LA BROSSE. — V. DE BROSSE (P
LA BRUYÈRE fut l'architecte du théâtre des Petits- Comédiens, situé avenue de Boulogne, à Passy-lez-Paris, et qui était occupé, en 1785, par la troupe d'Audinot. (Thiéry. )
LA CHAPELLE (de) fit, dans le siècle dernier, les jardins du château de Plaisance, près Nogent-sur-Marne. {Recueil mss.)
LA CHESNAYE (Colin de). En 1499, et en qualité de maître des œuvres de la ville de Paris, il fut chargé avec Jean de Doyac de la « superintendance » des travaux de reconstruction du pont Notre-Dame. Comme signe distinctif du pouvoir souverain qu'ils exerçaient sur les ouvriers, ces deux maîtres portaient un bâton blanc. Les appointements de La Chesnaye étaient fixés à 200 livres par année. (L. de Lincy, Pont N.-D.)
LACLOTTE succéda en 1776 à Etienne comme architecte du palais archiépiscopal de Bordeaux. (O'Reilly, Hist. de Bordeaux.)
LACORNÉE (Jacques) , né à Bordeaux en 1779, élève de Bonnard, fut chargé, en 1 833, de la continuation de Thôtel du Conseil d'État et de la Cour des comptes. Ces travaux, commencés par Bonnard en 1810, avaient été interrompus
pendant la Restauration. On lui doit aussi le nouvel hôtel du Ministère des affaires étrangères, situé quai d'Orsay, à l'angle de TEsplanade des Invalides-, les bâtiments de la Manufacture des tabacs-, le château de Sassetot (Seine-Inférieure);, la restauration de celui de Saint-Jusî (Eure). En qualité d'architecte de TAdministration des contributions indirectes, il a agrandi les bâtiments de la Manufacture des tabacs de Lille, et les établissements de la Régie, au Havre, à Bordeaux, à Toulouse, à Lyon et à Strasbourg. (Gabet, Dict. des art. — Rens. part.)
LACROIX (Jacques) construisit avec Parate (V. ce nom) le grand portail et deux galeries de l'ancien couvent des Dominicains j à Rodez (Marlavagne, Art. du Rouergue.)
LA DOULLIE ou LA DOUBLIE (Guillaume^, abbé de Saint-Wandrille, acheva, de i3o4à 1342, le clocher de son église, qu'avait commencé un des religieux de l'abbaye, Guillaume de Norville. Il poussa les travaux de l'église jusqu'à la moitié de la grande nef, et fit élever sur le transept une tour et une flèche en pierre.
LA FLASCHE (François de), associé à Jean Marchand, commença, en 1 55 1, la construction de la chapelle des Orfèvres, à Paris, laquelle ne fut achevée que quinze ans plus tard K
I. La construction de cette chapelle avait été jusqu'ici attribuée à Philibert de l'Orme, mais cette assertion paraît contredite par les comptes de la communauté où l'on voit que les deux architectes qui furent chargés de ce travail s'appelaient F. de la Flasche et Jean Marchand. (P. Mantz, Ga^. des Beaux-Arts.)
LA FORCE (Philippe de). — V. DE LA FORCE
( Philippe).
LA FOSSE (J.-Ch. de). — V. DE LA FOSSE (J.-
Ch.).
LAFOSSE (M. de). — V. DE LA FOSSE (M.) . LAFOSSE (N. DE). - V. DE LA FOSSE (N.).
LA FOY, inspecteur des bâtiments du roi, fut remplacé à Marly le i5 mars 1769, après sa mort, par J.-R. Billaudel. [Rens. part.)
LA GARDETTE (Claude-Mathieu), élève de Paris, remporta,, en 1791, le grand prix d'architecture sur une (c Galerie d'un palais » , et partit la même année pour l'École de Rome. Il publia, en 1 799 : « les Ruines de Psestum ou de Posidonia, mesurées et dessinées sur les lieux ». Paris^ an VII, gr. in-fol.,et, en i8o3 : « Nouvelles règles pour la pratique du dessin et du lavis de l'architecture civile et militaire ». In-8°. On ne connaît guère d'édifice élevé par La Gardette que la Sainte-Montagne, d'Orléans i.
I. « Il n'y avait si petit lieu qui ne voulût avoir sa Montagne.
Orléans ne resta pas en arrière du mouvement général. En 1794, les Sans-Culottes établirent un concours pour l'érection d'une Sainte- Montagne. Le plan de La Gardette l'emporta sur ceux de ses concurrents. Sa Montagne, qui devait occuper presque toute la surface de la place du Martroi, entre la rue Royale et la rue Bannier, eut consisté en un cône de terre parsemé accidentellement de rochers, et couvert de gazon et d'arbustes symboliques. Sur la cime un piédestal constitutionnel eut supporté la statue de la Liberté, en face de l'autel de la Patrie; on y serait monté par des chemins sinueux, bordés d'inscrip-
h - DICTIONNAIRE
LA G U ÉPI ÈRE (Jacques de) fut reçu membre de rAcadcmie d'architecture en 1720, et mourut en lySo. Il existe dans les archives du département de l'Yonne un devis dressé par cet architecte pour la construction d'une grande partie des bâtiments du château de Noslou, qui appartenait à l'archevêché de Sens. (Quantin, Invent.)
LA GUÉPIÈRE (Philippe de), probablement Hls du précédent, fut architecte et directeur général des bâtiments du duc de Wurtemberg Charles-Eugène. Il occupait ces fonctions lorsqu'il publia, en 1760, cet ouvrage : « Plans, coupes et élévations de différents palais et églises w, 1750. In-fol. En 1 765 il était à Stuttgard, où parut sous son nom un « Recueil d'esquisses d'architecture «, représentant plusieurs édifices de sa composition, dont quelques-uns furent construits par luimême. Ces compositions sont exécutées à l'eau -forte, et quelques-unes d'entre elles portent la date de 1 750. On doit aussi à cet architecte l'Hôtel de ville de Montbéiiard, construit par lui vers 1775 % la décoration intérieure de l'ancienne bibliothèque
tions en l'honneur des sauveurs de la patrie; les matériaux se fussent tirés des démolitions des portes et des murs de la ville. Le devis de tous les travaux montait à 180,000 fr. Malgré la pénurie de la caisse municipale, on n'éprouva pas le moindre embarras pour trouver cette somme: tous les habitants devaient la remnlir à l'aide de dons volontaires, sous peine d'être notés comme égoïstes; on les força, en outre, de contribuer de leur propre personne à l'exécution des travaux. Les ouvrages commencèrent et l'affaire^llait bien, lorsque l'arrestation des ultra-révolutionnaires refroidit le zèle des patriotes : les dons s'arrêtèrent, les citoyens terrassiers restèrent chez eux; bientôt l'hiver, les pluies et les dégels, changèrent le monument en un amas de boue, et le conseil de la commune, qui avait voté la Montagne, décida que de nouveaux travaux seraient entrepris pour remettre les choses dans leur premier état. » (De Buzonnière.)
1 " La première chose que l'on me fit voir à mon retour à Mont-
Sainte-Geneviève et le pavillon de la Ménagerie du château de Sceaux. {Rens. part. — Dussieux.)
LA HIRE ou LA HIERRE (Jean) était, en iSgô, « conducteur des œuvres de maçonnerie » du duc de Lorraine. Il construisit alors , dans les dépendances du palais ducal de Nancy, la tour destinée à renfermer le Trésor des Chartes. Par lettres-patentes du 12 février 161 2, il fut nommé c( maître et conducteur des bâtiments de Son Altesse m^ en considération^, disent les lettres du duc Henri II, « de Texpérience, capacité et suffisance qu'il a en architecture, et dont il a donné des preuves par plusieurs desseins dudict art que, de notre commandement exprès, il a dressés, et notamment pour les perspectives qu'il a faictes des six grandes tables de la pompe funèbre du feu duc, desquelles tables est inventeur Claude de la Ruelle )>. En 1 601, en sa qualité de « maistre et conducteur des bastiments de S. A. », il fit établir en la chambre de la duchesse de Bar « un cabinet artificiel, suspendu et advancé du dedans du jardin de la court » ; à la même époque deux maçons, Toussaint Maréchal et Lambert Charles, furent chargés par lui de « désasseoir et rasseoir de hault en bas, à leurs frais et dépens, les piliers de pierre contenant les arcades de la galerie du chasteau ». En 1610 il érigea une « Maison aux fourrières devant le quartier de Ms'" de Vaudemont ». De 1626 à 1627 il lui fut payé des honoraires par Padministration municipale de Nancy , pour avoir fait plusieurs dessins d'arcs triomphaux et de pyramides , à l'occasion de l'entrée du duc de Lorraine dans cette ville.
béliard, dit M""' d'Oberkirch dans ses Mémoires, ce fut le nouvel Hôtel de ville remplaçant celui qui avait été démoli deux ans auparavant. Il a coûté 80,000 livres et fait beaucoup d'honneur à M. La Guépière, qui l'a construit. »
(Lepage, Archir. de Nancy. — Les Offices. — Palais ducal.)
LA HIRE (Gabriel-Philippe de), fils du précédent, né à Paris en 1697, fut reçu membre de TAcadémie d^architecture en 1706, et nommé professeur de la même Académie en 1718. On ne connaît de lui que la chaire de Saint-Étiennedu-Mont, à Paris , exécutée sur ses dessins par le sculpteur L^Estocart^ et Taqueduc de Maintenon, qu^il aurait fait exécuter sous la haute direction de Vauban. Il a laissé en manuscrit un (( Traité de l'architecture civile «. [Rens. part. — Roquefort.)
LAJOUE (De . — V. DE LAJOUE.
LALO ( J ean) est qualifié de « maître maçon architecte dans les comptes des consuls de la ville d'Auch. Il vivait à la fin du XVP siècle. (Lafforgue, Art. en Gasc.)
LA LYE (Michel) succéda, le 5 novembre i532,àMartin Chambiges comme architecte de la cathédrale de Beauvais. Il termina le portail du Sud, de concert avec Jean Wast fils, et continua le transept, qu'il éleva jusqu'aux voûtes. (Btdl. mon.., Not. de M. Voillei.) *
LA MAIRE (de). — V': DE LA MAIRE.
LAMAN (Jacques), l'un des architectes de l'église abbatiale de Saint- Bertin. En 1407 il fut chargé de l'érection du 'premier autel, derrière celui du chœur, et de « lariangement des images ». En 1408 il travaillait au cloître. {Bull, du Com.^ t. IL)
LAMBERT (Alexandre) construisit, à Nancy, vers 1780, sur les plans d'Antoine (l'architecte de l'hôtel des Monnaies de Paris), l'église de la Visitation. (Durival, Descript. de la Lorraine.)
LAMBERT (Jean), maçon Juré du roi à Paris. Son sceau est appendu à une quittance datée du 6 juillet 1438, laquelle est conservée aux Archives nationales. Ce sceau représente un écu chargé d'un coq accompagné de trois étoiles, deux en chef, une en pointe ; il porte cette légende : jehan LAMBERT, [Reus. part.)
LAMBERT (Pierre) débuta, sous la direction de Levau, par la conduite des travaux du collège des Quatre-Nations (Palais de l'Institut), où il eut pour collègue Dorbay père. Ses appointements étaient de 1,200 livres. Il était, en 1708, architecte ordinaire des bâtiments du roi, contrôleur des bâtiments de Versailles, Trianon et la Ménagerie. Il fut admis à l'Académie d'architecture en 1699, et mourut à 63 ans, en 1709^ (Franklin, Rech. hist. — Rens. part.)
LAMBERT DE KENLE. — V. KENLE (Lambert de).
LA MONGE (Ferdinand de). — V. DE LA MONCE.
I. Dans ses Recherches historiques sur le collège des Qiiatre-Nations, M. Franklin cite un Lambert, architecte, qui, lors des expropriations amiables faites pour assurer l'emplacement du fameux collège,-reçut comme propriétaire et à titre d'indemnité, « dix mille deux cents livres, pour places vaines et vagues de l'ancien fossé et porte de Nesles, contrescarpe et fossé d'icelle ». Ce Lambert est-il celui qui fut chargé de la conduite des travaux? M. Franklin ne le dit pas.
l O - DICTIONNAIRE
LAMOTTE (de) fut nommé, le i3 mars 1712, premier commis des bâtiments du roi, en remplacement de Marignier. Ses appointements étaient de i ,200 livres, compris les frais de bureau. [Rens. part.)
LANCELOT (Pierre), architecte du duc Henri II de Lorraine, travailla, en 161 5, à la porte de « la Craffe w, dite depuis porte Notre-Dame, à Nancy. (Lionnois.)
LANFRIDE. Si Ton en croit la légende, Albéric, femme de Raoul, comte de Bayeux, qui vivait au XP siècle, fit trancher la tête à cet artiste^ qui avait été Tarchitecte du châteaufort d'Ivry, afin qu'il ne pût en construire un autre. (Oderic Vital, liv. VIII.)
LANNOY (François-Joseph de). — V. DELAN- NOY.
LANS (Pierre). Sur le clocher de la cathédrale de Viviers (Ardèche), on lit l'inscription suivante, découverte par M. Revoil , architecte :
petruq lanO
LAPLAZE (Jean). Sur le couronnement d'une fenêtre élégamment sculptée^ et au sommet d'une tour du château de Losse, aux environs de Périgueux, on lit l'inscription suivante : JOHAN LAPLAZE MAISTRE MASSON DE GOVRDON A FAIT
CET ovvRE l'an iSyx. {Rens. part.)
L ARGENT (Pierre), l'un des architectes de la cathédrale d'Amiens, éleva, vers iSyo, les deux tours du portail, et acheva, en i375, les deux chapelles du collatéral nord qui
sont près de Tentrée. En tSgô il travaillait autour du grand autel de l'église de l'abbaye de Saint-Bertin- on lui doit aussi trois des voûtes du cloître de ce monastère. (Dusevel, JRech. hist.)
LARUELLE (Claude). — V. LA HIRE.
LA RUELLE (Guillaume de). Dans un procès-verbal d'estimation d'un hôtel appelé la «Maison des Lions », sis à Paris, (c en la rue Saint-Paul, et ayant issue en l'hostel de la Cour de la Reine )>, lequel hôtel était donné par François P'" à Amé de Regno, son premier huissier, La Ruelle est qualifié de c( général maistre des œuvres de maçonnerie du Roy ». Il est en outre mentionné ainsi qu'il suit dans une pièce manuscrite du XVP siècle : « Toisé fait des dits ouvrages, de l'ordonnance du dit sieur deVilleroy, par Guillaume de La Ruelle, maître des oeuvres de maçonnerie du dit sieur (le roi), etLouis Poireau, maçon -Juré d'iceluy sieur ». L. Poireau était le cf substitut » de La Ruelle; il est ainsi qualifié dans un acte de 1542 rapporté par Sauvai. Dans cet acte, il figure comme c( Garde de la voierie et chemins royaux ». (Sauvai, t. HT et IV. — De Laborde, Not. des Émaux.)
L'ASSURANCE (Cailleteau, dit) débuta par travailler comme dessinateur chez J.-H. Mansart et R. de Cotte'.
I. Saint-Simon, dans ses Mémoires (chap. XI), le cite à l'occasion de la mort d'Hardouin Mansart. Après avoir prononcé l'oraison funèbre de ce dernier, qu'il n'aimait pas, il faut le dire, il ajoute : « Il estoit (H. Mansart) ignorant dans son métier. De Cotte, son beaufrère, qu'il fit premier architecte, n'en savait pas plus que lui; ils tiroient leurs plans, leurs dessins, leurs lumières, d'un dessinateur en bâtiments nommé L'Assurance, qu'ils tenoient tant qu'ils pouvoient sous clef. »
Ses principaux travaux sont les suivants : à PariS;, l'hôtel de Montmorency, rue Montmartre, presque en face la rue Feydeau, 1704 ; l'hôtel du marquis de Rothelin, rue de Varennes (occupé dans ces derniers temps par Pambassadeur d'Autriche, puis par le ministre des Beaux-Arts) -, l'hôtel bâti pour Thomas de Rivié, secrétaire d'État, rueSaint-Marc-Feydeau, 1704-, l'hôtel d'Auvergne, rue Saint-Dominique-Saint-Germain, bâti pour le comte d'Auvergne, père du cardinal de ce nom, 1708; les hôtels de Béthune, dans la même rue-, de Richelieu, rue de Grenelle-Saint-Germain • de Montbazon, rue Saint-Honoré-, de Châtillon, rue Saint- Dominique -Saint- Germain;, de Noailles, rue de Luxembourg. L'Assurance commença, en 1728, en collaboration avec Girardini, la construction du Palais-Bourbon, et, avec Aubert, l'hôtel de Lassay. Il fut admis à l'Académie d'architecture en 1 699 , et mourut en 1724. (G. Brice. — Piganiol. — Thiéry.)
L'ASSURANCE (Jean-Cailleteau, dit), fils du précédent, entra à l'Académie d'architecture le 8 mai 1728, et mourut en 1755. Il était, en 17 16, pensionnaire de l'École de Rome, et partit cette année-là pour aller étudier à Venise. En 1723 il fut nommé contrôleur du château de Marly, et paraît avoir conservé ces fonctions jusqu'à sa mort. Il reçut, le 3 avril 1749, son brevet d'architecte ordinaire du roi, contrôleur des bâtiments de Fontainebleau. Cette faveur lui fut accordée, dit le brevet, « tant en considération de ses bons, anciens et loyaux services, que^e ceux du feu sieur son père^, en la dite qualité d'architecte et contrôleur des bâtiments ». Ses travaux sont assez nombreux \ voici la Hste de ceux exécutés pour M'"'^ de Pompadour : le château de Bellevue, commencé le 3o juin 1748 et terminé au mois de novembre 1750-, la restauration du château de la Celle, près Saint-Cloud; un pavillon appelé l'Ermitage, dans le petit parc
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. . l3
de Versailles -, de 1748 à 1764, des travaux d'embellissements au château de Crécy, à 8 kilomètres de Dreux, ainsi qu"'un hospice pour les vieillards (le château n'existe plus, et l'hospice a été, vers i85o, converti en maison d'habitation); des travaux à l'hôtel d'Évreux, devenu le Palais de l'Elysée, a Paris ; un hôtel à Versailles (aujourd'hui l'hôtel des Réservoirs); de 1751 à 1753, des travaux au château de Compiègne, d'autres aux Ursulines de Passy et aux Dames de l'Assomption. On lui doit aussi l'hôtel de Luxembourg, rue Saint-Marc, à Paris-, l'hôtel de Sens, rue de Grenelle-Saint-Germain; l'hôtel Mole, dans la même rue '. (Piganiol. — J.-A. Leroy, Dépenses de Madame de Pompadoiir. — Rens. part.)
L'ASSURANCE (Pierre-Cailleteau, dit) obtint, le 4 octobre 1755, une pension de 2,000 livres, en qualité de contrôleur des bâtiments des châteaux de Saint-Germain et de Monceaux. Il remplaçait, dans cette charge, son frère, qui venait de mourir. [Rens. part.)
LASSUS ( Jean-Baptiste-Antoine) naquit à Paris
I. De quelques notes manuscrites que je possède, et qui ont trait aux différents contrôles des châteaux royaux à cette époque, il semble résulter que ce L'Assurance a eu un frère ; mais ces renseignements, très-vagues, m'avaient laissé dans le doute. Le rédacteur des notes dont il s'agit, lesquelles paraissent avoir été écrites dans la seconde moitié du XVIII= siècle, mentionne deux L'Assurance, l'un dit l'Aîné, l'autre dit le Jeune. Selon lui, l'aîné avait eu le contrôle de Marly, en lySS, le jeune celui de Saint-Germain, en 1741, et les contrôles réunis de Saint-Germain et de Monceaux, en 1748. Ces notes n'avaient pas pour moi un caractère d'authenticité suffisant pour me perrnettre de conclure. Heureusement, et grâce à l'obligeance de M. Jules Guiffrey, il m'arrive, au moment de mettre. sous presse, la preuve que L'Assurance jeune a existé. Mes notes n'étaient fautives qu'à l'endroit des dates. (Voir l'article suivant.)
le 19 mars 1807. Élève de Lebas d'abord, et plus tard de M. H. Labrouste, il entra, en 1828, à l'École des Beaux-Artsmais, peu satisfait sans doute de renseignement académique, il donnait bientôt à ses études une autre direction. En i833 il 'exposa au Salon une étude sur le pavillon de THorloge du Palais des Tuileries, qu'il restitua tel qu'il avait dû sortir des mains de Philibert De TOrme. En i835 , un projet de restauration de la Sainte-Chapelle, qu'il envoya également au Salon, lui valut une médaille de 2' classe. Il étudia ensuite un projet de restauration du réfectoire de Saint-Martin-des-Champs. En 1837 il fut, avec Gréterin , nommé architecte de l'église Saint-Séverin. On sait qu'il ajouta à la façade de cet édifice la porte de l'église Samt-Pierre-aux-Bœufs , qu'on venait de démolir. En i838 il prit part, comme inspecteur, à la restauration de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. En 1841 il obtint une médaille, à la suite du concours ouvert pour le tombeau de Napoléon P"", aux Invalides. A la mort de Piel, architecte, en 1843, il fut chargé de la construction de l'église Saint-Nicolas, de Nantes. En 1845, à la suite d'un concours, il obtint (avec M. Viollet-le-Duc) la restauration de Notre-Dame de Paris-, mais son collaborateur seul fut assez heureux pour mener à bonne fin ce grand travail. Un peu plus tard, en 1848, Lassus fut nommé architecte des cathédrales de Chartres et du Mans, et il eut à exécuter dans ces monuments des travaux de restauration. A la même époque, il fift chargé de construire la nef de la cathédrale de Moulins , dont le chœur seul existait -, mais cette opération, commenpée seulement quelques années plus tard, ne put qu'être commencée par lui , la mort ne lui ayant pas permis de l'achever i. Il a aussi exécuté , dans la
' I. La nef de Moulins, commencée avec des matériaux sur la qualité desquels Lassus s'était trompé, n'a pu être continuée dans les mêmes conditions. Le très-habile successeur de Lassus, M. Eugène
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. l5
même ville, Péglise Saint-Nicolas. En 1839 Lassus avait été adjoint à Duban en qualité d'inspecteur, pour la restauration de la Sainte-Chapelle de Paris-, mais, en 184g, cet éminent artiste ayant donné sa démission d^architecte en chef, Lassus fut appelé à lui succéder. Il continua les travaux commencés, parvint à faire isoler Tédifice du côté du sud, et éleva la flèche centrale en répartissant habilement le poids de cette charpente sur tous les contreforts '.En 1 85 3 il construisit
Millet, a dû faire table rase des travaux du premier architecte et recommencer la besogne sur un nouveau plan. L'art n'y perdra rien.
I. Lassus a beaucoup fait pour cette restauration, mais il a laissé aussi beaucoup à faire. Cependant un de ses amis écrivait ceci, quelque temps après sa mort : « il y aurait déjà plusieurs années que
cette restauration serait achevée, si de fréquentes suspensions, pour cause de manque de fonds, n'étaient venues atténuer l'essor du laborieux maître de l'œuvre. Néanmoins ce qui reste à faire est plus qu'élaboré, et il ne reste plus guère à achever qu'une portion du dallage ornementé dont les dessins, faits et arrêtés par Lassus, sont en voie d'exécution : de sorte que, dans notre pensée, on peut considérer cette œuvre individuelle comme achevée...» (L Architecte Lassus, par Troche.) Presque autant d'erreurs que de mots. Ce n'est pas seulement une portion du dallage, c'est le dallage ornementé tout entier qui restait à faire, et les dessins mêmes n'en étaient pas arrêtés. Quant à l'achèvement de l'œuvre, il n'était effectué que dans la pensée de M. Troche, car cet achèvement n'est pas même aujourd'hui complet (1872), après quatorze années de travail. Soyons plus exact que M. Troche, et disons que la part de M. Bœswilwald, le successeur de Lassus, sera encore très-belle. C'est à son talent qu'est due la restauration complète de la chapelle basse, travail qui ne le cède en rien à celui de la chapelle haute. Ce qu'on doit en propre à Lassus, c'est d'avoir attiré l'attention de l'administration sur ce charmant édifice et d'en avoir recherché avec persévérance et avec amour les débris dispersés partout après la Révolution. En 1849, ayant à écrire pour le Siècle un article sur les travaux de restauration de la Sainte-Chapelle, Lassus voulut bien me fournir des notes assez curieuses, dont je vais donner ici quelques extraits : « Lorsque la Sainte-Chapelle fut transformée
l6 ■ DICTIONNAIRE
l'église Saint-Pierre, de Dijon, et restaura, vers la même époque, l'église Notre-Dame, de Châlons-sur-Marne, dont il a rétabli Tune des flèches en charpente. On lui doit aussi la restauration de Téglise de Saint-Aignan (Loir-et-Cher), et la construction de Téglise de Belleville (Paris)-, le dôme élevé
en dépôt d'archives (pendant la Révolution), Alexandre Lenoir fut chargé d'enlever le jubé, les escaliers, toutes les boiseries, autels, statues, etc., lesquels furent transportés au musée des Augustins. Sur les douze statues d'apôtres, dix seulement se retrouvèrent lors du démembrement de ce musée. Mgr de Forbin-Janson, évéque de Nancy et propriétaire de la communauté du Calvaire, avait obtenu l'autorisation d'enlever quatre de ces statues d'apôtres pour les placer dans la chapelle du Calvaire, où elles restèrent jusqu'en i83o. Mais à cette époque les émeutiers se ruèrent sur cet établissement religieux, décapitèrent les statues et saccagèrent toute la maison. Un domestique, craignant de voir revenir les assaillants, fit enterrer ces statues mutilées; quant aux têtes, elles disparurent.... Lorsqu'on fit les travaux du fort, ajoute Lassus, j'écrivis au colonel H équet, qui commandait alors les troupes du Mont-Valérien, pour lui demander l'autorisation de faire quelques recherches. Cet officier supérieur était un artiste distingué: il s'intéressa à la chose, et les quatre statues furent retrouvées, mais toujours sans leurs têtes. Je fus moi-même constater le fait, et, sur une indication assez vague, j'entrai dans le jardin d'une pauvre vieille, et j'y trouvai les quatre têtes superposées deux à deux, formant une sorte d'édicule devant lequel cette brave femme allait s'agenouiller et prier. Elle avait
sauvé ces débris en les enlevant dans s(>n tablier Une des plus
belles statues, la première à gauche en entrant dans la Sainte-Chapelle, avait été transportée d'abord, dit-on, dans le parc de Sceaux, sous le nom de Mercure, ce qui jfaraît assez singulier; nous l'avons retrouvée plus tard dans l'église de Créteil, où elle passait pour un Saint-Jean, aussi devait-on bientôt lui couper la barbe, afin qu'elle fût plus conforme à la tradition Des fragments du jubé ont été retrouvés à l'École des Beaux-Arts, ainsi que l'un des petits escaliers, lequel conduisait à un petit atelier qu'avait là autrefois M. Debret. Enfin d'autres fragments de culs-de-lampes et de dais furent retrouvés dans les magasins de l'église abbatiale de Saint-Denis y
à la rencontre des trois nefs, dans la chapelle du couvent de la Visitation, à Paris ; une galerie, des stalles et une chaire pour le couvent des Oiseaux, dans la même ville -, des travaux dans le monastère de la Visitation, à Montereau. Parmi les constructions civiles qu'il éleva à Paris, on peut citer Phôtel Soltykoff, avenue Montaigne ( 1848), et une maison rue Taitbout, à l'angle de la rue de Provence. Lassus avait préparé, dans les derniers temps de sa vie, la publication de l'album de Villard de Honnecourt, architecte du XIIP siècle:, mais ce travail ne fut mis au jour qu'après sa mort, par les soins de M. Alfred Darcel. Enfin, Lassus ayant été chargé par le ministère de l'Instruction publique de faire la monographie de la cathédrale de Chartres, il avait dessiné, relevé et coté ce beau monument jusque dans ses moindres détails. Il n'eut pas non plus la satisfaction de mettre la dernière main à ce travail. Atteint d'une maladie du foie qu'il eut le tort de laisser s'aggraver, Lassus, qui était allé à Vichy pour y chercher la santé, y trouva la mort le i5 juillet 1867. (Darcel, J.-B. Lassus^ arch. — Rens. mss.)
LA TREMBLAY E (Guillaume de), religieux de l'abbaye de Saint- Etienne, de Caen, fut l'architecte des bâtiments de la manse conventuelle de cette abbaye. Trois de ces corps de bâtiments composent aujourd'hui l'hôtel-Dieu de la ville ; un autre est occupé par le Lycée. Ces constructions furent élevées de 1702 à 1724. Etant, en i685, frère convers de l'abbaye du Bec, il fit élever, dans l'église de son monastère, un maître-autel avec baldaquin, lequel a été transporté à l'église Sainte-Croix, de Bernay. On attribue également à cet architecte les bâtiments de la Sainte-Trinité, à Caen, et ceux de l'abbaye de Saint-Denis, occupés maintenant par la maison d'éducation de la Légion d'honneur. (Hippeau, Hist. de l'abb. St-Ét., de Caen. — Leprévost, Mém. et Notes.)
l8 niCTIONNAIRE
LAUNEY. « Avance de 200 livres au sieur Launey, architecte, sur le prix des travaux de construction de la pyramide de Sorges. » (Port., Invent.)
LAURENT, grand prix de lySô sur ce sujet de concours : « Galerie avec chapelle », fut Tarchitecte des cascades du château de Brunoy et de celles de Chanteloup. (Bachaumont, Mémoires^ t. VII.)
LAURENT DE BUSSI, maçon juré du roi, à Paris. Son sceau est appendu à un acte de i5oo conservé aux Archives nationales ; il représente un marteau accompagné de branchages, avec cette légende : laurens de bussy. [Rens. part.)
LAURENT (Jacques), maître des œuvres du comté de Blois, mourut au mois de juin i363. (De Laborde, Ducs de Bourg.)
LAUTENSCHLAGERouLAUTENSCHLORGER
(Joseph) fut Tun des architectes de la cathédrale de Strasbourg, vers le milieu du XIIP siècle;, il succéda à Heckler. Hyacinthe Langlois Pappelle Lautenschlorger, et dit qu'il fit détruire des sculptures exécutées au XI IP siècle dans le chœur de la même cathédrale. Le sujet de ces sculptures appartenait au Roman du Renard. (Schnéegans, Maîtres d'' œuvres. — H. Langlois, Essai de calligr.)
LA VACQUERIE (Jonas de). En 1 5 1 o, étant maître maçon juré de la ville d'Amiens, il obtint l'office de « maistre des ouvrages » , vacant par la mort de Pierre Tarisel. (Dusevel, Rech. lus t.)
LAVAL (Eugène), né à Villefranche (Rhône) en 1818, fit ses premières études à l'École des Beaux- Arts de Lyon, et vint à Paris en i838. Après avoir étudié pendant quelques années dans Tatelier de M. Labrouste, il partit pour l'Italie et séjourna principalement à Rome, à Naples, à Venise et à Florence. Dans cette dernière ville, il releva Féglise Sainte-Mariedes-Fleurs, le Campanile, POr San-Michele, etc. A son retour en France il visita Arles, Nîmes, Orange, Viviers, dont il mesura et dessina les principaux monuments anciens et modernes. Arrivé à Paris, il utilisa les dessins et les documents rapportés de ses voyages dans des travaux graphiques qu'il envoya aux expositions annuelles, dans des projets qu'il étudia en attendant que l'occasion vînt de les réaliser. Attaché à la Commission des Monuments historiques, il fut, en cette qualité, chargé de la restauration des éghses de Sylvacanes (Aveyron); de Sainte-Marthe, à Tarascon- de Saint-Théodoric, à Uzès-, de Saint-Bertrand de Comminges *, de Saint-Just de Valcabrère (Haute-Garonne). Lors de Forganisation du service des édifices diocésains, il fut chargé des diocèses de Nîmes et de Viviers. En i852, lorsqu'il s'agit d'élever des hospices spéciaux pour les ouvriers convalescents, le choix de l'administration tomba sur Laval, qui construisit les asiles de Vincennes et du Vésinet. En 1 86 1 il fut appelé à faire partie de la Commission des bâtiments des lycées, créée par M. Rouland, et, devenu ainsi l'un des architectes du Ministère de l'Instruction publique, il fut chargé de la construction du Lycée de Toulon. On lui doit aussi plusieurs églises paroissiales dans le département du Gard :, le Palais de Justice de la ville d' Alais ;, le château de M. Dubochet, près de Clarens, sur le lac de Genève^ Phôtel de la Banque à Bilbao (Espagne)* deux maisons sur le boulevard du Prince-Eugène, à Paris. Mais l'œuvre la plus considérable à laquelle le nom de Laval restera attaché, c'est l'hôpital général de la ville de Bordeaux. Il a
malheureusement laissé ce vaste édifice inachevé -, mais toutes ses études en étant arrêtées à Tavance, on a pu continuer les travaux sans s'écarter en rien de son projet. Laval mourut à Paris, le 21 février 1869 K II avait été décoré en 1857.
I. A cette courte et sèche notice je ne puis m'empêcher d'ajouter ici l'offrande de quelques lignes à la mémoire de mon ancien confrère et ami. Attachés tous deux de longue date aux édifices diocésains, nous étions de plus collègues à la Commission des bâtiments des lycées, et là surtout j'ai pu apprécier à sa valeur ce regrettable artiste. Dans cette commission, présidée par le fils du ministre, l'intelligent et aimable M. Gustave Rouland, et où siégeaient aussi mes chers confrères MM. Duc et Laisné, nous avions à examiner les projets de construction ou d'agrandissement des lycées et écoles normales des départements. Ces fonctions n'étaient certes pas une sinécure! Bon nombre de ces projets, inspirés ou imposés par des fonctionnaires de l'Université, plus forts en pédagogie qu'en architecture, laissaient, hélas! singulièrement à désirer. Laval, doué d'un esprit pratique en même temps que d'un sens critique très-sûr, excellait dans ces travaux de révision et de refonte. Je me souviens de ces rapports concis et substantiels, de ces esquisses nettement tracées, relevées de vermillon, qu'il apportait à nos séances; il était rare qu'il n'eut pas trouvé la solution vraie de ces questions souvent si complexes. Déjà souffrant alors du mal qui devait l'emporter, il n'en était pas moins assidu aux réunions de la commission, et toujours disposé à accepter la part de besogne qui lui incombait. Vers la fin pourtant, sa santé devenue plus chancelante l'empêchait parfois de se joindre à nous, mais il n'en travaillait pas moins au coin de son foyer,*comme il travailla toujours, sans relâche et avec un courage que ses souffrances mêmes ne parvinrent pas à dompter. Dans les derniers temps de sa vie, affaibli use, accablé par les douleurs physiques, il avait conservé ces qualités précieuses qui ne résistent guère pourtant à de si rudes épreuves : il était resté doux et serviable; un sourire de malade et un serrement de main exprimaient encore sa bonne et délicate cordialité. Pauvre Laval ! la mort frappait depuis longtemps à sa porte sans qu'il l'entendît ; je me trompe, sans qu'il voulût l'entendre, car la prodigieuse énergie qu'il déploya jusqu'à la fin de sa vie prouve bien que, préoccupé de sa
LA VALLÉE (Jean de), fils de Simon de La Vallée, né en 1620, mort en 1696, fut Tarchitecte des rois Charles X et Charles XI de Suède. Il a donné les plans du vieux château royal de Stockholm, qui fut brûlé en 1697, et ceux du tombeau des Charles, élevé en i685 dans l'église de Riddarholm. Il a construit aussi le temple des Francs-Maçons, de Stockholm, et achevé le Palais de la Noblesse, commencé par son père. (Ekmarck, Guide de Vétr. dans Stockholm.)
LA VALLÉE (Martin de). Un architecte de ce nom fut nommé, par la reine Christine de Suède, inspecteur des édifices royaux. Il est très-probable qu'un lien de parenté le rattachait au précédent. J. Marot, H. David et d'autres ont gravé d'après cet architecte. (Dussieux, ^r/^. fr.)
LA VALLÉE (Simon de) fut appelé en Suède par la reine Christine. Il a bâti, sur ses dessins , à Stockholm : le Riddarhuset, ou Palais de la Noblesse, dont il commença la construction en 1648, mais qui fut achevé par son fils Jean. On lui doit aussi les églises Hedvige-Éléonore , de Sainte- Catherine et de Sainte-Marie, à Stockholm. (Ekmarck, Guide de Vétr. dans Stockholm.)
LAYEVILLE (Robert de), maçon juré du roi, à Paris. Le procès-verbal d'une expertise qu'il fit le 1 5 février 1433 est conservé aux Archives nationales ; le sceau qui y est encore appendu représente, dans un encadrement triangulaire, une équerre, un marteau de tailleur de pierre et une truelle. En voici la légende : « le seel robert de laieville.» [Rens. part.)
fin prochaine, il voulut dépenser utilement pour les siens jusqu'à son dernier souffle.
LEBARON (Jacques). L'église actuelle de Saint-Nicolas, à Coutances, a été bâtie par cet architecte, ainsi que le constate une inscription gravée sur un pilier de la basse nef, près de la sacristie. Cette inscription est ainsi conçue : « ce
CŒUR- ET -ROND -POINT -ONT ESTÉ FAIS PAR-JACQS-LE BARON, M*^ MASSON-EN-LAN Vl'' C XX^ (l62o)-E-XXI ([62l)-M^ JAC-
RODÉE, M^ vRSiN-DELiSLE , ECHEviNS. » (L. Quenault, Rech. s. la ville de Coutances.)
LE BAS (Jean) et son fils construisirent, de 1472 à 1492, la tour et la flèche de l'église Saint-Michel, à Bordeaux, dont la première fondation remonte à 11 60. Cette flèche, dont la hauteur était, dit-on, de 100 mètres, s'écroula en 1768, faute de réparations qui eussent été peu dispendieuses. La première dégradation qu'elle éprouva date de 1574 : elle fut alors atteinte par la foudre, qui en détruisit une partie. Le 22 janvier 1608, un événement de même nature en diminua encore la hauteur-, enfin, un ouragan terrible qui dura vingt-quatre heures , le 8 septembre 1768, en fit tomber une grande partie. L'inscription suivante, conservée dans un manuscrit, indique exactement les dates du commencement et de la fin des travaux : « Lan mil quatre cens septante-dus, lo vingt-nau jorn de Feburey, fo commensal lo cluchey de Sent-Micqueu de Bordeu, per mestre Johan Lobas, et fut pausade la darreyra peyra lo jorn de Sent-Mauritii, vingV-nau Jorn de septembre, lan mil quatre cens quatre-vingt et dolze : et le huyt jorn de novembre fut pausade la croix benedeyta per Garney, evesque Portatin, prieu de Bardanac, présent : Yves Reu, prestre rectorque de Portelz » i. (Nolibois, Not. sur le clocher de Saint- Michel.)
I. La tour Saint-Michel vient d'être restaurée avec beaucoup de talent par mon cher confrère et ami M. Paul Abadie fils.
LEBAS (Louis- Hippolyte), élève de Vaudoyer père et de Percier, naquit à Paris le 3 i mars 1782. Après une première excursion en Italie (1804), il remporta au concours de 1 806 le second grand prix sur « Un palais pour la Légion d'honneur ». Il fit un second voyage en Italie, de 1806 à 1808, comme guide du prince Murât, et revit une troisième fois l'Italie en 181 1. De 1827 à i835^ il publia, avec Debret, les « Œuvres complètes de Jacques Barozzi» ; mais il ne parut de cet ouvrage que quatorze livraisons. En 1826, il fut élu membre de l'Académie des beaux-arts , en remplacement de Delespine. Les principales œuvres de Lebas sont, à Paris : le monument deMalesherbes, élevé au Palais de Justice en 1822-, l'église Notre-Dame-de-Lorette ( 1824) ; la prison des Jeunes Détenus , rue de la Roquette ^ la restauration de la salle des séances de l'Académie de médecine, rue des Saints -Pères (i832)-, les nouvelles salles des séances de l'Académie française et de l'Académie des beaux-arts, ainsi que de la bibliothèque du palais de l'Institut- le tombeau d'Halévy , au cimetière du Père-Lachaise. Lebas a été successivement inspecteur de la Bourse (1811), inspecteur du monument expiatoire de Louis XVI , membre du jury d'architecture ( I8I6- I84o); professeur à l'École des beaux-arts ( 1840- 1 856). A cette dernière époque il se fit suppléerpar M. Albert Lenoir. [Bellier delà Ch. — Lehmann^ Disc.pron. aux funérailles de Lebas.)
LEBASQUÉ (Jean), architecte du Havre, construisit, en i63o, le portail de l'église Saint-Martin d'Harfleur. Il entreprit ce travail moyennant 400 livres, mais à la condition qu'il prendrait la pierre dans « l'enclos de la neufve église », et que la ville fournirait la chaux, le sable et le bois nécessaires pour les « establies ». En i635,il fut chargé d'abattre la vieille tour et de restaurer le comble de la nouvelle église. Il était
payé 25 sous par jour. (L'abbé Cochet, Egl. de ran\ du Havre.)
LEBESGUE (Pierre) a construit le château du marquisat de Beauregard en Brie, pour le président Le Cousturier ^
LEBLOND (Alexandre-Jean-Baptiste), né à Paris en 1679, construisit dans cette ville, en 1 706-1 707, rue d'Enfer, pour les Chartreux, un hôtel qui fut occupé plus tard par la duchesse de Vendôme et le duc de Chaulnes; de 1708 à 17 14, rhôtel deClermont, rue de Varennes, bâti pour la marquise de Seissac. Il s'était fait connaître par les additions importantes qu'il fit au Cours et au Dictionnaire d'' architecture de Daviler, œuvres qui furent complétées plus tard par Mariette et par Blondel. On lui doit aussi le château de Chatillon, près Paris. En 1716 il partit avec sa famille pour aller s'établir en Russie, où il avait été appelé par Pierre le Grand. Le czar Pavait nommé son premier architecte, avec un traitement de 20,000 livres. Il fit de nombreux projets pour le palais de Pétersbourg et la maison de plaisance du czar, mais il n'en put réaliser que bien peu •, la petite vérole l'enleva en 17 19. Pierre le Grand lui fit faire de magnifiques funérailles, auxquelles il voulut lui-même assister^. (Piganiol. — Blondel.— Dargenville. — Dussieux, Art.fr.)
1. Un album contenant douze plans et dessins de ce château, et qui porte la date de 171 1, existait encore en i855. Il fut vendu à cette époque par le libraire Techener.
2. Mariette a publié en 1722 une nouvelle édition d'un livre qui doit être attribué au même Leblond. Voici le titre de ce livre : :< La théorie et pratique du jardinage, où l'on traite à fond des beaux jardins appelés communément des jardins de plaisance et de propreté, composés de parterres, de bosquets, de boulin grin, etc. Par le professeur Alexandre Le Blond. »
LE BŒUF (Mathurin), Tun des architectes de Téglise dç Caudebec, dirigeait, en i562, les travaux de restauration de cet édifice. (Uabbé Cochet, Égl. d' Yvetot.)
LE BON remporta le grand prix d'architecture en 1725, sur « Une église conventuelle ». Il fut admis à l'Académie d'architecture le 3 décembre 1 741 , et mourut le 1 3 août 1 754. [Rens. part.)
LE BON (Henri), abbé de Gorze, qui vivait au XP siècle, est cité comme ayant exécuté de grands travaux d'architecture , mais sans qu'on puisse dire à quels édifices il a travaillé. (Ghampollion, Doc. pal.)
LE BOUCHER (Jean). Le 27 janvier i5oq, Jacques et Roulland Leroux ayant présenté un projet pour la reconstruction du grand portail de la cathédrale de Rouen, les chanoines chargèrent Jean Leboucher, maître de l'œuvre de Saint-Maclou^ et Pierre Le Gallois, son confrère, « de veoir les traictz faicts « pour ledit portail par les architectes de la cathédrale. (Deville, Rev. des arch.)
LEBOUTEUX (Michel), architecte et graveur, fut un des artistes français appelés en Portugal sous le règne de Jean V. Comme graveur, il a fait une carte de l'île de Malte, laquelle est signée : « Michaël Le Bouteux architectus régis sculpsit, 1736)). (Raczynski, Z)/c^. hïst. art. du Portugal^ 1847-)
LE BRETON (Gilles) commença, en 1627, la transformation de l'ancien château de Fontainebleau ; bientôt après, Serlio et avec lui une colonie d'Italiens s'abattirent sur ce château, et en firent leur domaine. Il mourut en 1 552, et, le
24 février de cette même année, Jean de TOrme lui succéda comme maître général des œuvres de maçonnerie du roi. (De Laborde, Château de M.)
LEBRETON (Jean). Sur un des contre-forts de Téglise Saint-Pierre de Coutances, on lit ce nom gravé en grands caractères gothiques : jehan lebreton, suivi du millésime i558. Rens. part.)
LE BRETON (Regnault), architecte du roi Philippe V,et peut-être de Louis X, sous le titre de a masson juré du roy ». En i3i7, « le mardi après Noël », on lui donna pour successeur P. de Pontoise. Il est probable que cette date est à peu près celle de la mort de Regnault. [Ordonn.^ Statuts, etc.)
LEBRUMENT (Jean-Baptiste), né à Rouen, le 7 janvier 1706, mourut dans la même ville le 6 juillet 1804. En 1767 il fut chargé de continuer les travaux d'édification de la chapelle de PHôtel-Dieu de Rouen, devenue l'église paroissiale de la Madeleine, et dont la dédicace eut lieu en 1 78 1 . On lui doit l'achèvement du grand bâtiment de Tabbaye de Saint-Ouen, devenu l'Hôtel de ville, lequel avait été commencé par Defrance, et l'achèvement des bâtim^ents de l'abbaye de Blainville. (Frère^ Bibl. uonn. — «Lebreton, Biogr. norm. — Beaurepaire^ Archives.)
LEBRUN , en collaboration avec Duval, construisit, en I 780, à Versailles, sur l'emplacement anciennement occupé par l'infirmerie des pages du roi, une grande maison où fut installé, en 1801, une sorte de collège auquel on donna le nom de « Gymnase littéraire et des arts ». (Leroy, Rues de Versailles,)
LEBRUN (Benoit)^ né à Paris en 1764, îilla se fixer à Orléans. En 1786,1! éleva dans cette ville, près la porte Bourgogne, une vaste construction destinée à une filature, dont le pavillon du maître existe encore et domine la Loire. En 1 790 il transforma l'église Saint-Michel en salle de spectacle. En 1797, il abattit Tabside de Téglise Saint-Hilaire, et convertit le reste de l'édifice en une halle couverte, où se tient maintenant le marché au vieux linge. Il fut président de Tadministration municipale de 1799 à 1800, et mourut à Châteauneuf-sur-Loire, le 29 septembre 18 19. (Buzonnière, Hist. d'Orl.)
LECAMUS DE MEZIÈRES (Nicolas) naquit à Paris le 26 mai 1721. Son œuvre principale est la Halle au blé de Paris, qu'il construisit de 1763 à 1767, moins la couverture de la cour centrale, qui fut exécutée en 1782, par Legrand et Molinos, et incendiée en i8o3. On lui doit aussi l'hôtel de Beauvau, sur la place de ce nom à Paris, occupé aujourd'hui par le ministère de l'Intérieur, ainsi que la plupart des maisons qui avoisinent le théâtre actuel de l'Opéra-Gomique. Il a publié plusieurs ouvrages dont voici les titres : « Recueil de différents plans et dessins concernant la nouvelle Halle aux grains. » Paris^ 1769, in-fol. — « Le Génie de l'architecture, ou analogie de cet art, avec nos sensations, w Paris^ ^780-) in-8°. — « Traité de la force des bois. » Paris^ 1782, in-8°. — Il mourut le 27 juillet 1789. (Thiéry. — Brunet. — Rens. part.)
LECARON (Jacques), natif du village de Vaulx-lez- Bapaume, présenta en 1 55 1 des plans pour la consolidation du beffroi de l'Hôtel de ville d'Arras. Il lut aussi l'architecte de l'abbaye de Marchiennes. (D'Héricourt et Godin, Les Rues d'Arras.)
LECARPENTIER (Antoine-Michel ou Mathieu) naquit à Rouen le i5 juillet 1709, étudia la sculpture et se rendit à Paris en 1728. Il fut, pour ses débuts, chargé par J.-J. Gabriel de suivre les travaux de l'hôtel de la Chambre des comptes. Les principales œuvres exécutées par lui dans la même ville sont : des bâtiments nouveaux à l'Arsenal-, une partie des travaux du Palais-Bourbon-, l'hôtel de Bouret de Vezelay, rue Grange -Batelière ^, un pavillon dans le grand jardin de M. de la Boëxière, lequel jardin était situé à l'angle de la rue Thiroux (aujourd'hui Gaumartin) et de la rue Saint-Lazare; un nouveau corps de logis à l'hôtel de Montmorency, rue Montmartre-, l'hôtel de Boulainvilliers, rue Bergère 2; l'hôtel de Lassay, rue du Regard-, la restauration de l'hôtel de Luxembourg, rue Saint-Marc, bâti par L'Assurance-, l'hôtel de Guiche, rue du Regard-, le collège Mignon ou de Grand-Mont-, le collège de Narbonne -, l'achèvement de l'hôtel de Choiseul, commencé par Cartaud ;, les hôtels Du Chatel, rue de Richelieu-, de Lassay, rue du Regard; le collège de Bourgogne et sa chapelle, à Paris. On lui doit aussi des embellissements au château de Croix-Fontaine, situé entre Corbeil et Melun, et qui appartenait au financier Bouret; les châteaux de Courteilles, de la Fertè (dans le Perche) et de Balinvilliers (sur la route d'Orléans) ; les bâtiments nouveaux de l'abbaye de Clairvaux. Lecarpentier fut désigné par le roi pour étudier les plans du nouvel H^tel de ville, de l'Intendance et du Jardin des Plantes de Rouen ; la première pierre
1. Cet hôtel a appartenu ensuite et successivement au financier Delaborde, au directeur des postes, Grimod de la Reynière, au duc de Choiseul et au duc d'Orléans. Il est occupé aujourd'hui par l'administration de l'Opéra.
2. C'est sur l'emplacement de cet hôtel et de son jardin qu'a été ouverte la rue Rougemont.-
de l'Hôtel de ville fut posée en mai lyôy '. Il fut admis à l'Académie d'architecture le i5 septembre lySô, et mourut à Paris le i6 juillet 1773. 11 a publié : « Recueil des plans, coupes et élévations du nouvel Hôtel de ville de Rouen, dont la construction a été commencée en mai 1767, avec les plans d'un accroissement et autres ouvrages projetés pour cette ville. » Paris^ Jombert, 1758, in-fol. 2. (Lebreton, Bibliogr. — Thiéry. — Rec. mss.)
LECARPENTIER (Nicolas) , l'un des maîtres des ouvrages de la ville de Rouen. Il était en possession de cet office en 1692, avec un traitement de i,5oo livres, plus un boisseau de sel, deux jetons d'argent aux assemblées municipales et exemption de toutes charges publiques. Il était encore maître des ouvrages de la ville de Rouen en 1 7 1 3 , ainsi que nous l'apprend l'inscription que porte chacune des tinterelles qui accompagnent la cloche de la « grosse horloge « de Rouen. (Ouin-Lacroix, Hist. des Corporations. — Delaquerière , Ane. Hôtel de ville.)
LE GHARTIER (Gabriel) construisit sur ses dessins, à Orléans, en 1760, la nouvelle chapelle du couvent des Bénédictines. (Buzonnière, Hist. d'^Orl.)
1. Les plans reçurent, en effet, un commencement d'exécution; mais l'administration municipale, effrayée de l'énormité de la dépense à laquelle devait entraîner le plan de Lecarpentier, abandonna le projet.
2. J'ai vu au musée de Blois un buste en bronze de « Lecarpentier, architecte du roi, né en 1700 ». Ce buste provient de la vente d'un M. Chambert, laquelle eut lieu au château de Saint-Lazare. Sil n'a pas été fait d'erreur sur la date de la naissance, le Lecarpentier de Blois ne serait pas le nôtre; cependant cette qualité d'architecte du roi me porte à croire qu'il s'agit bien d'Antoine-Michel.
3o DICTIONNAIRE
LECHEVALIER (Etienne), dessinateur des bâtiments du roi, dirigea la construction de TArc de triomphe élevé à Tours, de 1687 à 1689, à la gloire de Louis XIV. Ses appointements étaient de 100 livres par mois. Les plans de cet édifice avaient été donnés par Hardouin Mansart, dont Lechevalier était élève. (Grandmaison.)
LECLERC (Clément ), né à Bourbon-l'Archambault, maître des œuvres de la duchesse de Bourbon, fut appelé en i5o4, par le chapitre métropolitain de Bourges, pour visiter les fondations de la tour du nord de la cathédrale. On Tappela de nouveau en i5o6, avec Colin Biard, Jean Henriet, Jean Chesneau, etc., pour avoir son avis sur l'état de la tour méridionale et des voûtes de la cathédrale, qui menaçaient ruine. [Bull, arch.., t. IL — Girardot, Art. de Bourges.)
LECLÈRE (Achille- François-René) naquit à Paris le 29 octobre 1786. Entré à l'atelier de Percier en 1801, il suivit les cours de l'École d'architecture, et remporta le grand prix, en 1808, sur des « Bains publics pour une grande capitale )). Il partit pour Rome en compagnie de Mazois. En 18 10, il fit un voyage à Naples-, en 181 1, il parcourut la Toscane. Il était de retour en France au mois de mars 1814. Pendant les premières années de la Restauration, il construisit et restaura en province plusieurs château?*, et éleva à Paris même un certain nombre d'habitations particulières. On peut citer parmi les plus importantes de ses œuvres les travaux qu'il fit exécuter dans les châteaux de Monthuchet pour le général DessoUe, la restauration du château de Bandeville pour le comte de Pourtalès, celle du château de Verneuil pour Mme (^g Mortefontaine ; le monument du général Bonchamps, à Saint-Florent -, la restauration du château de Brissac •, celle du château de M. de Chastellus; la construction d'une partie
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 3l
du château de M. d'Harcourt, à Metz; la restauration du château de M. de Montesquieu, à Villebois; la construction du château de M. de Nicolaï, à Montfort -, le château de Mareuil. Les travaux exécutés à Paris par Leclère sont les suivants : la restauration de Thôtel Pourtalès, place Vendôme -, la chapelle et le cloître du couvent du Sacré-Cœur, rue de Varennes -, une maison formant l'angle de la rue Lafayette et de la place du même nom; deux autres maisons, rue Albouy, l'une pour le peintre Blondel, l'autre pour le peintre Abel de Pujol; une autre maison située rue Basse-du-Rempart, et qui a dû disparaître pour faciliter les abords du nouvel Opéra. Il faut ajouter à cette liste plusieurs monuments funéraires au Père-Lachaise : le tombeau de Casimir Périer, le piédestal du tombeau du général Gobert, le tombeau de Chérubini. Leclère fut nommé membre de Tlnstitut en i83i, chevalier de la Légion d'honneur en i833, membre du Conseil des bâtiments civils la même année, et inspecteur général du même service en 1839. En 1847,1a section d'architecture le choisit pour remplir les fonctions de secrétaire archiviste de l'École des beaux-arts. Leclère avait ouvert, en 181 5, un atelier d'architecture qui devait rester pendant trente-huit ans ouvert à la jeunesse; il fit de nombreux élèves '. Il mourut à Paris le 23 décembre i853. (Ad. Lance, Not. sur Ach. Leclère.)
I. Au nombre des élèves de Leclère il faut citer M. Abadie, architecte diocésain; M. Desbuisson, grand prix de 1844; M, Godebœuf (élève aussi de M. Blouet), architecte du gouvernement et de la ville de Paris; Jules Goury, mort du choléra à Grenade, en 1834, tandis qu'il préparait les dessins originaux du bel ouvrage sur l'Alharnbra, publié par son collaborateur Oven Jones; M. Isabelle, auteur de la publication intitulée « Les édifices circulaires et les dômes de l'Italie »; M. Morey, grand prix de i83i, aujourd'hui architecte de la ville de Nancy; enfin — qui le croirait? — M. VioUet-le-Duc.
LECOINTE (Jean-François-Joseph), élève de Bélanger, né à Abbeville en 1783, fut architecte des rois Louis XVIII et Charles X. Associé à Hittorff (V. ce nom), il fit les cérémonies funèbres du duc de Berry^ du prince de Gondé et de Louis XVIII ; restaura, en 1823, le théâtre Favart et construisit celui de l'Ambigu-Comique. En 1841^11 commença, avec M. Gilbert aîné, la maison d'arrêt dite prison Mazas. On doit aussi à Lecointe les œuvres suivantes exécutées à Paris : l'hôtel d'Osmond, rue Neuve-de-Luxembourg; la maison du comte Turpin de Grissé, rue des Trois-Frères -, les Écuries royales du Roule (aujourd'hui détruites) ;, les tombeaux des familles Bovy-Guesnier, Grandveaux et général Favre, au cimetière du Père -Lachaise. Il mourut à Versailles le 9 avril i858. {Rens. part.)
LEGOMTE. Vers la fin de Tannée 1689 des frais de voyage furent payés à Lointieret Lecomte, architectes, envoyés de Tours à Angers pour mettre enchère à une adjudication de travaux faite par cette dernière ville. (Port. , Archiv.
d'Angers.)
LEGOMTE. En 1794 ou 1795 les Ginq-Gents, qui siégeaient dans la salle dite du Manège, à Paris, quittèrent ce local pour aller s'installer au Palais- Bourbon. Gisors et Lecomte furent chargés des travaux d'appropriation du palais, et construisirent ensemble la salle* d'assemblée des députés, moins le péristyle, qui ne fut élevé qu'en 1807 par Poyet. Lecomte eut aussi à restaurer les Tuileries, dont il devint architecte en chef sous le Directoire, mais il fut remplacé sous le Gonsulat par Percier et Fontaine ' . ( Lazare , Rues de Paris.)
I. Lecomte dut la défaveur dans laquelle il tomba au valet de chambre de Bonaparte. Un jour que ce domestique harcelait Lecomte et
LECOMTE (Charles), maître des œuvres de maçonnerie et charpenterie de la ville de Paris, prit part, en 1642, à une expertise relative à la concession faite à un peintre nommé Guyon Ledoux d'une portion des anciennes murailles de la ville, « à prendre depuis la tour, entre les deux jeux de paulme de la maison de TArbaleste jusque dans la rue Saint- Denis ». (Sauvai, t. IV.) - •
LECONTE (Etienne-Chérubin), né en 1766, fut un des architectes du roi Murât -, il a décoré le palais royal de Naples. (Dussieux.)
L' ECU YER fut admis à l'Académie royale d'architecture en 1715, et mourut en 1720. Il fut remplacé par Desgodetz dans la première classe de l'Académie le 1 5 avril de la même année.
L'ÉCUYER (Charles), probablement fils du précédent, fut admis à l'Académie royale d'architecture le 24 juillet 1735, et mourut vers le mois de juin 1776. En 1766, L'Écuyer, qui était alors de la première classe de l'Académie et contrôleur des bâtiments de Versailles, fut nommé architecte ordinaire du roi ' en remplacement de Garnier d'Isle.
lui reprochait le peu de solidité de certains ouvrages, ce dernier, impatienté, répartit que la chose durerait plus qu'eux. Le valet ne manqua pas de rapporter ce propos... et le consul, furieux, destitua l'imprudent artiste, que la faveur du second personnage de l'Etat, Cambacérès, ne put sauver. (Valéry, Not. sur Percier.)
I. Je possède l'original du brevet délivrée L'Ecuyer lors de sa nomination. Ce brevet, signé de Louis XV, de Voyer d'Argenson et du marquis de Marigny, est ainsi conçu : « Aujourd'huy seize septembre mil sept cent cinquante-six, le Roy étant à Versailles, Sa Majesté voulant^donner au S"" Charles L'Ecuyer, l'un des architectes de la pre- II. 5
LE DANOIS (Jean), maçon juré du roi, à Paris. Un fragment du sceau de cet artiste est conservé aux Archives nationales : il porte « une truelle, un marteau, et au-dessus une feuille de trèfle ». La légende est incomplète, comme le
reste: elle se réduit à ces deux mots : le danois. La
pièce manuscrite à laquelle appartient ce sceau est relative à Testimation d'une maison appartenant au collège de Boissy, elle est datée du 5 juin 1447.
LE DIVIN (Mathieu). En 1716 deux maîtres maçons de Paris, qu'il faut considérer comme des architectes, prenaient le titre de « bacheliers en Part de maçonnerie »; Tun
mière classe de son Académie d'architecture, controlleur des bâtiments de son château de Versailles, une nouvelle marque de sa bienveillance, Elle la choisy et nommé, choisit et nomme pour remplir la charge de son Architecte ordinaire, vacante par la mort du S'' Garnier d'Isle, pour, par led. S'' L'Ecuyer, jouir de lad. charge et des honneurs, droits, prérogatives, prééminences et autres avantages y attribuées, et en outre de deux mille livres d'appointements. Mande, Sa Majesté, au S'' marquis de Marigny, commandeur de ses ordres, directeur général de ses Batimens, de faire jouir le dit S'" L'Ecuyer pleinement et paisiblement du contenu du présent Brevet, que pour assurance de sa volonté Sa Majesté a signé de sa main et fait contresigner par moy, son conseiller secrétaire d'Etat et des commandemens et finances. » — L'Almanach historique des architectes, peintres, sculpteurs, etc., pour l'année 1777, contient un éloge de L'Ecuyer dont voici le préambule : « Nous n'avons point à louer les grands talents ni les productions brillantes dans la personne de M. k'Écuyer, chevalier de l'ordre du Roi, architecte ordinaire deSaMajesté, etc., maisnous avons des fleurs à jeter sur la tombe d'un homme vertueux, qui sut conserver, au milieu des dangers toujours croissants (on ne dit pas lesquels), une probité mâle et incorruptible » Je le regrette pour la mémoire de
L'Ecuyer, mais, sur la tombe d'un artiste, ces fleurs funéraires, si abondantes qu'elles soient, exigeraient l'accompagnement de quelques feuilles de laurier.
de ces deux artistes était Mathieu Le Divin. (Mélicocq, ^r/. du Nord.)
LEDOUX (Charles-Nicolas) naquit en lyBô, à Dormans, en Champagne. Il entra fort jeune dans Patelier de Blondel. En 1771 il était inspecteur général des salines. En 1 773 il fut nommé architecte du roi, et Louis XV le chargea de construire, à Luciennes ou Louveciennes , un château qui fut commencé^ mais que la mort du roi interrompit. Il lui fut de même impossible de mener à bonne fin l'exécution , rue d'Artois, à Paris, d'un hôtel destiné à M™"" du Barry. En 1 782, nommé architecte des Fermes, il fut chargé de construire les barrières et les murs d'enceinte de Paris. En 1783 il donna, sur la demande du grand Frédéric , les plans d'un Hôtel de ville pour Neufchâtel, en Suisse , et le landgrave de Hesse- Cassel, en le nommant contrôleur et ordonnateur général de ses bâtiments^ lui commanda un projet de bibliothèque pour sa capitale. En 1788 le ministre Necker le chargea d'étudier les plans d'une caisse d'escompte, mais les événements politiques qui suivirent ne permirent pas de donner suite à ce projet. Les principaux édifices privés élevés à Paris par Ledoux sont les suivants : l'hôtel Thélusson, situé rue de Provence, à l'extrémité de la rue d'Artois ' -, l'hôtel du président Hocquart,
I. L'hôtel Thélusson s'étendait en profondeur jusqu'à la rue Chantereine, sur une largeur de vingt-quatre toises. Des jardins entouraient les bâtiments, qui eux-mêmes, avec leurs colonnettes, leurs rochers servant de soubassement aux appartements du rez-de-chaussée, n'étaient pour ainsi dire que des ornements paysagers..... On ne trouvait à redire qu'une seule chose dans l'ordonnance de cette maison : l'aspect trop grandiose de la porte d'entrée s'ouvrant sur la rue de Prov-ence, laquelle, avec ses cinq toises de hauteur et autant de largeur; semblait être plutôt un arc triomphai qu'une entrée d'hôtel. Sophie Arnould disait de la porte du palais Thélusson : «< C'est une
qui formait un des angles de la rue de la Chaussée-d'Antin et de la rue Saint-Lazare, et fut habité plus tard par le cardinal Fesch (il a été récemment démoli); les hôtels d'Espinchal, de Tabari et de Jarnac, rue du Faubourg -Poissonnière, en face les Menus-Plaisirs -, l'hôtel d'Uzès, rue Montmartre, près le boulevard, devenu plus tard la propriété de la famille Delessert ; la maison de Condorcet, sise rue Ghantereine, laquelle, après lavoir appartenu à Julie Carreau, femme de Talma, devint la propriété du général Bonaparte , et où fut préparé le coup d'Etat du i8 brumaire (cet hôtel, après avoir appartenu à la veuve du général Lefebvre-Desnouettes, a été démoli en 1860); l'hôtel de Valentinois, rue Saint-Lazare; la maison de M"® Guimard, rue de la Ghaussée-d'Antin ^ ; Thôtel de Montgrande bouche qui s'ouvre pour ne rien dire. » En 1788 cet hôtel était habité par le comte Pons de Saint-Maurice, lieutenant-général. Pendant la Révolution on y donna des fêtes; c'est là qu'eurent lieu, après la Terreur, les fameux bals des victimes, ainsi nommés parce qu'on n'y était admis qu'à la condition de justifier d'un père, d'une mère ou de tout autre proche parent mort sur l'échafaud révolutionnaire. Sous le premier empire l'hôtel Thélusson fut habité par Murât, Plus tard Napoléon le donna à la Russie pour loger son ambassadeur. Dans les premiers mois de la Restauration un traiteur du Palais- Royal, nommé Berchut, l'acheta et le fit démolir. La rue Laffitte a été prolongée sur son emplacement.
I. Cet hôtel représentait le temple dç Terpsichore. Sa porte était décorée de quatre colonnes au-dessus desquelles s'élevait un groupe représentant Terpsichore couronnée par Apollon. Derrière ces colonnes un cul-de-four de vingt-daux pieds de développement était occupé dans toute sa surface par un bas-relief représentant le triomphe de la Muse, c'est-à-dire de la maîtresse du logis. A l'intérieur se trouvait une petite salle de spectacle. Cette charmante habitation existait encore en 1844; à cette époque elle fut déshonorée par les rayons et les comptoirs des magasins de nouveautés de la Chausséed'Antin, mais ses gros murs ne tombèrent que lors des expropriations nécessitées pour la construction du nouvel Opéra. Après la ruine du
morency, rue Basse-du-Rempart , presque à l'angle de la rue de la Chaussée-d^Antin -, et ceux d^Halleville, de Montesquieu et de Montesson, dans cette dernière rue". Vers 1780 le financier Mézières, ayant acheté la terre seigneuriale d'Eaubonne, près Paris, y fit construire par Ledoux trois châteaux, dont l'un ( celui qu'on trouve à l'entrée du village , du côté de Soisy) devint l'habitation du poëte Saint-Lambert. Une autre de ces propriétés appartient aujourd'hui à la famille Allegri. En 1772, M'"^ du Barry, ayant acheté à Versailles l'hôtel de l'ancien valet de chambre de Louis XV, Binet, chargea Ledoux d'y ajouter un bâtiment qui en devint le corps de logis principal 2. On doit encore à Ledoux le théâtre de Besançon, les salines d'Arc, le château de Benouville. Un grand nombre de villes lui demandèrent en outre des projets d'édifices : Toulouse, un théâtre ^ Aix, un palais de justice et des prisons. En 1766 il présenta un devis de 66,100 francs pour la réfection du maître-autel , des chapelles latérales , de l'orgue et de la cathédrale d'Auxerre. Vers la même époque il fit exécuter des travaux à la ferme de Saint-Marien-lez-Vincelles et aux
prince de Guéménée, l'un de ses protecteurs, M''® Guimard mit son hôtel en loterie; les billets, au nombre de deux mille cinq cents, étaient de 120 livres chacun, et formèrent, par conséquent, un capital de 3oo,ooo livres. Ils furent tous placés, et le tirage de cette loterie eut lieu le 22 mai 1786. La personne qui fut favorisée du numéro gagnant s'appelait la comtesse Dulau. Peu après l'hôtel devint la propriété du banquier Perregaux.
1. Cet hôtel occupait l'emplacement où a été bâti depuis la cité d'Antin. M™« de Montesson y mourut en 1806. En 1810 il était habité par l'ambassadeur d'Autriche, le prince de Schwartzemberg. C'est pendant une fête, donnée le 1" juillet par cet ambassadeur, qu'eut lieu le mémorable incendie qui détruisit une partie de cette habitation: