‹ Dictionnaire des architectes français (volume 2)Chapitre 7 sur 125 · Voir la note qui termine l'article Claude Perrault · texte numérisé non relu

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bastiments ». Mais les travaux ayant marché très-lentement jusqu'en 1668, la mort le surprit avant qu'il eût achevé son œuvre -, c'est Dorbay, son successeur, qui y mit la dernière main. Levau fut le premier architecte de l'église Saint-Sulpice, à Paris -, il en jeta les fondements et éleva la chapelle de la Vierge; les travaux furent continués après lui par Daniel Gittard. C'est à lui aussi qu'on doit la chapelle de la Salpêtrière, généralement attribuée à Bruand, et probablement les plans de l'église Saint- Louis en File, car cette église fut commencée par lui. Parmi les autres oeuvres de cet artiste exécutées à Paris, on peut citer l'hôtel du contrôleur général des Finances ' ; la maison de Bautru, appelée par Sauvai « la Gentille », et qui a été gravée par Marot ; Thôtel de Pons , rue du Colombier, bâti pour le président Tambonneau; l'hôtel Deshameaux, qui avait, dit Sauvai, « une Chambre à Titalienne » -, les hôtels d'Hesselin et Lambert, dans Tîle Saint-Louis-, Thôtel de Rohan, rue de F Université. Il faut mentionner encore le château de Livry, nommé depuis le Raincy, bâti pour Tintendant des finances Bordier , et qui a été démoli pendant la Révolution; le château de Seignelay, résidence d'été de Colbert; le château du Saint-Sépulcre, près de Troyes, gravé par Marot -, le château de Bercy, que fit reconstruire le marquis de Nointel, et enfin, en i665, — il était alors Premier architecte du roi, — deux pavillons et une orangerie ajoutés à l'ancien château de Versailles bâti par Louis XI IL —

I. Cet hôtel était situé rue Neuve-des-Petits-Champs, en face la rue Royale (aujourd'hui Ventadour). Il fut bâti pour Hugues de Lionne, secrétaire d'Etat; mais Louis XIV en ayant fait l'acquisition, il servit à loger les ambassadeurs extraordinaires. Plus tard, il fut occupé par M. de Galonné. C'est sur l'emplacement de cet hôtel et de son jardin qu'a été construit le théâtre occupé aujourd'hui par les chanteurs italiens.

Levau mourut en 1670 '. (L'abbé Lambert. — Piganiol. — Thiéry. — L. Vitet, Le Louvre. — Lazare. — Jal, Dict. crit. — Duchêne aîné, Not. sur J.-H. Mansart.)

LEVÉ (Pierre) donna, vers 1710, les plans de l'hôtel d'Autun, situé à Paris, rue Neuve-Saint-Augustin, lequel devint plus tard la propriété du duc de Richelieu -, la maison du marquis de Creil, sise rue de Richelieu, vulgairement appelée l'hôtel des Chiens 2. (Piganiol.)

LEVIEIL (Antoine). Leismars 1470 il reçut, à titre d'honoraires, 6 livres tournois, « pour avoir esté plusieurs fois visiter les ouvraiges de machonnerie nécessaires à faire l'ostel de la Salle, à Valenciennes». (De Laborde, Ducs de Bourg.)

LEVIET. — V. VIET.

LE VINGHON (Martin). En 140 2, des travaux ayant été confiés par la ville de Béthune à Gautier Martin, maître des œuvres de la ville de Gand, on les fit recevoir par Le Vinchon, dit Martin d'Arras, et d'autres architectes. Vers la même

I. Voici l'acte de décès de L. Levau tel qu'il était inscrit au registre de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerroi* : « Led. jour (samedi, 1 1 oct. 1670), fut inhumé Messire Louys Leuau, âgé de cinquante-sept ans environ, décédé ce matin à trois heures, viuant conseiller du Roy en ses conseils, Intendant et ordcînnateur général des bastiments de Sa Majesté, premier architecte de ses bastiments, secrétaire de S. M., maison et couronne de France, etc., pris deuant la rue des Fossés, à l'ancien hostel de Longueville. »

■ F 2- Cet hôtel fut bâti pour François Mauricetde la Cour, auquel on donna le surnom de La Cour des Chiens, parce que Marie Mauricet, sa sœur, avait épousé Pierre Deschiens, un des plus célèbres financiers du temps.

époque cet artiste, qualifié de maître des œuvres de l'église Saint-Wast, d'Arras, fut appelé à donner son avis sur un différend qu^avait la ville de Béthune avec deux entrepreneurs. (Mélicocq, Art. du Nord.)

LHOTE présenta un premier plan pour la construction du grand théâtre de Bordeaux, mais ce plan ne fut pas agréé. Plus tard, en 1773 , Louis ayant été chargé de cet édifice, il employa Lhôte comme dessinateur. En 1783 il fit un projet de distribution des terrains du château Trompette, dans la même ville. En 1 790, il était président de PAcadémie d'architecture, sculpture et peinture de Bordeaux. Il a construit, rue Esprit-des-Lois, l'hôtel qui a été occupé dans ces derniers temps par la succursale de la Banque de France. ( Detcheverry, Théât. de Bordeaux.)

LIBERGIER (Hugues) fut l'architecte de l'église Saint- Nicaise, de Reims, qu'il commença en 1229. Il mit, dit-on, trente ans à la bâtir, mais sans pouvoir accomplir son œuvre -, il éleva le portail, les deux tours, la nef et ses collatéraux. Robert de Coucy lui succéda, et fit le chœur et les chapelles du rond-point, Libergier mourut en j 263 et fut inhumé dans l'église qu'il avait bâtie, laquelle fut vendue comme bien national pendant la Révolution et démolie. Il faut rendre cette justice aux démolisseurs qu'ils ne s'opposèrent pas à ce que la dalle tumulaire qui recouvrait les restes de Libergier fut transportée et conservée à la cathédrale, où on la voit encore. Cette pierre est gravée et représente le grand architecte tenant de la main gauche une verge graduée, et de la droite un modèle d'église avec deux flèches, comme Saint -Nicaise. A ses pieds sont graves un compas et une équerre -, à droite et à gauche de la tête sont deux anges tenant des accessoires. Au pourtour de la dalle on lit l'inscription qui suit :

^ Cl. GIT. MAISTRE. HUES. LIBERGIERS. QUI. COMENSA. CESTE. EGLISE. AN. LAN. DE. l'iNCARNATION. M. CC. XX. IX. LE. MARDI. DE. PAQUES. ET. TREPASSA. LAN. DE. LINCARNATION. M. CC. LXIII. LE. SAMEDI. APRES. PAQUES. POUR. DEU. PRIEZ.

FOR. LUI. {Ann. arch.^t. I. — VioUet-le-Duc, D/c/.)

LIEGEON a construit, sous Louis XVI, l'hôtel de Balincourt, situé rue de la Pépinière, près celle du faubourg Saint- Honoré. (Thiéry.)

LIENARD DE LA REAU, artiste limousin, fut, en 1541, Tarchitecte de l'une des trois chapelles (celle dédiée à Saint-Pierre) qui servent aujourd'hui de sacristie à l'église Notre-Dame de Fontenay-le-Comte (Vendée). Le nom de cet artiste, gravé sur une des parois externes de cette chapelle, a été découvert dans ces derniers temps par M. B. Fillon. (Fillon, Doc. artist.)

LIEVAIN continua, en I7i4,réglise des Théatins, située à Paris sur le quai de ce nom, et qui avait été commencée par le pèreGuarini, architecte italien. (Piganiol.)

LIGNY (Thiébault de) fut un des architectes du comte de Blois Louis IL On conserve dans les archives municipalesde Blois la quittance d'une somme de 10 livres tournois, montant d'un quartier des gages de cet^ architecte, lesquels étaient de 40 livres par an. Cette quittance est datée du « dymancheaprès la Saincte Crois de may » de l'année i354.

- LISEZ (Pierre) ou LIZE commença, en 1764, lareconstruction de l'église Sainte-Elisabeth, de Nancy, laquelle fut bénie par l'évêque de Toul le 25 mai 1766. On lui doit

aussi le portail de la nouvelle église des Sœurs-Grises, de la même ville. (Lionnois. — Durival.)

LISLE (de). — V. DELISLE.

LISSORGES (Guillaume), surnommé le Sourd de Bournazel. Il éleva en i533 le grand portail, la galerie et les pilastres de la cour intérieure du château de Graves. Il est probable qu'il fut l'élève et le successeur de Baduel. (Marlavagne, Art. du Rouergue.)

LOINTIER, En 1689 ou 1690 il fut envoyé , avec son confrère Lecomte, à Tours, pour mettre enchère à l'adjudication des travaux de cette ville. (Port^ InveJit. analyt.)

LONGUESPÉE (Charles), commis à la conduite des ouvrages de la ville d'Aire , fut appelé à Béthune en 1 640 , pour donner son avis sur des travaux à faire aux fortifications. Il s'agissait du boulevard de la Tour-du-Colombier, et de la question de savoir si les fondations de cet ouvrage seraient bâties sur pilotis ou simplement élevées sur des parpaings (libages). (Mélicocq, Art. du Nord.)

LORCIGNES (GuÉRiN de). Louis de Bourbon, comte de Clermont, ayant donné à la « confrérie du Saint-Sépulcre d'Outremer » 200 livres parisis pour acheter l'emplacement d'un hôpital et d'une église destinés à recevoir les pèlerins de passage à Paris, un terrain fut acheté rue Saint-Denis, entre les rues Saint-Magloire et Aubry-le-Boucher. L'église du Saint-Sépulcre, dont la première pierre avait été posée le 18 niai i326, fut inaugurée le jour de Noël 1327. On lisait sur le portail Tinscription suivante : lan de grâce m. ccc. xxvii,

LE VENDREDY devant NOËL, FUT CHANTÉE LA PREMIÈRE MESSE DE

GESTE ÉGLISE, ET SES FONDEMENTS LEUEZ, SI COMME IL APPERT PAR MAISTRE GUÉRIN DE LORCIGNES, QUI ÉRIGEA CE PORTAIL, ET LE

FONDA PREMIÈREMENT , etc. (Du Brcul. — Jaillot.)

LORIER (Regnault) était maçon juré du roi en 1403. (V. Raymond du Temple.)

LORI OT fut admis à P Académie d'architecture en lySô ; il devint professeur en 1748 et mourut la même année.

LOUIS (J. -Victor) naquit à Paris en lySô, partagea en 1755, avec Maréchaux, le grand prix d'architecture ' et partit Tannée suivante pour Rome. De retour à Paris on le trouve, en 1763, à Chartres^ où il restaura le chœur de la cathédrale 2, En 1 765 il construisit la chapelle sépulcrale annexée à l'église Sainte-Marguerite, située rue Saint- Bernard, à Paris, et décora la chapelle du couvent de Notre-DamiC-de-Bon-Secours, faubourg Saint- Antoine. Vers la même époque, et dans la même ville, il fit une nouvelle décoration de la cour principale, ainsi que des jardins de l'hôtel de Richelieu, dont l'entrée était rue

1. Il y a peu d'exemples d'un grand prix d'architecte remporté par un jeune homme de vingt ans; Mesnager et Louis sont les seuls architectes qui se soient distingués par cette précocité. Toujours est-il que la supériorité de sa composition mérita à Louis un prix hors rang avec médaille d'or et pension de Rome. C'était bien débuter. On sait que la pension n'était pas alors, comme elle l'est aujourd'hui, la conséquence obligée du grand prix. ''

2. Œuvre déplorable, il faut le dire. La belle architecture du chœur de Chartres disparut sous d'abominables choses composées de stucages, de dorures, de marbreries, etc Entre les piliers du sanctuaire

- Louis figura des rideaux en stuc bleu bordés de franges en plomb doré! Si ces mutilations sacrilèges n'étaient surtout dues au détestable goût de l'époque, en fait d'archéologie, il faudrait se refuser à croire qu'un aussi habile artiste ait pu les commettre.

DES ARCHITECTES P^RANÇAIS. 89

Neuve-Saint-Augustin, en face de la rue d'Antin . Il construisit, dans les années 1782 et 1783, au Palais-Royal, le théâtre des Petits Comédiens du comte de Beaujolais ^\ en 1784, les bâtiments en bordure sur le jardin du Palais -Royal et le Cirque élevé au milieu de ce jardin. Ce cirque , décoré en compartiments de treillage, figurait un bosquet peu élevé, avec des plantations d'arbustes et des effets d'eau sur la terrasse , qui en formait la couverture. Cette construction fut d'abord destinée à des exercices d'équitation, lesquels n'eurent jamais lieu 2. De 1786 à 1790, Louis construisit la salle actuelle du Théâtre-Français , élevée en façade sur la rue de Richelieu et sur l'ancien jardin des princes d'Orléans. En 1792-1793 il construisit, dans la même rue et sur l'emplacement de l'ancien hôtel Louvois, un théâtre plus vaste que le précédent , lequel fut inauguré , sous le nom de Théâtre des Arts, le 28 juillet 1794, par l'Opéra, qui avait occupé depuis 1781 la salle de la Porte Saint-Martin 3. Vers 1791,

1. Ces petits comédiens n'étaient autres que des marionnettes, c'est-à-dire des comédiens de bois complétés par des chanteurs qu'on entendait sans les voir. Les marionnettes furent bientôt remplacées par des enfants, puis par de grandes personnes. C'est là que Brunet fit sa réputation. Le théâtre fut d'abord loué à Gardeur pour la somme annuelle de 1 5,000 fr., puis il devint la propriété de la Montansier. Sous la Restauration on en fit un café-spectacle, le Café de la Paix. C'est aujourd'hui le théâtre du Palais-Royal.

2. On y tint des assemblées, on y donna des fêtes, des scènes et des représentations scéniques, avec des expositions d'objets de curiosité. Son étendue occupait, entre les deux allées, l'emplacement du bassin et la plus grande partie des deux parterres. Il fut d'abord loué à Rose, restaurateur, qui y fit un petit théâtre; puis à Gervais et Desaudrais, jusqu'au moment où il fut brûlé, le 16 décembre 1799. Cet édifice figure sur le plan de Paris de Verniquet. •

3. Ce Théâtre des Arts, élevé par des spéculateurs, avait été con-

go DICTIONNAIRE

Louis fut chargé de construire, à Rouen, un théâtre qu'il commença, mais que la Révolution ne permit pas de continuer. On a vu longtemps dans cette ville , rue de Fontenelle et rue de Crosne, les amorces d'un portique rappelant, par son ordonnance, celui du Théâtre-Français de Paris. On sait que Louis exécuta à Bordeaux des travaux nombreux et considérables. En 1773, le 2 3 avril, il arrivait dans cette ville pour présenter les plans du Grand-Théâtre, lesquels furent approuvés le 18 mai suivant. Il commença la construction de cet édifice en 1775. Au mois d'avril 1776 il fut chargé de l'organisation des fêtes données à l'Intendance de Bordeaux pour la réception du duc et de la duchesse de Chartres, dont il devint plus tard l'architecte. Indépendamment du Grand-

struit économiquement, comme il convenait à un édifice provisoire; on y avait ménagé des boutiques sur la façade latérale afin d'augmenter le produit de l'immeuble, et sans tenir compte de cette considération qu'on multipliait en même temps ainsi les chances d'incendie. (C'est ce qu'a fait dans ces derniers temps l'administration municipale de Paris pour le théâtre du Châtelet et le Tribunal de Commerce, mais sans avoir, pour cette déplorable combinaison, l'excuse d'une entreprise particulière qui, naturellement, comme c'est son droit, peut sacrifier au lucre tout intérêt d'art ou d'ordre public.) Ce théâtre ayant été, en 1820, témoin de l'assassinat du duc de Berry, il fut condamné à disparaître du lieu qui avait été souillé parce crime» Debret fiït chargé de le démolir et deli reconstruire rue Le Peletier» Heureusement cet artiste se contenta de reproduire purement et simplement l'œuvre de Louis, ce qui nous permet aujourd'hui d'admirer cette salle de spectacle dont l'ordonnance est si grande et si belle! L'Opéra actuel est menacé à son tour d'une destruction prochaine, néanmoins l'œuvre de Louis ne sera pas pour cela anéantie ; l'habile architecte du Nouvel Opéra, plus désireux de bien faire que d'innover, ■ s'est approprié judicieusement la savante disposition et les grandes lignes de ce magnifique vaisseau; un reflet du génie de Victor Louis se retrouvera donc encore dans le monument définitif auquel le nom de Charles Garnier doit rester glorieusement attaché.

Théâtre, Louis a construit à Bordeaux l'hôtel Saige (aujourd'hui la Préfecture) ^ l'hôtel du comte Rolly, place du Théâtre et rue Mautrec ; Thôtel Nairac, près le Jardin public ; la maison Fonfrède, à Tangle de la place Richelieu et du Chapeau- Rouge ; la maison du trésorier de France Legris, rue Espritdes-Lois *, la maison de M. Lamolère, à l'un des angles de la rue Esprit-des-Lois et de la place Richelieu ; la nouvelle grille du Chapeau -Rouge. En 1784 il fut mis en concurrence avec L'Hôte pour l'étude d'un projet de distribution des terrains du Château-Trompette, et il l'emporta sur son concurrent • mais ce projet ne fut pas réalisé. Vers la même époque, il fut appelé à Varsovie par le roi de Pologne, dont il était l'architecte, pour bâtir un palais dans cette ville ; il se fit accompagner par un architecte nommé Amoudru, qui sans doute fut chargé de la surveillance des travaux. Une partie du portefeuille de Louis est devenue la propriété de la mairie de Bordeaux. Outre une trentaine de dessins relatifs au Grand-Théâtre, cette collection comprend un projet de décoration des terrains du Château- Trompette ; deux plans d'une place monumentale pour la ville de Marseille • les plans d'une nouvelle Halle au blé pour la ville de Bordeaux-, six plans relatifs à la maison Fonfrède; trente-neuf plans, croquis, vues d'Italie, etc, quinze plans de diverses églises pour la France et pour l'étranger; trente-cinq projets de divers édifices, églises, phares, etc.; trente -cinq plans et dessins du château royal projeté par le roi Stanislas H, pour Varsovie ; une quarantaine de plans, coupes et élévations relatifs à l'agrandissement du Luxembourg, aux réparations proposées pour le Panthéon, aux changements opérés à l'hôtel du maréchal de Richelieu, aux fêtes données par l'ambassadeur d'Espagne lors du mariage du Dauphin , à un pont triomphal dont la construction avait été projetée sur la Seine, à Paris, à des modifications projetées pour le palais des Tuileries, etc. Il a publié un ouvrage sous ce titre :« Salle de spectacle

de Bordeaux» . Paris, Esprit, i782,in-fol. Il est juste d'ajouter à la liste des œuvres de Louis une pièce de comédie intitulée : « Le Prince dupé ». Il mourut en 1807, selon certains biographes, et selon d'autres en 1810 ou 181 1 '. (Piganiol. — ■ Roquefort. — Legrand et Landon. — Dussieux. — De la Querière , Ancien Hôtel de pille. — Detcheverry, Théât. de Bordeaux. — Petites Affiches de la cour. ( 1784.)

LOUIS. Un architecte de ce nom construisit PHôtel de

I. Dussieux fait mourir Louis à l'hôpital en 1807, mais il n'appuie son dire d'aucune preuve. M. Detcheverry [Hist. des Théâtres de Bordeaux^ auteur d'un excellent travail biographique sur ce célèbre architecte, déclare n'avoir eu connaissance d'aucun document qui puisse permettre de conclure pour Louis à une fin si déplorable ; toutefois il pense qu'il a dû mourir dans la misère. Je n'ai malheureusement plus sous les yeux le livre de M. Detcheverry, mais je me souviens très-bien que, dans l'étude si consciencieuse faite par lui de la vie et des ouvrages de Louis, il 'assure avoir suivi la trace de l'illustre artiste jusqu'en 1810 ou 1811. Toujours est-il qu'après avoir travaillé sans relâche durant un demi-siècle et plus, après avoir doté Paris et surtout Bordeaux de monuments admirables, Louis mourut pauvre dans quelque coin encore ignoré. On ne s'en étonne guère, d'ailleurs, quand on sait à quels mauvais procédés, à quelles indignes tracasseries il fut en butte de la part des jurats de la ville de Bordeaux; indignités qui, la Révolution aidant, finirent par le ruiner. Il faut lire cette laide histoire dans le livre de M. Detcheverry et aussi dans les Dou:^e Lettres de Victo/ Louis, publiées par M. Ch. Marionncau, pour avoir l'idée des tortures morales infligées gratuitement au pauvre grand artiste par l'ancienne municipalité bordelaise. Ah! sans doute, la ville de Bordeaux rend justice aujourd'hui à celui qui a tant contribué par son génie à la rendre belle et agréable, mais rien n'effacera le souvenir des persécutions dont elle a jadis accablé un des plus illustres architectes du dernier siècle. On doit d'ailleurs à la mémoire de Louis de ne pas l'oublier.

DES ARCHITECTES FRANÇAIS. qS

ville de Troyes, commencé en 1624 et terminé seulement en

1670 K ( Grosley , Eph ém érides . )

LOUIS (le frère) , religieux oratorien, a construit dans les premières années du XVI IP siècle, à Dijon, l'église du couvent des Bernardins, qui fut achevée en 1768 2, et à Beaune la chapelle du Collège. (Gourtépée.)

LUGE (Jacques), architecte de Philippe le Bel, fut chargé de diriger les travaux qui s^ exécutèrent à cette époque

1. Grosley, qui admirait beaucoup l'architecture de l'Hôtel de ville de Troyes, se refuse à croire que cet édifice soit l'œuvre d'un artiste aussi peu célèbre que celui-ci; aussi croit-il pouvoir l'attribuer à Louis Métezeau, « architecte fort employé, dit-il, sous Louis XIII ». Patris- Dubreuil, dans la deuxième édition qu'il donna en 181 1 des « Ephémérides », combat l'opinion de Grosley en disant que si Louis n'est que le prénom de l'architecte de l'Hôtel de ville, ce prénom ne peut être celui de Métezeau, qui s'appelait Clément. Ces deux écrivains se sont trompés chacun à sa façon. Un architecte du nom de Louis Métezeau vivait en effet sous Louis XIII, seulement il ne put commencer en 1624 les travaux dont il s'agit, attendu qu'il était mort depuis i6i5. Voilà ce que Patris-Dubreuil aurait pu opposer à l'assertion de Grosley, s'il n'eût ignoré lui-même l'existence de Louis Métezeau. Conclusion : rien ne s'oppose donc à ce que l'Hôtel de ville de Troyes soit l'œuvre d'un architecte s'appelant tout simplement Louis. Je dois ajouter que Dargenville {Vie des Architectes) attribue cet édifice à François Mansart; si Dargenville ne s'est pas trompé, on pourrait en conclure que le célèbre architecte de Mazarin aurait donné les dessins de l'Hôtel de ville, et que Louis aurait seulement eu la surveillance des travaux.

2. Les bâtiments de ce couvent sont occupés depuis i8o3 par l'hospice Sainte-Anne, maison d'éducation affectée à l'instruction de cent quarante jeunes filles pauvres.

pour Tagrandissement des bâtiments du Palais de Justice de Paris. [Rech. arch. sur le Palais de Justice.)

LUILLY. — V. LULLY.

LU DE M AN (Jean) fut T un des maîtres d'oeuvres de la ville de Strasbourg. Il était d'une famille d'architectes originaires de la ville de Haguenau. En 1474 et 1478 il fut consulté au sujet des fortifications à élever pour se mieux défendre d'une attaque dont la ville était menacée par Charles le Téméraire. Il construisit à la même époque, et dans la même ville, le couvent de Sainte -Marguerite. L'évêque de Strasbourg le nomma, en 1497, architecte de son évêché pour les constructions militaires. (Schnéegans, Maîtres d' œuvres.)

LUSSAULT remporta le grand prix d'architecture en 1792, sur « un Palais pour un prince du sang ».

LUSSON (Louis- Adrien), architecte du Gouvernement, né à La Flèche le 4 août 1790, vint à Paris en 1806 et fit ses études à l'Ecole des Beaux-Arts, sous la direction de Percier. Il mourut à Rome le 9 février 1 864, et légua à la ville du Mans les nombreux dessins rapportés de ses voyages en Italie, en Sicile, en Angleterre, eja Belgique, en Hollande, en Espagne, etc. Il a élevé à Paris, boulevard de la Madeleine, l'ensemble d'habitations connu sous le nom de cité Vindé. {Rens. part.)

LUSURIER (Antoine) fut l'un des architectes de la cathédrale de Sens. En 1468 il remplaça dans ces fonctions Symonet Le Mercier, et reçut 40 sous tournois pour sa pension. On le retrouve plus tard, en 1490, parmi les maîtres

DES ARCHITECTES FRANÇAIS. qS

maçons qui élevèrent le portail sud du transept. (Quantin, Not. hist.)

LULLY ou LUILLY (Arnoult de), architecte de Louis P'", duc d'Orléans. En 1394 il lui fut remboursé la somme de 8 livres i o sous 3 deniers pour la dépense faite par lui et d'autres officiers de la maison du duc, pour (f veoir et visiter les euvres et réparacions nécessaires à faire es contez de Bloys et de Dunoys, entre Chasteaudun et Bloys ». En 1396, le 6 décembre, il reçut, comme maître des oeuvres de maçonnerie du duché d^Orléans, 26 livres 10 sous, « à cause de 3 sols par jour qu^il prenait de gages à raison de son dit office ». En 1400 il chargea deux maîtres maçons de la petite ville de Bonneval, nommés Bouteroue et Gomelle, de reconstruire les tours de la porte Bourgogne, à Orléans. En 141 8, Robert Paré et Etienne Gaudin lui avaient succédé. (De Laborde, Ducs de Bourg. — De Buzonnière.)

LUZARCHES (Robert de) , ainsi appelé du bourg de nie de France, où il naquit, fut l'un des architectes de la cathédrale d'Amiens. Cette église ayant été incendiée en 12 18, révêque Evrard de Fouilloy chargea, en 1220, Robert de la reconstruire. En 1223, les fondations de la nef étaient achevées et, probablement, le transept sud était élevé à quelques mètres au-dessus du sol, lorsque Thomas de Gormont succéda à Robert. L'effigie de Robert de Luzarches et celles de ses successeurs , Renaud et Thomas de Gormont , étaient incrustées dans le labyrinthe du pavé de la cathédrale, ainsi qu'une inscription en lames de cuivre où se trouvaient les noms de ces artistes et la date de la fondation de l'édifice (V. GORMONT (Renaud de). Une autre inscription, découverte vers 1844 et donnée par MM. Jourdain et Duval dans leur Description du

Portail Saint - Honoré , paraît se rapporter également à Robert de Luzarches. Cette inscription, qui couvre la plinthe de la galerie du premier étage (façade du transept sud), a été lue ainsi quMl suit :

~\- EN l'an Q L^'iNCARNATIÔ VALOIT m ce et XX KO. ..... .

RS : IFU : RiMiST :

LE PREMIERE PIERE : lASIS LECORS ROBERT'

I. Voici la restitution partielle de cette inscription, telle qu'elle est proposée par MM. Jourdain et Duval : « En l'an que l'incarnatio VALOIT M. ce ET XX, Roy de Fratice Phelippe : Everard evesque : Lors IFU RiMisT LE PREMIERE PIERE, etc. » Lcs autcurs de la Description du Portail Saint-Honoré ajoutent à ce texte les réflexions suivantes :

:< Reste l'intervalle compris entre les mots iasis et Lecors, et celui

entre Lecors et Robert. Doit-on lire iasista, iasistoit, ou bien iasist pour ietablit, ou plutôt iasise pour ici assise (la pierre)? Quel sens donner au mot cors? celui de corpus, de cor ou de chorus? Observons seulement qu'entre iasis et Lecors, il n'y a de place que pour

deux lettres, trois au plus, et que le nom de Robert pourrait avoir été précédé de la qualification de Maistre. » Cet essai de restitution de l'inscription dont il s'agit et l'annotation qui en est la suite ne m'ayant pas paru très-satisfaisants, j'ai prié mon ami A. de Montaiglon, professeur à l'École des Chartes, de m'aider à élucider la question, et il est résulté de cette consultation les observations ci-après, qui me semblent àpeu près incontestables : 1° L'inscription est en vers de huit pieds, ce qui a échappé au* investigations de MM. Jourdain et Duval; 2° le mot incarnation doit être écrit avec un C et non avec un T et un O tilde. Cette inscription commence ainsi :

en l'an q (que) l'incarnacion

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