DANJOU. —V. DANGERS
DANJOY (Jean-Charles-Léon), né àAvensac Gers en 1806, élève d'Huyot et de l'Ecole des Beaux- Arts. Attaché à la Commission des Monuments historiques dès 1840, il exécuta dans ce service de nombreux travaux théoriques et pratiques qui lui valurent, en 1845, une médaille d'honneur décernée par la Commission. Au nombre de ces travaux se trouvait un projet de restauration de la basse œuvre de Beauvais. En 1 843, il fut chargé par le ministère des cultes de la restauration de la cathédrale de Meaux, travail qu'il poursuivit jusqu'au jour de sa mort. En 1847 et 1848, la même administration lui confia la restauration des cathédrales de Bordeaux et de Metz. Le projet relatif à ce dernier édifice fut exposé au Salon de i852. Nommé la même année architecte du diocèse de Coutances, il fut en même temps chargé, pour ce diocèse, de la construction d'un grand séminaire, mais la mort l'empêcha de terminer cet édifice. Parmi les autres travaux de Danjoy, il faut citer encore le tombeau du prince Demidoff, au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, des projets de château d'eau et de fontaines publiques pour la ville de Marseille, un projet de restauration de la cathédrale de Paris, son projet de tombeau de Napoléon Ier aux Invalides, etc. Danjoy mourut à Paris le 4 septembre 1862 l. (Reus. part.'
1. Danjoy, plus radical que pratique, peut-être, dans sa méthode de composition architectonique ,. prétendait s'affranchir, au besoin, de toute forme consacrée par la science ou par la tradition, et voulait que
DANTENA (Pierre), architecte parisien du XIIIe siècle, construisit l'église de Saint-Augustin-lez-Limoges. Ce fait a été révélé par une pierre tumulaire conservée dans la sacristie de l'abbaye de Saint-Augustin, devenue la maison centrale de détention du département de la Haute- Vienne. Dantena était en même temps sacristain de cette église. {Bull, arch., t. II. — L'abbé Texier, Man. d'épi graphie.)
DARDAILLAN (Gabriel), né à Lille, mourut le 3o mars 1695. Il lit le fameux escalier du château d'Aubais ^Gard), vis de Saint- Gilles moins célèbre que l'autre, mais qui était aussi remarquable, non-seulement par son savant appa-
le sentiment dominât tout, même la matière. Partant de là, il avait imaginé une sorte d'architecture imitative, qui eût été comme une poétique peinture en relief des choses de la vie, comme un art nouveau tenant le milieu entre le rêve et la réalité. Doué d'un grand talent de dessinateur, il savait si bien traduire sur le papier les séduisantes songeries de son imagination que, sans vous convaincre jamais, il vous charmait presque toujours. Des cahiers de croquis que j'ai autrefois feuilletés avec lui contenaient, en ce genre, de délicieuses fantaisies, ingénieusement conçues, finement tracées, qui donnaient la plus haute idée de la délicatesse et de la distinction de sentiment de l'artiste. Malheureusement tout cela manquait d'une base sérieuse ; tout cela était imaginé pour un monde qui n'est pas le nôtre. L'architecture étant surtout l'art de la réalité et de la matière, elle ne peut être traitée comme la peinture et la poésie ; Danjoy avait donc tort de •rêver pour elle une indépendance d'allures incompatible avec les conditions de son existence. Néanmoins ces efforts d'un consciencieux artiste, d'un esprit distingué et chercheur, font honneur à la mémoire de Danjoy; assez de gens se traînent dans l'ornière de la vulgarité pour qu'il soit permis à quelques-uns de s'aventurer dans le vague domaine de l'idéal et aussi pour qu'on ne laisse pas disparaître, sans les mentionner avec éloges, ces chercheurs désintéressés, même quand ils s'égarent à la recherche de l'impossible.
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reil, mais par ses grandes proportions. Rev. des Soc. sav., 3e série, t. I.)
DARD EL (René), né à Lyon le 8 octobre 1796, élève de Huyot et de l'École nationale des Beaux- Arts, commença ses études à Paris, et alla les achever en Italie. Il fut, en i83i, nommé architecte de la ville de Lyon, et en 1 832 chargé de la restauration du palais des Beaux-Arts de la même ville. Le nom de Dardel se rattache d'ailleurs à plusieurs édifices publics de sa ville natale* c'est à cet architecte qu'on doit l'Entrepôt des liquides (i835), le marché de la Martinière (1 836), la transformation du Grand-Théâtre (1842), la fontaine de la place Saint-Jean (1843), la restauration de l'Hôtel de ville (de 1846 à 1854), la création de la rue Impériale (i853), la construction du palais du Commerce et de la Bourse (1860). Indépendamment de ces ouvrages , Dardel a élevé diverses maisons de ville et de campagne, des établissements industriels, des tombeaux, etc. 11 est aussi l'auteur d'un projet d'église pour Perrache. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1 842, il fut promu au grade d'officier du même ordre en 1 860, lors de l'inauguration du palais du Commerce. Il mourut à Condrieu (Rhône), le 25 septembre 1871 l. (Rens. part.)
DARNAUDIN ou D'ARNAUDIN, né à Versailles en 1741, remporta le grand prix d'architecture en 1763 et obtint ensuite son brevet d'élève de l'École de Rome. D'abord inspecteur des bâtiments du roi sous Louis XVI, il construisit à Versailles , en 1 776, de nouveaux bâtiments pour l'agrandissement de l'hôpital civil ; en 1780, l'hôtel du Garde-Meuble de
1. Les éléments de cette notice m'ont été obligeamment communiqués par M. Léon Charvet, architecte, ancien collaborateur et ami de Dardel. ,
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la couronne, devenu plus tard celui de la préfecture ' -, en 1 787, l'hôtel de Séran, situé rue des Réservoirs, et qui porte aujourd'hui le n° 6. Il fut reçu membre de l'Académie royale d'architecture en 1 79 1 . (Leroy, Rues de Versailles. — Rens. part.)
DARRAS (Pierre), maître des ouvrages de la ville d'Amiens. En 1 386, il assista à un dîner offert par le mayeur et les échevins d'Amiens, à propos de travaux importants exécutés dans la ville; à cette occasion, il reçut, à titre de présent, <( un buffet et un drap pour le couvrir ». (Dusevel, Rech. hist.)
D AU COUR fut admis en 1680 à l'Académie royale d'architecture.
DAVI (Jean). Une ancienne chronique de l'église de Rouen [chronicon triplex et uniim) mentionne une visite qu'il fit vers la fin du mois de décembre 1278, en qualité de maître des œuvres, au réservoir de la fontaine de l'église. Dans cette chronique Davi est qualifié de « citoyen de Rouen ». C'est lui qui fut chargé par l'archevêque Guillaume de Flavacourt d'élever le portail nord de la cathédrale. Peut-être lui doit- on également la grande chapelle de la Vierge, dont les fondements furentjetés en i3o2. (Deville, Rev. des arch.)
DAVID (Charles) fut le second architecte de l'église Saint-Eustache, à Paris-, c'est à lui qu'on devait l'ancien portail, qu'il acheva en 1637, et qui fut démoli en 1753 pour faire
1 . Depuis la construction d'un nouvel hôtel de la préfecture, à Versailles, ces bâtiments ont été adjoints à l'hôtel des Réservoirs.
place à celui qu'on voit aujourd'hui, œuvre de Mansart-de- Jouy et Moreau. David fut inhumé dans l'église qu'il avait, en grande partie, élevée ; voici son épitaphe, telle qu'elle se trouvait sur son mausolée : « Cy devant gist le corps d'honorable homme Charles David, vivant juré du- roy es œuvres de maçonnerie, doyen des jurés et bourgeois de Paris, architecte et conducteur du bâtiment de l'église de céans, lequel, près avoir vécu avec Anne Lemercier, sa femme, l'espace de 53 ans, est décédé le 4e jour de décembre iG5o, âgé de 98 ans. » (Bibl. nat., Epitaph. mss.)
DAVILER, présumé fils du suivant, obtint le grand prix d'architecture en iy3o, sur : « Un Arc de triomphe ». Bien qu'il fût établi à Paris, il travailla beaucoup en Bourgogne, notamment à l'abbaye de Saint-Julien et à la manse conventuelle de Saint-Marien d'Auxerre-, à l'hôpital général et à l'archevêché de Sens- au séminaire de Langres- à l'église et au presbytère de Trucy ; au clocher de l'église de Vincelottes-, à l'église et aux bâtiments de l'abbaye de Malôme, etc. (Quentin, Inv. des arch. de l'Yonne.)
DAVILER (Charles-Augustin), né à Paris en 1 653, d'une famille originaire de Nancy, partit pour l'Académie de France, à Rome, en 1674, accompagné d'Antoine Desgodets et de l'antiquaire Foy-Vaillant. S'étant embarqués à Marseille, ils furent pris par des corsaires algériens qui les retinrent seize mois en Afrique. Pendant sa captivité, Daviler construisit une mosquée à Tunis et parvint ainsi, peut-être, à fléchir ses maîtres. En 1676, Daviler et ses compagnons d'infortune furent échangés contre des Turcs pris par les Français -, redevenus libres, ils se rendirent à Rome, où Daviler passa cinq années à étudier. De retour à Paris il fut employé par Mansart, et consacra les loisirs que lui laissait son emploi à
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préparer, avec les conseils de Dorbay, son « Cours d'architecture ». Avant de publier cet ouvrage, il avait fait paraître une traduction du « Traité des cinq ordres » de Scamozzi • mais, impatient de se faire connaître par des travaux plus pratiques, il accepta d'aller, en 1 6g i , à Montpellier, pour y faire exécuter, sur les dessins de Dorbay, Tare de triomphe que les États de Languedoc avaient résolu d'ériger à la gloire de Louis XIV1. Ce début fut heureux pour Daviler, car, dès 1690, les États de Languedoc lui décernèrent le titre de leur architecte et lui firent obtenir le brevet d'architecte du roi. En même temps Colbert, archevêque de Toulouse, lui faisait rebâtir entièrement son palais archiépiscopal, et M. de Baville, intendant de la province, se déclarait son protecteur. Daviler, se voyant si bien accueilli en Languedoc, fit de cette province sa patrie d'adoption-, il se maria à Montpellier et fut chargé de différents travaux , parmi lesquels il faut mentionner le palais épiscopal de Béziers, diverses autres constructions à Carcassonne , à Saint -Pons, à Toulouse, à Nîmes, etc. En 1 699 , il fut envoyé au pont du Gard pour préparer une restauration de ce monument-, mais cette dernière opération ne put avoir de suite, car il mourut l'année suivante, à l'âge de 47 ans. Voici les titres des publications laissées par Daviler: « Cours d'architecture, qui comprend les ordres de Vignole, avec des commentaires, des préceptes sur ce qui regarde l'art de bâtir, etc. Paris , Langlois , 1691 », un vol. in-40 avec
1 . Il faut croire que cette fugue ne fut pas du goût de Mansart, car, dans une lettre du mois de septembre 1691, Daviler se plaint amèrement des procédés du célèbre architecte de Louis XIV, au service duquel il avait, à son grand regret, dit-il, perdu cinq années de son temps. Il s'agissait de la candidature de Daviler à l'Académie d'architecture, candidature que Mansart combattait, paraît-il, de toute la force de sa grande influence.
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lig. Une seconde édition du cours d'architecture fut publiée en 2 vol. par Mariette, en 1720. — « Explication des termes d'architecture, qui comprend L'architecture, la géométrie, les mathématiques , l'hydraulique la construction des édifices et
leurs défauts, les bâtiments antiques, sacrez, profanes, champestres, de marine, etc., avec les préceptes, le tout par rapport à Part de bâtir. » — « Suite du cours d'architecture», par Daviler. Paris, Langlois, 1691. — Une seconde édition de cet ouvrage fut donnée plus tard par Jombert, sous ce titre : « Dictionnaire de l'architecture civile et hydraulique et des arts qui en dépendent : comme la maçonnerie, la charpenterie, la menuiserie, la serrurerie, le jardinage, etc., la construction des ponts et chaussées, etc., par A. -G. Daviler. Paris, Jombert, iy55, in-40 ». ('Mariette, Abecedario. — L'abbé Lambert, Hist. littér. — D. Calmet, Bibl. lorraine. — Roland de Vyrlois.^
DE BAR. — V. NICOLAS de BAR.
DEBOURGE père remporta le grand prix d'architecture en 1729, sur : « Une cathédrale. » 'Rens. part.)
DEBOURGE (Antoine-Joseph), fils du précédent, grand prix d'architecture de 1761, obtint son brevet d'élève à l'École de Rome le 24 août 1762 et fut admis à l'Académie royale d'architecture en 178.S. (Rens. part.)
DEBRET (FRANçois);né à Paris le 21 juin 1777, élève de Percier, construisit à Paris deux théâtres, celui des Nouveautés l , situé place de la Bourse, en 1 826, et celui de l'Opéra,
1. Le théâtre des Nouveautés a été récemment démoli pour faire place à la rue Réaumur.
rue Le Peletier, en 182 1 . Il avait aussi élevé, sur ses dessins, l'ancienne salle Louvois, sise rue de Richelieu, où Louvel assassina le duc de Berry,et dont la démolition fut décidée après la mort de ce prince. Debret avait jeté les fondements des bâtiments de l1 Ecole des Beaux-Arts de Paris, lorsque la direction des travaux de ce palais fut confiée à Duban. En 181 3 il fut chargé de la restauration de l'église abbatiale et des tombeaux de Saint-Denis, en remplacement de Célerier. Des travaux considérables furent exécutés sous sa direction dans ce monument jusqu'en 1846, époque à laquelle on lui donna pour successeur M. Viollet-le-Duc r. Il a rédigé toute la partie architectonique de l'encyclopédie moderne de Courtin. Debret fut reçu membre de l'Institut en 1825, et mourut à Saint-Gloud, le i3 février i85o. (Rens. part.)
DE BROSSE (Jean), architecte de Marguerite de France, femme de Henri IV, présumé frère de Salomon. On croit qu'il
1. Le passage de Debret à l'église de Saint-Denis fut un véritable désastre pour l'édifice. Non-seulement cet architecte ignorait l'art dont il avait eu mission de faire revivre un des curieux échantillons, mais il ne l'aimait pas; aussi, pendant les vingt-sept années qu'il s'escrima sur la pauvre église, on devine ce qu'il put ainsi ajouter de ruines à ses ruines! Il est impossible d'en donner ici une idée. Heureusement, le maître à qui sont confiées aujourd'hui les destinées de ce monument a déjà réparé en partie le mal fait par la main malheureuse de son prédécesseur; mais bien des choses irréparables n'en resteront pas moins pour attester le passage de Debret à Saint-Denis. Toutefois, ne soyons pas trop sévère, Debret fut moins coupable que le temps où il a vécu; le grand malheur de l'église de Saint-Denis, c'est qu'on en ait ordonné la restauration à une époque où personne encore n'était préparé pour l'entreprendre. Il faut d'ailleurs se consoler de Saint-Denis en songeant que notre admirable cathédrale de Paris eût pu être également traitée, et que, Dieu merci,-, ce chefd'œuvre a échappé au massacre et revit d'une vie nouvelle.
éleva pour cette princesse l'hôtel dont les fondements furent jetés en 1606, et qui était situé à Paris, dans la rue qui a porté longtemps le nom des Petits-Augustins. Dans les registres de la Maison de la reine Marguerite («■ Arch. nat.,» KK. n° 1 63), on trouve la mention suivante : « A Jehan De Brosses, architecte et secrétaire d'icelle dame, la somme de trente-trois escus un tiers, pour gages durant l'année 1578 ». Le nom de J. De Brosse figure également dans les comptes de l'année 1579. (A. Jal, Dict. cri t.)
DE BROSSE (Paul). Il figure sur un état des gages des officiers du roi Louis XIII pour 1624, aux appointements de 800 livres par an. Salomon de Brosse, dont le nom est en tête de cette pièce, recevait 2,400 livres. Paul était-il son fils1? Un De Brosse était, en i636, architecte de la cathédrale de Troyes \ il avait pour collaborateur Lemercier. Ils rirent ensemble les deux lanternons qui couronnent la tour du nord de cette cathédrale. Il y a lieu de croire que ce De Brosse était le Paul qui figure sur l'État des gages dont il s'agit, car Salomon mourut en 1626, et il n'est pas probable que Jean, dont le nom apparaît déjà comme architecte dans un compte de 1578, ait pu être en i636 le collaborateur de Lemercier à la cathédrale de Troyes2. [Arch. de Vart fr.)
1. Quand M. Ch. Readaura publié cette biographie de Salomon De Brosse, qu'il nous promet depuis longtemps, nous saurons sans doute si un lien de parenté a existé entre ces deux artistes, contemporains et collaborateurs.
2. Vers 1622, lorsqu'il s'agit de reconstruire à Rouen le pont Mathilde, qui était hors de service, les échevins de cette ville envoyèrent à Paris les plans proposés afin de les soumettre à l'appréciation des notabilités de l'art. On se réunit chez d'Aunoux, contrôleur des bâtiments du roi, et il fut décidé que deux architectes parisiens « des plus renommez », La Brosse et Le Redde, se rendraient à Rouen pour
DE BROSSE (SALOMON),néà Verneuil-sur-Oise1, était neveu de Jacques Androuet Du Cerceau le fils, auquel il suc-
« visiter les vieilles arches et sonder profondement la rivierre de tous cotez ». Évidemment ce La Brosse n'est autre qu'un De Brosse, et probablement Paul. Quant au compagnon de voyage, on reconnaît facilement Gilles Le Redde, alors maître des œuvres de charpenterie du roi.
1. L'origine de De Brosse est peu connue. En 1618, Marin delà Vallée, entrepreneur des travaux de l'Hôtel de ville de Paris, n'ayant pas rempli fidèlement les obligations de son marché, fut dénoncé au procureur du roi par l'architecte de l'édifice, Pierre Guillain. Des experts ayant été nommés pour examiner les faits, de la Vallée demanda qu'un sieur « Brosse » leur fût adjoint pour présenter sa défense. (Leroux de L., Hôt. de ville.) Ce Brosse m'était connu de longue date, mais, ignorant sa véritable qualité, je l'avais dédaigné. Un document important que le hasard vient de me faire découvrir a rendu pour moi ce personnage très-intéressant. En effet , ce Brosse n'est autre que De Brosse, moins la particule. Brosse était le vrai nom du célèbre architecte , et c'est ainsi d'ailleurs qu'il est nommé dans un compte des bâtiments de Marie de Médicis pour l'année 161 3. On peut voir par l'acte d'inhumation de De Brosse qu'il était né à Verneuil, et l'on sait que ce Verneuil, situé près de Senlis, est Verneuil-sur-Oise. Or le document dont il s'agit est un acte de vente faite par Jean Noël à Jean Brosse, « maistre architecteur ». Ce dernier Brosse doit être le père de Salomon; la similitude de nom, de profession et d'origine, ne peut laisser aucun doute à cet égard. Il est probablement aussi le père du Jean De Brosse qui fut architecte de la reine Marguerite, première femme de Henri IV. Voici une copie de la pièce manuscrite dont il s'agit : « Par devant nous Sébastien de Fromont et Jehan Delahaie, notaires du Roy nostre sire en la ville et chastellenie de Creeil, furent présens en leurs personnes Jehan Noël, laboureur, et Anthoinette Poncelet, sa femme, de lui licencée et auctorisée quant à ce, demourans a Fleurynes, lesquels de leurs bonnes volontez, sans aucune contraincte, recognurent et confessèrent avoir vendu, ceddé, quicté, transporté et délaissé du tout à toujours, et promis garantir de tous troubles et empeschemens quelconques, l'un
céda comme architecte de Marie de Médicis. Il commença en i5l5, pour cette princesse, la construction du palais du Luxembourg, à Paris, lequel fut achevé en 1620'. De 161 6 à 1G21, il élevait dans la même ville le portail de l'église Saint-Gervais, la grande salle du Palais de Justice, qui avait été détruite par un incendie en 1618, etc. On lui doit aussi le fameux temple de Charenton, où les calvinistes tinrent leurs
pour l'autre et lui seul pour le tout, sans diuision ne discution, a honneste personne Jehan Brosse, M0 architecteur, demourant a Verneuil sur Oize, a ce présent, achepteur et acceptant pour luy, ses hoirs et ayans cause au temps a venir, cestassavoir dix sept verges de terre trois quartz de verge de terre en jardin en une pièce, assis ou terrouer dudict Verneuil, au lieudit Mont-la-Ville, tenant d'un bout» par bas au ru Macart et d'autre bout à la grand' rue. A ladicte femme appartenant de son propre, si comme ils dient, pour en joir, user et possesser par ledict achepteur, sesdicts hoirs et ayans cause. A la charge de huict deniers parisis de cens, chacun an, le jour Saint Remy, envers le seigneur dudict Verneuil, dont ce meult, pour toutes charges, que ledict achepteur acquictera doresnavant. Cette vendiction faicte moiennant et parmy la somme de cinquante trois livres cinq solz tournois, avec quarante solz tournoys au vin du marché et vingt solz tournoys pour les espingles de ladicte femme, que pour ce les dietz vendeurs m'ont confessé avoir eu et reçeu dudict achepteur et qui' paie, compté et nombre leur a esté en la presance desdietz notaires en dix neuf escuz d'or soleil et monnoye dont ilz se sont tenuz pour contens, quictans, déssaisissans, consentans, etc. Ce fut faict et passé le vingt cinqeme jour de juing l'an Ve soixante huict. Signé De Fromont. — J. Delahaye. » Au verso est une reconnaissance de la validité de la vente, signée de Philippe de Boullanvillier, comte de Dampmartin, seigneur de Verneuil. Cette pièce sur vélin est de format in-40.
1. Dans le compte des bâtiments de Marie de Médicis pour l'année 1616, dont il est parlé dans la note précédente (Archiv. nat., KK, 193), on lit : « A Salomon Brosse, architecte général des bastimens du Roy et de la Royne, mère de Sa Majesté, la somme de 3oo livres pour les gaiges ordinaires attribuez et appartenant à la dicte charge. »
synodes tant qu'il leur fut permis de s'assembler ' ; l'aqueduc d'Arcueil; le château de Monceaux (Seine-et-Marne), qu'il bâtit pour Gabrielle d'Estrées; le château de Coulommiersen-Brie, dont il donna les dessins. Sur un état des gages des officiers du roi (Louis XIII) pour Tannée 1624, il est ainsi mentionné : « A Salomon de Brosse, architecte, tant pour ses gages anciens que d'augmentacion par le décedz du feu sieur Du Cerceau (le fils) 2, son oncle, et sans autre retranchement, attendu son mérite et le service actuel et ordinaire qu'il rend à sadite Majesté, la somme de 2,400 livres ». Au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, dans l'œuvre de Michel Lasne, se trouve une grande pièce gravée destinée à consacrer le souvenir de Grégoire XV ; au bord de cette pièce on lit : Salomon de Brosse innen. Micael Asinius sculp. Il mourut à Paris le 8 décembre 16263. (De Gisors, Le Palais du Luxembourg. — Grosley, Ephémérides. — Archiv. de VArtfr. — Jal,Dict. crit.)
DEBURLE (Pierre). Il commença en i323, sous l'épiscopat de Cabrières de Goncos, la construction de la cathé-
1. Ce temple ne resta pas longtemps debout : il fut rasé lors de la révocation de l'édit de Nantes, en i685.
2. Jacques Du Cerceau, le fils, étant mort en 1614, il est difficile de comprendre comment, après dix années écoulées, son décès put être encore une cause d'augmentation pour les gages de son neveu.
3. M. Jal donne dans son Dictionnaire critique l'acte d'inhumation de De Brosse dans le cimetière protestant de la rue des Saints-Pères; cet acte, inscrit sur deux registres, offre deux orthographes différentes : — i° « Salomon de Brosse, jngénieur et Architecte des bastiments du Roy, natif de Verneuil, inhumé le 9 décembre 1626 ». — 20 « Du 9e jour du mois de décembre 1626 a esté enterré Salomon de Brose (sic) architeq de la Raine mère au cimetière de St Germain, »
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drale cTAix. Les travaux furent interrompus par suite de circonstances malheureuses et repris seulement en 141 1, pour être achevés en 1427. (L'abbé Bourassé.)
DE CAUS (Isaac), neveu du suivant, naquit à Dieppe et fut architecte et ingénieur. Il a publié, en Angleterre, les deux ouvrages suivants : « Nouvelles inventions de lever Peau plus haut que la source, avec quelques machines mouvantes par le moyen de Peau, et un discours de la conduite d'icelle ». Londres, 1644, in-fol. de 32 p. avec 26 pi. gravées à Peauforte. — « Wilton garden. Are to be sold by Th. Rowlet, at his shop near Temple Bar. » In-fol., recueil de 26 planches, gravées par Is. De Caus, représentant les jardins du château de Wilton, appartenant au comte de Pembrocke. (Frère, Bibl. norm.)
DE CAUS (Salomon), né en Normandie, et probablement à Dieppe ou aux environs, vers 1576, semble avoir emprunté son nom à cette origine l. Il commença par être archi-
1. La Revue des Sociétés savantes, 5e série, t. II, contient une communication et des notes de M. de Beaurepaire, archiviste de la Seine- Inférieure, sur Salomon De Caus. J'emprunte au travail de cet érudit quelques faits nouveaux qui viennent heureusement compléter ma notice. Et d'abord il ne reste plus guère de doute sur l'origine de De Caus. Dans une lettre adressée par lui aux échevins de Rouen à l'effet d'obtenir leur confiance pour la construction d'un pont, il fait valoir sa qualité de Normand, en disant : « Comme estant du pays, etc. » D'un autre côté, ce nom de De Caus paraissant révéler une origine cauchoise, on a cherché quel pouvait être, dans la Haute Normandie, le lieu de naissance de cet artiste. Or, Isaac De Caus, neveu de Salomon, naquit à Dieppe, et, à la même époque, on trouve dans cette ville un David De Caux, savant médecin, un Guillaume De Caux, nommé, le 5 février 1607, conseiller du roi à l'élection d'Arqués, sur la démission
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tecteet ingénieur du prince de Galles, Henri, fils de Jacques Ier. En 161 1 il était déjà, depuis quelque temps, attaché à ce prince; il fit pour lui des dessins qu'il publia plus tard dans son livre intitulé : « Raisons des forces mouvantes ». En 161 3, la fille du prince de Galles ayant épousé l'Électeur palatin Frédéric V , il la suivit en Bavière et se fixa à sa cour. Là il fut chargé par l'Électeur de la construction de bâtiments nouveaux au palais de Heidelberg, et en outre de dessiner et planter un jardin orné de « toutes les raretés que l'on y pourroit faire ». En 1619, Salomon avait presque achevé son œuvre, mais la guerre de Trente-Ans, à laquelle Frédéric prit une part active, l'empêcha d'y mettre la dernière main. Il publia à Francfort, en 1620, les dessins de ce jardin,, « tant ce qui estoit achevé, que ce quirestoit à faire ». Cet ouvrage, intitulé : « Hortus Palatinus » , se compose de trente planches gravées par de Bry. On y voit une porte dite porte d'Elisabeth, élevée en 161 5, et, dit-on, en une nuit, par les soins de Salomon De Caus. Après avoir passé sept ans à la cour de Heidelberg, De Caus revint en France vers la fin de 1619, où, peu de temps après son retour, il obtint le titre d'architecte et ingénieur du roi. De 16 18 à 1620, il correspondit de Heidelberg ou de Paris avec l'échevinage de Rouen, au sujet du pont à jeter sur la Seine pour remplacer celui de Mathilde, démoli en partie depuis les premières années du XVIe siècle. Ces négociations durèrent longtemps, car, tandis qu'il voulait construire ce pont en pierre, les échevins préféraient un pont de bois. Il offrit de présenter quatre divers dessins du pont projeté, en demandant : « premièrement, que Messieurs luy donne ou promette deux cents escus pour sa peine des dits quatre
donnée en sa faveur par Pierre De Caux. Ces derniers renseignements sont puisés aux archives de la Seine-Inférieure.
dessins », ajoutant que « sy suivant iceus l'on prent resolution de le faire (le pont de pierre), le dit De Caus promet de s'aquiter fidellcment de l'œuvre moyennant honneste récompense » ' . Après avoir lutté longtemps pour la pierre, De Caus finit par se résigner au bois de charpente, mais sans pouvoir, d'ailleurs, se mettre d'accord avec l'administration municipale, car un pont de bateaux fut construit vers la même époque et sans la participation de De Caus. Il a laissé les ouvrages suivants : « Les Raisons des forces mouvantes, avec diverses machines, tant utiles que plaisantes, ausquelles sont adjoints plusieurs desseings de grottes et fontaines. » A Francfort, en la boutique de Jean Norton, 1 6 1 5. In-fol. 2 — « La Perspective, avec la raison des ombres et miroirs. » Londres, Barker, 1 6 1 2 . In-fol. avec 63 planches dans le texte. — « Institution harmonique, en deux parties : en la première sont monstrées les intervalles harmoniques, et en la deuxième les compositions d'icelles. » Francfort, 161 5. In-fol. de 47 pi. Cet ouvrage est dédié, sous la date du i5 septembre 16 14, « à la très illustre et vertueuse dame Anne, royne de la Grande-Bretagne ». — « La pratique et démonstration des horloges solaires, avec un discours sur les propositions, tiré de la 35e proposition du premier livre d'Euclide, et autres propositions à l'usage de la sphère plate. » Paris, Hyerosme Dronart, 1624. In-fol. de
1. Dans une lettre datée de Paris le 19 mars 1620, il stipule le prix de 10 écus pour son voyage de Paris à Rouen et retour, plus 2 écus par journée de séjour à Rouen.
2. Dans un passage de cet ouvrage, dédié à l'Électrice palatine Elisabeth, Salomon De Caus s'exprime ainsi : « Sachant l'amour qu'avez porté et continuez de porter à l'heureuse mémoire du noble et gentil prince de Galles, j'ai représenté ici quelques dessins que j'ai autrefois faits étant à son service, aucuns pour servir d'ornement en la maison de Richemont, et les autres pour satisfaire à sa gentille curiosité, qui désirait toujours voir et connaître quelque chose de nouveau. »
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88 pi. Ce dernier ouvrage est dédié au cardinal de Richelieu. De Gaus , qui fut aussi l'architecte du duc de Deux-Ponts et du prince d'Anhalt, mourut vers i636. (Arago, Ann. des longitudes, iS3j. — Brunet, Man. du libr. — Dussieux, Art. fr. — Rev. des soc. sav., 5e série, t. n.)
DEGLE (Adam). En 1549, des travaux ayant été ordonnés pour la réparation de l'enceinte fortifiée de la ville d'Amiens , il fut chargé de la direction de ces ouvrages. La même année il fit deux grands écussons , l'un aux armes du roi, l'autre aux armes de la ville, qui devaient^ être mis aux deux courtines d'un éperon de la même enceinte. (Dusevel, Rech. hist.)
DE COTTE (Frémin), architecte de Louis XIII. Il servit comme ingénieur au siège de La Rochelle. (Dargenville.)
DE COTTE (F ré min), fils du précédent, est l'auteur d'un ouvrage intitulé : « Explication briève et facile des cinq ordres d'architecture démontrée par Frémin De Cotte, architecte ordinaire du roi», à Paris, chez l'autheur, rue du Vert-Bois, 1644. Cet ouvrage est dédié à « monseigneur Antoine de Mesme », dont l'auteur était l'architecte. (Brunet, Man. du libraire.)
DE C O T T E ( L o u 1 s) , fils du précédent et frère de Robert, fut admis à l'Académie royale d'architecture le i5 avril 1725, et mourut en 1742;
DE COTTE (Robert), frère du précédent et petit-fils de l'architecte de Louis XIII, naquit à Paris en i656. Il fit ses études sous la direction de J.-H.Mansart, dont il devint beaufrère en épousant Catherine Bodin, sœur d'Anne Bodin, femme
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de Mansart. En 1708 il était premier architecte du roi '. Les principaux travaux qu'il exécuta à Paris sont les suivants : L'hôtel I d'Etrées, rue de Grcnelle-Saint-Gcrmain -, en 1716, l'hôtel de Bourbon-Gondé, bâti rue de Bourbon, pour la seconde princesse douairière de Conti, lequel devint en 1 7 1 9 la propriété du duc du Maine-, la maison située à l'angle de la rue du Bac et qui est contiguë à l'ancien hôtel de Belle-Ile-, l'hôtel de Lude, situé dans la même rue; le portail de l'hôpital de la Gharité (1732)-, le château d'eau, place du Palais-Royal, détruit en 1854-, l'hôtel de Meulan, près les Capucines; le portail de l'Oratoire -, le maître-autel de Notre-Dame de Paris , d'après les dessins de Mansart ; l'hôtel de la Vrillière, qu'il augmenta de 1 7 1 3 à 1719, lorsque cette habitation fut devenue la propriété du comte de Toulouse -, l'achèvement de l'église Saint- Roch, dont le portail ne fut exécuté, sur ses dessins, qu'après sa mort-, le grand autel du Noviciat des Jésuites, qu'il fit exécuter sur les dessins de J .-H . Mansart -, à la Bibliothèque royale, de 1724 à 1735, le grand bâtiment au fond de la cour et parallèle à la rue de Richelieu, ainsi que la galerie des Globes et la décoration intérieure de ces bâtiments; les plans d'un nouvel hôtel des Mousquetaires, qu'il fit avec Beausire le jeune, mais qui restèrent en projet; le péristyle de Trianon ; l'hôtel du Maine, rue de Bourbon. Parmi les dessins provenant du cabinet de Robert de Cotte se trouve un projet de restauration de l'hôtel de Beauvais, sis à Paris, rue Saint- Antoine, hôtel qu'avait acheté en 1 706 Jean Orry, le père du contrôleur général. A Lyon, il fit exécuter sur ses dessins la place Louis XIV,
1. Voici ses titres tels qu'ils sont indiqués au bas de son portrait gravé par Drevet : « Chevalier de S. Michel, conseiller du roy en ses conseils, Premier architecte, intendant des bâtiments, jardins, arts et manufactures de Sa Majesté, directeur de l'Académie royale d'architecture, vice-protecteur de celle de peinture et sculpture. »
aujourd'hui de Bellecour (1728)-, le Grenier d'abondance; la façade d'une salle de concerts. Il avait donné de 1701 à 1702 les plans du beffroi de l'Hôtel de ville, dont les travaux furent conduits par Claude Simon. A Versailles, il acheva la chapelle du château, commencée sur les dessins de J.-H. Mansart. A Verdun et à Strasbourg, il éleva les palais épiscopaux de ces deux villes, et aux environs de Metz le château de Frascati, maison de plaisance de l'évêque. En 1728 il fut chargé par le duc d'Antin, surintendant des bâtiments du roi, de faire un projet de décoration de la Place-Royale de Bordeaux, projet qui fut exécuté par Gabriel. De Cotte travailla aussi beaucoup pour l'étranger. Parmi les travaux projetés ou exécutés par lui en Allemagne on cite les plans d'un château pour le comte Zinzendorf et d'un autre pour l'Électeur de Bavière; pour l'Électeur de Cologne , les plans des palais de Bonn, de Brûhl, de Popelsdorf, de Gudesberg-, la chapelle du séminaire archiépiscopal de Cologne, à Bonn-, un château pour le comte de Hanau. On lui doit les plans du palais royal de Madrid et ceux du Buen-Retiro. Il donna également ceux de plusieurs châteaux pour le duc de Savoie et notamment de celui de Rivoli. De Cotte mourut àPassy,près Paris, le 14 juillet 1735 l. (Piganiol. — Dargenville; — Arch.de V art français. — Dussieux,
1. En 1811, la Bibliothèque impériale acheta tous les papiers provenant de la succession De Cotte. Les dessins de cet artiste, conservés au cabinet des estampes, forment 8 vol. in-folio; les papiers remplissent huit portefeuilles. M. Destailleurs a donné, dans ses Notices sur quelques artistes français , une bibliographie détaillée et annotée de ces papiers qui peut être fort intéressante à consulter. De Cotte avait légué ses cartons à son fils Jules-Robert, lequel mourut en 1767, et non en 181 1, comme l'a écrit par erreur M. Georges Duplessis (G#f. des B.-Arts, t. VII, p. 140). Le De Cotte qui mourut en 181 1 n'était pas le fils de Robert, mais bien celui de Jules- Robert, c'est-àdire qu'il était petit-fils de l'architecte de Louis XIV.
Art.fr. — Blondel, Cours d'arch. — Archiv. hist. de la Gironde. — Cousin, Hôtel de Beauvais.)
DE COTTE (Jui.ES-RoBERT),fils de Robert, néà Paris en 1 683, fut reçu membre de l'Académie royale d'architecture en 1 7 1 1 et succéda, en 1 735, à son père dans les fonctions d'intendant général des bâtiments du roi et de directeur des monnaies et médailles. Jules-Robert acheva à Paris, sur les dessins de son père, le château d'eau élevé en face du Palais-Royal , le portail de la Chanté et le portail de Saint-Roch. Il mourut à Passy, le 8 septembre 1767.
DE CREIL (Claude-Paul), chanoine de Sainte- Geneviève de Paris, né le 26 janvier 1633, mourut le i5 mai 1708. Il éleva à Paris le cloître du prieuré et le portail de l'église Sainte-Catherine du Val-des-Écoliers, laquelle fut détruite en 1777 pour faire place au marché du même nom. Ses autres ouvrages sont la principale porte d'entrée , le cloître et le grand escalier de l'ancienne église Sainte-Geneviève. Il fit aussi des projets pour l'achèvement du Louvre. (Piganiol.)
DECRÉNICE (CYR),né vers 1 731, à Lyon, fut décapité pendant la Terreur, le 21 janvier 1794. C'est sur ses dessins que fut construit à Lyon le bâtiment de la Manécanterie, commencé le 28 octobre 1768. [Brêghot du Lut et Péri-
caud.)
DEDÉBAN (Jean-Baptiste), né à Paris en 1781, élève de Vaudoyer , remporta en 1 806 le grand prix d'architecture et partit pour l'Italie. A part un très-grand nombre de projets exposés aux Salons de 1814a 1846, on ne connaît de lui aucun travail qui puisse être mentionné .
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DEDREUX (Pierre -Anne), élève de Percier et Fontaine, naquit à Paris en 1788. Il remporta en 181 5 le premier grand prix d'architecture. Ses principales constructions sont la chapelle de la Vierge et le presbytère de Saint- François- Xavier; une salle de concerts, rue Taitbout, où eurent lieu, après i83o, les principales conférences des Saint-Simoniens ; le château de Pont-Leroy pour Casimir Périer, l'ancien Théâtre-Lyrique, élevé boulevard du Temple, de 1846 à 1847, et détruit en i865. Il a publié un « Voyage en Italie, en Istrie, en Grèce et en Asie Mineure ». (Gabet. — Rens. part.)
DEDRICQ (Ansel). En i5io, divers plans ayant été présentés pour la restauration du grand portail de l'église Notre-Dame de Saint-Omer , on donna la préférence à celui d'un architecte brugeois nommé Van der Poêle. Cependant, en 1 5 14, le 6 octobre, Ansel Dedricq, maître maçon de Saint- Omer, Antoine Leroy, maître maçon de Saint-Bertin, et maître Jean Gosset furent chargés de « visiter l'ouvrage » de Van der Poêle. Ce dernier avait projeté de « ravaler le fenestre de seure le portai », mais ce projet fut modifié sur l'avis de Dedricq : « et fu par ledit maistre Ansel Dedricq dit pour le bien et fortification de l'ouvraige que le dite fenestre demeuroit comme elle estoit » . Il fut appelé une autre fois, en 1 5 1 5 , au mois de décembre, pour visiter « le gros piller du costé zut » et faire son rapport au chapitre. (Hermand, Époques. — Deschamps de P., Saint-Omer.)
DEFÉTIN (Jean), architecte parisien, construisit en 1 5 06 le chœur de l'église Saint- Aspais de Melun. [Bull, arch., t. IL)
DE FOIX (Louis), né à Paris vers le milieu du XVIe siècle, et originaire du comté de Foix, alla s'établir en Es-
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pagne, où il bâtit pour Philippe II le palais et le monastère de l'Escurial. A son retour en France, vers 1579, il fut chargé de fermer l'ancien canal de l'Adour, près de Bayonnc, et d'en creuser un nouveau pour le port de cette ville. On doit aussi à Louis de Foix le phare de Bordeaux, appelé la tour de Gordouan, commencé en 1 585 et qui ne fut achevé qu'en 1G10. (De Thou, Hist. univ., 43. — Dupleix, Hist. de France.)
DE FORGE (Jean). En 1476, après le double siège de Nancy, des réparations et des travaux d'agrandissement furent exécutés au palais ducal de Nancy sous la direction de cet artiste. Il fit successivement la chambre des Armures du duc, la chambre des Comptes et du Trésor, et «une neuve chambrette » pour la reine, auprès de sa chambre, « qui tend sur les galeries de bois du jardin, etc. ». Ces travaux furent confiés à de Forge, maître des œuvres de la ville de Nancy et plus tard du duché de Lorraine. (Lepage, Trésor des chart. de Lorraine. — Palais ducal.)
DE FRANGE (Jean-Pierre), architecte rouennais du XVIIIe siècle. Il exécuta de nombreux travaux, parmi lesquels on peut citer, à Rouen, la maison abbatiale de Saint-Ouen, élevée en collaboration avec Le Brument, son compatriote; en 1 740, une salle d'assemblée et des archives, construite audessus du porche de l'église de Saint-Cande -, la fontaine de la Grosse Horloge (1733); les gloires de l'église Saint- Vincent et celles de Saint-Maclou -, des opérations plus ou moins importantes dans les églises de Saint-Godard, de Saint-Vivien et de Sainte-Croix. En 1762, le sieur Albou, prince d'Yvetot, chargea Defrance d'élever l'église paroissiale de cette ville. Cette église fut livrée au culte en 1771. Il fit, la même année, les gloires de l'abbaye de Fécamp. (L'abbé Cochet, Egl. d* Yve-
tôt. — De la Querière, Saint-Cande-le- Jeune, — Ane. Hôtel de ville.)
DE JOLY(JuLES-JEAN-BAPTisTE),néen 1788, architecte de l'ancienne chambre des Députés et plus tard du Corps législatif, mourut à Paris le Ier février i865.
DE KENLE (Lambert). — V. KENLE (Lambert de).
DELABORDE (Mathurin). Il apparaît pour la première fois en 1535, à La Ferté- Bernard, comme architecte de l'église. Dès son arrivée il trace ses plans « sur un carreau d'une toise, collé en papier des deux côtés » . Son salaire était de 7 sols par jour. C'est à lui que sont dus les plafonds des chapelles absidales. (Charles, La Ferté-Bernard et ses mon., — Les Vieilles Maisons.)
DELAFORCE (Philippe), premier architecte du duc d'Orléans , frère de Louis XIV. Il eut un fils du même prénom de Philippe, qui fut également l'architecte du duc et qui construisit l'hôtel de ville de Sainte-Menehould ainsi qu'un certain nombre d'habitations particulières dans la même ville. (Rec. mss.)
DELAFOSSE (Jean-Charles), né à Paris en 1734, mort dans la même ville le 11 octobre 1789. Son nom figure dans l'annuaire des artistes de 1776-, il y est désigné comme adjoint à professeur : Il a publié un ouvrage intitulé :« Nouvelle Iconologie historique », Paris, 1768. Ce recueil contient 108 planches gravées représentant toutes sortes de décorations, fontaines , frontispices, pyramides, tombeaux, panneaux, trophées, vases, lutrins, pendules, etc. (Destailleur, Notices.)
DELAKOSSE (Michel] reconstruisit, de [766 à 1769, la nef et le clocher de l'église d'Iqueville (Seine-Inférieure). (Beau repaire, Archives.)
DELAFOSSE (Nicolas), religieux de l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen. Vers le milieu du XVe siècle, ayant été chargé de la continuation de l'église de cette abbaye, il prit pour modèle la première travée de la nef qui avait été construite dans la première moitié du XIVe siècle par l'abbé Mardargent. (Deville, Observ.)
DELAJOUE (Jacques) construisit en 1698 les nouveaux bâtiments du Grenier à sel de Paris, lequel était situé rue Saint-Germain-l'Auxerrois, entre la place des Trois-Maries et la rue de l'Arche-Marion. Vers la même époque, il éleva le château de la Chapelle, près Nogent-sur-Seine. (Jaillot.)
DELAG ARDETTE. — V. LAGARDETTE (de).
DELAMAIRE. En 1697, le prince de Soubise s'étant rendu acquéreur des hôtels de Laval et de Chaume, situés à Paris, rue du Chaume, il chargea Delamaire de lui construire le palais devenu de nos jours celui des Archives nationales. Delamaire sacrifia l'hôtel de Laval pour élever le grand bâtiment parallèle à la rue de Paradis, lequel appartient à la fois aux hôtels Soubise et de Rohan, qui étaient contigus C'est à lui qu'on doit aussi la vaste cour et le portique qui relient le palais à son entrée principale. On doit également à cet artiste l'hôtel de Pompadour, qu'il construisit rue de Grenelle -Saint- Germain. Delamaire mourut en 1745 à Chatenay, près Paris. (J. Quicherat, Not. sur la Porte de Clisson. — Rens. part.)
DE LA MONCE (Ferdinand) naquit à Munich en
1678. Son père, Paul de la Monce, originaire de Dijon, était alors peintre et architecte de l'Électeur de Bavière. Après avoir fait ses études à Paris, il partit pour l'Italie, où il séjourna plusieurs années. De retour en France, il se fixa vers 1 73 1 à Lyon, où il fut chargé, en 1 734, de la continuation de l'église des Chartreux; mais, contrarié dans ses vues pendant l'exécution des travaux, il se retira et eut Soufflot pour successeur. Il éleva dans la même ville l'entrée principale de l' Hôtel-Dieu et donna les plans du vestibule, de la coupole, des bâtiments en ailes etde la façade de cet édifice, travaux qui furent également terminés par Soufflot. On doit en outre à cet artiste le quai du Rhône depuis la chapelle du Saint-Esprit jusqu'au port du Tibre (aujourd'hui de l'Hôpital), qu'il fit à l'imitation de celui de Ripetta à Rome-, le portail de Saint-Just, la chaire en marbre de l'Église du collège de la Trinité-, le tabernacle du maître-autel de l'église des religieuses de Sainte-Marie -, la restauration du chœur de l'église Sainte-Croix -, la décoration de la chapelle des Pénitents-Blancs, etc. Il dessina les planches d'un ouvrage intitulé: « Essais Sur l'histoire des sciences, des belles-lettres et des arts ». C'est aussi d'après ses dessins que furent gravées les planches qui accompagnent la « Description de la chapelle des Invalides de Paris ». De la Monce mourut à Lyon, le 3o septembre 1753. (Fontenai. — Leymarie, Lyon anc. et moderne.)
DE LA MOTTE (Robert-Philippe) fut, jusqu'en 1 749 en possession de la charge d'intendant et ordonnateur des bâtiments, jardins, arts et manufactures du roi. Il vendit cette charge, le 3 octobre de la même année, à Michel Hazon. [Rens. part.)
DELAMOTTE (Vallin). — V. VALLIN DE LA