‹ Dictionnaire des architectes françaisChapitre 82 sur 85 · HARDOUIN MANSART. — V. MANSART · texte numérisé non relu

HARDOUIN MANSART. — V. MANSART

HARDOUIN (Michel), père du précédent et frère de Jules Hardouin Mansart, fut architecte du roi, contrôleur des bâtiments, jardins, arts et manufactures de France1.

HARDOUIN (Pierre), « maître sculpteur et architecte de Rouen », est mentionné, à la date de 1625, dans des pièces conservées aux archives municipales de Rouen. (Rev. des Soc. sav.^ t. II.)

1. On ignore la date de sa naissance, mais on sait qu'il eut deux femmes : la première, Nicolle-Geneviève Nanteuil, qu'il épousa le 29 décembre 1667 et qui mourut en 1676; la seconde (en 1677), Marie- Radegonde Hinard, sœur de Pierre H., architecte du roi, et qui mourut en 1731, âgée de quatre-vingts ans. (Jal, Dict. crit.)

DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 35i

HARLAY (Gilles de). On trouve dans un épitaphier de la Bibliothèque nationale l'inscription suivante : « Cy gist honorable homme Gilles de Harlay, en son vivant maître masson, juré du roy en l'office de massonnerie, lequel décéda le 24febvrier 1579. »

H ARM AN D . Sur la plus haute lucarne du clocher vieux de la cathédrale de Chartres, du côté nord, on lit l'inscription suivante : « harmandus i i 64 ndd. » On suppose que ce nom est celui de l'architecte qui éleva la belle pyramide de ce clocher, mais il est impossible de l'affirmer. (L'abbé Bulteau.)

HAROU-ROMAIN (Romain), fils d'architecte, naquit à Paris en 1797. Son père, ami et condisciple de Percier, obtint le deuxième grand prix d'architecture en 1788. Harou- Romain, qui s'était fait recevoir à l'Ecole polytechnique, quitta cette école lors des événements de 1 8 1 5 et étudia l'architecture. A la mort de son père, qui était architecte du département du Calvados, il hérita de ces fonctions, qui lui valurent de construire, de 1820 à i83o, la maison centrale de Beaulieu (banlieue de Caen). Ce fut pour lui l'occasion et le point de départ d'une étude approfondie des établissements pénitentiaires, étude à laquelle le reste de sa vie fut presque exclusivement consacré. Il était partisan du régime de la séparation des condamnés, et il avait adopté le système rayonnant pour la surveillance non-seulement des corridors d'une prison, mais de chaque cellule. Sa prison, proprement dite, occupait la circonférence d'un plan circulaire, avec un gardien-chef au centre. En 1840 il fut chargé, avec Blouet et Horeau, par le ministre de l'intérieur, de rédiger des instructions pour la construction en province des maisons d'arrêt et de justice, selon le régime cellulaire. En 1 85 o il fut nommé architecte diocésain

d'Alger et lit, pour son diocèse, un projet de grand séminaire. Il mourut à Caen le 22 avril 1866 '. {/{eus. part.)

HAU BERAT. Robert de Cotte ayant été chargé de nom -

j. J'ai connu Harou-Romain à Cologne, en 184G. Nous étions un jour tous deux en face de l'église des Saints-Apôtres, occupés à dessiner et préoccupés en même temps de nous-mêmes, lorsque, flairant en moi un architecte, et peut-être un compatriote, il m'aborda et me tendit la main. La connaissance fut bientôt faite. Plus tard nous nous retrouvâmes aux réunions de la Société centrale des architectes; c'était après 1848, à un de ces moments où les idées de réforme et de progrès sont à l'ordre du jour. Il venait de provoquer, de la part de la Société, une étude sur l'assainissement des logements insalubres; une commission fut élue à ce sujet et nous fûmes appelés tous deux à en faire partie. Une bonne occasion s'offrait ainsi à nous de faire plus ample connaissance et d'entamer des relations plus suivies. Je n'eus qu'à m'en féliciter. Pauvre Harou-Romain, quelle bonne et généreuse nature était la sienne! Intelligent, instruit, lettré, plein de jeunesse encore et d'enthousiasme, sa plus grande passion, après celle de la famille, était l'amour du bien et du beau, et cette passion devait lui coûter cher. Nous étions alors, à la Société centrale des architectes, un petit groupe de bons camarades, dont les âges ne s'accordaient guère, dont les tendances d'esprit différaient sans doute, mais qu'unissait fortement un lien commun : les bonnes intentions. Sans parler d'Harou-Romain, il y avait là Garnaud, Constant-Dufeux, Gounod, Danjoy, Le Poitevin, Horeau, nos aînés, les vieïix, comme nous les appelions irrévérencieusement, mais qui étaient pleins de jeunesse par les illusions qu'ils avaient conservées. Parmi les plus jeunes par l'âge se trouvait Achille Lucas, le malin et bouillant Achille, esprit net et pratique, dont le bon sens ramenait, toujours en riant, à la réalité les vieux enthousiastes, mais, hélas ! pour un temps seulement; témoin cet incorrigible Harou-Romain, qui dépensa généreusement trente ans de sa vie au triomphe de la réforme pénitentiaire, et qui n'arriva qu'à ce triste résultat: la ruine, car il avait follement sacrifié les affaires lucratives à l'étude de cette question. On le voit, les excellentes qualités de cet honnête homme lui furent plus funestes qu'à tant d'autres leurs défauts !

breux travaux pour l'Électeur de Cologne Joseph-Clément, il envoya de Paris plusieurs architectes pour conduire ces travaux. Au nombre de ces artistes se trouvait Hauberat, qui arriva à Bonn en juillet 17 16, et fut nommé en 1721 intendant des bâtiments de l'Électeur et conseiller à la Cour des finances. (Dussieux.)

HAUDEBOURTa publié avec Suys le « Palais Massimi à Rome ». Paris , 1 8 18 ; et seul « Le Laurentin, maison de campagne de Pline le Jeune, restitué d'après la description de Pline. » Paris , 1 838, gr. in-8°.

HAUDRÉCIES (Colard de) fut appelé en 1496 à Saint- Orner, pour donner son avis sur la restauration du vieux clocher de l'église Notre-Dame. En i5o3 il se rendit à Amiens, afin de se consulter avec son confrère Tarisel sur les travaux de consolidation à entreprendre à la cathédrale de cette ville ' . (Goze, Rues d'Amiens. — Hermand, Époques.)

HAUTECLOQUE (Charles de) était en i53g maître des œuvres de la ville d'Arras, et remplissait en i53y les mêmes fonctions pour la ville d'Aire. (Mélicocq, Art. du

Nord.)

HAYENEUVE (Simon), dit Simon du Mans, né à Châteaugontier (Mayenne) en 1450. Geoffroy Tory dit de lui dans son Champ-Fleurj : « Il est très-excellent en ordonnance d'architecture antique, comme on peut voir en mille

i. M. Goze pense que Colard était natif d'Autrèches, canton d'Attichy (Aisne). Il me paraît plus naturel de croire qu'il était originaire de Flaumont-et-Waudrechies, commune du département du Nord située sur l'Helpe-Majeure, dans l'arrondissement d'Avesnes.

beaux et bons desseings et portraietz qu'il a faietz en la noble

cité du Mans et a maint estrangicr Il est homme d'église

et de bonne vie, amyable et serviable a tous en désseings et pourtraietz au vray antique, les quelz il faict si bons que, si Victruvc et Lyon Baptiste Albert vivoient, ils lui donneroient la palme par dessus iceux de delà les monts. » Il fut curé de Saint- Pater et demeurait ordinairement en l'abbaye de Saint- Vincent, au faubourg du Mans. Il s'y était retiré en i5o6, et, après un séjour de quarante années, il y mourut le 1 1 juillet 1546, à l'âge de quatre-vingt-seize ans. (La Croix du Maine, Bibl.fr. — Montaiglon, Not. sur J. Pèlerin.)

HAZON (Michel- Barthélémy), d'abord avocat au Parlement, étudia l'architecture et remporta le deuxième grand prix de l'Académie en 1745. Ayant obtenu un brevet d'élève de l'École de Rome, il partit pour cette ville en 1746 et y séjourna trois ans l. A son retour, le 3 octobre 174g, il fut mis en possession de la charge d1 « Intendant et ordonnateur des bâtiments, jardins, arts et manufactures du roi ». Cette charge avait été acquise par Hazon en conséquence de la démission de Robert-Philippe de la Motte, qui en était précédemment pourvu. Il fut aussi contrôleur des travaux de l'École royale militaire sous J.-A. Gabriel. Hazon fut admis à l'Académie d'architecture en 1756, en remplacement de Billaudel, promu

1. Detroy, directeur de l'Académie de France, écrivait le i5 janvier 174g à M. de Tournehem, intendant des bâtiments du roi : « Le Sr Hason, qui est ici depuis trois ans, est rappelé à Paris par ses parents. Il a employé le temps avec beaucoup d'application et de progrès, et une plus longue demeure ne lui seroit plus d'aucune utilité. » Hazon n'avait eu que le second prix; le grand prix avait été remporté par Petitot; néanmoins ce fut Hazon qui partit pour Rome. On sait qu'alors la pension n'était pas de droit, comme aujourd'hui, attachée au grand prix. [Ga%. des Beaux-Arts, 2e série, t. II.)

à la première classe. Il vivait encore en 1795 '. — V.Sedaine, note.

HECKLER (Jean-Georges), L'un des architectes de la cathédrale de Strasbourg, construisit en 1654 la partie supérieure de la flèche. (Schnéegans.)

HEINTZ. —V. ENSINGEN (Ulric d').

HELLEBUCERNE2 (Robert de). En 1406 il fut appelé à Rouen avec plusieurs autres architectes pour constater Fétat d'avancement des travaux entrepris à la porte Martainville et laissés inachevés par la mort de l'entrepreneur. En 1410, Jenson Salvart ayant été chargé de la reconstruction de la maison ou chambre des chevaliers du château de Tancar-

1. Je possède l'original d'un certificat de don d'une maison fait en sa faveur, lequel est signé de M. d'Angivillers, alors directeur et ordonnateur des bâtiments du roi. Voici un extrait de cette pièce : « Nous, etc., ... certifions que le Roi, voulant traiter favorablement le S. Barthélémy-Michel Hazon, intendant de ses bâtiments, de l'Académie Royale d'architecture, Sa Majesté lui a accordé la jouissance de la petite maison à elle appartenant rue Saint-Vincent, culde-sac des Tuilleries, à Paris, vacante par le décès du Sr L'Ecuyer, à qui elle avoit été concédée par brevet du 22 mars 1746; pour, le d. Sr Hazon, en jouir sa vie durant seulement, ainsi qu'elle se poursuit et comporte, etc. » Cette maison était élevée de quatre étages sur rez-de-chaussée ; les plans de chacun des étages sont joints au certificat.

2. Dans ses Recherches historiques sur Rouen. M. Ch. Richard mentionne l'expertise dont il s'agit ici, d'après le procès-verbal conservé aux archives de la ville, mais il a mal lu le nom de cet architecte, ou plutôt il n'a pas pu le reconnaître dans celui de Hellebufne, qui ne serait évidemment qu'une abréviation mal écrite sur la pièce originale du vrai nom de Hellebucerne.

ville, un marche fut passé pour l'exécution des travaux avec un maître maçon nommé Jehan Hornille et en présence de « maistre Robert de Hcllebucerne, mestre des œuvres de la ville de Paris, et de maistre Jensson Salvart, mestre des œuvres du comte de Tancarville ». En 141 1 il fut nommé « maître de maçonnerie » de la ville de Paris, et il y a apparence qu'il exerça ces fonctions jusqu'en 143 1, époque à laquelle Jean James lui succéda. Cette année 143 1 est peut-être celle de sa mort. (Deville, Chat, de Tancarville. — Leroux deL., Hôtel de ville.)

HELIN (Pierre), de Versailles, élève de Loriot, obtint le grand prix d'architecture en 1 754, sur ce sujet de concours : « Un Salon des arts », et reçut son brevet d'élève de l'Ecole de Rome le 12 mai 1756. Il éleva à Paris, rue du Bac, l'église de la Visitation des Dames de Sainte-Marie, dont la première pierre fut posée par la reine Marie Leczinska le 3o octobre 1775. (Lazare, Rues de Patois. — Rens. part.)

HENRI. Le premier maître maçon ou architecte dont le nom se trouve dans les anciens comptes des travaux de la cathédrale de Troyes ( 1293- 1297) est celui de cet architecte, mais on n'est pas autrement renseigné sur son œuvre. (Pigeotte, Cath. de Troyes.)

HENRI ET. Colomban s'étant engagé à entreprendre « l'élévation de la plate-forme de l'église de Brou, mesmement touchant la sépulture des deux princesses », cet acte fut passé « avec l'advis et en la présence de maistre Henriet et maistre Jean de Lorraine, tous deux grants ouvriers en l'art de massonnerie ». Maître Henriet travailla aussi à l'église Saint-Jean, de Lyon. (Dufay, Not.'sur les doc. trouvés dans les arch.de la Ch. des comptes de Lille concern. l'égi. de Brou.)

HÉRAULT (Gilles), « architecte et conducteur des bastimens de Monseigneur TEminentissime cardinal de Richelieu ». C'est ainsi qu'il est qualifié dans le contrat de mariage de son'fils Bertrand Hérault ', secrétaire de la chambre du roi. Cet acte est du 1 1 juin 1640; à cette époque Gilles Hérault était mort.

HERBECOURT (Robert de). Il exécuta en 1 333 des travaux pour le duc de Normandie « es châteaux et manoirs de la vicomte de Gisors ». (Arch. Joursanlvault, n° 3568.)

HÉRÉ DE CORNY (Emmanuel) naquit à Nancy le 12 octobre 1705. Après avoir exécuté, dans sa ville natale et aux environs, de nombreux travaux, il fut nommé en 1750, par Stanislas, son conseiller et contrôleur général ancien des domaines et bois ; de plus le roi, voulant donner à son premier architecte une plus haute récompense, l'annoblit, lui et sa descendance, le i5 septembre 1 75 1 . Héré fut en outre décoré par Louis XV du cordon de Saint-Michel. Les principaux édifices construits par cet architecte sont les suivants : les tours, l'horloge et la tribune des orgues de l'église Saint-Remy , de Lunéville ; dans les jardins du château de Lunéville, le pavillon et la cascade du canal ; le kiosque du côté de l'entrée-, le pavillon nommé le Treffle, en face du rocher* le rocher en bas de la terrasse ; la ménagerie du roi \ le pavillon royal de Chanteheux ; le château de la Malgrange ; les écuries du château de Commercy; la colonnade hydraulique du pont-canal du même château; le pavillon royal à l'extrémité du canal de Commercy ; la fontaine royale dans le parc du château de Commercy; la galerie du château d'Einville; l'église de Bon-Secours et le couvent des Minimes, dans le faubourg Saint-Pierre, de

Page 1