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ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), troisième du prénom de Jacques, présumé fils du second Jacques. Il est mentionné comme parrain dans un acte de baptême du 29 octobre 1628 et qualifié d'architecte du roi. (Jal, Dict. crit.)

ANDROUET DU CERCEAU (Jean), deuxième du prénom de Jean, né à Verneuil-sur-Oise en 1623, mourut à Paris à l'âge de 2 1 ans. Voici son acte de décès : « Jean Androuet Du Cerceau, viuant architete, natif de Verneuilsur-Oise, fils âgé de 2 1 ans de Moyse Androuet Du Cerceau et de Madeleine de Courty, a esté enterré à Saint-Père (au cimetière des Saints-Pères), le lundi 26 septembre 1644. » (Jal, Dict. crit.)

ANGO (Roger), éleva, en 1499, le palais de justice de Rouen, à l'exception de la salle des procureurs, bâtie en 1 3g3, sous Charles V. Ango mourut en i5o9 avant d'avoir achevé son œuvre. (Ramée, Hist. de VArch.)

ANQUETIL DE PET I T VIL LE travaillait à Étre-

tat de 1218 à 1238. (Rens. part.)

ANSTÉE. Archidiacre de la cathédrale de Metz, Anstée fut un des architectes de ce monument. Il devint abbé de Gorze en 945 et mourut le 7 septembre 960. (Bégin, Cath. de Met%.)

ANTISSIER (Jean) était en 1618 juré du roi en l'office de maçonnerie. Il fut pris pour expert, avec Claude Villefaux, par Marin de la Vallée, constructeur de l'Hôtel de Ville de Paris, dans le différend qu'eut ce dernier avec le conseil municipal de Paris. (Leroux de L., Hôt. de Ville.)

ANTOINE COLAS, l'un des architectes de la cathédrale de Troyes. Il paraît être entré en fonction vers 1462. Dans un compte de 1462- 1463, son salaire et ses honoraires se trouvent stipulés ainsi qu'il suit : « A Antoine Colas, maçon de l'église et maistre des maçons d'icelle et de l'ouvraige, qui doit avoir, chascun jour ouvrier qu'il besoignera pour la dicte église, 4 sous 2 deniers tournois, avec chascun an, au terme de Noël, 4 livres tournois pour le drap d'une robe et la maison qui tient emprès la maison de ladicte esglise appelée l'ostel des Trois-Visages, en la rue en allant à la tour ». (Pigeotte, Cath. de Troyes.)

ANTOINE (Jacques-Denis). Né à Paris le 6 août 1733, Antoine, qui avait débuté dans la carrière de constructeur par être ouvrier maçon, fut chargé, en 1768, d'élever à Paris l'hôtel des Monnaies l. Cet édifice fut achevé en 1775. Antoine a aussi attaché son nom aux travaux exécutés au Palais de Justice, à Paris, après l'incendie de 1776 2.

1 . Des hommes déjà bien connus : Moreau, architecte de la ville ; Boullée, de l'Académie d'architecture; Barreau, et plusieurs autres, avaient aussi fourni des projets pour le même monument. Antoine l'emporta sur ses concurrents.

2. Je possède des notes manuscrites de Gallet père qui établissent très-nettement la part de chacun des architectes qui furent successivement ou simultanément appelés à diriger ces travaux; on a fait jusqu'ici trop grande celle d'Antoine. Voici comment s'exprime à cet égard Callet, qui avait été contemporain d'Antoine et l'un des inspecteurs chargés de la surveillance des travaux dont il s'agit : « Un soir, dit-il, tandis que je travaillais dans le bureau des bâtiments, les chaînes en fer qui retenaient la poussée des voûtes en anse de panier de la galerie de la Sainte-Chapelle se rompirent. Cette rupture ayant mis en danger non-seulement les voûtes, mais la façade élevée alors jusqu'à la hauteur du premier étage, le ministre, après avoir pris

C'est à tort qu'on a attribué à cet architecte la construction de la façade du palais et celle de la galerie Mercière, qui sont l'œuvre de Couture-, c'est aussi à tort qu'on l'a donné pour l'architecte des galeries de la cour du May, qui sont de Desmaisons. Mais Antoine a construit le grand perron du côté de la place et décoré les salles d'audience de la cour royale. Il exécuta aussi des travaux importants dans la partie du palais affectée au greffe. Antoine construisit au-dessus de la salle des

l'avis de l'Académie d'architecture, adjoignit Desmaisons à Couture* Mais, ces deux architectes n'ayant pas pu s'accorder sur le parti à prendre, Couture fut remplacé par Moreau, architecte de la ville, lequel, las, comme son prédécesseur, des tracasseries de Desmaisons, abandonna bientôt la partie et eut pour successeur Antoine, qui ne tarda pas à rester maître du terrain. Antoine a construit les escaliers (le grand perron) du côté de la place et ajusté le tribunal de la Cour royale. Il exécuta aussi des travaux importants dans la partie du palais affectée au greffe. » Toutefois, si Antoine resta plus tard, comme le dit Callet, seul chargé des travaux du Palais de Justice, ce ne fut que postérieurement à 1784, ainsi que l'établit l'arrêt du Conseil qui suit, daté de Versailles le 25 septembre de cette même année : « Ordonne (le roi) que sous la conduite des sieurs Desmaisons et Antoine, architectes de Sa Majesté, etc., il sera incessamment construit dans toute la longueur de la rue de la Barillerie, à partir de l'un des pavillons formant aujourd'hui l'entrée de la cour du May jusqu'à la rue Saint-Louis, et dans la rue Saint-Barthélémy, à partir de l'autre pavillon jusqu'à l'autre partie occupée par les requêtes de l'hôtel, deux nouveaux corps de bâtiments tels qu'ils sont figurés aux plans et élévations qui en ont été dressés par les dits sieurs Desmaisons et Antoine, etc. » D'où il suit qu'à cette époque Antoine n'était pas encore le seul architecte du palais, et que, néanmoins, il fut un de ceux qui élevèrent les bâtiments de la rue de la Barillerie. Au surplus, Desmaisons ne fut pas entièrement dépossédé par Antoine : soit que ce dernier n'ait été chargé que des travaux neufs, soit toute autre cause, Desmaisons était encore l'architecte du Palais de Justice en 1791 , époque à laquelle Giraud lui succéda. Ceci résulte d'une lettre de Giraud que j'ai sous les yeux.

Pas-Perdus, de Salomon de Brosse, trois galeries voûtées qui recurent la collection des requêtes du Parlement et une partie des archives judiciaires. Vers la même époque, il fut chargé d'augmenter les bâtiments de l'hôpital de la Charité ; c'est lui qui décora l'entrée principale de cet établissement d'un portique d'ordre dorique grec avec fronton. En 1786, associé à Jardin, il donna les plans d'une nouvelle façade pour l'Hôtel de Ville de Cambrai. Ces deux artistes reçurent à cette occasion, pour honoraires, 1 ,600 florins. Parmi les autres travaux exécutés par Antoine, on cite un palais bâti à Salm-Kyrbourg pour le prince de ce nom; l'hôtel des Monnaies de Berne et des projets d'hôtel de ville et d'arsenal pour la même ville-, l'hôtel de Berwick, à Madrid-, l'église des Filles-Sainte-Marie, à Nancy, à Paris, l'hôtel de Jaucourt, rue de Varennes-, la maison royale de santé pour les prêtres pauvres (1781), sise près de l'ancienne barrière d'Enfer, sur la route d'Orléans; l'hôtel du comte de Maillebois, rue du Bac-, un grand bâtiment bâti pour les Feuillants, rue Saint-Honoré, côté des numéros impairs, et formant presque l'angle est de la rue de Castiglione; la chapelle de la Communion à Saint-Nicolasdes Champs, dans la même ville. Il donna aussi les plans d'une maison de plaisance à exécuter près de Londres pour le comte de Findelater. Je ne sais quelle part Antoine dut prendre à la construction des murs d'enceinte de Paris, mais j'ai vu à la vente des autographes du comte de Vernac, qui eut lieu les 1 7 et 18 juin 1870, à Paris, une lettre adressée à Antoine par Necker, lettre par laquelle ce ministre le charge de l'exécution de tous les plans que la commission des architectes du roi a proposés pour les travaux de clôture de Paris. Après avoir fait partie de l'ancienne académie d'architecture, où il fut admis le 11 août 1776, Antoine mourut membre de l'Institut de France le 7 fructidor an IX (24 août 1801), à l'âge de soixantedix-huit ans, des suites d'une attaque d'apoplexie. On a

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publié depuis sa mort, sous le titre suivant, une monographie de l'hôtel des Monnaies : Plans des divers étages et coupes de l'hôtel des Monnaies de Paris, par J. D. Antoine, etc. Paris, 1826 (in-folio). (Lussault, Not. sur Antoine. — Lefevre, Mater, p. Vhist. des arts. — Rens. part.)

ARASSE. V. ATABOURS.

ARASSE (Jacques). En 1 533, lors de la construction des bâtiments de l1 Hôtel de Ville de Paris, sur les dessins de D. Boccador, quatre artistes, au nombre desquels se trouvait Arasse, furent chargés d'assister l'architecte en chef dans la direction des travaux I . Dans un compte des dépenses faites pour l'entretien des fortifications de Paris pendant l'année 1 53 1 , Jacques Arasse figure comme étant chargé de la superintendance, ou inspection générale de tous les travaux de maçonnerie. Son traitement était de iôo livres tournois par an. (Leroux de L., Hot. de Ville.)

1. Il n'est pas dit exactement en quelle qualité ces artistes furent adjoints à Boccador, mais il est probable que leurs fonctions correspondaient à celles des inspecteurs d'aujourd'hui , c'est-à-dire qu'ils étaient là pour suppléer le maître général des œuvres. Ce qui semblerait indiquer pourtant qu'à certains égards leurs titres étaient les mêmes que ceux de Boccador, c'est qu'au mois de juin 1 534 le prévôt des marchands, en leur recommandant d'exercer une surveillance plus active sur les ouvriers, afin de hâter l'achèvement des travaux, les invitait, ainsi que le maître général, à ne pas s'absenter tous ensemble pour aller prendre leurs repas, et à faire en sorte que l'un d'eux fût toujours présent sur le chantier. Mais, soit que les attributions de ces artistes fussent mal définies, soit toute autre cause, des discussions s'élevèrent entre eux au mois d'avril i534, et quatre conseillers de ville furent adjoints au prévôt des marchands et aux échevins pour tenter de les mettre d'accord.

ARCHANGE (Jean-Louis), né à Orsay fSeine-et- Oisc) le 1 1 mai 1 750, mort à Paris en novembre i832, construisit en 1787 le château de Rochefort (Seine-et-Oise) et en 1 789 la salle de spectacle du Havre, qu'un incendie détruisit en 1810. (Rens. part.)

ARDEMAUS (Théodore) fut un des nombreux artistes français que Philippe V appela en Espagne pour construire ou décorer les monuments qu'il y fit élever. Il dessina les immenses jardins du château de la Granja, imités de ceux de Versailles, et pour lesquels on dépensa plus de soixante-quinze millions de piastres. Il commença ces grands travaux en 17 19. (Dussieux, A rt.fr.)

ARMAND. En 1742 il obtint le grand prix d'architecture sur « Une façade d'Hôtel de ville ». {Arch. de Vart.fr.)

ARNALDUS. Sur une des murailles de l'abbaye de Guitres, près Libourne (Charente), on lit cette inscription :

-\- IIIIX. K. 1VLII. OBIIT ARNAL DVS. PVER BONE INDOLE FILIUS MAGISTRI HVIVS OPERIS

(Le six des kalendes de juillet est mort Arnauld, enfant de bon naturel, fils du maître de cet œuvre). Cet architecte vivait au commencement du XIIIe siècle; c'est lui qui acheva, en style ogival, un peu augoumoisin, la nef et la façade occidentale de l'église de Guitres. (Ami. arch., t. XXII.)

ARNAUDIN (d'). V. D'ARNAUDIN.

ARNAUT (Daude). Deux artistes du nom d'Arnaut, Daude et Guillaume, qui étaient frères, vivaient à Montpellier

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dans les dernières années du XIIIe siècle et les premières du XIVe. Ils furent plusieurs fois consuls : le premier l'était encore en i323, et Guillaume en i325. On conserve dans les archives de Montpellier un marché fait par eux pour la construction de deux salles voûtées en croisée d'ogive [volta crosheria) avec des fenêtres à meneaux «chanfreinés», qu'ils firent en 1293 au rez-de-chaussée d'une maison, rue du Four-del'Espinas. (Renouvier et Ricard.)

ARNAUT (Guillaume). V. le précédent.

ARRAS (Martin d'). V. LE VINGHON.

ARRAULT (Martin), un des architectes du château de Gaillon1. A la date du 20 avril i5oo„ Arrault et Neauldet

(1) On sait qu'à une époque encore récente, il était de règle d'attribuer à des architectes italiens tout monument français de la Renaissance dont le nom du constructeur avait échappé aux recherches, très-superficielles il est vrai, faites pour le découvrir. Le château de Gaillon offre un exemple, entre beaucoup d'autres, de ce peu de confiance des historiens de l'art français dans le génie des architectes leurs compatriotes. Tous ceux qui, dans la première moitié de notre siècle, eurent à parler de la belle résidence du cardinal d'Amboise, répétèrent à l'envie que Gaillon était, comme Chambord, l'œuvre d'un architecte étranger, et que cet architecte n'était autre que le Véronais Jean Joconde. Or, bien qu'aucun de ces écrivains si peu français ne pût appuyer cette opinion d'une preuve quelconque, le public partagea si bien cette erreur que c'est à peine s'il consentit à être détrompé lorsque la vérité parvint enfin à se faire jour. Emeric David, le premier (art. Giocondo de la Biog. universelle), exprima un doute à ce sujet; mais c'est à un autre archéologue, c'est au savant M. Deville, que les véritables architectes de Georges d'Arnboise doivent la postérité dont ils jouissent à bon droit aujourd'hui , et qui leur est désormais assurée. Les Comptes des dépenses du château de Gaillon

traitent avec le prothenotaire Delisle de la taille et du polissage de soixante toises de pierre de liais pour le revêtement du sol, le pavement de la grande cour du château. (Deville, Compt. de G aillon.)

ARTER (Pierre), fils de Rémy Arter, de Boulogne, acheva en 1 386 la cathédrale de Prague, qui avait été commencée en 1043 par Mathias ou Mathieu d'Arras. (Du Sommerard, Arts au moyen âge.)

ASSELIN (Jean). V. ARASSE.

ATABOURS (Jean). Le 10 juillet i3g8, le Conseil municipal de Rouen s'étant assemblé pour choisir remplacement le plus convenable à l'édification de la Porte Martinville, Jean Atabours fut appelé avec d'autres architectes pour donner son avis sur cette question. Le 1 3 du même mois, les maîtres réunis firent à l'administration municipale un rapport concluant à ce que la construction projetée fût assise sur pilotis. (Richard, Rech. hist.)

AUBELET (Jean). En 1 401, la cathédrale de Troyes ayant besoin d'être visitée par un homme de l'art, le doyen du chapitre, maître Héliot, envoya à Paris messire Jean Gaillard pour « parler à Maistre Remond, maistre des œuvres du roy, et

nous ont fait connaître enfin ces artistes, assez nombreux d'ailleurs, et dont les plus considérables sont : Pierre Fain, Pierre Delorme, Guillaume Senault et Pierre Valence.. (V. ces noms.) Martin Arrault il est vrai, ne prit peut-être pas une très-grande part à l'œuvre commune : il n'est mentionné dans les comptes que vers la fin des travaux, mais son nom ne doit pas moins être recueilli et figurer parmi ceux de ses confrères plus favorisés.

sçavoir à lui se il pourroit venir par deçà pour visiter l'église . lequel s'excusa, en la présence de M. S. d'Auceurre, et bailla audit messire Jean Gaillart maistre Jehan Aubelet et maistre Jehan Prévost, son neveu, pour icelle visite I ». Aubelet, Prévost et leur « varlet » arrivèrent à Troyes.le jeudi après la Saint-André et visitèrent l'église en présence de l'évêque. Les ouvriers ou entrepreneurs de l'église assistèrent dans cette opération les artistes parisiens, qui dressèrent procès-verbal de la visite et donnèrent leur avis sur certains travaux à faire aux voûtes de l'église et ailleurs. Aubelet et son neveu dînèrent avec l'évêque et reçurent pour leurs honoraires et frais de voyage vingt-deux livres dix sous tournois. En 1403, le 25 janvier, Aubelet, qualifié de sergent d'armes du roi et de maçon général du duc d'Orléans, délivra un certificat pour payement à plusieurs ouvriers, ce pour les conduites d'eau de Beaumont, » de la somme de cinquante-sept livres 2. Il fit la même année un toisé des travaux de maçonnerie exécutés au château de Coucy. (De la Borde, Ducs de Bourg. — Archiv. Joursanvault.)

AUBELET (Jean). En 1490, une chapelle Saint-Pierre, dépendance du monastère des Célestins du mont de Ghastres, en la forêt de Cuise (Aisne), fut élevée par ordre du duc d'Or-

1. Collection du British Muséum, n° i5,8o3. — Comptes des receptés et mises faictes pour Vœuvre de l'église de Troyes.

2. Voici ce certificat : « A honnorable homme et sage Guillaume Tournet, commis par M. S. le duc d'Orléans, payeur des œuvres de son chastel de Coucy, Jeau Aubelet sergent d'armes du Roy M. S et maçon gênerai de M. d. S, salut et dileccion; plaise vous savoir qu'il est dû (à plusieurs ouvriers pour les conduites d'eau de Beaumont) 57 liv., lesquelz vous leur êtes tenuz paier pour et au nom de M. de S., car, je vous certiflie tout ce estre vray. Le xxve jour de janvier l'an mil cccc et trois. »

léans; Aubelct, architecte du duc, délivra pour ces travaux des « lettres certifficatoires », nécessaires au payement du maçon Jean Tufiier. [Bull, des Com., t. Ier.)

AUBERT construisit à Paris, vers 1780, l'hôtel d'Imécourt, situé rue Boudreau, lequel appartient aujourd'hui à M. Schneider, et la maison formant l'un des angles de la rue Caumartin et du boulevard , laquelle est décorée sur ses trumeaux de ligures et de trophées en bas-relief1. Il a construit vingt-huit hôtels ou maisons dans le même quartier, notamment dans les rues Thiroux, Caumartin et Neuve -des-Mathurins. (Thiery.)

AUBERT (Jean), contrôleur des bâtiments du roi et dessinateur de son cabinet, fut admis à l'Académie d'architecture le 22 janvier 1720. Il construisit au château de Chantilly le bâtiment destiné au logement des gentilshommes ainsi que les grandes écuries. Ses autres travaux sont, à Paris, l'hôtel du Maine , celui de Beauvais , rue de Tournon , commencé par Lassurance Faîne. Il a été l'un des architectes du Palais- Bourbon. En 1738 il fut chargé du contrôle des bâtiments de Saint-Germain-en-Laye , en remplacement du même Lassurance. (Recueil mss. — Arch. de l'art fr. — Rens. part.)

1 . Cette maison existe encore avec son angle arrondi en tour, mais elle a été modifiée dans sa partie supérieure. Elle offrait cette particularité qu'au lieu d'être couverte par un comble, elle était couronnée par une terrasse plantée en jardin, d'une surface de 120 toises. Des colonnes tronquées, des arcs de triomphe en treillage, des pyramides, des ruines factices, décoraient ce jardin-terrasse et servaient en même temps à dissimuler les souches de cheminées. Deux petits ponts chinois avaient été jetés sur un ruisseau qui, après avoir formé une île dans son cours sinueux, distribuait ses -eaux à tous les étages de l'habitation.

AUBRY (Claude-Guillot), né en 1703, à Chevillon en Champagne , fut admis à l'Académie d'architecture le 1 7 décembre 1737. Ses principaux travaux sont, à Paris, l'hôtel de Villeroy, situé rue de l'Université; celui de Conti, rue de Grenelle-Saint-Germain ; l'hôtel de Lassay, qui était enclavé dans les terrains du Palais- Bourbon. Il éleva aussi deux fontaines publiques, l'une à Arnouville, l'autre à Gonesse, près Paris. Il mourut en 1771. (Sedaine, Éloge d' Aubry .)

AUDIT ou AUDIC, architecte de l'église de Tredrez (Côtes-du Nord). Il en commença la construction en i5oo. (Méi. d'hist. et d'arch. bretonne.)

AUGER (François) et Simon, greffier, relevèrent à leurs frais, en 1696,1e pignon du bas de la nef de l'église Saint- Hilaire, de Tours. Ces travaux étaient terminés la même année. (Grandmaison.)

AU MONT (Jean) était en 1737 maître général des œuvres de maçonnerie ', architecte et juré expert à Paris. (Rens. part.)

AURIOUST (Paul) fut nommé le 3 mai 1667 contrôleur des bâtiments du comté de Blois. (Rens. part.)

AUSTIN de BORDEUSE. V. BORDEUSE

(Austin de).

AUX-TABOURS (Jean). V. TABOURS (Jean aux).

AVISART (Robin). Les archives municipales de Blois , héritières de quelques pièces provenant de l'ancienne Chambre des comptes de cette ville, possèdent de cet architecte une quit-

tance ainsi conçue : « Saichent tuit que je, Robin Avisart , mestre des ouvraiges de la conté de Blois, — pour M S le duc d'Orléans, — cognois avoir eu et receu de M. d. S. la somme de douze livres dix sols tournois, pour mes gaiges de service au terme de la Saint Jehan Baptiste. Je me tiens pour bien paie et en quicte M. d. S. — A Blois, le premier jour d'aoust, l'an mil quatre cenz. » (De la Borde, Ducs de Bourg-.)

AVI TE (Saint), évêque de Clermont en Auvergne. Il construisit l'église primitive de Notre-Dame-du-Port, celle de Saint-Genèz de Thiers, et restaura celle de Saint-Anatolien, qui menaçait ruine. (Felibien, Recueil lu st.)

AZON. Il fut le premier architecte de la cathédrale de Seez, qu'il bâtit dans la première moitié du XIe siècle. L'œm re d'Azon ne resta pas longtemps debout: peu de temps après qu'il y eut mis la dernière main, des voleurs ayant pénétré dans l'église et s'en étant rendus maîtres, ceux qui accoururent pour les en chasser incendièrent par accident l'édifice, qui fut ainsi détruit. Cette église fut reconstruite par Ives , comte de Bellesme et d'Alençon, et évêque de Seez, sur l'invitation qui lui en fut faite par le pape Léon IX. (Hist. des comtes d'Alençon, etc., livre II.)

BACGARIT, architecte des écuries du roi et des Quinze- Vingts, ne doit sa célébrité qu'à un acte de vandalisme : ce fut lui qui abattit, en 1 744, le jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois, à Paris, lequel avait été élevé sur les dessins de Pierre Lescot

et sculpté de la main de Jean Goujon *, (Guilhermy, Itinéraire. — Bachaumont, Mémoires .)

BACHELER. Cet artiste vivait dans les premières années du XVe siècle. Les échevins de la ville de Béthune avaient confié en 141 6 à Gautier Martin, maître des œuvres de la ville de Lille, l'achèvement d'une grosse tour « jointe à la forteresse du marché aux chevaux » -, quand le travail fut terminé, une contestation s'étant élevée avec les entrepreneurs qui en avaient été chargés , on appela pour recevoir ce travail Martin Le Vinchon, maître des œuvres de l'église Saint- Wast d'Arras; Jean Mynal, pensionnaire de la ville de Lille, et Bacheler, pensionnaire de P église de Thérouranne. Ces experts, après examen de la question, décidèrent qu'il serait accordé une indemnité aux réclamants, et en fixèrent le chiffre à trente-sept livres huit sous. (Mélicocq, Art. du nord.)

1. En 1744, le chapitre qui desservait cette église ayant été réuni à celui de la cathédrale, les marguilliers et le curé, devenus maîtres absolus de l'édifice et désireux sans doute de donner une preuve éclatante de leur nouveau pouvoir, décidèrent la destruction de ce jubé. Trop remarquable, il est vrai, pour être apprécié à sa valeur dans un temps où le plus détestable goût régnait en fait d'architecture religieuse, ce bijou ne pouvait guère échapper à la destruction. Baccarit, ne craignant pas de se rendre complice de cette mauvaise action, mit le marteau dans ce petit chef-d'œuvre Non content de cela, il osa porter la main sur le monument même : ce fut lui aussi qui laboura de cannelures les vieilles piles du chœur de l'église et enguirlanda leurs beaux chapiteaux du XIIIe siècle, après les avoir outrageusement mutilés. Il va sans dire que les affreux caissons et panneaux taillés au-dessus des archivoltes datent aussi de ce temps-là. Mais Baccarit, il faut le dire, ne fut pas seul coupable de ces indignes dégradations: l'Académie des arts, à laquelle il avait soumis son projet de décoration , l'avait hautement approuvé; il est donc juste aujourd'hui de frapper de la même réprobation tous les vandales de 1 744.

BACHELIER (Nicolas^, architecte et sculpteur, né à Toulouse le 17 juin 1485. C'est sur ses dessins que fut élevée l'église d'Assier (Lot), commencée en 1545, monument dû à la magnificence de Galiot de Genouillac, alors gouverneur du Languedoc. A l'intérieur, dans une des chapelles, on voit encore le mausolée de Genouillac , dont Bachelier fut à la fois l'architecte et le sculpteur. On doit aussi à cet artiste le château d'Assier, dont Brantôme parle comme d'un des plus somptueux édifices du Quercy *, et celui de Montai, près de Saint- Céré, bâti en 1 534. Toutefois l'escalier du château de Montai, richement décoré de sculptures, comme les autres parties de Tédifice, n'est pas, dit-on, de la main de Bachelier. Il commença en i543 le pont de Saint-Subra (Saint-Cyprien), à Toulouse , qui fut continué par son fils Dominique et achevé en 1601 par Pierre Souffron. Il décora la porte de la sacristie de la cathédrale de Rodez, et fit le premier portail de l'église Saint-Sernin, de Toulouse. On lui attribue le clocher de l'église collégiale de Villefranche-de-Rouergue. Le buste de Bachelier figure au Capitole de Toulouse dans la salle des Illustres. (Brantôme, Homm. illustres. — Bull, monumental., t. Ier. — Lafforgue, Art. en Gasc. — Advielle, Les Beaux-arts.)

B ACQUET. Le P. Bacquet, carme déchaussé, construisit les bâtiments du couvent de la Visitation, à Gray, lesquels furent commencés en 1584. (Gattin et Bessons, Hist. de la ville de Gray.)

BADUEL. Il vivait au XVIe siècle et construisit en 1545, à Bournazel (Aveyron), lieu de sa naissance , un château que l'auteur des Annales du Rouer gue qualifie de splendide monu-

1. Vendu vers la fin du XVIIIe siècle par la famille de Crussol, d'Uzès, le château d'Assier a été en partie détruit à cette époque.

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ment, et qui eût pu être, ajoute-t-il, la demeure cTun prince, s'il eût été achevé d'après les plans de cet artiste. Baduel avait fait ses études en Italie, aux frais du seigneur de Bournazel, et c'est à son retour en France , et après avoir été employé à Paris aux travaux du Louvre, qu'il construisit la belle résidence de son Mécène1. (Marlavagne, Arch. du Rouer gae.)

BAIL (Les frères). Ils construisirent en 1464 la chapelle Notre-Dame de Kernascledin , en la paroisse Saint- Caradec-Trigomel, dans le Morbihan. (Mél. dliist. et darch. bretonne.)

BAILLY (Jean), né à Bourges en 1480, fut un des architectes de Téglise Saint-Jean, de Troyes -, il vivait dans les premières années du XVIe siècle. Il fut chargé en i5o8 de visiter les quatre piliers du choeur de cette église « attenant les chaires des prêtres et les voltes tant basque hault ». Ses honoraires pour cette visite , dans laquelle il était assisté de son « compaignon », furent de dix sous. En 1 5 1 1, mais cette fois accompagné de son confrère Jeanson, il fut de nouveau consulté sur la même question. Le i3 juillet suivant, on l'appela avec plusieurs autres architectes pour donner son avis sur la démolition du petit clocher et des hautes et basses voûtes de la même église. Dans la même année, les chefs de la bourgeoisie de Troyes ayant été consultés par l'évêque pour décider s'il con-

1. M. de Gaujnl,dans ses Annales du Rouer gue, attribue à Baduel la construction de château de Graves, mais cette assertion est contredite que M. de Marlavagne; ce savant invoque à l'appui de son opinion un texte manuscrit qu'il a eu sous les yeux, et duquel il résulte que ce château, au moins dans ses plus belles parties, le grand portail, la galerie et les pilastres de la cour intérieure, fut, en 1 533, l'œuvre de Guillaume de Lissorgue, surnommé le Sourd de Bournazel.

venait de continuer La tour du nord de la cathédrale, il prit part à cette délibération avec Garnache, Jean de Soissons et l'architecte de la cathédrale, Martin Chambiges. On le retrouve encore en i52l avec Chambiges dans une visite de l'église Saint-Jean : il s'agissait alors de refaire les voûtes et de terminer le petit clocher, qu'on s'était décidé à conserver. (Grosley, Êphêmêrides. — Arnaud, Voy. Arch. dans VAùbe. — Assier, Comptes de lafabr. — Bull, du comité.)

BAILLY (Jean), fils du précédent, succéda en 1 532 à Jean de Soissons comme architecte delà cathédrale de Troyes. Il continua la tour du nord jusqu'en 1 554, époque à laquelle cette tour était arrivée à la hauteur de la corniche qui couronne le cadran. Il mourut le 19 août 1 559 et ^ut mnumé dans la cathédrale. (Pigeotte, Cath. de Troyes.)

BAILLY (Huguenin). En 1 5 1 1 il fut appelé à visiter l'église Saint-Jean, de Troyes, en compagnie de Jean Bailly, Grand-Jean et Jean Oudot-, il fît une autre visite de cet édifice en i52i, pendant que les ouvriers travaillaient aux voûtes. (Assier, Compt. de lafabr.)

BAIRE (Jean). En 1 5 1 7 , les échevins de Béthune, après avoir demandé et obtenu de Jean Pasquier, maître des œuvres de Lille, « un get et pourtraicture en figure » du boulevard de la porte Saint-Pry, appelèrent deux autres architectes d'Arras, Guillaume Wilepin et Jean Baire, pour donner leur avis sur l'emplacement des travaux projetés « et sur ce faire ung nouvel patron et pourget ». Ces deux artistes reçurent pour leurs honoraires onze livres dix-huit sous. (Mélicocq , Art. du Nord.)

B ALI G AND, architecte du roi Stanislas, duc de Lor-

raine. En 1745, les officiers de l'hôtel de ville de Nancy chargèrent cet architecte de restaurer et compléter l'ancien château servant de résidence aux souverains, afin de l'approprier à un hôtel pour l'intendant de la province. Mais les plans de Baligand ne furent pas suivis. Le palais actuel est l'œuvre de Héré de Gorny. En 1 747 il dirigea des travaux de sculpture exécutés dans ce même hôtel de l'intendance. Il bâtit pour lui l'hôtel actuel de la préfecture de Nancy, ainsi que l'hôtel Génin, qui en est voisin. Né dans le Hainaut en 1697, il mourut en 1762. (Lepage, Archiv. de Nancy. — Morey, Ane. dessins.)

BALTARD (Louis-Pierre), né à Paris le 9 juillet 1 764. Après avoir débuté comme graveur, il étudia l'architecture à l'école de Peyre le jeune. En 1784, Mique, architecte de Marie- Antoinette, s'attacha Baltard comme dessinateur et utilisa son talent au tracé du jardin du Petit - Trianon. Il partit pour Rome à la fin de l'année 1 788 et passa deux ans et demi en Italie. De retour en France dans le courant de l'année 1789, il s'arrêta quelque temps à Lyon et s'y livra presque exclusivement à la peinture. En 1792, Paris, architecte du roi, ayant été chassé de Paris par les événements politiques, sa place de dessinateur des décorations de l'Opéra, devenue vacante, fut offerte à Baltard, qui l'occupa peu de temps. En 1793 il s'enrôla comme ingénieur et fît partie du corps d'armée qui marcha contre les fédéralistes du Calvados. Après cette courte campagne il revint à Paris, et obtint en 1 796 l'emploi de professeur d'architecture à l'École polytechnique. Sous le Consulat il fut attaché comme graveur à la publication du grand ouvrage sur l'expédition d'Egypte. Il publia peu après les ouvrages suivants, gravés par lui ou sous sa direction : « Pariseum des monuments de la France » et la « Colonne de la place Vendôme ». Sous le premier Empire il devint architecte du Panthéon et succéda à Dufourny comme architecte

42 DICTIONNAI RE

des prisons de Paris et des halles et marchés. 11 construisit dans les prisons de vastes bâtiments, une chapelle à la prison de Sainte-Pélagie et une autre à Saint-Lazare. En 1818 il fut nommé professeur de théorie de l'architecture à l1 École des beaux-arts. Il a construit à Lyon un grenier à sel, la prison de Perrache, le Palais de Justice. On doit encore à Baltard les publications dont les titres suivent : « Voyage pittoresque dans les Alpes, suivi d'un recueil de 48 vues des monuments antiques ^gravées à la manière noire). » Paris, 1806, in-40. — « Un Voyage en Italie. » — « Architectonographie des prisons. » Paris, 1 829. — « Introduction au cours de théorie d'architecture de l'année 1839. » — « Grands prix d'architecture, 1818- 1834. » 2 vol. in-folio (en collaboration avec Vaudoyer). Mais la publication la plus importante à laquelle le nom de Baltard restera attaché est celle qui a pour titre : « Paris et ses monuments » , laquelle contient la monographie du Louvre, celles des châteaux de Saint-Gloud,d'Écouen, et quelques livraisons de celle du château de Fontainebleau l. Baltard mourut à Paris

1. Il est très-regrettable que cet ouvrage de Paris et ses monuments n'ait pas été continué par un artiste de la valeur de Baltard; mais les encouragements manquèrent à l'auteur pour mener à bonne fin cette vaste entreprise. Une correspondance de Baltard avec le comte de Chabrol, préfet de la Seine, en 1816, correspondance que je possède, nous apprend que, dès i8o3, le chiffre des avances de l'artiste dépassait celui des recettes ; il s'ensuivit un ralentissement dans la publication, et bientôt une interruption définitive. Eni8i3 Baltard, à bout de ressources, fut obligé de vendre son ouvrage. Tous les dessins, la totalité des cuivres et deux cents exemplaires des livraisons déjà publiées furent acquis à vil prix ^9,200 fr.) par un marchand d'estampes nommé Martin, qui demeurait alors boulevard Poissonnière : c'était la ruine du pauvre et courageux auteur. Toutefois les événements politiques qui se succédèrent à partir de cette époque, peu favorables au commerce des beaux livres, ne permirent pas au sieur Martin de tirer parti de son acquisition; en 1816 il possédait encore les dessins et les cuivres en

le 22 janvier 1846. (Galimard, Not. sur Baltard. — Rens. part.)

BALZAC (Charles-Louis) naquit à Paris en 1752. Son talent de dessinateur le fit désigner pour faire partie de l'expédition d'Egypte-, il est Fauteur d'un grand nombre des dessins d'architecture, qui ornent le grand ouvrage publié sur cette expédition. Nommé membre de l'Institut à son retour d'Egypte, il devint inspecteur en chef des travaux de la ville de Paris, et mourut subitement, sur la voie publique, rue de Vaugirard, le 29 mars 1820 l. {Rec. mss. — Bellier.)

question et cherchait à s'en défaire. Baltard, profitant de cette circonstance favorable, écrivit à M. de Chabrol pour lui proposer l'acquisition, parla Ville, de Paris et ses monuments, et, ce qui intéressait particulièrement l'auteur, la continuation de l'ouvrage. Le préfet accueillit favorablement cette proposition, et des mesures furent prises en conséquence. Baltard devait d'abord terminer Fontainebleau, qui était resté inachevé , et continuer ensuite exclusivement les monuments de Paris. Voici la liste des édifices qui devaient entrer dans la composition de l'ouvrage : Palais : les Tuileries, le Luxembourg, le Palais-Royal, le Palais de Justice, l'Hôtel de ville, le Palais des Thermes et l'Hôtel de Cluny, le Palais-Bourbon. — Églises: Notre- Dame, Saint-Sulpice, Saint-Eustache , Saint-Étienne-du-Mont, l'Abbaye, Saint- Philippe-du-Roule, Sainte-Geneviève. — Écoles publiques : les Ecoles polytechnique, militaire, de médecine, de droit, des beauxarts, la manufacture des Gobelins, les collèges. — Divers : les statues équestres de Henri IV, de Louis XIII et de Louis XIV; les portes Saint-Denis et Saint-Martin, le pont Louis XVI et celui de l'Ecole militaire, un choix des autres ponts en amont, les principales fontaines, les hôpitaux et hospices, les prisons, les marchés, les abattoirs, les théâtres, les principaux hôtels particuliers, les portes et barrières, et enfin un plan de la ville de Paris. Le tout devait former 55 livraisons et se composer de 33o planches. Il y eut, j'en ai la preuve, un commencement d'exécution; mais là se borna la munificence de la préfecture de la Seine.

1. Balzac s'occupait aussi de poésie et de théâtre. Étant au Caire,

BAR (Nicolas de) fut nomme en [5i5 maître des œuvres de maçonnerie du comté de Vaudémont (Lorraine), en remplacement de Mengin-Chevron, décédé. Il demeurait au Pont-Saint- Vincent (Meurthe). (Lepage, Les Offices.)

BARAGUEY. Le théâtre de l'Odéon, à Paris, ayant été incendié en 1818, fut restauré par Chalgrin et Baraguey. Ce dernier était architecte du roi et du palais du Luxembourg ' . (Lazare, Rues de Paris. — Rens. part.)

BARBAI (Ursin), né à Villiers, près des Andelys, le 21 janvier 1750, donna, dans les dernières années du règne de Louis XVI, les plans du château de son village natal, et mourut à Montmirail le 17 octobre 1824. (B. de Ruville, Hist. des Andelys.)

BARBAULT (Jean). Il a publié plusieurs grands recueils d'architecture qui sont les suivants : « Les plus beaux monuments de Rome antique et moderne. » Rome, 1761- 1763, 128 pi. in-folio. — « Recueil de divers monuments anciens, recueillis en plusieurs endroits de l'Italie. » Rome,

il fit représenter un opéra-comique, Les Deux Meuniers, dont Rigal avait fait la musique. Il a réuni sous ce titre : Poésies ad libitum et Douleurs et Gue'risons, un certain nombre de pièces de vers dont le premier volume a été publié en 1 817 et l'autre en 1819.

1. Dans une lettre datée du r3 août 181 5, Baraguey prend ce double titre, sans doute pour donner plus de poids à la réclamation qu'il adresse au maire de son arrondissement ; cette réclamation est relative à une contribution municipale de 280 francs, qu'il trouve d'autant plus excessive qu'il vient d'avoir trois Prussiens à sa charge pendant neuf jours, lesquels Prussiens lui ont coûté un louis par jour! Je tiens du maréchal Baraguey-d'Hilliers qu'il existait un lien de parenté entre lui et l'ancien architecte du roi.

1770. In-folio, 166 pi. — « Monuments antiques, ou collection choisie d'anciens bas-reliefs et fragments égyptiens, grecs, romains, étrusques, etc. » Rome, 1763. In-folio, 200 pi. — « Les plus beaux édifices de Rome moderne. » Rome, 1763. In-folio, 44 pi. — La plupart des planches de ces recueils sonts dessinée et gravées par Barbault. (Dussieux, Art.fr.)

BARBET construisit, de 1642 à 1 653, sur la tour du nord delà cathédrale d'Orléans, un clocher « à la moderne ». Ce clocher, qui devait déparer le monument, n'eut, heureusement, qu'une courte existence : il fut démoli en 1691. (Buzonnière, Hist. cTOrl.)

BARBIER de BLIGNIER, architecte de la Faculté de médecine de Paris, a construit l'amphithéâtre d'anatomie de la rue de la Bûcherie,dont l'inauguraition eut lieu le 18 février 1 744. Dans les comptes de dépenses de cette construction,, qui font partie des archives de l'École de médecine , il est mentionné à l'occasion de plusieurs payements d'honoraires qui lui furent faits de 1742 à 1744. (Rens. part.)

BARDAULT (N.), né à Angers vers 1740. Ses principaux ouvrages sont, à Angers, les hôtels Lantivy, près la Porte Neuve-, de Livois, rue Saint-Michel- de la Besnardière, faubourg Samson. Il a construit aussi le château de Pignerolle, commune de Saint-Barthélémy (Maine-et-Loire). (Bodin, Rech. sur Angers.)

BARRÉ construisit à Paris l'hôtel du directeur des postes Grimod de la Reynière, sis à l'angle de la rue des Champs- Elysées et de l'avenue Gabriel. Cet hôtel, habité longtemps par l'ambassadeur de Turquie, est aujourd'hui occupé par un cercle. (Thiery.)

j.6 M i <: riONXAiK i:

BARREAU de CHEFDEVILLE (François-Dominique , élève de Boffrand, né en 1725, remporta le grand prix d'architecture en 1749 sur « un Temple de la Paix », et reçut son brevet d'élève de l'Académie de Rome le 21 octobre 1751. Il fut, après la mort de L'Assurance, un des architectes du Palais-Bourbon, à Paris. (Legrand et Landon.)

BARTHELEMY était, en 1688, architecte ou « commis des bastiments » de l'Hôpital général de Paris. A cette époque, le charpentier Ipotôt exécuta, sous sa direction, des travaux de sa profession à la maison des Enfants-Trouvés, sise sur le parvis Notre-Dame, en face de l'Hôtel-Dieu '.

BASTARD (Etienne-Germain), architecte et graveur, élève de Percier, naquit à Paris en 1 786. Il a laissé une suite gravée par lui de maisons de campagne. (Bellier.)

BAUDOCHE (Claude) est représenté à genoux dans un vitrail de l'église de Sainte-Barbe (Moselle). [Rev. des soc. sav., 4e série, t. Ier.)

BAUDOUIN (Jean). En 1 534, la ville de Loches voulant faire construire un hôtel de ville, « Jehan Baudouin, maistre maczon », fut appelé (probablement de Tours) dans cette ville pour visiter le terrain et donner « son advis et pourtraict sur l'ediffication du bastiment et hostel de ville ». Son plan lui fut payé quarante-cinq sols. La construction de l'édifice fut successivement dirigée par les maîtres maçons de Loches André Sourdeau, André Fortin, Bernard Musnier. ;Grandmaison.^

1 . Je possède le devis original de ces travaux ; il est signé de Barthélémy et du charpentier Ipotôt.

BAUDROT (Gérard ou Evrard). En 1620 ou 1621, le chapitre de la cathédrale de Troyes ayant résolu de reprendre les travaux de construction de cet édifice, lesquels étaient suspendus depuis quelques années, Baudrot fut chargé de faire « deux pourtraicts du couronnement de la tour ». Ces plans, accompagnés de devis, furent envoyés à Paris au trésorier de France, lequel, en raison de certaines concessions faites par le fisc, avait un droit de contrôle sur les dépenses de cette construction. En i638 il fit un projet de balustrade pour la deuxième galerie du grand portail, au-dessus de la rose. Ce dessin existe encore : il est conservé à la bibliothèque de la ville de Troyes. (Pigeotte, Cath. de Troyes.)

BAUDUER (Guillaume) vivait à la fin du XVe siècle. On trouve son nom dans les comptes des consuls de la ville d'Auch: il y est qualifié de « maistre maçon architecte ». (Lafforgue, Art. en Gasc.)

B A YEUX a fourni les plans de l'hôtel de ville de Beauvais (Oise) vers le milieu du XVIIIe siècle. (Hurtault etMagny.)

B A Y E U X , architecte de Caen , termina en 1702, par un dôme à huit pans, le petit clocher de l1 église Saint-Germain, d'Argentan. Ce dôme était accompagnée aux quatre angles de la tour de pyramides couplées. Ce travail fut exécuté par Jean Lemonnier, maçon d'Argentan. (L'abbé Laurent.)

BAYEUX (Guillaume de). Le conseil municipal de Rouen voulant, au mois de juillet i3o,8, élever la Porte Martainville, chargea ce maître d'oeuvres et plusieurs autres de sonder le terrain choisi et de donner leur avis sur les mesures à prendre pour fonder convenablement l'édifice. En 1420, lorsque Jenson Salvart, maître des œuvres du château de Tan-

carville (Seine-Inférieure), eut achevé les travaux de restauration et l'exhaussement de la Tour Coquesart, Guillaume de Bayeux, maître des œuvres du roi au bailliage de Rouen, et Martin Leroux, tous deux architectes, se rendirent à Tancarville pour examiner les ouvrages exécutés dans ce château et donner leur avis à ce sujet. (Deville, Chat, de Tancarville. — Richard, Rech. hisi.)

BAYEUX (Jean de), probablement frère du précédent, fut, le 29 mai i388, reçu maître maçon de la cathédrale de Rouen, aux gages de vingt francs d'or par an, auxquels on ajoutait cent sous tournois pour une robe, pro ranba. En 1 389 il fut nommé « maistre des œuvres de machonnerie de la ville », aux gages de dix livres. Il construisit une partie des murailles de l'enceinte militaire de Rouen, notamment la tour dite Guillaume-Lion, et jeta les fondements de la Porte Martainville, dont il avait tracé le plan. La tour du beffroi de Rouen ayant été rasée par ordre de Charles VI, il fut également chargé de sa reconstruction. En 1394 il fit l'adjudication de travaux ordonnés par le conseil municipal pour un mur à établir sur la rivière del'Aubette. En 1396 il fit marché avec JeanMoreau, « carrieur » de Pontoise, pour cinq cents quartiers de pierre destinés à la construction de la Porte Martainville". Il mourut dans les premiers mois de Tannée 1 398, avant d'avoir achevé la tour du beffroi. (Richard, Rech. hist. — Deville, Rev. des arch. — Delaquérière, Ane. Hôt. de ville de Rouen.)

BAYEUX (Jean de) fils du précédent, succéda à son père. le i5 mars 1398 dans les fonctions de maître des œuvres de la ville de Rouen, mais non comme architecte de la cathédrale. En 1405, le 26 avril, un marché fut passé, sur le devis dressé par cet architecte, avec Colin Rousseau, maçon de Paris, pour l'achèvement de la Porte Martainville. L'entrepreneur

étant mort sans avoir pu achever sa tâche, des experts, au nombre desquels se trouvait Jean de Bayeux , furent chargés de constater l'état d'avancement des travaux et d'arrêter les comptes de la ville avec la veuve de Rousseau. Le 1 8 mars 1409 Jean était absent, et Ton attendait son retour pour tracer les fondements de la barrière et de la porte. (Delaquérière. — Richard, Rech. hist.)

BEAUCE (Jean de). V. LE TEXIER (Jean).

BEAUDOUIN (Jean). V. BAUDOIN (J.)

BEAUDOIN (Charles), architecte Orléanais. En 1726, dans l'acte de baptême d'un de ses enfants , son nom est suivi de cette mention : « entrepreneur des ouvrages du roy » . Plus tard, en 1732, il prenait la qualité d'architecte des ouvrages du roy. [Ai~t. Orléanais.)

BEAUFILS (Jacques). Cet architecte, né en 1487, fut appelé en 1 548 à Bourges, pour visiter, avec son confrère Jean Bellyveau, le clocher et les voûtes de la cathédrale. En i5o5 il avait été adjoint à Pellevoisin, l'architecte en chef des travaux de cette cathédrale. (Girardot et Durand.)

BEAU JEU (Jean de). On croit qu'il était originaire du Lyonnais. Il alla s'établir à Auch avec sa famille et devint citoyen de cette ville. Il assista, à ce titre, à plusieurs assemblées communales, du 8 septembre 1 556 au 20 mars 1 567, et succéda, en 1547, à Méric Boldoytre comme architecte de la cathédrale. C'est lui qui éleva, de i53oà 1567, jusqu'à la hauteur de la première galerie, les trois portes et le porche qui les précède. Ces ouvrages sont d'ailleurs signés de lui ; on lit sur le socle, du côté du nord : jo. d. beavjev architecte facje. en xpi

5o DICTIONNAIRE

i56o; et du côté du midi : jo. n. beavjev faciebat anno pxi 1567. Beaujeu eut pour successeur Pierre Boldère ou Boldotre1. (P. Lafforgue, Art. en Gasc.)

BEAUJEU (Simon de). Il était, vers 1440, maître des oeuvres royaux, à Nîmes. Il construisit à cette époque, par ordre du sénéchal, un pilier de pierre ou pilori pour y exécuter « certains masques, homicides et vieilles sorcières, condamnées à être brûlées et arses, et des verges de fer pour y attacher les oreilles et autres membres des dits masques. » [Archiv. Jonrsanvault.)

BEAU JEUX (Pierre de). Dans les comptes de la construction de la tour et du clocher de l'église de Saint-Claude , en 1468 et 1469, il est qualifié de maître des œuvres « du dit couvent ». (Bul. arch., t. II.)

BEAULIEU (Barthélémy). Parmi les tombes de la nef de Saint-Nicolas-des-Champs, à Paris, se trouvait celle de « Honorable homme B. Beaulieu, en son vivant maistre masson et bourgeois de Paris, qui trépassa le mercredi Ier jour d'octobre 1572... ». (Bibl. nat., Épitaph. mss., III, 1260.)

BEAUMONT. En 1399 il fît payer, sur son certificat, des travaux exécutés à Paris à la chapelle des Célestins, dans un hôtel du duc de Bourgogne (Louis) situé rue de la Poterne « lez-Saint-Pol », et dans un autre sis à Chailluiau (Ghaillot). (De la Borde, Ducs de Bourg.)

1. En 1 863, j'ai vu parmi les autographes de M. Tarbé, de Reims, deux pièces signées d'un Beaujeu, qualifié de maître des œuvres de la sénéchaussée de Beaucaire. Ces pièces dataient de la seconde moitié du XVIe siècle.

DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 5l

BEAUMONT (Claude-Etienne). Né en 1757, à Besançon, il eut pour maîtres Dumont et David Leroy. Il fut inspecteur des travaux de l'église de la Madeleine, à Paris, alors que Couture le jeune était architecte en chef de cet édifice. En 1 80 1 il fut chargé par le ministre de l'intérieur Chaptal de disposer au Palais-Royal la salle des séances du Tribunat ' . Vers la même époque il devint architecte du Palais de Justice, du Temple, de la Maison des sœurs de la Charité et de l'Institution des Sourds-Muets. Plus tard, le gouvernement impérial ayant décidé que l'église de la Madeleine serait convertie en un temple de la Gloire, un concours fut ouvert parmi les architectes, et la section d'architecture de l'Académie des Beaux-arts, appelée à juger le concours, lui décerna le premier prix2. Beaumont mourut à Paris en 181 1. (Dubois, Lettre à un ami. — Recueil mss.)

1. Cette salle fut démolie en 1827 pour la continuation des grands appartements du Palais-Royal, après avoir servi de chapelle pendant treize ans.

2. Cette victoire ne profita guère à Beaumont, mais il faut dire que ce fut un peu sa faute. On sait qu'il avait été inspecteur des travaux de la Madeleine dans les dernières années du règne de Louis XVI. Ayant été révoqué de cet emploi sur la demande de Couture, il se vengea de son supérieur hiérarchique en publiant, sous le nom de l'architecte Dulin, une critique du nouveau projet en cours d'exécution comparé au plan primitif de Contant d'Ivry. Cette critique, sous forme de lettre, était accompagnée d'un contre-projet, œuvre anonyme de Beaumont; elle eut d'autant plus de succès que, sur la demande du baron de Breteuil , elle fut supprimée par arrêt du Conseil. Lorsqu'il s'agit de concourir pour la conversion de la Madeleine en Temple de la Gloire, Beaumont, se rappelant le succès qu'avait eu jadis son contre-projet, le reprit, le développa et l'envoya au concours, où il remporta le premier prix. Mais alors les mécontents, les envieux, l'accusèrent de s'être approprié les idées de Dulin, et crièrent si fort au plagiat que l'Académie revint sur sa décision et

b'2 DICTIONNAIRE

BEAU N YEZ (Jacques). Au mois de mai [527, ^ PV[t envers le doyen et le chapitre de l'église Saint -André, de Chartres, l'engagement de couvrir en pierre, « à escaille de poisson, une tourelle avec voulte qui sera par dessoubs la dite couverture en façon de ung patron et pourgect pour ce faict, etc. ». (Arch. de Vartfr.^ t. VII.)

BEAU REGARD. Les chapelles situées au-dessous des tribunes qui régnent autour de l'église du grand collège des Jésuites, à Lyon, ont été décorées par cet architecte. (Arch. de Vartfr., 2e série, t. IL)

BEAUSIRE (Jean) fut, de i683 à 1706, architecte de la ville de Paris. Il était en 1705 « conseiller du Roi, maistre général des bastiments de Sa Majesté, architecte maistre des œuvres, garde ayant charge des fontaines publiques de la ville de Paris, et contrôlleur des bastimens d'icelle ». Il construisit, de 1705 à 1706, le regard ou fontaine de Paradis qui occupe l'angle arrondi des rues de Paradis et du Chaume ^Blondel, dans son « Architecture française », a consacré une planche à cet édicule). En 17 19 il fut chargé, avec Robert de Cotte, de donner le plan du nouvel hôtel des mousquetaires du roi, qui devait être élevé sur le quai Malaquais, mais ce projet ne fut pas réalisé. On lui doit la reconstruction du chœur de

adjugea le prix à celui des compétiteurs dont le projet avait été jugé devoir être placé en seconde ligne. Beaumont, qui avait pu se considérer un moment comme l'architecte du fameux temple, eut la douleur de voir un de ses rivaux prendre sa place. Il voulut alors se justifier du reproche de plagiat en prouvant que Dulin n'avait été qu'un prête-nom et que le véritable auteur de la fameuse lettre n'était autre que lui-même: il était trop tard. Il obtint seulement une indemnité de 10,000 francs pour son travail. Beaumont ne se consola pas de cet échec, et l'on prétend même qu'il en mourut.

Saint- Benoît-le-Bistourné, à Paris. Il fut admis à l'Académie d'architecture en 1716, et se démit de son titre d'académicien en 1741 '*, il mourut vers le mois de mars 1743. (Lobineau- Piganiol. — Rens. part.)

BEAUSIRE (Jean-Baptiste-Augustin), fils aîné du précédent, fut architecte du roi, maître général, contrôleurinspecteur des bâtiments. Il fut aussi architecte de la ville de Paris 2 de 1706 à 175 1, et eut pour successeur, dans ces dernières fonctions, son gendre^ Laurent Destouches. De 1730 à 1740, il construisit un aqueduc pour le ruisseau qui prenait sa source sur les hauteurs de Ménilmontant et se transformait en égout en traversant le quartier du Temple3. Beausire fut

1. La cause de cette démission doit être probablement attribuée au grand âge de Beausire. En 1741 il y avait cinquante-huit ans qu'il exerçait des fonctions publiques, puisqu'il était déjà architecte de la ville en i683.

2. A cette époque, où la dénomination d'architecte avait depuis longtemps remplacé celle de maître des oeuvres, le directeur des travaux de la ville de Paris conservait encore le titre de maître général des bâtiments. Augustin Beausire est ainsi désigné dans les procèsverbaux des expertises faites en 1750 pour placer l'Hôtel de Ville de Paris sur les terrains de l'hôtel de Conti.

3. Je possède une lettre autographe de Beausire qui se rapporte à ce grand travail; cette lettre, datée du 14 mai 1737, est adressée à un M. Duchesne, très-probablement Antoine Duchesne, prévôt des bâtiments du roi. « Monsieur, permettez-moi d'avoir l'honneur de vous adresser mes pleintes de ce que vos gardes font enlever les pierres d'Arcueil que j'ay fait graver pour le grand égout de la ville, qui étoient sur la carrière du nommé Saunier, au fond de Bagneux. Je me persuade que ce n'est point par votre ordre, en ce que vous aviez promis antiennement que la pierre qui seroit gravée pour la ville seroit réservée et exeptée du droit que vous avez de la prendre par préférence pour le service du Roy. Agréez, je vous supplie, Monsieur,

charge des fêtes offertes au roi Louis XV lors de sa rentrée à Paris en 1744 '. Admis a l'Académie d'architecture en 1732, il mourut à la fin de l'année 1764. (Piganiol. — Leroux de L., Hôt. de Ville. — Rens. mss.)

BEAUSIRE le Jeune, frère du précédent, fut admis à T Académie d'architecture le 4 janvier 1 741 et mourut en 1 76 1 . Il a donné à l'abbé Lambert les notes de son Discours sur les progrès de V Architecture, lequel fait partie de l'histoire littéraire du règne de Louis XIV. (L'abbé Lambert. — Rens. mss.)

BEAUVAIS DE PRÉAU ^Claude-Henri), né à Orléans le 18 octobre 1732. Il a bâti, à Paris, l'hôtel des Postes, rue Plâtrière. (Braisne et Lapierre. — Hom. ill. de V Orléanais-.)

BECQUET (Robert), architecte et charpentier de la

mes nouvelles prières de réitérer vos ordres pour que la ville ne soit point privée de la pierre qui lui est nécessaire et que vos gardes les suivent plus exactement. J'ai l'honneur d'être, avec un dévouement infini, Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur. Beausire. »

1 . Un manuscrit de 40 pages in-folio, qui faisait partie de la collection de M. Lucas de Montigny, portait ce titre : « Description générale des festes de la ville, ordonnées par Messieurs les prévost des marchands et échevins de la ville de Paris, en réjouissance du glorieux retour du roy de l'armée, de son arrivée à Paris, et pour sa réception à l'hôtel de ville, où Sa Majesté a dîné le i5 novembre 1744- — Exécutées les i3, 14, i5, 16 et 17 novembre 1774 sur les dessins approuvés de Messieurs du Bureau et sous la conduite de M. Jean-Baptiste- Augustin Beausire, conseiller architecte du roy, et de son Académie royale d'architecture, etc. »

flèche de la cathédrale de Rouen, élevée en 1 544 et détruite par la foudre en 1822. Il paraît pour la première fois en 1527, dans les travaux de cette cathédrale. En i53o il fit, en qualité de « charpentier du roy », la charpente du chœur. Becquet était, paraît-il,- poëte à ses moments perdus : on le voit, en i545, prendre part au concours des Palinods • il y envoya une ballade qui remporta le prix de la Rose. V. Alavoine. (Deville, Rev. des Arch.)

BÉDIOU (Nicolas), l'un des architectes de l'église d'Arqués (Seine-Inférieure). Il mourut le 12 décembre 1572, ainsi que le porte l'épitaphe de sa tombe, laquelle était placée dans cette église, auprès des marches de l'autel. Le choeur de Péglise d'Arqués appartenant au style du XVe siècle, il est probablement l'œuvre d'un premier architecte. La pierre tumulaire de Bédiou est aujourd'hui incrustée dans une des parois de la chapelle St-Wilgeforte (transsept gauche). En voici l'inscription telle que j'ai pu la lire : cy gist Nicolas bédiou

Me MAÇON D. LEGL1SE DARQUES LEQUEL DECEDA LE 12e Jr DE DE- CEMBRE l572. ET PREZ DE LUY BONNE LIGNARD LA FEMME

deceda le 4e jor du dit mois (Le reste est illisible.) (Vitet,

Ane. villes de France. — Rens. part.)

BEFFARA (Pierre-Louis), architecte de la ville d'Arras , naquit dans cette ville en 1 7 1 2 et mourut le 8 avril 1778. Béffara dressa les plans de la basse ville d'Arras, perça les rues larges qui la traversent, et donna les plans des maisons de ce quartier neuf. Il a laissé de sa ville natale un très-bon atlas qui sert encore aujourd'hui au règlement des alignements. (D'Héricourt et Godin, Les Rues d'Arras.)

BEINHEIM (Jean de). Il figure comme architecte de la ville de Strasbourg dans des documents datés de 1397

à 1405. Son sceau montrait ses armes parlantes : une jambe en allemand bein) qui indiquait soit l'origine de l'artiste, soit celle de sa famille, venue de Beinheim -, ce sceau portait la légende « S Hans von Beinheim » (sceau de Jean de Beinheim). (Schnéegans, Maîtres d' œuvres.)

BELANGÉ (Jacques) était Angevin et alla s'établir à Auch. On croit qu'il succéda à Boldère comme architecte de la cathédrale de cette ville. Il mourut en i 598 et fut inhumé dans L'église des Jacobins, à Auch '.

BELANGER (François-Joseph), né à Paris en 1744, mort dans la même ville le 1 er mai 1818. Protégé par le comte d'Artois, dont il fut le premier architecte, il dessina pour ce prince les jardins du château de Bagatelle, dans le bois de Boulogne; le château et les jardins de Saint-James-, les jardins de Bel-Œil, pour le prince de Ligne, et beaucoup d'autres moins célèbres. Il fut, avant la Révolution, l'architecte des fêtes publiques, des pompes funèbres et des spectacles de la cour. Il construisit pour la famille de La Tour du Pin le château actuel de Méréville (arrondissement d'Étampes). C'est lui qui, en 1810, couvrit la Halle au blé de Paris d'une coupole en fer et fonte. Parmi les autres travaux exécutés à Paris par Bélanger, il faut distinguer les écuries du comte d'Artois, dans la rue qui en a conservé le nom, et très-probablement l'hôtel situé rue d'Angoulême-Saint-Honoré, n° 2, à l'angle de l'avenue des Champs-Elysées, hôtel que le comte d'Artois

1. La pierre tumulaire qui recouvrait les restes de cet architecte a été conservée; elle se trouve aujourd'hui sur la plate-forme du perron de l'église des Jacobins. On y lit l'inscription suivante : /. H. S. Ci gist maistre Jacques Bélangé, maistre maçon, lequel décéda le 27 aoust en Van 1598. (P. Lafforgue, Art. en Gasc.)

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fit bâtir pour Mn.e Contât, et que cette artiste habita jusqu'à l'époque de son mariage avec Parny. Lorsque les Bourbons revinrent en France pour la première fois, en 1814, Bélanger manifesta hautement son enthousiasme ; c'est lui qui fit exécuter en quelques jours, pour la rentrée de Louis XVI II, une statue équestre en plâtre de Henri IV, destinée à remplacer provisoirement celle en bronze qui avait été détruite. Le comte d'Artois, qui n'avait pas oublié son architecte, le nomma surintendant de ses bâtiments et lui fit donner la croix d'honneur. Bélanger a publié, en 1808, un travail ayant pour titre : « Monument d'utilité publique, construction d'une halle aux vins l ». Il est aussi l'auteur d'une notice nécrologique sur

1. Bélanger ne fut pas un génie, mais il a été, sous le règne de Louis XVI, un artiste fort à la mode. Sa liaison presque publique, et qui dura si longtemps, avec Sophie Arnould, ne paraît pas avoir nui à sa fortune; j'inclinerais plutôt à croire que la faveur dont l'honora cette célébrité de l'art et de la galanterie dut être pour lui, à cette époque, une sorte de recommandation. Il faut dire, à la louange des deux amants, que la vieillesse, en changeant la nature de leur affection mutuelle, n'en diminua pas la vivacité; quelques lettres de la grande artiste, publiées dans ces derniers temps par MM. de Goncourt, en donnent un témoignage irrécusable. Ces lettres, écrites de Luzarches, où Sophie s'était retirée pauvre et abandonnée, sont adressées pour la plupart à Bélanger et à sa femme (M1Ie Dervieux, qu'il avait retrouvée dans les prisons de la Terreur, et qu'il épousa dès qu'ils furent libres tous deux). On retrouve encore, dans cette correspondance écrite au courant de la plume et parfois dans le déshabillé le plus complet, l'esprit devenu proverbial de la célèbre Arnould, mais il y règne surtout une bonhomie, une cordialité, touchantes, et cette bonne humeur, au milieu de l'infortune et de la douleur, qui atteste moins peut-être l'insouciance inaltérable de cette singulière femme que l'excellent naturel de son cœur. Bélanger, qui l'avait aidée bien des fois de sa bourse, comme le prouve cette correspondance, ne l'abandonna jamais ; je possède une lettre de lui datée du 1 1 messidor an X (3o juin 1802) qui en est une autre preuve. Cette lettre est adressée

l'architecte Cclerier. Loiseau, Arol. hist. sur Bélanger. - Thiéry.)

BÉLIER (Charles), architecte français, réfugié à Hei-

au ministre de l'intérieur Chaptal. J'en donne ici la copie textuelle : « Citoyen ministre, je vous fais cette lettre à vous seul, elle appelle toute votre attention. C'est auprès du lit de la célèbre Arnould expirante (elle ne mourut pourtant que le 22 octobre) que je la trace pour vous être adressée. Cette femme meurt privée des secours que son état de détresse ne lui permet pas de se procurer. Vous lui aviez accordé une représentation à son bénéfice au théâtre des Arts; des gens obligeants lui en avoient offert 1,200 francs. Vous aviez ensuite désiré que cette permission fût retirée et échangée contre une offre de lui faire donner 6,000 francs; elle en a reçu 4,000. Les 2,000 francs qui lui sont encore dus lui seroient du plus grand secours ; mais à qui s'adresser pour dégager votre parole? L'agent comptable du théâtre des Arts prétend qu'il lui faut de vous un ordre particulier, qu'il ne peut rien délivrer sans cet ordre. Et cette malheureuse femme, de laquelle Gluck disait : « Sans le charme des accents et de la déclama- « tion de Mlle Arnould, jamais mon Iphigénie ne serait entrée en « France », cette infortunée se trouve aujourd'hui privée même des moyens de prolonger sa vie, faute de secours! Que diroient les Montcrif, les Rousseau, les Dalembert, les Diderot, les Helvétius, le baron d'Holbach, et tous ces hommes célèbres qui avaient tant recherché sa société intime (et desquels on trouvera la correspondance)? Que dirait Voltaire lui-même, qui, à l'âge de quatre-vingt-deux ans, se fit porter chez elle et traça ces vers sur son buste :

Ses grâces, ses talents, ont illustré son nom ; Elle a su tout charmer, jusqu'à la jalousie; Alcibiade en elle eût cru voir Aspasie, Maurice Lecouvreur, et Gourville Ninon !

« Cette femme si abandonnée a vécu pour la gloire du théâtre; elle a vécu au milieu des savants, elle a vécu pour faire du bien aux infortunés, elle a vécu en laissant des modèles et des élèves à la scène, qu'elle a embellie et même créée ; les savants ont immortalisé ses talents et son esprit, et pourtant cette femme meurt faute de pouvoir

delberg. Il construisit en i5o,2, dans cette ville, l'hôtel du chevalier de Saint-Georges. (Ramée, Hist. de VArch.)

BÉLIN (Antoine). En i5oo, les échevins de la ville de Béthune, voulant faire construire un pont, consultèrent Bélin, maître des œuvres de la ville d'Arras. (Mélicocq, Art. du Nord.)

BÉ LIS ART, ou BELLISART, continua les bâtiments du Palais-Bourbon, à Paris, commencés en 1722 par Girardini, et eut pour successeurs Lassurance, Barreau et Charpentier. Il travailla principalement au petit Palais-Bourbon. On lui doit aussi la salle de spectacle de Chantilly. Bélisart fut admis à l'Académie d'architecture le 24 juin 1776. (Legrand et Landon. — Rens.part.)

BELLE (Nicolas de). Religieux de l'ordre de Cîteaux , onzième abbé du monastère deNotre-Dame-des-Dunes, Nicolas de Belle vivait dans le XIIIe siècle. Il succéda, en 1 23 1 , à Salomon de Gand comme architecte des travaux de reconstruction de son monastère, commencés en 1 244 par Pierre septième abbé du lieu, et continués par Amélie, Gilles de Steine et Salomon de Gand. Il dirigea ces travaux pendant les vingt années qu'il fat abbé de Notre-Dame-des-Dunes, et eut pour successeur Lambert de Kenle. (V. Amélius/!

BELLICART (Jérôme-Charles), né à Paris le 21 février 1726, obtint le grand prix d'architecture en 1747,

se procurer des remèdes contre les maux cruels qu'elle souffre ! » Si cette lettre n'est pas un modèle irréprochable de style épistolaire, elle a du moins cette éloquence du cœur qui persuade ; je doute que le ministre ait pu y résister.

00 DICTIONNAIK I.

sur « Un Arc de Triomphe ». Son brevet d'élève de l'Académie de Rome lui ayant été délivré le 5 mai 1 749, il partit pour l'Italie, où il séjourna quelques années-, plus tard, il devint architecte du roi et contrôleur des bâtiments du château de Compiègne. 11 entra à l'Académie royale d'architecture le i5 septembre 1762, en remplacement de Godôt. Il a publié en 1754, avec Cochin fils, un livre intitulé : « Observations sur les antiquités d'Herculanum ». On lui doit des cartes des forêts de Compiègne et de Fontainebleau, exécutées pour le roi. Ruiné par le jeu, il mourut dans la misère, laissant inachevé son dernier ouvrage : « Architectonographie, ou Cours complet d'Architecture ». [Rens. part. — Bellier.)

BELYVEAU (Jean). Né en 1497, il fut appelé, le 19 juin 1548, en compagnie de son confrère Jacques Beaufils, pour visiter le clocher et les voûtes de la cathédrale de Bourges. En 1564 il reconstruisit la maison des «. Pestiférés » dans la même ville, et éleva un des corps de bâtiments de l'Hôtel de Ville. (Arch. de Vart.fr.)

BÉNARD. L'hôtel des Postes, de Paris, ayant dû être reconstruit rue de Rivoli, entre les rues de Castiglione et Neuve-de-Luxembourg, Bénard donna les plans de cet édifice et en commença la construction en 1 8 1 1 -, mais ce projet fut abandonné en 1822, et, sur l'emplacement choisi, on construisit le ministère des finances. (Lazare, Rues de Paris.""

BENOIT DE FORTIER. V. FORTIER (Benoit de).

BÉNAZET (Saint). Il est considéré comme l'architecte de l'ancien pont d'Avignon, qu'il aurait achevé de construire en 1 188. Il éleva aussi à Avignon un hôpital où il institua des

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religieux qu'on nomma les frères du Pont. Il se retira dans cette communauté, dont il était le prieur, et y mourut en i ig5. (Félibien, Recueil hist.)

BENOIT. Guy Geoffroy, duc d'Aquitaine, donna, en 1081, au monastère de Cluny, l'église de Saint- Eutrope, de Saintes, qu'il avait achetée. La crypte de cette église étant trop petite et obscure, un autre emplacement fut choisi pour l'édification d'une nouvelle église, laquelle, construite par un architecte nommé Benoît, fut terminée en 1096. [Bul. monumental. Note de M. de Ghasteigner.)

BÉRAIN (Jean), né à Saint-Mihiel (Meuse) vers 1640, mort à Paris le 20 janvier 171 1 r, fut dessinateur du cabinet du roi. lia laissé plusieurs ouvrages de décorations, et notamment celui-ci, qui est le plus connu : « Ornements inventés par J. Bérain ». Paris, Thnret (sans date). Le même ouvrage eut une seconde édition en 1 7 1 1 , sous ce titre : « Œuvres de J. Bérain, contenant des ornements d'architecture » (gr. in-fol.). On a de lui encore deux volumes d'ornements relatifs, l'un à la serrurerie, l'autre à l'arquebu série. Il fit aussi des décorations pour l'Opéra. (Brunet, Man. du libr. — Recueil mss. — Mariette, Abecedario 2.)

BERAIN (Jean). En 1761 il fut appelé à Saint-Quentin, en compagnie de J.-B. Marteau, architecte du roi, pour recevoir les nouvelles orgues de l'église collégiale de cette ville. (Gomart, Égl. de Saint-Quentin.)

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