‹ Dictionnaire des artistes & artisans manceauxChapitre 48 sur 65 · AE À · texte numérisé non relu

AE À

«ltem, avoir payé à maître Michel Dieniz, painctre et vittrier, demeurant à Fresnay, pour avoir faict et mins ung panneau neuf de voyre à l’une des vittres de ladite église, lequel avoyt esté abattu et rompu par le vent, ledit panneau contenant huict pièces de voire, tant pour ledit panneau que la despense dudit Dieniz et son serviteur en venant asseoir et mectre ledit panneau, la somme de 51 sols, de ce | LI: »

DIEUXIVOIS. La généalogie de cette famille de fondeurs, conservée aux archives du château des Loges en Saint-Paul-le-Gaultier, a été publiée par M. Moulard dans le Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe (années 1887 et 1888) (1). Suivant ce document, l’auteur de la familleest Thomas Dieuxivois, né à la Chapelle-Saint-Aubin, qui fut père de Pzerre Dieuxivois. Celui-ci, marchand fondeur, « fit la cuivrerie de Saint-Julien, détruite aux troubles protestants ». 11] épousa Françoise Duval et eut neuf enfants, dont quatre garçons : Jehan Dieuxivois, Julien Dieuæivois, Bertin Dieuxivois, et Alexandre Dieuxivois. Les trois premiers refondirent, en 1598, la clôture de cuivre du grand autel de l’église cathédrale et reçurent pour leur salaire 400 livres, et 8 sols tournois par livre de métal qu'ils fournirent (2). Le 6 octobre 1571, en la

(1) Moulard, Ramage des descendants de Thomas Dieuxivois. — Dans notre article nous nous contenterons d’indiquer la postérité masculine de Thomas Dieuxivois.

(2) « Die veneris decima quinta mensis maii 1598, Visis et coram nobis lectis memorialibus super restauranda, reficienda et reponenda clausura cuprea majoris altaris ecclesiæ nostræ, quia nihil magis ad decorem domus Dei cultusque divini augrmentum facere potest, idcirco eumdem restaurari, refici et reponendi prout antiquitus juxta dicta memorialia statuimus et volumus, laudantes et approbantes conventionem super hoc per dominos Aubert et Gendrot, fabricæ commissarios, cum Joanne, Juliano et Bertino les Dieuxyvoys, fusoribus, factam nimirum ad summam quadringentorum librorum turonensium pro una parte, et octo solidorum turonensium pro qualibet libra cupri refundendi... » Arch. du Chap., B. 5, fo 167 ve. He

eu

cour royale du Mans, par devant Mathurin Le Balleur, notaire d'’icelle, les chanoines de Saint-Pierre-de-la-Cour conclurent marché avec Jehan Dieuxivoye, marchand fondeur, demeurant au Mans, paroisse Saint-Benoît, qui promit de réparer le ciborium et le parvis de l’autel de leur église, brisés par les Huguenots. Il s’engagea à fournir « le parvis de l’aultier dedans la Purification Notre-Dame, et le surplus dedans la feste de Penthecouste », moyennant la somme de 220# que le Chapitre Jui paierait moitié le jour de Noël et moitié après l’achèvement du travail. Le devis de cet ouvrage fut fait de concert par les parties, comme il suit :

Mémoire de ce qu'il faut faire pour la reffection du

tabernacle de la chässe de madame saincte Scolace, en l’église collégiale de Sainct-Pierre-de-la-Court, du Mans, faict par moy Jehan Dieuxivoye, fondeur, par le commandement de monsieur le doyen de ladite esglise et messieurs les chanoynes d'icelle.

« Et premièrement :

« Fault reffaire la moictyé d'un des grands pilliers audit tabernacle et en ralonger ung de demy pied ou environ, racoustrer les chappiteaulx et plusieurs casseures dudit pilier.

« ltem, fault reffaire la moictyé de la grande cayerie des moulleures portant sur quatre grands pilliers composés de arc qui treuve frise et corniche, ladite frise remplye de belle grande lettre rommaine, reffaire tous les tenons et assemblaiges de l’aultre moictyé pour les joindre et rassembler avec la moictyé qui sera faicte tout de neuf, à laquelle cayerie fault ressoulder tout à l’entour par dessus les pièces qui portent trente deulx balustres pour la closture dudit tabernacle.

« ltem, pour le dosme dudit tabernacle fault rassembler

faut faire ung costé et les deux bouts de la cayer

portée sur . quatre petits piliers ; ladicte cayerie faite de moulleures, enrichies de petits carreaulx is l’'entour. |

«Item, fault redresser le feste dudit dosme, faire six 4 fleurons pour mectre sur ung des tenons, et racoustrer tous les chappiteaulx des quatre petits Dilienes po

« Item, fault redresser les six panneaux qui couvrent ledit tabernacle et à iceulx faut reffaire plusieurs louzenges, qui en sont rompues, avecques grand nombre de, ne à viz pour faire tenir lesdits panneaulx avec ladite F cayerie et ledit feste.

« ltem, faultfaire deux petites moulleures pour supporter lesdits panneaulx semblables à deux qui restent. ‘

« Item, fault refaire vingt-sept balustres semblables à cinq qui restent et les enrichir de feillages, taillez au burin pour la closture de ladite châsse.

« Item, fault deux admortissements sur les deux chevrons, faictz en formes de voises et balustres. Et pour l'admortissement des quatre petits pilliers fault faire troys balustres semblables d’un qui reste.

« Item, fault faire une crosse de deux pieds de saillye garnye de poullyes avec ung ange sur ladite crosse, joignant les mains et allongeant les bras pour porter et descendre la saincte hostye sur le millieu du grand autel, et fault que ladite crosse soit bien assemblée et joincte avec le pilier, lequel fault rassembler parce qu'il est dessemblé.

«tem, fault réparer et nectir toutes les vieilles pièces qui ont esté recouvertes, les racoustrer en plusieurs endroits où elles sont cassées, et reffaire tous les tenons et assemblaiges qui y sont nécessaires pour assembler, accommoder et joindre toutes lesdites pièces ensemble,

tant neufves que vieilles, tellement que l’on ne puisse cognoistre les unes davecques les autres pour puys

après asseoir lesdits piliers, tabernacle et crosse dedans ladite église de Saint-Pierre, en telle excellence et

beaulté que lesdites choses estoient auparavant la

démolition et rupture d’icelles.

« Et pour faire ce que dessus, en appartient bien justement et loyallement la somme de deux cents livres tournoys, estant fournye oultre ladicte somme de cuyvre en

. ce quil en fauldra pour faire lesdites pièces neusves,

. ensemble de barres de fer, plomb, plastre et souldeure

propre et nécessaire pour l'assiette desdits tabernacle et crosse.

Plus ensuit le mémoire de ce qu'il faut pour redresser et remettre le parvy du grand autel de ladite esglise Saint-Pierre.

« Et premier.

« Fault rasseoir les quatre grands pilliers des quatre coings de ladite cloison et les garnir de toutes choses,

fors deux pieds destruits des deux piliers de derryère

qui defaillent ; les fault faire de pierre de taille au patron de ceulx de cuyvre du davant, semblablement les quatre grands anges et les remectre de toute chose comme ils estoient par ci-devant sur lesdits piliers.

«tem, fault remettre et redresser l’arc du portail et garnir de fleurons par dessus sur les deux petits pilliers avecques les misselzet crucifix qui estoient sur ledit portail, ensemble les deux grands fleurons portant sur les grands et petits pilliers des deux costés de l'arc et y reffaire ce qu'il deffauldra. Plus deux autres petits pilliers qu'il faut mettre entre les deux grands des deux costez, ung de chacun costé, à l’un desquels fault ung pied destruict de cuyvre pareil des aultres petits et

toier, réparer avec le gratouer (1) ». :

Jehan Dieuxivois Tnt en 1596, la cloche de v Pa 1. de la Suze. À ce propos il écrivit la lettre suivante : nt |

« Monsieur, je vous esery la présente pour vous advertir que jeusdy prochain je seray prest de fondre + vostre cloche, moyennantlayde de Dieu et quy ne A “3 point ; partant, je vous prie de venir ou y envoyez ï: jeusdy matin pour voir casser la vieille cloche etpour la voir charger et mettre au fourneau, et aussy pour voir peser ce que je mettray de mon mestal, me recommandant à vos bonnes grâces et prie Dieu vous avoir en sa saincte garde. De vostre maison du Mans, le lundy dix-huitiesme jour de mars 1596.

« Par vostre humble serviteur,

« JEHAN DIEUXIVOYE, fondeur.

Suscription : À Monsieur du Chesnay, demeurant à la Suze (2).

Le Chapitre de Saint-Julien paya à Jean Dieuxivois, le 11 octobre 1604, 220# pour le reste de la clôture du chœur (3). Jehan Dieuxivois prit pour femme X... Planchais, dont 1l eut deux fils : André Dieuxivois, mort sans

(1) L'abbé A. Charles, les Artistes manceaux de la Renaissance à l’église de Saint-Pierre-de-la-Cour, dans le Bulletin monumental. — L'abbé Charles a omis d'indiquer la source de ces documents ; ils font partie des archives de l’église Saint-Benoît, au Mans, où je les découvris en 1871. Il oublia également de constater que c’est sur mes indications et à l’aide de mon dossier qu’il fit cette publication (Note de l’abbé G. Esnault).

(2) Pièce de mon cabinet (Note de l’abbé G. Esnault).

(3) « Die lunæ 112 mensis Octobris anno domini 1604, visis partibus Johannis Dieuxivois, fusoris, pro reliquo clausuræ eneæ chori ecclesiæ nostræ per dominos succentorem et Trouillet arestatis, ascendentibus ad summam ducentorum vigenti librarum et octo solidorum, laudamus et approbamus quæ gesserunt dicti domini in hac parte. » Arch. du Chap., H:(7, p' 62 4

enfants, et Charles Dieuxivois, marchand fondeur, époux de Louise Bouttier. Le 24 avril 1650, devant Marin Drouet, notaire royal au Mans, Étienne de Guibert, écuyer, seigneur du Genay, et Françoise de Chantelou, sa femme, demeurant paroisse Saint-Nicolas, subrogés aux droits de noble Jean Le Bourdays, sieur de la Fontaine, premier président en l'élection du Mans, héritier de défunte Marie Hubert, sa mère, cèdent et transportent 18# de rente, à ladite Boutier, alors veuve, demeurant paroisse Saint-Nicolas.

Charles Dieuxivois eut deux enfants : Julien Dieuxivois, huissier audiencier à la Prevôté, célibataire, et Simon Dieuxivois, marchand fourbisseur, dont la fille, Madeleine, épousa Claude de la Ronchère, écrivain.

Julien 1 Dieuxivois, marchand fondeur, second fils de Pierre Dieuxivois et de Françoise Duval, épousa Marie Garreau de Crannes; il en eut deux fils : Julien IT Dieuxivois et René Dieuxivots.

Julien Il Dieuxivois fit « la cuivrerie de l’abbaye de Saint-Vincent » ; en 1626, il reçut 100# pour prix du métal qu'il avait fourni lors de la fonte de la grosse cloche de l’église collégiale de Saint-Pierre-de-la- Cour (1).

Le 29 juillet 1647, le Chapitre de Saint-Julien lui commanda la refonte de la petite cloche dite {a Riotte. Comme cette cloche par lui fondue ne se trouvait « recepvable bon ton et harmonie», les chanoines décidèrent, le 9octobre 1647, de poursuivre le fondeur; mais, le même jour, ayant reçu avis que Dieuxivois s’engageait de refondre la cloche « en y appellant un des plus expérimentés fondeurs de la ville », ils consentirent à recevoir son offre et à lui avancer 30# sur son travail (2).

(1) Arch. de la Sarthe, G. 490.

et d'autre bout la rue qui tend du carrefour du Puits de

Anne Dieuxivois, fondeur, épousa Dies. Le 26 août 1653, devant Marin Drouet, os ire, ©

praticien, demeurant paroisse Saint-Nicolas, vendent pour 1800#, à Julien Fournier, maitre chirurgie paroisse de la Couture, « le logis qui leur appartie de la succession de défunte Marie Ory, leur mère, si: sur la rue Marchande, dudit Saint-Nicolas, composé | d’une boutique sur rue, cours et jardin au bas duquely + a un bastiment servant de présent de fonderie, joignant F. d'un côté les maisons des héritiers feu maître Louis Pillet, d'autre costé la maison des héritiers feu maitre Noël Le Proust; aboute d’un bout ladite rue Marchande,

Saint-Nicolas au carrefour du Puits de la Barillerie ». Dès le lendemain, les susdits annulent cette vente, et les époux Dieuxivois et François Dies font seulement bail annuel audit Fournier, pour 90# par an, de ladite maison et jardin, « à la réserve d’une fonderie qui est au bas dudit jardin, laquelle sera exploitée par ledit Dieuxivois au prix qu'il sera accordé entre eux ; ledit Fournier pourra se servir de ladite fonderie, sinon lorsque ledit Dieuxivois y fondra ou travaillera de son mestier de fondeur ». En 1658, Alexandre Dieuxivois fournit un encensoir à la fabrique de Lombron (1); le 3 mai 1660, 1l fondit la grosse cloche de Saint-Marsd'Outillé (2). Nous OO EE ici, à titre de curiosité,

(1) « Paié à Alexandre Dieuxivois, fondeur, la somme de cent sols pour l’achapt d’un encensier et d’avoir resoudé un des chandeliers ». Comptes de fabrique de Lombron, 1658. — L'abbé Froger, la Paroisse de Lombron de 1450 à 1789 d’après les comptes de fabrique, dans la Revue hist. et arch. du Maine, t. XLI, p. 100.

(2) Notes Manuserites de l’abbé Lochet. È

deux exemplaires de la signature de ce fondeur. Comme paraphe il dessinait une Rates qui indiquait sa profession. Alexandre eut de son union avec Marie Dies : Alexandre II Dieuxivois et deux filles.

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MT

Louis Dieuxivois, aussi fondeur de cloches, marié à Anne Gallas, n'eut pas de descendance masculine. Le 3 août 1608, 1l reçut du Chapitre 6# pour avoir façonné « la crosse de dessus le grand autel de la cathédrale, qui sert à monter et descendre le ciboire où est le Saïnt- Sacrement » (1).

Bertin 1 Dieuxivois, marchand-fondeur, fils de Pierre et de Françoise Duval, épousa en premières noces Charlotte Dupont, dont il n’eut que des filles. D'un second mariage avec Jacqueline Letoré il eut deux garcons : Bertin Î[ Dieuxivois et Pierre Dieuxivois. La profession quexerçait Bertin IT nous est inconnue. Le 19 octobre 1618, il était « commis à la vente des matériaux du chasteau » (2). Il épousa Antoinette Bouteiller

(1) Pièce du cabinet de M. Brière.

(2) « Le 19 octobre 1618, jay receu de Bertin Dieuxivois, commis à la vente des matériaux du chasteau, la somme de quatre-vingts livres, eñ vertu de l'ordonnance de messieurs les eschevins et procureur de ville, du 26 septembre 1618... 80#. » Comptes de François Guiard, receveur de ville, mss. in-folio.

trois pieds de tre en la rue un Crucifix, à gs à l’antien padvé et continuer jusques où bon sembl audit sieur Dieuxivois et joignant la muraille. » et. et pour 60 sols la toise de six pieds en carré. Il épous Marie Graffard, dont il eut deux filles. : RL Alexandre Dieuxivois, le dernier des fils de Bie et de Françoise Duval, était poèlier au faubourg de la ne 0 Bilange, à Saumur. Il se maria deux fois et n eur pas” 4 de postérité masculine. Mit: es SE Un atelier d’épigraphistes et graveurs sur lames ER cuivre fut fondé au Mans par les Dieuxivois, à la fin du xvi® siècle. C’est de cet atelier, où travællaient des ouvriers d’un talent remarquable, que sortirent de nombreuses épitaphes répandues dans le diocèse, à Saint- Gervais-en-Belin, Notre-Dame de Torcé, etc. (1).

DIONISE (Érrenxe et Marmieu), sculpteurs au Mans. Mathieu Dionise, qualifié « d’excellent sculpteur» dans le Martyrologe de l’église de Saint-Georges-de- Lagcoué, nous a laissé trois statues que nous allons successivement examiner, La première est une image de la sainte Vierge qu'il fit, en juillet 1581, pour l’église de Bussières-Badil, en Dordogne. « Ceux qui connaissent la Vierge de Germain Pilon dans l’église de la Couture, au Mans, sont frappés de sa ressemblance avec celle de Bussières. Cette dernière, de 1 m. 10 de

(1) Notes manuscrites de l’abbé Lochet. è

Cliche de M. Ch. Dubouche

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