‹ Dictionnaire des architectes françaisChapitre 70 sur 85 · HIC 11 ON \.\ I R · texte numérisé non relu

HIC 11 ON \.\ I R

DESMAISONS. Après l'incendie du Palais de Justice de Paris, en janvier i 776, il fut adjoint à Couture, alors architecte du Palais -, mais ces deux artistes n'ayant pu s'entendre, le premier dut céder la place à Moreau, architecte de la ville. C'est avec ce dernier sans doute que Desmaisons construisit les galeries de la cour du May (Voir Antoine). Il était encore architecte du Palais de Justice en 1791, époque à laquelle Giraud lui succéda dans ces fonctions. En 1 772, l'archevêque de Paris, voulant mettre son palais archiépiscopal en état de recevoir le roi dans les cérémonies extraordinaires, fit faire sur les dessins de Desmaisons le grand escalier à deux rampes de cet édifice et changer la distribution des appartements. Vers la même époque, il fît le portail de l'église des Théatins, sur le quai de ce nom , et le porche du même édifice sur la rue de Bourbon z . Desmaisons avait été admis à l'Académie d'architecture en 1762. On ne sait à quelle époque il finit sa vie, mais il était mort à la date de 26 vend, an XI2. (Roquefort. — Thiéry.)

DESMARETS remporta le grand prix d'architecture en 1728, sur « Un château ».

DESPREZ (Louis-Jean), architecte et peintre, élève de Blondel et de Desmaisons, naquit à Lyon vers le milieu du dernier siècle. En 1770, il remporta un prix d'émulation à l'Académie d'architecture pour un projet de Temple funéraire destiné à honorer les cendres des grands hommes. Ce projet fut

1. Vers 1800 cette église fut transformée en une salle de spectacle, dans laquelle toutefois on ne donna que des bals et des fêtes. En 181 5 on y établit un café, appelé le Café des Muses. Ces bâtiments furent démolis en 1822.

2. Ceci est établi par une lettre de Giraud, son successeur comme architecte du Palais de Justice.

dédié par l'auteur au « Patriarche de Ferney ». En 1 771, il était professeur à l'École militaire de Paris. En 1776, il mérita le grand prix d'architecture et se rendit en 1777 en Italie, où il prolongea son séjour au delà du temps de la pension, car il y était encore en 1784. Gustave III, l'ayant trouvé à Rome, le prit à son service et l'emmena à Stockholm en qualité d'architecte et peintre de la cour. Indépendamment d'un assez grand nombre de tableaux qu'il peignit pour le roi de Suède, il exécuta des décorations pour l'Opéra, donna les plans d'un château que Gustave avait projeté de faire construire à Haga, mais dont la mort tragique de ce prince interrompit la réalisation complète. Il fut chargé aussi de la construction d'un obélisque à Stockholm. Il mourut dans cette ville en 1804, âgé de soixante et quelques années. (Biogr. univ. — Dussieux, Art.fr. — Grimm, Corresp. litt.)

DESROCHES prit part aux travaux exécutés à la cathédrale d'Orléans dans le dernier siècle. En 1728, il fut adjoint à Gabriel et exécuta, sur les dessins de ce dernier, divers ouvrages, notamment la continuation des tours. En 1776, Gabriel et Desroches furent remplacés par Trouard. (Buzonnière, Hist. d'Orléans.)

DESTAILLEUR (FRANçois-HippoLYTE),né à Paris le 22 mars 1787, étudia à l'école de Percier. En 1808, il prit part à un concours ouvert par Napoléon pour l'étude des plans d'une orangerie d'hiver et remporta le prix. Après avoir fait un voyage en Italie, il fut chargé par le duc de Vicence de la restauration du château de Caulincourt et de la construction d'une petite église pour le village du même nom. Vers la fin du premier empire, il construisit le château de Frémigny pour M. deSemonville,et celui de Dieuville, près Brienne,pour M. de Loménie. En 181 7, il fut nommé architecte du minis-

tère des Finances; en 1 8 19, les mêmes fonctions lui furent confiées pour le ministère de la Justice, ainsi que celles de contrôleur des bâtiments de la Chambre des pairs. De 182G à i832 , il construisit le ministère des Finances et l'hospice de Saint- Mandé. Parmi les autres travaux très-nombreux exécutés par Destailleur, il faut citer : en 1 821, le château de Kalbrenner à Nogent, près Montargis- en 1827, le tombeau du duc de Vicence; de 1829 à 1834, l'hôtel du baron Delmar, avenue de Marigny, à Paris, etc. En 1 833, il avait été nommé architecte de la Monnaie. En 1845 et 1846, de concert avec Romain de Bourge, son gendre, il construisit le passage Jouffroy à Paris. Il mourut le i5 février i852. [Moniteur universel.)

DESTOUGHES (Laurent), architecte de la ville de Paris de ij5i à 1763, succéda à Augustin Beausire , son beau-père. En 1757, il fut chargé de l'installation du service des postes dans l'ancien hôtel du contrôleur des finances Barthélémy d'Hervart. Cet hôtel est situé rue J.-J. -Rousseau, à Paris. (Piganiol. — Leroux de L., Hôtel de ville.)

DESTOUCHES ( Louis - Nicolas -Marie) , né à Paris en mai 1788, élève de Peyre, Vaudoyer et Percier, remporta en 1 8 1 4 le grand prix d'architecture, sur « Une bibliothèque-musée )). Au concours ouvert en 1829 par le préfet de la Seine pour les embellissements de la place Louis XVI (aujourd'hui de la Concorde), son projet fut préféré. Il fut, comme architecte du gouvernement, chargé de la conservation et de l'entretien du muséum d'Histoire naturelle, de l'école vétérinaire d'Alfort et du Panthéon. (Gabet.)

DESVIGNES (Pierre). En 1 5 1 1, il commença le jubé de l'église Saint-Laurent, à Rouen, lequel fut terminé en 1 532

par les architectes Cateline et Vitecoq. Ce jubé fut détruit en 1677. (Rev. des soc. savantes, 4e série, t. VIL)

DETAN (Pierre-Paul) et ses frères Jean et Emmanuel, de Béziers, appartenant à la religion réformée, se réfugièrent en Prusse en i685. Pierre-Paul y devint contrôleur des bâtiments. (Dussieux, Art. fr.)

DÉTOURNELLE(C). Il est connu par diverses publications, dont voici les titres : « Des Funérailles », mémoire présenté au concours ouvert par l'Institut (vendémiaire an IX), in-8°, 5g p. et 5 pi. — « Recueil d'architecture nouvelle », Paris, an XIII, gr. in-40. (Il n'a paru de cet ouvrage que le Ier vol. en 10 livr., et 7 livr. du second vol.) — En collaboration avec Allais et Vaudoyer père : « Projets d'architecture et autres productions de cet art qui ont mérité les grands prix accordés par l'Académie, par l'Institut et par les jurys ». Paris, l'auteur, i8o6,gr. in-fol. — Second recueil d'architecture, faisant suite à celui qu'a publié Prieur-, le 3e et le 4e recueil du même genre ont été publiés par Vaudoyer. Détournelle a élevé, en 1824, la fontaine dite de la Paix, du marché Saint- Germain. (Brunet, Man. du Libr. — Roquefort.)

DEVAUX (Jean) et Martin firent, en 1 555, la tourelle de l'horloge de l'église Saint- Jean à Troyes {Top. hist. de la ville de Troyes.)

DEWAILLY ' (Charles) naquit le 9 novembre 1729.

1. C'est à tort que la première syllabe du nom de cet artiste a été jusqu'ici détachée des deux autres pour simuler une particule. Dewailly écrivait son nom d'un seul mot; j'en ai la preuve par une lettre signée de lui, que je possède.

DICTFONNA I K E

Il entra d'abord à l'école de Blondel, où il passa quelque temps, puis alla continuer ses études chez Lejay. Il travailla plus tard avec Servandoni. En 1752, il remporta le grand prix d'architecture sur « Une façade de palais ». Ayant été nommé pensionnaire de Rome le 24 janvier 1754, il obtint de M. de Marigny l'autorisation de partager ses trois années de pension avec Moreau, son ami, qui n'avait eu que le second prix. Pendant son séjour en Italie il fut nommé membre de l'Institut de Bologne. En 1767 il entra à l'Académie d'architecture et, par une faveur spéciale, fut admis dans la première classe sans avoir passé par la classe inférieure. En 1 771 l'Académie de peinture lui fit le même honneur. Il donna pour morceau de réception un dessin en perspective du grand escalier projeté pour la nouvelle salle de la Comédie (Odéon\ On connaît de lui des dessins faits pour les intérieurs de l'hôtel d'Argenson, du château des Ormes, du palais Spinola, à Gênes. Il construisit, de 1779 à 1782, avec Peyre pour collaborateur, le théâtre de l'Odéon. Ses autres œuvres sont, pour Paris, l'hôtel du marquis de Voyer, rue des Bons-Enfants, devenu en 1787 la chancellerie du duc d'Orléans-, la maison d'un sieur Duvivier, rue de Richelieu; des modifications importantes apportées à la salle de l'ancien Théâtre des Italiens (aujourd'hui le théâtre de l'Opéra-Comique) ; la surélévation du chœur de l'église Saint-Leu et la construction de la chapelle basse de la même église; l'achèvement de la chapelle de la Vierge de l'église Saint-Sulpice. Il construisit à Versailles, sous Louis XV, rue Hoche, une chapelle destinée à servir de reposoir à la procession de la Fête-Dieu (laquelle chapelle est affectée aujourd'hui au culte protestant). Il a construit aussi la salle de spectacle de Bruxelles. On croit qu'il alla en Russie, mais Joseph Lavallée, son biographe, affirme le contraire. Toujours est-il que Catherine II lui fît offrir la place de président de l'Académie d'architecture de Saint-Pétersbourg,

avec 8,000 roubles d'honoraires. Le landgrave de Hesse-Cassel l'appela deux fois à sa cour et le chargea de lui présenter des plans pour l'embellissement de sa capitale. Ces plans, réunis en 2 volumes in-folio, sont conservés à la bibliothèque de Cassel. Plusieurs de ses ouvrages sont gravés dans l'Encyclopédie et dans la Description de la France., de de Laborde. Après la réunion de la Belgique à la France et la conquête de la Hollande, il fut envoyé dans ces contrées en qualité de commissaire pour recueillir et rassembler des œuvres d'art, qui vinrent pour quelques années enrichir nos musées. Lors de la création de l'Institut, il fut appelé à en faire partie-, il était alors l'un des conservateurs du musée. Dewailly fut le premier fondateur de la société des « Amis des arts » de Paris. Il mourut au Louvre, le 2 novembre 1798. (Bachaumont. — Thiéry. — Legrand et Landon. — Leroy, Rues de Versailles. — Dussieux.)

DIDRY (Pierre) construisit à Villefranche-de-Rouergue la chapelle des Pénitents noirs de Sainte-Croix. La première pierre de cet édifice fut posée le 10 janvier 1642, par Jean de Pomayrol, qui occupait le siège présidial de Rouergue. Une truelle d'or fut présentée à ce personnage par Didry, à qui l'on doit le portail de cet édifice. (Advielle, Les Beaux-Arts.)

DIETTERLIN (Wendelin) naquit à Strasbourg, en 1540 selon les uns, selon d'autres en i534. On a de lui un recueil intitulé : « Architectura von den fùnf Sasulen vnd aller darauss folgender Kunsdarbeit von Fenstern, Caminen, Thiïrgerusten, Portalen, Bronen vnd Epitaphien... » Nùrnberg, Barth. Cajmor , i5g8 l. On ne connaît pas exactement

1. En français : « Architecture de la distribution, de la symétrie et des proportions des cinq colonnes et de tous les ouvrages qui y

l'époque de sa mort : la Biographie portative fixe cette date à i5gc), d'autres le font vivre jusqu'en 1620. (Brunet, Man. du Libr.)

DIEU DEVANT (Claude), travailla à Paris, sousThiriot, aux bâtiments du roi, et se rendit plus tard en Lorraine, d'où il était venu, pour travailler à la façade du château haut de Commercy, « qui regarde la prairie ». Le cardinal de Retz était alors propriétaire de ce château. (D. Calmet, Bibl. lorraine.)

DIJON (Jean de), Tun des architectes de la cathédrale de Reims. En 1402, pendant la semaine de « l'Assumpcion Nostre-Dame » , il se rendit à Troyes pour visiter l'église Saint-Etienne et ordonner « plusieurs choses à faire, qui furent mises par escript et vehuesparM. S. l'évesque etmesseigneurs, et demeura par six jours entiers, auxquels furent donnez par mes dits seigneurs, V escuz ». (Le compte dont ceci est extrait appartient au British-Museum.)

DIMANCHE, maître des ouvrages de maçonnerie de la cité de Toul, fut appelé le 3 mai 1475 à Saint-Quentin, pour donner son avis sur la réparation à faire au chœur de Téglise collégiale de cette ville. (Gomart, Égl. de Saint-Quentin.)

: f D'ISLE (Garnier). — V. GARNIER (Jean-Charles), seigneur d'isle.

ont rapport, tels que : fenêtres, cheminées, architraves, portails et épitaphes. » Cet ouvrage est composé de 209 planches in-folio. Une seconde édition parut, comme la précédente, en 1298, avec son titre en noir et en rouge; le texte y présente des différences notables. Le livre existe aussi avec un texte latin. On a publié dans ces dernières années, à Liège, une nouvelle édition de Y Architecture de Dietterlin.

DIZIEULZ, lieutenant du maître des œuvres de maçonnerie pour le roi, commença en i532 le transept nord de la cathédrale de Senlis. En i556 il avait terminé le transept méridional et l'aile gauche. (Grave, Descript. de Varrond. de Senlis.)

DOLHAS (Raymond). En 1449, l'évêque Guillaume de la Tour d'Oliergues, qui avait repris les travaux de construction de la cathédrale de Rodez, interrompus depuis plus d'un siècle, donna à construire à Dolhas, du lieu de Villecomtal, et à son fils, la dernière croisée de cette église. (Marlavagne, Art. du Rouergue.)

DOMINIQUE. On attribue les portails des églises de Saint-Nicolas, Saint-Nizier, Saint-Frobert et Saint-André, à Troyes, à deux artistes nommés Gentil et Dominique , architectes et sculpteurs ; mais on ne sait quelle est la part de chacun. (Grosley, Ephémérides.)

DONAT DE POINZOU, maître des œuvres, du duc d'Orléans Louis Ier, fit exécuter en i3g3 certains travaux dans Thôtel de Pierre de Canteleu, payeur du duc. Ses émoluments étaient de 12 livres 18 sous par mois. (De la Borde, Ducs de Bourg.)

DONNAT (J.-A.), né en 1741, mort en 1824, donna les plans de la place Peyrac, à Narbonne -, il restaura le palais épiscopal de la même ville et la cathédrale d'Alais. (Bïogr. part.)

DONNEST (Jean), maître des œuvres de la ville de

Rouen, obtint en 1608 l'autorisation de se bâtir une maison

dans des jardins dépendant de l'Hôtel de ville, en s'engageant

hICTIONNAI R1-:

à ne rien demander pour son logement pendant l'exercice de sa charge. (Ouin-Lacroix, Anciennes corporations.)

DON N EST (Jean). Il était en 1 716 maître des ouvrages de la ville de Rouen et dirigeait les travaux entrepris pour remplacer l'ancienne flèche du beffroi de la ville. Ces ouvrages, dont Nicolas Bourgeois avait donné les plans, consistaient en un dôme surmonté d'un campanile-, ils existent encore. Ce Donnest est probablement le petit-fils du précédent. ( Delaquérière, Ane. Hôt. de ville.)

DONON (Louis de), contrôleur des bâtiments du roi, était en 1608 chargé <c d'avoir l'œil ordinairement sur les maçons, charpentiers, serruriers et autres ouvriers travaillant aux bastimens du Roy, tant à Paris que Saint-Germain en Laye, dresser tous et chascun les rooles et mémoires des thoisez, parties et réceptions d'ouvrages, extraicts et certifications; prendre garde aux matières et étoffes qui s'employent auxd. bastimens, faire serrer aux magasins, tant du Louvre que autres lieux, ce qui arrive pour Sa Magesté, tant par eaux que par terre, comme aussy les boys de charpenterye, menuiseries, serrureries, plombz, victres et autres desmolitions provenant desd. bastimens, etc. » Ses gages étaient de 720 liv. par an. ( Berty et Legrand, Topogr.)

D'ORBAIS (Jean) fut l'un des cinq architectes qui bâtirent la cathédrale de Reims. Il naquit à Orbais, petite ville du département de la Marne, dans l'arrondissement d'Épernay. Son image était incrustée en marbre noir à l'un des angles du labyrinthe dessiné dans le dallage de cette cathédrale. Ce curieux ouvrage fut détruit en [779 par le chanoine Jacquemart. Cet architecte construisit aussi l'église d'Orbais, son lieu de naissance ; le chœur et la nef de cette église sont

la reproduction, dans des proportions nécessairement plus restreintes, de ceux de Saint- Rémi de Reims. Le style architectonique de l'édifice porte tous les caractères de la fin du XIIe siècle. (Tarbé, N.-D. de Reims. — Bull, arch., t. II. — Bull, monum., 17e vol.)

DORBAY (François), né à Paris, élève et gendre de Levau. Il débuta par l'église du collège des Quatre-Nations (aujourd'hui le palais de l'Institut), dont il conduisit les travaux sous la direction de son maître ; ses émoluments étaient de 1,200 livres par an. Il travailla au même titre, avec Levau, au Louvre et aux Tuileries. Les travaux qui lui appartiennent en propre sont, à Paris, l'œuvre de Saint-Germain-l'Auxerrois*, en 1671 , le portail de l'église de la Trinité, située rue Saint-Denis l • l'église des Prémontrés réformés , à la Croix- Rouge (1661) ; de 1686 à 1688, le couvent des Capucines, rue Neuve-des-Petits- Champs, vis-à-vis la place Vendôme -, l'hôtel des Comédiens français, rue des Fossés- Saint-Germaindes-Prés. A Lyon, il fit la façade de l'ancienne église des Carmélites et une chapelle attenante pour la sépulture de la famille de Villeroy. A Fontainebleau, il a construit le Chenil-Neuf. Dorbay fut nommé membre de l'Académie d'architecture lors de la fondation de cette académie, le 3i décembre 1671. Il mourut en 1697 et fut inhumé à Saint-Germain-l'Auxerrois. (L'abbé de Fontenai. — Franklin, Rech. hist. — Arch. de Vartfr. — Dussieux et Soulié.)

DORBAY fils, né en 1679, reçu membre de l'Académie d'architecture en 1705, et promu à la première classe de cette académie en 1728, fut contrôleur des bâtiments du roi et

1. Des débris de cette église, détruite en 1817, on a construit la maison qui porte le numéro 266 de la rue Saint-Denis.

chevalier de Saint-Michel. Il mourut en 1742. (Dargenville. — Rois, part.)

DORBAY, probablement fils ou neveu du précédent, obtint le grand prix d'architecture en 1739, sur une « Grande écurie pour un château royal ».

DORDET. Au château de Montai, près de Saint-Céré Lot), élégante construction de la Renaissance, toute couverte à l'intérieur d'arabesques, de bustes et de figures, on lit, audessus d'une fenêtre, cette signature sculptée en relief: dordet, avec le millésime 1 534. [Comm. de M. E. Didron.)

DORLÉANS remporta le grand prix d'architecture en 1767, sur v. Une douane ».

DOTZINGER (Jacques), l'un des architectes de la cathédrale de Strasbourg. Il fut le second successeur de Jean Hultz. Afin d'établir une ligne de démarcation entre les maçons et les tailleurs de pierre, il organisa, en 1452, ces derniers en confrérie. Cette séparation fut maintenue jusqu'à la révolution r. En 1459 il construisit le baptistère de la cathédrale de Strasbourg. (Schnéegans, Maîtres d'œuvre.)

DOUCET (Jacques) termina en 1726 l'église Saint-

1. M. de Caumont (dans son Bull, monumental, t. XII, p. 10) a cru voir dans l'institution de Dotzinger « une grande association des loges maçonniques »; mais M. Schnéegans déclare que cette supposition est contraire à la vérité historique et que la corporation des tailleurs de pierre de Strasbourg était purement et exclusivement professionnelle. Or, M. Schnéegans ayant étudié à fond l'histoire des corporations strasbourgeoises, il faut reconnaître que son opinion dans cette question doit, jusqu'à preuve contraire, faire autorité pour tout le monde.

Louis en l'Ile, à Paris, commencée en 1664 sur les dessins de Levau, et continuée sur ceux de Gabriel Leduc. (L'abbé Pascal, Not: sur Saint-Louis en l'Ile.)

DOUGHAIN (Pierre-Jean-Baptiste), architecte versaillais. En i832 il remporta le prix dans un concours ouvert pour la construction d'un abattoir public dans sa ville natale, et fut chargé de l'exécution des travaux. Il éleva en 1 838, dans la même ville, les nouveaux bâtiments du Palais de Justice, lesquels étaient destinés à la Cour d'assises*, en 1 844,1a nouvelle prison et une grande maison sise dans la même ville, rue des Hôtels, n° i3. On lui doit aussi la chapelle du Petit Séminaire et la nouvelle décoration des chapelles de la cathédrale. (Leroy, Rues de Versailles.)

DO U TERRAIN S (Jean) (Jean d'outre-Rhin, sans doute). En 141 1 il travaillait à la nef de l'église collégiale de Saint-Quentin. En 1429, le chapitre de cette église ayant à faire la dépense de la charpente du comble et de la couverture de la même église, il fut décidé que, faute de ressources suffisantes, les travaux de maçonnerie seraient interrompus pendant toute cette année. En conséquence, les ouvriers furent renvoyés ; mais le maître des œuvres, Jean Douterrains, fut conservé pendant ce chômage moyennant seize livres de pension et un pain chaque jour. Il lui fut accordé en outre trois sous par jour quand il travaillerait. (Gomart, Egl. de Saint- Quentin.)

DOYAC (Jean de). Lors de la reconstruction du pont Notre-Dame, à Paris, en i5oo, Colin de la Chesnaye et Jean de Doyac furent commis à la « superintendance de l'ouvrage ». Ces deux maîtres portaient un bâton blanc comme marque du pouvoir souverain qu'ils exerçaient sur les ouvriers. Mais

MOTIONNAI RI

la première place appartenait à Jean de Doyac; il est toujours nommé le premier dans les actes qui se rapportent à cette entreprise, et c'est en sa présence qu'étaient faits les marchés avec les entrepreneurs. Ses appointements étaient de 400 livres par an, tandis que ceux de la Chesnayc n'étaient que de 200 livres. Au mois de septembre de la même année, Jean de Doyac, mis en prison (pour une cause inconnue;, y tomba malade. Le conseil de la ville lui fit néanmoins payer l'arriéré de ses gages et ajouta une légère gratification. (Leroux de L., Pont N.-D.)

DRIOLLET, né à Paris le 23 janvier i8o5, élève de Duban. On lui doit la restauration intérieure de la salle du théâtre de Nantes. Il construisit dans la même ville un marché aux poissons, un temple protestant , le beffroi de l'église de Sainte-Croix, le monument du général Cambronne, une fontaine publique, un escalier monumental reliant l'église Sainte- Anne au quai de la Fosse. Après la mort de Lassus il fut chargé de la continuation de l'église Saint-Nicolas. Il mourut en 1864. [Rev. de Varch.)

DROUET DE DAMPMARTIN. — V. DAMP- MARTIN (Drouet de).

DROUET (Gervais, « maistre architecte de la ville de Thole (Toulouse) et sculpteur du roy », commença en [661 la construction du jubé d'Auch. Cet édicule fut modifié dans son ordonnance primitive, pendant le cours de son exécution, sur l'ordre de l'archevêque Henri de La Motte-Houdancourt. En i858, le jubé de Drouet fut déposé et remplacé par une décoration en bois sculpté, composée dans le style de Louis XII, par M. Charles Laisné , architecte diocésain

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d'Audi. On attribue à Drouet les tours du portail, qu'il aurait achevées vers 1672. (L'abbé Ganeto, Sainte-Marie dAuch.)

DROUIN (Florent), architecte et sculpteur, est qualifié dans un compte de 1 58 1 de « maître maçon de duché de Lorraine ». Le duc Charles IV ayant résolu de faire élever l'église des Bénédictines de Nancy, Drouin fut envoyé exprès à Rome pour en rapporter le plan de l'église des Incurables de cette ville, qui avait été choisie pour modèle. La première pierre de l'église des Bénédictines fut posée le 2 juillet 1626, par Antoine de Lenoncourt, primat de Lorraine ; mais la mort du duc Charles vint interrompre les travaux commencés, et ces contructions restèrent inachevées pendant près d'un siècle. (H. Lepage, Les Offices. — Lionnois.)

DU BAN (Jacques-Félix), élève de Debret, naquit à Paris le 14 octobre 1797. En 1823 il remporta le grand prix d'architecture sur un projet d' « hôtel des Douanes et de l'Octroi ». Après avoir passé à Rome les cinq années de sa pension, il rentra en France vers la fin de 1828. Blouet, qui était alors à la veille de partir pour aller explorer les ruines de l'ancien Péloponèse, confia à Duban la direction de son atelier, direction que celui-ci conserva jusqu'au mois de mars i83o. Il fut chargé en 1834 de continuer le palais des Beaux-Arts, commencé par Debret, et reprit l'édifice sur un plan nouveau. En 1 845 il entreprit la restauration du château de Blois, œuvre importante à laquelle il a travaillé durant les vingt-cinq der nières années de sa vie. Vers la même époque il restaura le château de Dampierre, appartenant au duc de Luynes, et étudia un projet de reconstruction du château de Chantilly, pour M. le duc d'Aumale, projet que les événements politiques ne permirent pas de réaliser. Après la révolution de février, Duban devint architecte du Louvre. C'est à lui que sont dus

l'achèvement de la façade de la galerie Henri IV, la décoration de la galerie d'Apollon et celles du Salon-Carré et de la salle des Sept-Cheminées. En 1854 il résigna ses fonctions d'architecte du Louvre. La même année il entra à l'Institut en remplacement de Visconti et fut nommé inspecteur général des bâtiments civils. On doit encore à Duban l'hôtel Pourtalès, sis à Paris, rue Tronchet, et le château de Chalay, situé près de Saint-Quentin (Loir-et-Cher). Il avait commencé en 1840 la restauration de la Sainte-Chapelle du Palais, à Paris ; mais en 1 849, voulant se donner tout entier à ses travaux du Louvre, il abandonna la Sainte-Chapelle, qui fut alors confiée à Lassus, déjà inspecteur des travaux. Duban a laissé des dessins qui sont trop connus pour n'être pas mentionnés ici. Ceux qui furent envoyés à l'Exposition universelle de 1 855 , et qui valurent à leur auteur une grande médaille d'honneur, sont les suivants : Maison de Pompeï , Salle d'une villa antique, l'Arno, le Tibre, Tombeau étrusque, Baïa, Château de Blois (douze dessins), et enfin : Intérieur a" un palais romain à l'époque impériale1. Décoré le 2 février 1 836, Duban fut nommé officier de la Légion d'honneur le 6 juin i85i, et promu au grade de commandeur le 14 août 1868. Il mourut à Bordeaux le 12 octobre 1870 2.

1. Ce dessin est la plus splendide composition que Duban ait signée de son nom. Les temples, les péristyles, les loggie, toutes les plus belles expressions architectoniques de l'art romain sous les empereurs sont là réunies, groupées, agencées avec un goût et un talent d'exécution que l'on ne saurait trop admirer. C'est une merveille du genre. Ulntérieur d'un palais, qui faisait partie du cabinet de M. Edmond Blanc, fut acheté à la mort de ce dernier par l'habile entrepreneur de charpente Bellu; il appartient aujourd'hui à M. Daunay, gendre de ce dernier.

2. Je regrette que le cadre de ce dictionnaire ne me permette pas de faire sur Duban et son œuvre une notice plus détaillée, plus se-

DUBOIS (Jean), architecte et sculpteur, né à Dijon en 1626, décora la plupart des églises de sa ville natale. C'est à lui qu'on doit le groupe de l'Assomption qui forme le rétable du maître-autel de l'église Notre-Dame et celui de l'hospice Sainte- Anne. Il mourut à Dijon, le 29 novembre 1694, et fut inhumé dans l'église Saint-Philibert. C'est sa fille qui donna le jour au poëte Piron. [Cat. du musée de Dijon.)

DUBOIS (Pierre) construisit sur ses dessins, vers i636, l'hôpital des Incurables de la rue de Sèvres, à Paris, et en 1645 ou 1646 les bâtiments de l'ancien séminaire Saint- Sulpice, dont la chapelle fut bénie le 18 novembre i65o. Cet édifice était situé rue du Vieux-Colombier. (Piganiol.)

DUBOUST (Nicolas) éleva en 1487 l'église Saint- Macoul, à Vienne (Autriche). [Recueil mss.)

DUBREUCQ (Jacques) fut l'architecte de plusieurs

rieuse. Quelques lignes froides et sèches sont, en effet, bien insuffisantes à propos d'un homme d'un tel mérite. Il appartenait à cette pléiade d'artistes éminents : Blouet, Gilbert, Duban, H. Labrouste, Duc, Vaudoyer, lesquels se succédèrent sans interruption, de 182 1 à 1826, au concours pour le grand prix d'architecture, et en sortirent tous vainqueurs. Duban n'est pas seulement une des individualités les plus brillantes et les plus incontestées du monde des arts dans ce siècle-ci ; il a été plus que cela : c'était, dans le sens le plus élevé du mot, un honnête homme. Désintéressé, fier et digne, il avait de luimême et de son art un respect absolu. En 1854, à l'apogée de sa carrière, nous l'avons vu tourner résolument le dos à la fortune qui lui "tendait les bras, ne voulant pas laisser amoindrir en lui, par une lâche condescendance, le grand artiste qu'il était. Honneur donc à cet homme de bien, dont le nom restera à jamais l'orgueil de son art et

de la profession d'architecte.

édifices de Saint-Omcr. En [634 il construisit à Mons un couvent pour les moines de Saint-Guillain '. (Milizia.)

DUBUISSON (Claude-Nicolas), architecte des bâtiments du roi, construisit en 1 663, à Paris, le séminaire des Missions étrangères, situé à l'angle des rues du Bac et de Babylone. Il vivait encore en 17102. (Piganiol.)

DUBUT ( Louis-Ambroise) , élève de Ledoux, né à Paris en 1769. Il remporta le grand prix d'architecture en 1797 sur un projet de « Greniers publics pour une grande ville ». Il éleva sous le premier empire, à Aix-la-Chapelle, alors chef-lieu du département de la Roër, l'hôtel de la Préfecture. Il alla en Russie après 1814 et y fut employé aux colonies militaires par les empereurs Alexandre et Nicolas. Les autres édifices dus à cet architecte sont : dans le département de l'Aube, l'écluse d'Anglure; à Ensisheim (Haut-Rhin), une maison centrale de détention; les dépôts de mendicité de Caen et de Saint-Dizier -, une halle dans cette dernière ville, et les bains civils de Bourbonne. (Guyot de Fère.)

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