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EUDES DE MONTREUIL. — V. MONTREUIL

EZELON, ou HÉZELON, religieux bénédictin, succéda à Gauzon ou Gonzon , à la fin du XIe siècle , comme architecte de l'église de l'abbaye de Gluny. Il est considéré comme le principal constructeur de ce monument. Pierre le Vénérable, dans sa lettre à Alberon , évêque de Liège, fait l'éloge des trois illustrations que cette Église (de Liège) avait envoyées à la fois à Cluny, sous saint Hugues : Hézelon , Tezelin et Alger -, un artiste, un maître de la vie spirituelle, un docteur dans la théologie dogmatique. (F.'Gucherat,C/w;y^ au XIS siècle.)

FAIVRE (Jean- Baptiste- Louis-François), né à Paris, le 1 3 avril 1 766, obtint le grand prix d'architecture en 1788 ', sur un « Trésor public ». Il mourut le 7 avril 1798. (Legrand, Nécr. de J.-B. Faivre.)

FALLON (Melchior). Dans un des salons de l'Hôtel de ville de Cambrai se trouve un grand tableau peint à l'huile, en 1543, par un « maître maçon » de ce nom. Ce tableau représente l'ancien monastère de Saint-Géry. (Joanne, Itin. Nord.)

FAIN (Pierre), Tun des architectes du château de Gaillon. Le 4 décembre 1507, il passait un marché pour la construction de la chapelle et du grand escalier qui y conduisait. En i5o8 il construisit les cuisines. Il exécuta également « deux demyes croisées et une lucarne au grant corps d'ostel » et le portail qui donnait passage de l'avant-cour au château 2. En i5oi et i5o2, le cardinal d'Amboise avait déjà employé

1. Je possède un joli portrait de Faivre, dessiné par J.-B. Wicar et gravé par F.-L. Gounod, l'année même de la mort de cet artiste.

2. Ce portail est celui qui décore aujourd'hui la grande cour de l'école des Beaux-Arts, à Paris. A Gaillon, il n'était point isolé comme nous le voyons aujourd'hui : il faisait partie d'un bâtiment dont il accusait l'entrée. L'arcade supérieure, au lieu d'être à jour, servait d'encadrement à un écusson orné, portant les armoiries du cardinal d'Amboise. Commencé vers la fin de i5o8, ce portail fut achevé dans le mois de septembre 1509.

Fain à son palais archiépiscopal de Rouen; en 1507 il avait été chargé, par l'abbé de Saint-Ouen, Etienne Boyer, des travaux de son manoir abbatial. (Deville, Compt. de Gaillon.)

FAUGHET, ingénieur et architecte du roi, fut chargé, en 1672, de bâtir à Clichy, près Paris, la chapelle de la maison de plaisance de la présidente Le Fréron l. (Reîîs. part.)

FAULCHOT (Girard) commença en 1 5 1 7 la construction de l'église du monastère de Montier-la-Celle, à Troyes. Il fut chargé ensuite de la reconstruction de l'église Saint- Nicolas de la même ville. Il travaillait encore à ces édifices en i534, en compagnie de Jean Faulchot. (Grosley, Ephém.)

F A U LC H O T (Gir ard), probablement fils du précédent, fut l'un des architectes de la cathédrale de Troyes. Il succéda, vers 1 577, à Gabriel Favereau, et sa pension annuelle fut fixée à 100 sous tournois. Il lui était en outre payé « des sallaires et vacations » proportionnés au temps employé par lui à la surveillance du chantier. Il reprit, en 1 5 88, les travaux de la tour Saint-Pierre, qui étaient restés interrompus depuis 1 568, à la hauteur des grandes baies des abat-sons. Il éleva, en i5o,3- 1 594, la grande porte du portail de l'église Saint -Jean-au- Marché, à Troyes. G'est également à lui qu'on doit le minaret où se trouve placée l'horloge de cette église. Il mourut en 1606 ou 1607, et eut pour successeur Laurent Baudrot. (Pigeotte, Cath. de Troyes. — Aufauvre, Troyes et ses env.)

FAULCHOT (Jean), présumé fils du premier Girard.

1. Fauchet fat l'amant de Catherine Des Haies, dite la Voisin. On sait que cette prétendue sorcière, compromise dans l'affaire de la marquise de Brinvilliers, fut condamnée par la Chambre ardente et brûlée en place de Grève.

Apres avoir pris part, avec ce dernier, à la construction de l"é glise Saint-Nicolas, à Troyes, il eut seul, en [535, la direction des travaux de cette église, dont il éleva le portail en i 541 . En 1 55o il avait achevé « les deux voûtes » (probablement les deux voussures) du portail de Saint-Yves et les quatre voûtes du mont du Calvaire. Il fit, en i553, la maçonnerie du Ciboire -, en i5Ô2 les piliers butants du jardin d'Olivet ; en [563 le sépulcre de la chapelle. Il était encore l'architecte de Téglise Saint-Nicolas en i5y5, mais, en i58o, ces travaux étaient dirigés par un autre architecte. (Vallet de V., Archiv. — Jaquot, Essai sur les art. trojens.)

FAVARIIS (Jacques de). Le chapitre de la cathédrale de Girone (Catalogne), voulant faire reconstruire son église romane, choisit, en i32o, parmi les administrateurs de l'oeuvre, un architecte français, Henri de Narbonne, auquel succéda Favariis. Ce dernier s'engagea à aller de Narbonne à Girone six fois par an, et le chapitre lui assura, pour ses honoraires,un traitement de deux cent cinquante sous par trimestre, somme équivalant à 1 ,074 francs, environ, de notre monnaie. (Viollet-le-Duc, Dict.)

FAVEREAU (Gabriel) succéda, en i55g, à Jean Bailly comme architecte de la cathédrale de Troyes, et eut la direction des travaux de la tour Saint-Pierre jusqu'en 1 568. Son traitement était de 5 sous par jour , plus une pension annuelle de 20 livres. Il était, en outre, logé gratuitement par le chapitre. Favereau dirigeait encore les travaux de la cathédrale en 1574, mais en 1577 Girard Faulchot, le fils, lui avait succédé. (Pigeotte, Cath. de Troyes.)

FAYET (Jean), maître désœuvrés de la ville de Lille, fit, le 3 octobre 1 588, en compagnie de Jean Lefebvre, char-

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pentier, la visite de « tous les édifices du beffroi » de cette ville. Ces artistes étaient accompagnés des « députés du Magistrat (municipal) ». Après qu'ils eurent rendu compte de leurs opérations, ordre fut donné à Fayet de faire faire « prestement » les ouvrages nécessaires. En 1 5 92, le même artiste fit un projet pour la reconstruction de la halle échevinale (P Hôtel de ville). Ce projet, après avoir été modifié, fut mis à exécution *, mais l'édifice nouveau ne conserva sa destination que jusqu'à l'année 1664. A cette époque, PÉchevinagefut transféré dans le palais de Rihour. (Houdoy.)

FÉLIBIEN DES AVAUX (André), néàChartres en mai 16 19, mort à Paris le 1 1 juin 1695, fut nommé membre de l'Académie d'architecture lors de sa fondation, en 1671 . Il a publié les ouvrages suivants : « Tableaux du cabinet du roi, avec la description. » Paris, 1677. — « Description du château de Versailles. » — « Entretiens sur la vie et les ouvrages des plus excellents peintres anciens etmodernes.» Paris, i685 (aussi 1690). 2 vol. in-40. (Brunet, Man. du libr.)

FÉLIBIEN DES AVAUX (Jean-François), fils du précédent, garde des antiques et des bâtiments , historiographe du roi, né vers i656, à Chartres, fut reçu membre de l'Académie d'architecture en 1696, et mourut à Paris le 23 juin 1733. Il a publié : « Recueil historique de la vie et des ouvrages des plus célèbres architectes. » Paris, 1687. In-40. (Brunet, Man. du libr.)

FÉLIN (Didier de) fut, en i5oo, attaché, en qualité de maître des œuvres, aux travaux de reconstruction du pont Notre-Dame, à Paris. En 1 5o2, il était remplacé dans sa charge par son fils Jean. (Leroux de L., Pont N.-D.)

FÉLIN (Jean de), fils du précédent. En 1502, lors de la reconstruction du pont Notre-Dame, à Paris, il avait remplacé son père en qualité de maître des œuvres de maçonnerie. Il construisit, de i5oG à i52o, à Melun, le chœur de l'église Saint- Aspais. (Rev. des Soc. sav., 5e série, t. I. — Leroux de L., Pont N.-D.)

FELIX (Le moine) fut envoyé par Gozelin, abbé du monastère de Saint- Benoît (Fleury-sur Loire), à Gauffroy, duc de Bretagne, pour relever les bâtiments de deux monastères en ruines. Il rebâtit ou restaura l'église du lieu de Saint- Gilde, située dans l'ancienne forteresse « Ruyenci », et Loch- Menech, autrefois situé « in Mariaco ». (Ghampollion, Doc.)

FELIX. Lors de la construction du gros clocher de l'église Saint-Germain d'Argentan, en :63i, une crevasse s'étant déclarée dans le mur de face, par suite de l'insuffisance des fondations, qui étaient anciennes, Félix, architecte de Caen, et Pierre Verny, de Paris, furent appelés pour s'entendre avec Maurice Gabriel, l'architecte du clocher, sur les mesures à prendre pour réparer ces désordres et en prévenir d'autres. Les trois artistes tombèrent d'accord pour établir un grand arc de décharge sur le susdit mur. (L'abbé Laurent.)

FERRANT (Jean), maître des œuvres du roi au bailliage de Caen, se rendit à Vire, en octobre 1 398, « pour le fait des œuvres et réparations qui depuis peu ont été faites es moulins de Vire », appartenant au duc de Bourgogne. (Delaborde, Ducs de Bourg.)

FEUCHÈRE (Léon), élève de Delespine, né vers 1800, entra à l'Opéra en 1829, comme dessinateur-décorateur, et y travailla plusieurs années. Plus tard, il devint archi-

tecte du département du Gard, et construisit les salles de spectacle d'Avignon et de Toulon. Il a publié « l'Art industriel, recueil de dispositions et de décorations intérieures , comprenant des modèles pour toutes les industries d'ameublement et de luxe '. » Paris, s. d.,in-fol., 73 pi.

FILLEUL (Jean), maçon-juré du roi, est nommé, au mois de janvier 1403, dans un arrêt de la Chambre de Paris qui donne à rente aux Blancs -Manteaux une tour et partie

1. Le nom de cet artiste évoque pour moi des souvenirs déjà bien vieux, ceux de l'atelier Blouet, où j'eus, en 1829, Feuchère pour condisciple. Feuchère, Arveuf, Galand, Garrez, Ravoisier, les vétérans de l'atelier, avaient été, comme Blouet, élèves de Delespine, et se trouvaient ainsi avoir pour professeur un ancien camarade. J'étais, moi, parmi les conscrits avec Debressenne, aujourd'hui architecte du palais de l'Elysée, à qui j'avais succédé dans les fonctions — peu enviées, celles-là! — de rapin. Feuchère, aimable et gai compagnon, appartenait au camp des flâneurs : il en était le porte-bannière. Dans les rangs des travailleurs se trouvaient Godebceuf, que le talent et une position honorablement acquise sont venus récompenser de ses rudes labeurs; Odier, fils du célèbre banquier, que nous avions surnommé le dandy, à cause de son élégance et de la distinction de sa personne. Odier, remarquablement doué, aurait illustré son nom comme architecte ou comme peintre, s'il eut été dans la nécessité de tirer parti de ses talents ; mais il était pour cela trop riche, aussi sa famille le poussa dans une autre voie : il est mort l'année dernière, conseiller maître à la Cour des Comptes. Questel, l'architecte du château de Versailles, était aussi classé dans les travailleurs et les forts; à l'âge de vingt ans il était en première classe à l'Ecole des Beaux-Arts et s'y distinguait par ses excellentes études. C'est lui qui, plus tard, à la mort de Blouet, eut la direction de l'atelier dont il était sorti, atelier que l'autorité du professeur et un enseignement sagement libéral ont maintenu au nombre des meilleures écoles d'architecture... Mais ces souvenirs de jeunesse m'entraîneraient an delà des bornes permises; je m'empresse donc de fermer la parenthèse.

des anciens murs de la ville, joignant leur monastère. (Lobineau, t. III.)

FLACHKRON (Louis-Cécile), né à Lyon, le 9 mai 1772 , fut pendant plus de trente ans l'architecte de sa ville natale. Il y a fait exécuter de nombreux travaux, notamment au Palais des Arts, à l'hospice de l'Antiquaille, au Jardin des Plantes, à l'Hôtel de ville. En 1814, l'Académie de Lyon, ayant mis au concours l1 Eloge de Philibert de l'Orme, décerna à Flachéron le premier prix, et admit peu après dans son sein l'auteur du mémoire couronné. (Biogr. ly 01111.)

FLORAC fut chargé, en 1 5 1 9, par les chanoines de la Collégiale de Villefranche-de-Rouergue, des travaux d'agrandissement de leur sacristie. On lui imposa l'obligation de sculpter les armes de la ville à la clef de la voûte et de faire une grande armoire pour serrer les ornements et les reliquaires de l'église. (Advielle, Les Beaux-Arts.)

FLORIN construisit, de 1090 à 1099, les murs de la ville d'Avila, en Espagne. Il était Bourguignon. (Du Sommerard.)

FLOT ART (Guillaume). Dans un compte conservé au British Muséum, Jean Dufresne, « garde du séel des obligations de la viconté de Vire » , paye la somme de 1 8 liv. 4 sous à des charpentiers, pour des travaux exécutés au château de Vire. « Ad ce présent Guillaume Florent, maistre des œuvres du roy N. S. au dit lieu de Vire. — L'an de grâce mil nu - trente sept. » ( Delaborde, Ducs de Bourg.)

FONTAINE, architecte de la ville de Rouen en 1777, était encore qualifié de « maître des ouvrages », et avait, selon

l'ancien usage rouennais , son logement à l'Hôtel de ville. (Ouin-Lacroix, Hist.des Corporations.)

FONTAINE (Pierre - François-Léonard) naquit à Pontoise,le 20 septembre 1762 L Après avoir travaillé chez André, l'architecte du prince de Conti, il entra en 1779 à l'école de Peyre le jeune, où Percier venait d'être admis. En 1785 il obtint le second grand prix d'architecture sur ce sujet de concours : « Une chapelle sépulcrale ». Il partit ensuite pour l'Italie, en compagnie de son confrère Dufour. L'année suivante, et bien qu'il n'eut pas remporté le premier grand prix, Heurtier, son dernier professeur, obtint pour lui du ministre de la maison du roi la pension à l'Académie de France2 -, Percier, ayant eu le grand prix en 1786, alla

1 . Voici l'acte de baptême de Fontaine, tel qu'il a été publié par M. Jal dans son Dicî. crit. de biographie : « Cejourd'hui vingt septembre mil sept cent soixante-deux, a été jbaptisé par M. Nicolas- Charles-Léonard Oury, docteur en Sorbonne, curé de Saint-Martindu-Pont, de Rouen, du consentement de M. le curé de cette paroisse, un enfant né de ce jour du légitime mariage de M. Pierre Fontaine, architecte, et de dame Marie-Jeanne Meunier, ses père et mère, lequel a été nommé Pierre-François-Léonard, par M. Pierre Fontaine, architecte, seigneur en partie de Courcelles de Viosnes, grand père dud. enfant, représenté, attendu sa maladie, par M. Oury, ci-dessus nommé, et par Madame Marie-Jeanne Jacquin, épouse de M. François Meunier et grand'mère dud. enfant, lesquels ont signé, avec le grand père et le père : Oury, curé de St-Martin-du-Pont. — Marie-Jeanne Jacquin. — P. F. Fontaine. — P. Fontaine. — D'Arnouville, curé. »

2. J'ai dans ma collection d'autographes une lettre de Fontaine, datée de Rome et écrite dans les premiers mois de 1786 à son ami Corcelle, qui me paraît assez intéressante pour être publiée. Non pas que cette pièce relate des faits bien importants pour l'histoire de l'art, loin de là, mais le style emphatique du jeune architecte porte si bien sa date, la couleur de l'époque y est si reconnaissable, que cette petite

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rejoindre son ami à Rome, et la liaison d'amitié commencée dans l'atelier de Peyre devint plus étroite encore entre les deux jeunes gens : on sait que la mort seule put la rompre. A leur retour en France, dans le courant de Tannée 1792, en pleine révolution, Fontaine, las de chercher inutilement du travail à Paris, prit le parti d'émigrer; il se rendit à Londres, où il put utiliser son talent en faisant des dessins de décorations d'appartement, des modèles de papiers peints. Rappelé à Paris au moment où l'architecte Paris, directeur des décorations de l'Opéra, venait de résigner ses fonctions, il fut, avec Percier; assez heureux pour recueillir cette succession. Ils firent ensemble les décorations de plusieurs ballets, entre autres celles de Têlémaque, du Jugement de Paris, de Psyché. Dans les premiers temps du Consulat, ils restaurèrent l'hôtel de l'ancien ambassadeur, M. de Chauvelin, et leur succès fut tel, qu'il leur valut d'être présentés par le peintre David au

pièce offre vraiment un certain intérêt littéraire. La voici : a Mon cher Corcelle, Reçois les compliments que tu mérites sur ta nouvelle réception aux Prix. Dis à Percier et à Bonnard que j'ai été enchanté d'apprendre qu'ils étaient tes concurrents, et que, s'il était possible de diviser la part en trois, je vous en donnerais chacun un morceau. Du courage et du soin, mes amis; soyez rivaux sans jalousie, et que ceux de vous que le sort aura maltraités se consolent en jetant un coup d'ceil sur le nombre de malheureux confrères qu'un coup pareil a déjà frappés! J'aime à me rappeler le bruit de nos loges dernières, mais j'aime encore mieux m'en savoir loin. Adieu, mon ami, écrisnous, parle de nous à tous nos amis. J'oubliais que le bon Goust était aussi reçu, j'en suis bien content, c'est un honnête et aimable confrère; tu te rappelles ses procédés: jamais la noire jalousie n'a sali son cœur! Je ne te parle pas des autres, je ne les connais pas. Nous sommes à Rome comme le poisson à l'eau. Ton confrère et ami. Fontaine. » — « A Monsieur, Monsieur Corcelle, architecte, chez Mr Colombe'le, concierge de l'Académie royale d'architecture, au Louvre, Paris. »

général Bonaparte. Devenus les architectes du Premier Consul, et plus tard de l'Empereur, ils restaurèrent les châteaux de la Malmaison, de Saint-Cloud, de Compiègne, de Versailles, de Fontainebleau, de l'Elysée, du Louvre et des Tuileriesles résidences souveraines de Lacken , d'Anvers , de Brulh, de Mayence , de Strasbourg , de Rome , de Florence, de Venise, etc. C'est à Fontaine et Percier qu'on doit le dégagement du château des Tuileries, le percement de la rue de Rivoli, la fontaine de Desaix, place Dauphine, qui mérita le prix décennal d'architecture en 1 8 1 o -, le grand escalier du Musée, malheureusement détruit dans ces dernières années -, l'Arc de Triomphe du Carrousel. Mais le plus vaste plan qui ait occupé l'imagination de ces artistes fut sans doute celui de cette résidence impériale qu'on voulut élever d'abord à Lyon, dans le faubourg de Perrache, et dont on fixa ensuite la place sur les hauteurs de Chaillot l. En 1 8 14, Percier, dont la santé était déjà altérée par sa longue assiduité au travail, et qui avait

1. Cette résidence gigantesque, semblable aux palais d'Orient, qui sont des villes, devait embrasser dans son immense enceinte toute la plaine de Passy et le bois de Boulogne, qui, étendu jusqu'aux rives de la Seine, en eut formé le grand parc. Elle allait toucher d'un côté à Passy, de l'autre à la porte Maillot et à l'Arc de Triomphe de l'Étoile. Le château de la Muette était transformé en vénerie, Bagatelle devenait un simple rendez-vous de chasse. De l'autre côté, le palais du roi de Rome se reliait avec l'École Militaire et les Invalides, atteignait Vaugirard et couvrait la plaine de Grenelle. Dans ce champ immense s'accumulaient des édifices de tous genres, archives de l'Etat, palais des Arts, palais de l'Université, des habitations pour les savants, les professeurs émérites et les hommes célèbres, etc. Et, par un mélange bizarre, à côté de ces monuments héroïques s'élevaient des bâtiments d'une destination beaucoup plus humble, des dépôts de sel et de tabac, des hôpitaux et des abattoirs; de telle sorte que, comme le dit Fontaine, le Gros-Caillou et la plaine de Grenelle seraient devenus la ville nouvelle et le quartier des monuments.

d'ailleurs acquis une assez belle fortune, renonça à la partie active de sa profession -, quant à Fontaine, il devint l'architecte de Louis XVIII, et fut chargé de continuer les grands travaux auxquels il avait pris part pendant le règne de Napoléon. Outre cela, il éleva à cette époque la Chapelle expiatoire de la rue d'Anjou. Sous le règne de Charles X, il fit le seul travail important qui fut entrepris dans le Louvre : la décoration de la galerie qui porte le nom de ce souverain, galerie dans laquelle furent placées les belles collections de vases grecs et d'antiquités égyptiennes. Fontaine, qui fut aussi, pendant la Restauration, l'architecte du duc d'Orléans, exécuta pour ce prince les travaux d'achèvement de la résidence du Palais- Royal; il construisit notamment la galerie vitrée transversale dite d'Orléans. Par ordre du roi Louis-Philippe, Fontaine éleva, sur l'une des terrasses qui existaient alors du côté du jardin, à droite et à gauche du pavillon de Philibert Delorme, une galerie destinée à former la cage du grand escalier d'honneur. De 1823 à 1827,11 construisit l'Hôtel-Dieu de Pontoise, sa ville natale. Quant aux autres travaux, très-nombreux, qui occupèrent son activité pendant le règne de Louis-Philippe, il serait bien difficile d'en donner la liste. Ce sont des restaurations de résidences royales, des appropriations d'appartements, des adjonctions, des réparations à Versailles, aux Tuileries, à Saint-Cloud , etc. Fontaine et Percier ont laissé plusieurs publications dont voici les titres : « Palais, Maisons et autres Édifices de Rome moderne », publiés à Paris (par Percier, Fontaine et Bernier), 1802. Grand in-fol., 75 pi. — « Choix des plus célèbres Maisons de plaisance de Rome et de ses environs » , mesurées et dessinées par Ch. Percier et Fontaine. Paris, 1 809-1813. Gr. in-fol., 65 pi. — « Recueil de décorations intérieures, concernant tout ce qui a rapport à l'ameublement ».... Paris, les auteurs, 181 2. In-fol., 48 pi. — « Description des cérémonies et des fêtes qui ont eu lieu pour le

couronnement de LL. MM. Napoléon, empereur des Français, roi d'Italie, et Joséphine, son auguste épouse. » — « Recueil de décorations exécutées dans l'église Notre-Dame de Paris et au Champ de Mars , d'après les dessins et sous la direction de C.Percieret P.-F.-L. Fontaine, architecte de l'empereur. » Paris, Leblanc, 1807. 1 vol. gr. in-fol.,fig. — « Description des cérémonies et fêtes qui ont eu lieu pour le mariage de S. M. l'empereur Napoléon avec S. A. I. Madame l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche », par Charles Percier et P.-F.-L. Fontaine. Paris, 1810. 1 vol.in-fol.,fig. — « Résidences des souverains. Parallèle entre plusieurs résidences de souverains de France, d'Allemagne, de Suède, de Russie, d'Espagne et d'Italie », par C. Percier et Fontaine. Paris, i833. In-40 et atlas in-fol. de 38 pi. — « Histoire du Palais- Royal », par P. -F. Fontaine. In-40, 61 pi. — Fontaine avait été élu membre de l'Institut en 181 1 ; il fut, la même année, nommé chevalier de la Légion d'honneur. Le gouvernement de la Restauration le fit officier du même ordre et lui donna le cordon de Saint-Michel ; le roi Louis-Philippe le fit commandeur. Il était de presque toutes les Académies de l'Europe. Il mourut à Paris, le 10 octobre i853, âgé de quatre-vingtonze ans. (F. Halévy, Not. sur Fontaine. — Delescluze, Pierre Fontaine. — Brunet, Man. du libr.)

FONTANT (Antoine) fut, au XVIe siècle, l'architecte du château de la Rochefoucault (Charente). C'est à lui, notamment, que sont dues les deux portes et un escalier monumental qui peut être comparé à ceux de Chambord et de Blois. Les marches de cet escalier, au nombre de cent huit, portent leur noyau, lequel est orné de moulures en spirale. Sur la balustrade de la dernière marche se trouve sculpté le buste de l'artiste avec le millésime de 1 538. Cette figure tient devant elle, par les deux ailes, un oiseau dont elle semble vouloir

retenir le vol. Dans un cartouche voisin du buste , l'auteur a tracé au pinceau sa signature, A. FONTANT, laquelle devait, vraisemblablement, être gravée. Dans un autre cartouche, au-dessus de la porte d'entrée, on lit la date de i528; d'où il faut conclure que cet escalier aurait coûté dix ans de travail. Sur la cour, une galerie à jour, qui règne à tous les étages , est citée pour son élégance et la hardiesse de sa construction. (L'abbé Michon, Statist. mon. de la Charente.)

FONTENAY (Courrat de; est cité, en août 1 334, dans une lettre de Philippe de Valois permettant aux Blancs- Manteaux, de Paris, de percer sur un certain point le mur de la ville et d'y faire établir une porte. Il est qualifié dans cette pièce : « maître de nos œuvres » ou « maçon notre seigneur le Roy ». (Lobineau,t. III.)

PORTIER (Benoit de). Robert de Cotte ayant eu à exécuter de grands travaux pour l'Electeur de Cologne Joseph- Clément, B. de Fortier fut désigné par lui, en février 1 7 1 5 , pour aller à Bonn conduire ces travaux. Mais des difficultés s'étant élevées entre lui et l'Électeur, il fut remplacé, en 17 16, par un autre architecte français. On retrouve plus tard Benoît de Fortier en Bourgogne, à Auxerre d'abord, où, bien qu'établi à Paris, il fut appelé pour des travaux projetés à l'abbaye de Saint-Germain- il fut chargé aussi de visiter les bâtiments de l'abbaye de Reignes et de reconstruire l'église de ce monastère. Des travaux fureur cgalement exécutés par lui à l'église de Lacy-sur- Yonne. (Dussieux , Art.fr. — Quantin, Invent.)

FOUQUET (Jean), architecte de Rouen, travailla au château de Gaillon. En 1 5o3, il fut envoyé de Gaillon à Rouen,

pour visiter les « besongnes monseigneur » (les travaux que le cardinal d'Amboise faisait exécuter à son manoir épiscopal). On le trouve encore à Gaillon en i5o8, et son nom est toujours associé à celui de son confrère Guillaume Senault. (Deville, Compt. de Gaillon.)

FOURCY (Jean), architecte au bailliage de Vitry, fut commis le 2i^mai 1400, par le duc d'Orléans Louis Ier, pour « gouverner les ouvrages de maçonnerie de son chastelde Château-Thierry, de sa maison de Jangonne et des autres lieux où il fera travailler en sa chatellenie de Château -Thierry » . (De la Borde, Ducs de Bourg.)

FOURNIER (Fleurent ou Florent). D'après les anciens registres de la ville de Paris, il était, en 1 584, « juré du roy es offices de maçonnerie ». Il fut vraisemblablement le père de Louis Fournier. (Berty, Les Gr. Arch.)

FOURNIER (Isaie)1 fut à la fois graveur et architecte. Il est l'auteur d'un médaillon de Henri IV gravé par Thomas de Leu et d'un portrait de Marie de Médicis reproduit par le même artiste. Le 25 février 1602 il assista, en qualité d'architecte du roi, à une réunion d'artistes appelés à donner leur avis sur un projet de réservoir à établir aux halles. Il fut un des maîtres maçons qui, en 1600, s'associèrent pour bâtir la seconde moitié de la Grande Galerie du Louvre. On présume

1. Cet artiste pourrait bien être le frère du suivant, cependant il ne serait pas impossible qu'Isaïe et Louis ne fissent qu'un, c'est-à-dire que les deux prénoms aient appartenu au même personnage. Cette question n'est pas résolue; elle a été étudiée à fond par Berty d'abord, ensuite par M. Legrand, et ni l'un ni l'autre de ces érudits n'a osé conclure Je fais comme eux.

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que c'est lui qui construisit, en collaboration avec Jean Coin, l'étage supérieur de la Petite Galerie. (Sauvai. — Clarac. — Bertyet Legrand.)

FOURN 1ER (Louis), juré du roi en l'office de maçonnerie, fut assigné au Châtelet, au mois de juin 1607, à propos d'une maison, sise près la tour de Nesle, qu'il avait reçu l'ordre de démolir pendant le siège de Paris, et le 3 juillet suivant il fut choisi comme arbitre, avec Pierre Chambiges, par les maîtres de l'hôpital du Saint-Esprit. On le retrouve dans une autre expertise au mois de février 161 5, et le 28 mai 16 14 il visita, en compagnie de plusieurs autres experts, une maison de la rue Hautefeuille. Dans l'assignation de 1607 se trouve aussi nommé « Jehan Coing, maistre maçon de Paris ». (Sauvai. — Clarac. — Berty et Legrand.)

FRAMRIE, FRANCRÉE, FRAINRIE, ou FRANCRIE (Jacques) était, en 1446, maître des ouvrages de la duchesse d'Orléans et de Milan, comtesse de Blois. Dans une pièce conservée aux archives municipales de Blois, il certifie qu'il a « esté délibéré et ordonné estre fait et ediffié au chastel des Montils, entre les murs de la grant salle et la muraille de la forteresse, quatre chambres à cheminées, etc. ». (De la Borde, Ducs de Bourg.)

FRANC ART (J.) a publié un recueil d'architecture sous ce titre : « Diverses inventions de portes ». Paris, 1617. [Rens. part.)

FRANCHEVILLE (Pierre de).— V. FRANQUE- VILLE.

FRANCHOIS, maître des ouvrages de la ville de

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Bapaume, fut consulté, le 3o juin i53i, par les échevin, prévôt et mayeur de Béthune, sur les travaux à faire à Tune des entrées de la ville, à « la Porte des Fers ». Étaient présents à cette réunion Jean Reculé, maître des oeuvres de la ville, et le « maître bombardier ». (Rens. part.)

FRANGINE (Pierre)1 fut chargé en 1662, par Louis XIV, de la distribution des eaux de Versailles et construisit la célèbre grotte de Téthys, laquelle n'existe plus • elle devait être placée où se trouve aujourd'hui la chapelle du château. (Leroy, Rues de Versailles.)

FRANÇOIS (Bastien), « maistre masson de l'église Saint-Martin de Tours », ainsi qu'il est mentionné dans un acte du 3 décembre i5ii , publié par M. Leglay dans ses Analectes historiques, était petit-neveu par alliance de Michel Colombe. On lui attribue le cloître de la collégiale de Saint- Martin, dont la partie orientale subsiste encore. Il est l'auteur, avec son frère Martin François, de la jolie fontaine de Beaune, à Tours. (Grandmaison.)

FRANÇOIS (Gatien), architecte tourangeau comme le précédent, son contemporain et très-probablement son parent. Dans un acte du 6 mai i52i , reçu chez un notaire de Tours, il est qualifié de « maistre des oeuvres de maczonnerie,

1. Cet artiste fut probablement fils ou neveu d'Alexandre Francini, Florentin, qui vint s'établir en France au commencement du XVIIe siècle et qui fut ingénieur du roi Henri IV. Alex. Francini, ou Francine, travailla à Fontainebleau, où il fit un canal et une fontaine. On a de lui un recueil dont voici le titre : « Livre d'architecture contenant plusieurs portiques et différentes inventions dans les cinq ordres de colonnes. » Paris, i63i. Si je ne parle qu'incidemment de ce premier Francine, c'est qu'il n'est pas Français.

charpenteiye et couverture pour le Roy ». En i53y on le trouve associe à Jérôme délia Robbia, dans la direction des travaux du château du bois de Boulogne , dit château de Madrid '. Il avait succédé à Pierre Gadyer. G. François a travaillé pendant trente ans au moins au château de Madrid, car son nom ligure encore en 1 56 1 dans les comptes de cet édifice. (De la Borde, Château de M. — Grandmaison.)

FRANÇOIS (Jean). A la date du 4 octobre 1 5 15, les marguilliers de la paroisse Saint-Alpais, à Melun, passèrent un marché avec « honneste personne Jehan François, maistre maçon et tailleur de pierres, demourant au dict Melun, pour luy et en son nom d'aultre part ». Il s'agissait de l'achèvement de Téglise de Saint-Alpais, dont le chœur avait été exécuté par Jean de Félin de i5o6 à i52o, et, notamment, de « monter de la hauteur du chœur les deux pans de la nef d'icelle église ». [Rev. des Soc. sav., 3e série, t. IV.)

FRANÇOIS (Jean), fils de Gatien François, parait, en i552, comme « maistre des œuvres pour le roy en Touraine ». Il fut chargé à cette époque de visiter les travaux exécutés dans la Loire, le long de l'île F Huissier, aujourd'hui l'île

1 . Dans le Château du bois de Boulogne, du comte de la Borde, la forme du prénom de cet artiste est un peu altérée : il est devenu Gratian et Gratiam François, mais il n'y a pas à s'y méprendre, c'est bien du même personnage qu'il s'agit. Gatien est un prénom tourangeau; c'est celui du saint apôtre qui porta le christianisme dans la troisième Lyonnaise. Quant au nom de François, il fut porté par toute une famille d'artistes de Tours à l'époque de la Renaissance. Gatien François, bien qu'il figure dans l'acte de i52i, ne paraît pas avoir travaillé dans sa ville natale, et cette qualité de maître maçon ou d'architecte du roi explique suffisamment, il me semble, sa présence au château du bois de Boulogne.

Aucard. Il succéda à son père dans la direction des travaux du château de Madrid, en 1 554. Dans un compte de cette dernière année , il est mentionné ainsi qu'il suit : « A Jehan François, maistre maçon, la somme de 5o livres, pour ouvrages de maçonnerie par lui faits au chasteau de Boullongne ». En 1 586 il était maître des œuvres de maçonnerie et grand voyer pour le roi au pays et duché de Touraine. Il assista, en cette qualité, à la réception des œuvres des parcs de Chisseau et de Civray l. La même année, le 23 août, il fut requis par le sieur de la Vallière, maître d'hôtel de la reine Catherine de Médicis, pour examiner, toiser et estimer des ouvrages exécutés au château de Chenonceaux. (Grandmaison. — L'abbé Chevalier, Archiv.)

FRANÇOIS (Isaac), fils du précédent, fut comme son père grand voyer de Touraine. Il était aussi architecte de la duchesse de Bar. On lui doit la première carte géographique de la province. Il mourut en 1649 et laissa un fils, Simon François, peintre distingué. (Chalmel, Hist. de Touraine. — Grandmaison.)

FRANÇOIS (Martin), de la même famille que les précédents, fut un des architectes de la cathédrale de Tours. Il est probablement l'auteur du couronnement de la tour du nord de cet édifice, laquelle fut achevée en i5oy, ainsi que nous l'apprend l'inscription suivante, qui se lit encore sous la

1. M. Grandmaison dit que le Jean François de 1 586 était très-probablement le fils de celui qui travaillait au château de Madrid en i554, car, ajoute-t-il, ce dernier devait avoir cessé de vivre ou au moins d'exercer en i586. Mais, à mon avis, l'écart de trente-quatre ans qui existe entre ces deux dates, 1 552- 1 586, n'est pas assez grand pour qu'on soit obligé d'avoir recours à cette hypothèse. Rien ne s'oppose à ce que le Jean François de 1 586 soit le même que celui de 1 552.

276 DICTIONNAIRK

voûte du dôme de cette tour : « l'an m ccccc vu, fut faict ce

NOBLE ET GLORIEUX EDIFICE. — A DOMINO FACTUM EST ISTUD ET EST MIRABILE IN OCULIS NOSTRIS. » En 1 5 1 5 il TCÇUt la

somme de six cent trente livres tournois , pour avoir fait « la voulseure de troys arches aux grans ponts de Loire de ceste d. ville (de Tours) ». Il est, avec son frère Bastien François, Fauteur de la fontaine de Beaune, à Tours. En 1524 Jean Texier, dit de Beauce, lui transféra un marché passé par lui pour la construction de l'église de Marchenoirlez-Blois. (Art. Orléanais. — Grandmaison.)

FRANKELEU (Jean), dit TEMPLE, maître des œuvres du roi au bailliage de Caen, certifia le 10 juillet 1443, devant Guillaume Caudebec, tabellion à Caen, une fourniture de plâtre faite pour les « reparacions du chaste! de Caen ». (De la Borde, Ducs de Bourg.)

FRANQUE (François), fils de Jean-Baptiste, naquit à Avignon dans les premières années du XVIIIe siècle. Il habitait encore cette ville en 172g, mais il vint à Paris vers 1730. On lui doit la construction du château de Magnanville et du séminaire de Bourges, et l'achèvement de l'église de l'abbaye de Port- Royal , à Paris , laquelle avait été commencée en 1749 par Contant. Il fut admis à l'Académie d'architecture le i5 septembre 1 756 x • il vivait encore à la fin de Tannée 1771. (Legrand et Landon. — Arch. de Vartfr., 2e série, t. IL — Recueil mss.)

1. Je possède une lettre de Franque portant la date du 24 décembre 1771. Dans cette lettre il adresse à son correspondant des remerciements sur sa promotion à la première classe de l'Académie, laquelle promotion datait du 22 du même mois.

FRANQUE (Jean-Baptiste), architecte de la ville d'Avignon, né en i683, mort en 1758. Il construisit à Avignon le séminaire Saint-Charles, des marchés, des hôpitaux, des monastères, des hôtels, des maisons, etc. Vers 1730, il fut chargé de la reconstruction de l'abbaye de Montmajour. (Dargenville.)

FRANQUEVILLE (Michel de), abbé, dirigea la reconstruction du chœur de l'église de Gergy, à Valenciennes, dont la première pierre fut posée le 24 avril 1542, par l'évêque Robert de Croy. (Leroy, Arch. hist.)

FRANQUEVILLE, ou FRANGHEVILLE

(Pierre de), architecte, peintre et sculpteur, né à Cambrai en 1 553, mort à Paris le 25 août 161 5 ', éleva sur ses dessins, à Pise, le Palais public. Plus tard, en 1604, Henri IV, dont il était le premier sculpteur , le chargea de faire le modèle de la statue équestre qui devait être élevée sur le Pont-Neuf, à Paris , à la gloire du roi. Ce modèle fut envoyé à Jean de Bologne, qui devait l'exécuter en grand et le couler en bronze; J. de Bologne étant mort en 1608 , ce travail fut achevé par Pierre Tacca, son élève, et le monument inauguré en 161 5. (Recueil mss. — Jal, Dict. crit. — E. Fournier, Hist. du Pont-Neuf.)

FRAULER (Jean), maître des œuvres de la ville de Strasbourg en i554, et grand maître de la fameuse confrérie strasbourgeoise des tailleurs de pierre. Il est le plus ancien en

1. Voici un extrait de son acte mortuaire, relevé sur les registres de la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois : « Le mardy 26e jour d'aoust 161 5, le conuoi de Pierre Franqueville, architecte du Roy, pris aux galleries du Louure. »

date d'une famille d'artistes ou de maîtres d'œuvres dont le nom se retrouve jusqu'à la fin du XVIIe siècle. (Schnéegans, Maîtres ci œuvres.)

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