‹ Dictionnaire des architectes françaisChapitre 54 sur 85 · DES · texte numérisé non relu

DES

ABADIE (Paul), élève de Bonfin et de Percier, né à Bordeaux le 22 juillet 1783, vint à Paris en 1806 et y resta jusqu'en 181 1. Devenu en 1818 architecte de la ville d'Angoulême, il éleva dans cette cité divers édifices, notamment le Palais de justice, l'hôtel de la Préfecture, les Abattoirs, la Prison, le nouveau portail de l'église Saint-André, la petite église attenant au séminaire. Abadie fut nommé en 1 836 chevalier de la Légion d'honneur, et en 1845 membre correspondant de T Académie des beaux-arts. Il mourut à Bordeaux le 3 décembre 1868. {Rem. part.)

ABEILLE. Il donna, vers le milieu du XVIIIe siècle, les plans de la maison Mullin, située à Genève, rue de la Cité. Cette habitation est aujourd'hui connue sous le nom de De Saussure. (Dussieux, Art.fr.)

DICTI0NNA1 Kl

ADAM. Probablement l'un des architectes de la cathédrale de Poitiers, à la fin du XIIe siècle. Ce nom est tracé en peinture dans la basse nef méridionale de cette église, sur les nervures qui se croisent à la clef de la dernière voûte. (L'abbé Auber, Cath.)

ADAM (Michel), né dans la petite ville de Jargeau (Loiret) vers i5i3, est un des habiles artistes qui construisirent à Orléans, au XVIe siècle, la charmante collection de petits logis ou hôtels qui font encore aujourd'hui le principal ornement de cette cité. Il fut élève de Michel-Ange. (Buzonnière, Hist. cTOrl.)

ADAM COURTOIS. En 1548, il se rendit de Compiègne à Noyon pour donner son avis sur certains travaux à faire à l'église Notre-Dame de cette ville. Il reçut, pour ses honoraires de deux jours passés à la visite de l'édifice, un lion, valant 54 sous 4 deniers. (Mélicocq, Art. du Nord.)

ADELARD, abbé de la Hasbaye au XIe siècle, est cité comme ayant pris part à de grands travaux d'architecture, mais on ignore quels furent ces travaux. (Champollion, Doc. pal.)

AGRICOL (Saint)1, évêque de Chalon-sur-Saône,

1. Afin de laisser le moins possible de lacunes dans mon travail, je suis obligé de faire figurer ici comme architectes des saints et des évêques. Ma justification, si elle était nécessaire, serait dans les quelques lignes suivantes que j'emprunte à un des savants les plus versés dans l'histoire du moyen âge, à M. Viollet Le Duc. On lit dans son Dictionnaire de l'Architecture française, au mot Architecte : « Les grands établissements religieux, qui renfermaient dans leur sein, jusque vers le milieu du XIIe siècle, tout ce qu'il y avait d'hommes

qui vivait vers le commencement du Ve siècle, fut l'architecte de plusieurs édifices de son diocèse, et notamment de la cathédrale. Grégoire de Tours, qui fut presque son contemporain, dit que cet édifice était orné de colonnes et enrichi de marbres, de mosaïques et de peintures. (Grégoire de Tours, liv. V.)

AGUASSA (Jean). Le clocher de l'église Saint-Jean- Baptiste d'Espalion (Aveyron) est l'œuvre de cet architecte, qui était de Cordes en Albigeois. En 1 5o3, le 20 avril, il commença Tédification de ce clocher moyennant la somme principale de cent livres tournois, six setiers de blé seigle, deux pipes de vin « de la prochaine cueillette » et l'usage d'une chambre à deux lits pendant tout le temps de la durée des travaux. (Marlavagne, Art. du Rouergue.)

ALAUS (Déodat). Il était de Saint-Bauzeli-de-Levesou. En i554 il fut chargé de la construction de l'église de Salles-Curan (Aveyron) moyennant la somme de 600 livres, monnaie courante, douze pipes de vin, cinq cents setiers de seigle, une maison pour habiter pendant toute la durée de la construction, etc. (Marlavagne, Art. du Rouergue.)

AL AVOINE (Jean -Antoine), naquit à Paris en 1778. Son père étant mouleur, il commença par travailler avec lui et s'essaya à la sculpture-, mais dès l'âge de quinze ans sa vocation le poussa vers l'architecture, et en quelques années il sut acquérir, pour ainsi dire seul, les connaissances positives

lettrés, savants, studieux, dans l'Occident, fournissaient très-probablement les architectes qui dirigeaient non-seulement les constructions monastiques, mais aussi les constructions civiles, et peut-être même militaires. » Comment donc, dans un Dictionnaire des architectes français, ne pas tenir compte d'un élément aussi important?

qui sont les préliminaires de la profession d'architecte. Appelé au service militaire, il fut employé par l'administration de l'état-major et fit la campagne d'Italie. Rentré en France vers 1804, il étudia quelque temps à l'école d'architecture, puis retourna en Italie, où il passa deux années à relever et à dessiner les monuments de l'antiquité et de la Renaissance. En 1807 il fut attaché en qualité d'inspecteur à la construction du théâtre des Variétés à Paris, dont Cellerier était l'architecte, mais qui fut en réalité l'œuvre personnelle d'Alavoine. Il construisit en 1810 les bains Montesquieu, édifice que des modifications nombreuses ont singulièrement défiguré. Nommé architecte du gouvernement en 1 8 1 1 , il fut chargé de la construction d'une fontaine monumentale sur la place de la Bastille à Paris. On sait que Napoléon Ier avait décidé que le principal élément décoratif de cette fontaine serait un éléphant '. Après avoir fait exécuter les travaux souterrains nécessaires à l'alimentation de la fontaine, Alavoine fit placer sur cette base le modèle en plâtre de son éléphant, et s'apprêtait à en faire couler le bronze quand arriva la chute de l'Empire. De 1 8 1 5 à 1 823 il fit exécuter quelques travaux à l'église abbatiale de Saint- Denis, d'autres à la cathédrale de Séez, des ateliers ou hangars au dépôt des marbres de l'île des Cygnes à Paris, et enfin le piédestal de la statue de Louis XIV, sur la place des Victoires. En 1824, le i5 septembre, un incendie allumé par la foudre ayant détruit la flèche en charpente de la cathédrale de Rouen, il fut chargé de réparer ce désastre. Les dégâts étaient considérables : la flèche, se renversant vers le sud-ouest, s'était

1. Un décret rendu le 24 février 1814 porte ce qui suit : « L'éléphant destiné à orner la fontaine de la Bastille sera coulé en bronze. La matière de ce monument ne sera pas comprise dans la dépense; elle sera fournie par nos arsenaux, et notre ministre de la guerre affectera à cette destination les pièces de bronze qui ont été prises dans la campagne de Friedland. ■»

abattue sur la tour occidentale de la Calende, et ses débris enflammés, propageant l'incendie sur d'autres points du monument, avaient mis le feu aux combles du choeur et du transept, lesquels s'étaient écroulés avec un tiers de celui de la nef. Une grande partie des voûtes se trouvait par conséquent à découvert. Après avoir pourvu ces voûtes d'un abri provisoire, il fit en grande hâte rétablir les parties de la toiture que le feu avait détruites, il reconstruisit la voûte du transept sud, restaura la balustrade et la corniche du même côté, et s'occupa ensuite de la nouvelle flèche, qu'il eut la malheureuse idée de construire en fonte de fer l .

i. On connaît l'histoire des flèches successives de la cathédrale de Rouen. En io55, selon Dom Pommeraye, saint Maurèle, à son avènement à l'épiscopat, fit élever sur l'église bâtie dans le siècle précédent une pyramide de pierre que la foudre renversa soixante ans plus tard. Au XIIIe siècle, une autre flèche s'élève, et le tonnerre encore vient en i 5 14 la détruire. En 1542, le cardinal Georges d'Amboise fait construire par Robert Becquet une troisième flèche en charpente, et en 1822 le même fléau dévore l'œuvre du XVIe siècle. Ces réédifications et destructions successives agirent sans doute sur l'esprit d'Alavoine ; il est probable que l'histoire de ces ruines violentes et la volonté d'en braver la cause terrible le préoccupèrent lorsqu'il s'agit pour lui de se mettre à l'œuvre. C'est d'ailleurs ce qui ressort de quelques phrases de son rapport au préfet de la Seine-Inférieure : « La flèche de la cathédrale de Rouen, dit-il, construite d'abord en pierre, fut renversée par la foudre; rétablie en bois à deux époques différentes, elle devient deux fois la proie des flammes. Ainsi, reconstruire cette flèche en bois, ce serait faire les préparatifs d'un nouvel

incendie ; quant à la construction en pierre, elle est souvent

rompue par des lézardes que produisent de légers tassements dans

les murs qui portent les flèches Nous pensons donc, dans cette

circonstance, qu'il faudrait abandonner la construction en bois et celle en pierre, pour exécuter la totalité de la flèche en fonte de fer. Par ce moyen on obtiendrait une homogénéité parfaite entre toutes les parties; on aurait des moyens de joindre plus fortement entre elles

h DICTIONNAIRE

Enfin, Alavoine fut chargé, en iS'io, du monument commémoratif de la révolution de juillet à élever sur la place de la Bastille à Paris-, il en jeta les fondements et en éleva le socle,

les pièces de cette construction, ce qui serait un grand avantage pour

lutter contre la foudre et les ouragans » Alavoine avait raison,

l'emploi du fer fondu mettait son œuvre à l'épreuve de la foudre, et il devait trouver dans les rivures de la ferronnerie une plus grande force de cohésion que dans les mortiers d'une maçonnerie ; mais malheureusement ces avantages lui rirent perdre de vue le prix auquel il fallait les acheter. En 1342, lorsqu'il s'agit de reconstruire la flèche récemment détruite, et bien que celle à édifier dût être en bois, on s'était demandé si la tour qui devait servir de base à la nouvelle œuvre serait assez solide pour en supporter le fardeau, et des architectes de Chartres, de Beauvais, de Harfleur et de Carentan, appelés à Rouen pour donner leur avis à ce sujet, avaient cru devoir déclarer le contraire. Ces experts s'étaient montrés trop prudents peut-être, néanmoins leur réunion seule indique que la question méritait déjà alors d'être posée. Comment se fit-il qu'Alavoine n'ait pas été arrêté par une considération de cette importance, alors surtout que la tour en question était plus vieille de trois siècles qu'en 1542, et après l'effroyable secousse du i5 septembre? Mais, en supposant même que dans l'œuvre d'Alavoine les lois de la statique aient été respectées, ce qui est contestable, n'a-t-on pas lieu de s'étonner qu'un homme de goût, et cet artiste passait à bon droit pour tel, n'ait pas reculé devant l'idée d'élever en plein air, à Rouen, et sur un aussi important édifice, une construction dont la conservation ne pouvait être assurée que par l'application périodique d'une peinture quelconque? On ne peut s'expliquer cette erreur d'un homme comme Alavoine qu'en se reportant à l'époque où elle fut commise. En 1822 on s'était engoué de la fonte de fer, comme plus tard on se passionna pour le zinc. L'architecte de la flèche de Rouen fut le premier coupable sans doute, mais il eut pour complices tous ses contemporains. Cela est si vrai que les les archéologues même, qui sont si rarement de l'avis des architectes, surtout quand ceux-ci viennent de Paris, applaudirent au projet d'Alavoine. « La pyramide exécutée dans ce système, dit l'un d'eux, Langlois du Pont de l'Arche (Notice sur l'incendie de la cath. de Rouen), doit exiger un enduit solide et général de couleur à l'huile,

mais sa mort, arrivée le 14 novembre 1834, fit passer la direction des travaux aux mains de son inspecteur, M. Duc l. Ainsi ses deux principales compositions restèrent inachevées. [Rens. part.)

ALESTRA (Guillaume). Une charte conservée dans les archives de la commune de Montpellier, et portant la date de 1273, fait connaître le nom de cet architecte, qualifié dans le document de magister lapidum. (Renouvier et Ricard.)

d'un ton grisâtre, qui sera renouvelé à des époques indéterminées. Nous ferons remarquer, à cet égard, que plusieurs clochers de la Suisse (ah! le bon billet!) étaient encore naguère peints en rouge, et que dans une grande partie de la Russie ils sont presque toujours en vert. »

J'ai dit plus haut qu'Alavoine eut pour complice tout le monde, et, en effet, pas un ne semble lui avoir fait observer que, si les précédentes flèches de Rouen avaient été détruites faute d'un paratonnerre, il était facile à un architecte du XIXe siècle d'éviter pour son œuvre un pareil sort.

La flèche de Rouen n'a pas été achevée; elle est restée au point où l'architecte la laissa lorsque la mort vint le surprendre. Il faut espérer qu'on ne s'avisera pas de continuer une erreur qui n'aurait pas aujourd'hui d'excuse. Le mieux serait de renvoyer à la fonte, d'où elle vient, cette gigantesque carcasse, car un ferrailleur même n'en voudrait pas.

1. En réalité, c'est à cet éminent artiste qu'est due la colonne commémorative de la Bastille. Tout le monde connaît cette première œuvre de M. Duc, et tout le monde en a admiré les précieuses qualités : une ordonnance qui rappelle par sa sévérité les modèles antiques, mais qu'un sentiment tout moderne a seul inspirée. La sobriété de la composition, la vigueur et la netteté du dessin, la finesse savante et fière du profil, l'harmonie parfaite de l'ensemble, tout enfin accuse on ne peut plus heureusement la personnalité si distinguée de l'artiste. Pour qui connaît particulièrement M. Duc, il est tout entier dans cette œuvre, un des plus beaux monuments du Paris de nos jours.

ALIX vSimon), né en 1540. Par lettres patentes datées de Vitry-le-François le 7 novembre i5y3, Charles IX lui donna l'office de maître général des œuvres de maçonnerie du royaume. Il succédait à Grand-Rémy, qui venait de mourir. Le 3 avril de Tannée suivante, ce prince, par une ordonnance datée de Vincennes, lui accorda la juridiction « sur le faict du mestier des maçons, tailleurs de pierre, plastriers, mortelliers, etc.1 ». En 1 576 , le i3 avril, il prêta serment à Henri III en la même qualité de maître des œuvres, pardevant Jean Spifame, conseiller au parlement. (Ordonnances, Statuts, etc.)

ALLAUME. En 1608 il fit avec Nicolas de Châtillon le projet d'une place monumentale pour le quartier du Marais, à Paris. Ce projet fut abandonné à la mort de Henri IV. [Recueil mss. 2 )

ALVERINGE. En 1477, l'archevêque Ollivier de Pen-

1. Le maître général des œuvres de maçonnerie, l'ancien « masson juré du roi », avait droit de justice pour « corriger, amender et réprimer les abus et maluersations que pouvoient commettre les subjects à icelle justice ». Il présidait à la réception des maîtres des différents métiers, inspectait leurs travaux, faisait vérifier la qualité des matériaux, etc. Les contraventions aux règlements donnaient lieu naturellement à des amendes, dont une partie revenait au maître des œuvres. Ceux qui refusaient de payer se voyaient confisquer leurs outils par le maître des œuvres, et, « s'il lui vouloit efforcer (le récalcitrant), le maistre le deuroit faire sçavoir au prévost de Paris, et le prévost de Paris lui doit abattre la force ».

2. Ce recueil manuscrit, qui sera souvent cité dans le cours de cet ouvrage, fait partie de ma bibliothèque. Formé en 1819 par un écrivain qui a gardé l'anonyme, il contient quelques erreurs de détail et bien des redites, mais il renferme aussi un grand nombre de renseignements inédits qui l'ont rendu très-précieux pour moi.

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nart, qui venait de faire terminer la nef de la cathédrale d'Aix, en fit commencer le portail en présence du roi René. Les architectes Alveringe et Soqueti furent chargés de ce travail-, le premier exécuta la partie basse de la façade jusqu'aux Apôtres, le second fit le reste. (L'abbé Maurin, Saint-Sauveur d'Aix.)

AMEISTER de BERKHEIM (Jean). V. BER-

KHEIM (Jean Ameister de).

AMELIUS de Boulogne est considéré comme l'architecte du portail de la cathédrale d'Anvers. Il aurait été emmené de France, vers le milieu du XIVe siècle, par l'empereur d'Allemagne Charles IV. (Dussieux, Art. fr.)

AMOUDRU (Anatole) naquit à Dole, le 6 janvier 1739. Il suivit à Paris les cours de Blondel et fut admis au nombre des élèves de Louis. Ce dernier l'emmena en Pologne, où il avait été appelé par les magnats pour donner les plans et diriger la construction de plusieurs palais à Varsovie. De retour en France, il éleva en 1765 le château de Fresnes, près Vendôme. En 1775 il fut nommé architecte de la maîtrise des eaux et forêts pour les provinces de l'est, fonction qu'il conserva jusqu'à la révolution. En 1797 il entreprit l'exécution du plan cadastral du territoire de Dole, travail qui dura dix ans. Il est l'auteur de plusieurs publications : i° « Cadastre parcellaire de la ville de Dole, ancienne capitale de la Franche- Comté » [Dole, 1808, z/z-40)-, 20 « Des Mesures agraires en usage dans la Franche-Comté et de leurs rapports avec le nouveau système métrique, in -8°. » Amoudru mourut en 1812. [Recueil mss.)

ANDRÉ. L'un des architectes, au XIIe siècle, de l'église priorale de Saint-Genèz, du diocèse de Bellay. C'était un

ecclésiastique, et probablement un novice. Il est mentionné dans un cartulaire manuscrit de l'abbaye de Saint-André-le- Bas, à Vienne. (Bull, arçhèol., t. II.)

ANDRÉ, intendant et directeur des bâtiments du duc Léopold de Lorraine. De 1704 à 1705, on entreprit sur ses dessins des travaux au Magasin à fourrages (de la cour) à Nancy. Une ordonnance ducale, datée de 1707, défend d'entreprendre des bâtiments nouveaux avant que les plans en aient été soumis à André, premier architecte du duc. (Lepage, Arch. de Nancy.)

ANDRE, architecte du prince de Conti, exécuta en 1778 de grands travaux dans le château de ce prince à l'Ile- Adam. Il fut le premier maître de Pierre Fontaine, qui devint son élève à l'âge de seize ans. (F. Halévy, Not. sur P. Fontaine.)

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques) ', architecte et graveur, né vers i5i5, vivait encore en 1584. On est incertain sur le lieu de sa naissance, toutefois on croit qu'il était de Paris2. En i55i, le ier août, Henri II et Diane de

1. Pour les Androuet Du Cerceau, je n'ai pas cru devoir suivre l'ordre alphabétique des prénoms; j'ai préféré l'ordre chronologique, qui se prêtait mieux au développement de l'histoire de cette famille.

2. De ce que les premières planches de Du Cerceau ont été publiées à Orléans, on a conclu que leur auteur était originaire de cette ville; mais, cette supposition n'étant appuyée d'aucun fait significatif, il n'y a pas à s'y arrêter. S'il suffisait d'une aussi vague indication, une carte du pays manceau, que Du Cerceau exécuta d'après Macé Augier et qui fut imprimée au Mans en 1 53g, pourrait, au même titre, établir qu'il naquit au Mans. Berty, dans ses « Grands Architectes de la Renaissance », cite un passage de La Croix du Maine où Du Cerceau

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Poitiers s'étant rendus à Orléans, il fut chargé de présider aux préparatifs des fêtes organisées pour recevoir dignement ces personnages. Il était assisté de deux autres architectes, Louis Martin et Louis Fromont. Il a travaillé au château de Montargis, ainsi que nous l'apprend un passage de sa notice concernant cet édifice, dans son ouvrage des plus excellents bâtiments. On attribue aussi à Du Cerceau le chœur de l'église de la même ville, commencé sous Henri II et qui n'aurait été achevé qu'en 1608. Guillaume Morin [Hist. des pays de Gatinois, etc.), s'exprime ainsi à ce sujet : « Du temps de Mme d'Esté, duchesse de Ferrare, les habitants et bourgeois de Montargis se cottisèrent pour faire bastir le chœur d'icelle (église) en la forme qu'il se void à présent. Le dessein en fut projette par Du Serseau, l'un des plus ingénieux et excellents

architectes de son temps Le commencement fut sous le

règne de Henri Second, et fut parachevé l'an 1608 ». Quoi qu'il en soit, l'église de Montargis est certainement le moindre des titres de Du Cerceau à la gloire qui s'attache à son nom. C'est du dessinateur et du graveur que la postérité a conservé la mémoire. La même incertitude règne à la fois sur l'époque de sa naissance et sur celle de sa mort. On croit qu'il dut finir sa vie à l'étranger. Son dernier ouvrage, le Livre des édifices antiques, publié en 1584, étant dédié au duc de Nemours, et ce prince étant mort le 25 juin 1 585, à Annecy, où il s'était retiré depuis quelques années, on présume que Du Cerceau,

est qualifié de Parisien, et semble inférer de là que Paris doit être considéré comme le berceau du célèbre artiste. A mon avis, ces indications ne suffisent pas davantage, car La Croix du Maine, bien que contemporain de Du Cerceau, a pu se tromper comme ceux qui sont venus après lui. Au surplus, si Berty, ce chercheur infatigable, n'a pas pu éclaircir ce point important de l'histoire du grand artiste, il ne faut plus compter que sur le hasard pour trouver le mot de cette énigme.

qui était protestant, craignant d'être persécuté dans son pays pour sa foi religieuse, suivit le duc, et qu'il mourut soit à Annecy, soit à Genève (i). Il laissa deux fils, Baptiste et Jacques,

i. Callet est plus affirmatif sur l'histoire des dernières années de Du Cerceau. S'appuyant sur un passage du Journal de L'Estoile, il dit qu'Henri III ayant déclaré à son architecte qu'il ne pouvait lui continuer ses faveurs qu'à la condition qu'il changeât de religion, l'artiste, qui s'était déjà exilé en J572, s'expatria de nouveau en 1 585, se rendit à Turin, où il grava le plan de Rome antique de Pirro Ligorio, et mourut dans cette ville en 1 592, à l'âge de soixante-seize ans. Mais Callet n'apporte aucune preuve à l'appui de son dire, et l'on sait qu'en fait d'exactitude historique il est sujet à caution.

Dans ces derniers temps, un chercheur, — et un trouveur, — M. Jal, dont les longues et patientes recherches ont doté l'histoire des personnes et des choses de tant de faits nouveaux et curieux, M. Jal, dis-je, dans son Dict. crit. de biogr. et d'hist., a consacré une intéressante étude à la famille des Du Cerceau. Seulement il s'est trompé en croyant soulever le voile qui nous cache la fin du célèbre architecte. Ayant découvert dans les registres du temple protestant de Charenton, conservés aux archives de l'état-civil, l'acte d'enterrement d'un Jacques Androuet Du Cerceau, il a cru qu'il s'agissait du grand Jacques, et il en a conclu que ce dernier n'était pas mort à l'étranger, mais dans son pays. Il n'a pas compris que le Jacques mort en 1614 est le second du nom et le fils du premier. En effet, non-seulement Jacques Ier, le graveur, travaillait déjà en 1 5 39, mais le père Lelong (Bibl. hist., t. Ier) parle d'une édition de la carte du pays manceau qui porte la date de 1 537. Or, si dès 1.537 cet artiste avait acquis assez de talent dans son art pour être chargé de travaux destinés à la publicité, il faut admettre que sa naissance ne devait pas remonter moins haut que i5i5 ou 1 5 1 7. Ce qui le prouve, d'ailleurs, c'est le langage même de Du Cerceau, qui disait en 1579 : « La vieillesse ne me permet pas de faire telle diligence que j'eusse faite autrefois. » Eh bien, si l'on s'en tient à l'année 1 5 1 7, c'est l'hypothèse la moins contestable, Du Cerceau serait donc mort presque centenaire ? La chose est possible sans doute, mais ce qu'il est absolument impossible d'admettre avec M. Jal, c'est que la Marie Androuet, « fille de déffunct Jacques Androuet », née en 16 10 et mariée en 1627, soit sa fille. Le

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qui furent architectes des rois Henri III, Henri IV et Louis XIII. Indépendamment d'un grand nombre de planches de toutes sortes, Du Cerceau a publié les ouvrages suivants ' : i° La Carte du comté du Maine, pour l'ouvrage de Mathieu de Vaucelles, publiée au Mans en 1 53g et en i5y5.

même homme qui gravait déjà en 1 537 ne pouvait devenir père soixante-treize ans plus tard. Si M. Jal n'a pas eu connaissance de la pièce gravée et signée de i53y qu'a citée le père Lelong, il connaît le recueil des « Arcs de triomphe » qui parut en 1549, et cette dernière date suffirait encore, il me semble, pour désintéresser Jacques Ie1 Androuet de la paternité de Marie, née en 1610. Au surplus, la teneur même de l'acte de mariage de cette Marie, qui épousa en 1627 « Elie Bédé, escuyer, sieur de Fougeraitz, docteur régent en la faculté de médecine de Paris », apporte une nouvelle preuve de cette confusion de personnes ; la mariée y est dite « fille de déffunct Jacques Androuet, vivant escuyer, sieur Du Cerceau, architecte et surintendant des bastimens du Roy ». Or, d'une part, rien ne peut faire croire que l'architecte graveur ait eu la charge de surintendant des bâtiments royaux; de l'autre, on voit, dans rénumération des noms et qualités de ce Jacques-là, poindre des prétentions nobiliaires qui ne s'accordent guère avec la bonhomie de l'autre. A vrai dire, bien des doutes ont traversé l'esprit de M. Jal; il ne s'explique pas, par exemple, comment, dans le journal de Henri III, Pierre de l'Estoile a pu dire : « En ce mesme mois (mai 1578)... fut commencé le pont Neuf... sous l'ordonnance du jeune Du Cerceau, architecte du Roy... » Cette qualification déjeune, donnée à un homme dont la réputation datait alors de trente ans, trouble un peu le judicieux écrivain; il dit à ce propos : « On est tenté de croire que le Du Cerceau de 1 549 est le père de celui de 1578; il n'en est rien pourtant... » Un peu plus, et M. Jal trouvait le mot de l'énigme. En effet, le Jacques de 1578 est bien le fils de celui de 1549, la chose est aujourd'hui suffisamment prouvée, et l'acte d'enterrement de 16 14 est celui du fils, et non celui du père.

1. J'emprunte cette bibliographie à Berty (Les Grands Architectes), au catalogue Vivenel et à M . Destailleur, architecte ( Notice sur quelques artistes français) . M. Destailleur possède, dit-on, la collection la plus complète de l'œuvre de Du Cerceau.

2° Arcs de triomphe. Cet ouvrage est sans titre proprement dit:, mais le frontispice gravé porte une inscription commençant ainsi : « Jacobus Androuetius Du Cerceau, lectoribussuis. En vobis, candidi lectores et architecture studiosi, quinque et viginti cxempla arcum partim a me inventa, partim ex veterum sumpta monumentis, tum Romœ, tum alibi etiam nunc extantibus, etc. Aureliœ, 1549. }) In-fol., 25 pi. On trouve dans le catalogue Hurtault l'indication d'une autre édition portant la même date. « Jac. Androuetti Du Cerceau XXX exempla arcum, partim ab ipso inventa, partim ex veterum sumpta monumentis. Aureliœ, 1549. » 29 pi. numérotées à la main.

3° Grotesques (ire édition). Le frontispice se compose de motifs arabesques paraissant former un arc. La hauteur de Timposte et de la base est occupée par deux frises. Dans l'espace qui les sépare, on lit : « Iacobus Androuetius Du Cerceau, lectoribus S. (suis). Nihil aliud semper cogitanti et molienti mihi valete et nostra scripta vestris ponderibus bénévole examinate. Aureliœ, i55o. » Une seconde édition de ce recueil, publiée à Paris, se compose de 60 planches et porte la date de i5Ô2.

40 Temples. « Iacobus Androvetius Du Cerceau lectoribus suis. Quoniam apud veteres alio structura? génère Templa fuerunt asdificata quam ea quae nostra aetate passim conspi-

ciuntur Aureliœ, i55o. » Ce titre est gravé sur le dé d'un

piédestal. Ce recueil se compose de 35 planches et le titre.

5° Fragments antiques. « Iacobus Androvetius Du Cerceau lectoribus suis. Cum nactus essem duodecim fragmenta structurée veteris commendata monumentis a Leonardo Theo-

dorico valete. Aureliœ, i55o. » Ce titre est gravé sur

une table entourée d'un cadre à crossettes, avec corniche et soubassement. Le recueil se compose de i3 pièces y compris le frontispice. Il existe une autre édition de cet ouvrage portant la date de 1 565.

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6° Vues d'optique. « Iacobus Androuetius lectoribus suis.

Veteri consuetudine institutoque nostronovos subinde va-

lete. Aureliœ, 1 55 1 . » Cette suite se compose de 21 pièces, bien que le titre n'en indique que 20 -, elle a été empruntée par Du Cerceau à l'ouvrage de Michel Crecchi, Prospectiva et Antichita di Roma, dédié au cardinal Sforza. Le catalogue Gay, n° 1 94, donne du même recueil le titre suivant : « Volumen continens vetustissimas optices, quam perspectivam nominanf, viginti figuras, a Jac. Androuet Du Cerceau. Aureliœ, 1 55 1 . »

70 Compositions d'architecture. Ces pièces sont fort rares ; M. Destailleur n'en connaît que cinq, dont deux seulement sont datées. La première est copiée de la planche 1 3 du recueil de Crecchi ; elle est signée au bas , à gauche : « Iacobus Androuetius Du Cerceau fecit. Aureliœ, 1 55 1 . » La deuxième planche représente la façade d'une villa \ les trois autres montrent des élévations d'édifices dont la destination n'est pas indiquée, et une façade d'église inspirée de la Chartreuse de Pavie.

8° Livre d'architecture de Jacques Androuet Du Cerceau, « contenant les plans et dessaings de cinquante bastimens tous différens : pour instruire ceux qui désirent bâtir, soient de petit, moyen ou grand estât-, avec déclaration des membres et commoditez et nombre de toises que contient chacun bastiment, dont l'élévation des faces est figurée sur chaque plan, etc. Imprimé à Paris par Benoist Prévost, rue Frementel, i55g. » Cet ouvrage a paru à la fois en français et en latin -, il est dédié au roi Henri II1. Il contient 14 pages de texte numérotées

1. Dans sa dédicace au roi, Du Cerceau dit : « Sire, j'ay austresfois receu tant de faveur de Vostre Majesté quelle a bien voulu employer quelques heures de temps à veoir et contempler aucuns petits plans et pourtraicts de bastiments de temples et logis domestiques.

\6 DICTIONNAIRI.

et 171 pièces sur 69 pages in-folio. Une deuxième édition de ce recueil lut publiée en 1 5 8 2 , une troisième édition porte la date de J\iris, itin.

90 Arcs et monuments antiques d'Italie et de France. « Iacobi Androuetti Du Cerceau liber novus, complectens multas et varias omnis ordinis, tam antiquorum quam modernorum fabiïcas, jam recens editus anno mdlx. » In-folio de 26 planches, faisant suite au recueil de 1549. M. Destailleur pense que les seules planches terminées par Du Cerceau sont les nos 7, 8, 9, 11, 12 et 1 3.

io° Second livre d'architecture, par Jacques Androuet du Cerceau, « contenant plusieurs et diverses ordonnances de cheminées, lucarnes, portes, fontaines, puits et pavillons pour enrichir tant le dedans que le dehors de tous édifices, avec les desseins de dix sépultures toutes différentes. Paris, de l'imprimerie d'André Wechel, 1 56 1 . » L'ouvrage contient 68 feuilles, dont deux de texte ',

ii° Livre de grotesques. Paris, Wechel, 1 566. In-folio de 2 feuilles de texte et 35 planches.

par moi déssaignés et imprimés, esquels elle receut (comme me sembla) plaisir et délectation Doresnavant vos sujects n'auront occasion de voyager en estranges païs pour en veoir de mieux composez. Et d'avantage, Vostre Majesté prenant plaisir et délectation mesmes a l'entretenement de si excellens ouvriers de vostre nation, il ne sera plus besoin avoir recours aux estrangiers. »

1. Cet ouvrage est le second tome de celui qui parut en i55q, et qui avait été annoncé ainsi qu'il suit par l'auteur dans sa dédicace au roi : « Attendant que Dieu me face la grâce de vous en présenter ung autre, selon qu'il m'a esté permis et ordoné par vos prédécesseurs roys, tant des desseins et œuvres singulières de vostre ville de Paris, comme de vos palais et bastiments royaux , avec aucuns des plus sumptueux qui se treuvent entre les aultres particuliers de vostre royaulme. »

12° Livre Ier des instruments mathématiques et méchaniques, « servant à l'intelligence de plusieurs choses difficiles et nécessaires à toutes républiques- inventées entre autres, avec infinis labeurs, par Jacques Besson, Dauphinois, professeur et ingénieur ès-sciences mathématiques, avec privilège du Roy. » On lit à la fin du privilège : « Donné à Orléans, l'an i56g, le 27e jour de juin. » Dans cette édition in-folio, toutes les planches sont de Du Cerceau.

i3° Livre d'architecture de Jacques Androuet Du Cerceau, « auquel sont contenues diverses ordonnances de plans et élévations de bastiments pour seigneurs, gentilshommes et autres qui voudront bastir aux champs. Paris, 1 572. » 26 pages de texte numérotées et 38 planches contenant 1 18 pièces; 2e édition, i582-, 3e édition, 161 5-, 4e édition, chez la veuve François Langlois, dit Chartres, 1648.

140 Leçons de perspective positive, par Jacques Androuet Du Cerceau, architecte. A Paris, chez Mamert Pâtisson, imprimeur, 1576. Ce recueil contient 10 feuilles de texte et 60 planches l.

i5° Le Ier volume des plus excellents bastiments de France, « auquel sont désignés les plans de quinze bastiments et de leur contenu : ensemble les élévations et singularité d'un chascun. » Paris, 1576 2.

1. Dans sa dédicace à Catherine de Médicis, Du Cerceau fait observer à la reine que, empêché par les troubles d'aller relever les dessins nécessaires pour l'ouvrage sur les châteaux de France, il a mis au jour, en attendant, le Traité de perspective, dont il espère qu'elle éprouvera quelque satisfaction.

2. Ce volume renferme une dédicace à Catherine de Médicis, avec des notices succinctes sur les monuments reproduits par la gravure. Ces monuments sont : les châteaux royaux du Louvre, de Vincennes, de Chambord, de Boulogne ou Madrid, de Creil, de Coucy, de Folembray (près de Chauny), de Montargis, de Saint- Germain-en-Laye

[6° Lh IIe volume des plus beaux bastiments de France, « auquel sont désignés les plans de quinze bastiments et de leur contenu » Paris, Fauteur, 1 579 » . Ce recueil se compose de 67 planches.

1 70 Plans de la sépulture des roys de la maison de Valois a Saint-Denis et des hôtels de Bretonvilliers, de Sully. Paris, 1577. Un vol. in-fol., 18 pièces sans titre.

180 Plan de Rome. Ce plan se développe sur 6 feuilles in-fol. En haut se trouve une table avec encadrement de perles et de triglyphes où se lit cette inscription : « Antique urbis imago accuratissime ex vetustis monumentis formata. » La date 1579 est inscrite dans un cartouche placé à droite de la feuille.

19° Petit traité des cinq ordres de colonnes. Paris,

1 583. Petit in-fol., 14 feuilles, dont deux de texte.

20° Livre des édifices antiques romains, « contenant les ordonnances et desseings des plus signalez et principaux bastiments qui se trouvoient à Rome du temps qu'elle estoit dans sa plus grande fleur; partie desquels bastiments se void encore à présent, le reste aiant esté ou du tout ou en partie ruiné. »

1584. In-fol., 63 pi. 2 et une dédicace au duc de Nemours.

et de la Muette; puis les châteaux particuliers de Vallery (près de Sens), de Verneuil-sur-Oise, d'Ancy-le-Franc, de Gaillon et de Maune (près d'Ancy-le-Franc).

1. Ce second volume, également dédié à Catherine de Médicis, contient les monographies et notices des châteaux royaux de Blois, d'Amboise, de Fontainebleau, de Villers-Cotterets, de Charleval (près des Andelys), des Tuileries, de Saint-Maur-les-Fossés et de Chenonceaux; puis des châteaux particuliers de Chantilly, dAnet, d'Écouen, de Dampierre, de Challuau (près de Fontainebleau), de Beauregard (près de Blois) et de Bury (aussi près de Blois).

2. Ce dernier chiffre est celui donné par Berty. Mais l'exemplaire de Vivenel (V. son catalogue) se composait de 70 planches, contenant

2i° Arabesques. Recueil de sujets arabesques ou grotesques. Un vol. in-fol., 36 pièces sans titre ou sans texte. Ce volume, dit Vivenel, fut publié à Turin en 1 586.

2 2° Palais, rues, portes de ville, cours de palais, etc. Ce sont des copies de plus petite dimension des gravures de l'ouvrage de Jean Vredmanni Vresio. Ce recueil se compose de 47 pièces. Je m'arrête, car l'oeuvre de Du Cerceau est immense, et la simple énumération des autres ouvrages de moindre importance dus à ce maître conduirait trop loin. Mais on peut consulter à ce sujet les deux catalogues les plus complets qui existent, celui de M. Destailleur et celui de Vivenel. (Berty, Les Grands Arch. — Jal, Dict. crit.)

ANDROUET DU CERCEAU (Baptiste), un des deux fils du précédent et probablement l'ainé. En i5y5, c'était encore un très-jeune homme -, il entra dans une nouvelle garde créée par Henri III, « les quarante -cinq gentilshommes ordinaires ». Le roi voulant faire bâtir dans le voisinage de Paris une maison de plaisance, il jeta les yeux sur le jeune artiste, qui « estoit fort diligent, actif et soigneux », et le fit adjoindre à un certain Magny, désigné déjà pour la construction de cet édifice, et dans les talents duquel le roi avait peu de confiance l. Vers

ioi figures, et celui de M. Destailleur, plus complet encore, comprend 98 planches et io5 pièces.

1 . Ce renseignement est emprunté aux Mémoires du duc de Nevers (p. 28 et 29). Si cette maison de plaisance n'était pas désignée comme étant située dans le voisinage de Paris, on pourrait croire qu'il s'agit du château de Charleval, que Charles IX fit commencer en i5y3 et qui fut continué par Henri III. Ce qui est certain, c'est que Baptiste travailla à ce château. Dans une liste des pensionnaires du roi pour l'année 1 577, qui se trouve au nombre des manuscrits recueillis par Dupuis (Bibl. imp., n° 832), M. Jal a lu cette mention : « Jacques Androuet dict Cerceau, architecte, 200 1. — Baptiste An-

la fin de 1578, Baptiste Androuct remplaça Pierre Lescot comme architecte du Louvre et des Tuileries. Callet prétend qu'on lui doit une portion de la galerie du Louvre (aujourd'hui reconstruite) à la suite du pavillon de Flore. Il avait alors le

drouet dict Cerceau, architecte à Charleual, la mesme pension qu'il y soulloit avoir : 400 livres. » M. Jal, qui a confondu les deux Jacques Androuet (Dict. critique), commet une nouvelle erreur à propos de Baptiste : « Je suis fort disposé à penser, dit-il, que ce Baptiste Androuet, qui avait coutume, en 1577, de recevoir à Charleval une pension de 400 livres, double de celle que recevait Jacques, l'illustre architecte, était lui-même un architecte habile, employé par les prédécesseurs de Henri III ; qu'il était père et maître de Jacques, et que le village normand de Charleval, où il s'était retiré pensionnaire de la Couronne, était, sinon le berceau, du moins le lieu où s'était établie la branche des Androuet, d'où sortit Jacques Du Cerceau »

M. Jal ajoute, il est vrai, ceci : « Je ne donne ici qu'une supposition. » Voici ce qu'on peut répondre à M. Jal : i° Rien ne prouve que le Jacques Androuet dont il est ici question soit l'illustre graveur : il ne doit s'agir que de Jacques II, son second fils, dont vraisemblablement la position n'égalait pas celle de son frère aîné Baptiste, lequel était en assez grande faveur auprès du souverain pour avoir été admis à faire partie de la garde des « quarante-cinq gentilshommes ». Rien d'étonnant donc à ce que ce dernier fût mieux payé que son frère. — Quant au degré de parenté qui existait entre le graveur Jacques et l'architecte Baptiste, je ne comprends pas que M. Jal ait pu s'y méprendre au point de faire du fils le père et du père le fils. — Baptiste, qui était encore « un jeune garçon >■■ en ï 575, au dire de Nevers, ne fut assurément ni le père ni le maître de Jacques. M. Jal se trompe encore en supposant que « Charleval était, sinon le berceau, du moins le lieu où s'était établie la branche des Androuet ». Charleval n'était autre chose qu'un village appelé Noyon-sur-Andelle (arrond. des Andelys), où Charles IX allait fréquemment chasser dans la forêt de Lions, et où il fit commencer, en i5y'5, la construction d'une maison de plaisance. Noyon devint ainsi Charleval : le val de Charles (V. Sauvai, t. II, p. 309). Evidemment Henri III fit continuer cette maison jusqu'en 1577, puisque cette année-là Baptiste recevait un traitement

titre d'architecte du roi et ceux de valet de chambre et d'ordonnateur général des bâtiments de Sa Majesté. Sur une pièce manuscrite de 1 586 il est mentionné ainsi : « Noble homme Baptiste Androuet, sieur du Serseau , conseiller du roi, son architecte ordinaire, et commis par Sa Majesté pour ordonner de tous les ouvrages des bâtiments et édifices royaux et despence que y convient faire. » Sa charge de surintendant lui valait, dit Germain Brice, 6,000 livres par an 1. Elle impliquait la direction de presque toutes les constructions faites pour la couronne , et notamment celle des travaux de la chapelle des Valois à Saint- Denis, lesquels travaux avaient été commencés par Bullant. Dans les comptes de cette chapelle on trouve, à la date du 21 mai 1 586 , un toisé fait par ordre de Baptiste. En 1 588, les catholiques le forcèrent de quitter Paris. Chassé de cette ville, il se réfugia auprès du roi de Navarre, qui le chargea plus tard, dit L'Estoile, de fortifier les villes de Melun et de Pontoise. Henri IV le chargea également de la construction du château de Monceaux pour Gabrielle

comme architecte de Charleval. Si donc Henri III poursuivit pendant trois ans la construction de cette résidence royale, il est jusqu'à un certain point permis de penser que la maison de plaisance des environs de Paris n"était autre que le château normand. — Au surplus, ce château, dont Du Cerceau a donné les plans et l'élévation dans le IIe livre des Bâtiments de France, ne fut jamais achevé; il devint en 1577 la propriété de Faucon de Ris. On trouve aux archives de l'Eure quatre liasses de titres et un plan concernant le domaine de Charleval.

1. T. IV, p. 169, de l'édition de 1752. Germain Brice n'appuyant cette assertion d'aucune preuve, il est permis de considérer ce chiffre comme fort exagéré. 6,000 livres par an, quand Lescot ne recevait, pour les mêmes fonctions, que 1,200 livres, et Jean Androuet, successeur de son père, 5oo livres, cela ne paraît pas admissible : c'est 600 livres que G. Brice aura voulu dire.

2 2 DICTI0NNA1 RE

d'Estrées et de l'achèvement du château de Verneuil. Ce qui prouve que Baptiste fut L'architecte de Henri IV, c'est que, dans les lettres d'office délivrées à son fils par Louis XII, il est parlé des services du père envers les « feuz roys » '. On attribue à Baptiste Androuet le monastère des Capucins et celui des Feuillants, à Paris, ainsi que celui des Bons- Hommes, au bois de Vincennes -, celui des Pénitents et le couvent des Augustins , à Paris. Selon Sauvai , il construisit à Passy-lez- Paris l'établissement des eaux ferrugineuses, et disposa les jardins de cet établissement. Enfin, s'il faut en croire Pierre Guérout, auteur d'une histoire de Saint-Germain-en- Laye, il aurait travaillé au château neuf de cette ville. Au mois de mai 1602 Baptiste n'existait plus. Il laissa un fils nommé Jean, qui fut ie dernier membre célèbre de cette famille d'ar-

1 . Il y a mieux que cet indice, ce sont les comptes du Béarn et de la Navarre, que Berty n'a pas connus, et qui font partie des archives départementales des Basses-Pyrénées. Dans un de ces comptes (série B) pour l'année 1 5g8, il est fait mention d'honoraires payés à Baptiste pour les plans des château, jardins et ville de Pau, qu'il avait dressés. Le passage suivant de la Chronique d'Isaac de Pères est plus convainquant encore; je le copie textuellement : « Monsieur de Serceau, architecte du Roy, s'en retournant de Pau, où il avait été envoyé par Sa Majesté, passa en ceste ville ayant commandement de Madame de luy porter le plan du chasteau, jardin, garenne et parc de Nérac, lequel fit, ayant demeuré le quinzième, seizième et dix-septième d'aoust à pourtraire les lieux ci-dessus. Ce fut en l'an i5g8. » Dans son Inventaire des meubles du château de Nérac en i5q8 (p. 27), M.Thamizey de Laroque, relatant ce fait, dit : « Un des plus grands architectes du XVIe siècle, Androuet Du Cerceau, leva, d'après les ordres de Catherine de Navarre, le plan, etc. » ; mais, en qualifiant ainsi l'artiste dont il s'agit, M. Thamizey ne se serait-il pas trompé sur son identité? n'aurait-il pas fait confusion entre le père et le fils, entre Jacques et Baptiste? C'est probable.

tistes. (Brice ; — Gallet, Arch. fr. ; — Berty, Les Grands Arch.; — Leprévost, Mém. et Notes.)

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques II), fils du célèbre achitecte et graveur. En 1 576 il était un des secrétaires du duc d'Anjou. Il devint architecte en chef des bâtiments du roi \ mais, en 1 594, il fut remplacé par Louis Metezeau « dans la charge et conduite de la construction de tous les bastiments royaux ». En 1602, dans un acte relatif à la maison de son frère Baptiste *, il prend le titre de contrôleur et architecte des bâtiments du roi. Jacques II eut pour neveu Salomon de Brosse. Il figure ainsi qu'il suit parmi les pensionnaires du roi Henri IV dans les comptes de 1606 à 1609 : « Au Sr Du Cerceau, architecte du Roy, pension de 1,200 1. » (Bib. nat., Manuscrits de Colbert.) Jacques Androuet le fils fut enterré à Paris dans le mois de septembre 16 14. Voici l'acte de son enterrement tel qu'il est relaté dans les registres du Temple de Charenton : « Le xvije jour de septembre 16 14, déffunt Jacques Androuet Du Cerceau, architecte des bastiments du Roy, estant de la vraie religion, a esté enterré au cimetière du faubourg Saint-Germain par Jehan Guillaume, fossoieur dud. cimetierre, où le corps dud. déffunct a esté accompagné par ses amis et Archers du Guet. » (Berty, Les Grands Arch.; — A. Jal, Dict. crit.)

ANDROUET DU CERCEAU (Jean), fils de Baptiste. Le 3o septembre 1617, il fut nommé architecte de LouisXIII en remplacement d'Antoine Mestivier. Sesappoin-

1. Cette maison était située à Paris, vers une des extrémités du Pré-aux-Clercs, dans l'îlot circonscrit par les rues Jacob, Visconti et Bonaparte, et sur l'emplacement des deux dernières maisons côté du couchant.

téments, qui étaient alors de 5oo livres, furent augmentés plus tard : dans un compte de 1624 ils figurent pour 800 livres. En r 635 il prenait le titre d'architecte ordinaire du roi '. De 1624 à iG3o, il construisit, rue Saint- Antoine, à Paris, l'hôtel de Sully. On lui attribue également l'hôtel de Bretonvilliers , celui de Mayenne , devenu l'hôtel d'Ormesson , rue Saint- Antoine , bâti pour Charles de Lorraine, l'hôtel des Fermes du roi, rue de Grenelle, reconstruit pour le duc de Bellegarde en 1645 2. En 1639 il fut chargé de la reconstruction du Pont- au -Change , en compagnie de Denis Laud et de Mathurin du Ry. Un compte des trois associés, de 1639 à 1642, existe à la bibliothèque de l'Arsenal3. Jean Androuet vivait encore en 1649, mais on ignore la date de sa mort. (Brice; — Berty, Les Grands Arch.)

ANDROUET DU CERCEAU (Paul). Il a gravé en 1669 des cahiers d'ornements publiés par Poilly. Il appartenait évidemment à la famille des célèbres architectes du même nom. (Berty, Les Grands Arch.)

1. Je possède une pièce originale datée du 17 mars 1 635 où cette qualification est donné à Jean Androuet : c'est un marché passé avec un certain Denis de Parville, de Pont-Sainte-Maxence, lequel s'engage à conduire et voiturer, du port des carrières de Saint-Denis au port Saint-Guillaume, à Paris, de la pierre de moellon. Au bas de ce marché est apposée la signature de Jean Androuet, qui est bien la même que celle donnée en fac-similé par Berty, dans ses Grands Architectes.

2. L'original du devis de ces travaux, deux fois signé de Jean Androuet, faisait partie de la vente du cabinet de M. Lucas de Montigny.

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