‹ Dictionnaire des architectes françaisChapitre 71 sur 85 · DUCERCEAU. —V. ANDROUET DUCERCEAU · texte numérisé non relu

DUCERCEAU. —V. ANDROUET DUCERCEAU

DUC HEM IN (Jean), « maistre des œuvres pour le roy notre sire en Touraine », visita en 14 10, par ordre de Geoffroy

1. Plusieurs biographes ont fait naître Dubreucq à Saint-Omer, mais la chose n'est pas prouvée. Au bas du portrait que fit de lui Van Dyck, son ami, on lit la légende suivante : Jacobus Dubreucq, architectus Montibus in Hannonia. D'où il faudrait conclure que cet artiste était Montois, à moins pourtant que Mons ne soit devenu sa patrie d'adoption. Dans le doute, je m'abstiens de trancher la question.

2. Une quittance signée : Dubuisson, que je possède, porte la date du 25 septembre 1710.

de Bouciquaut, les fortifications de la ville de Tours. Il lui fut payé à cette occasion quatre sols tournois « pour luy, un clert en sa compaignie » et les ouvriers qui raccompagnaient, « pour leur salaire et despens de troys jours entiers qu'ils ont vacqué à visiter les œuvres nécessaires estres faittes à la clousture de la dicte ville et ycelles mettre et bailler par escript ». Ce Jean Duchemin est-il le père du suivant? (Grandmaison.)

DUC HEM IN (Jean). Dans le registre des élections des officiers municipaux de la ville de Paris, commençant à Tannée 141 1, on trouve les noms des maistres des œuvres appelés à remplir les fonctions municipales depuis le commencement du XVe siècle. Parmi ces noms on lit celui de Duchemin, qui fut nommé le 3o janvier 1455. Il resta en charge jusqu'au 2 mai 1467, époque à laquelle Guillaume Ouyn lui succéda, et mourut en 1468. Duchemin fut enterré dans le cimetière des Innocents. Voici Pinscription qu'on lisait sur sa tombe : « Cy gist honnorable homme maistre Jehan du Chemin, vivant général et maistre des œuvres de massonnerie du Roy notre sire, qui décéda le vendredi ier juin de Tan 1468. » Et au-dessous : « Cy gist Perrette, jadis femme du dit maistre Jehan du Chemin, laquelle trépassa le dimanche 3oe et pénultiesme de janvier de Tan 1462. » (Leroux de L., Hôt. de ville. — P. Lacroix, Rev. univ. des arts.)

DUCHEMIN (Nicolas) naquit au Havre, le 6 janvier 1 532. Il jeta, en 1574, les fondements de l'église Notre-Dame de cette ville et travailla au même édifice jusqu'en 1598. Il commença par le chœur, qui fut couvert en 1 5 85 , et la nef fut achevée en 1597. Duchemin fut inhumé dans son église, ainsi que nous l'apprend l'inscription suivante qu'on lit sur un des piliers de la nef : « ci-gist le corps d'honneste homme nicolas du chemin, MAITRE MAÇON, QUI COMMENÇA LE BASTIMENT DE CE TEMPLE

DICTION N'AI Kl

i/AN 1Ô74 ET CONTINUA ICELUI JUSQU'A SON DÉCÈS ARRIVÉ LE MARDI 5° MAY DE L'ANNÉE I 5()8. PRIES DIEU POUR LE REPOS DE SON

ame. » (L'abbé Cochet, Not. sur l'égl. N.-D. du Havre. — Rens. part.)

DUCHE SNE (Vincent), religieux bénédictin, donna les dessins de l'abbaye de Saint-Pierre de Châlons, dont il ne construisit qu'en partie les bâtiments. Il a bâti l'église et le couvent de Morey, en Franche-Comté1. (D. Calmet, Bib. lorraine.)

DUCLOS, en collaboration avec Gouet, a construit en 1822, à Versailles, la Maison d'arrêt, élevée sur l'emplacement de l'ancienne maison Ripaille. (Leroy, Rues de Versailles.)

DUCROS. Le plan du chevet de la cathédrale d'Auch ayant été modifié vers 1599, par ordre de l'archevêque Léonard de Trapes, l'exécution de ce travail fut confiée à Pierre Souffron. Cet artiste avait à peine achevé son œuvre lorsqu'une « visite et vérification » des travaux fut ordonnée au mois de mai 1609. Parmi les experts désignés pour cette opération se trouvait « noble Ducros, architecte général pour le roy en la duchée d'Albret et terres de l'ancien domaine et Couronne de France ». Les experts, au nombre de cinq, vaquèrent sept journées et reçurent pour leurs honoraires chacun six écus. (L'abbé Caneto, Sainte-Marie d^Auch.)

i. C'est ce religieux qui apprit à écrire à Louis XIV en moins de trois heures, dit-on, en lui montrant que notre écriture ne se compose que d'un C et d'un I. (C'est le thème de Geoffroy Tory au XVIe siècle. On a gravé cette leçon du roi avec quatre vers (1716) ; ils apprennent que Dom Duchesne était de Besançon.

DUFARD a construit le Théâtre Français de Bordeaux, de 1793 à 1800. (Bordes, Hist. des mon. de Bordeaux.)

DUFEUX (Constant).— V. GONSTANT-DUFEUX.

DU FOUR (Alexandre), l'un des architectes du château et des jardins de Versailles. En 1811 il dirigea les travaux exécutés en prolongement du boulevard de l'Impératrice jusqu'à la rencontre du chemin deTrianon. En 18 19 il donna les dessins du nouveau bosquet appelé jardin du roi. On lui doit aussi l'entrée principale et les communs du château de Savigny-sur-Orge, ainsi que les moulins qui en dépendent. (Pinard, Hist. de Varr. de Longjumeau. — Rens. part.)

DUFOURNY., élève de David Leroy, naquit à Paris le 5 mars 1 754, et partit en 1 782 pour l'Italie, où il resta treize ans, y compris trois années passées en Sicile. A Palerme il bâtit l'École de botanique et l'Observatoire royal, et donna les dessins de la pépinière qui a été établie dans le domaine royal « délia Margana ». Il entra à l'Institut de France dès les premiers temps de sa création, et succéda à David Leroy comme professeur à l'École royale d'architecture. Il mourut en 181 8. Dufourny a laissé de nombreux dessins et des notes plus nombreuses encore, recueillies pendant ses voyages. C'est à sa générosité que l'École des beaux-arts doit, en partie au moins, la collection de fragments d'architecture antique qu'elle possède. Il a publié : « Rapport sur les beaux-arts, présenté à l'empereur Napoléon Ier par la quatrième classe de l'Institut. » (Quatremère, Not. hist.)

DULIN.— V. UL1N (d').

DUMAS construisit à Paris, sous le règne de Louis XVI,

la Halle à la marée, sur une partie des terrains de la cour des Miracles, et la Halle aux cuirs, rue Alauconseil (Thiéry).

DUMONT (Gabriel-Martin), né à Paris vers 1720, mérita en 1707 le grand prix d'architecture, sur un projet de « Deux escaliers et vestibules de palais » , et reçut son brevet d'élève de l'Ecole de Rome le 18 août 1742. Il a publié les ouvrages suivants : a Détails des plus intéressantes parties d'architecture de la basilique de Saint- Pierre de Rome. » Paris, 1760. Grand in-fol. de 77 pi. — « Suite de projets détaillés de salles de spectacle particulières. » Paris. In-fol. de 54 feuilles. — « Parallèles des plans des plus belles salles de spectacle d'Italie et de France. » Paris. Grand in-fol. de 54 feuilles1. C'est Dumont qui le premier fit connaître en. France les ruines de Pestum. (Brunet, Man. du libr. — Rens. part.)

DUNOYER (Simon), architecte à Troyes, reconstruisit, en 1721, la maison abbatiale de l'abbaye de Boulancourt (Haute-Marne). (L'abbé Ch. Leclère.^

DUPARC (Albert). En 1696, il fut, avec Antoine Fleury, sculpteur, chargé de la décoration de la façade de la cathédrale de Toulon. Il a dessiné les jardins du palais de Victor- Amédée , à Turin. On lui attribue aussi ceux de la résidence royale de la Vénerie, près de la même ville. Ces derniers travaux étaient, en 1 7 1 3 , en cours d'exécution 2 . (Paroletti ,

1. Dumont a publié en 1767 son œuvre entier sous ce titre : « Recueil de plusieurs parties de l'architecture sacrée et profane ». Ce recueil, qui comprend les trois ouvrages cités plus haut, se compose de 23o feuilles gr. in-fol. en 2 ou 3 vol.

2. Dans une lettre de Robert De Cotte, en date du 2 5 juin 1713, il

DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 23g

Turin et ses curiosités. — Bull, de la Langue, t. 7er.)

DU PÉRAC (Etienne), né à Paris, dans la première moitié du XVIe siècle, mourut en 1 60 1 . Il était à Rome en 1 56g. On croit qu'il travailla au château de Fontainebleau r. En 1 582 il était de retour d'Italie et devint l'architecte du duc d'Aumale, qui le chargea des travaux de tous ses châteaux et particulièrement de celui d'Anet, dont il traça lui-même les jardins. En i5g5 il était architecte du château neuf de Saint- Germain en Laye, et donnait les dessins des jardins de ce château2. Félibien assure qu'en 1599 ce il conduisit plusieurs ouvrages aux Tuileries, estant architecte du Roy ». Il est considéré aussi comme ayant construit une partie de la grande galerie du Louvre, mais cela n'est guère qu'une conjecture3. Au surplus, bien qu'il soit certain que Du Pérac ait étudié l'ar-

est fait mention de Duparc et des travaux d' architecture qu'il exécutait dans ce moment-là pour le duc de Savoie.

i. Comme Du Pérac était peintre en même temps qu'architecte, peut-être ne s'agit-il, pour Fontainebleau, que des peintures de la salle des bains de ce château, lesquelles passent pour être son œuvre.

2. Voir Mollet (Claude), note en bas de page V. aussi Guillaume Marchant. Évidemment Du Pérac n'était chargé, au nouveau château de Saint-Germain en Laye, que du tracé et des plantations des jardins.

3. G. Brice dit, à ce propos : « L'autre partie de la galerie décorée de grands pilastres dont on vient de parler (celle qui se relie au pavillon de Lesdiguières et qui vient d'être percée de trois grandes ouvertures) est d'Estienne Du Pérac, architecte d'une médiocre capacité, duquel on voit peu d'ouvrages remarquables à Paris. 0 Mais il est douteux que cette partie de la galerie du Louvre ait été élevée avant 1601, époque de la mort de Du Pérac; et d'ailleurs Brice n'apporte aucune preuve à l'appui de son dire. On sait, au contraire, qu'il y a bien des probabilités pour que cette galerie soit l'œuvre de Jacques II Androuet, le surintendant des bâtiments royaux.

240 I) I CTIONNAIRE

chitecturc, il paraît plutôt avoir travaillé comme peintre que comme architecte; cependant il commença un recueil sous ce titre : « I Vestigi dell1 antichità di Roma raccolti et ritratti in perspettiva,con ogni diligentia da Stcphano Du Parc,Parisino. AU1 illmo et eccell"10 Sig. il Sig. Giacomo Buoncompagni, governator générale di Santa Chiesa.J» In Roma, etc. mdlxxv. (Mariette, Abecedario . — Félibien, Entretiens. — Paris, Les Manusc. — Brunet, Man. du libr.)

DU PIRE (Jean), maître des œuvres de la ville de Béthune. A la fin du XVe siècle, il répara dans cette ville la fontaine de Saint-Pry ainsi que « la montée, le bac et le goulot ». (Mélicocq, Art. du Nord.

DUPRESSOIR (Louis). Le bras méridional du transept de la collégiale de Saint-Quentin ayant été reconstruit par Colard Noël, Dupressoir, Gérard Levasseur et Jean Nitard furent appelés pour donner leur avis sur l'exécution des travaux. Ils remplirent cette mission le 10 décembre 1487. (Gomart, Égl. de Saint-Quentin.)

DUQUESNEY, né en 1800, mort à Paris en 1849, construisit à Paris les premiers bâtiments de l1 École des mines et la gare du chemin de fer de l'Est. [Rens. part.)

DUQUESNOY(Jean). — V. GÉRARD.

DURAND, architecte du XIIIe siècle. En réparant, il y a quelques années, les voûtes de la cathédrale de Rouen, on put lire, sur la clef de voûte principale, ces mots gravés dans la pierre : durand me fecit. On présume que ce nom est celui

du successeur d'Ingelram, qui fut le premier architecte du monument1. (Deville, Rev. des arch.)

DURAND (Jean-Nicolas-Louis) naquit à Paris, le 18 septembre 1760. A l'âge de quinze ans il ouvrit une petite école de dessin dont il fut le professeur, et à seize ans il entra comme dessinateur chez Boulée, architecte du roi. Il suivit les cours de l'Académie d'architecture et remporta, en 1780, le second grand prix. Associé à Thibault, il prit part à divers concours ouverts par la Convention nationale, et, dans quatre de ces concours, les compositions de ces deux artistes associés méritèrent le premier prix. Lors de la création de l'École polytechnique, il fut chargé de préparer les matériaux du cours d'architecture et appelé lui-même à occuper cette chaire. Après trente-neuf ans de professorat, il mourut à Thiais, près Paris, le 3i décembre 1834. Il a laissé les publications suivantes : « Recueil et parallèle des édifices de tous genres, anciens et modernes, remarquables par leur beauté, par leur grandeur ou par leur régularité, et dessinés sur une même échelle. Atlas

1. M. Deville, en inscrivant ce nom sur la liste des architectes de la cathédrale de Rouen, a été au-devant d'une objection qui vient tout d'abord à la pensée : ce Durand ne serait-il pas tout simplement un sculpteur ou un architecte? Voici la réponse du savant archéologue rouennais : « Toutes les clefs de voûte de la nef étant sorties du même ciseau et la première seule, la principale en même temps, portant un nom, je pensai tout d'abord que ce nom rappelait celui de l'architecte qui avait construit les voûtes de la nef et ne s'appliquait pas à l'exécution même de la clef de voûte. Le talent de sculpteur n'était pas, à cette époque, séparé de celui de tailleur de pierres et de maçon. Celui qui a sculpté les clefs de voûte les a mises en place, a exécuté, par conséquent, les nervures des voûtes dont elles font partie et qu'elles ferment. Tout autorise donc à reconnaître, dans celui qui a gravé son nom sur la maîtresse clef de voûte, l'architecte des voûtes elles-mêmes. »

in-plano de 92 planches. » Paris, 1800. — « Précis des leçons d'architecture données à l'École polytechnique. » Paris, 1802 et i8o5. 2 vol. in-40, avec 64 pi. — « Partie graphique des cours d'architecture faits à l'École royale polytechnique depuis sa réorganisation • précédée d'un sommaire relatif à ce nouveau travail. » Paris, 1821. 1 vol. in-40 avec ^4 p'- (A. Rondelet, Not. hist. sur Durand.)

DURAND (Léopold), de Saint-Mihiel, religieux bénédictin, a construit à Nancy l'église abbatiale de Saint-Léopold, laquelle fut détruite en 1824, et reconstruisit, en 1708, le château de Commercy, dont les principaux bâtiments avaient été démolis par Henri de Vaudemont. Il mourut à Saint-Avold, le 7 novembre 1746. (D. Calmet, Bibl. lorraine.)

DURAND (Nicolas) naquit à Paris en 17*39, et mourut à Châlons-sur-Marne le 23 février i83o. Il fut architecte de la province de Champagne. Les édifices élevés par lui à Châlons sont les suivants : l'hôtel de l'Intendance, aujourd'hui de la Préfecture (1759), le pont de Vaux (1767), la porte Sainte- Croix (1770), la salle de spectacle (1771), sur les dessins de Coluel; l'Hôtel de ville (1772), la caserne d'infanterie, située près de la porte Saint- Jacques ( 1 784). On lui doit aussi le portail de l'église de Juvigny, le théâtre de Reims (1773), les casernes de Chaumont et l'église deVerzenay (1786). (A. Lhote, Biogr. châlonnaise.)

DURANTEL. La construction de l'Hôtel de ville de Paris, commencée sous François Ier par Boccador, ayant été suspendue pendant la seconde moitié du XVIe siècle, quelques parties delà «maison aux piliers » subsistaient encore dans les dernières années de ce siècle et servaient d'habitation au concierge de l'Hôtel de ville. Mais, en 1589, ces restes menaçant

ruine, Durantel, maître des œuvres, donna un avis et fit un rapport à la suite duquel il fut décidé que ces masures seraient démolies, et les matériaux en provenant vendus au profit de la ville. (Leroux de L., Hôtel de ville.)

DURLE (Pierre de), sculpteur et architecte du XIVe siècle, dirigea les travaux de construction du clocher de l'église Saint- Sauveur d'Aix, en Provence, commencé le 3 juillet i323. [Bull, du Com., t. II.)

DU ROCHER (Jean). L'abbaye de la Luzerne (Avranchin) eut beaucoup à souffrir dans les guerres du XVIe siècle. Vers la fin de cette période, l'abbé Jean du Rocher en répara les bâtiments, notamment la partie supérieure de la tour de l'église. Cette restauration explique la différence de style qu'on remarque dans l'ordonnance de cette tour. [Bull, mon., t/ IV.)

DU RY (Charles), architected' Argentan, enNormandie, commença, en i6i3, la construction du château de Coulommiers, dont les dessins avaient été donnés par Salomon de Brosse l. Son fils Mathurin prit part à ces travaux. Ce château fut détruit de 1736 à 1738. Charles du Ry construisit aussi, à la même époque, le couvent des Capucins de la même ville2. (A. Dauvergue, Chat, neuf de Coulommiers.)

Page 1