POSUIT ERUDITIONIS ET DILIGENTI^ MONUMENTUM
Obiit (die) 2 2 MARTI AN 1667. (L. Gharvct, Les de la Valfenière.)
VALFENIERE (François m de Royers de la), fils du précédent, succéda probablement à son père dans les rapports de ce dernier avec la ville d'Avignon. Au mois de septembre 1666, il passa quinze jours à Arles pour y faire les plans de l'Hôtel de ville, dont il fut le premier architecte. Il reçut à cette occasion, tant pour frais de voyage que pour honoraires, 161 livres 5 sous. Dans un compte de novembre de la même année, où il est qualifié « gentilhomme d'Avignon », on voit qu'il a la direction des travaux de l'Hôtel de ville. Il lui est accordé 52 livres pour le défrayer de 26 jours passés dans la ville, soit à l'examen des modèles faits pour le grand escalier, soit à la construction des piédestaux des arcs et à donner des ordres pour la continuation du bâtiment. En lôyS il n'était plus l'architecte de cet édifice : Jacques Peytret lui avait succédé. Le 9 juin i683, il fit assigner les consuls d'Avignon en payement des honoraires qui lui étaient dus « pour avoir dressé les plans et élévations des places de la maison commune de cette ville et de la façade d'icelle, et avoir marqué tout le plan vieulx des maisons et boutiques qu'on devait abattre, etc. » (L. Charvet,Z.e5 de la Valfenière. — Rev. des Soc. sav.., t. VI.)
VALFENIÈRE (Paul de Royers de la), fils ou neveu de François IL Ce dernier, âgé de 84 ans lors de
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Tadoption du projet qu'il fit pour les bâtiments de Tabbaye royale des Bénédictines de Saint-Pierre, à Lyon, ne dut pas prendre une part active à Texécution de ce projet;, la conduite de ces travaux fut déléguée à un membre de sa famille, son fils ou son neveu, « noble Paul de Royers de la Valfenière, écuyer, qualifié architecte à Lyon )>. En effet, Paul figure comme témoin dans les marchés passés le 23 février 1660 avec les charpentiers, et, le 14 octobre 1661, avec Antoine Danguin, tailleur de pierre. Il reçut en i663, le 7 octobre, 3 00 livres à compte sur ses appointements comme architecte de ce monastère, lesquels appointements devaient être de 5 00 francs par an. Il fut encore témoin dans un payement fait aux charpentiers Arlin, Nicoud et Rubi, le 22 janvier 1664, ainsi que dans un autre acte en date du 27 septembre suivant. Ici on perd sa trace. (L. Charvet, Les de la Valfenière.)
VALLIN DE LA MOTHE, premier architecte de l'impératrice Catherine et de Paul P"", construisit à Saint- Pétersbourg plusieurs édifices dans le style de Gabriel , notamment TAcadémie impériale des beaux-arts , les deux petits palais de TErmitage touchant le palais d'Hiver, Phôtel appartenant actuellement au duc d'Oldembourg, situé sur la place du Champ-de-Mars. Il fut nommé, en 1767, professeur à TAcadémie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, dont il était membre depuis longtemps. (Dussieux, Art.fr.)
VALLOT (S.) remporta le grand prix d'architecture en 1800, sur ce sujet de concoucs : « Un Institut des sciences et des arts ».
VAN-CLÉEMPUTTE (Lucien-Tyrtée) , né à Paris le i5 mai 1795, fit ses études à Tatelier de Percier, et remporta, en 1816, le grand prix d'architecture, sur un
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« Palais pour un Institut royal « . Il envoya de Rome des projets de restauration des temples de Vesta et d'Hercule, et du théâtre de Taormine , en Sicile. Ces projets furent exposés en 1820 à rÉcole des beaux-arts. Les édifices construits par Yan-Cléemputte sont, à Paris, le Tombeau du duc de Plaisance et les Archives de la Cour des comptes-, à Dourdan, la Halle aux grains. Il mourut à Paris au mois d'août 1871.
VAN HUE (Jean). Sur une des poutres de la nef de l'église de Steenbecque, arrondissement d'Hazebrouck,on lit ce qui suit : « m. cccc xxxii, jean vanhue ». Ce nom est-il celui de l'architecte de l'édifice ou seulement celui du charpentier ? (De Laborde, Ducs de Bourg.)
VASSAL (Jean). On trouve le nom de cet architecte dans les registres capitulaires de la cathédrale de Rouen. Il y est désigné, en iSSg, comme maçon juré de la ville et du duc de Normandie. On présume qu'il fut aussi l'un des architectes de la cathédrale. (Deville, Rev. des Arch.) .
VAUCOULEURS (Jacquot de) fut, le 7 mars i5o8, nommé « maître maçon des oeuvres du marquisat de Pont-à- Mousson et maître des œuvres du duché de Lorraine » . Il est évidemment le même que Jacquot Wauthier, anobli par le duc Antoine au mois de juillet i5 10, et que ce prince nomma, le 17 mars suivant, concierge du palais ducal de Nancy, en récompense, dit le duc, a des peines qu'il a eues et à tous les jours s'entendre à l'édifice et ouvrage de notre maison ». Il dirigea notamment la construction de la porterie du palais.. En effet, il résulte de renseignements puisés dans les registres des comptes de la construction du Palais Ducal, qu'en 1 5 1 1 €t 1 5 1 2 plusieurs ouvriers étaient placés sous sa direction pour « besonnier au parachèvement du portai du corp de maison
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de la grant rue », et que, d'autre part, on travaillait « à ung vix » (un escalier) qui se faisait « au quanton allant on petit jardin ». En iSiq d'autres travaux furent entrepris « pour l'achèvement des galleries de ma dame, pour le jardin de monseigneur », et pour Tédification d'une fontaine décorative dans ce jardin. En 1499, Vaucouleurs avait, de concert avec Jean, son frère, bâti le pont de Malzeville (Meurthe). Il était, en i522, maître maçon des ouvrages du bailliage de Saint- Mihiel. (Lepage, Les Offices^ etc. — Palais Ducal.)
VAUDOYER (Antoine-Laurent-Thomas) naquit à Paris le 20 décembre 1756. Après avoir terminé ses études, il voulut embrasser la carrière des arts ; mais, son père s'y étant opposé, il s'engagea dans le régiment des dragons de Lorraine, commandé par le prince de Lambesc. Il servait depuis un an dans ce corps, lorsque, la mort de son père lui permettant de disposer de lui-même , il s'empressa de quitter le service militaire pour entrer à l'atelier de Peyre le jeune et à l'École d'architecture. Après quelques années d'études et plusieurs médailles remportées dans les concours d'émulation de cette école, Vaudoyer obtint, en 1783, le grand prix d'architecture sur « une Ménagerie » , et partit pour l'Italie en qualité de pensionnaire du roi. A Rome, où vinrent successivement le rejoindre Hubert, Fontaine et Percier, il étudia de préférence les monuments de l'Antiquité, ce qui était un mérite à une époque où les pensionnaires, pour la plupart, se contentaient de l'église Saint-Pierre et autres édifices de cette école. Son principal envoi, ep 1787, fut une restauration du théâtre de Marcellus, sujet qui n'avait encore été traité par aucun autre élève de l'École. Après ses trois années de pension, il en consacra deux autres à relever des monuments, à dessiner dans les musées; c'est ainsi qu'il remplit de nombreux portefeuilles où, plus tard, quand il se voua à l'enseigne-
ment de son art, ses élèves puisèrent des modèles. Vaudoyer était de retour en France en 1788. Peu après il fut chargé de coopérer comme architecte à l'estimation des domaines nationaux. Plus tard, en 1793, les Académies ayant été supprimées par la Convention, David Leroy et Vaudoyer, désireux d'arracher la jeunesse studieuse aux dangereuses préoccupations de la politique , résolurent de fonder une école où renseignement académique de l'architecture pourrait être continué ; ils installèrent alors un atelier au Louvre et y réunirent un certain nombre d'élèves, dont l'émulation était entretenue par des concours K Cette école privée dura deux ans. Le 25 août 1795;, l'Institut ayant été créé et les Académies réorganisées, David Leroy put reprendre son enseignement officiel , et Vaudoyer continua de remplir les fonctions de secrétaire , dont il s'était chargé jusque-là bénévolement, et dans lesquelles
I. Grâce au dévouement de ces deux artistes et de ceux de leurs confrères qui s'associèrent à leur utile apostolat, l'école académique ne fit guère que changer de nom et de domicile. David Leroy, qui professait depuis 1762, réunit d'abord les jeunes étudiants dans une partie de son logement; mais, le nombre des élèves augmentant chaque jour, force fut d'abandonner un local devenu bien vite insuffisant. C'est alors que l'atelier fut transféré au rez-de-chaussée de la cour du Louvre, dans une pièce sombre et humide appelée « le vestibule du lardin de l'Infante ». Non contents de donner une partie de leur temps à l'enseignement gratuit de l'architecture, les zélés professeurs décernaient en prix, aux plus méritants de leurs disciples, des livres, des estampes pris dans leurs propres bibliothèques, remplaçant ainsi les médailles de l'ancienne école. En même temps fut institué un jury composé d'anciens pensionnaires de Rome, en tête desquels figuraient Fontaine et Percier; ce jury devint en lygS, lorsque l'Institut fut fondé et divisé en quatre classes, la « Commission d'architecture » que nous avons vue fonctionner jusqu'à la réorganisation de l'Ecole, en i863.
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il fut confirmé en 1809 par arrêté ministériel '. Vers la même époque^ il ouvrit un atelier par lequel sont passés un grand nombre des architectes qui ont marqué pendant la première moitié de notre siècle. Vaudoyer avait été chargé, en 1804, d'installer dans le palais des Quatre-Nations l'Institut, sa bibliothèque et les écoles de peinture, de sculpture et d'architecture. En 1806, il prit part au concours ouvert par Napoléon P^' pour Fétude du fameux Temple de la Gloire, lequel devait être élevé à la Grande-Armée, sur les fondations inachevées de l'église de la Madeleine. Il obtint dans ce concours un des prix accordés aux projets classés en seconde ligne 2. Il fut ensuite appelé à fournir les plans d'une grande Ecole des beaux -arts, qui devait être élevée sur le quai d'Orsay;, mais, l'emplacement choisi ayant été ensuite attribué aux bâtiments du ministère des Affaires étrangères, le projet n'eut pas d'autres suites. En 18 14, Vaudoyer fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, et en 1828 l'Académie des beaux-arts l'appela à remplacer Antoine - François Peyre. On doit à Vaudoyer l'agrandissement des bâtiments du Collège de France et des travaux de restauration à la Sorbonne. Il fut également l'architecte de l'Observatoire de Paris, du Marché des Carmes et de l'ancienne Bibliothèque Sainte-Geneviève. Vaudoyer s'étant fait une chentèle, il éleva un assez grand nombre de constructions particulières et restaura le château de La Grange, en Auvergne, pour le général La Fayette, avec
1. Vaudoyer a exercé ces fonctions pendant quarante ans! Il était presque octogénaire quand il consentit enfin à prendre quelque repos; c'est alors qu'on lui donna, en iSSj, pour adjoint son fils, Léon Vaudoyer, qui remplit la tâche de son père jusqu'à la mort de ce dernier.
2. On sait que le premier prix fut remporté par Beaumont, et que Vignon, chargé de l'exécution des travaux, modifia le projet adopte.
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qui il était lié d^une étroite amitié. Vaudoyer mourut à Paris le 27 mai 1846, âgé de quatre-vingt-dix ans K (Duvivier, Not. mss. sur Vaudoyer.)
VAUDOYER (Léon), fils du précédent, né à Paris le 7 juin i8o3, fit ses études dans l'atelier de son père, dont Hippolyte Lebas partagea plus tard la direction. Entré à l'École des beaux-arts en 18 19, il y remporta le second prix en 1824, et le grand prix en 1825, sur un « Palais pour l'Académie de France à Rome ». Pendant son séjour à la villa Médicis, il étudia la restauration des arcs de Trajan, à Ancône et à Bénévent; de la Porte d'Auguste, à Fano; des aqueducs de Claude et des Temples de Vénus et de Rome. De retour à Paris, il éleva en i832, dans le cimetière du Père-Lacbaise, le monument fianéraire du général Foy, et plus tard, dans le cimetière Montparnasse, le tombeau de sa famille. Nommé en 1845 architecte de l'ancienne abbaye Saint-Martin-des- Ghamps, dont les bâtiments sont affectés au service du Conservatoire des Arts et Métiers, c'est à lui qu'on doit la restauration de l'église et du réfectoire du célèbre monastère^ l'entrée principale de l'établissement, ainsi que toutes les constructions nouvelles qu'il a su harmoniser avec les beaux restes de l'édifice du moyen âge. En i855 il jeta les fondements de la nouvelle cathédrale de Marseille, à laquelle il a travaillé jusqu'à son dernier jour, mais qu'il n'a pas eu la satisfaction d'achever. Vaudoyer s'était aussi voué à l'enseignement de son art : de son atelier, très-suivi, sont sortis un certain nombre d'élèves qui lui firent honneur. Après avoir terminé ses études classiques en Italie, il étudia l'architecture française, notamment à
I. C'est à une biographie de Vaudoyer, dont M. Duvivier, ancien in-specteur de l'École des beaux-arts, est l'auteur, que j'ai emprunté les faits principaux de cette notice.
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Orléans, dont il a mis en lumière les charmants édifices civils de la Renaissance. Lors de l'organisation du service des édi fices diocésains au ministère des Cultes, en i85o, il fut nommé inspecteur général de ce service, et conserva ces fonctions jusqu'à la fin de sa vie. Il était également membre du Conseil des bâtiments civils, du Comité des monuments historiques et de la Commission des beaux-arts instituée par le préfet de la Seine. Il a publié, en collaboration avec M. Albert Lenoir, dans le Magasin pittoresque^ un important travail ayant pour titre : « Études d'architecture en France )>. En 1844, la Société d'encouragement pour l'industrie nationale ayant mis au concours une étude « sur les moyens de prévenir ou de faire cesser l'humidité dans les bâtiments « , il présenta à ce concours un mémoire qui lui valut le premier prix ^ Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 184g, Vaudoyer fut promu au grade d'officier du même ordre en i855. Le i"" février 1868, il fut élu membre de l'Académie des beaux-arts en remplacement d'Hippolyte Lebas. Il mourut à Paris le 9 février 1872 2.
1. Ce mémoire a été publié à Paris, ciiez Carillan-Gœury, en 1844. C'est un travail fait avec le plus grand soin et qui peut rendre de grands services dans la coiistruction.
2. La veille de ce 9 février, Vaudoyer, plein de vie et de santé, était chez moi en compagnie de sa charmante femme, et j'admirais tout bas ce que, parvenu à la vieillesse, il avait^su conserver de jeunesse et de bonne humeur; il était d'ailleurs en possession de toutes ses facultés intellectuelles. J'étais loin de penser que la mort, cachée sous ces belles apparences, s'apprêtait à''le frapper d'un coup si brutal. Aussi quelle douloureuse surprise ce fut pour moi lorsque, le surlendemain, un de ses meilleurs amis, M. de Cardaillac, directeur des bâtiments civils, m'apprit que notre ami commun avait cessé de vivre! Membre du jury d'architecture de l'Ecole des beaux-arts, il avait été comme foudroyé pendant l'examen des projets d'un concours; quand
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VAUQUELIN a élevé l'église de THospice général de Rouen, dont la première pierre fut posée le 1 1 juin 1785 par
on voulut le relever, il n'existait plus! J'avais connu Vaudoyer il y a une vingtaine d'années en devenant inspecteur d'une circonscription des monuments publics de Paris, dans laquelle se trouvait le Conservatoire des arts et métiers, dont il était l'architecte. Depuis cette époque, j'avais eu avec lui les relations les meilleures et les plus amicales. Et comment en aurait-il été autrement! Vaudoyer était doué des plus sérieuses qualités du cœur et de l'esprit. Homme excellent, distingué, bienveillant, loyal; esprit ouvert et cultivé, il réunissait tout ce qui fait le charme des relations du monde et cela simplement, sans apprêt, sans phrases, parce que son cœur était bon et qu'il était sincère. L'artiste ressemblait beaucoup à l'homme, en ce sens qu'il apportait la même sincérité dans l'étude et les manifestations de son art. En effet, bien que nourri des doctrines purement académiques et grand partisan des chefs-d'œuvre de l'antiquité, il n'admettait pas que le beau soit confiné à jamais darrs telle contrée ou dans telle époque, il le voyait aussi ailleurs et l'admirait quel qu'en soit l'âge ou la provenance. Aussi, après avoir terminé ses études classiques en Italie, voulut-il les continuer dans son propre pays. C'est certainement à la connaissance parfaite qu'il avait acquise de notre architecture française, autant qu'à sa bonne nature, qu'il dut cet esprit conciliant que nous aimions en lui et qui lui avait fait une position exceptionnelle parmi les architectes éminents de sa génération. Il était devenu ainsi une sorte de trait-d'union entre les uns et les autres, entre l'école romaine et l'école française, toutes deux parfois trop exclusives. Il n'admettait pas de ligne de démarcation entre deux phases d'un art dont la raison d'être est la même et dont les différences, parfaitement logiques, ne sont guère que celles qui existent entre ces deux sœurs : la langue latine et la langue française. Ses travaux les plus importants, le Conservatoire des arts et métiers et la cathédrale de Marseille, sont, d'ailleurs, la mise en pratique de ses doctrines éclectiques; l'artiste s'est montré là conciliant comme l'homme, et il faut reconnaître que cette conciliation lui a singulièrement réussi. Vaudoyer est mort trop tôt pour la grande tâche qu'il avait entreprise à Marseille, et dont l'accomplissement eût exigé quelques années encore de soins et d'études. Heureusement, cette
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le cardinal de La Rochefoucault. Cette église fut dédiée le 25 mars 1790. (Petit, Guide de l'étranger à Rouen.)
VEGNIER (Thomas^ est mentionné dès 1400 comme maître des œuvres de maçonnerie pour le roi au bailliage de Gisors. Un mandement de Charles VIII, en date du 10 janvier 1449, le confirma dans ces fonctions qu'il remplissait depuis longtemps-, ce mandement est libellé ainsi qu'il suit : « Sçavoir faisons que pour la bonne relacion qui faicte nous a esté de la personne de Thomas Végnier et de ses sens, loyauté indusconie et bonne dihgence et aussi pour l'Onneur de feu nostre cher seigneur et père, cui Dieu pardoint ^ duquel ja pièca avoit eu de l'ofiice de maistre des œuvres de maçonnerie on bailliage de Gisors et lequel par long temps il a exercé, comme len dit^ a icelui avons donné le dit office. Donné à Jumieges le dix^ jour de janvier lan de grâce mil cccc quarante neuf. » Cette pièce avait été conservée à la bibliothèque de la ville de Paris. Dans une autre pièce qui faisait partie de la collection Joursanvault, Végnier est nommé Bignier à propos des gages qu'il reçut pendant les années qui suivirent 1450. (De Laborde, Ducs de Bourg.)
VELLEFAUX (Claude) dirigea, d'après les dessins de Chatillon, les travaux de l'hôpital Saint-Louis, à Paris, dont la première pierre fut posée le i3 juillet 1607 =. En 1608,
œuvre sera achevée par un artiste de beaucoup de talent, M. Esperandieu, inspecteur des travaux de^cet édifice, ancien élève de Vaudoyer et qui doit connaître à fond toute la pensée de son maître.
1. Charles VII étant mort en 1422, il y avait alors au moins vingtsept ans que Végnier exerçait.
2. On conserve aux archives de l'Assistance publique le plan sur parchemin de l'hôpital Saint- Louis; ce plan est visé en ces termes
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le prévôt des marchands et les échevins de la ville de Paris ayant obtenu du gouverneur de Thôpital du Saint-Esprit, dont les bâtiments étaient contigus à T Hôtel de ville, de faire ériger une chapelle à l'extrémité nord de la grande salle , au-dessus de la chapelle de Thôpital, des architectes furent nommés par les parties intéressées pour stipuler les conditions de cette opération , et limiter la servitude consentie par l'une des parties. Vellefaux fut un de ces architectes. Il est encore mentionné, en 1618, comme juré du roi en Toffice de maçonnerie. (Leroux de L,, Hôtel de ville. — Lazare, Rues de Paris.)
VENDENHEIM (Laurent de), architecte intérimaire de la cathédrale de Strasbourg, exerça ces fonctions, de 1493 à 1495, en l'absence du titulaire et jusqu'à la réception de maître Jacques de Landshut. (Shnéegans.)
VENDOME (Jean de). Dans les premières années du XIP siècle, le moine Jean, architecte, fut appelé au Mans par l'archevêque Hildebert pour diriger les travaux de la cathédrale. Il alterna les colonnes de la nef avec des piles plus massives, reprit en arc ogival les arcades en plein cintre, et masqua les anciennes ouvertures du premier étage par des arcatures surmontées de fenêtres géminées. (L'abbé Voisin, N.-D. du Mans.)
VENNES construisit, de 1707 à 171 2, l'Hôpital général de Genève. Il éleva aussi, à Genève, l'Hôtel de ville, et fit les
par Sully : « Le roy, ayant veu les trois plants qui lui ont été représentés pour la maison de santé, a ordonné que le présent serait suivy. Faict à Fontainebleau par nous, grand voier de France. — Maximi- ■ lien de Béthune. »
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plans du Temple de la Fusterie, ou Temple-Neuf, qui fut inauguré en 171 5. (Dussieux, Art.fr.)
VERANÏ-MOREAU , maître des œuvres de la cathédrale de Sens, répara, en i43g, Pentablement de la chapelle Saint-Jean, dont une partie était tombée. (Quantin, Not. sur la Cath. de Sens.)
VERDUN (Jean de). Parmi les tombes du cimetière des Saints-Innocents , à Paris, se trouvait, contre la tour de l'église, celle de cet architecte, avec l'épitaphe qui suit : « Cy devant gist Jehan de Verdun, lui vivant clerc des œuvres et bâtiments de la Reine mère du roy Henry IIP, Catherine de Médicis, de son palais et jardins des Tuilleries lez Louvre et autres lieux de sa majesté, greffier des jurez maçons, charpentiers et prudhomraes de cette ville, décédé à l'aage de 77 ans le 19® jour d'octobre .i588. Et dame Isabeau Loyseau, sa femme, décédée le dix septième jour de mars i588 i. »
VERGIER (Toussaint) bâtit le grand escalier de Thôtel élevé par Ducerceau pour le duc de Bellegarde, lequel était situé rue de Grenelle-Saint-Honoré. (Piganiol.)
VERLY (François) , né à Lille en 1760, remporta, en 1784, le deuxième grand prix d'architecture. Il fut chargé,
I. Cette épitaphe a déjà été publiée par la Rev. iiniv. des arts (i'^ année), mais d'une façon un peti différente. Le texte que je donne ici est extrait du « Recueil des épitaphes choisies des personnes illustres, nobles, célèbres et autres inhumées dans les églises de la ville et des faubourgs de Paris, g vol. in-fol. » Je dois cette communication à l'obligeance de mon savant confrère du Comité des Travaux historiques, M. Paul Lacroix.
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SOUS la République et sous T Empire, de divers travaux à Anvers, à Bruxelles et à Amsterdam. Il a bâti le Palais de Justice de cette dernière ville , la belle serre du prince d^Orange , etc. Après i8i5 il eut le titre d'architecte des palais de ce prince. Il mourut en 1822. (Gabet, Dict. des Art.)
VERNIQ UET(EDME),néà Ghâtillon-sur^Seine ( Côted'Or) le 9 octobre 1727, fit ses études à Dijon, et éleva en Bourgogne, en Poitou et dans le Maine un certain nombre d'édifices, églises, châteaux, ponts^ usines, etc. En 177411 se fixa à Paris, où il acheta une charge de commissaire-voyer. Devenu, quelques années plus tard, architecte du Jardin du Roi et du Muséum d^histoire naturelle, alors que Buffon dirigeait cet établissement, il y fit exécuter, à la demande du grand naturaliste, des travaux considérables. Il entoura le jardin de grilles, planta les allées et construisit le grand amphithéâtre sur l'emplacement de l'hôtel Magny. On lui doit aussi le fameux labyrinthe, ainsi que le kiosque qui en occupe le sommet ^ En 1777 il commença la reconstruction des bâtiments du prieuré des Bénédictines de Marcigny-sur-Loire. Vers la même époque il éleva à Paris, rue Saint-Dominique, Phôtel d'Avrincourt et, rue de Babylone, l'hôtel De la Queuille. Mais l'œuvre capitale de Verniquet, cell-e qui lui a survécu et lui survivra longtemps, c'est son plan de Paris, le plus exact et le plus complet de tous ceux qui existent. Ce plan, gravé avec un grand soin, a été publié sous ce titre : « Plan de la ville
I. Il remplissait encore les fonctions d'architecte du jardin du roi le i3 décembre 1792, car je possède un ordre écrit de lui, en cette qualité, pour la confection d'un passe-partout destiné à ouvrir les portes de l'école et des serres. Sur cette clé devaient être gravés ces mots : (c Citoyenne de Claviere ».
de Paris levé géométriquement sur la méridienne de
l'Observatoire par le C^" Verniquet, parachevé en 1791. Dessiné et gravé par les citoyens P. T. Bartholomé et A. J. Mathieu;, écrit par Bellanger,an IV i ». En 1-802, Verniquet?
I, Verniquet travailla pendant vingt-huit ans à son plan de Paris. 11 se mit à l'œuvre en 1774 en levant les plans d'un grand nombre de rues. En lySS, le gouvernement l'ayant invité à continuer son travail, il établit ses bureaux dans une immense galerie du couvent des Cordeliers, et y installa une soixantaine de dessinateurs et de géomètres, Thiéry, dans son Guide des Amateurs à Paris, s'exprime ainsi à ce sujet : « Les grands de tous les ordres de l'État, les artistes et tous les savants, ont été et vont voir journellement ces travaux. On est surpris de leur immensité, etc. » La vérité est que c'était là une œuvre gigantesque. Les minutes avaient été relevées à l'échelle de une ligne pour pied. Le seul plan de la cité avait une longueur de plus de trente pieds. Ces minutes furent réduites pour la gravure à l'échelle de une ligne pour toise. Verniquet releva en outre trois cent six plans d'édifices publics ou privés, qui furent rapportés à l'échelle de trois lignes pour toise. On avait conservé à l'hôtel de ville de Paris le dessin original sur lequel a été gravé l'atlas; il était assemblé sur une seule feuille et collé sur toile. On possédait aussi à la bibliothèque de la ville des recueils in-fol. contenant les plans trèsdétaillés des églises de Paris. Tous ces documents précieux sont aujourd'hui anéantis. On devine quelles sommes énormes avaient dû être absorbées par un travail de si longue haleine et qui exigea le concours d'un si grand nombre d'auxiliaires. Louis XVI avait d'abord encouragé Verniquet par quelques sub¥entions, mais la révolution vint malheureusement à la traverse de cette vaste entreprise, et le pauvre Verniquet, abandonné à lui-même, fit de si grands sacrifices pour mener son œuvre à bonne finf qu'il y épuisa toutes ses ressources. Toujours est-il que son plan est un chef-d'œuvre en ce genre; en voici le meilleur témoignage qu'on en puisse donner : De Lalande, alors directeur de l'Observatoire, appelé le 25 vendémiaire an IV à donner son avis sur l'œuvre dont il s'agit, s'exprima ainsi qu'il suit : a Ce plan, dont j'ai suivi les travaux et dont j'ai admiré l'exactitude,
âgé de soixante-quinze ans et devenu pauvre, adressait encore au Conseil des Cinq-Cents un projet relatif à Tagrandissement du Muséum d'histoire naturelle et à la construction de bâtiments neufs destinés à la Ménagerie -, mais le Corps législatif se contenta de déposer ce projet dans ses archives. Verniquet mourut le 26 novembre 1804. {Thiéry.—Bonnardot^ Anciens Plans. — Courtépée. — Rens. pai^t.)
VERNY (Pierre), architecte parisien, fut appelé, en i63i , à Argentan (Orne), pour s'entendre avec Maurice Gabriel, constructeur de l'église Saint-Germain de cette ville, et Félix,' architecte de Caen, à propos du clocher de l'église, qui était en construction, et de certains désordres qui s'étaient manifestés dans les maçonneries. Ces artistes tombèrent d'accord pour établir un grand arc de décharge sur un certain point du clocher. Verny dirigeait alors la reconstruction du monastère des dames Bénédictines de Vignat, situé dans le diocèse d'Argentan. (L'abbé Laurent.)
VERSONGNES (Jacques de). En i5oo, après la chute du pont Notre-Dame, à Paris, une consultation eut lieu à l'Hôtel de ville, en présence du Conseil, sur la question de savoir comment le môle de ce pont devait être reconstruit. Parmi les architectes et autres personnes qui prirent part à la discussion, se trouvait Versongnes. (Leroux de L., Hôt. de ville.)
VGO. Ce nom est gravé sur l'archivolte de la porte de la cathédrale d'Apt. Est-ce un nom d'architecte?
me paraît l'ouvrage le plus parfait qui ait jamais été exécuté en ce genre. »
VIART (Charles) s'était acquis une juste célébrité par la construction du petit Hôtel de ville de Beaugency, lorsqu'il fut chargé d'élever celui d'Orléans, vers i543. Ce dernier édifice ne fut achevé qu'en 1698 ; mais à Tunité de son style et malgré cette dernière date , on peut conclure que le plan de Viart fut respecté par ses successeurs, sauf pour l'étage supérieur de cet édifice, qui est Toeuvre de Robin Gallier. Il construisit aussi, vers 1647, la salle Saint-Lazare de l'Hôtel- Dieu d'Orléans. (De Buzonnière. — Ch. Brainne.)
VIEL (Jean-Marie-Victor), né à Paris le 3i décembre 1796, éleva en i853, aux Champs-Elysées, à Paris, le Palais de l'Exposition universelle de 1 855. Il fut aussi architecte de la Préfecture de police et membre du Conseil de salubrité. Viel mourut à Paris le 7 mars i863. [Rens. part.)
VIEL DE SAINT-MAUX (Charles-François), élève de Chalgrin, naquit à Paris le 21 juin 1745. Il débuta par un projet de monument consacré à l'Histoire naturelle, qui fut vivement approuvé par BufFon. Il construisit, à Paris, rhôpital Cochin (1780), et en 1786 les bâtiments du Montde- Piété. On lui doit aussi le grand bâtiment de la Pitié, celui faisant face au Jardin des Plantes (1785-1791)-, le grand amphithéâtre de T Hôtel-Dieu^ le grand égoût de Bicêtre; la tribune de Torgue de l'église Saint -Jacques -du -Haut -Pas (1791); des travaux d'agrandissement aux hôpitaux de la Salpétrière, de Bicêtre et des Enfants-Trouvés (parvis Notre- Dame) ^ la Pharmacie Centrale des hôpitaux, rue de la Bûcherie; la porte principale de la tfiaison des Sourds-Muets, rue Saint-Jacques; le perron du château de Bellegarde, près Montargis; la Halle au blé de Corbeil-, la ferme de Villènes, dite de Marolles, près Poissy, celle de Villeblin, près Melun. Viel a 'beaucoup écrit ; on a de lui les ouvrages suivants : « Princi-
pes de Pordonnance des bâtiments et des autres œuvres d'architecture de 1799 à 1809. )) Paris^ lo cahiers ou vol. in-4°, avec pi. gravées. — • « Impuissance des mathématiques pour assurer la solidité des bâtiments et recherches sur la construction des ponts. » Paris, i8o5, i vol. in-4°. — « Des anciennes études de l'architecture, de la nécessité de les remettre en vigueur et de leur utilité pour l'administration des bâtiments civils. » Paris, l'auteur^ 1807. i vol. in-4°, — « De la chute imminente de la science des constructions des bâtiments en France, des causes directes et indirectes qui l'accélèrent. » Paris, Tillard frères^ 18 19. 2 vol. in-4°. — « Inconvénients de la communication des plans avant leur exécution , suivi du détail de la construction de la voûte de la salle de vente de la succursale du Mont-de- Piété ; plans , élévations et coupes du bâtiment. )) Paris, Tillard frères^ 181 3. ïn-4°, fîg. — « Lettres sur l'architecture des anciens et celle des modernes. » Paris, ijS'j. I vol. in-8°. Viel mourut à Paris le i®"^ décembre 18 19. {Biogr. univ. — Roquefort. — Brunet.)
VIET (Robert, Jean, Jérôme et Gabriel). Il s'agit ici de toute une famille d'architectes , qui travailla à l'église Notre-Dame de la Ferté-Bernard pendant les XVPet XVIP siècles. Il est difficile de faire la part de chacun de ces artistes dans l'œuvre commune ; voici ce qu'on sait de leurs travaux et d'eux-mêmes : En 1649 l'église de la Ferté était montée à la hauteur du triforium ^ en i56i on termina la galerie extérieure du grand comble. En 1577, Jean fit les voûtes du bas-côté méridional et garantit ces ouvrages pendant trois mois, à partir du jour de l'enlèvement des cintres. Il a signé seul, ainsi qu'il suit, les voûtes du grand chœur du côté du midi : jehan viet : : masso \ mais au-dessus de l'arc qui s'ouvre sur le transept on lit l'inscription suivante, accompagnée d'un fil à plomb, d'une équerre et d'un compas : « geste
ŒUVRE SY DESSUS A ESTE FAICTE ET CONDUITTE PAR TROYS FRERES ROBERT , GABRIEL ET HIEROSME LES VIETZ , MAISTRES
MASONs. 1596. » Robert, qui paraît Paîné des trois frères, avait alors quarante-neuf ans. Un de ses fils, nommé Christophe, a inscrit son nom à côté de celui de son père et de Jean sur les voûtes de l'éghse de Nogent- le- Bernard, situé à seize kilomètres de la Ferté. Gabriel mourut en i63i , pendant une épidémie qui enleva deux cent trente et une personnes. (L. Charles, La Ferté-Bernard. — Les Vieilles Maisoîis. — Hucher, Mon. de la Sarthe.)
VIEUVILLE (Guillaume de). Dans un compte de la châtellenie de Guise^ et à la date de 141 5, on lit : « Pour les gages de Guillaume de Vieuville, maistre des œuvres de la prévosté de Paris.... xxx livres par an ». (Ch. Desmaze, Curios. hist. de la Picardie.)
VIGARNY (de). — V. PHILIPPE DE BOURGO- GNE.
VIGNON (Barthélémy) , né à Lyon en 1762, vint à Paris et suivit les cours que faisait à l'Académie d'architecture David Leroy. Il travailla d'abord comme dessinateur chez Poyet, qui lui confia l'inspection de Téglise Saint-Sauveur, œuvre restée inachevée et que la Révolution fit détruire. Un concours ayant été ouvert en 1795 pour l'étude de tribunaux de paix à élever dans les douze arrondissements de Paris, Vignon obtint le prix qui fut confirmé cinq ans après par une nouvelle récompense. Il obtint également la première couronne dans deux autres concours ouverts en 1800, Tunpour un monument à la mémoire des soldats morts pour la patrie, l'autre pour une colonne monumentale qui devait être élevée à la gloire de nos armées. Il fut encore une fois vainqueur en
1 80 1 , dans un concours ouvert par le gouvernement pour l'étude d'un monument à Mars pacifère. Vers la même époque, Vignon et Thibaut, liés depuis longtemps par Tamitié, associèrent leurs talents et leurs intérêts, et les deux amis comptèrent bientôt parmi leurs clients le prince Murât, qui les chargea de travaux d'embellissements au château de Neuilly et au palais de l'Elysée-, Louis Bonaparte, pour qui ils travaillèrent à Paris et au château de Saint-Leu; l'impératrice Joséphine, qui leur confia divers travaux exécutés à sa résidence personnelle de la Malmaison. En 1806, un concours ayant été ouvert par Napoléon P'" pour la transformation de l'église de la Madeleine en un temple de la Gloire, dédié à la Grande Armée, -Vignon prit part à cette nouvelle lutte. Cent vingtsept concurrents présentèrent des projets, et le premier prix fut décerné à Beaumont par l'Académie des beaux-arts, juge du concours ; mais l'approbation de l'Empereur était indispensable, et le ministre de l'Intérieur dut envoyer à Tilsitt les projets des cent vingt-sept concurrents. Le plan de Vignon fut préféré par Napoléon, qui écrivit à ce sujet du quartier impérial de Finckenstein la lettre suivante : « Monsieur de Champagny, après avoir examiné attentivement les différents plans du monument dédié à la Grande Armée, je n'ai pas été un moment en doute, celui de M. Vignon est le seul qui remplisse mes intentions : c'est un temple que j'avais demandé et non une église. Que pouvait-on faire dans le genre des églises, qui fût dans le cas de lutter avec Sainte-Geneviève, même avec Notre-Dame et surtout avec Saint- Pierre de Rome ? Le projet de M. Vignon réunit, à beaucoup d'avantages, celui de s'accorder mieux avec le palais législatif et de ne pas écraser les Tuileries » » Vignon fut chargé de l'exécution de son
I. Le programme de ce concours, daté du camp de Posen le 2 décembre 1806, avait été rédigé par l'empereur. Voici quelques extraits
projet. Les constructions étaient déjà bien avancées lorsque survinrent les événements de 1814 et 181 5. Une ordonnance royale, du 14 février 1816, rendit à Pédifice sa première desti-
de ce document : « A l'intérieur, seront inscrits sur des tables de marbre les noms de tous les hommes, par corps d'armée et par régiment, qui ont assisté aux batailles d'Ulm, d'Austerlitz et d'Iéna, et sur des tables d'or massif les noms de tous ceux qui sont morts sur les champs de bataille. Sur des tables d'argent sera gravée la récapitulation, par département, des soldats que chaque département a fournis à la Grande Armée. Autour de la salle seront disposés des bas-reliefs où seront représentés les colonels de chacun des régiments de la Grande Armée, avec leurs noms. Ces bas-reliefs seront faits de manière que les colonels soient groupés autour de leurs généraux de division et de brigade, par corps d'armée. Les statues en marbre des maréchaux qui ont commandé des corps ou qui ont fait partie de la Grande Armée seront placées dans l'intérieur de la salle... » Le 3o mai 1807, Napoléon, après avoir fait choix du projet de Vignon, adressait, du même camp de Finckenstein, des instructions complémentaires qui devaient être transmises à l'architecte. « Il ne faut pas de bois dans la construction, disait l'empereur. Pourquoi n'emploierait-on pas pour la voûte, qui a fait un objet de discussion, du fer ou même des pots de terre ? Dans un temple qui est destiné à durer des milliers
d'années, il faut chercher la plus grande solidité possible du granit
et du fer; tels devraient être ceux de ce monument je suppose que
toutes les sculptures intérieures seront en marbre; et qu'on ne me propose pas des sculptures propres aux salons et salles à manger des femmes de banquiers de Paris. Tout ce qui est futile n'est pas simple et noble; tout ce qui n'est pas de longue durée ne doit pas être employé dans ce monument » On voit par ces extraits combien, en
général, Napoléon se préoccupait des moindres détails et surtout quelle foi il avait dans l'avenir. Tout était prévu dans ce programme, tout excepté 181 5! Le Temple de la Gloire qui devait durer des milliers d'années et porter sur son front cette dédicace ambitieuse : a L'empereur Napoléon aux soldats de la Grande Armée », redevenait simplement, à quelques années de là, l'église a royale » de la Madeleine,
nation. Vignon continua jusqu'en 1828 ces travaux, qui furent achevés par Huvé. Il publia en 1807 une brochure sous ce titre : « Mémoire à l'appui d'un projet pour utiliser les constructions de la Madeleine et les transformer en un temple consacré à la gloire des armées françaises ». Ce mémoire est accompagné d'un plan, d'une façade et d'une coupe du projet décrit. Vignon, après avoir consacré la dernière partie de sa vie à l'enseignement, mourutà Paris le 26 juillet 1846. (Gabet, Dict. des Art. — Lazare, Rues de Paris.)
VIGNY (de) fut admis à l'Académie d'architecture en 1723. Il donna sa démission en 1758. On ignore la date de sa mort, mais on sait que son cabinet fut vendu en avril 1773.
VIGUIER (Etienne) fut appelé le 26 avril i5oo devant le prévôt des marchands et les échevins de la ville de Paris , pour discuter, avec d'autres architectes, la question de savoir comment seraient établies les fondations du nouveau pont Notre-Dame. (L. de Lincy, Pont N.-D.)
VILAR DE COLOMBIEZ (Hugues) et Vilar de Moyrazès prirent, en 1462, l'engagement de construire à prix fait certaine « fortificatio » que les habitants de Salles- Guran, près Bonne-Combe (Aveyron) voulaient faire exécuter à leur église nouvellement rebâtie. Le prix de cet ouvrage fut fixé à 4 écus d'or, quatre setiers de seigle, quatre setiers de vin, un quart de quintal de « chère salée », un quart d'huile, deux mesures de sel, une maison et « ostalicia durant l'obra ». Afin. archêol..,t. XII.)
VILARDou VILLARD DE HONNECOURT, né
à Honnecourt, dans le Vermandois, partit pour la Hongrie vers 1244; il était de retour en France vers 1247. Selon
M. ViolIet-le-Duc [Dict. de V Arch.fr. ^ au mot Architecte), il dirigea les constructions du choeur de la cathédrale de Cambrai, démolie aujourd'hui, et fut le contemporain et Tami de Pierre de Corbie. Ces deux architectes composèrent ensemble un projet d'église sur un plan très-original. On lui attribue la construction de Péglise collégiale de Saint-Quentin '. Vilard a laissé un recueil de croquis et de notes manuscrites d'un grand intérêt, qui existe encore à la Bibliothèque nationale et que M. Jules Quicherat a, le premier, signalé à l'attention publique 2.
VILLARS (Louis), né à Troyes , en Champagne, construisit à la Roche-Guyon, aux frais du duc Alexandre de la Rochefoucault, une fontaine pubhque. Il a dessiné le beau parc du château de Liancourt. (Dulaure, Env. de Paris.)
VILLARS (N.) était architecte à Agen dans la seconde moitié du XV^ siècle. (Lafforgue, Art. en Gascogiie.)
VILLEDO (Michel). En lôog il fut chargé de faire
1. M. P. Bénard, architecte, qui a publié un intéressant travail sur .Vilard, croit pouvoir attribuer à cet artiste la construction de la collégiale de Saint-Quentin. A mon avis, il manque quelque chose à l'argumentation de M. Bénard, pour qu'elle soit tout à fait convaincante. Néanmoins cette étude, faite aveifun très-grand soin, mérite examen. Elle acquerrait une véritable valeur si, à toutes les conjectures qui s'y trouvent, venait s'ajouter la plus petite preuve.
2. Ce curieux album a été publié. Lassus, dans les derniers temps de sa vie, avait entrepris de s'en faire l'éditeur, mais lorsque la mort vint le surprendre son œuvre était à peine commencée. C'est M. Alfred Darcei qui fut chargé d'achever le travail commencé par Lassus, et c'est à lui surtout que revient l'honneur de l'avoir mis au jour.
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 32g
établir une nouvelle sortie de la cour du Palais de Justice, à Paris, laquelle devait être pratiquée sous la grande salle et avoir issue sur le quai. Il dut construire en outre, dans ledit passage, un bâtiment destiné à établir une communication directe entre la cour de la Conciergerie et le « perron royal » K Dans l'arrêt où ce projet se trouve relaté, Villedo est qualifié architecte des bâtiments royaux et maître général des œuvres de maçonnerie. En 1641 il intervint comme maître général des œuvres du roi dans une enquête faite à propos d'un Marché aux chevaux à établir au faubourg Saint- Victor , « proche la croix de Clamar w , lequel marché avait été concédé à François Baraujon, « apotiquaire et vallet de chambre du roy )>. En 1649 il éleva plusieurs maisons dans le nouveau quartier de la Butte Saint- Roch, notamment dans la rue qui porte son nom. Villedo laissa deux fils : François et Guillaume. (Lobineau, Hist. de Paris. Pr.)
VILLEDO (François), fils du précédent, eut la survivance de la charge desonpère^et fut,comme ce dernier, maître général des œuvres de maçonnerie du roi. Le 17 octobre i665, lorsque Louis XIV posa la première pierre de la colonnade du Louvre, il dut figurer dans la cérémonie et présenter au roi le marteau d'honneur. Charles Perrault, dans ses Méjnoires^ rapporte ainsi le fait : « M. Colbert, suivi et accompagné de
I. En 1643, lorsqu'il s'agit de mettre en communication la nouvelle galerie et la grande salle, Villedo fut arrêté court par les procureurs Pacelle, du Hour, Guillemard, Taguier et consorts, qui avaient leurs bancs sur le point de la grande salle où devait déboucher la galerie et qui entendaient n'en être pas dérangés. Villedo avait pour lui des lettres-patentes du roi et un arrêt du Parlement, néanmoins il ne put continuer ses travaux qu'après plusieurs mois d'attente et à la condition de faire rétablir sur un autre point les bancs des procureurs opposants.
33o DICTIONNAIRE
MM. ks officiers des bâtiments , se rendit dans le milieu de la fondation, ou étoient les entrepreneurs et le sieur Villedo, maître des œuvres. M. Colbert tenoit la toise quil me donna a tenir ensuite, les entrepreneurs la truelle, Tauge et les
pinces- et le maître des œuvres tenoit le marteau Quand
S. M. fut arrivée, Tun des entrepreneurs donna la truelle à M. le surintendant -, il la présenta au Roi, qui prit du mortier dans l'auge et le mit dans Tendroit ou se devoit poser la première pierre. Les entrepreneurs Payant placée sur le mortier, le marteau fut présenté au Roi par le S. Villedo et Sa Majesté en frappa deux ou trois coups sur la pierre ». En 1673, Villedo avait été choisi pour suryeiller la démolition des maisons bâties en dehors des murs de Paris , contrairement à Tordonnance, et dont les contrevenants ne s'' étaient pas rachetés en payant Fimpôt créé à cet effet. (Ch. Perrault, Mémoi?^es. — Lobineau, Pî\IV. — Fournier, Enigmes.)
VILLENEUVE (de) fut admis à T Académie d'architecture en 1728 et mourut en 1730.
VILLON ou WILLON (Claude), dit l'ENFARINÉ, l'un des architectes du duc Charles II de Lorraine. Il succéda en 1664 à Nicolas Chaubault, dans l'emploi de « maître maçon et maître livreur es duché de Lorraine, comté de Vaudémont, bailliage des Vosges et marquisat de Pont-à- Mousson )). Dans les anciens comptes des travaux, il est aussi qualifié de « maître tailleur en Part de maçonnerie )>. (H. Lepage, Les Offices. — Palais ducal.)
VINCENT, architecte de Laon, dirigea, en 161 1, des travaux de restauration exécutés par ordre de Louis XIII à la voussure centrale du portail de la cathédrale de Reims. (Tarbé, Cath. de Reims.)
VINCENT (Jacques) est cité, en août i334, dans une lettre de Philippe de Valois permettant aux Blancs-Manteaux de Paris d'ouvrir une porte dans le mur de la ville. Il était maître des œuvres du roi. (Lobineau, t. III.)
VINCENT DU BOURG LA REINE, maçon-juré du roi, à Paris. Une quittance du 5 mai 1349, qui existe aux Archives nationales, nous a conservé le nom de cet artiste. A cette quittance est appendu un sceau portant : « Un encadrement à quatre compartiments •, dans le premier, un objet indistinct-, au deuxième, une coquille-, au troisième, un marteau-, au quatrième, une truelle )>. La légende présente une
lacune^ voici ce qui en reste : seel Vincent dv la
ROYNE. {Rens. part.)
VIRBERIUS ME FEciT. Ces mots sont gravés sur le portail de Saint- Benoît-sur-Loire.
VIRIAU (Nicolas), dit le Lorrain. Dans les archives de la mairie d'Angers, entre la date du i^"" mai iSyô et celle du 22 avril lôyS, on trouve, à propos des préparatifs faits pour l'entrée solennelle en ville du duc d'Anjou, un traité fait avec Nicolas Viriau, dit le Lorrain, architecte^ pour l'ornementation des arcs de triomphe et le choix des présents à offrir. (C. Port, Invent. )
VIRLOYS (Charles-François-Roland de) naquit à Paris le 2 octobre 17 16. A la suite d'un concours ouvert en 1761, pour l'étude des plans d'un théâtre à Metz, son projet ayant été préféré, il fut chargé de construire cet édifice. — Il devint ensuite architecte du roi de Prusse et de l'impératrice Marie-Thérèse. Dans les dernières années de sa vie, il s'occupa de la rédaction de divers ouvrages. — Le
principal de ces ouvrages est un (( Dictionnaire d'architecture civile, militaire et navale^ ancienne et moderne, et de tous les arts qui en dépendent ». Paris ^ 1770. 3 vol. gr. in-4°, avec 10 1 pi. Les neuf premières planches reproduisent les plans^ coupes et profils du théâtre de Metz. On trouve dans le 3^ volume le vocabulaire des termes d'architecture, en six langues (latin, italien, espagnol, anglais, français et allemande Virloys mourut le 3o mai 1772.
VISCONTI ( Louis-Tullius-Joachim) naquit à Rome le 11 février 1791. Son père, Ennius Visconti , obligé de quitter sa patrie, en 1798, par suite des événements poUtiques, se réfugia en France avec sa famille. Louis Visconti fut naturalisé français en 1 799 -, il eut pour maître Charles Percier, et. entra en 1808 à l'école des Beaux-Arts, pour en sortir en 1 8 1 7 , après avoir remporté le prix départemental et le second grand prix. Il débuta en 1820 par les fonctions modestes de conducteur de travaux à l'entrepôt des vins, alors en construction. En 1822, il entra comme sous-inspecteur à l'agence des travaux du ministère des finances, et fut nommé inspecteur des mêmes travaux en 1824, sous les ordres de Destailleur. Devenu, en 1826, architecte de la bibliothèque royale, en remplacement de Delanno}^, il fit un grand nombre de projets pour la reconstruction de cet établissement. C'est vers la même époque qu'il construisit à Paris la fontaine Gaillo-n et la maison de M"^ Mars, rue de la Tour-des- Dames. Sous le gouvernement de Juillet, il fut chargé, à partir de i836, de l'organisation des fêtes publiques ^ c'est lui qui dirigea, le i5 décembre i8'4o, tous les travaux de décoration relatifs à la rentrée des cendres de Napoléon P"". Peu après, il fut, à la suite d'un concours, chargé de la construction du tombeau de l'Empereur aux Invalides. On lui doit aussi les tombeaux des maréchaux Lauriston , Gouvion-Saint-Cyr,
Suchet , Soult et plusieurs autres -, les fontaines Molière , Louvois et Saint-Sulpice -, un grand nombre d'hôtels dans les faubourgs Saint - Germain et Saint - Honoré , notamment rhôtel Pontalba. Mais la plus grande œuvre à laquelle le nom de Visconti restera attachée est l'achèvement du Louvre, dont il a donné le plan général. La première pierre de cet immense travail fut posée à la fin du mois de juillet i852, et en i853 toutes les parties du monument étaient sorties de terre. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en i83i et officier vers 1846, Visconti fut élu, en 1854, membre de l'Académie des beaux-arts et président de la Société centrale des architectes-, il devint la même année architecte de l'Empereur. Visconti mourut subitement à Paris le 27 décembre i853 I. [Rens. part.)
I. J'ai trop connu Visconti pour n'avoir pas à ajouter quelques mots, pour mon compte, à cette notice dénuée de toute appréciation de l'homme et de l'artiste. On a d'ailleurs dit trop de bien et trop de mal de lui pour que je ne sois pas tenté d'en dire à mon tour ce qui me semble être la vérité. — Comme homme, Visconti avait un peu les qualités et les défauts de ses compatriotes : doué d'une physionomie intelligente et douce, qui appelait la sympathie, il avait, dans ses façons d'être, une sorte de cordialité aimable, caressante et communicative, plus italienne peutêtre que française, qui manquait rarement son effet. Il possédait, en outre, je dois le dire, cette circonspection native qui ménage toujours, au besoin, une échappatoire aux intentions secrètes de celui qui exprime sa pensée. On le voit donc, Visconti était armé de pied en cap pour livrer la bataille de la vie, surtout contre nous autres Français, dont la renommée diplomatique ne tient pas le premier rang dans le monde. Il sut profiter de ces avantages naturels, il en tira tout le parti possible, mais avec une si grande adresse, avec tant et de si habiles ménagements, qu'il serait impossible de taxer sévèrement ici ce qui n'était peut-être chez lui qu'un art merveilleux de se servir des hommes. Tout cela fut une grande force pour lui et on ne peut méconnaître que cette force fut pour beaucoup dans son succès. Je dois
VITAL (Bertrand). En 1427, le tonnerre ayant détruit en partie la flèche du campanile de Téglise Notre-Dame-
ajouter toutefois que l'homme, par sa nature, était bienveillant, serviable même, et que les relations qu'on avait avec lui étaient faciles et agréables. Comme artiste, il a été très-contesté et je me l'explique en ce qu'il n'a pu être et n'a pas été dans la véritable acception du mot un architecte : or, c'est toujours à ce seul point de vue qu'il a été jugé. Il était incontestablement bien doué pour les arts, en général, mais sans posséder toutes les facultés qu'exige la pratique de l'architecture. Son éducation, d'ailleurs, n'aurait pu faire naître en lui ce qui lui manquait. Elevé à l'école de Percier, il négligea toujours, comme la plupart des élèves de ce grand dessinateur, le côté essentiel de l'architecture : la construction proprement dite. Sans souci des conditions matérielles de l'art de bâtir, il ne cultiva l'architecture qu'au point de vue décoratif, abandonnant dédaigneusement à l'ouvrier la réalisation pratique des conceptions de l'artiste, comme s'il était raisonnablement possible de scinder une question dont les termes sont si étroitement unis. Mais ce défaut ne fut pas personnel à Visconti, c'est celui de son temps et de son école. Il n'était pas, d'ailleurs, dans sa nature de procéder autrement ; Visconti était né décorateur, et c'est tout. Eût-il eu pour maître un constructeur, qu'assurément il se fût montré rebelle à ses leçons. Il n'avait ni la patience ni l'application qu'exige l'étude scientifique de l'architecture; c'était un improvisateur au talent prime-sautier, crayonnant avec facilité, exprimant rapidement par un croquis et souvent avec charme sa première pensée; mais, je le répète, il était dépourvu, comme artiste, de ce précieux sentiment qui porte à chercher le mieux quand on a trouvé le bien. Loin d'aspirer à la perfection, . il- se contentait de l'àpeu-près, ainsi que le prouvent d'ailleurs la plupart de ses œuvres. Une autre force avait été donnée à Visconti : son nom historique, illustré à nouveau par son père, le savantissime archéologue. Mais ce grand nom, qui l'a mené à la fortune, a certainement nui à son talent. En effet, ce fils d'un des légataires de Napoléon I" s'étant vite constitué une riche et nombreuse clientèle parmi la noblesse de l'Empire, les soins qu'il eut à donner aux affaires lucratives lui firent abandonner trop tôt ses études et ne lui laissèrent plus le temps de travailler
des-Tables, à Avignon (celle qui avait été reconstruite en iSgo et en 141 2), cet architecte fut chargé d^en achever la démolition et de la rebâtir. En 1443 il travailla aux murs d'enceinte de la même ville : il fît démolir la tour située derrière la cour du Sceau, qui menaçait ruine, répara la brèche et éleva un pilier surmonté d'une échauguette semblable à celle du portail de Lates. (Renouvieret Ricard.)
VITEGOQ (Simon) succéda, en 1627, à RouUant le Roux comme architecte de la cathédrale de Rouen, Il fut nommé le 29 juin et reçu aux « émoluments et payements accoutumés ». En i532, associé à Gatelin, il acheva le jubé de l'église Saint-Laurent de la même ville, lequel avait été commencé en i5ii par Pierre Desvignes, Ce jubé fut détruit en 1677. Leroux, avant de mourir, avait désigné au choix du chapitre, pour lui succéder, Julien Chennevière, mais ce choix ne fut pas ratifié par les chanoines. (Deville, Rep. des Arch. — Rev. des Soc. sav.^ 4^ série, t. IV.)
VI ZÉ (Jérôme), architecte du roi de Navarre, fut chargé, en 1 570, de faire bâtir une petite maison à l'une des extrémités
par lui-même. Il était doué d'une activité infatigable, et cette activité se dépensait chaque jour en correspondance, en visites, en courses sur les chantiers, sans qu'il lui restât un moment pour manier le compas. Aussi, à cette vie d'homme d'affaires, son talent s'usa-t-il vite au lieu de progresser. Assurément ses premières œuvres, la fontaine Gaillon et la maison de M"^ Mars, valent mieux que la fontaine Molière et les hôtels qu'il construisit dans les dernières années de sa vie. Tel a été Visconti. En donnant cette esquisse de sa personnalité, mon intention n'a pas été et ne pouvait pas être d'amoindrir celui que j'ai eu pour premier maître; j'ai voulu seulement, en quelques traits, le peindre aussi exactement que possible, ce qui, je crois, n'avait pas encore été fait en parfaite connaissance de cause ou avec impartialité.
du pont de Pau. En 1 677 des honoraires lui furent payés pour une visite faite par lui au château de Lourdes. En 1584 il reçut des honoraires pour des dessins de buffets et de tables en bois sculpté. Indépendamment de ces honoraires, il recevait un traitement annuel, lequel lui fut payé régulièrement de 1677 à 1608. Dans certains comptes il est qualifié de « maître des réparations «. {Archiv. départ, des B.-Pyrénées ., série B.)
VOL AND bâtit, en 1 701, le Pont-Neuf de Lille et, plus tard, la salle des Concerts, la porte de Paris, l'Hôpital général, le palais de Justice et le palais des Archives de la même ville. (Guilbert, Hist. des vilL de Frajice.)
VOS È LE (Gilles le). On conserve dans les archives du département du Nord l'original en parchemin d'une quittance passée le dernier d'août 1 384, de IV livres parisis payées par Robert de Bus, receveur de Lille, à « Gille le Vosèle, masson du chastel de Lille ». (De Laborde, Ducs de Bourg.)
VOX (Gilles dé), maître maçon du château de Lille au XIV* siècle. Le 28 février 1387 il prit part à une expertise ayant pour objet la visite de plusieurs héritages, à Lille, afin de savoir si ces propriétés pouvaient supporter un accroissement de rente. Ses.coUègues étaient Waltier de Basigny, maître charpentier-, Jean Lefure, maître ^«laçon de la ville; Jean Miete et Jacques Painguet, charpentiers. Le sceau de Gilles de Vox, appendu au procès-verbal de cette expertise, porte un écu au maillet accosté de deux étoiles, avec cette légende, incomplète des deux premières lettres : ..ghele (seghelle, séel) gillis de vox. [Reiîs. part.)
VULGRIN, né à Vendôme, fut d'abord chevalier, puis
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. SSy
moine de Marmoutiers sous Tabbé Albert, qui, juste appréciateur de son mérite en architecture , le constitua prieur. Geoffroy Martel, comte d'Anjou, ayant eu connaissance de ses talents, le fit venir dans sa comté et rétablit abbé de Saint- Serge, monastère alors en ruine. De io36 à io56, Vulgrin répara ce monastère en entier. Il fut ensuite élu évêque du Mans. Durant son épiscopat, c'est-à-dire de io55 à 1064, il entreprit de rebâtir sa cathédrale sur un plan beaucoup plus vaste ; mais il mourut avant l'achèvement de cette dernière œuvre. Bodin, dans ses Recherches sur l'Anjou^ lui attribue réglise de Toussaint à Angers. (^Godard Faultrier.)
WAILLY (de). — V. DE WAILLY.
WALERAN HARDY fut appelé avec d'autres architectes, en avril 1 5oo, par le prévôt des marchands et les échevins de la ville de Paris, afin de donner son avis sur le mode de construction à adopter pour la reconstruction du pont Notre-Dame. (L. de Lincy, Pont N.-D.)
WALSGH (Punig). — V. PUNIG WALSCH.
WAMBOGHEM. — V. GOLOMBEAU.
WARNI, abbé de Saint- Arnould de Metz, est cité au nombre des religieux qui, au XP siècle, exécutèrent de grands travaux d'architecture. (Champollion-Figeac, Doc.)
WASSELONNE (Jean de), architecte de Strasbourg, vivait dans les premières années du XVP siècle. Son sceau a été publié et décrit dans les Annales archéologiques par M. Schnéegans.
WAST (Jean) éleva en i5oo, avec Martin Chambiges, le transept de la cathédrale de Beauvais. Ces deux architectes gagnaient chacun 5 sous tournois par jour et un pain de chapitre. Ils étaient en outre logés et touchaient 20 francs par an. On lui attribue la construction de plusieurs autres édifices de Beauvais. Il mourut en 1624 et son fils lui succéda. (Gilbert, Not. suî' Beauvais. — Cambry, Descript. du départ, de rOise.)
WAST ( Jean) , petit-fils du précédent, passe pour avoir fait le premier étage du grand escalier de pierre du Louvre, sous Charles IX ^ On lui attribue la construction de l'église de Megnelay (Oise). (Cambry, Descrip. du départ, de VOise.)
I. Simon, le continuateur de V Histoire de Beauvais, s'exprime ainsi au sujet de cet artiste : « On prétend que l'un des Waast, ayant été travailler à Paris sous Philibert de l'Orme, qui avoit apporté les plus beaux desseins d'Italie et qui avoit entrepris le grand escalier des Thuilleries, en ovale, à noyau vide, de trois toises sur le grand diamètre et de deux sur le petit, voyant son»- maistre embarrassé, il luy montra le moyen d'en venir à bout, et que le maistre fut obligé de luy en abandonner la conduite, ce qui ne fit pas d'honneur au maistre. Plusieurs personnes ayant su que Fhonneur étoit dû à l'appareilleur, et De l'Orme croyant s'en passer et achever l'ouvrage sur le dessein que Waast avoit tracé dans la salle des gardes, oii il passa une partie de la nuit à effacer son trait et se sauva aussitôt; ce qui fut cause que le reste n'approcha pas du premier dessein, ny pour la beauté, ny pour la commodité. Il alla de là faire la belle voûte de Megnelay. »
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. SSg
WATEBLED remporta le grand prix d'architecture en 1784, sur « Un maître-autel d'église ». {Rens. part.)
WAULTIER DE MEULAN, qui vivait au commen cernent du XII P siècle, fut chargé de continuer comme architecte les travaux de reconstruction de Téglise de Tabbaye du Bec, en Normandie, commencés par Ingelramme, sous Richard III, abbé du lieu, vers Pan 1212. Il acheva en moins de trois ans ce qui restait à faire de cette église, à laquelle Ingelramme avait travaillé environ un an et demi. Il reste peu de chose aujourd'hui de cet édifice, qui fut brûlé dans le XIIP siècle. L'église qu'on voit encore fut rebâtie sous Pierre de Caniba vers l'an 1273. [Chron. de Vabbaje du Bec.)
WAUTHIER (Jacques). — V. VAUGOULEURS
WENDLIND DE MUTZIG (Marc), maître d'œuvres de la ville de Strasbourg à la fin du XV^ siècle. Son sceau, qui a été conservé , porte une croix et la règle géométrale ; il a pour légende : « s. marx wendling von mutzich. » (Schnéegans, Maîtres d' œuvres.)
WERGIN (Guillaume de), surnommé l'aumônier, quinzième prélat de Tabbaye de Vicogne, reconstruisit l'église de son monastère en 1 260. Gette église était dédiée à la Vierge, qui , dit la légende , « s'apparut à luy et lui monstra la forme et le modelle selon lequel elle la vouloit avoir bâstie , ce qu'il exécuta très-promptement, avec plusieurs autres bastiments, sans toutefois en rien diminuer ses aumônes accoutumées... » (A. Leroy, Archiv. hist.)
WILDE ou WILD (Gonrad) , architecte de Stras-
bourg, vivait vers le milieu du XV« siècle. Il portait dans son écu, à titre d'armes parlantes^ un homme sauvage (signification de son nom), lequel tenait un marteau dans chaque main. (Schnéegans.)
WILLON (Claude). — V.VILLON (C).
WILLOQUE (Robert), « maitre machon et pensionnaire du duc de Bourgogne en son chastel de Lille ». Un ancien compte , conservé aux archives départementales du Nord, porte encore le sceau de cet artiste. Il représente un écu à la fasce accompagnée d'un croissant entre deux étoiles en chef et d'une étoile en pointe. En voici la légende : .. 0BIERT villoke (séel Robert Villoke). La pièce dont il s'agit est datée du 3o avril 1482. [Rens.part.)
WILMAIRE (Antoine), architecte de la ville d'Arras. En 1477, les échevins de Béthune s'adressèrent à lui et à son confi'ère Bélin pour la construction d'un pont. En i5o8, les mêmes magistrats mandèrent Wilmaire pour le consulter au sujet des « canonnières encommenchiéesàleporte de St-Pry », afin de savoir de quelle hauteur et en quel nombre il fallait les faire. (De la Fons-Mélicocq, Art. du Noj^d.)
WINDENMACKER (Nicolas) fut nommé maître des œuvres de la ville de Strasbourg en i552, après la mort de Michel de Zeitz. Son sceau, apposé sur un document daté de 1539, prouve qu'à cette époque il vivait encore. (Schnéegans).
WIRIOT (Jean), de Mirecourt, fut « maître visiteur du métier de maçonnerie » au bailliage de Vosge (duché de Lorraine), sous les ducs Jean et Nicolas. Il avait exercé cet
office « de toute ancienneté, soit de droit et coustume en notre bailliages de Vosge et autre part en notre duchié, pour la conservation de nos drois et aussy pour le bien commun de nos subjets... » G^est ainsi que s^exprime le duc Nicolas, dans les lettres patentes portant nomination du successeur de Wiriot, Simon Boussart. (H. Lepage, Le^ Offices ^çXc.)
WIRMBOLDE rebâtit, vers l'an 1078, Péglise Saint- Lucien de Beauvais. Odon lui succéda sans doute, mais ne fit que la tour. (Félibien, Vies.)
WI TASSE (Nicolas) fut chargé, en 1574, de travaux importants de réparations à l'église Saint-Jean-des-Vignes de Soissons. [Bull, de la Soc. archéol. de Soissons, t. XIII, p. 112.)
WYLLEMER (Jean). Le 3i janvier 1440 il prit part, avec d'autres architectes, des maçons et des charpentiers, à une expertise ordonnée pour constater Pétat alarmant des quatre piliers touraux du transept de Téglise Saint-Ouen de Rouen. (J. Quicherat, Doc. inéd.)
YMBERT (Olivier), architecte du duc d'Alençon (frère de Henri III), demeurant à Saint-Léger en Yvelines (près Rambouillet), fut chargé en 1577, le 9 août, par MM. d'Angennes, d'estimer la valeur des bâtiments dépendant des fiefs de Besnières et du prieuré de Moulineaux.
Le 20 août suivant il fit une nouvelle expertise ;, il était alors « aagé de 60 ans ou enuiron ». (A. Moutié, Chartes relatives au prieuré de Moulineaux.)
YSERMAN, maître des œuvres de la ville de Béthune. En i5io, travaillant aux fortifications de la ville, il « restouppoit et remaçonnoit » des canonnières. (Mélicocq, Art. du Nord.)
YVES, soixante-deuxième évêque de Chartres, nommé en 1090 et mort en 1 1 1 5, est considéré comme un des architectes de son église. On lui attribue le premier jubé^ qu'il dut faire exécuter vers 1 100. {Bull, mon..^ t. V.)
ZACHARIE DE GELERS.- V.CELERS (Zacha-
RIE de).
ZEITZ (MiCHEL-J^KER, dit de) fut maître d'œuvres de la ville de Strasbourg à partir de i55o. Il succéda à Jean Spiegel. (L. Schnéegans, Maîtres d'œuvres.)