‹ Dictionnaire des architectes français (volume 2)Chapitre 4 sur 125 · LEFEBVRE (J.-B.-L.-F.). — V. FAIVRE · texte numérisé non relu

LEFEBVRE (J.-B.-L.-F.). — V. FAIVRE

LEFÉRON (Nicolas). Le 18 novembre iSgS, des réparations étant à faire à un certain moulin Mareschal, le marché en fut passé en présence de Leféron , « maistre-juré des œuvres du roy au baiUiage d'Evreux )>. En 1408 , il était aussi maître des œuvres du roi au bailliage de Beaumont-le-Roger et d'Orbec. En cette dernière qualité, il délivra, le 19 avril, un certificat pour payement. (De Laborde, Ducs de Bourg.)

LE FÈVRE, maître maçon de la ville de Lille. Son sceau , conservé aux Archives nationales , porte un écu au croissant surmonté de deux étoiles dans un trilobé , avec cette légende : « jehan le fèvre ». Ce sceau est appendu à une pièce manuscrite de iSSy. [Rens. part.)

LEFÈVRE (Joseph-Élie-Michel), né à Rouen en 1734^ remporta le grand prix d'architecture en 1760, sur une « Église paroissiale », et reçut son brevet de pensionnaire de rÉcole de Rome le 24 août 1762. {Rens. part.)

LEFÈVRE (Théodore), architecte du roi et du duc

d'Orléans, maître des œuvres et « grand voyer en le duché et généralité d'Orléans )), fit, en 1618, le portail du nord de la cathédrale de cette ville. Plus tard il bâtit, pour les Carmes déchaussés, qui étaient allés s'établir à Orléans, une chapelle dont le portail était une copie de celui du Noviciat des Jésuites, à Paris. On lui doit aussi Thôtel de Senneterre, élevé à Paris, et qui a été gravé par Marot '. Il mourut dans sa ville natale, avant 16542. [Aî^t. Orléanais.)

LEFÈVRE (Théodore), fils du précédent, naquit à Orléans et y fut baptisé le i^"" juin i63o. Il mourut dans la même ville le 8 août 17 18 3. [Art. Orléanais.)

LEFRANG reconstruisit, en 1748, le beffroi d'Amiens, incendié et détruit par la foudre en 1742. (Goze, Rues d'Amiens.)

i.La dernière fille de Lefèvre, Henriette, née vers 1640, et dont l'acte de baptême ne s'était pas retrouvé, fut présentée, pour la forme seulement, en 1654, aux cérémonies de ce premier sacrement, en présence de..... et de puissant seigneur Henry de Senneterre, mareschal de France, lieutenant-général des armées du Roy, gouverneur de Lorraine, « qui a désiré que les dites cérémonies cejourd'hui aient esté faictes, etc. » ( Reg. de la paroisse Saint-Michel d'Orléans.)

2. Sa fille Marguerite, dans son acte de mariage du 29 juin 1654, est dite « fille de déff"unct noble homme Théodore Lefêvre, architecte du roy et de Son Altesse ».

3. Voici son acte mortuaire : « Le lundy huit d'aoust mil sept cent dix huit, est décédé, sur cette paroisse (Saint-Michel d'Orléans), Théodore Lefebvre, cy devant capitaine ingénieur et ayde de camp de monsieur le maréchal de La Ferté, estant aagé de quatre vingt huit ans deux mois et huit jours, après avoir receu les SS. sacrements de pénitence, d'eucharistie pour viatique et d'extrême onction, et le dix du présent mois et an son corps a esté inhumé au grand cimetière soubs la galerie, devant l'autel de Notre-Dame de Pitié, en présence des soussignés. »

LEFRANC. La chapelle royale du château de Dreux, destinée à la sépulture des membres de la famille d''Orléans, ayant été commencée en 1816 par ordre de la duchesse douairière de ce nom, fut agrandie et achevée par Lefranc sous le règne de Louis-Philippe. (Joanne, Normandie.)

LEFRANC D'ETRÉGHY fut admis à l'Académie royale d'architecture le 17 septembre lyôô et mourut en 1762. Il fut remplacé à l'Académie par BouUée, le i5 septembre de la même année.

LE GALLOIS (Pierre) fut chargé, le 27 janvier i5o9, avec Jean Boucher, son confrère, « de veoir les traictz faicts par maistres Jacques et Roullant dictz Leroux » pour la reconstruction du portail de la cathédrale de Rouen. (Deville, Rev. des arch.)

LEGEAY (Jean). En 1764 il fut appelé à Berlin et y devint architecte du roi. Il a peu bâti , mais il a fait un grand nombre de plans et de dessins, dont quelques-uns furent suivis dans les édifices élevés à Potsdam par Frédéric, notamment le château construit près de Sans-Souci , qui est son œuvre. Il donna les plans du nouveau palais de Potsdam, lequel, commencé en 1763, ne fut achevé qu'en 1796, sous la conduite de Charles de Gontard. Il a aussi construit à Berlin l'Église cathoHque. En 1763 il quitta la Prusse, à la suite d'une violente querelle avec le roi au sujet du nouveau Sans-Souci '.

X. Legeay avait fait les plans de ce château, dont le grand commun a été construit sur ses dessins ; mais le roi s'obstinant à ne vouloir d'autre entrée au palais que la fenêtre du milieu, qu'on ouvrirait jusqu'à terre, Legeay refusa d'exécuter ce changement, qu'il osa qualifier tout haut d'extravagance. Frédéric l'ayant alors menacé de sa canne, il se mit en défense contre le despote en portant la main à la garde de son épée.

Il se rendit à Schwreim, travailla aussi à Rostock ^ mais on ignore où et quand il est mort. (Dussieux.)

LEGENEPVOIS (Pierre), de Rouen, fut l'un des architectes de l'église Notre-Dame du Havre. En 1619, Lucas Guéronei lui succéda dans la conduite des travaux de ce monument, (L'abbé Cochet, N.-D. du Havre.)

LEGOUX (Nicolas), l'un des maîtres des œuvres de la ville de Paris au XV'^ siècle, était en exercice le 18 juin 1473. (Leroux de L., Hôt. de pille.)

LEGRAND fut admis à l'Académie d'architecture en 1728 et mourut en 1751.

LEGRAND (Jacques-Guillaume) naquit à Paris le g mai 1 743. Il entra d'abord dans le corps des ponts et chaussées et fut chargé de diriger la construction du pont de Tours ; mais il abandonna cette carrière pour se livrer à l'architecture, et choisit pour maître Clérisseau , dont il épousa plus tard la fille. Il débuta probablement, comme architecte, par la construction d'un vauxhall élevé à Paris sur le boulevard du Midi , qu'il commença en 1 768 , mais qui fut interrompu en 1769, pour n'être repris qu'en 1775 '. S'étant lié avec Molinos (V. ce nom), ces deux artistes, jeunes tous deux,

I. Cet établissement public devait avoir pour principal objet un spectacle nautique. Il s'annonçait extérieurement par une façade dont le soubassement en forme de rocher, percé de grottes formant portiques, aurait soutenu un péristyle de colonnes de style rustique, avec cascades. D'une rotonde centrale flanquée de quatre salons on eût joui de la vue d'un Théâtre d'eau représentant le palais de Neptune, etc. ; mais les bâtiments seulement furent élevés, le palais de Neptune resta sur le papier. (Hurtaut.)

formèrent ensemble une association d'intérêts professionnels que la mort seule devait rompre. Presque tous les travaux qui leur échurent furent exécutés en commun. La plus importante de leurs œuvres fut la coupole en bois de la Halle au blé de Paris, quMls exécutèrent en 1782, et qui fut détruite par un incendie en i8o3. Ils élevèrent en 1787, dans la même ville, entre les rues de la Poterie et de la Lingerie, la Halle aux draps, qui fut aussi en partie détruite par le feu en i855 , et qui depuis a disparu totalement pour faire place aux nouvelles halles. En 1789, Legrand et Molinos furent chargés de la démolition de la Bastille '. En 1791 ils élevèrent, dans la rue Feydeau, une salle de spectacle destinée à la troupe italienne. Vers la même époque ils décorèrent^ dans le style pompéien, le vaste salon de Phôtel de Marbeuf, aux Champs- Elysées. On doit à Legrand la reproduction, exécutée dans le parc de Saint-Cloud, de la lanterne de Démosthènes, et la construction de l'hôtel de Gallifet, rue du Bac, à Paris. En 1799 Legrand fat nommé commissaire des sciences et arts en Italie : il s'agissait pour lui et ses collaborateurs de faire un choix parmi les chefs-d'œuvre d'art de ce pays conquis, et d'en surveiller l'envoi à Paris 2. Legrand, qui avait collaboré

1. Je possède une petite pièce originale relative à cette opération; cette pièce est ainsi conçue : « District de Saint-Louis de la Culture. — Laissez entrer à la Bastille MM. Legrand et Molinos, architectes préposés à la démolition, ainsy que les personnes qu'ils indiqueront, munies de cartes signées d'eux, pour concourir à cette besogne. — En comité, ce 17 juillet 1789. Signé : Deybux, membre du comité; Le Mis De La Salle »

2. J'ai sous les yeux une lettre intéressante de Legrand écrite de Turin, le 6 floréal an vu, au statuaire Rolland, comme lui commissaire des sciences et arts en Italie, et qui était alors en route pour Florence. Cette lettre est très-bien faite, mais elle est trop longue pour trouver place ici.

avec son maître à la publication des Antiquités de Nîmes^ fit paraître en 1804 une traduction du Songe de Poliphile. On lui doit aussi les ouvrages suivants : « Galerie antique, ou collection des chefs-d'œuvre d'architecture, de sculpture et de peinture antique , gravée au trait par M. Bourtois , et accompagnée d'un texte historique et descriptif, par JM. Legrand. )) Paris ^ 1806, in-fol. — « Collection des chefs-d'œuvre de l'architecture des différents peuples, exécutés en modèles sous la direction de L. Cassas, décrits et analysés par Legrand. » Paris ^ 1806, in-8°. — « Description de Paris et de ses édifices , avec un précis historique et des observations sur le caractère de leur architecture, etc., par J.-G. Legrand, architecte. » Paris, 181 8, in-8°. 2 vol. (le premier volume seulement .est de Legrand). — « Essai sur l'histoire générale de l'architecture, pour servir de texte explicatif aux parallèles des édifices de tout genre, etc. w Paris, 1809, in-8° (en collaboration avec J.-N.-L. Durand). — « Dissertation sur le traité de Lebrun sur la physionomie. » i vol. in-8° (en collaboration avec Baltard). — « Traduction de quelques œuvres de Jean- Baptiste et de François Piranesi^ le texte italien revu par Visconti, la traduction par Legrand ». Paris^ 1802. Legrand mourut à Paris le g novembre 1808. (Quatremère, Not. hist. — Thiéry. — De Buzonnière. — Rens. mss. — Hurtaut.)

LEGRAND (Jean) était rép«té pour la construction des tours. En 1494 il fut désigné pour en élever une contre la « vieille muraille » de la ville d'Amiens. Il donna à cette tour un aspect si imposant qu'elle en reçut le nom de « Tour orgueilleuse ». (Dutevel, Rech. hist.)

LEGRAND (Hugues) fut l'un des maîtres d'œuvres du duc de Bourgogne, En i353 il taxa des journées employées par plusieurs charpentiers à des ouvrages exécutés pour le duc, (De Laborde, Ducs de Bourg.)

LE HUPT (Antoine), de Dijon, demeurant à Auxonne, fut Tun des architectes de l'église de Gray (Haute-Saône). La construction de cet édifice, commencée en 1478, dura plus de cinquante ans. Le Hupt en fit les voûtes de 1627 à i53i. (Gatin et Besson, Hist. de Gray.)

LEJUGE (J.). De 1622 à 1623, et en collaboration avec Gargault, il construisit une galerie à THôtel de ville de Bourges. En 1625, toujours associé à Gargault, il suréleva de c( 9 pieds » la tour de l'Hôtel de ville. En i63oou i63i il reçut i5o livres pour avoir sculpté les armes du roi et celles de la ville au-dessus de la principale porte de T Hôtel-Dieu de Bourges. (Girardot, Art. de Bourges.)

L ELI ON construisit à Paris, rue de Grenelle -Saint- Germain, l'hôtel de Villars, dont la porte principale fut faite par Boffrand. {Rec. mss.)

LELOIR construisit, en 1810, Tabattoir de Villejuif, à Paris. (Lazare.)

LELOUP (Jean) fut, pendant seize ans, maître des œuvres de la cathédrale de Reims et en commença le portail. Son image, de marbre noir, était incrustée dans le labyrinthe du pavage de cette église. Ce labyrinthe a été détruit en 1779. (Tarbé, N.-D. de Reims.)

LEMAIRE obtint, en 1756,1e grand prix d'architecture, sur (( Un Pavillon isolé » .

LEMAIRE (Andriet) tut envoyé, le 16 juin 1416, « pour le fait des travaux de Fontainebleau « , et séjourna quatre jours dans cette ville. Au mois de juillet suivant il

travaillait au château de Saint-Germain ;, il lui fut fait un payement « pour les dépens de lui et de plusieurs maçons, charpentiers et voirriez venus de Paris à Saint-Germain veoir certains ouvrages ordonnés être faitz par la dicte dame au chastel du dit Saint -Germain ». (L. de hincy^ F emn^es de Vanc. France. — Compt. d'Isabeau de Bavière.)

LEMAISTRE fut admis à F Académie d'architecture en 1698.

LEMAISTRE, fils du précédent, fut admis à P Académie d'architecture en 1699.

LEMAISTRE (Jean-Pierre) fut, en 1687 et 1688, architecte des bâtiments du roi, à Maintenon '. (Merlet , Invent.)

LEMAISTRE (Pierre) fut maître des œuvres de la ville de Paris de 1643 à 1657. Il pourrait bien être parent des précédents. (L. de Lincy, Hôt. de v.)

LEMAITRE, architecte des bâtiments du roi, reçut, à partir du 26 février 1709, une pension de 1,000 livres, dont les quartiers devaient lui être payés au Trésor royal. [Rens. part.) . *

LEMAN G EAU. En 1^57 ou i658 l'administration

I, Il était probablement occupé à la construction de l'aqueduc, auquel il travailla jusqu'en 168S. A cette époque il porta plainte contre un certain Louis Jobeot, directeur de la poste, pour coups et blessures. Peut-être ce Lemaistre est-il celui qui devint académicien en

municipale d'Angers lui concéda un terrain « en Boisnet », à la charge d'y bâtir un quai. (Port, Arch. d'Angers.)

LE MELEL ^ (Pierre). En 1 5 lo, la cathédrale de Saint- Omer présentait, dans les parties de l'édifice nouvellement construites, des désordres résultant soit de vices de construction, soit de l'état d'abandon où les travaux avaient été laissés. P. Le Melel, qualifié de « maître maçon de M. de Peynes », fut consulté à ce sujet par le Chapitre, et il rédigea, à la suite de sa visite, un rapport détaillé en trente-six articles. Ce rapport a été publié en partie par M. Deschamps de Pas 2.

LEMERCIER (Jacques) naquit à Pontoise vers i 585.

1. Cet artiste a été appelé aussi HermèresetLermère, mais sa signature autographe, qui existe dans les archives du Chapitre de Saint- Oraer, ne doit laisser aucun doute sur son véritable nom de Le Melel.

2. Le rapport de Le Melel est trop long pour être donné ici en entier. Je me contenterai d'en reproduire le paragraphe le plus intéressant, lequel peut servir de leçon aux gens étrangers à l'art de bâtir, et qui trop souvent, hélas ! sont chargés de la construction des édifices religieux. Voici ce paragraphe, il s'adresse aux chanoines de Saint-Omer : «Et m'esbahiz des téraux et ordures qui sont sur la grant voulte de lad. tour,pourquoy je vous advertiz, autant que je me puis congnoistre en tel affaire, que je les feroye tous oster, car ce n'est point le bien ne prouffit de lad. œuvre, pour ce que vouites qui sont en l'air ne peuvent avoir "trop peu de faiz, ne de charge, car elles se chargent assez d'elles-meismes , je le scay bien par toutes les grans églises cathédrales : on les tient les plus nettes que faire se peut, et suis bien esbahi qui vous meut par toutes les vouites de céens de les tenir si plaines d'ordures quelles sont et vaudrait mieux beaucoup pour le prouffit de lad. église que les ordures fussent emmy dans les champs, vous en ferez votre devoir de les faire oster, si vous voulez le bien et le prouffit de lad. église ; je vous en diz ce qu'il m'en semble, et que j'en ay ouy les opinions des maistres du mestier en l'art de machonnerie. » (Deschamps de Pas, Saint-Omer.)

Il était déjà architecte du roi en 1618 ', et recevait à ce titre, cette année-là, 1,200 livres pour sa pension 2. (Bibl. imp., mss, Colbert.) En 1620 il fut envoyé à Rouen avec Salomon de Caus, à l'occasion de la reconstruction du pont de cette ville. Ces deux artistes avaient pour mission de « veoir et visiter le lieu où le dit pont se pourroit le plus commodément construire et en dresser procès-verbal ». [Rev. des Soc. sav.^ 3^ série, t. IL) Il fut chargé, en 1624, de l'agrandissement du Louvre. On sait qu'il n -existait alors du Louvre de François P'" et de ses successeurs que les deux corps de logis, oeuvre de Pierre Lescot, formant au sud-ouest le quart de la cour actuelle. Lemercier entreprit de continuer les bâtiments en doublant leur longueur; il éleva Taile occidentale et, à la suite, la moitié de Taile septentrionale, ainsi que le pavillon central dit de V Horloge. En 1627 il reconstruisit, pour Ruzé d'Effiat, le château de Silly (Seine-et-Oise) . Il éleva, en 1629, pour le cardinal de Richelieu, le palais appelé d'abord du nom

1. Il passa plusieurs années de sa jeunesse en Italie. Quatremère de Quincy du qu'on a de lui deux estampes datées de Rome, l'une de 1607, représentant l'église St-Jean des Florentins, l'autre de 1620, où se trouve reproduit le catafalque de Henri III, dont il avait donné les dessins. A ce compte Lemercier aurait séjourné au moins treize ans en Italie, à moins qu'il n'y ait fait plusieurs voyages. Mais Quatremère a dû se tromper, car en la même année 1620 Lemercier se rendit de Paris au Havre pourinspecter les travaux de l'église Notre-Dame, de cette ville. Sans doute il aurait f)U se trouver à Rome, à Paris et au Havre dans la même année, mais il est difficile d'admettre qu'il ait abandonné sa charge d'architecte du roi pour aller à Rome graver une estampe. Evidemment cette date de 1620 a été mal lue par Qua- .tremère, ou bien le Lemercier qui gravait à Rome en 1620 n'a rien de comm.un avec l'architecte du roi.

2. En 1639, son traitement comme architecte du roi était de 3,000 liv. (Arch. nationales, Reg. des bâtiments du Roi.)

DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 5l

de ce cardinal, et qui fut nommé plus tard le Palais- Royal '. A la même époque il fut chargé de la construction des bâtiments et de la chapelle de la Sorbonne. Louis XIII ayant donné à Richelieu la « direction générale des fortifications nouuelles et ouurages du grand canal pour donner cours à la riuiere de Seine deuant estre faits autour de sa bonne ville de Paris^ pour la seurté, commodité et embellissement d'icelle », le ministre chargea Lemercier de dresser les plans de ce grand travail, d'en faire toutes les études et d'en diriger l'exécution . (Vieil, Afxh. de la Guerre.) Il succéda à F. Mansart comme architecte du Val-de-Grâce, dont il éleva l'éghse jusqu'à la hauteur de la corniche du grand ordre de pilastres. En i634 il fut envoyé à Saint-Quentin pour recevoir les bâtiments du magasin des munitions de guerre. En 1 636 il était, avec P. de Brosse, architecte de la cathédrale de Troyes ; c'est à cette collaboration que sont dus les deux lanternons qui couronnent la tour du nord de cette cathédrale. En 1639 il était premier architecte du roi et recevait, pour ses gages de l'année, 3, 000 livres. En i652 il succéda à Clément Métezeau dans la construction de l'église de l'Oratoire, à Paris, dont il éleva le choeur. En i653 il commença la construction de l'église Saint-Roch, dont il fit le chœur et une portion de la nef. On doit encore à Lemercier le château de Richelieu, l'hôtel de Liancourt, à Paris (gravé par Marot) ; celui de la Rochefoucault, dans la même ville, rue de Seine •, celui de Longueville, rue Saint-

I. Les transformations nombreuses qu'a subies ce palais depuis cette époque n'ont presque rien laissé subsister de l'œuvre de Lemercier; la galerie des Proues, qui existe encore dans la seconde cour, paraît être tout ce qui reste des premières constructions. Cette ornementation fut-elle adoptée par l'architecte pour rappeler que le seigneur du logis était grand-maître et surintendant général de la navigation et du commerce de France?

Thomas-du-Louvre (gravé par Marot)- les églises de Rueil et de Bagnolet, près Paris. On lui attribue Téglise de FAnnonciade, à Tours. Il a publié : « Le magnifique chasteav de Richeliev , en général et en particulier. . . . commencé et acheué par A. dv Plessis, cardinal de Richeliev, sous la conduite de I. Lemercier, architecte du roy. « Lemercier mourut en 1654'.

I. C'est à tort que les biographes font vivre Lemercier jusqu'en 1660 : il mourut en j654, ainsi que le prouve la note suivante extraite du livre de dépenses d'Anne d'Autriche (Bibl. nat. Mss. Siippl. franc. ^ n° 1925) : « A Alix de Champeaux... mère de la veuve de feu S'' Lemercier, viuant architecte des bastiments du Roy et tutrice des enfans du S"" Lemercier, la somme de i,5oo liv. tourn., sur et tant moings de ce qui est du aud. S"' Lemercier des appointements à luy accordez par Sa Maj. pour son brevet du 19* jour d'octobre 1646, tant à cause du service qu'il a rendu à la construction de l'église du Val de Grâce qu'en considération de ce quelle a remis es mains du S"' Lemuet, aussy architecte des bat^ du Roy, tous les plans, dessings et mémoires qui ont esté faits parled. S'' Lemercier touchant lad. église,.. Somme reçue le 19 janv. i655. » On voit par là que Lemercier a dû mourir en 1654.

Sauvai (t. I, page 33o) fait de Lemercier un portrait si flatteur que je ne puis résister au plaisir de le reproduire ici : « ... Il était un peu lent, matériel, pesant, mais en récompense, prévoyant, judicieux, profond, solide, en un mot le premier architecte de notre siècle; et enfin, s'il n'était pas le Vitruve de son temps, du moins en était-il le Palladio. Charitablement il assistoif les ouvriers de ses avis, les encourageoit à bien faire. Jamais il n'a fait faire de faux à ceux qui l'ont employé, ni rien abbatu de tout ce qu'il avait bâti, défaut asses ordinaire de nos meilleurs architectes; aussi ont-ils moins de vertu et plus de bien qu'il n'avoit. Car tant s'en faut qu'il fut riche, qu'à sa mort pour payer ses dettes, on fut obligé de vendre sa bibliothèque, si belle quelle fut vendue dix mille écus. Son père n'était que maitre maçon. Pour lui, il a pris un vol si haut qu'il s'est fait connoître et estimer dans toute l'Europe, mais surtout à Rome, qui est le siège des beaux-arts. Dès sa jeunesse il y avait examiné et mesuré tous les ouvrages des anciens qui y restent. Depuis, comme à Rome, à l'occa-

(Quatremère. — Grosley, Ephémérides. — Piganiol. — Jal, Dict. Crit. — Pinard, Hist. du cant. de Longjumeait.)

LEMERLE (Jean). En i5o8, après la chute de'la tour septentrionale de la cathédrale de Bourges, le Chapitre de cette église fit appel à la science des architectes les plus en renom pour « voir et visiter la démolition et ruine de la tour et voultes de la dite église )>. Jean et Pierre Lemerle furent au nombre de ces artistes. Ils rédigèrent, avec leurs collègues, un procès-verbal qui dut servir de programme pour les travaux de reconstruction de cette tour. (Girardot et Durand.)

LEMERLE (Pierre). (V. le précédent.) Ces artistes, probablement frères, étaient d'Orléans.

LEMOINE (Jean). Sur un des piliers de Téglise Saint- Germain, à Argentan, le premier à droite en entrant, on lit l'inscription suivante, gravée en caractères gothiques :

MIL QUATRE CENTS QUATRE VINGT HUIT', PAR JEAN LEMOINE, BON MAÇON, QUI CE PILIER ICI CONSTRUIT-, DIEU PARDONNE LA MAL FAÇON.

(L'abbé Laurent, Saint-Germaifi d Argentan.) LEMOINE (Paul-Guillaume), né à Paris en lyôS,

sion de l'église St Louis, on ne put. décider, dans toutes les conférences qui furent tenues exprès, lequel valoit mieux, ou d'assujettir la face du Portail à l'église St Antoine ou à celle de la Coulture Ste Catherine, on lui fit cet honneur de s'en rapporter à lui, et même on voulut qu'il traçât le plan de cette grande église et en jettât les fondemens. Il mourut des gouttes qui ne lui étoient venues que d'avoir trop veillé et travaillé en sa vie. «

remporta le grand prix d'architecture en 1 775, sur « une Ecole de médecine » , et reçut son brevet d'élève de TÉcole de Rome le 14 septembre 1 776. Il fit un projet de restauration des voûtes et du portail de la cathédrale de Sens, lequel fut approuvé par Louis XVI le 14 mai 1786 i. On doit à cet architecte l'hôtel que fit construire Beaumarchais, boulevard Saint-Antoine, à Paris. (Quantin, Cath. de Sens. — Legrand et Landon.)

LEMOINE remporta en 1786 le grand prix d'architecture, sur ce sujet de concours : « Un Théâtre ».

LEMOYNE (Claude). En 1733 un marché fut fait avec cet architecte pour le rétablissement de l'auditoire de Saint-Hilaire (comté deMortain). (Dubosc, Invent.)

LEMUET (Pierre) naquit à Dijon le 7 octobre iSgi. Il fit en 1616, pour Marie de Médicis, un modèle du palais du Luxembourg, dont S. de Brosse avait commencé la construction l'année précédente 2. Mais il paraît, comme praticien.

1. La dépense de ces travaux devait être prise sur les fonds des loteries, à raison de 10,000 livres par an, et les travaux devaient commencer en 1792. Heureusement la Révolution vint se mettre en travers de ce projet, non de restauratiorL, mais de mutilation.

2. (9 octobre 1616.) « A Pierre Lemuet, architecte du Roy, la somme de 3oo Hures tournois, sur et tant moings des fraiz, peynes et vaccations quil a emploies a faire'le modelle en relief des bastimens du palais. » Dans un état des officiers des bâtiments royaux de l'année 1618, il est mentionné ainsi qu'il suit : « A Pierre Lemuet, jeune garçon (5zc), retenu par Sa Magté pour travailler en modelles et eslévations de maisons selon l'ordre et direction qu'en fera le S"" De Fourcy, intendant des bastimens de Sad. Magté, Pour ses gaiges.... Vjc liv. » Si Lemuet était né en 1691, cette qualification de jeune garçon donnée à un homme de vingt-sept ans ne s'expliquerait guère.

avoir préludé à l'architecture civile par Tarchitecture militaire : il fortifia, par ordre de Mazarin, plusieurs villes de Picardie. On sait qu'il succéda à Lemercier comme architectedu Val-de- Grâce -, c'est lui qui acheva l'église de ce monastère, que son prédécesseur avait élevée jusqu'au premier entablement ^ C'est également à lui qu'on doit la façade de cet édifice. Il donna les plans de l'église des Petits- Pères, mais ne paraît pas avoir présidé à sa construction. On cite parmi les autres œuvres exécutées par lui à Paris : l'hôtel qu'il bâtit ou restaura pour le comte d'Avaux, rue Sainte- Avoye, et qui devint plus tard la propriété du duc de Beauvilliers • l'hôtel de Luynes, bâti pour Marie de Rohan^ duchesse de Chevreuse ^ • l'hôtel de l'Aigle et celui du président Tubeuf. On doit aussi à cet artiste le château de Tanlay , dont il commença les travaux en 1643, et où il dépensa 2 millions et demi^ le château de Chavigny, en Touraine; celui de Pont, en Champagne (gravé par Marot). Lemuet a publié les deux ouvrages suivants : « Manière de bien bâtir pour toutes sortes de personnes, par Pierre Lemuet, architecte ordinaire du roy et conducteur

Il est vrai que la date de iSgi, donnée par tous les biographes, n'est appuyée d'aucune preuve.

1. Le livre de dépenses de la reine Anne d'Autriche (Bibl. nat.) contient la mention suivante : « Au Sr Lemuet, architecte des bastiments du Roy, la somme de 3, 000 liv. tourn. pour les appointemens quil plaist à Sad. Majesté luy accorder pour chacun an durant le temps quil vacquera a la conduitte dud. bastiment de l'esglize du Val de Grâce, et ce, par brevet du 5 mars 1645, pour une année commencée le i^'' jour de janvier i655 et finissant le dernier jour de décembre ensuivant audict an. »

2. Cet hôtel était situé rue Saint-Honoré , près des Jacobins. Il fut restauré en 1716 et agrandi. On trouve dans V Architecture française, de Blondel, les plans de son état primitif. En 1748, les murs et le plafond du grand escalier de cet hôtel furent peints par Brunette père et fils, et restaurés en 1843.

des dessins des fortifications en la province de Picardie. » Paris, Tavernier, i623. In-fol., 53 pi. — « Traité des cinq ordres d^architecture dont se sont ser\y les anciens, tradvit dv Palladio, augmenté de nouuelles inuentions pour Tart de bien bastir. ■>^ Amsterdam , H. Westein, 1682, in-8°. (L'édition originale de Paris, 1645, est recherchée pour les gravures.) Lemuet mourut à Paris le 28 septembre 1669. (Piganiol. — L'abbé Lambert. — De Laborde, Le Palais Maiarin, — Jal, Die. cri t.)

LENOIR (Jean), maître des œuvres du roi au bailliage de Senlis. En 1897,11 « mande à Gilles Chastelain,paieur^ sur le faict des œuvres nouvellement ordonnées par le duc d'Orléans estre faictes en son chastel à Pierrefons » , de payer les ouvriers qui « ont livré ung tumberel à deux chevaux depuis le 27 mars jusqu'au 18 avril 1097, pour vidier les terreaux et gravoiz 3^ssus des descombres de la refente qui a esté faicte ou pan et préau du donjon pour fonder en icelluy pan une vix ou coste devers la court... » « Le 6 mai 1398, par mandement de Louis P% duc d'Orléans , il fut commis pour « prendre garde », comme maître d"œuvres,aux ouvrages que le duc faisait faire en son « chastel de Pierrefons ». En 1400, au mois de juin^ il délivra un certificat de réception pour des verrières exécutées dans la chapelle ro3'ale de Notre-Dame du Vivier, en Brie. Peu après, il reçut des honoraires « pour le salaire et dépens de lui et de son cheval par xl jours qu'il a vacqué durans les ouvraiges ûe maçonnerie d'icelle chapelle , tant à visiter et solliciter les ouvriers et leur faire les trez de la devise des diz ouvraiges, comme pour. avoir esté par vu foiz de Béthizy à Saint-Leu de Cerens, faire chargier et admener, au dit lieu de Chastres, xu batelées de pierre dure, etc. » [Bull, des Com. hist.., t. L — Archiv. Joursanvault.)

ni;S ARCHITHCTHS FRANÇAIS. 67

LENOIR (Nicolas), né à Paris en 1726, élève de Blondel, alla achever ses études à Rome, ce qui lui valut le surnom de « le Romain ». On croit qu'il a débuté à Dijon par la construction d'un hôtel pour un M. de Latenay, lequel hôtel est devenu celui de la préfecture du département '. En 1772 il construisit Taile occidentale de Tabbaye de Cîteaux (Côted'Or;, et vers la même époque il éleva à Ferney plusieurs édifices, notamment Phabitation de Voltaire. Tous les autres travaux qu'on connaît de lui ont été exécutés à Paris -, ce sont les suivants: en 1770, les bâtiments du couvent Saint- Antoine, devenus ceux de Thôpital de ce nom-, en 1773-1774, la Halle aux veaux; en 1775, un projet de salle de spectacle pour les comédiens italiens, lequel devait être situé boulevard Bonne-Nouvelle, à peu près sur l'emplacement du Gymnase dramatique-, en 1779, le marché Beauvau, dans le faubourg Saint-Antoine -, en 1785, à Tangle des rues Saint-Thomasdu-Louvre et de Chartres, un établissement nommé « le Panthéon d'hiver w , qui remplaça le vauxhall de la foire Saint-Germain, abattu en 17842. Lenoir avait aussi élevé sur

I. Le fait est douteux; l'hôtel de Latenay date de lySo, et Lenoir n'avait alors que vingt-quatre ans.

2 Ce Panthéon n'était, en définitive, qu'un bal public baptisé d'un nom beaucoup trop ambitieux. Thiéry, dans son Guide des amateurs et étrangers à Paris, .en donne une description détaillée qu'il termine ainsi : • Il serait difficile d'imaginer quelque chose de plus galant, de plus agréable que ce délicieux endroit, qui retrace et réunit tous les charmes de la féerie, surtout lorsqu'un sexe enchanteur, à la suite duquel marchent les Grâces, les Amours et les Ris, vient encore ajouter à l'agrément de ce lieu où tout semble respirer la gaieté et la volupté. » Il n'y a rien à dire du style de Thiéry, il a bien la couleur de son temps; quant au fond, c'est une autre affaire. Girault de Saint-Fargeau, moins poëte que son prédécesseur, et par conséquent plus digne de foi comme historien, caractérise en deux mots le fameux Panthéon :

5S DICTION'.XAIRK

le boulevard des Italiens, à Tangle de la rue de la Michodière, le fameux établissement des Bains Chinois, et, vis-à-vis le Palais de Justice, le théâtre de la Cité, lequel était contigu à une salle de bal nommée la Veillée, qu'on a connue depuis sous le nom de Prado. Mais l'œuvre la plus importante de Lenoir est le théâtre de la Porte-Saint-Martin, qu'il éleva, dit-on, en six semaines \ et qui était destiné aux représentations de rOpéra. Il donna les dessins de l'abattoir public de Villejuif, dont les travaux furent commencés en 1810, l'année même de sa mort. (Courtépée. — Thiéry. — Roquefort. — Prudhomme.)

LENOIR (Simon). En 1440, les quatre piliers « touraux » supportant la tour centrale de l'église Saint-Ouen, de Rouen, menaçant ruine, plusieurs architectes furent appelés à donner leur avis sur les mesures à prendre pour remédier à cet état de choses. Au nombre de ces artistes se trouvait S. Lenoir, maître des œuvres de maçonnerie et charpenterie du roi au bailliage de Rouen, (J. Quicherat, Doc. inédits.)

LENOIR (Victor), né à Lyon en i8o5, élève d'Achille Leclere, fit, en i83o, l'installation intérieure du bazar Montesquieu. Plus tard il fut inspecteur des travaux de la colonne de la Bastille , dont M. Duc était l'architecte en chef. Il a fait exécuter, d'après ses dessins, toutes fies gares et stations des chemins de fer de Cherbourg et de Rennes. Au nombre des

a C'était là, dit-il, que les nymphes du Palais-Royal allaient principalement faire leurs recrues. » Au surplus , ce Casino-Cadet du XVIIP siècle ne resta pas longtemps debout : Lenoir le démolit en 1792, pour bâtir la salle de spectacle où Piis et Barré fondèrent le théâtre du Vaudeville.

I. Ce théâtre, bâti en quelques semaines, vient d'être détruit en quelques heures par les incendiaires de la Commune.

constructions privées élevées par cet architecte, on cite principalement : à Paris , l'hôtel du duc de Gaumont la Force -, un château à Épernay;, le château de Montigny, près Douai;, le château de Nades, en Auvergne, pour le duc de Morny.

LENONCOURT (Jacquemin de). D'après un manuscrit que D. Galmet dit avoir vu à Toul, cet artiste serait un des architectes de Téglise Saint-Martin, de Pont à-Mousson. [Bibl. lorraine. )

LENORMAND (Louis), né à Versailles en 1801, vint à Paris achever ses études dans l'atelier d'Huvé, son oncle. Après avoir visité l'Italie, il fut attaché aux travaux de Féglise de la Madeleine, à Paris, en qualité d'inspecteur. Plus tard il devint architecte de la Cour de cassation, et fit un projet de reconstruction des bâtiments de ce tribunal :, mais la mort Tenleva au moment où il allait réaliser son œuvre. On doit à Lenormand l'importante restauration du château de Meillant, bâti au XVP siècle par Charles de Chaumont, neveu du cardinal d'Amboise. Les dessins de cette restauration furent exposés au Salon de 1846, et valurent à leur auteur une médaille d'or. Lenormand mourut à Paris le 1 1 janvier 1862. [Encjcl. darch.)

LENOT (Pascal), architecte de Paris, résidait, en 1782, aux Ormes^ en Poitou, où il avait sans doute été appelé pour diriger les travaux que faisait exécuter en ce lieu le marquis d'Argenson. Il donna, à cette époque, les plans de Tescaiier monumental de Tabbaye de Noirmoutiers , lequel escalier fut construit sous la direction d'un appareilleur de Rethel- Mazarin nommé Etienne Fournier. (Grandmaison.)

LENOTRE (André), architecte et dessinateur des

6o DICTIONNAIRE

jardins du roi, naquit à Paris le i 2 mars ' 161 3. Il débuta par les parc et jardins du château de Vaux-le-Vicomte, où il fit aussi la grotte, les cascades et les bassins. Indépendamment des jardins et parcs de Versailles, de Rambouillet, de Saint- Cloud, de Chantilly, de Meudon, de Fontainebleau, de Saint- Germain, de Clagny, de Sceaux et des Tuileries, il a tracé ou planté les jardins des châteaux de la reine de Navarre , près d'Évreux- de Septeuil, entre Mantes et Houdan-, de Troncq, près Elbeuf-, de la Crosnière, à Franconville ; du cardinal de Bouillon, près Pontoise-, de Bezons (Seine-et-Oise) -, de Châteauneuf-sur-Loire , pour le duc de la Vrillière -, du château d'Effiaf, de Conflans, pour les archevêques de Paris; de Vaugien , près Chevreuse-, d'Issy et de Vitry, près Paris-, de Guermonde, près Lagny, de Beaurepaire , de Saint- Maur, de Choisy, de la Grange - le - Roi , dans la vallée d'Hières, près Paris-, de Juvisy , d' Épinay- sur- Orge , de NeuiUy (Côte-d^Or), de Gaillon, pour le cardinal Colbert, etc. En Angleterre : les parcs de Kinsington , de Saint -James et de Greenswich , près Londres. En Prusse : les jardins d'Orianenbourg. A Rome : les jardins de la villa Ludovisi, ceux de la villa Pamphili , du Quirinal , du Vatican et de la villa Albani. En 1675, Louis XIV lui accorda des lettres de noblesse avec la croix de Saint-Michel. Il mourut à Paris , au château des Tuileries, où il avait son logement, le i5 septembre 1700 2. (L^abbé Lambert. — Piganiol. — Courtépée. — Dulaure. — Deville, Compi. de Gaillon.) e

1. C'est à tort qu'on a fait naître Lenôtre d'un surintendant des jardins des Tuileries. Jean Lenôtre, père d'André, était tout simplement un des jardiniers de Louis XIII; il devint plus tard jardinier en chef. Le contrôleur général des jardins du roi, en 161 3, était André Bérard, sieur de Maisoncelle. C'est lui qui fut le parrain d'André Lenôtre.

2. « Un mois avant sa mort, dit Saint-Simon (Mémoires)^lQ roi, qui

DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 6l

LE NOURISSIER (Jean), maître des œuvres de maçonnerie du roi à Dijon. On le trouve en possession de cette charge en 1 496 ; il recevait encore un traitement pour les mêmes fonctions en ÏD04. [Inv. somm.^ Côte-d'Or.)

LÉON , abbé de la basilique de Tours, devint évêque de cette ville. Saint Grégoire dit de lui, dans son Histoire des Francs (iiv. X, ^ 3i) : « Il était très-habile ouvrier en bois, et savait faire des tours couvertes en or, dont quelques-unes sont encore en notre possession. Il se montra aussi fort habile dans d'autres genres d'ouvrages... Il siégea six mois et fut enterré dans la basilique de Saint-Martin. »

LE PAN construisit sur ses dessins, en 1740, des casernes dans l'île de la Moule, appelée « la petite ville d'Épinal en Bualménil ». (Durival, II, 198.)

LE PAPELART (Michel). Il existe dans la cathédrale de Châlons-sur Marne une tombe du XVI IP siècle ' sur

aimoit à le voir et à le faire causer, le mena dans ses jardins , et , à cause de son grand âge, le fit mettre dans une chaise que des porteurs rouloient à côté de la sienne, et Lenôtre disoit là : « Ah ! mon pauvre père, si tu vivois et que tu pusses voir un pauvre jardinier comme moi,, ton fils, se promener en chaise à côté du plus grand roi du monde, rien ne manqueroit à ma joie. » Ce vieillard de quatre-vingtsept ans, ébloui par les rayons du roi-soleil, et qui, comblé d'honneur et de joie, se rappelle pieusement le modeste auteur de ses jours , quoi de plus touchant et de plus digne ! Si j'avais à élever une statue à la mémoire de cet illustre artiste, je n'y voudrais pas d'autre inscription que ce tendre élan d'amour filial.

I. Malheureusement, en refaisant le dallage de l'église, on a fait disparaître une grande partie de l'inscription qui régnait sur les quatre côtés de cette tombe; mais la similitude de composition qui existe

laquelle est figuré un personnage tenant contre sa poitrine un modèle de construction. Cette tombe est celle de « Michies le Papelarz », mort en 1257. [Bull, arch.^ t. IL)

LEPAUTRE (Antoine), né à Paris le i5 janvier 1 621, devint architecte du roi et contrôleur général des bâtiments du duc d'Orléans '. Les principales œuvres de Lepautre sont, à Paris : Thôtel de Beauvais, rue Saint-Antoine* l'hôtel de Gesvres, à l'angle des rues Sainte- Anne et Saint- Augustin-, l'hôtel de Chamillart, rue Coq- Héron; l'hôtel bâti pour le chancelier de la Seiglière de Boisfranc, rue Saint- Augustin , lequel devint plus tard la propriété du duc de Trêmes -, l'église du monastère de Port-Royal (gravée par Marot); le maîtreautel de l'église Saint - Laurent -, la fontaine Saint -Victor. Comme architecte du roi , il eut à fournir les dessins du château de Clagny, destiné à M"™^ de Montespan ; mais cette dame, n'ayant pas été satisfaite du projet de Lepautre, s'adressa ensuite à Mansart. Il construisit aussi, pour le roi, l'Hôtel des Gardes, à Versailles, commencé seulement sur ses dessins et achevé par l'inspecteur des travaux Gallant. Il éleva à Saint-Cloud, pour le duc d'Orléans, les deux ailes du château et la partie supérieure de la grande cascade. On lui doit encore le château de Saint-Ouen, près Paris, bâti pour M. de la Seiglière de Boisfranc 2. En lôôy, les Jacobins de Lyon, f

entre elle et celle de Libergier, à Reims, ne permet guère de douter de la qualité du personnage doi^t elle recouvre la cendre. Evidemment, ce Le Papelart fut l'architecte de la cathédrale de Ghâlons. C'est la tombe d'artiste la plus ancienne qui existe.

1. Il était en possession de cette charge le 25 août i658, ainsi que le prouve une ordonnance portant cette date, et qui est ainsi conçue : « A Antoine Lepaultre, architecte ordinaire du Roy, la somme de douze cents livres par an, pour ses gages de l'année i655. (Rens. part.)

2. Le duc de Gesvres, gendre de M. de la Seiglière, vendit, en 1745,

voulant doter leur église d'un portail monumental, demandèrent à Lepautre un projet dont l'exécution fut confiée à un architecte lyonnais. A Saint-Germain-en-Laye , il bâtit un hôtel pour le comte de Lauzun K II fut désigné pour faire partie de l'Académie d'architecture, lors de son établissement, en 1671. Il mourut à Paris le 2 février 1682. On a de lui un recueil : « Œuvres d'architecture ». Paris ^ i652. In-fol. de 60 pi. 2 (P. de la Grave, Des Maisons royales. — L'abbé Lambert. — Dulaure, Env. de Paris. — Piganiol. — Arch. de l'art fr. — Jal , Dict. crit. — Cousin , L'Hôtel de Beaiivais.)

LEPÉE ou LESPÉE (De) construisit, en lySy, le chœur de la nouvelle église Notre-Dame de Bon-Secours , à Paris. Il fut admis à l'Académie d'architecture en 1728 et mourut en 1762. (Piganiol.)

la terre de Saint-Ouen à M™*^ de Pompadour. C'est dans ce château que fut donnée par Louis XVIII la Charte constitutionnelle. U fut démoli en 1816 et reconstruit bientôt après par Huvé, pour M™^ du Cayla.

1. On ignorait que Lepautre eût été l'architecte du comte de Lauzun; mais une lettre de Louvois, publiée par les Archives de l'art

français {1^ série, t. II), est venue révéler ce fait. Lepautre ayant reçu d'un sieur Durand, payeur des gardes du corps, à l'acquit du comte, 4,5oo livres à valoir sur les 5, 000 livres d'honoraires qui lui étaient dues pour les travaux de Saint-Germain, il se trouvait, en 1673, poursuivi en restitution des 4, 5oo livres par ce Durand, qui ne pouvait plus prouver ce payement , dont la quittance était entre les mains de Lauzun, alors détenu à Pignerol. Lepautre s'étant adressé au ministre, celui-ci écrivit à Saint-Mars, gouverneur de Pignerol, afin qu'il eût à réclamer cette quittance au prisonnier.

2. Le premier tirage de cet ouvrage est sans texte. Dans une seconde édition, portant l'adresse de Jombert, se trouvent 38 pages de texte par d'Aviler.

()4 niCTlONN'AIRK

LEPEE ou LESPÉE (De), fils du précédent, entra à l'Académie d'architecture en i 747 et mourut en 1 792.

LE PÈRE (Jean-Baptiste), né à Paris en 1761, partit en 1798 pour TÉgypte, comme membre de la fameuse expédition scientifique. De retour en France, il fut, en 1802, nommé, par le Premier Consul, architecte du château delà Malmaison. En i8o5, on Tadjoignit à Gondouin pour la construction de la colonne de la Grande-Armée. Il fut particulièrement chargé des mesures à prendre pour l'exécution et la pose de la partie métallique du monument, lesquelles devaient être combinées en vue de la dilatation libre du bronze. L'opération ayant réussi, l'empereur le nomma architecte du château deSaint-Cloud, où il construisit le bâtiment du grand commun et exécuta les préparatifs de la fête célébrée à l'occasion de la naissance du roi de Rome. Il fut également chargé, en 181 1, d'élever un obélisque destiné à perpétuer le souvenir de la campagne d'Egypte , lequel devait être placé sur le terre-plein du Pont-Neuf, à Paris. Cet obélisque eut été construit en granit de France, et par assises*, mais les événements de 18 14 interrompirent ce travail, qui fut ensuite abandonné. Sur le même emplacement , Le Père éleva le piédestal de la statue équestre de Henri IV. En 1 8 1 2 il fut nommé architecte du château de Fontainebleau , fonctions qu'il conserva jusqu'en i83o. Il fut aussi chargé de la nouvelle église de Saint- Vincent-de-Paul, à Paris- mais pour ce travail, commencé en 1824, il s'associa Hittorff, ^n gendre. Il mourut le 16 juillet 1844. {Rev. de l'arch.^ t. V. — Galimard, Not. sur Le Père. )

LÉPINE (Jean de), né à Angers dans le XV" siècle, construisit, en i554, la coupole ou tour Saint-Maurice, élevée entre les deux flèches de la cathédrale de cette ville, ainsi que

celle de la Trinité. On lui doit aussi le château de Verger, qui était élevé sur la commune de Seiches et sur la rive gauche du Loir; l'hôtel d'Anjou, à Angers , et le côté ouest du cloître de l'hôpital Saint-Jean, de la même ville. Il mourut dans sa ville natale et fut enterré dans l'église des Carmes. (Bodin, Rech. sur Angers. — Bull, archéol.., Rapp. de M. Binet, arch. — Port, Iiivent. de l'hosp.)

LE POTIER (Simon), maître des œuvres de la ville de Béthune, travailla en 141 2 aux fortifications de cette ville. (Mélicoq, Art. du Nord.)

LE PRESTRE (Abel et Blaise) sont cités par J. de Cahaignes , dans V Éloge de Sohier, comme d'illustres architectes caennais du XVP siècle. Biaise construisit à Caen , vers la fin du XV^ siècle , le portail latéral sud et quelques autres parties de l'église Saint-Gilles. (Th. Lebreton , Biog. norm.)

LEPREUX (Laurent), religieux de l'abbaye Saint- Martin, d'Épernay, fut désigné en i520, par son abbé, pour diriger la construction du chœur de l'église d'Épernay. [Rens. part.)

LE PRÉVOST (Jean) était très-réputé à Amiens, dans les premières années du XV^ siècle. Il travaillait en 141 o à la construction du beffroi de la ville. (Dusevel, i?^c/L hist.)

LEPRÉVOT (Jean), d'Amiens, fut appelé en i5oi à Saint-Omer, avec plusieurs autres architectes, pour donner son avis sur la restauration du vieux clocher de l'église Notre- Dame, laquelle restauration était projetée depuis 1472. En i5o3 il fut invité à se concerter avec Pierre Tarisel, architecte de la cathédrale d'Amiens, à propos de travaux à exécuter pour

la restauration de ce monument. Il prenait alors le titre de « maistre machon de l'église de Corbie ». (Hermant, Époques. — Goze, Rues d'Amiens.)

LE PROUST (Rolland) était architecte des bâtiments du roi en 1678. [Rens. part.)

LEQUEUX (Michel-Joseph), né à Lille le 25 décembre 1766, construisit dans sa ville natale le Grand-Théâtre (1785), qui fut agrandi en 1846 par Benvignat; Thôtel des Comptes et l'Intendance. Ce dernier édifice causa sa mort : il fut assassiné le 1 5 avril 1 786, dans les jardins dépendant de cet hôtel, par un jardinier auquel il donnait des ordres relatifs aux travaux. Il donna, en 1784, les dessins du Palais de Justice de Douai ^ mais il n'eut pas le temps d'achever l'exécution de cet édifice. {Rens. part. — Guilbert, Villes de France.)

LEROI. Bien que Christophe Gamard eut été chargé, en 161 5, de dresser les plans de la nouvelle église Saint-Sulpice, à Paris, un nouveau projet fut demandé à Leroi en i636. Ce projet, approuvé par qui de droit, devait être « pleinement exécuté » ; néanmoins Gamard fut rappelé en 1643, et jeta les fondements du chœur de la nouvelle éghse. Leroi éleva, rue du Mail, à Paris, une maison quia été gravée parMarot. [Arch. de l'art fr.., t. VI. — Recueil mss.f

LE ROI (Etienne), élève de Loriot, né à Versailles en 1737, remporta le grand prix d^ architecture en 1769, sur « une École d'équitation ». Il obtint son brevet d'élève de rÉcole de Rome le 28 août 1760. {Rens. part.)

LEROUX (Jacques), maître des œuvres de maçonnerie de l'église Saint-Maclou, à Rouen , fut appelé, en 1488 ou

1489, à Pont-Audemer, pour inspecter les travaux entrepris à la porte de Bougerue de cette ville. Il fut aussi Tun des architectes de la cathédrale de Rouen-, il succéda en cette qualité, en 1496, à Guillaume Pontifz, et continua la tour de Beurre, commencée par son prédécesseur, et qui ne fut achevée qu'en i5o6. Dans l'intervalle il fut appelé à Gaillon par le cardinal d'Amboise pour visiter les travaux du fameux château. Après avoir achevé la tour de Beurre, Leroux eut à s^occuper du grand portail de la cathédrale, qui menaçait ruine. Au mois de mai i5o7, il soumit au Chapitre « une figure sur papier » du nouveau portail à construire entre les deux grandes tours. Mais Jacques Leroux se retira peu de temps après, à raison de sa débilité et de sa vieillesse. Il présenta et fit agréer, pour lui succéder, son neveu Roulland Leroux, et mourut en i5io, le 27 mars. Ses restes furent inhumés sous le pavé de la cathédrale, dans le bas de la nef, {Deville^Rep. des arch. — Archiv. de Vartfr.)

LEROUX (Jean-Baptiste), élève de Dorbay , fut admis à l'Académie d'architecture en 1720, et devint professeur de cette Académie (adjoint à Bruant fils) en 1730. Il a construit, à Paris, les hôtels de Villeroy, rue de Varennes ; de Rohan-Chabot, dans la même rue; de Montbazon, rue de rUniversité. On lui doit aussi la décoration intérieure de l'hôtel de Brissac, bâti par Boffrand-, des travaux de décoration dans l'hôtel de Villars, élevé par Lelion ; la restauration de l'hôtel Bonnier de la Masson, rue Saint-Dominique ; l'achèvement de l'hôtel Roquelaure, commencé sur les dessins de L'Assurance et devenu l'hôtel Mole ; la décoration intérieure de l'hôtel Mazarin, Il mourut à Paris en 1740, âgé de soixante-neuf ans environ. (L'abbé de Fontenay, — Thiéry.)

• LEROUX (Martin). En 1420 il se rendit, avec son

confrère Guillaume de Bayeux, de Rouen à Tancarville pour inspecter les travaux exécutés au château de ce nom. (Deville, Chat, de Tancarville.)

LEROUX (Roulland). En i5o8 il dirigea l'opération du transbordement d'une fontaine de marbre envoyée d'Italie à Gaillon pour le château du cardinal d'Amboise. Il était alors associé à son oncle, Jacques Leroux, en qualité d'architecte de la cathédrale de Rouen, et succéda à ce dernier en i5io. L'oncle et le neveu avaient étudié ensemble un projet de reconstruction du grand portail de la cathédrale, mais ce projet ne fut pas adopté. Le 24 avril de la même année, R. Leroux présentait un nouveau plan. Le 17 mai suivant, on lui demanda un plan de détail, « un papier ou parchemin pour traité et figuré de là forme de l'ouvrage». En 1 5 14, la foudre ayant détruit la tour centrale de cette cathédrale, il fut chargé d'en réparer la partie supérieure, qui avait été calcinée par l'incendie. Il en profita pour ajouter à cette tour un étage supérieur où il plaça , dans une des niches du pilier d'angle regardant le couchant, une statue de maître maçon qu'on suppose être son portrait. En i5i8, au mois d'octobre, Leroux demandait et obtenait la permission de se rendre à Angers, où l'appelait l'archevêque de Lyon, « pour un certain édifice qu'il entendoit y faire »; Il donna, en i520, les dessins et dirigea l'exécution du tombeau de George .d'Amboise, dans la cathédrale de Rouen;, ses honoraires, pour ce dernier travail, furent de 40 écus au soleil, soit 80 livres du temps. 11 fit aussi, en i52i, le projet de la flèche, qui devait alors être édifiée en pierre, mais qui fut, on le sait, reconstruite en bois par R. Becquet. Il prit également part à la construction du Palais de Justice de Rouen. R. Leroux mourut en i527, et eut pour successeur à la cathédrale Simon Vitecocq. (Deville^ Comptes de Gaillon. Tombeau.)

LEROY remporta le grand prix d'architecture en lySg, sur ce sujet de concours : « une Ecole d^équitation ».

LEROY (Antoine) fut appelé, le 6 octobre i5i4,avec ses confrères Dedricq et Jean Gosset, pour inspecter les travaux de reconstruction du grand portail de la cathédrale de Saint- Omer. Il était de Saint- Bertin. (Hermand, Époques.)

LEROY (Claude-Pierre) construisit en i58i, pour Henri de Guise, le Balafré, le château d'Eu, qui fut élevé sur les ruines de celui des anciens comtes d'Eu. Toutefois, en 1661 , lorsque M''^ de Montpensier prit possession de ce manoir, il n'y avait encore de construit que Taile droite et la moitié du corps de logis du fond, donnant sur la Bresle. La date de la mort de cet architecte est donnée par l'inscription tumulaire suivante, provenant de l'ancienne abbaye d'Eu : « Gy devant gist et repose honneste homme Pierre-Claude Leroy, natif de la ville de Beauvais, en son vivant M^ Masson de Monseigneur le duc de Guise et comte d'Eu, et mesureur et arpenteur, qui trespassa le 10^ jour de novembre i582. [Bull, du Comité.^ t. IL — Joanne, Normandie.)

LEROY (Jean), « maître maçon » du château de Lille, travailla, en 1428 et en 1441 , à l'hôpital Saint-Julien, de cette ville, ainsi que cela est établi par deux quittances conservées aux archives départementales du Nord. A la quittance de 1428 est appendu le sceau de cet artiste -, il porte un écu au lion dans un trilobé, avec cette légende : s. (séel) jehan le roy. [Rens. part.)

LEROY (Jean) était, en 1455, l'architecte de la cathédrale d'Evreux, ainsi que l'établit le document ci-après : « Jourdain Corbin et Robin Chartrain, procureur des bour-

yO DICTION i\ A ! R [•:

geois, manans et habitans de la ville d'Euureux, a Gilles Lespringuet, receveur pour iceulx bourgois, salut. Nous vous mandons que des deniers de votre recepte, vous paiez et baillés à Jehan Gresillon, maistre ouvrier du pauey de la dite ville, la somme de cent diz soulz trois deniers tournois, à lui deubz pour XX et un toese de pauey, par lui fait, depuis la Porte Pointe ea allant droit aux Petites Halles aux bouchiers, Icelle XX toeses mesurées par maistre Jehan Le Roy, maistre masson juré de Téglise Notre-Dame d'Euureux » On lui attribue la flèche de cette cathédrale. (Bonnin, Rec. de doc.)

LEROY (Julien- David), élève de Jossenay et de Loriot, né à Paris en 1728, était fils du fameux horloger de ce nom. Il remporta le grand prix d^ architecture de lySo, et reçut son brevet d'élève de l'École de Rome le 22 octobre 1751. Après avoir passé quelques années en Italie, il se rendit en Grèce, où il séjourna plusieurs années. De retour en France, il publia « les Ruines des plus beaux monuments de la Grèce ». Paris .^ ijbS (2 tomes en i vol. in-fol.) ^ Admis la même année à l'Académie d'architecture-, il y fut nommé professeur en 1774, et y exerça ces fonctions jusqu'à la suppression des Académies. Lors de la création de l'Institut, il fut un des premiers appelés à faire partie de ce corps -savant. David Leroy a peu bâti : sa vie paraît avoir été absorbée par les seins du professorat et par des travaux archéologiques. Il avait, notamment, approfondi

I. Cet ouvrage fut accueilli avec succès, malgré les erreurs assez nombreuses qui s'y étaient glissées et qui furent relevées avec une certaine aigreur par l'Anglai-s Stuart, dans ses Antiquités d'Athènes. Leroy profita de ces critiques de détail en publiant une nouvelle édition de ce Recueil, qui parut en 1760. Cette dernière édition est, à ce point de vue, la plus estimée; mais l'édition de lySS a l'avantage de renfermer les premières épreuves des gravures.

tout ce qui touchait à la marine des anciens et à leurs constructions maritimes ^. Indépendamment de ses « Ruines de la Grèce », il a publié un assez grand nombre d'ouvrages, dont voici les titres : « Observations sur les édifices des anciens peuples, précédées de réflexions sur la critique des Ruines

I. Il s'était sans doute également occupé de la navigation moderne, car, en 1800, le ministre de la marine (Forfait) ne dédaignait pas de le consulter sur un projet « d'institution de marine ». Ce projet comprenait probablement l'idée de Paris port de mer, pour laquelle des hommes à projets ont pris dans ces derniers temps plus d'un brevet d'invention. Voici quelques passages du rapport adressé à ce sujet par D. Leroy au citoyen ministre (je possède ce document original) : « .... le bâtiment le Marquis de Puységur, du port de ibo tonneaux, bâti en l'année 1760 sous les murs des Invalides, a été un des meilleurs voiliers de la marine marchande dans les voyages qu'il a faits du Havre à la Martinique, Cayenne et Saint-Domingue, pendant les années 1763 à 1775. En 1767, plusieurs autres bâtiments ont commencé à naviguer du Havre à Paris. On citera le Saint-Ouen, de i5o tonneaux. Il y a trois ans que le bâtiment de l'État nommé le Saumon, du port de i5o tonneaux, armé de 14 canons, a fait un voyage du Havre à Paris, et le voyage a été dirigé par les premiers ingénieurs de la marine et des ponts et chaussées. L'an dernier le citoyen Thibault, de Rouen, a expédié à Paris le bâtiment la Parisienne; il y a fait plusieurs voyages La compagnie (représentée

par les sieurs Gauvani et Alègre, anciens armateurs du Havre) doit faire d'abord dix bâtiments arrivant à Paris en droiture des ports du

Havre, Honfleur, Pont-Audemer, Dives, Caen, Isigny, Dieppe »

Ce rapport est daté du 11 nivôse an viii. Mais, dès 1793, David Leroy avait été appelé à donner son avis sur une question analogue, ainsi que nous l'apprend une lettre à lui adressée par Rondelet, alors commissaire des travaux publics. Voici cette lettre : « Citoyen, hier, à la conférence du Comité de Salut public, il fut question de ton ouvrage sur les avantages qu'il y auroit à adapter les voiles latines aux petits bâtiments; je me suis chargé de t'inviter à aller voir, à ce sujet, le citoyen Dalbarade, commissaire de la marine, rue de la Révolution, au ci-devant Garde-Meuble. Srdut et fraternité. — Rondelet. >>

de la Grèce publiée dans un ouvrage anglais. » 1767, in-8°, — « Histoire de la disposition et des formes différentes que les chrétiens ont données à leurs temples, depuis le règne de Constantin le Grand jusqu'à nous.. » Paris, 1764. — « La Marine des anciens peuples expliquée. y> In-8° , 1777. — (( Les Navires des Anciens considérés par rapport à leurs voiles et à l'usage qu'on pourrait en faire dans notre marine. » In-8°, 1783. — «Recherches sur les vaisseaux longs des Anciens, sur les voiles latines et sur les moyens de diminuer les, dangers que courent les navigateurs. » In-8°, 1785. — « Canaux de la Manche à Paris. » — « Nouvelle voilure proposée pour les vaisseaux de toute grandeur. » — « Mémoire sur le lac Mœris. )> David Leroy mourut à Paris le 27 janvier i8o3 ^ (Gabet. — Brunet. — Rens. part.)

L'ESCALE (Jean-Guillaume), architecte de Tou-

I . David Leroy paraît avoir joui comme il le méritait de l'estime et de la considération de ses confrères. A sa mort trente artistes se réunirent, sous la présidence du vieux Cherpitel, pour aviser au moyen d'honorer dignement sa mémoire. Une souscription fut ouverte à cet effet, et, après avoir délibéré sur le choix du monument à élever au célèbre architecte, on s'arrêta à l'idée d'un buste et d'une médaille. Le buste fut confié au talent de Chaudet, et l'on chargea le graveur Duvivier de la médaille. Cette médaille porte au*droit la tête de Leroy, et au revers une colonne dorique sur laquelle repose l'oiseau de Minerve, une galère antique et un compas avec ces mots : « Voté par les architectes ses élèves. >> Je possède les minutes originales des procèsverbaux rédigés dans cette circonstance par Vaudoyer, secrétaire de la commission. Le premier de ces documents, daté du 12 prairial an xi, porte les signatures de Callet, Legrand, Leconte, Durand, Jules De- •lespine, Dupré, P. Vignon, Lussault. Charles Percier, H. Lebas, Villot, Coudray, Debret, Lelong, Rendu, Bonnevie, A. Jolly, Rebeilleau, Viguié, Hersent, Renault, Cherpitel, président^ Vaudoyer, 5ecr et aire.

louse, construisait en 1648 l'église de Gallan (Hautes-Pyrénées). Une difficulté s'étant élevée pendant la construction de cette église, en i554, J. de Beaujeu, architecte de la cathédrale d'Auch , fut appelé pour la résoudre. (L'abbé Caneto, Sainte-Marie d'Aiich.)

LESCOT (Pierre) naquit en i5i5 et, si l'on en croit Jean Goujon, il était Parisien. Il fut, comme son père, seigneur du fief de la Grange du Martroy, en la justice de Montreuil, et, comme son grand-père maternel, seigneur de Clagny. Lescot fut en outre conseiller et aumônier ordinaire du roy, abbé commendataire de Clermont, près Laval. Il fut en outre pourvu, le 18 décembre i554, d'un canonicat dans Téglise Notre-Dame de Paris. Sa première oeuvre connue est le jubé derégliseSaint-Germain-rAuxerrois,à Paris, exécuté de 1641 à 1644^ et dont la sculpture était l'œuvre de Jean Goujon. (Ce jubé fut détruit en 1760.) En i55o ces deux mêmes artistes élevèrent , à Tangle méridional des rues Saint-Denis et aux Fers, la fontaine des Nymphes, dite depuis des Innocents* Mais le Louvre est son œuvre capitale, celle qui a immortalisé son nom. Après en avoir dressé les plans, il en fut nommé l'architecte le 3 août 1646. Son traitement était fixé à 100 livres par mois. Il dirigea les travaux de ce palais pendant trente-deux ans, c'est-à-dire jusqu'à sa mort. On sait quelle est la part de Lescot dans ce monument magnifique qu'on appelle la cour du Louvre. C'est l'aile occidentale, depuis le pavillon de l'Horloge, exclusivement, jusqu'à l'angle sud-ouest du quadrangle, et la plus grande partie de l'aile méridionale, depuis cet angle sud- ouest jusqu'au pavillon qui fait face au pont des Arts. Il mourut à Paris le 10 septembre 1578, et son inhumation eut lieu le 12 dans la cathédrale de Paris. Ses restes furent déposés dans la chapelle Saint-Ferréol. Voici la traduction de l'inscription qui était gravée sur la pierre tumulaire de

Lescot : « a pierre lescot, de la famille des seigneurs de Lissy, sieur de Glagny, abbé commendataire du monastère de Sainte-Marie de Clermont, conseiller des rois François P'", Henri II, Charles IX et Henri III, sous lesquels il vécut chanoine de cette illustre Église de Paris. Il mourut le lo septembre 1 578, âgé de soixante-trois ans.

« Fils du frère du précédent, Léon, son neveu, par son héritage sieur de Clagny, et par sa résignation abbé de Clermont, conseiller du roi à la cour du Parlement, chanoine de l'Église de Paris, en souvenir de son oncle et bienfaiteur affectionné, a fait placer ce monument, qui marque aussi sa sépulture. Il mourut le 11 novembre 1624

(c Ce lieu, où je repose sur la terre, ne sera point ma dernière demeure \ celle-là est au ciel i. »

LESERON ou LESCRON (Nicolle). En iSgS- 1396 il dirigea « des œuvres et réparacions faictes en la ville et vicomte d'Evreux, c'est assavoir es maisons, halles, moulins et autres lieux appartenant au roy N. S. ou dit lieu d'Evreux, etc. ». Il était maître juré des œuvres pour le roi au bailliage d'Évreux. (De Laborde, Ducs de Bourg.)

LESOURD (Pierre) était en 166 3 architecte de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII. {Art. Orléanais.)

LESPINE (Jean de}.— ^V. DELESPINE (J.).

I. Un dessin de cette tombe a été découvert au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, par M. Jules Gailhabaud, dont l'érudition en matière d'iconographie est si bien connue et appréciée. Ce dessin a été gravé dans le second volume de la Topographie historique du vieux Paris, publiée par MM. H. Legrand et A. Berty.

LESPINE (Pierre-Jules de). — V. DELESPINE (P.-J.).

LESPINE (Pierre-Nicolas de). — V. DELES- PINE (P.-N.).

LESTRADE (de) fut reçu membre de l'Académie d'architecture en 1768, et mourut en 1770.

LESTURGEZ (Antoine). En 1667, « la grande fenêtre » du portail de l'église de Roye ayant été ouverte, ce travail fut confié à Quentin Bonnin , l'un des plus habiles maçons de Caix (Somme). Lesturgez fut consulté à cette occasion sur la question de savoir si, en pratiquant cette fenêtre en sous-œuvre, la chute du pignon n'était pas à redouter. (Dusevel, Églises.)

LESUEUR (J.) remporta le grand prix d'architecture en 1804, sur ce sujet de concours : « Palais pour un souverain ».

LESVEILLÉ (Nicolas), l'un des maîtres d'œuvres de l'église de Saint-Riquier, fut appelé, en i5o3, à Amiens pour se consulter avec Pierre Tarisel à propos de travaux de restauration projetés pour la cathédrale. (Goze, Rues d'Amiens.)

LETAROUILLY (Paul-Marie), né le 8 octobre 1795 à Coutances, vint à Paris en 1 814 et entra en 181 6 à l'ateher de Percier. En 1884 il fut chargé d'étudier un projet de restauration des bâtiments du Collège de France , à Paris, et fut nommé architecte de cet établissement. Il a prolongé et achevé la façade sur la place Cambrai, construit les pavillons qui bordent la cour de la rue Saint- Jacques, et élevé le portique

yÔ DICTIONNAIRE

ménagé pour communiquer d'une cour à l'autre. Mais l'œuvre la plus considérable de Letarouilly, c'est le grand ouvrage qu'il a publié sous ce titre : « Les Édifices de Rome moderne. » Ce recueil, commencé en i823, l'occupa jusqu'à son dernier jour -, il avait préparé la publication d'un autre ouvrage : « Le Vatican et Saint-Pierre de Rome )), lequel est resté inachevé. Il reçut la croix de la Légion d'honneur et mourut en i855. (Ad. Lance, Not. sur Letarouilly .)

LETELLIER construisit, en 1702, les bâtiments du monastère de Saint-Martin -des-Ghamps, à Paris, occupés aujourd'hui par le Conservatoire des Arts et Métiers. (L'abbé Pascal, Saint-Nicolas-des-Charnps.)

LETELLIER (Achille) succéda, de 1602 à i6o5,à Jean Crépin , comme architecte de l'église des Feuillants , à Paris, dont le portail fut élevé plus tard par F. Mansart. Il est qualifié dans un compte « conducteur de la fabricque » ou « de la besogne ». Il recevait à ce titre 24 sous par jour. (Berty, ro^o^.,t. I.)

LETELLIER (Guillaume) fut un des premiers architectes de l'église de Gaudedec, qu'il construisit dans la seconde moitié du XV^ siècle. Mais l'œuvre de Letellier subit des modifications dans le siècle suivant. En 1 5 1 7, pour allonger l'église, on abattit le portail primitif qui s'alignait avec le clocher et, après avoir ajouté deux travées à la nef, on édifia celui qui subsiste encore. L'œuvre du premier architecte est d'ailleurs facile à distinguer des adjonctions de ses successeurs : Letellier s'arrêta aux deux voûtes percées chacune d'une de ces ouvertures circulaires qu'on appelait l'O de l'église, et qui étaient ménagées pour le levage des cloches et le montage des matériaux nécessaires aux réparations. Au surplus , l'inscription

tumulaire suivante fixe exactement la part de Letellier comme architecte de l'église de Caudebec :

CY DEVANT GIT GUILLAE LETELIER NATIF DE FÔTAINES LE PIN PRÈS • FALLAIZE EN SON VIVAT MAITRE MACÔ DE CETTE EGLISSE DE CAUDEBEC QUI PAR LESPACE DE TRENTE ANS ET PLUS EN A EU LA CONDUITE PENDANT LE QUEL TEMPS A ACHEVE LOO ET

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