PLAIN. — V. GOIN
PLUYETTE (Hubert), contrôleur des bâtiments de l'École royale militaire, reçut, le 3o janvier 1756, son brevet de dessinateur des plans, parcs et jardins des maisons royales, en remplaceiPient de Garnier d'Isle qui venait de mourir. Il était alors inspecteur des bâtiments du roi, à Paris. Il fut
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 1l^
admis à l'Académie d'architecture le 6 avril lyôS. Pluyette construisit, en 1766, à Versailles, une fontaine qui occupe le côté droit de la place Saint-Louis, et en lySS, dans la même ville, le grand réservoir de la butte de Picardie. (Leroy, Rues de Versailles.)
POIGTEVIN (Arnoult-Séraphin) parut comme témoin à Orléans, en 1698, au mariage de François Devisme, marchand lapidaire, demeurant à Paris, paroisse Saint-Paul. Il est dit sur cet acte : « Conseiller architecte et ingénieur du roy ». Il mourut à Orléans le 21 octobre 1720. [Art. Orléanais.)
POIDEVIN fut chargé d'achever la construction de l'abattoir Montmartre, à Paris, laquelle avait été commencée par Bélanger. Clochard et Guénepin étaient, sous ses ordres, inspecteurs des travaux. (Roquefort, Dict. hist.)
POINTIER (René) restaura, de 1743 à 1747, la fontaine Godehne, à Angers, et fut chargé plus tard des travaux de l'Académie d'équitation. (Port, Archiv. d'Anget^s.)
POINZON (DoNAT de). - V. DONAT DE POIN- ZON.
POIREAU (Louis) était, dans la seconde moitié du XVI= siècle, à Paris, juré du roi en l'office de maçonnerie, « substitut de Gilles le Breton, garde de la voirie et chemins royaux ». Il fut en 1642, avec Guillaume de la Ruelle, Jean Bastier et Charles Le Comte, ses confrères, chargé de faire un rapport à propos d'une concession faite à Guyon Le Doux, peintre, d'une portion des anciennes murailles de la ville, « à prendre depuis la tour, entre les deux jeux de paulme II. 28
2l8 DICTIONNAIRE
de la maison de TArbaleste, jusque sur la rue Saint-Denis ». Le sceau de cet architecte, appendu à un rapport d'expertise du 16 mai i58o, est conservé aux Archives nationales; il porte un écu chargé d'un pot de fleurs, d'où sort un bouquet de cinq fleurs de lis, avec cette légende : seel iehan poireau. (Sauvai, t. IV. — Rens. part.)
POIREL (Nicolas) succéda, en 1622, à Didier Raulot en qualité de « maître maçon » du duché de Bar. Il était natif de Remoiville (Meuse), et fut nommé, sur le rapport de Jacquot de Vaucouleurs, maître des oeuvres du duché de Lorraine. (Lepage, Les Offices.)
POITEVIN, admis à TAcadémie d'architecture en 1700, mourut à Paris en 17 19.
POITEVIN (Arnoult) exécuta en 1647, pour les chantres et chanoines de Saint-Honoré, à Paris, un rétable pour le maître-autel de leur église. Il paraît avoir été à la fois l'architecte, le sculpteur et l'entrepreneur de ce travail '.
POLET (Adam), chanoine de la cathédrale de Metz, fut un de ces artistes - prêtres si nombreux au moyen âge. Un ancien chroniqueur, Philippe Gérard, parle notamment d'un autel que « maistre Adam Polet fist faire » et qui était placé à l'entrée du chœur de cette église , à gauche. Cet historien ajoute que, sous l'autel dont il s'agit, on découvrit « le tombiaul )) et monument de Polet, près duquel se trouve une
I. Ceci résulte d'un devis détaillé du travail dont il s'agit, lequel fait partie de ma collection. Il est présumable que ce personnage est le fils ou le petit-fils du Poictevin (Arnoult-Séraphin), qui figure plus haut.
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croix de plomb portant l'inscription suivante : « Ci - gist li Adams Polet , chanoines de Saians et chaipelains de Saint-Galz, qui morut le iour de feste Saint-Michielz, par M. CGC LUI ans ». On présume qu^il dirigea les travaux exécutés de son temps à la cathédrale de Metz, et que la sépulture exceptionnelle qu'il reçut dans cette église fut un hommage rendu à ses talents. La qualification de « maistre », qui lui est donnée par les chroniqueurs, et qui appartenait alors aux artistes , ne laisse aucun doute d'ailleurs sur sa qualité d'architecte. (Bégin, Cath. de Met i.)
POLLEVERT remporta, en lySô, le grand prix d'architecture, sur le sujet de concours : « Une maison de campagne. »
POMMIER (A.), architecte et peintre , né en 1801, élève de Delespine et plus tard de Blouet, prit part^ en 1828, au concours pour le prix de Rome, et exposa des dessins au Salon de i833. Il partit ensuite pour l'Amérique, oià il mourut en 1840 ^
I . Les titres de Pommier sont peu nombreux, mais il s'agit d'un artiste hors ligne, dont le nom ne doit pas rester oublié. Je l'ai connu en 1 829 ; j'étais trop jeune alors pour l'apprécier moi-même à sa valeur, mais si j'en juge par l'opinion qu'avaient de lui ses confrères plus expérimentés que moi, c'était certainement un homme d'un grand avenir. Son talent, à cette époque, était déjà mûr, et ses oeuvres se distinguaient par beaucoup d'originalité. Malheureusement, Pommier n'avait pas trouvé dans la culture de son art un élément suffisant pour l'activité de son esprit ; il s'était jeté dans la politique militante. Après avoir pris part aux combats des journées de juillet i83o, il continua la lutte dans les agitations qui suivirent la révolution, et finit par se .compromettre si gravement qu'il dut fuir, vers i833, en Amérique. Sa carrière, qui promettait d'être brillante, fut ainsi brisée. Les dé-
PONCELET-PAROISSIEN reconstruisit, de i55o à i558, le maître-autel de la cathédrale de Reims, lequel fut détruit en 1747. (Tarbé, N.-D. de Reims.)
PONS , moine du XP siècle, bâtit l'église de Moutierneuf, de Poitiers, laquelle fut dédiée, le 24 janvier 1096, par le pape Urbain II. La signature de Pons est apposée au bas d'une charte du temps qui a été conservée. [Bull, mon., t. IX.)
PONTIF (Jean), maître des œuvres de maçonnerie au bailliage de Rouen, fit, en 1478, une visite aux travaux de fortification de la ville de Pont-Audemer. {Archtp. de Varî. fr..^ 2^ série, t. I.)
PONTIFZ (Guillaume), Pun des architectes de la cathédrale de Rouen, succéda, en 1462, à Geoffroi Richier. Ses principaux ouvrages sont la décoration du portail de la Calende -, le couronnement de la tour Saint- Romain (1463- 1467) \ la Bibliothèque du Chapitre ( 1477- 1479) et son escalier en pierre -, la clôture du chœur et celle de la sacristie ; le portail de la cour des Libraires (1484)-, enfin la tour de Beurre (1487), à laquelle il travailla neuf années sans avoir la gloire d'y mettre la dernière main. En 1496 il était devenu vieux et infirme. Un autre artiste, occupé sous ses ordres aux travaux de la tour, Jacques Leroux, fut appelé à le remplacer-, mais Pontifz conserva néanmoins sa petite pension de maître des œuvres de la cathédrale. Cette pension, toutefois, ne lui fut pas servie longtemps : ilÎTxOurut quelques mois après avoir pris sa retraite. (Deville, Rev, des Arch.)
ceptions, comme il arrive pour ces natures ardentes, agirent sur son organisation, ruinèrent sa santé et il mourut loin de son pays.
PONTOISE (P. de) était, en iSiy, architecte ou plutôt « masson juré » du roi Philippe V. Il avait succédé à Regnault le Breton. {Ordonnances^ Statuts^ etc.)
POST (Pierre), architecte des princes d'Orange, a publié un recueil ayant pour titre : « Les ouvrages d'architecture de Pierre Post. » Leyde., 171 5, in-fol.
POSTEL (Guillaume) a construit, vers la fin du dernier siècle, à Amiens, la grosse tour située à gauche du pont Saint-Michel. Cette tour, divisée en plusieurs étages, contenait un certain nombre de pièces voûtées en patte-d'oie. Dans la plus petite de ces pièces se tenait le chaînier du pont. (Dusevel, Rech. hist.)
POT AIN (Nicolas-Marie) remporta le grand prix d'architecture en 1788, sur « Une Porte de ville ». Il reçut son brevet de pensionnaire du roi le 10 décembre de la même année et arriva à Rome le 10 juin 1789. De retour en France il fut nommé architecte du roi, contrôleur général des bâtiments du château de Fontainebleau. L'Académie d'architecture l'admit dans son sein le i5 septembre 1756. En 1765, l'église paroissiale de Saint-Germain-en-Laye étant devenue insuffisante, et Louis XV ayant donné l'ordre d'en élever une plus vaste, différents plans furent proposés, et celui de Potain eut la préférence- mais, faute de ressources, l'exécution en fut suspendue. Repris seulement en 1787 , les travaux furent interrompus de nouveau par la Révolution et jusqu'à Tannée 1825. En 1775, après la retraite de J. A. Gabriel, il eut la « garde des plans des châteaux, parcs et maisons royales », avec le titre de contrôleur et 3,ooo livres d'appointements. Potain publia, en 1 767, un « Traité des ordres d'architecture ».
Il mourut en 1790 ou 1791. (Goujon, Hist. de Saint-Germain. — Rens. part.)
POTIER ou PORTIER, auquel on doit le plan de la place Saint-Julien, à Bordeaux, construisit, en 1 753, la porte dite d'Aquitaine. On lui doit aussi l'Hôtel des Monnaies de la même ville, dont les bâtiments sont occupés aujourd'hui par une congrégation d'Ursulines. (Joanne, Guide, Loire et Centre.)
POULETTE (Hue ou Hugues) était, en i386, « maître maçon » de la ville d'Amiens. Il travailla, cette année-là, au pont de Maillé, et fit (probablement à l'enceinte fortifiée de la ville) cinq tours près de ce pont et trois dans une partie de la ville nommée Duriane. A l'occasion de ces travaux le mayeur et les "échevins de la ville donnèrent un dîner à Poulette. En iSgo il posa la première pierre de l'ancienne porte Montre- Écu, et, en 1401, il sculpta une image de saint Nicolas « de 4 pieds de hauteur », laquelle devait être placée au sommet d'une tour du même nom. Il excellait dans l'art de dessiner et de faire des plans ou « patrons ». (Dusevel, Rech. hist.)
POU G ET. L'hôtel du duc Ralph de Montagne, à Londres, ayant été détruit par un incendie, Pouget fut, en 1678, chargé de le reconstruire. Au montent du sinistre le duc de Montagne étant ambassadeur d'Angleterre en France, Louis XIV s'engagea à supporter la moitié des frais de cette reconstruction, à la^condition que des architectes et des peintres français y seraient seuls employés i. (Dussieux, Art. fr.)
I. Walpole, dans ses Anecdots 0/ painting-, dit que « ce qui manque en grâce et en élévation à ce bâtiraient est racheté par la grandeur et
POYET (Bernard) naquità Dijon le 3 mai 1742. Élève de de Wailly et de Regemorte, il remporta, en 1768, le second grand prix d'architecture ', et obtint, le 1 5 août 1 769, un brevet d'élève de TÉcole de Rome. S'étant rendu à Naples auprès du baron de Talleyrand, ambassadeur de France, il fut chargé par ce diplomate de la décoration des fêtes données au palais de l'Ambassade. De retour en France il dirigea divers travaux
la magnificence des appartements ». Mariette, dans une traduction manuscrite du livre de Walpole qui existe à la Bibliothèque nationale, se demande si ce Pouget ne serait pas le grand statuaire Pierre Puget, dont le nom aurait été estropié par l'auteur anglais? Ce qui gêne Mariette pour conclure, c'est l'appréciation restrictive de Walpole sur l'ensemble de l'édifice dont il s'agit. « Cet homme admirable (Puget), dit-il, ne pouvait assurément rien produire qui ne fût exquis, et comment accorder cela avec le jugement que porte M. Walpole du mauvais goût d'architecture qui règne, à ce qu'il dit, dans la décoration del'hôteldeMontague? «N'en déplaise à Mariette, l'opinion de Walpole s'accorderait, au contraire, assez bien avec l'idée émise plus haut, que cet hôtel pourrait être l'œuvre de Puget. Dire que l'illustre artiste marseillais « ne pouvait rien produire qui ne fût exquis », cela peut être exact en tant qu'il s'agit du sculpteur; quant à Puget, architecte^ il me faudrait des preuves autres que l'opinion de Mariette pour me convaincre du mérite de celui-là. Au surplus, que l'ombre du traducteur de Walpole se rassure à cet endroit, rien n'est moins probable que le choix de Puget, comme architecte, par Louis XIV, et la présence du grand artiste à Londres en 1678. 11 était, cette année-là, employé comme <f maître sculpteur » à l'arsenal de Toulon, et travaillait à son Milon. On sait, d'ailleurs, que bien qu'il eût fait acte d'architecte à Toulon, à Marseille, à Aix et à Gênes, Puget n'était connu que de Colbert et n'avait guère, aux yeux du ministre, que la mince importance d'up habile ouvrier de province. Cela est si vrai qu'en 1688, lorsqu'il vint à Versailles pour voir Louis XIV, dont il avait fait la statue équestre à Marseille, Puget, le grand Puget, n'eut pas même l'honneur d'être reçu par le roi!
I. C'est à tort que Gabet a dit que « fort jeune, Poyet remporta le premier grand prix ».
publics, OU particuliers, et devint Tarchitecte du duc d'Orléans. Il restaura le palais archiépiscopal de Paris, et fut chargé de transporter, au milieu du marché des Innocents, la jolie fontaine de Jean Goujon. Vers 1686 (il était alors architecte contrôleur des travaux de la ville de Paris), il donna les plans et commença la construction de la nouvelle église Saint- Sauveur, qui fut renversée pendant la Révolution K Les autres œuvres de Poyet sont les écuries du duc de Chartres, rue Saint-Thomas-du-Louvre, lesquelles devinrent plus tard celles de Napoléon P""- le frontispice du palais du Corps législatif. Quant aux projets élaborés par Poyet, sous tous les régimes qui se succédèrent pendant sa longue carrière, ils sont sans nombre 2. H a laissé quelques écrits dont voici les titres :
1. Bellu, l'habile entrepreneur de travaux publics, qui avait un goût prononcé pour les dessins d'architecte, possédait une aquarelle de Poyet relative à cet édifice ; voici la légende que portait ce dessin : « Vue perspective de la nouvelle église de St-Sauveur, du côté de la rue St-Denis, présentée à M. le comte Pelletier de Mortfontaine, conseiller d'État, prévôt des marchands de la ville de Paris. — Poyet, 2 janvier 1786. »
2. Poyet, ceci n'est pas à sa louange, salua tous les drapeaux et chanta tous les princes et tous les gouvernements. Après avoir été partisan de l'ancien régime, il se montra passionné pour la Révolution, ce qui ne l'empêcha pas de glorifier l'Empire et de célébrer le retour des Bourbons. En 1793, après avoir été chargé par le Comité de Salut public de construire à Paris des « Forges nationales », lesquelles furent élevées sur les places de l'Indivisibilité, des Invalides et du Luxembourg, Poyet, dont le civisme avait été mis en doute par un certam Vincent, membre de la section de Mutius Scœvola, publia un mémoire justificatif de sa conduite. Dans ce mémoire, l'architecte jacobin (c'est ainsi qu'il se qualifie), après avoir complaisamment énuméré ses titres de bon patriote, s'écrie en répondant aux attaques de Vincent : « Je suis un aristocrate? Vincent était-il, comme moi, à la séance des Jacobins, le jour du massacre du Champ de Mars? — Je
« Mémoire sur la nécessité de transférer et de reconstruire THôtel-Dieu de Paris. » 1785. — « Projet d^une nouvelle salle d'Opéra à construire sans qu'il en coûte rien au gouvernement, et qui ferait disparaître le déficit annuel qui est à sa
suis un aristocrate? Vincent s'est-il trouvé, comme moi, à toutes les époques révolutionnaires? — Je suis un aristocrate? Vincent a-t-il surveillé, comme moi, dans les nuits des 7, 8 et 9 août 1792, le tyran qui voulait s'échapper des Thuileries? A-t-il, comme moi, arrêté un homme que l'on m'assurait être Capet, qui lui ressemblait beaucoup, et qui n'était que Boutidoux? — Je suis un aristocrate? Vincent a-t-il,
comme moi, vu de près le feu du 10 août? De très-honnêtes gens
ne manquent pas de rappeler que je dois être un aristocrate parce que j'ai été l'architecte de Breteuil; oui, je l'ai été, mais je laissais à d'autres le soin de le monseigneuriser , pour l'occuper de projets vraiment utiles J'osai même, avant la Révolution, proposer à ce despote de démolir la Bastille, pour y former une place publique »
Je m'arrête, car dans cette apologie de soi-même le ridicule l'emporte vraiment sur l'odieux. Et puis, ne faut-il pas faire la part de ces temps extraordinaires, où tout était si profondément troublé chez les hommes, même le sens moral ? Poyet, comme bien d'autres, ne se montra violent que pour conjurer les violences qui eussent pu l'atteindre, et ses preuves de civisme ne furent peut-être que les actes d'un poltron. Toujours est-il qu'en 1806 son jacobinisme s'était sensiblement refroidi, car, à cette époque, il publia un « Projet de monument à élever à la gloire de Napoléon I" ». La chute de l'Empire vint à son tour modifier encore les convictions politiques de Poyet; à peine les Bourbons étaient-ils remontés sur le trône qu'il proposa « à tous les bons Français » de rendre à ces princes un « Hommage national destiné à consacrer l'époque fortunée du retour de S. M. Louis XVI II et la réunion de tous les Français autour du trône légitime », Cet hommage devait consister en un « Monument simple et majestueux, d'une conception nouvelle..., une colonne colossale de trois cents pieds de hauteur, placée sur la montagne de Montmartre, dans l'alignement de la rue Royale, en face du palais occupé par les représentants de la nation ». Je veux croire que les accents convaincus du royalisme de Poyet trouvèrent un écho dans le cœur de « tous les bons Français » , II. 29
charge. » Paris, 1 8 1 7, in-^P. — « Nouveau système des ponts en fer forgé et en bois, inventé par Poyet, » Poyet, qui avait été admis à l'ancienne Académie d'architecture , fut aussi membre de F Académie des beaux-arts. Il mourut à Paris le 6 décembre 1824. Son éloge funèbre fut prononcé par Vaudoyer père. ( Gabet. — Prudhomme, Miroir. — Rejts. mss.)
PRÉDOT éleva en i685, sur les plans d'Hardouin Mansart, les maisons qui bordent la place des Victoires, à Paris. Le marché passé à cette occasion entre lui et les prévôt des marchands et échevins de la ville, à la date du 12 septembre i685, se trouve dans l'Histoire de Paris de D. Lobineau (Pr. IV). Prédot demeurait alors rue « Pachevin » , paroisse Saint-Eustache. Les bâtiments dont il s'agit n'étaient pas achevés lorsque le duc de la Feuillade fit inaugurer la statue de Louis XIV sur cette place, le 18 mars 1686. (Lobineau. — Lazare, Rues de Paris.)
PRÉVOST fut admis à TAcadémie royale d'architecture en 1702.
PRINCE (Georges), architecte à Nérac dans la première moitié du XVP siècle, était probablement employé à la cour de Navarre, dont Nérac fut, alternativement avec Pau, le séjour habituel. — V. MAâCANTE. (Lafforgue, Art. en Gasc.)
mais il ne paraît pas que son éloquence ait porté la conviction dans la bourse de ces mêmes Français, car, malgré un nouvel appel fait « aux deux Chambres », Poyet en fut pour ses frais de modèle et de publicité.
PROTAIN (J. -Constant), élève de Ghalgrin, naquit à Paris en 1769. Il remporta le second grand prix d'architecture en 1793 (il n'y eut pas de premier prix cette année-là), sur ce sujet de concours : « Une caserne ». Puis il partit pour Constantinople. De retour en France il fut attaché à l'expédition d'Egypte, et fit partie de l'Institut du Caire. Lorsque Kléber fut assassiné au Caire, le 14 juin 1800, Protain, architecte de l'armée d'Egypte, se promenait avec lui dans le jardin du quartier général. Kléber montrait à l'architecte les réparations à faire aux bâtiments pour en faire disparaître les trous des bombes et des boulets. L'assassin s'approcha comme pour demander l'aumône, et, tandis que Kléber se disposait à l'écouter, le prétendu mendiant lui plongea plusieurs fois son poignard dans le cœur. Le général tomba sous la violence de ses coups. Protain, qui tenait un bâton, se jeta sur l'assassin, le frappa violemment à la tête, mais fut renversé à son tour par un coup de poignard. Il ne mourut pourtant à Paris qu'en 1837. La collection des dessins de M. Soret, vendue en mai i863, contenait deux aquarelles de Protain : 1° « Vue intérieure de la ville d'Alexandrie, en Egypte, » datée du Caire, 1798. — 2° « Vue des Sphinx d'Egypte. » (Thiers, Hîst. du Cons. et de l'Emp. — Biogr.port. — Rens. mss.)
PROVOST (Jean-Louis), élève de Percier, né à Paris le 27 octobre 1781, remporta le grand prix d'architecture en 1811, sur « Un palais pour l'Université ». Ses principaux travaux à Paris sont la restauration de plusieurs grandes habitations, telles que les hôtels de Montebello et de Galifet ; l'érection du tombeau du maréchal Lefebvre , au cimetière du Père-Lachaise , etc. Il fut nommé architecte du roi près la Chambre des pairs, en 1820, et conserva ces fonctions jusqu'en 1834, alors qu'il s'agit de l'augmentation et des additions à faire subir au palais du Luxembourg ; il
préféra prendre sa retraite que de se charger de ces travaux, dont le résultat devait être de dénaturer l'œuvre de De Brosse. (Gabet, Rens. part.)
PUGET (Pierre) , architecte et sculpteur, né à Seon, près Marseille, le 3i octobre 1622, partit pour F Italie vers 1640. De retour en France, il fit, de i655 à 1657, la porte et le fameux balcon de THôtel de ville de Toulon, et, de i663 à 1670, le maître-autel de l'église Saint-C}^, à Gênes. En 1668, lorsqu'on entreprit de renouveler la ville de Marseille, cette rénovation s'opéra sous l'influence de Puget • il fit, à cette époque, un projet pour l'Hôtel de ville. En 1672, il construisit à Toulon, pour son habitation et celle de sa famille, la maison qui forme un des angles de la rue de Bourbon et de la rue de THôtel-de- Ville. De] 1672 à 1674, il éleva, à Marseille, la halle de la Poissonnerie et de la Boucherie, et, en 1675, la façade de l'église des Chartreux (l'intérieur de cette église est du moine Dom Berger). A la même époque il construisit, à Aix, l'hôtel d'Aiguilles, et en 167g, dans la même ville, la chapelle de l'hospice de la Charité. On lui doit aussi un projet de « place Royale » pour Marseille. Il mourut dans cette dernière ville en 1694. (L. Lagrange , Not. sur P. Puget.)
PU GIN (Auguste) , né en 1769, alla fort jeune s'établir en Angleterre. Dessinateur habile, il fuir employé en cette qualité par divers Hbraires, notamment par Ackermann, à la reproduction des monuments de l'architecture. Il travailla beaucoup au « Microcosme de Londres » (1808). En 181 3 il publia une « Suite de vues d'Islington et Pentonville m, avec un texte de Bravley. Ensuite parurent ses « Spécimens d'architecture gothique )>, empruntés aux vieux édifices de l'Angleterre, recueil accompagné d'un texte par divers auteurs, mais
principalement par E.-J. Wilson. Cet ouvrage, publié eni82 1- 23, se compose de deux volumes in-4° , le premier de 60 pL, le deuxième de 54. En 1824 parurent deux nouveaux volumes sur les « Monuments publics de Londres », et en 1825 , les « Spécimens des antiquités d'architecture normande )>. Un autre ouvrage, « Paris et ses environs w, vit le jour en 1829. Pugin mourut à Bloomsburg le 19 décembre i832. {Biogr. univ.)
PUISIEUX (Jean- Baptiste de), né à Alland'huy (Ardennes), fit, en 1768, un projet pour la nouvelle église Sainte- Geneviève de Paris, et devint contrôleur des travaux de cet édifice, sous les ordres de Soufilot. Il a publié : « Eléments et traité de géométrie ». Paris, 1765, in-8°. Il mourut le 6 janvier 1776. [Rens. mss.)
PUNIG WALSCH reconstruisit la flèche du clocher de réglise de Thann (Haut-Rhin). Sur le clocher octogonal de cette église sont gravées deux inscriptions : la première établit que le bas-côté fiât commencé en 1480, le 8^ jour des calendes d'août •, elle est en latin et conçue en ces termes :