). Jeu, sicilien d'origine, et amusement favori des jeunes gens d'Athènes après le dîner. On le jouait de différentes façons plus ou moins compliquées ; mais la manière simple et ordinaire consistait à jeter le dernier coup d'une coupe de vin dans un large vaisseau de métal ou sur le plancher; le joueur prétendait reconnaître la sincérité de l'affection de sa maîtresse au bruit particulier que faisait le vin en tombant ; de là ce mot est appliqué à des sons de même espèce, mais produits avec d'autres ins-

truments, par exemple, par un fouet (Plaut. Trin. iv, 3, 4).

COTULA ou COTYLA (xotOXyi). Petite mesure de capacité , contenant un demi sextarius ( Mart. Ep. Vlll, 71). Elle était surtout employée par les médecins et avait une échelle graduée tracée sur les côtés, comme celles dont se servent les pharmaciens en Angleterre; on la divisait en douze parties égales dont chacune était appelée uncia , 1 once.

COVINARIUS. Qui combat du haut d'un char de guerre de l'espèce appelée covinus (Tac. Agr. 35 et 36).

COVINUS. Char de guerre employé par les Belges et les anciens Bretons, et dont on ignore la forme précise ; tout ce qu'on sait, c'est qu'il était armé de faux et probablement recouvert (Mêla, m, 6 ; Lucan. i, 426 ; Sil. Ital. xvii, 417).

2. Voiture de voyage adoptée assez tard par les, Romains, d'après le modèle du char des Belges, et que menait, comme on peut l'induire d'un passage de Martial {Ep. XII, 24), non pas un cocher, mais le maître du char, assis à l'intérieur. Dans !e même passage, le covinus est aussi dis • tingué de la carruca et de Vessedum, mais sans détails.

CRATER ( xpaxT^p ). Vaisseau d'une grande capacité, contenant du vin et de l'eau mêlés, dont on remplissait les verres à boire qu'on passait ensuite à chaque

convive; car les anciens buvaient rarement leur vin pur (Nonnius, s. v.; Ovid. Fasl. V. 522; Virg. ^neid. i, 728).

On le faisait de diverses matières, depuis la poterie jusqu'aux métaux précieux, et de différentes formes, suivant le goût de l'artiste, mais toujours avec une large ouverture, comme dans le spécimen cijoint, d'après un original en bronze dé-

couvert à Pompéi. Au moment du repas, on l'apportait dans la salie à manger et oii le plaçait par terre ou sur un pied : alors réchanson ( p'incerna , pocillator) en prenait la liqueur mêlée avec une cuiller {cyathus), il remplissait les coupes (pociila, calices, etc. ) et les passait aux convives. Dans les représentations de banquets grecs ( voy. les spécimens au mot GouissATio), le craler est placé sur le sol au devant des tables. Une sculpture en ivoire d'une scène de bacchanales (Buonarotti, Med. p. 451) le représente également à terre, tandis qu'un génie ailé y verse du vin d'une amphora. Dans un bas-relief en marbre, représentant un sujet semblable (Bartoli, ^dm.^. 45), un Faune remplit le cratère de la même façon en y versant le vin d'une outre (uter).

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