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Ces fenêtres existent encore

2. M. Deville, dans sa Revue des architectes de la cathédrale de Rouen ^ cherche à expliquer cette réduction de traitement. Salvart, exerçant alors depuis quarante ans les fonctions d'architecte de la cathédrale, était nécessairement arrivé au déclin de la vie, et le savant archéologue pense que le chiifre de 12 livres pourrait bien être celui d'une pension de retraite accordée au vieux serviteur. Cette induction n'est plus admissible depuis la publication, faite par M. J. Quicherat, des « Documents inédits sur St-Ouen de Rouen ». En eifet, dans un de ces documents, qui porte la date de 144 r, Salvart est qualifié de « maistre des oeuvres de l'église cathédrale de Nostre Dame de Rouen ». On le voit, trois ans après la réduction de son traitement il était encore en exercice. Il faut donc chercher à ce fait une

. autre explication.

Roussel. Cette dernière date est probablement celle de sa mort. (Deville, Château de Tancarville. — Revue des arch.)

SAMBIN (Hugues), architecte du XVP siècle % éleva, à Dijon, le portail occidental de Téglise Saint-Michel, lequel fut terminé en lôSy. Le tympan de l'arcade centrale de ce portail est orné d'un bas-rehef représentant le jugement dernier ;, ce bas-relief est signé Hugue Sambin fecit. On lui attribue le plafond de la Chambre des Comptes de Dijon, les stalles de l'abbaye de Saint-Bénigne et une partie de celles de Saint-Etienne. Il a laissé un ouvrage intitulé : « Œuvres de la diversité des termes dont on use en architecture, reduict en ordre par maistre Hugues Sambin, architecteur en la ville de Dijon, w Lj'on^ Jean Dvrant^ 1^72^ pet, in-fol., avec fig. grav. sur bois. On conserve dans les Archives de la Côte-d'Or une quittance de cet artiste signée : Hvguei Sambin. (Lacroix du Maine, I, 383. — Bidl. ai'chéol.^p. 129. — Dépevy^Biogr. des hom. célèbres du départ, de VAin, — Rochas, Biogr. du Dauphiné.)

S AME (Nicolas). A un acte de i486, conservé aux Archives nationales, et dans lequel cet artiste se trouve mentionné, est appendu un sceau portant « un écu chargé d'une truelle accompagnée de branchages ». La légende du sceau est détruite. Same était maçon juré du roi à Paris. [Rens. part.)

SAMIDY (Simon), dit BONTEMPS. Il résulte d'une

I. D'après Guy Allard, Sambin, né à Vienne (Isère), serait allé s'établir à Dijon, où il mourut. Papillon {Dict. des auteurs de Bourgogne) croit, au contraire, qu'il était originaire de cette dernière ville; mais ni l'un ni l'autre n'appuie son dire d'aucune preuve.

inscription gravée sur la tour de l'église abbatiale de Château- Landon que cette tour fut bâtie, au XV^ siècle, par Samidy et des deniers d^un évêque de Poitiers, patriarche d'Antioche, qu'on croit être Jacques Juvénal des Ursins. (Morin, Hist. du Gâtinois.)

SAUCON (Jean), maçon Juré du roi à Paris. Un procès-verbal d'expertise daté du 22 octobre 1429, où cet artiste est ainsi mentionné : « Jehan Saucon, maçon bachelier w, existe aux Archives nationales. A cette pièce est appendu un sceau portant un écu chargé d'une poule (?), surmonté d\m saint Jean- Baptiste vu à mi-corps. La légende du sceau n'existe plus. [Rens. part.)

SAUVAT (François). En 1616, à la mort de Louis Marchant, Sauvât, qui avait épousé sa fille, hérita de sa charge de maître général des œuvres de maçonnerie des bâtiments du roi. Il était alors maître d'hôtel de Gaston d'Orléans. Il faut croire que Sauvât avait étudié l'architecture avant de faire partie de la maison du jeune frère de Louis XIII. [Ordonnances, Statuts., etc.)

SAVOYE (Benoit de). Le 3 avril 1406 il fut appelé, avec plusieurs maîtres d'œuvres, pour régler un compte de travaux exécutés pour la construction de la porte Martinville, à Rouen. Il était « maçon juré du Roy en la ville de Paris ». (Richard, Hist.)

SAXOINE (Gérard de), prieur du monastère de la Charité-sur-Loire, fondé en io56, dirigea la construction delà vaste église de Sainte-Croix de la Charité. [Bull, archéol..,

t. II.)

SAXOINE (Henri de). On lit sur la paroi occidentale de la sacristie de la cathédrale de Nevers l'inscription suivante, gravée en belles minuscules gothiques : « Henricus de Saxonia — natus fabriccC rector — Niuernensis canonicus — Anno domini 1473. » Cet artiste, originaire de Saxe, était chanoine de Saint-Cyr, à Nevers, licencié en médecine et conseillermaître à la Chambre des Comptes. Outre la sacristie ', il construisit une des chapelles de la cathédrale, et peut-être même la belle porte qui regarde la Loire et qui ne fut terminée qu^en 1490. On lui attribue aussi la reprise en sous-œuvre des deux piliers du côté méridional qui avoisinent le chœur. (Soultrait, Guide dans Nevers. — L'abbé Crosnier, Cath. de Nevers. — Bidl. archéol., t. IL)

SCELLIER. En 1772, un incendie ayant détruit la Halle d'Amiens, construite en i55i par Zacharie de Celers, la reconstruction de cette halle fut commencée en 1775 , par Montigny, et achevée par SceUier. On attribue particulièrement à ce dernier la façade de l'édifice. (Goze, Rues d'Amiens.)

SEDAINE (Michel -Jean), plus connu comme auteur dramatique que comme architecte, naquit à Paris le 7 juin 1 7 1 9. Son père était architecte et mourut jeune. Sedaine, pour faire vivre sa famille, se fît tailleur de pierre. Un magistrat nommé Lecomte le tira de l'obscurité et lui» fit achever ses études. Il fut admis à l'Académie d'architecture en 1768 , devint secrétaire de cette Compagnie^ en 17762, et mourut le 17

1. M. l'abbé Crosnier pense qu'on ne doit attribuer à cet artiste que la façade de la sacristie, attendu que l'intérieur de cet édifice accuse une époque plus ancienne.

2. A la vente du cabinet d'Antoine-Fr. Peyre, en 1823, se trouvaient

mai 1799. (Gh. Blanc, Trésor de la Curiosité. — Rens. mss.)

SÉHEULT a bâti à Nantes, dans la seconde moitié du XVIP siècle, Thôtel des Douanes, l'hôtel Dufou,les bâtiments de TEntrepôt et divers autres édifices. (P. Levot^ Biogr. bretonne. — Rec. de notices sur les Bretons qui se sont fait un nom^ etc.)

SEHEULT (François-Léonard), fils du précédent, naquit à Nantes le 1 1 avril 1771 et y mourut le i" mars 1840.

douze dessins, ornements et monuments, dont un grand projet de palais, avec ces mots écrits par l'auteur : « Enfantés à l'Académie en 1781; Sedaine w. J'ai entre les mains un « Etat des jettons dûs comme droit de présence aux académiciens de première classe de la cy-devant Académie d'architecture, depuis le 16 août 1791 (époque à laquelle a cessé le payement des jettons aux académiciens à l'instant de leur présence) jusqu'au i*"" janvier 1792. » Cet état, daté de « primidi thermidor, l'an 3 de la République» (18 août 1795), contient les noms de Mique, Hazon, Brébion, Franque, Rousset, Moreau, Desmaisons, Boullée, Peronnet, Sedaine, Mauduit, David Leroy et Trouard. La valeur du jeton de présence était de 2 francs. Sur le verso de la même feuille se trouve un autre état relatif aux académiciens de la seconde classe; on y lit les noms de Jardin, Cherpitel, Peyre, Paris, De Bourges, Guillaumot, Le Doux, Couture, Brongniard, Raymond et d'Arnaudin. Sedaine, on l'a vu, avait été nommé secrétaire perpétuel de l'Académie d'architecture en 1776, et le traitement attaché à ces fonctions était de 1,200 livres. Mais il paraît qu'on n'émargeait pas souvent alors à l'Académie. J'en ai la preuve signée de la main du célèbre académicien; dans une lettre datée du 20 avril 1783 et adressée au comte d'Angivilliers, Sedaine se plaint que, depuis sept ans qu'il est secrétaire perpétuel^ il n'a point encore touché les émoluments attachés à cette place. Il ajoute qu'il ne pourrait vivre s'il n'était soutenu par sa famille, « et si ces émoluments ne me sont pas payés, s'écrie-t-il, que puis-je devenir? »

Il a bâti, dans sa ville natale, Thôtel de la rue de l'Héronnière, le petit palais de la Société des beaux-arts, plusieurs châteaux en Anjou et en Touraine. {Biogr. bretonne.)

SEMUR (Jean de), prêtre. On lit dans un compte de Geoffroy de Blaisy pour Tannée i355 la mention suivante : « Baillé VIII sols à monsieur Jehan de Semur, prestre, commis pour la Visitation des œuvres de Bourgogne, pour ses dépenses à Montreuil en visitant les œuvres du chastel. » (Rossignol, Invent.)

SENAULT (Guillaume). Il était de Rouen ; c'est lui qui donna les plans et dirigea les travaux du principal corps de logis du château de Gaillon. Il apparaît pour la première fois, dans l'histoire du célèbre château, au mois de novembre i5o2 : il travaillait alors à la tour de la « grant maison ». A la date du 21 janvier i5o3, le trésorier du cardinal lui paya « pour la despence de huyt jours de lui et de son cheval, d'estre allé à Rouen porter les pourtraictz (plans et dessins) , et pour estre allé ung jour voir les careures (carrières) où Ton prent de la pierre, 37 sous et 3 deniers». Au mois d'août i5o6, Senault va encore choisir de la pierre à Vernon et à Louviers ; mais cette fois il est accompagné de son confrère de Blois, Nicolas Biard. Il fut alloué aux deux artistes, pour leur voyage, la somme de 20 sous. Le mois suivant, Guillaume fut appelé à Rouen pour être consulté sur les travaux d'achèvement de la Tour de Beurre de la cathédrale, commencée en 1487 par Guillaume Pontifz, et à laquelle un autre architecte, Jacques Lerotix, travaillait depuis 1496. Dans le mois de décembre de la même année i5o6, Senault se rendit à Bourges, et probablement pour la seconde fois ',

I, On lit dans la Cathédrale de Bourges^ notice par MM. de Girar-

afin de se concerter avec d'autres architectes appelés comme lui en consultation pour une affaire grave : il s'agissait de la tour du nord de la cathédrale, qui menaçait ruine. Le 14 décembre 1 507, Senault, associé à Pierre Fain et à Jean Fouques, s'engageait par marché à faire les cuisines du château de Gaillon, et à terminer tous les travaux pour le jour de la Toussaint i5o8. Guillaume Senault était payé à Gaillon, pour la surveillance qu'il avait à exercer sur les ouvriers, à raison de 7 sous 6 deniers par jour. ( Deville, Compt. de Gaillon.)

SENS (Guillaume de). Le choeur de la cathédrale de Cantorbéry ayant été détruit par un incendie en 1 1 74, sa reconstruction fut commencée l'année suivante par Guillaume de Sens. Cet architecte ne quitta l'Angletere qu'en 1 179, à la suite d'une chute qu'il fit sur ses travaux. Il avait alors élevé la partie antérieure du chœur et les deux transepts de l'est (la cathédrale de Cantorbéry est à doubles croisillons). Guillaume eut pour successeur son homonyme William, architecte anglais, « petit de corps, mais probe et habile dans tous les arts ». William termina le choeur, le chevet, la chapelle de la Trinité, ainsi que celle dite « la couronne de Becket ». On pense, non sans raison, que Guillaume, évidemment originaire de Sens, fut l'un des architectes de la cathédrale de cette ville. L'extrémité orientale de l'abside de Cantorbéry, les colonnes couplées du choeur, l'appareil de la construction, certains détails d'ornementation, les profils même, ont le même caractère qu'à Sens. L'analogie est si grande qu'il est permis de considérer Guil-

dot et Durand : « On reconnut en i5o4 1^2 les fondations (de la tour du nord) cédaient et menaçaient d'entraîner la chute de l'édifice. Aussitôt le chapitre appela de l'Albigeois, de Lyon, de Blois, de Gaillon... les maîtres les plus experts des métiers de maçonnerie... » Évidemment l'architecte appelé de Gaillon ne fut autre que Senault.

laume comme Parchitecte des travaux exécutés dans notre cathédrale sous Tépiscopat de Hugues de Touci,au milieu du XIP siècle'. (Willis, The Architectural History ofCantorberf cathedral. — Viollet-le-Duc,Z)/c^. de l'Arch. française.)

SERIN éleva, vers le milieu du siècle dernier, dans le parc de Bagnolet, près de Paris, un bâtiment appelé le Palais des Ermites. (Piganiol.)

SERLIO (Sébastien) ^ naquit à Bologne le 6 septembre 1475, de Barthélémy Serlio, peintre d'ornements. Vers i5oo il était à Pesaro, où il travailla comme peintre et comme

1. Cette conjecture est d'autant plus vraisemblable que, d'une part, la cathédrale de Sens était terminée lorsque Guillaume partit pour l'Angleterre, et, d'autre part, que l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Becket, avait séjourné à Sens pendant qu'on construisait la cathédrale de cette ville. On sait, en effet, que Becket, condamné comme rebelle par le Parlement à la suite des violents démêlés qu'il eut avec Henri II d'Angleterre, s'était réfugié en France en 1164, et qu'il habita Sens, Lyon et Pontigny. A Sens, Becket dut connaître maître Guillaume et s'intéresser à son œuvre. Rentré dans son pays, il vanta sans doute le talent de l'artiste sénonais, et, plus tard, la réputation de notre compatriote ayant ainsi pénétré jusqu'en Angleterre, Guillaume fut naturellement appelé à Cantorbéry pour relever le choeur de la cathédrale.

2. Bien que Serlio s.oit étranger, il m'a semblé qu'il était impossible d'exclure d'un dictionnaire des architectes français un artiste qui a travaillé longtemps en France avec honneur, en qualité d'architecte du roi. Sans doute d'autres artistes italiens auraient, en apparence, les mêmes titres à figurer ic-f, et l'on pourrait d'abord citer Joconde; mais Joconde ne nous est guère connu que de nom. Quant à Rosso, Primatice et Délia Robbia, bien qu'ils aient occupé chez nous des positions considérables en qualité de surintendants ou d'inspecteurs généraux des bâtiments royaux, comme ils n'étaient architectes que'de nom, il n'y a pas place pour eux dans ce livre.

architecte. Il paraît avoir séjourné longtemps dans cette dernière ville ; il l'habitait encore en 1 5 14 et était logé, en qualité de peintre, dans le couvent des Servîtes. De Pesaro il se rendit à Rome, et se lia avec l'architecte Balthazard Peruzzi, dont il devint l'élève; puis il se dirigea sur Venise, où il fut bientôt en relation avec Sansovino, SanMicheli, Titien, etc. Il donna dans cette ville les dessins d'un plafond de la bibliothèque de Saint- Marc, que lui avait demandés le doge André Gritti et qu'il a reproduits dans leIV« livre de son œuvre. Ce plafond fut détruit peu après par un incendie. Il fit aussi à Vicence, vers la même époque, un Théâtre en bois, qu'il nous a fait connaître également par la gravure. A Vérone il mesura l'amphithéâtre, les arcs de triomphe et les ponts. Il parcourut ensuite l'Istrie et la Dalmatie, rentra en Italie par Ancône, visita toutes les villes de l'Ombrie, et se trouvait de retour à Rome en i532. En 1537 il était retourné à Venise , où il publia le IV^ livre de son grand ouvrage : « Regole generali di architettura », lequel fut réimprimé en i539, 1640 et 1544. Serlio vint en France vers 1640 '. On croit que dès son arrivée à Paris il fut en concurrence avec Lescot pour la reconstruction du Louvre , mais ce fait n'est rapporté que par Germain Brice et sans preuves. En 1541 , le peintre italien Rosso, qui dirigeait les travaux du palais de Fontainebleau, s'étant empoisonné, le roi lui donna pour successeur Primatice, un autre peintre, mais en s'empressant d'adjoindre à ce dernier un véritable architecte, Sébastien Serlio 2. Son traitement fut fixé à 400

1. Il était accompagné de sa femme, Françoise Pallaude, et de ses enfants, qui étaient nombreux : toute la famille fut logée, à Paris, au palais des Tournelles. (Œuvr. de Serlio, VII^ livre.)

2. Voici l'ordonnance portant sa nomination : « Françoys, par la grâce de Dieu, Roy de France, nous voulons et vous mandons que des deniers qui vous seront par nous ordonnez, pour convertir au

livres par an. Dans d'autres lettres patentes du 5 janvier 1642, il est spécifié qu'on lui payera en outre, à raison de « 20 sous, les journées qu'il pourra vacquer à la Visitation des autres ediffices et bastiments que nous lui avons, dit le roi, verballement commandé visiter aucune fois )>. Il est difficile de savoir exactement à quelles parties du palais de Fontainebleau se rattache le nom de Serlio ; cependant il paraît indubitable que tous les travaux d'architecture exécutés de 1640 à 1647 par Primatice furent l'œuvre du célèbre architecte bolonais. Malheureusement les écrits de Serlio ne peuvent rien nous apprendre à cet égard, car il ne parle jamais de lui et de ses œuvres qu'avec une grande réserve et une extrême modestie. On lui attribue toutefois l'aile de bâtiment avec double rampe adossée au vieux château, dans la cour des Fontaines; un « portail fortifié » qui donnait entrée au château, et qui fut démoli lors de l'aménagement de la cour du Cheval- Blanc. Les anciens Bains de François P'' lui sont également attribués, mais avec plus d'exactitude, au moins pour le rez-de-chaussée avec façade adossé au pavillon qu'on trouve à droite en entrant dans la cour du Cheval-Blanc. Serlio a préludé là, dit M. Charvet, au genre rustique dont il fut le créateur. Dans son livre VII, Serlio donna les plans d'une maison qu'il aurait faite à Fontainebleau; peut-être s'agit-il de l'hôtel dit

fait de votre conmission de nos dits ediffices et bastiments du dict Fontainebleau, vous payez doresnavant par^chacun an, à commencer au premier de janvier prochainement, à nostre cher et bien ain^é Bastiannet Serlio, paintre et architecteur du pays de Bologne-la- Grasse, la somme de 400 livres que nous lui avons ordonnée et orxlonnons par ces présentes, pour ses gages et entretenemens en nostre service, par chacun an, à cause de son dict estât de nostre painctre et architecteur Qrdinaire au faict de nos dicts ediffices et bastiments au dict-Fontainebleau, auquel nous l'avons pour ce retenu. » (De Laborde, Renaiss. des arts?

du « Grand Ferrare», qui est indiqué dans les plans deDorbay [Chalcographie du Louvre). Cette habitation fut acquise, en i6o3, du duc de Guise^ à qui elle appartenait alors, par Henri IV. Sa porte existe encore : c'est celle que Serlio a donnée dans son VP livre « Extraordinario libro » publié à Lyon. Serlio passe pour avoir pris part aux travaux du château de Saint-Germain en Laye*, Félibien, dans ses Entretiens^

s'exprime ainsi à ce sujet : « Si nous considérons ce que

Serlio a fait à Fontainebleau, dans la cour de l'Ovale et au vieux château de Saint-Germain en Laye, nous pourrons faire avouer que les Italiens n'étaient pas plus savants que les François w Mais Félibien a négligé de dire en quoi consistait la part quelconque de collaboration de notre artiste à Saint-Germain '. Avec le règne de François P^ finit celui des

I. M. Charvet, dans son excellente étude sur Serlio, se refuse à voir, dans l'illustre artiste dont il s'est fait le biographe, l'architecte ou l'un des architectes du château de Saint-Germain; il oppose à l'assertion de Félibien un passage de Du Cerceau {Les plus excellents bastiments) où le célèbre graveur nous dit que François l^^ fut tellement attentif à cette construction « que l'on peult presque dire qu'aultre que luy en fust l'architecte ». J'en demande pardon à M. Charvet, mais l'autorité qu'il invoque me paraît bien insuffisante. En effet, qu'oppose-t-il au dire formel de Félibien? Une de ces flatteries de cour, sans conséquence, comme les poëtes et les artistes en adressaient et en adressent encore aux grands de la terre, mais dont personne n'est ordinairement dupe, pas même ceux qui en sont l'objet. Que M. Charvet, en sa qualité d'architecte et de savant, nie la participation de Serlio à la construction de l'édifice dont il s'agit, je l'admets parfaitement; cette opinion, bien que discutable, a sa valeur, puisqu'elle est celle d'un homme compétent. Mais que M. Charvet croie avec Du Cerceau, — qui ne l'a certes jamais cru, — que le roichevalier ait pu être son propre architecte dans une œuvre d'art de cette importance, cela m'étonne de la part d'un homme qui connaît bien les difficultés d'une pareille tâche. M. Charvet ajoute que, d'ail- II 35

artistes italiens. Philibert De l'Orme devint inspecteur gcnéral des bâtiments royaux, et Serlio, qui n'avait de raison d'être à Fontainebleau que comme complément de Primatice , dut disparaître avec ce dernier. Il partit bientôt pour retourner en Italie et, chemin faisant, s'arrêta à Lyon, déjà vieux, goutteux et pauvre. Pendant les quelques années qu'il séjourna dans cette ville, il fît un projet de « loge pour les marchands » et

leurs, « il n'y a rien d'absolument italien, dans cette construction que les couvertures en terrasses ». Mais si, comme M. Charvet l'a remarqué lui-même, les artistes italiens qui vinrent en France sous François 1" eurent à cœur d'adopter la « manière française », il est assez naturel de ne pas trouver là une manière absolument italienne, qui eût été, en effet, un non-sens. Au surplus, ces « couvertures en terrasses » ne sont pas, dans la structure du château de Saint-Germain, le seul indice d'une influence italienne; à ces terrasses il faut ajouter les balustrades, qui en sont, il est vrai, la conséquence, et les entraits ou tirants de fer qui relient les murs de face au deuxième étage en traversant le vide des appartements. Ces tirants sont bien italiens; on les retrouve partout en Italie, même dans les églises : quand ils ne sont pas en fer, ils sont en bois. Un architecte français de cette époque eût renforcé les points portants de ses façades, sinon par des contre-forts franchement accusés, au moins par des pilastres saillants ou des colonnes engagées; il n'eût pas maintenu l'écartement des murs d'un château royal par un aussi brutal expédient, par ces affreuses barres de fer qu'on ne retrouve d'ailleurs dans aucun des monuments de la Renaissance analogues à celui-ci. Contrairement donc à M. Charvet, je suis disposé à croire que Serlio a coopéré dans une certaine mesure au château de Saint-Gernpain. Le témoignage de Félibien, à cet endroit, ne me paraît pas tant à dédaigner que M. Charvet veut bien le dire; Félibien, qui écrivait en 1672, n'était guère séparé que par un siècle de l'époqife où Serlio termina sa carrière, et la tradition devait être encore dans toute sa vérité. Indépendamment de la tradition, l'historien des artistes eut d'ailleurs très-probablement à sa disposition des documents positifs qui nous manquent aujourd'hui. Quant aux appréciations du Félibien critique, je les abandonne très-volontiers à M. Charvet.

s'occupa de la publication de ses ouvrages. En i552, il prêta son concours à l'administration municipale pour Pentrée solennelle du cardinal de Tournon, archevêque de Lyon. Il reçut, à cette occasion, 12 écus d'or au soleil pour ses honoraires •. Serlio retourna à Fontainebleau vers i553, et y mourut vers la fin de i554. (L. Charvet, Sébastien Serlio.)

SERVANDONY (Jean-Nicolas), né à Lyon ^ en 1695 ou 1696, mourut à Paris le 19 janvier 1766 ^. Il passa

1. Ces honoraires furent ordonnancés ainsi qu'il suit : « Est passé mandement à Messire Sebastiano Bolonyesi, ytalien ingénieulx, de la somme de douze escuz d'or au soleil (384 fr. de notre monnaie actuelle), de laquelle luy a esté faict don et présent en faveur des vaccations par lui faictes pour l'entrée de Monseigneur le reverendissime cardinal de Tournon, arcevesque de cette ville, à son premier et joyeulx advenement en la sd. ville. » (Délibération du jeudi 24 novembre i552.)

2. Servandony se disait Florentin, mais il paraît qu'il s'était dénationalisé pour cacher son origine modeste. Mariette (Abecedario) tenait d'un certain Dumont le Romain, avec qui Servandony avait été intimement lié à Rome, que ce dernier était fils d'un voiturier qui conduisait les voyageurs de Lyon en Italie. Afin de mieux dépister les curieux, Servandony s'était débarrassé du nom de son père; s'il en prit un autre à désinence quasi italienne, c'est que, à cette époque d'engouement pour l'Italie, il comprit qu'il y avait là, pour lui, un premier élément de succès. C'est à tort, toutefois, que le nom de Servandony est ordinairement orthographié avec un î pour lettre finale ; c'est par unj^ que le nom de cet artiste doit se terminer; j'en ai la preuve dans sa signature autographe que je possède.

3. Voici une copie de son acte mortuaire : « Le 20 janvier (1766) a été fait le convoi, service et enterrement dans l'église de M. Jean- François Servandoni, chevalier de l'ordre sacré et militaire du Christ, architecte du Roy et de son Académie, décorateur de S. M. Polonaise, mort la veille, place Saint-Sulpice, âgé de soixante-dix ans;

quelques années de sa jeunesse en Italie, où il étudia, dit-il, la peinture sous J. P. Panini, le peintre des paysages et des ruines, et Tarchitecture avec Jean-Joseph Rossi. Il revint en France vers 1724, et obtint, en 1728, la direction des décorations de l'Opéra de Paris, qu'il conserva pendant dix-huit ans. En 1781, il fut admis à l'Académie de peinture. L'année suivante, un concours ayant été ouvert pour Térection du portail de Téglise Saint-Sulpice, il prit part à ce concours et y remporta le premier prix. La mise à exécution de son projet ayant eu lieu immédiatement, ce grand ouvrage fut terminé en 1 745. Toutefois il paraît qu'il échoua dans la composition des tours, ou du moins qu'il ne parvint point, pour ces ouvrages, à satisfaire le curé et les marguilliers de la paroisse. On lui doit aussi la tribune des orgues et Tancienne décoration de la chapelle de la Vierge. Après une absence de quelques années emplo3^ées à diriger des fêtes dans presque toutes les cours de T Europe, Servandony reparut à Paris en 1 764, pour élever un arc de triomphe à la gloire de Louis XV. En 1755 il fut appelé à la cour du roi de Pologne , Électeur de Saxe, où il fit les décorations de TOpéra d'Aétiiis. Ses succès lui valurent un traitement annuel de 2,000 francs et le titre d''architecte décorateur du roi. Les autres ouvrages de Servandony sont, à Paris, la principale porte d'entrée de l'hospice de r Enfant- Jésus, rue de Vaugirard-, une chapelle en forme de rotonde à Thôtel de la Live, rue Neuve-de-Luxembourg; Tescalier de l'hôtel d'Auvergne, rue de l'Université; une fontaine en forme de demi-coupole dans le cloître de Sainte- Groix-de-la-Bretonnerie. A Vaugirard, il construisit la «maison

témoins, M. Jean Mancarré, agent général des loteries, M. Louis Lemit, élève d'architecture et de peinture, et M. Charles Bernardy, qui ont signé. »

des Champs » des prêtres de la communauté de Saint-Sulpice-, à Genneviliiers , près Paris, il fit une glacière monumentale dans le parc du maréchal de Richelieu. On cite encore au nombre de ses œuvres le grand autel à baldaquin de la cathédrale de Sens ( 1742) ; le maître-autel de Péglise des Chartreux, à Lyon-, réglise de Coulanges- la -Vineuse, en Bourgogne. Il laissa un fils, architecte comme lui, qui alla s'établir à Bruxelles '. (Dargenville, Vie des Arch.— Mariette, ^^ecedario. — Jal, Dict. crit. — Rens. part.)

SIMON (Claude). En 1701, De Cotte ayant fourni les plans du beffroi de l'Hôtel de ville de Lyon, Claude Simon, architecte du roi, fut chargé de l'exécution des travaux. (T. Desjardins, Monogr. de l'Hôtel de v. de Lyon.)

SIMON DU MANS. Il y a lieu de croire que cet architecte fut un des principaux aides d'Etienne de Mortagne dans la construction de la cathédrale de Tours. Peut-être succédat-il à ce dernier. Il vivait dans la seconde moitié du XIIP siècle. Il est nommé dans une charte du 19 octobre 1279, citée

I. Servandony, mauvais administrateur de sa fortune, a dû mourir dans un état voisin de la misère. Au salon de 1765, un an avant sa mort, il avait exposé deux petits tableaux de ruines et deux dessins qui lui valurent de Diderot, en sus de beaucoup d'éloges, Véreintement suivant que les critiques d'aujourd'hui n'oseraient pas se permettre : « Ce Servandoni est un homme que tout l'or du Pérou n'enrichirait pas. C'est le Panurge de Rabelais, qui avait quinze mille' moyens d'amasser, trente mille de dépenser. Grand machiniste, grand architecte, bon peintre, sublime décorateur, il n'y a aucun de sestalents qui ne lui ait valu des sommes immenses; cependant il n'a rien, et n'aura jamais rien. Le Roi, la nation, le public, ont renoncé ■ au projet de le sauver de la misère. On lui aime autant les dettes qu'il a que celles qu'il ferait. »

par A. Salmon dans les Archwes de Vart français. (Grandmaison.)

SIMONNET fut admis à l'Académie d'architecture en 1735, et mourut en 1742.

SOBRE a élevé à Paris, dans les premières années de ce siècle, le théâtre des Jeunes-Artistes, aujourd'hui détruit. En 1 798 il modifia la disposition intérieure de l'hôtel de Saint- Foix, bâti rue Basse-du-Rempart par Brongniart. En 1791 il construisit, en collaboration avec Happe, la maison Batave, rue Saint-Denis, à Paris. (Legrand et Landon.)

SOHIER (Hector), né à Caen dans le XV^ siècle, participa, en i52i, à l'achèvement de l'église Saint- Pierre de cette ville ; c'est à lui qu'on doit la construction de l'abside, celle des voûtes du choeur et, sinon des deux bas-côtés, au moins de celui du sud. (Ed. Frère, Bibliogr. norm.)

SOISSONS (Jean de), dit aussi de DAMAS, visita en i5o9, ^^ mois de juillet, avec Jean Bailly, son neveu, Jean Oudot, Pierre de la Caille et Simon Mauroy, charpentier, l'église Saint- Jean de Troyes \ cette expertise fut ordonnée « à cause que le dit maistre Grand Jehan, maçon, disait que besoing estoit de abattre le petit clocher, les haultes et basses voltes ». Il fut donné à « chacun d'ic^ulx pour leurs peines et salaires, cinq sols, et pour le disner d'iceulx en lostel de Ihomme sauvage, 2 sous 3 deniers ». Jean de Soissons, arrivé à Troyes en i5o8, en compagnie' de Martin Chambiges, son beau-père, qui était alors l'architecte en chef des travaux de la cathédrale, avait la direction de ce chantier en l'absence du maître. En i5i9 il succéda à Chambiges, et son salaire fut porté à 40 sôus par semaine, quel que fût le nombre des jours de tra-

vail. Il recevait en outre une pension annuelle de 12 livres. Jean de Soissons mourut à Troyes le 21 décembre i53i ; il eut pour successeur son gendre Jean Bailly. (Grosley, Éphém. — Assier, Compt. de lafabr. — Pigeotte, Cath. de Troyes.)

SOLMINIAC (Alains de) reconstruisit en partie Téglise de Chancelade (Dordogne), qui datait des XIP et XIV^ siècles et qui fut détruite au XV^ par les religionnaires. {Bull, monum.., t. I.)

SOMMIERE (Barthélémy de), architecte de Charles V, travaillait pour ce prince au château de Melun ( Seine-et- Marne) en i36o. Le 1 1 juillet de cette année il reçut « six vins royaux d'or pour la bonne diligence qu'il a mis et met es grans travalz quil a souffert et sueffre de jour en jour pour les œuvres de maçonnerie du chastel de Melun». {Bull, archéol.., t. III.)

SOQUETI éleva, avec Alveringe, en 1477, le portail de la cathédrale d'Aix. Ce dernier exécuta la partie basse de la façade jusqu'aux apôtres, Soqueti fit le reste. (L'abbé Maurin, Saint-Sauveur d''Aix.)

SOUDAN (Henri). — V.BRUXELLES (Henri de).

SOUFFLOT (Jacques-Germain), né à Irancy, près Auxerre, en 1709 ', partit vers l'âge de dix-neuf ans pour

I. Les biographes ne sont pas d'accord sur la date de la naissance de Soufflot. Le Nécrologe des hommes célèbres le fait naître en 171 3, et D. Chaudon (Dicf . hist.) en 1714. D'un autre côté, si l'on en croyait la légende d'un portrait de Soufflot dessiné par Cochin et gravé par

28o DICTIONNAIRE

ritalie.A Rome il connut le duc de Saint- Aignan, ambassadeur de France, qui lui fit donner une place de pensionnaire à

Laurent Cars en lySy, notre architecte aurait vu le jour dès 1694. Aucune de ces dates n'est la vraie. Cette dernière, d'ailleurs, est impossible, si l'on considère qu'au mois de février 1785, Wleughels, directeur de l'Académie de France à Rome, écrivait au duc d'Antin, alors surintendant des bâtiments : « Soufflot, tout jeune qu'il est, a beaucoup de mérite en architecture, et il y a lieu de croire qu'il ne fera pas déshonneur à l'Académie » (G(3!f. des beaux-arts, sept. 1869). En effet, si Soufflot avait eu alors quarante et un ans, Wleughels ne l'eût certes pas trouvé si jeune. Quant aux dates de 171 3 et 1714, elles sont peu probables, et voici pourquoi. D'une notice historique sur le célèbre architecte, écrite par Adry et dont je possède le manuscrit original, il résulte que le jeune Soufflot, après avoir terminé à Paris ses études classiques, rentra au foyer paternel, y passa un certain temps, puis, poussé par la vocation, s'enfuit un beau jour pour aller à Lyon étudier l'architecture. Or, non- seulement il prit le temps de faire dans cette ville son apprentissage d'architecte, mais il trouva plus tard celui de s'y livrer à un travail fructueux afin d'amasser l'argent nécessaire pour entreprendre le voyage d'Italie. Combien de temps Soufflot dut-il séjourner à Lyon, on ne saurait le dire; mais ce qu'on peut considérer comme certain, c'est qu'il devait avoir plus de vingt ou vingt et un ans lorsqu'il entra, en 1734, à l'Académie de Rome. D'un autre côté, Adry nous apprend, par sa notice, qu'après avoir passé trois ans à Rome, Soufflot visita l'Asie Mineure et revint à Lyon en 1737, où il bâtit non-seulement l'église des Chartreux, mais l'Hôtel-Dieu! Est-il croyable qu'un jeune homme de vingt-trois ou vingt-quatre ans ait pu être chargé de4ieux édifices de cette importance? Ces invraisemblances me préoccupaient depuis longtemps, lorsque le hasard me mit sous la main les Archives de V Yonne, pubUées par M. Quantin ; j'y fis immédiatement des fouilles et je fus assez heureux pour y trouver cet extrait du registre des baptêmes de la commune d'Irancy : « L'an 1709, le 5 du mois de janvier, a été baptisé Jacques-Germain Soufflot, fils d'honnorable homme Germain Soufflot et d'honnête femme Anne Rojot ». Soufflot est donc de 1709; aucun doute ne peut plus subsister à cet égard.

l'Académie. Après trois années d'études et un voyage en Asie Mineure, Soufflot, ayant appris que les Chartreux de Lyon voulaient faire reconstruire leur église, envo3^a à ces religieux un projet qui fut accepté avec empressement et bientôt mis à exécution. Il éleva dans la même ville, en i737,rHôtel-Dieu, la Loge du Change (terminée en 1749), aujourd'hui temple des protestants-, une salle de spectacle construite dans le jardin de THôtel-Dieu (de 1754 à 1756) et une salle de concert. Pendant le cours de ces travaux, Soufflot, étant revenu à Paris, fut admis à TAcadémie d'architecture le 26 novembre 1749. L'année suivante, le marquis de Marigny, désigné pour la surintendance des bâtiments du roi, lui proposa, ainsi qu'à Cochin et à l'abbé Leblanc, de l'accompagner en Italie. Il suivit le marquis jusqu'à Rome, mais ses travaux et surtout sa santé l'obligèrent à hâter son retour en France. Il s'arrêta de nouveau à Lyon et y construisit plusieurs édifices privés, puis revint à Paris. En l'jSb, il succéda à L'Assurance jeune comme contrôleur des travaux de Marly, et peu après il fut appelé au contrôle de Paris, devenu vacant par la mort de D'Isle. En 1758 il commença la construction de l'église Sainte- Geneviève , à Paris % et poursuivit l'exécution des travaux jusqu'à la naissance du dôme. En 1767 il obtint le cordon de Saint-Michel, et lorsqu'en 1776 on supprima les charges de grands contrôleurs généraux, il fut nommé intendant général des bâtiments du roi. Les travaux les plus re-

I. Cette date n'est guère que celle de la prise de possession du terrain, car la pose de la première pierre du monument par Louis XV n'eut lieu que six ans plus tard, le 6 septembre 17G4. Le roi était accompagné du Dauphin, de M. de Marigny, de Gabriel et de De Coite; c'est ce dernier qui présenta au souverain les médailles qui devaient être déposées sous la première pierre. (Bachaumont, Mém. sec.)

marquables de Soufflot sont, après Téglise Sainte-Geneviève, l'École de Droit, sur la place du Panthéon; le Trésor et la grande sacristie de Notre-Dame de Paris ( 1 756) 1 -, la fontaine de TArbre-Sec, construite sur remplacement de l'ancienne Croix du Trahoir ( 1775) ~ \ la maison du duc de Lauzun, au Roule (ancienne banlieue de Paris^ ; le guichet de Marign}', qui existait sous la grande galerie du Louvre *, les vingt pavillons servant de boutiques élevés sur les demi-lunes des piles du Pont-Neuf et qui furent détruits en 1854. Il fit en outre exécuter sur ses dessins, à Ménars, près Blois, l'orangerie du château \ à Chatou, près Saint-Germain en Laj^e, un château pour Bertin, ministre de Louis X\T, lequel château était élevé au milieu d'un parc orné de grottes et de pièces d'eau, et près d'une terrasse bordant la Seine ; au Mans, l'église de la 'V^isitation. Soufflot mourut à Paris, dans les bras de son ami l'abbé de rÉpée, le 29 août 1780 ^. Ses restes furent exhumés en

1. Cette sacristie, saccagée et détruite en i83i, était située sur le flanc méridional de la cathédrale de Paris, entre la chapelle de saint Pierre, martyr, et celle de saint Denis et saint Georges.

2. Le programme donné prescrivait à Soufflot de combiner avec cette fontaine un logement destiné à recevoir les juges pendant les exécutions. En effet, non-seulement les faux monnayeurs étaient pendus à la croix du Trahoir, mais on y faisait aussi d'autres exécutions quand la place de Grève était embarrassée. Le grand conseil avait le droit d'y envoyer ceus^ que ses arrêts eh matière criminelle avaient condamnés à des peines afflictives.

3. C'est à tort que la plupart des biographes le font mourir en 1781 ; Soufflot mourut en 1780. La fheilleure preuve qu'on en puisse donner, c'est une copie de son acte mortuaire : « Le dit jour (3i août 1780), enterrement de Jacques-Germain Soufflot, chevalier de l'ordre du Roy, architecte et intendt général des bâtiments de S. ^L, honoraire associé de l'Acad. Roy. de peinture et sculpture, contrôleur général des bâtiments de la ville de Lyon, garçon, âgé d'environ

1829 et déposés dans les caveaux de son église Sainte- Geneviève. Il fit lui-même son épitaphe en quatre vers qu'on trouve au bas d'un de ses portraits :

Pour maître dans son art il n'eut que la nature; Il aima qu'au talent on joignît la droiture. Plus d'un rival jaloux qui fut son ennemi, S'il eût connu son cœur, eût été son ami.

Soufïïot a laissé plusieurs ouvrages qui ont été publiés : 1° « Suite de plans, coupes, profils, élévations géométrales, et perspectives de trois temples antiques, tels qu'ils existaient en lySo à Pestum , mesurés et dessinés par J.-G. Soufïïot et mis au jour par G. -M. Dumont en 1764. » — 2° « Œuvres ou recueil de plusieurs parties d'architecture de J.-G. Soufflot. » Paris^ ij6j. 2 vol. gr. in -fol. orné de 23o pi. (Thiéry. — Roquefort. — Abel Goujon, Hist. de Saint-Germain en Laje. — Adry, Notice mss. — Jal, Dict. crit.)

SOUFFLOT LE ROMAIN, neveu du précédent, construisit à Paris , sur le boulevard Montmartre , l'hôtel Montholon. (Thiéry.)

SOUFFRON (Pierre) , sieur de LA MAISON, architecte et sculpteur, était d'origine italienne- son véritable nom,

soixante-sept ans (il en avait 71), décédé cour de l'Orangerie aux Tuileries; en présence de J" André Soufflot, négociant à Auxerre, son frère, de M. Etienne René Maignan de Champ-Romain, avocat au parlement, son beau-frère, de M. Germain-André Soufflot, bachelier en droit, intéressé dans les affaires du Roy et de M. André- Etienne Maignan de Champ-Romain, avocat au parlement, ses neveux. » Cet acte est signé des personnes dénommées ci-dessus, ainsi que de Cauchois, Soufflot fils, Grattel, Nas Cauchois, Vernet (Joseph), Chapeau, curé. Autre preuve : le cabinet de Soufflot fut vendu en 1780, ainsi que le porte le catalogue de ce cabinet.

qu'il francisa, était Suflroni. Il naquit à Auch et devint consul de cette ville. Ses œuvres principales datent des premières années du XVIP siècle-, ce sont, à Auch, le chevet et l'autel du chœur de Sainte-Marie (la cathédrale)-, le maître-autel de la chapelle du Collège; la porte de l'ancienne église des Carmélites, Ses premiers travaux remontent à la fin du XVP siècle. En 1597, il fut appelé à Toulouse pour achever le pont de Saint-Subra (Saint-Cyprien), commencé en 1643 par Nicolas Bachelier et continué par son fils Dominique. Il eut pour collaborateur dans la direction de ces travaux Dominique Capmartin. Le pont fut terminé en 1601, époque à laquelle Souffron retourna à Auch, oij il obtint le titre et les fonctions de « maistre architecte de l'église de Saincte-Marie ». (Lafforgue, Art. en Gascogne.)

SOULIGNAC (Gabriel de). Dans V Inventaire sommaire des archives de la Manche , pubHé par M. Dubosc, on trouve l'article suivant : « Tournée de maître Gabriel de Souiignac, architecte, en plusieurs lieux du comté de Mortain. » 11 visite Tauditoire, la geôle, les cachots, le logement du geôlier, l'hermitage du Rocher, Tabbaye de Moutons et la pierre dont on prétend faire la chaux. « Il s'y en pourra trouver propre pour cet effet, mais le sieur Gabriel n'ayant point trouvé les ouvriers sur les lieux, n'apu traiter avec eux et voir comme ils prétendent la cuîre et ou ils croient prendre le bois ». Gabriel de Soulignac était établi à Paris, d'où il fut envoyé pour faire cette inspection de bâtiments appartenant à M"^ de Montpensier -, il était donc l'architecte de cette princesse.

SOYER. Le monument élevé par Charles VII, sur le pont d'Orléans, à la mémoire de Jeanne Darc, a3^ant été déplacé en 1746, lors de la reconstruction de ce pont, on fit, de' 1771 à 1776, à l'embranchement des rues Nationale

et de la Vieille -Poterie, la restauration de ce monument, lequel consistait en plusieurs grandes figures de bronze. Le piédestal destiné à recevoir ces figures fut érigé par l'architecte Soyer. (De Buzonnière, Hist. d'Orl.)

SPIEGEL (Jean), un des maîtres d'oeuvres de la ville de Strasbourg, paraît avoir rempli ces fonctions de lôSg à 1.S47. Il eut pour successeur Michel de Zeitz. (Schnéegans, Maîtres cPœuvres.)

SPISSEKIN (Jean), l'un des architectes de la « duchesse de Bavière, comtesse de Hainaut et de Hollande ». En 1 441, il était commis et « chargié de deviser et prendre regard sour les ouvraiges w que cette princesse faisait exécuter en sa chapelle de Sainte -Marguerite, au Quesnoy. A la date du i" juin de cette année, il délivra un certificat pour payement au profit de Jean Mansigant, briseur de pierre, « et ossi a ung autre appelé Jehan Bosquillon, tailleur de gries ». (De Laborde, Ducs de Bourg.)

STABILY (Jean - Baptiste de), surintendant des bâtiments et fortifications du duc de Lorraine, donna les dessins de la chapelle ducale dans Téglise des Cordeliers de Nancy. (Lionnois.)

STÉENE (Gilles de), religieux de l'ordre^de Cîteaux, neuvième abbé de Notre-Dame des Dunes, vivait au XIIl'^ siècle. Il succéda à Amélius comme architecte des travaux de reconstruction de son monastère, commencés en 12 14 par Pierre, septième abbé du lieu. G, de Stéene travailla cinq ans à cette église, et se démit ensuite de ses fonctions pour finir sa vie dans la solitude-, les travaux commencés par lui furçnt

continués par Salomon de Gand, son successeur. [Fland. illustr.)

STEINBAGH (Erwin de), ainsi nommé de la petite ville du margraviat de Bade où il est né, a donné les plans et dirigé la construction du portail occidental et de la tour de la cathédrale de Strasbourg. Cette œuvre fut commencée en 1277, ainsi que le dit l'inscription suivante qu'on lisait encore, il y a deux siècles, au-dessus de la grande porte de cette église :

ANNO. DOMINI. MCCLXXVII. IN. DIE. BEAT! URBANl. HOC. GLORIOSUM. OPUS. INCOHAVIT MAGISTER. ERVINUS. DE. STEINBAGH.

Steinbach paraît avoir travaillé pendant quarante et un ans , c'est-à-dire jusqu'en i3i8, époque de sa mort, à la cathédrale de Strasbourg, mais sans pouvoir achever son œuvre, qui fut continuée par son fils Jean. On a conservé l'inscription tumulaire d'Erv^^in ; elle est ainsi conçue : « Anno Do. Mcccxviii. XVI. kal. februarii, obiit magister Ervinus , Gubernator fabricœ ecclesiae Argitinensis ». (Félibien. — Grandidier, Égl. de Strasbourg. — Schweigheûser, Descript. nouv. de la cath. de Str.)

STEINBAGH (Jean de), fils du précédent, succéda à son père en i3i8 comme architecte de la cathédrale de Strasbourg. Le portail occidental, élevé par Erv^^in jusqu'à la hauteur du deuxième étage, fut continué et achevé par Jean. A la mort de ce dernier, en iSSg, on abandonna le projet du premier Steinbach, et le portail, qui devait être considéré comme terminé, reçut le nouvel étaje qui relie les tours entre elles.

STERBEGQUE (Jean). En 1471 il prit part aux déli-

bérations d'un conseil d'architectes, lesquels avaient été convoqués pour donner leur avis sur les modifications à apporter dans la forme du clocher, alors en cours d'exécution, de la cathédrale de Saint-Omer. Ces artistes décidèrent que sur chacune des faces de ce clocher il serait établi un arc en pierre dure reposant sur les gros piliers d'angle de la tour. (Valette de V., Saint-Omer. — Deschamps de P., Saijit- Omer.)

SUYS (T. -F.), directeur de la classe des beaux-arts de l'Académie de Belgique, architecte honoraire du roi, vint à Paris en 1807, et fit ses études à l'Ecole des beaux-arts, sous la direction de Percier. Il remporta, en 1812, le grand prix d'architecture sur ce sujet de concours : « Une maison hospitalière ». A son retour d'Italie, il fut nommé architecte de Guillaume P'^et plus tard du roi Léopold. On lui doit plusieurs éghses cathohques élevées en Hollande. A Bruxelles, il a tracé le quartier Léopold et construit le pavillon Casaux, l'hôtel d'Arembert, l'église Saint- Joseph, la porte d'Anvers, etc. Il publia en 1818, avec Haudebourt, le Palais Alassimi , à Rome^ et seul le Panthéon de Rome (2 vol. in-foL). [Galette des Beaux-Arts ., ann. 1861.)

SYMON fut maître des œuvres royaux de la sénéchaussée de Beaucaire et de Nîmes. En 1447 il visita le pont Juvénal, à Montpellier, conclut à sa reconstruction partielle et donna le devis descriptif des travaux à y exécuter. Il accompagna les consuls de la même ville dans une visite qu'ils firent « aux tours et aux portails » pour juger de la nécessité de leur réparation. (Renouvieret Ricard.)

2 88 DICTIOWAIRE

TABAGET (Guillaume) fut Tarchitecte du jubé de l'église abbatiale de Saint-Bertin. Le devis de ce jubé, passé en 1619 entre cet artiste et Guillaume Loemel, abbé de Saint- Bertin, moyennant la somme de 23,i5o florins, a été retrouvé dans les archives de la ville d^Arras. [Rev. des Soc. sav.^ t. P--.)

TABOU RS (Jean aux), qualifié de « maçon du roi », certifie, en iSôg, que R. Cousin, carrier, a fourni la pierre nécessaire « pour fère les encorbellements et entablements de la tourelle et piliers des murs éligez et ordonnez a faire devers la tannerie », à Mantes ^. Il était, en iSyS, architecte du roi au bailliage de cette ville; voici le texte d'une petite charte qui le constate : « Saichent tous que je Jeh. aus Tabours, mestre des œuvres et massonneriez du roy notre sire ou bailliage de Mante, certiffie que Chardin de Louviers et Thomas Louvel, porteurs, ont porté dedens le fort de Mante vij muis de blé, venus de Noyon^ pour pris de chascun muy vj 1. vj d. parisis, et Michiel l'a baillé- y cellui blé mesuré au pris de xij d. pour chascun muy par marchié fait par md^ avecques eulx. Donné soubz mon scel le xv^ jour d'août l'an mil ccc lxxv » -.

1. Ce fait est emprunté à la pièce originale qui faisait partie de la collection Joursauvault, sous le n° 1241.

2. Cette charte, qui m'appartient, est sur parchemin et à simple qu'eue. Le sceau manque.

TANNEVEAU ou TANNEVOT (Michel) fut admis à l'Académie d'architecture en 171 7, et mourut en 1762. Il a élevé un pavillon dit « le Pavillon des Bois » , dans le château de Bagnolet, près Paris, pour le duc d'Orléans, fils du Régent. On lui doit aussi les hôtels Dervieux et Castanier, construits à Paris, rue des Capucines. (Hurtault et Magny.)

TARDIEU (Jean -Jacques) , élève de David Leroy, remporta, en 1788,^6 grand prix d'architecture, sur ce sujet de concours : « Un Trésor public ». Il obtint son brevet d'élève de l'école de Rome le i^'" novembre 1789.

TARISEL ou TARISSEL (Pierre), maître ' des œuvres de la ville d'Amiens, fut appelé, en 1476, à Noyon pour donner son avis sur les travaux à faire à la cathédrale de cette ville. Il déclara qu'il était indispensable de « retenir les voltes de la nef, lesquelles sont ouvertes et les arcs doubleaux rompuz et grevez en plusieurs lieux...., tellement que, qui n'y pourverra promptement , lesd. voltes sont en voie de brief cheoir, comme autrefoizfit l'une d'icelles voltes». Entre autres ouvrages de consolidation, il indiqua ceux à faire pour réparer la grosse tour et « remplir les crevasses ou il en est mestier, aultrement il en tumbera partie qui porrait faire grant dommage » En 1477, Louis XI l'emmena avec lui à Arras,

lorsqu'après s'être emparé de la ville il prit la résolution de la fortifier. De retour à Arhiens, il dressa le plan de la grosse tour de la Haye, travail auquel il employa dix jours et que la ville lui paya « à raison de x sols chaque ». En 1472, les anciennes murailles d'Amiens ayant été abattues par ordre de Louis XI, il fut chargé de faire les dessins de la nouvelle enceinte et de la porte de Beauvais, ainsi que ceux des tours de Guyencourt et du quai, et dirigea, en 1484, la construction du pont Saint-Michel de la même ville. Tarisel fut aussi l'un II. ^^

des architectes de la cathédrale d'Amiens, En 1488 il éleva le maître- autel de cette église; en 1490 il ferma Tentrée du chœur par un jubé, qui fut détruit en 1 765 -, en 1497 il prévint la ruine de Tédifice en établissant Tarmature en fer qui existe encore dans les triforium. La même année, sur la demande du chapitre, il fit, avec Colard de Haudrecies, le doyen du chapitre et plusieurs autres personnages, une visite générale de la cathédrale, et divers travaux furent jugés par eux nécessaires pour la consolidation de Pédifice. Une autre visite fut faite en i5o3, en présence de plusieurs chanoines et des architectes Nicolas Lesveillié et Jean Le Pruvost. On attribue à Tarisel la construction de Téglise Saint-Germain, à Amiens, ainsi que celle de l'église collégiale de Saint-Firmin-le-Confesseur dans la même ville -, il avait reconstruit la nef, les bas-côtés et le clocher de cette dernière église, aujourd''hui détruite. {Bull, de la Langue^ t. L — Dusevel, Rech. hist. — Goze, Rues d'Amiens. — Mélicocq, Art. du Nord.)

TAROUILLY (Paul-Marie Le).— V. LE TA- ROUILLY (P.-M.).

TASSIN (Nicolas). Cet architecte a construit le riche portail de Péglise des Carmélites , à Dijon , dont la première pierre fut posée en 1609. (Courtépée, t. IL)

TAVEL (Richard), architecte et peintre, né àLangres le 20 mars i588, mort en 1668, séjourna quelque temps à Lyon, où il a dirigé la construction de plusieurs édifices et laissé plusieurs tableaux. (Brégot du Lut et Péricaud.)

TEMPLE (Frankeleu, dit). — V. FRANKELEU.

TEMPLE (Raimond du). —V. DU TEMPLE (Raymond).

TESSART-MERLIN répara, en iSyô, le château de Nieppe. (A. Ghampollion, Doc. pal.)

TESSON (Mathias) construisit, en 1572, la porte de THôtel de ville d'Arras, celle voisine de la rue Vinocq. (D'Héricourt et Godin, Rues d'Arras.)

TÉTAZ (Jacques -Martin), né à Paris le 6 mars 1818, remporta, en 1844, le prix de Rome, sur ce sujet de concours : « Un Palais pour l'Institut ». On lui doit les écuries de Napoléon III, sur le quai d'Orsay, à Paris. Tétaz mourut à Paris le 16 octobre 1862.

TEXIER (Jean Le). — V. LE TEXIER (J.).

THÉODORIC, abbé de Saint-Trudon, vivait au XI« siècle. Il est cité comme ayant exécuté de grands travaux d'architecture, mais Thistoire ne dit pas quels furent ces travaux. (A. Ghampollion, Doc. pal.)

THÉROULDE (Thomas), l'un des architectes de l'église de Gaudebec. Dans un compte de i5oi à i5o6 il figure comme partie prenante pour une somme de « cent dix-huit sols tournois, pour le fait tant de l'édification de l'église de Saint- Ouen de Pont-Audemer que des fortifications et fontaines de la ville ». [Archiv. de l'art fr.^ Not. de M. Ganel.)

THIAG (Jean- Baptiste), d'une famille originaire de la Dordogne, exerçait, à la fin du siècle dernier, à Bordeaux, la profession d'architecte. Il était élève de Louis, et obtint tout jeune le prix de Rome au concours d'architecture institué par l'administration municipale de Bordeaux. Il passa plusieurs années en Italie. Thiac a laissé des mémoires sur la

profession d'architecte et de nombreux dessins. [Rev. de l'Arch., t. XX'V.)

THIAG (Joseph- Adolphe) , fils du précédent, né à Bordeaux au mois de décembre 1800, mourut dans la même ville en 1866. Il vint à Paris en 1820, entra à Tatelier de Lebas et se fit recevoir à TÉcole des beaux-arts. En 1824 il partit pour Rome, où il continua ses études, et retourna à Bordeaux en 1828. Il fut nommé, en i83o, architecte du département de. la Gironde. Les premiers édifices construits par lui, dans sa ville natale, sont le Palais de Justice (1839) et les prisons. Il compléta ensuite les bâtiments de la Gendarmerie, commencés par Poitevin. Plus tard, il reconstruisit Thôtel des Postes et restaura celui de la Préfecture. Parmi les autres édifices publics ou privés élevés par cet artiste, on cite, à Bordeaux, le Bazar bordelais, les maisons Bosc et Ezpeleta, ainsi que celle qu'il construisit pour son habitation -, Téglise et le couvent des Carmes. Aux environs de Bordeaux, il a construit le château de La Grange, le château de Giscours et celui de Puyveau. Il commença, en 1861, le collège des' Sourdes-Muettes- mais la mort ne lui laissa pas le temps d'achever cette dernière œuvre. {Rev. de l'Arch.^X. XXV.)

THIBAULT (Jean) semble avoir succédé à Jean Duchemin comme maître des œuvres du roi en Touraine. En 142 1, sa veuve, appelée Jeanne, li^^rait à la ville de Tours les « engins » exécutés par lui et en touchait le prix. Ces engins étaient des catapultes destinées à lancer de grosses pierres sur l'ennemi. (Grandmaison.)

THIBAULT (Jean - Thomas) , né à Montierender (Haute-Marne) en novembre lyôy, mourut à Paris en juin 1826. Il eut pour maîtres BouUée et Paris, et fut architecte

des palais de Neuilly, de la Malmaison et de l'Elysée. Appelé en Hollande à l'époque du premier Empire, il restaura le palais de la Haye et l'Hôtel de ville d'Amsterdam. A son retour en France, il fut élu membre de l'Académie des beauxarts et occupa la chaire de perspective à l'académie d'architecture. Thibault cultiva également la peinture de paysage -, il a laissé quelques tableaux, des aquarelles et plusieurs ouvrages sur la perspective. (Gabet, Dict. des Art.)

THIEDRICH (Jean) , l'un des architectes de la cathédrale de Metz. En iSyS, après la reconstruction de la tour de la Mutte, et lorsqu'il s'agit de refondre la cloche du même nom, il fut chargé de la direction des travaux exécutés pour réparer l'intérieur de la tour et améliorer le mode de suspension des cloches. Le temps employé par lui à ces travaux lui fut payé à raison de i6 sous par jour. (Bégin, Cath. de AIet{.)

THIERRY (Jean). Devenu en 1 3 80 maître de l'œuvre de la cathédrale de Troyes, Thierry répara cette année-là les voûtes de la chapelle de la Vierge. Au mois de novembre il faisait remplacer les vantaux de la grande porte de l'église , et l'année suivante il refit la piscine du chœur et entreprit le dallage. Associé à Michelin de Joncheri, il fit un plan de jubé. Dessiné d'abord sur parchemin, ce plan fut, selon le désir exprimé par les chanoines^ exécuté en grand, sur une aire préparée à cet effet dans les combles de la cathédrale. Les deux artistes travaillaient depuis trois mois environ à ce jubé, lorsque, vers le 27 octobre i382, un certain Henri de Bruxelles, venu de Paris, critiqua le projet de Thierry et Michelin, se posa en concurrent, proposa un nouveau plan et finit par le faire accepter. (Mém. de la Soc. des antig. ., Not. de M. Quicherat.)

THIERRY DE SIERGK, Pun des architectes de la cathédrale de Metz, succéda à Pierre Perrat, son maître, mort le 4 juillet 1400. Cest à lui que fut confiée l'exécution du monument funéraire de son prédécesseur. Ce monument^ encore debout dans la cathédrale messine, représente Perrat, la tête nue, les mains jointes et à genoux, sur une large console que soutient le buste d'un vieillard à longue barbe. Ce fut lui qui commença, au mois de juillet 1442, « la chappelle Saint-NicoUas en l'église parochialle de Saint-Eukaire en Mets, pour la quelle a faire Thiedrey le masson en oit la some de deux cens et lx 1. , avec la despouille d'une petite maison qui fut abatuë aud. lieu ». Il fit, en 1443, le Pont-aux-Loups, « devant Mets », lequel fut élevé aux frais du chevalier Nicole Louve. (Bégin, Cath. de Met:{.)

THIMART. Le 12 juillet i364, le chapitre de la cathédrale de Troyes conclut un marché avec lui pour « conduire les ouvrages de Téglise » , à raison de 3 gros et demi par jour en été, et 3 gros en hiver. ( Assier, Cojnp. de l'œuv.)

THIRIOT (Jean), architecte du roi, est inhumé dans réglise d'Hières, près Paris. [Rens. part.)

THOMACE ou THOMASSE (Colin) fut l'architecte de réglise Saint-Siffrein de Carpentras, dont la première pierre fut posée en 1404 par Artaud, archevêque d'Arles, ainsi que le dit l'inscription encastrée dans le mur méridional de cette église. Cette inscription, gravée en caractères gothiques, se termine ainsi : « magister /t ordinator hujus edificii

FUIT MAGISTER COLINUS THOMACII DE DINANT IN BRETANHA ».

Il mourut avant l'achèvement de son œuvre, mais toute la partie orientale de l'édifice lui est attribuée. (E. Andréoli, Monogr. de Végl. Saint-Siffrein.)

THOMAS fut Fun des architectes de la cathédrale de Troyes au XIV^ siècle. Le 12 juillet de Tannée i365, dans un marché passé avec lui par le doyen et les chanoines, il fut stipulé que Thomas , « masson de l'œuvre de Téglise de Troies et maistre de la dicte euvre )> , recevrait « pour chacun jour ouvrant » trois gros et demi en été , et trois gros seulement du jour de la Saint-Remy jusqu'au jour de Pâques. Il devait en outre continuer à jouir de la maison de Tœuvre et recevoir la robe qui lui était due « chascun an )>. (D^Arbois de Jubainville, Doc.)

THOMAS DE CAUDEBEC. En 1643, le portail de réglise de Lillebonne ayant été frappé par la foudre, on appela deCaudebecle « machon « Thomas, lequel fit un «: pourtraict » du nouveau portail et se mit bientôt à Tœuvre pour relever les ruines. Il existe entre le portail de Lillebonne et celui de l'église de Caudebec un air de parenté qui indique bien que le même architecte a dû travailler à ces deux édifices. (L'abbé Cochet, Les Églises.)

THOMAS GERMAIN. —V. GERMAIN (Thomas).

THOMAS DE METZ reconstruisit, en 1623, la chapelle Saint-Nicolas de la cathédrale de Metz, laquelle faisait pendant à celle de la Vierge. Le « petit maître Thomas le masson « , comme on l'appelait familièrement, mourut le 23 mai i63o. (Bégin, Cath. de Met:{.)

THOMON (Thomas de), né à Paris en 1756, mort à Saint-Pétersbourg en 18 14, fut architecte de l'empereur Alexandre et travailla beaucoup pour ce souverain. Ses principales œuvres à Saint-Pétersbourg sont le Grand -Théâtre impérial, le Magasin impérial des Suifs, la Bourse, le Temple

funéraire de Pawloski, destiné à recevoir les tombeaux de la dynastie impériale, la colonne Pultava et le théâtre d"Odessa. Thomon a laissé de belles aquarelles, qui sont conservées au Musée de l'Ermitage et dans plusieurs galeries particulières de Saint-Pétersbourg et de Moscou. (Dussieux, Art.fr.)

THOUVENIN. —V. PARIS (Jean).

THUMELOUP (Nicolas- Auguste), né à Sainte Denis (Seine) vers 1806, élève de Guenepin, obtint en 1834, à rÉcole des beaux-arts, le prix départemental. Il a construit un palais en Italie pour un comte milanais. Aj^ant été nommé, vers 1840, professeur d'architecture à TÉcole centrale des arts et manufactures, Thumeloup consacra le reste de sa vie à l'enseignement. Il publia en 1842 : « Leçons élémentaires d'architecture, ou aperçu sur les proportions des portes, des fenêtres et des arcades, d'après les édifices antiques et modernes, etc. »

I vol. in-8°, avec atlas in-4°. Il mourut à Trouville en 1854. [Rev. de VArch.)

TITEUX (Philippe- Auguste) , né à Paris le 19 septembre 1812, remporta, en 1842, le grand prix d'architecture sur ce sujet de concours : « Un Palais des Archives », et partit ensuite pour Rome en qualité de pensionnaire. En 1 843, tandis qu'il relevait à Assise le Temple de Minerve, dont il étudia une restauration, il conçut le projet d'un parallèle des tombeaux, qu'il entreprit en commençant par les nécropoles de l'Étrurie. Tels furent ses premiers envois, en 3^ ajoutant le grand dessin d'un tombeau dans l'église Santa Maria del Popolo, à Rome.

II envo3^a plus tard un dessin du plafond de la chambre de l'Ecole d'Athènes au Vatican , puis des esquisses de l'intérieur de San Miniato, à Florence, et de l'église du couvent de Subiaco. A la fin de 1845 il partit pour Constantinople, d'où,

après huit jours passés dans cette ville, il se rendit à Athènes et y entreprit un projet de restauration des Propylées. Saisi d'un refroidissement au milieu de ses travaux, il prit à l'Acropole le germe de la fièvre typhoïde qui devait si promptement l'emporter. Il mourut à Athènes le i^'" février 1846. Voici l'épitaphe gravée au-dessous du médaillon de Titeux , dans l'église Saint-Louis des Français, à Rome : « a la mémoire

DE PHILIPPE -auguste TITEUX, ARCHITECTE, PENSIONNAIRE DE l'académie de FRANCE A ROME, NÉ A PARIS LE XIX SEPTEMBRE MDCCCXII, MORT A ATHÈNES LE I*'' FÉVRIER MDCCCXLVI. PRIEZ POUR LUI » I.

I. Une stèle de marbre blanc dans laquelle est enchâssé son médaillon sculpté par Cavelier s'élève sur sa tombe. A sa gauche se trouve le mont Hymette, à sa droite l'Ilissus et les montagnes d'Eleusis ; en face se déroule le panorama du Pirée, de Phalère et de la mer de Salamine! Titeux n'avait certainement pu rêver pour sa demeure éternelle ni un plus beau ciel, ni un site aussi artistemenr, aussi poétiquement composé. Il est vrai que le pauvre garçon, tout entier à la vie, n'avait peut-être jamais songé à la mort. Très-heureusement doué par la nature, il avait au service de son intelligence et de sa rare facilité une activité que sa grande ambition était de dépenser aussi utilement, aussi fructueusement que possible pour l'art. Je passai avec lui à Paris la soirée qui précéda son départ pour la villa Médicis, et je ne puis me rappeler sans émotion avec quelle joie d'enfant il allait pour ainsi dire s'envoler vers l'Italie, avec quelle confiance il disposait d'un avenir qui lui paraissait devoir être sans fin et qui devait être si court ! Quels beaux projets, quel enthousiasme et comme nous partagions bien avec lui ces espérances ambitieuses que son jeune talent autorisait et justifiait déjà! En effet, Titeux était évidemment appelé à marquer glorieusement sa place dans sa carrière, et nous ne doutions pas alors qu'il dût arriver par son mérite au premier rang parmi nous tous. Un souffle d'air a renversé l'édifice que nos légitimes espérances avaient élevé dans l'avenir — qu'est-ce qu'un homme, grand Dieu! — et, depuis un quart de siècle, Titeux . est enseveli dans sa jeune gloire, à Athènes, sous les murs de l'Acro- II. 38

TOUCHET (Guillaume) entreprit, en 14SÔ, la reconstruction du chœur ou chancel de l'église Saint-André, à Rouen, laquelle église ne fut consacrée qu'en i526. Cette église a été démolie dans ces derniers temps pour le percement d'une nouvelle rue. [Rev. des Soc. sav. , t. IV.)

TOUFAIRE construisit, de 1782 à 1788, à Rochefort, le nouvel hôpital de la Marine, destiné à remplacer celui de la porte Saint-Clément, devenu insuffisant. (Ramiguet, Biogr. saintongeoise.)

TRExMBLAYE (Guillaume de la .—V. LA TREM- BLAYE (G. de).

TRESTANT (Sébastien), maître maçon de l'église de Laon, fut appelé, vers 1460, à Saint-Quentin, pour diriger des travaux de consolidation du transept de cette église; on lui assura pour honoraires une pension de 20 livres par an, qu'il fût présent ou non sur les travaux. (Ch. Gomart, Hist. de régi, de Saint-Quentin.)

TRÉVIÈRES (Simon de), qui fut abbé de Saint- Etienne de Caen de i3i6 à 1344, reconstruisit Textrémité Est du chœur de son église. (Gally Knight, Voj\ archéol.)

TRICOT (Claude), conseiller di^ roi, « maistre général des bastiments de Sa Majesté, ponts et chaussées de France, juge et garde de la juridiction des bastiments ». C'est ainsi

pôle! Qu'il y repose en paix, et puissent ces quelques mots, expression sincère d'un attachement dont la mort n"a pu rompre tous les liens, réveiller dans le cœur de ceux qui l'ont connu des sentiments qu'ils ont autrefois partagés.

qu'il est qualifié dans un procès-verbal d'alignement des nouvelles rues du Marais, à Paris, donné par les prévôt des marchands et échevins de la ville de Paris. Cette pièce porte la date du 12 août 1697. (Lobineau, Pr. IV.)

TRINQUEAU (Pierre). — V. NEPVEU (Pierre).

TRISTAN, l'un des architectes de l'église Saint-Martin de Pont-à-Mousson, travailla à cet édifice au XVP siècle avec Jaquemin de Lenoncourt. On attribue à ces architectes, sans toutefois pouvoir faire la part de chacun d'eux, le portail et les deux tours, ouvrages qai appartiennent au style ogival fleuri. (Michel, Biogr. de la Lorr.)

TRISTAN, demeurant à Hatton-Ghâtel, fit les « dessins et patron w du portail de Toul. Il est mentionné, en 1460, dans un manuscrit cité par D. Galmet. {Bibl. lorraine ^ col. 537.)

TROUARD (Louis-François), élève de Loriot, né à Paris en 1 729. Les tours romanes de la cathédrale d'Orléans ayant été démolies en 1726, Gabriel fut plus tard et jusqu'en 1766 chargé de les réédifier. A cette époque Trouard avait la surveillance de ces travaux, mais il fut remplacé en 1773 par Legrand. Il avait remporté le grand prix d'architecture en 1 753, sur ce sujet de concours : « Une Galerie de 5o toises «. Il obtint un brevet d'élève de l'École de Rome le 20 septembre 1 754, et fut admis à l'Académie d'architecture en 1769. Les autres œuvres de Trouard sont, à Versailles, en 1760, une chapelle des catéchismes pour l'église Saint-Louis ; de 1764 à 1770, l'église Saint-Symphorien -, en 1773, une petite caserne pour les gardes-françaises, élevée sur la place d'Armes, laquelle fut

démolie en i83i; enfin, la décoration des chapelles et de la sacristie de Téglise Saint-Louis. (Leroy, Rues de Versailles.)

TROUARD (Louis-Alexandre), fils et élève du précédent, remporta le grand prix d'architecture en 1780, sur : « Un Collège sur un terrain rectangulaire », et reçut son brevet d'élève de l'Ecole de Rome le 3i août de la même année.

TUGAL-CARIST était, en 1640, architecte de la cathédrale de Rennes \ c'est probablement à lui qu'on doit la tour qui surmonte la façade et qui fut terminée en 1646. (L'abbé Bourassé, Cath. de France. — Mél. d'hist. et d'archéol. bretonnes.)

TURPIN (Jean). Cet architecte, qui était de Péronne, visita en 1468, au mois de janvier, la cathédrale de Noyon, et reçut pour ses honoraires 2 écus valant 44 sous. En 1469 il donna un devis pour la reconstruction du chœur de la même église -, il avait pour collaborateur Florent Bleuet. Il dirigea les travaux de réparation de la « croisée de l'église vers l'ostel de monseigneur de Noyon ». (Mélicocq, .4r/. du Nord.)

ULIN (Nicolas d'), architecte et contrôleur des bâtiments du roi, né vers 1670, mourut à Paris le 9 avril 1751. Il fut admis à l'Académie d'architecture en 17 18, et donna sa démission d'académicien en 1 734. Il a construit, à Paris, Phô-

DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 3oi

tel d'Étampes; Thôtel de Rohan, rue de Varennes; rhôlel de Font-Ferrière, rue de Richelieu ; la maison Dunoyer, rue de la Roquette, qui fut habitée par le savant Réaumur ; le château de Villegenis, situé entre Verrières et Bièvre. {Recueil ms. — Jal.)

ULRIGD'ENSINGEN.— V.ENSINGEN(Ulricd').

UMBERT, abbé, a construit, en ioo3, l'église Saint- Aubin des Ponts-de-Cé; ce fait, consigné dans une charte de Saint- Aubin, a été signalé par M. Marchegay, archiviste de Maine-et-Loire.

UMBERT, moine de Pabbaye de Montmajour d'Arles, éleva au XI^ siècle l'église Sainte-Marie du monastère de Correns, lequel dépendait de la même abbaye. [Rens. part.)

UMEBRTUS fut probablement un des architectes de l'église de Saint-Benoît- sur- Loire. Sur un des chapiteaux du porche de cette église on lit ces mots : « umbertus me FECiT ». La partie de cet édifice oij se voit cette inscription est du XI= siècle. {Bull, archéol.)

USMEZ (le frère), religieux brigittin, restaura la tour de l'église collégiale de Saint-Amé, à Douai, et surmonta cette tour d'une flèche. Il fut aussi l'architecte de l'église des Dominicains de la même ville. (Leroy, Archiv. hist.)

VALENCE ou DE VALENCE (Pierre), maître maçon de Tours, fut appelé à Gaillon, vers i5o3^ pour visiter les bâtiments du château qu'y faisait construire le cardinal d'Amboise. Il y retourna fréquemment et y séjourna. Il eut, sur ce chantier, la direction des travaux de conduite des eaux du parc, sculpta les lambris de la grande galerie du jardin et ceux de la chapelle. Il s'occupait en même temps des travaux du manoir archiépiscopal de Rouen : il fit un « pavé esmaillé » dans la galerie du jardin de ce palais. En 1604, il fut appelé à une conférence tenue à la cathédrale de Rouen pour « scavoir se la neuve tour de ladite esglise seroit amortie ou achevée à esguille ou terrasse ». Il fit mettre en place en 1 5 08, au château de Gaillon, une fontaine envoyée d'Itahe au cardinal d'Amboise par les Vénitiens. Le talent dont il avait fait preuve à Gaillon lui fut une recommandation lorsqu'il s'agit d'élever dans la cathédrale de Rouen le tombeau du cardinal, son ancien client. On envoya auprès de lui à Tours, en i5i6, « pour savoir son oppinion sur le faict^delâ. d. sépulture et pour scavoir s'il voudroit entreprendre l'ouvrage d'icelle avec ses compagnons ». On ne sait ce qui l'empêcha d'accepter. A Tours, à la fin de 1 5 06, il fut chargé, comme maître fontainier, de diriger les travaux destinés à conduire dans cette ville, en passant sous le Ht du Cher, les eaux des fontaines de Saint- Avertin. Il recevait comme « mestre fontenier », en i5o8, 90 livres par an. Le registre des comptes de la ville de Tours,

DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 3o3

finissant au 3i octobre i5i8, le montre touchant son traitement Jusqu'au mois de juillet, époque de sa mort. (Deville, Tombeaux de Rouen. — Comptes de Gaillon. — Grandmaison.)

VALENCE (Germain), fils du précédent, travaillait en i5ii, avec son père, à la construction des fontaines de Tours. Il lui succéda, en i5i8, comme garde des fontaines, et fit exécuter, en i52o, des travaux de réparation aux fontaines de Saint-Hilaire et du Grand-Marché. (Grandmaison.)

VALENCE (Michel), probablement frère de Germain , succéda à ce dernier comme architecte des fontaines de la ville de Tours. Il était également attaché aux travaux du château de Plessis-lez-Tours. Il apparaît pour la première fois en i525, et était mort en i52g-, car, dans un acte portant la date du 20 décembre de cette année, il est mentionné dans les termes suivants : « Feu Michel Valence, en son vivant fontenier du roy en son chastel du Plessis ». Il exécuta divers travaux de son art à Fontainebleau de 1628 à lôSy. (Grandmaison.)

VALENCE (Cardin de Chantelou, dit), neveu du précédent, succéda à son oncle dans la charge d'architecte ou garde des fontaines de la ville de Tours. Son nom figure dans les comptes de cette ville à partir de Tannée iSSg, et on Ty trouve encore en 1569. En i55o, il donna le projet d'une fontaine que voulait faire élever la ville de Loches '. En i552, il se rendit dans cette ville pour y élever deux édifices de même

1. Un croquis de ce projet a été publié dans le tome XVII« des Mémoires de la Société archéologique de Touraine; toutefois, cette fontaine ne fut pas exécutée.

3o4 DICTIONNAIRE

nature; mais ces projets furent abandonnés en iSôy, et l'argent destiné aux fontaines fut consacré au payement du denier de guerre imposé aux habitants pour aider le roi à repousser rinvasion espagnole. En i553 il fut chargé d'établir une autre fontaine pour Diane de Poitiers, dans ses jardins de Chenonceaux. Le nom de cet artiste figure encore dans un compte de 1 562, pour divers travaux exécutés à la fontaine du « Carroy Jehan de Beaulne », à Tours. (LVbbé Chevalier, Archiv. — Grandmaison. — Rev. des Soc. sav..^ t. VII.)

VALERIEN (le frère), religieux de Tordredes Récollets, éleva en 1648, à Lyon, Tentrée des Récollets de Belle-Grève. Cette entrée consiste en trois arcs qui portent un édifice à chaque étage. {Archiv. de l'art fr.^ 2^ série, t. II.)

VALLE-RANFROY ou VAL-RENFROY (Jean de), Tun des architectes de la cathédrale de Sens, acheta en 1342, à Paris, du maire dTvry, w vingt-neuf cents et demi et neuf tonneaux de pierres, à 18 sous le cent en carrière ». La pension de Valle-Ranfroy, comme architecte de cette cathédrale, était de 10 livres par an. (Quantin, Not. hist.)

VALFENIERE (François de Royers de la) appartenait à une famille originaire du Piémont,.qui était venue s'étabhr à Avignon. Il travaillait à Lyoïf, en i536 et i537, pour le marquis de Saluces. On ignore à quels édifices il fut employé ; peut-être était-ce à l'arsenal construit à Lyon lors de Tinvasion de la Provence par Charles-Quint'.

.1. J'ai puisé la plus grande partie des renseignements relatifs aux La Valfenière dans une étude très-substantielle et très-consciencieu-

DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 3o5

VALFENIÈRE (Michel-Antoine-Raimond de RoYERs DE la), fils du précédent, fut, vers 1684, député par le conseil de ville d'Avignon pour faire l'estimation des maisons de cette ville. Il mourut en septembre 1694, et fut remplacé par Balthasar de Montagut. (L. Gharvet.)

VALFENIÈRE (François ii de Royers de la), fils de Michel-Antoine-Raimond, naquit au mois d'août i5j5. Une de ses premières oeuvres fut l'escalier de la chapelle de Saint-Pierre de Luxembourg, à Avignon, dont il donna les dessins dans les premières années du XVIP siècle, avant 161 2. Le 16 décembre 1622, il fut député par le conseil d'Avignon pour prendre part aux « préparatifs et décorations du passage et entrée « du roi Louis XIII. En 1624, il présida au bornage et à Talignement de la Durance. L'année suivante, au mois de mai, il fit partie d'une commission chargée de préparer l'entrée solennelle du cardinal Barberini, légat d'Avignon. On a conservé un plan, signé de la Valfenière et daté du 17 mars 1626, ayant pour objet « l'embellissement » de l'église de l'Oratoire de Bourg- Saint- Andéol ^ En qualité d'architecte du vice-légat, de la Valfenière eut à diriger, en 1642, diverses réparations qui furent exécutées à la galerie et à « l'arceau » du collège du Roure, hôtel actuel de la préfecture de Vaucluse. En i636 il devint l'architecte de la Chartreuse de Villeneuve-lez- Avignon, et prit une large part à l'agrandissement et à la décoration des bâtiments de ce monastère. On conserve, dans les archives du département du Gard, un projet de la façade

sèment faite, publiée récemment par M. Léon Charvet, architecte à Lyon. Cette étude a pour titre : « Bibliographies d'architectes », et pour sous-titre : « Les Royers de la Valfenière » . Lyon, Clairon- Mondet^ 1870.

■ I. Ce plan appartient à M. l'abbé Gorrenson, d'Avignon.

3o6 DICTIONNAIRE

« du portique de la clôture ». Dans les coins supérieurs de ce dessin sont deux cartouches, dont Tun contient cette légende ; « A très Reverand père Grizante Polin , Dom Prieur de la vénérable maison Chartrvse de Villenevfve, Fraçois des Royers S"" de la Valfenière, invetvr (sic), Donné et dédié très hvmblement. faict en Avignon xxv aoust m dc xxxxiiii. » A la même époque il fut chargé d'élever dans la Chartreuse « la fontaine de Saint- Jean «, située dans le cloître supérieur. Il fit, la même année, le métré des ouvrages de plâtrerie exécutés par Jaume Giraudau monastère de Sainte-Praxède d^ Avignon. En 1640 il commença la construction du Palais épiscopal de Garpentras (aujourd'hui le Palais de Justice), et, le i3 mai 1647,11 traita avec Nicolas Jacquin pour la charpente de ce bâtiment. Il dressa, en 1645, des plans pour la restauration de l'éghse de Garomb, et, le 7 septembre de la même année, cette commune lui paya 9 florins et 9 sous, pour être venu prendre le plan de l'église et donner des dessins pour la décoration de cet édifice. Enfin F. de la Valfenière donna les plans de l'abbaye royale des Bénédictines de Saint-Pierre, à Lyon, dont la première pierre fut posée le 18 mars iGôg-, il avait alors 84 ans. Son fils, ou son neveu, Paul, fut chargé de la conduite des travaux. François II de la Valfenière mourut à Avignon le 22 mars 1667, âgé de 92 ans, sur la paroisse Saint- Agricol. Il fut inhumé aux Gélestins, à l'entrée de Tescalier de Saint- Pierre-de-Luxembourg, qui était son oeuvre. Voici son épitaphe telle qu'elle a été conservée dans un manuscrit du chanoine Veras conservé au Musée d'Avignon (les mots entre parenthèses indiquent les différences qui existent dans deux copies différentes du même auteur) :

. DNO FRANCISCO ROVERIODO DE LA VALPHŒNIERE (VALPHRE- NIERE) VIRO NOBILISS. GLORIA DOCTISSIMO, iMUS^ OPTIMO, VJR-

DES ARCHITECTES FRANÇAIS. Soy

TUTES OËS (OMNES) PARENTARUNT , ATT AMEN IN PERMULTIS ILLUSTRIBUS OFFICIIS^ PR.ESERTIM IN PROCURANDO AUGUSTISSIMO BEATI PETRI MAUSOLEO MAGNIFICENTI , SIBI IPSE FECIT ELO- GIUMQUE STERNUM.

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