Je possède la minute originale de ce contrat de mariage
Nancy; un bâtiment servant de logement aux orphelins, dans les terrains de l'hôpital Saint-Julien, de la même ville-, l'hôtel des Carmes de Lunéville. Les bâtiments de la place royale de Nancy, qui comprennent: i° l'Hôtel de ville; 2° L'hôtel des Fermes, devenu le Palais épiscopal; 3° l'hôtel Alliot; 40 l'hôtel de la Comédie; 5° le Collège royal des médecins; 6° l'hôtel Jacquet; 70 les maisons appelées aujourd'hui Trottoirs Stanislas ; 8° l'Arc de Triomphe ; 90 le piédestal de la statue de Louis XV. On doit aussi à Héré : les bâtiments de la place Carrière, de la même ville, qui comprennent le palais de l'Intendance, les pavillons, les portiques en fer à cheval avec arcs de triomphe dans le centre, les façades des maisons de la place, l'hôtel Consulaire et de la Bourse, le bâtiment côté de la terrasse du palais des Juridictions, où siège aujourd'hui la Cour d'appel; les hôtels de la place Saint-Stanislas, dite d'Alliance ; la fontaine au centre de cette place ; la Maison de la Charité, ordre de Saint- Jean-de-Dieu, rue Sainte-Catherine. A tous ces travaux il faut ajouter la décoration intérieure des châteaux de Lunéville et de Commercy; le pont d'Essey, sur la Meurthe, construit en 1749, et celui de Pont-Saint- Vincent, sur la Moselle, construit en 1752. Au nombre des productions de Héré il faut ajouter les ouvrages suivants : « Recueil (en deux vol. gr. atlas) des plans, élévations et coupes tant géométrales qu'en perspective, des châteaux, jardins et dépendances que le Roy de Pologne occupe en Lorraine, y compris les bâtiments qu'il a fait élever, ainsi que les changements considérables, les décorations et autres enrichissements qu'il a fait faire à ceux qui étaient déjà construits. » — « Plans et élévations de la Place Royale de Nancy et des édifices qui l'environnent, bâtie par les ordres du Roy de Pologne, duc de Lorraine, dédiés au Roy de France par Héré, premier architecte de Sa Majesté Polonaise. » Paris, 1^53. — « Recueil des fondations et établissements faits par le Roy de Pologne,
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 35o,
duc de Lorraine, » nouv. édition, augmentée et corrigée. Liinéville, 1762. 2 part, en 1 vol. Héré mourut à Lunéville, où il avait son domicile, dans une des ailes du château, le 2 février 1763, âgé de cinquante-sept ans. Son corps fut déposé dans le caveau des Carmes de cette ville. (P. Morey, Héré de Corny.)
HÉRENDEL (Pierre) fut maître des œuvres de maçonnerie du duc de Bourgogne Philippe [le Bon, dans la première moitié du XVe sièele. (Canat, Maîtres cT œuvres.)
HÉRICÉ exécuta vers 1728, à Bordeaux, la décoration de la place royale, dont les plans avaient été fournis par J.-J. Gabriel. (Archiv. hist. de la Gironde.)
HERLUIN. « Lors de la construction de l'abbaye du Bec, en io33, dit M. Abert Lenoir, Herluin,tout grand seigneur normand qu'il était, y travailla comme un simple maçon, portant sur le dos la chaux, le sable et la pierre. » (Lenoir, Arch. monast., t. Ier, p 37.)
HERMÈRE (Pierre). —V. LE MELEL.
H ERNON (Jean). Après la chute du pont Notre-Dame, à Paris (en i5oo), et lorsqu'il s'agit de sa reconstruction, il fut appelé en consultation avec d'autres architectes pour délibérer en présence des « commis au gouvernement de la ville de Paris », et indiquer le meilleur mode à employer pour cette reconstruction. (Leroux de L., Pont N.-D.)
HERVÉ, évêque de Tours, fut l'un des architectes de sa cathédrale. Son tombeau en bronze, qui existait dans cette église, fut détruit en 1767. (Ann. arch.)
HERVE BOULARl). En i 53o il construisit une fontaine au château de Nérac. (Raymond, Invent.)
HESDIN (Jean de). Les chanoines de l'église Notre- Dame de Saint-Omcr, voulant consulter les gens de l'art sur la restauration du vieux clocher de leur église, firent appeler en 1496 plusieurs maîtres d'eeuvres, parmi lesquels se trouvait Jean, « maître maçon de Hesdin ». (Hermand, Époques.)
HEURTIER (Jean -Franc 01 s), élève de Lécuyer, naquit à Paris le 6 mars 1739. Après avoir commencé ses études à Paris, il partit pour l'armée avec le marquis de Thiboutant, commandant général de l'artillerie, et fit deux campagnes : la première comme dessinateur de plans et de fortifications, la seconde en qualité d'aide de camp du général. Il se remit ensuite à l'architecture, mérita le grand prix au concours de 1765, et partit pour l'École de Rome en 1766. A son retour d'Italie il entra dans Y administration des bâtiments, à Versailles; il devint ensuite inspecteur du château, architecte du roi et inspecteur général de tous les bâtiments royaux. Il fut admis à l'Académie d'architecture le i3 mai 1776. Dans la même année il construisit le théâtre de la ville de Versailles pour Mlle de Montansier. En 1778 il éleva, dans la même ville, les deux grandes ailes qui accompagnent le corps de bâtiment principal de la Sous-Intendance. En 1782 il fut chargé de construire, à Paris, une nouvelle salle pour les comédiens italiens (aujourd'hui le théâtre de TOpéra-Comique) '. Pen-
1. La première idée de Heurtier avait [été de bâtir son théâtre en façade et en retraite sur le boulevard , c'est-à-dire que l'édifice eut occupé le terrain de la place actuelle, et cette place celui de l'édifice ; mais les chanteurs italiens, craignant qu'on ne confondît leur
dant la Révolution il resta attaché au château de Versailles. En 1804, il fut nommé commissaire -voyer de la ville de Paris ; en 1807, membre du Conseil des bâtiments civils J ; en 1809, architecte-inspecteur de la grande voirie. Peu après la création de T Institut, il en fut élu membre pour la section d'architecture de la classe des beaux-arts. Il mourut à Versailles, rue Porte-de-Buc, le 16 avril 1822, dans la maison qui porte
théâtre avec les petits spectacles , et qu'on ne les appelât comédiens de boulevard, s'opposèrent à ce projet, et il fut décidé que l'édifice projeté ferait volte-face.
1. C'est probablement en sa qualité de membre du Conseil des bâtiments civils que Heurtier fut consulté par un chef de service du ministère de l'intérieur, M. Fauchât, sur l'organisation de l'École des Beaux-Arts. Voici quelques extraits d'une lettre adressée par lui à ce fonctionnaire, à la date du i3 juin 1808 : « ...Je ne sache pas que rien ait été écrit sur l'instruction spéciale nécessaire à l'École des Beaux- Arts. Nous n'avons point d'école d'architecture, si l'on prend ce mot école dans le sens propre; mais nous avons tout ce qui est nécessaire pour en établir une telle qu'aucune autre chez nos voisins ne pourra rivaliser avec elle : professeurs habiles, bibliothèque complète, modèles, grands travaux de toute espèce; il ne faut que placer convenablement les hommes et les choses, qui aujourd'hui sont dans une extrême confusion, à peu près comme cela était à l'époque où Colbert est entré au ministère. L'instruction spéciale relative aux bâtiments civils , le régime des travaux publics et la grande voyerie sont trois objets de la plus haute importance et qui sollicitent aujourd'hui toute l'attention du ministre... Je proteste de nouveau de mon zèle pour concourir de tout mon pouvoir aux vues du ministre et au travail intéressant dont s'occupe M. Fauchât, mais avant il faut que je sache sur quelles bases ce travail doit être fait, afin que je puisse marcher avec assurance, sans craindre de faire fausse route. Je propose en conséquence à M. Fauchât d'établir, sous la dictée de Son Excellence, une série de questions principales, auxquelles je répondrai démon mieux... » Je possède l'original de cette lettre qu'on dirait
écrite d'hier.
aujourd'hui le n° 3. (Quatremère, Not. hisl. —Leroy, Rues de Versailles.)
HÉZELON. — V. EZELON.
H ILDUARD, religieux bénédictin de l'abbaye de Saint- Père, à Chartres, reconstruisit vers i i5o le chœur de l'église de son monastère. En fouillant pour asseoir la fondation du mur occidental de cette partie de l'édifice, il découvrit un caveau qui renfermait le corps de saint Gilduin -, Hilduard transporta ces restes dans une tombe en pierre devant l'autel de la chapelle Saint-Nicolas. Le chœur élevé par Hilduard fut reconstruit à la fin du règne de saint Louis. (L'abbé Bulteau.)
HINARD (Pierre), architecte du roi Louis XIV, vivait à la fin du XVIIe siècle. Sa sœur Marie épousa, le 25 août 1677, Michel Hardouin, architecte du roi, frère de Jules Hardouin Mansart. (Jal, Dict. crit.)
HITTORFF (Jacques-Ignace), né à Cologne le 20 août 1792, vint à Paris en 181 o et reçut de Bélanger ses premières leçons. En 1814, au retour des Bourbons, Bélanger ayant été rétabli dans ses fonctions d'architecte du roi pour les fêtes et cérémonies, Hittorff fut nommé inspecteur de ce service. Plus tard il succéda à son maître, et fut chargé, conjointement avec Lecointe, des cérémonies funèbres du prince de Condé, du duc de Berry et de Louis XVIII. Ces deux artistes furent aussi les architectes des fêtes du mariage du duc de Berry, du baptême du duc de Bordeaux et du sacre de Charles X, à Reims. C'est à la même collaboration qu'on doit le théâtre de F Ambigu-Comique. Les autres édifices construits à Paris par Hittorff sont les suivants : l'église Saint-
Vincent-de-Paul (en collaboration avec Le Père) , 1824-1844-, les embellissements de la place de la Concorde et des Champs- Elysées, 1833-1840; la Rotonde des Panoramas, dans les Champs-Elysées, 1 838-1 839-, le Cirque des Champs-Elysées, 1839- 1840; la caserne de Sapeurs -Pompiers établie dans l'ancien couvent des Bernardins, 1844-1846-, le tombeau de la comtesse Potocka et celui de la famille Le Père et Hittorff, au cimetière du Nord- la mairie du Panthéon, faisant pendant à l'Ecole de Droit, 1848-1851-, le Cirque du boulevard du Temple-, l'Ecole communale de la rue des Prêtres-Saint- Germain-1'A.uxerrois, 1 852- 1 854 -,1a maison Napoléon-Eugène fondée pour l'éducation de trois cents jeunes filles pauvres, i856 -, le projet des hôtels qui bordent le rond-point de l'Arc de Triomphe de l'Etoile-, le grand hôtel du Louvre (en collaboration avec MM. Armand, Pellechet etRohault de Fleury) • la mairie du Louvre et le presbytère de Saint-Germain-l'Auxerrois, 1857-1859-, le presbytère de l'église Saint-Vincent- de- Paul, 1859- 1860; la gare du chemin de fer du Nord, 1861i865. Hittorff a publié les ouvrages suivants : « Description des cérémonies et fêtes qui ont eu lieu pour le baptême de S. A. R. Monseigneur le duc de Bordeaux » (en collaboration avec Lecointe). Paris, 1827. — « Les antiquités inédites de l'Attique. » Paris, i832. — « Architecture moderne de la Sicile » (en collaboration avec Zanth). Paris, r 835. — « Description de la Rotonde du Panorama élevé aux Champs- Elysées. » Paris, 1842. — « Restitution du Temple d'EmpédocleàSélinunte, ou l'architecture polychrome chez les Grecs. » Paris, 1 85 1 . — « Architecture antique de la Sicile. » Paris, 1866- 1867. — Indépendamment de ces publications, Hittorff: est l'auteur d'un certain nombre de mémoires ou de rapports lus à l'Académie des Beaux-Arts, d'articles qui ont paru dans V Encyclopédie des gens du monde, de notices et de brochures concernant l'architecture ou l'archéologie. Il mourut à Paris,
le 25 mars 1867. (A. Normand, Not. hist. sur la vie et les ouv. de J.-I. Hittorff.)
HOGIER (Jacquemin), né à Commercy, mort àToul en 1446, selon certains historiens, et beaucoup plus tard, selon d'autres. On lui attribue l'érection des tours et du portail de la cathédrale de Toul. (Biogr. des hommes marq. de la Lorraine.)
HONNEGOURT (Vilard de).— V. VILARD DE HONNECOURT.
HONNET (Pierre). Dans les premières années du XVIe siècle il construisit, avec Pierre Jhanson, le cloître du monastère de Montier-la-Celle, à Troyes. (Grosley,, Ephémérides.)
HOTELS (Pierre des). — V. DES HOTELS
(Pierre).
HOULLET (Jean) reçut en i522 un angelot d'or valant lxvi sous, pour avoir « montré, enseigné et marqué les lieux pour faire aucunes batteries de terre sur la muraille (à Béthune). Il était qualifié de serviteur domestique et maistre des œuvres des pays de l'empereur. On sait qu'une partie du nord de la France appartenait alors à l'Autriche. (Mélicocq, Art. du Nord.)
HO Y AU commença en 1610, à la cathédrale du Mans, des travaux de restauration qui durèrent trois ans. Il éleva à la même époque, dans cette cathédrale, un jubé séparant, comme toujours, le chœur de la nef. Cet ouvrage fut détruit en 1 76g,
par ordre de l'évêque Grimaldi l . On se servit des matériaux en provenant pour construire la porte de la sacristie et deux autels. (L'abbé Voisin, N.-D. du Mans. — Hucher, Le Jubé du Card. de Luxembourg.)
HUAU (Pierre) construisit, à l'entrée du monastère de Beaumont-lez-Tours , deux pavillons dont les plans avaient été dressés par don Luis, religieux feuillant. La première pierre de ces bâtiments fut posée par la grande Mademoiselle (Anne-Marie-Louise, fille aînée du duc d'Orléans), le 18 juillet i653. Cette première pierre, dit le procès- verbal de la cérémonie, « qui est l'angle du premier pavillon, et le lieu estant bénist et aspergé d'eau béniste par tous les fondements, luy fut présenté un tablier de toile baptiste avec point de Gênes, la petite truelle et marteau d'argent par Me Pierre Huau, Me architecte et entrepreneur du bastiment. Elle mist du mortier et donna deux ou trois coups sur la pierre d'un demy bloc... » (Grandmaison.)
HUBERT (Auguste), élève de Peyre le Jeune, obtint le grand prix d'architecture en 1784, sur « un Lazaret », et partit la même année pour l'Italie. Il fut, de 1793 à 1795, avec le peintre David, ordonnateur des fêtes nationales, et exécuta sous le premier empire des travaux de restauration dans l'église de la Sorbonne 2. ( Ga\. des Beaux-Arts, t. VIL)
1. Cet évêque, homme de goût, trouva, non sans raison, que cette construction masquait la beauté du chœur de sa cathédrale. On sait que le chœur du Mans est particulièrement cité pour son admirable ordonnance. Cette démolition fut donc un bienfait pour le monument.
2. Je possède d'Hubert une lettre autographe non signée, adressée de Rome, en 1786, à un jeune architecte de Paris nommé Corcelles.
HUE (Pierre) construisit à Orléans la nouvelle chapelle du couvent des Bénédictines, laquelle fut consacrée en 1760. Il eut pour collaborateur Gabriel Lechartier. (De Buzonnière.)
H U EL IN (Jean), l'un des maîtres des œuvres du duc de Bourgogne Philippe le Bon. Par une quittance datée du 4 février 1447, conservée aux archives de Lille, Huelin et
Cette lettre est curieuse en ce que, datant Je près d'un siècle, on la croirait écrite hier, tant il est vrai que l'esprit d'atelier, toujours rajeuni comme l'atelier lui-même, vieillit difficilement. Voici cette lettre : « Mon cher ami, Fontaine et moi avons appris que tu es reçu, ainsi que Percier et Bonnard ; cela nous a fait grand plaisir. Fontaine dit : Que le bon Dieu vous préserve de la chanson de La Gardette, car c'est un crâne en musique ! Le nombre des glues (?) me paroît grand cette année, et j'espère que vous les contrepointerez vigoureusement. Cependant l'on ne peut rien prononcer là-dessus. Le meilleur avis que l'on puisse te donner dans cette occasion, c'est de ne faire aucun accessoire à ton projet ; n'y mets aucune figure, et surtout point de rococo et point de certain style outré, car à Rome il n'y en a aucun exemple. Je t'assure que l'on n'y voit pas des chaleurs (?) et que je ne suis plus étonné si, souvent, l'architecture bonhomme séduit les académiciens : je veux dire lorsqu'elle est bien étudiée. Ainsi, mon cher ami, crois ce que nous te disons, Fontaine et moi, c'est de faire de l'architecture dans le genre de M. Peyre et d'exclure tout accessoire de ton projet, comme figures, fond de paysage, etc. Autrement tu es rasé. Mais revenons un peu à ta négligence, car je veux aller jusqu'au bout et voir jusqu'à quel point tu abuseras de l'amitié que j'ai pour toi. Comment est-il possible que tu ne veuilles point m'écrire? Tu te plais donc à me tenir sans cesse dans l'inquiétude? Car je ne peux plus rien te dire, je t'ai tant écrit de fois, tant supplié de remettre mes lettres à mademoiselle Régnier ! (Tu sais ce que cela veut dire.) Je suis aux abois et ne peux te parler ni t'envoyer des costumes que tu ne me répondes de manière à me tranquilliser et à me prouver que je suis ton ami et que tu es le mien. Fontaine va t'écrire deux mots ; car tu es un ingrat : tout le monde pense à toi, et tu ne penses à personne. »
Jean Meuvantier reconnaissent avoir reçu la somme de soixante sols tournois , pour avoir été « voir et visiter si les fermiers des maisons de hares et estoquis, en la foret de Mourmail, les a voient retenuez et maintenues ainsi que a loyal et just appartient. » (Delaborde, Ducs de Bourg.)
HUGET (Gérard) donna les dessins de l'hôtel de Duret de Chevry, président de la Cour des comptes, lequel hôtel était situé à Paris, rue Neuve-des-Petits-Champs,à l'angle de la rue Vivienne. Mais cet hôtel, à peine commencé, fut acheté par Jacques Tubeuf et refait en entier par Lemuet. {Rens. mss.)
HUGOT (Nicolas) résidait en 1444 à Faucoigney, en qualité de lieutenant du maître des œuvres du duc de Bourgogne Philippe le Bon. Il existe dans les archives municipales de Dijon une quittance certifiée par cet architecte, laquelle est relative à des réparations faites à la maison « du Batault », à Faucoigney. (Canat, Màît. des œuv.)
HUGUES, abbé de Montier-en-Der, exécuta de grands travaux dans son monastère, vers l'an 1002. ( Champollion, Doc. pal.)
HUGUET (François) fut chargé, en 1679, de lareconstruction de la tour de la cathédrale de Rennes. Il succéda à Corbineau. [Mél. d'hist. et (Pareil, brei.)
HUISSAIN (Pierre). — V. GUILLAIN (Pierre), note.
HULIN (Michel). Au mois d'octobre 1619 il fut
chargé des fctes et décorations de l'entrée de Marie de Médicis à Angers. (Port., lnv. anal.)
H U P E A U fut admis à l'Académie d'architecture le 9 janvier 1 757, et mourut en 1 763.
HUQUIER naquit à Orléans le 26 janvier i6g3, et y mourut le 24 octobre 1756. {Art. Orléanais.)
HURTAULT (Maximilien-Joseph), né à Huningue le 8 juin 1765, élève de Mique et de Percier. Employé d'abord dans les constructions du Petit-Trianon, il devint ensuite dessinateur de la reine Marie-Antoinette, sous la direction de Mique. Pendant la Révolution il occupa un emploi dans l'administration de l'artillerie-, puis il fut nommé professeur à l'École polytechnique. Au commencement de l'Empire il prit part, comme inspecteur, aux travaux d'embellissement exécutés au palais des Tuileries par Percier et Fontaine. Il partit peu après pour l'Italie, où il passa deux ans. A son retour en France, il fut envoyé au château de Fontainebleau comme architecte, et exécuta dans cette résidence souveraine différents travaux, tels que la restauration de la galerie de Diane, la fontaine du même nom, le pavillon de l'Étang, la chapelle élevée dans la forêt pour servir d'asile aux voyageurs. Sous la Restauration il fut nommé architecte du roi, et fit, en cette qualité, exécuter au château de Saint-Cloud plusieurs améliorations importantes, notamment le jardin dit alors du duc de Bordeaux. On cite parmi les constructions particulières élevées à Paris par Hurtault le manège de la rue Saint- Honoré (devenu la salle de bal et de concert de Valentino) -, une maison située passage Cendrier, une autre maison rue de la Paix, etc. Il fut élu membre de l'Institut le i3 février 18 19, nommé la même année membre du Conseil des bâtiments
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 36q
civils, et mourut à Paris le 2 mai 1824. (Mazois, Disc. pron. aux funérailles de Hurtault. — Quatremère, Not. hist.)
HUVÉ (Jean- Jacques) , né à Boinvilliers, près Mantes, en juin 1 742 , remporta le grand prix d'architecture en 1 770, sur : « un Arsenal de terre». Dès 1 764 il suivit, en qualité d'inspecteur, la construction de l'hôtel des Monnaies de Paris. Il fut nommé, en 1776, inspecteur des travaux du château de Versailles. En 1781, Louis XVI ayant acheté pour sa sœur, Madame Elisabeth, le petit château de Montreuil, près Versailles, Huvé fut chargé de faire dans cette résidence royale de nombreux embellissements ; il en agrandit les jardins et les rendit pittoresques. En 1 786 il ajouta trois chapelles à l'église des Récollets de Versailles, bâtie par H. Mansart en 1684. Il éleva dans la même ville, rue de Varennes, deux hôtels pour M. de la Suze. Il a aussi construit sur l'Etna, pour le prince Biscari, un petit aqueduc. Huvé mourut le 24 mai 1808. (Daniel, Biog. des h. remarq. de Seine-et-Oise. — Leroy, Rues de Versailles.)
HUVÉ (Jean- Jacques-Marie) , fils du précédent, naquit à Versailles le 28 avril 1783. Il vint étudier à Paris, et fut admis, en 1808, à l'École académique d'architecture, sur la présentation de Percier,son maître. En 1808, lorsqu'il s'agit de transformer en temple de la gloire le monument commencé pour être l'église de la Madeleine, il fut attaché à ces travaux en qualité de conducteur, puis de sous-inspecteur. On sait que les événements politiques empêchèrent la réalisation de ce projet. En 181 7, Louis XVIII ayant rendu l'édifice à sa destination première, Huvé fut nommé inspecteur en chef des travaux, fonctions qu'il conserva jusqu'à la mort de Vignon, en 1828, époque à laquelle il devint architecte en chef des travaux. Vie), architecte de l'administration des hos-
ï-O DICTIONNAIRE
pices, étant mort en 1817, Huvé fut un des quatre architectes
choisis pour le remplacer. Les principaux établissements confiés à ses soins furent : la Salpétrière, l'hospice de la Rochefoucault, l'hôpital Necker, les Enfants-Malades, l'hospice Beaujon, la Pitié, les Incurables-Femmes, l'hospice des Ménages, V Amphithéâtre général, et enfin l'Hôtel-Dieu. Il fit pour ce dernier établissement un projet qui dégageait entièrement les abords de Notre-Dame. En 181 8 il construisit le marché aux Vaches grasses. Vers la fin de 1 81 g, Louis XVIII voulant faire construire un château à Saint-Ouen, près Paris, sur l'emplacement de celui qui avait été démoli en 1 816 et où il avait octroyé la Charte, c'est Huvé qui fut chargé de ce travail '. Il succéda en 1823 à Berthauit, comme architecte du château de Compiègne. En 1827, le duc de la Rochefoucault-Doudeauville, alors directeur des Postes, l'ayant fait nommer architecte de ce service, il fut chargé d'agrandir les bâtiments de l'administration centrale. En i83o,la salle Feydeau ayant été démolie, plusieurs architectes furent invités par le ministre de la maison du roi à concourir pour l'étude des plans d'un nouveau théâtre destiné à l'Opéra-Comique, et, dans ce concours, c'est Huvé qui l'emporta ; c'est donc à lui qu'on doit le théâtre Ventadour, où ont lieu aujourd'hui les représentations de la troupe italienne. En 1828, il obtint aussi le premier prix dans un concours ouvert pour la construction d'une salle de spectacle
1. Ce château était destiné à Mme la comtesse du Cayla, l'amie et la conseillère du roi. La crémaillère en fut pendue le 2 mai 1823, dans une fête brillante où Mme du Cayla avait convié la cour et la ville. Un déjeuner de quatre cents personnes fut servi sous une tente magnifiquement décorée. Après le déjeuner et la promenade, les invités furent réunis dans une élégante salle de spectacle, où furent représentées, par les premiers artistes de Paris, des pièces de circonstance. Ensuite eut lieu l'inauguration d'un portrait du roi peint par Gérard.
à Tours. On lui doit en outre l'hospice Marie-Thérèse, un projet d'hôpital général pour la ville de Cherbourg, divers projets pour l'embellissement de Versailles , sa ville natale. Nommé membre honoraire du Conseil des bâtiments civils en 1837, il fut, en 1839, élu membre de l'Institut en remplacement de Percier. Décoré de la Légion d'honneur en i835, il fut promu au grade d'officier du même ordre en 1846, et mourut à Paris le 22 novembre i852. (Lenormand, Not. biogr. sur J.-J.-M. Huvé.)
HUYOT (Jean-Nicolas), élève de Peyre (Antoine- François) , naquit à Paris le 25 décembre 1780. Il remporta le grand prix d'architecture en 1807, et partit pour l'Italie, où il séjourna six ans. Son plus important envoi de Rome fut la « Restauration du temple de la Fortune, à Preneste ». En 181 7 il partit pour4 visiter la Grèce, la Turquie d'Europe, l'Asie et l'Egypte. A Constantinople, il étudia un projet d'embellissement pour le palais de notre ambassadeur, et donna le plan d'un hôpital français, dont la construction était déjà avancée lorsqu'il quitta cette ville. En Egypte, Huyot s'occupa de classer les monuments suivant l'ordre chronologique qui lui parut résulter des différences de style et d'exécution de ces monuments. A Thèbes il étudia un projet de restauration générale de cette antique cité. En Nubie il fut le premier qui dessina et mesura les fameux hypogées d'Ipsamboul et qui y reconnut, par le cartouche l et par l'architecture, des monu-
1. Les signes hiéroglyphiques contenus dans ce qu'on appelle un cartouche expriment le nom propre d'un des anciens rois d'Egypte. Ces cartouches, très-multipliés sur tous les monuments de ce pays, donnent, par conséquent, le moyen d'assigner à tel prince tel monument qui en est décoré. Muni de cette précieuse indication, Huyot recueillit avec soin tous les cartouches qu'il rencontra dans la haute
mcnts du règne de Sésostris. Huyot quitta l*Eg)'pte vers l'automne de i8k) pour retourner à Smyrnc; il visita ensuite les villes d'Ephèse, de Tlos, de Milet, de Priène, de Cnide, de Magnésie, etc '. A Athènes, il étudia les monuments et tout particulièrement la topographie de la ville. Après cinq années d'absence, Huyot revint à Paris, où il prit possession de la chaire d'histoire de l'architecture qui lui avait été réservée par l'Institut, et en i823 il succéda à Heurtier comme membre de l'Académie des Beaux-Arts. A la même époque il fut chargé, conjointement avec Goust, de l'achèvement de l'Arc de Triomphe de l'Étoile; mais, ce dernier s'étant retiré en 1829, Huyot resta seul chargé de ce monument. En i832 il fut remplacé par Blouet. On doit à Huyot le projet d'une église Saint- Charles , qui devait être élevée à Paris sur les terrains de Bellechasse, et que la Révolution de i83o fit avorter. C'est sur ces terrains que fut édifiée plus tard l'église Sainte-Clotilde. Il avait été chargé de construire au Mont-Valérien, près Paris, un Calvaire avec de vastes dépendances, mais l'église seule fut élevée, et il n'en reste plus rien : les ingénieurs en firent des moellons, en 1840, pour construire la forteresse qui occupe aujourd'hui son emplacement2. Huyot avait fait aussi
Egypte et dans la Nubie, et ces documents eurent, dit-on, une grande influence sur les travaux et, par conséquent, sur la belle découverte de Champollion.
1. Deux longues et intéressantes lettres d'Huyot, écrites d'Alexandrie et de Smyrne à M. Castellan, membre de l'Institut, et que j'ai publiées dans Y Annuaire de l'Architecte (1864), contiennent une infinité de détails très-intéressants pour l'histoire de l'art en Grèce, en Asie-Mineure et en Egypte. Je regrette de ne pouvoir donner ici cette intéressante correspondance : qu'il me suffise d'indiquer aux amateurs où ils pourront la trouver.
2. On le voit, une sorte de fatalité s'était attachée à Huyot, soit pour contrarier ses projets, soit pour détruire ses œuvres. Cependant
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 3y3
un projet de restauration générale du Palais de Justice de Paris ; son projet était arrêté et approuvé lorsqu'une fièvre l'enleva en quelques jours. (R. Rochette, Not. sur Huyot. — Refis, mss.)
IMBERT-GRAND était venu du diocèse de Gap s'établir à Montpellier, où il fit, en 1470, une restauration de la fontaine de Saint- Bartolomieu. (Renouvier et Ricard.)
IMBERT (Jean). Dans un procès qu'eurent deux habitants de Sens, en 1524, des experts, Pierre de Sens et J. ïmbert , furent chargés de visiter les lieux objet du litige. (Bull, arch., t. II.)
INGELBERT a construit, au XIe siècle, le château de La Chaise-le- Vicomte. (Bull, mon., t. VII.)
il ne se laissa pas abattre par la mauvaise fortune; ne pouvant dépenser son activité et ses talents dans la réalisation de ses conceptions ou de ses rêves d'architecte, il chercha dans l'enseignement de son art les satisfactions qu'un emploi plus effectif de ses facultés n'avait pu lui procurer. Fout en répandant dans son cours de l'Ecole des Beaux-Arts les trésors de connaissances qu'il avait rapportés de ses voyages, il donnait beaucoup de temps à son atelier, qui devint un des plus forts et des plus suivis de ce temps-là. Enfin, comme l'artiste habile était doublé d'un érudit dont l'esprit s'était élevé par une certaine culture des lettres, l'Académie l'avait chargé de Y architecture dans la rédaction du Dictionnaire de la langue des Beaux-Arts, travail auquel peu d'architectes, parmi ses contemporains, avaient été aussi bien préparés que lui.
INGELRAM. En i 214 l'abbé du Bec, Richard de Saint- Léger, chargea cet architecte d'édifier la nouvelle église de son monastère-, toutefois Ingclram ne fut pas longtemps chargé des travaux de cette abbaye : l'église qu'il avait commencée fut achevée par Valter de Meulan. Cette église n'existe plus. Il fut aussi l'un des architectes de la cathédrale de Rouen. On lui attribue la partie au rez-de-chaussée de la tour nord de cet édifice ainsi que les portails latéraux. (Félibien, Recueil hist. — De ville, Rev. des arch.)
ISAMBERT. — V. IZEMBARDUS.
ITERIUS (le clerc) restaura, en 1 1 20, le monastère de Saint-Martin d'Auxerre, dont les bâtiments étaient presque entièrement détruits. (Champollion, Doc. pal.)
IXNARD (Michel d'), né à Nîmes en 1723, fut appelé à Strasbourg par le cardinal de Rohan. Il construisit dans cette ville l'hôtel situé sur la place aux Herbes, et qui est affecté aujourd'hui au Tribunal de commerce. Le cardinal Payant recommandé à plusieurs princes allemands, il devint leur architecte, et l'Électeur de Trêves le nomma directeur général de ses constructions. Il rebâtit, de 1768 à 1780, l'abbaye princière de Saint-Biaise, de l'Ordre de Saint-Benoît, située dans la Forêt-Noire '. A Fribourg-en-Brisgau, Ixnard éleva, en 1773, l'hôtel du baron Sikingen-, à Constance il fit la décoration d'un côté du chœur de la cathédrale. Les autres œuvres de cet architecte sont le palais électoral de Clémensbourg, près Coblentz, élevé en 1777- l'église de l'abbaye du chapitre des Dames de Buchau, en Souabe \ la commanderie
1. Cette abbaye fut supprimée en i8o5 ; ses bâtiments sont occupés aujourd'hui par une filature de coton et une manufacture d'armes.
DES ARCHITECTES FRANÇAIS. 3y5
de Donauwerth, en Bavière, bâtie en 1773-, le château du baron D. de Gamerdingen-Zuoifolten, en Souabe , élevé en 1776; le château et les jardins de Donnarieden -, la colonnade d'un des côtés de la cour de la grande commanderie d'Étingue, en Franconie-, les jardins anglais de Kirberg, en Souabe-, le château d'Aulendorf, en Souabe -, le château du prince de Hohenzollern-Hechingen, commencé en 1 764 •, l'église paroissiale de Hohenzollern, bâtie de 1778 à 1784-, la maison de plaisance du comte de Schulenbourg, en Brandebourg. Il a publié un «Recueil d'architecture représentant, en 34 planches, palais, châteaux, hôtels, etc. » Paris, 1791, gr. in-folio. Ixnard mourut à Strasbourg le 2 1 août 1795. (M. Nicolas, Hist. des art. nés dans le dép. du Gard. — Dussieux , Art. fr.)
IZEMB ARDUS. Un des chapiteaux de l'abbaye de Bernay, fondée au XIe siècle par Judith de Bretagne, porte cette inscription : « Izembardus me fecit. » On présume que ce nom est celui de l'architecte de ce monastère. {Bull, mon.,
t. IV.)
JAGME SATGIER, l'un des architectes de la ville de Montpellier, fut chargé, en 1 365, de réparations à faire à la maison des Consuls de cette ville. Il travailla aussi au palais, et répara la maison du consulat de Mer, à Lates. (Renouvier et Ricard.)
JAGOT, né à Paris en 1798, fut l'architecte de Tempe-
reur de Russie de 1822 à 1840. Il a construit, à Saint-Pétersbourg, l'Institut des voies de communication, la chapelle et les bâtiments qui en dépendent, la salle de la noblesse, l'église hollandaise et ses dépendances, ainsi qu'un cirque, actuellement démoli. (Dussieux.)
JACQUEMIN OGIER fut l'un des architectes de la cathédrale de Toul; il y travaillait en 1440. (Michel, Biogr. des h. marq. de la Lorr.)