DE PRÉAU. — V. BEAUVAIS DE PRÉAU
DERAND (Ffançois), né en 1 588, dans le diocèse de Metz, entra dans la Compagnie de Jésus en 161 1. Lorsqu'il s'agit de construire à Paris, pour son ordre, l'église Saint-Louis et Saint-Paul, Derand, qui professait l'architecture, en prépara les plans. Un autre jésuite de Lyon, Martel-Ange, présenta concurremment avec lui un projet qui était la reproduction de l'église du Jésus à Rome; mais la préférence fut accordée à Derand, dont la composition était plus personnelle. L'église dont il s'agit, fondée le 16 mars 1627, fut terminée en 1641. Derand en surveilla lui-même l'exécution. Deux années après l'achèvement de son église, il fit paraître un traité sur la coupe des pierres, ayant pour titre : « L'Architecture des voûtes, ou l'Art des traits et coupes des voûtes, traité très-utile, voire nécessaire à tous les architectes, maçons, appareilleurs, tailleurs de pierres, et généralement à tous ceux qui se meslent d'architecture, mesme militaire-, par le R. P. Derand, de la Compagnie de Jésus, m. dc. xliii. » Le P. Derand mourut à Agde le 26 octobre 1644. (P. Morey, Not. sur la vie et les ouvr. de F. Derand.)
DERIZET, né à Lyon dans les dernières années du XVIIe siècle, obtint le grand prix d'architecture en 1720 sur
«L'cntrcc d'un palais dorique ». Il ne partit pour l'Académie de France à Rome qu'en 1723 et y arriva le 5 octobre. En 1738 il construisit dans cette ville l'église de Morne di Maria ou de Saint-Bernard. Il a construit aussi à Rome l'église nationale de Saint-Claudc-des-Bourguignons. Le chœur, la coupole et la tribune du grand autel de l'église Saint-Louis-des-Français ont été décorés sur ses dessins. (Dussieux, Art. français. — Rcns. part.)
DEROND (Jacques). En i5o5 on restaura la vieille tour de l'église Notre-Dame de Saint-Omer, et cette restauration fut faite « par le conseil et oppinion de maistre Jacques Derond, maistre machon de Dieppe ». (Hermand, Epoques.)
D'ERVILLERS (Jean). Il éleva vers 1460 le bras méridional du transept de l'église collégiale de Saint-Quentin ; mais, soit que la construction fût mal fondée, soit toute autre cause, cette partie de l'édifice, à peine élevée, menaça ruine. Des experts venus de Paris, d'Amiens, de Laon et de Cambrai déclarèrent que D'Ervillers avait commis de grandes fautes comme constructeur, et qu'il y avait nécessité de refaire ce qu'il avait mal fait. (Gomart, Égl. de Saint-Quentin.)
DESARGUES (Girard), né à Lyon, construisit à Paris, au Palais-Royal, vers 1660, un grand escalier. Il travailla à l'église des Carmélites du faubourg Saint-Jacques, et fit une maison pour un sieur Aubry , rue des Bernardins. Sauvai cite cette maison pour « son entrée la plus superbe du monde, et son escalier si commode qu'il ne s'en voit point à Paris qu'on trouve plus tôt, où on entre plus à l'aise, ni dont l'abord soit plus grand et plus superbe ». Il fit aussi l'escalier de l'hôtel du marquis de L'Hôpital. (Sauvai, t. III, p. 2 et 3. — Recueil mss.)
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 2l5
DESCHAMPS (Jean). En 1400 on trouva, dans un tombeau placé près de la porte principale de la cathédrale de Clermont, une inscription attestant que cette église a été construite sur les plans de « Johannes de Campis ». L'édifice fut commencé en 1248, sous l'épiscopat de Hugues de la Tour, qui en posa la première pierre avant de partir pour la terre sainte. En 1285 le chœur était presque achevé. (Gonod, Not. hist. sur la cath. de Clermont.)
DE SEINE (Louis-Étien^e), élève de Billaudei, remporta le grand prix d'architecture, en 177 1 , sur « Un château d'eau », et reçut, le 1 8 septembre de la même année, son brevet d'élève de l'école de Rome. (Rens. part.)
DESGODETZ (Antoine), né à Paris en novembre i653, fut nommé en 1674 pensionnaire du roi à l'Académie de Rome. Etant parti de Paris avec Daviler et l'antiquaire Foy- Vaillant, les trois amis s'embarquèrent à Marseille et furent, dans la traversée, pris par des corsaires algériens. Après seize mois de captivité en Afrique, Desgodetz et ses compagnons, redevenus libres, purent continuer leur voyage. A Rome, Desgodetz étudia particulièrement les édifices antiques, et, de retour à Pans, il publia, par ordre de Golbert, le résultat de ses études en un corps d'ouvrage intitulé : « Les Edifices antiques de Rome, dessinés et mesurés très-exactement par Antoine Desgodetz ». Paris, 1682 l. En 1680, Desgodetz fut nommé
1. Une autre édition des « Édifices antiques » fut publiée en 1779 par Joubert. Une troisième parut à Londres en 1771-1795, avec texte anglais et français. La dernière édition a été publiée en 1822, à Rome, avec texte italien et français. Les dessins originaux de cet ouvrage existent à la Bibliothèque nationale, département des manuscrits. Ils
2l6 DICTIONNAIRE
contrôleur des bâtiments du roi à Chambord, et en 1694 à Paris. En [69g il fut admis à l'Académie royale d'architecture avec une pension de 2,000 livres, et y remplaça, en 1 7 1 9, de la Hire comme professeur. Il fut de 1717 a 1726 l'architecte du collège de Beauvais. Indépendamment de ses « Edifices antiques », Desgodetz a laissé plusieurs autres ouvrages concernant son art, où sont traités les sujets suivants : « Des ordres d'architecture -, — De la construction des dômes, des églises, des palais, etc. -, — De la décoration de différents édifices -, — Du toisé des ouvrages de bâtiment 5 — Des lois des bâtiments suivant la coutume de Paris. » Desgodetz mourut à Paris, le 20 mai 1728 l. (L'abbé Lambert. — Rens. part.)
DESGOTS (Claude), neveu de Le Nôtre, partit, en 1675, pour l'école de Rome en qualité de pensionnaire. Il succéda à son oncle dans la charge de contrôleur général des bâtiments, dont Louis XIV lui avait accordé la survi-
forment un volume in-folio de 375 pages, provenant du fonds Colbert. Ce volume est en effet dédié par l'auteur au grand ministre de Louis XIV. (P. Paris, Les Manusc.fr., t. II.)
1. Je possède l'original d'une constitution de rente de 23o livres faite, moyennant la somme de 2,760 livres, à « Demoiselle Magdelaine Goujon, femme de Antoine Desgodetz, contrôlleur des bâtiments de Sa Majesté ». Ce contrat porte la date du 18 novembre 1694. Madeleine Goujon était alors âgée de trente-sept ans, et demeurait rue du Chantre, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois. Elle avait été baptisée en l'église paroissiale de Saint-Paul, à Paris, le dimanche 16 septembre 1657. Cette pièce est signée de Bosc, procureur général de la Cour des aides, prévôt des marchands, de plusieurs conseillers du roi et notaires, et des deux intéressés : « A. Desgodetz. — M. Goujon. » Je possède également deux quittances datées de janvier et d'août 1699, qui établissent que Desgodetz était en outre propriétaire d'une rente de trois cents livres sur la Cour des aides.
varice1 avec 2,000 livres de pension. Il fut appelé la même année en Angleterre, où il travailla aux jardins de S. M. Britannique, « qui le renvoya avec beaucoup de louanges et de présents » . Il fit exécuter au château d1 Anet, pour Louis-Joseph de Vendôme, un escalier monumental, reconstruisit le château de Perigny en Bourgogne, et dessina le jardin du Palais-Royal et les parcs de Bagnolet et de Saint-Maur, près Paris. [Merc. galant, sept. 1760. — Dulaure, Env. de Paris.)
DES HOTELS (Pierre), contrôleur des bâtiments du roi sous Henri II, précéda Jean Bullant dans les mêmes fonctions et mourut en 1557. (De Laborde, La Renaiss.)
DESJARDINS, architecte du roi, fut, en 1720, nommé contrôleur des travaux de Marly, en remplacement de L'Écuyer père. [Rens. part.)
DESJARDINS ('Didier) fut l'un des architectes du duc Henri II de Lorraine, dans les premières années du XVIIe siècle. (Lepage, Palais ducal.)
DESJARDINS (Gaspard). En i6i5, il lui fut payé des honoraires pour les plans du bâtiment de la Romaine ou Poids public à Nancy , ainsi que pour une horloge qui devait être placée entre les tours de la porte Notre -Dame. (Lepage,- Arch. de Nancy.)
DESJARDINS (Nicolas) était en i56i l'architecte de l'Hôtel de ville de Cambrai. [Rev. des soc. sav., 2e série, t. IL)
1. Cette survivance avait été partagée entre Le Nôtre fils, Claude Desgôts et Michel Le Bouteux, autre neveu de Le Nôtre.