VIERGE DE PARIGNÉ - L'ÉVÊQUE
nous avons prié le sieur de la Barre, son nepveu, aussy sculpteur, d’y assister et travailler, auquel j'ai baiïllé un escu sol vallant 3# 16 sols, qui n'est comprins es dites 0» (1)
Fort de ce renseignement, nous nous sommes rendu à Parigné, où, grâce aux indications du curé, M. l'abbé Couasnon, nous avons reconnu l’œuvre de Dionise abandonnée dans le jardin. Elle fut enlevée de l’église il y a environ quinze ans par un ancien curé, M. l'abbé Joly. ; Dans la Vierge de Parigné « on sent l'inspiration de celle de la Couture, ce qui donne un air de parenté indiscutable entre la statue périgourdine et la statue mancelle.» Cette dernière, en terre cuite et haute de 1 m. 45, a été jadis polychromée, ou peut-être dorée, autant du moins qu’on peut en juger par les rares traces que les pluies ont respectées. Elle n’est pas couronnée, et la disposition du voile sur les cheveux ondulés fait songer à certaines têtes d’impératrices romaines. Le mouvement contourné de la hanche est sensiblement moins accentué que dans la Vierge de Bussières ; à peine existe-t-1l. Le vêtement aussi n'est pas pareil; pardessus la tunique, pend une sorte de peplum assez raide et fendu sur les côtés, attaché par une agrafe sur l'épaule droite ; pourtant le système des plis, particuhèrement aux manches, est toujours bien le même. Le visage aussi est semblable par la placidité de l’expression ; le bras droit a la même pose, mais le coude est plus rapproché du corps et la main moins allongée. « Il y a également de notables différences entre les deux Enfants Jésus. Celui de Parigné est plus joliment traité, et sa tête se penche sur le sein de sa mère qu’en-
(1) Arch. de la Sarthe, G. 869.
tourent ses petits bras potelés avec un geste cares-
sant ; de plus il ne tient pas le globe du monde. La
main droite de la mère du Sauveur tenait un objet aujourd'hui disparu : c'était, paraît-il, un bouquet, comme à la Couture: | : |
« En résumé, plus de finesse, plus de moelleux dans l’ensemble de la Vierge de Parigné que dans celle de Bussières, et, avec cela, comme une réminiscence de l’art antique dans la disposition des vêtements et de la coiffure. Dans les trente-deux années qui séparent ces deux statues, on sent que le talent de l'artiste s’est assoupli et affiné, qu'il a accompli, en somme, de véritables progrès, qu'il est plus maître de son art » (1).
Le 17 avril 1597, devant Louis Coueffé, notaire royal au Mans, Jacques Couelfé, curé de Saint-Georgesde-Lacoué, y demeurant, de présent à « la maison où append pour enseigne le Mouton », paroisse de la Couture, marchande à Mathieu Dionise, sculpteur au Mans, «à faire en sculpture une image de Saint- George... de la même mesure et grandeur d’une image de Saint-Martin estant en l’église du Mans. Laquelle image de Saint-George sera accompagnée de la fille et aigneau avec le dragon et ce qui s’en suit, le tout bien et deuement fait, vendu et placé par ledit Dyonise, faisant par ledit sieur curé susdit le charroy à ses propres cousts et dépens desdites images, défrayant aussi luy ou son commis pour les dépences de bouche, lorsqu'il applaceront ledit image dudit Saint - George. Laquelle image ledit Dyonise promet faire et vendre
(1) Comte de Beaumont, Essai sur Mathieu Dionise, sculpteur manceau. Nous remercions M. le Comte de Beaumont de l’extrême obligeance avec laquelle il nous a communiqué, avant l'impression de son article, les renseignements et le texte que nous donnons. C’est encore grâce à ses notes que nous avons pu donner une description sommaire de la statue de Saint-Georges.
comme dessus dedans le jour et feste de Toussaint. Et ledit curé a promis et s’est obligé bailler et payer audit Dyonise la somme de 23 écus soleil, réduits à 69#... dedans le jour et feste de Nativité Notre-Dame, dite l’Angevine prochaine. » Le samedi 11 avril 1598, Étienne Dionise, maître sculpteur au Mans, donne acquit à maître Jacques Coueffé, « prêtre curé de Saint-Georgesde-Lacoué, et principal du collège de la Motte à Courdemanche, de la somme de 11 écus soleil versée en présence dudit Etienne à Mathieu son frère, le jeudi précédent, et de celle de 5 écus à lui donnés présentement pour l’image Saint-Georges, marchandée par le sieur curé à Mathieu son frère, placée le même jour par ledit Étienne, sur le contretable du grand autel de l’église de Saint-Georges-de-Lacoué (1). »
Saint Georges est représenté tuant un redoutable dragon et sauvant la fille d’un roi que ce monstre allait dévorer. À cheval, le corps couvert d’une armure de fer et la tête coiffée d’un casque surmonté d’un plumet, il a, avec toute sa barbe, un faux air du bon rot Henry. La statue entière, en terre cuite rouge pâle, mesure, de la base du socle à la pointe du casque, 1 m. 40; le cavalier seul a 1 mètre de l’étrier au casque. Le cheval est lourd de formes et raide d’encolure ; sa longueur, de la tête a la queue, est de 1 m. 05. A ses pieds git le dragon, tournant sa gueule ouverte vers le saint, qui le transperce de sa lance ; sa queue s’enroule aux pieds du cheval.
La jeune fille ressemble beaucoup aux Vierges de Pussières et de Parigné. Ses regards reconnaissants sont tournés vers son sauveur, et son bras gauche est ramené sur sa poitrine dans un geste d'elffroi. Un voile;
(4) L'abbé R. Charles, Notice hist. et arch. sur Saint-Georges-de- Lacoué et Saint-Fraimbault-de-Gabrône.
surmonté d'une couronne, recouvre sa tête, touts en sant apercevoir une So inte chevelure. Une lon tunique, décorée à l’encolure d’un galon dessinant un écusson, lui enserre la taille et retombe de la ceinture en plis flottants ; un semblable galon dont les deux bouts sont ballants lui forme ceinture au-dessus des hanches. À ses pieds, on aperçoit un petit agneau, symbole de la virginité. On remarque, dans cette statue, LE 8 mouvement de la hanche, la position du bras droit et le" bourrelet de la manche que nous avons signalés dans | les deux Vierges précédentes. Elle a beaucoup d’analogie avec celle de Bussières, tout en lui étant supé- * rieure comme exécution, ce Ce groupe était autrefois polychrome. Il a été restauré dernièrement par un peintre du Mans, qui a fait le cheval gris pommelé, l’armure du chevalier argentée et le dragon vert tigré de points jaune orangé. |
Étienne Dionise, frère de Mathieu, était comme lui sculpteur. Nous le voyons figurer dans deux actes comme vassal du Chapitre de Saint-Julien. Le 15 janvier 1607, 1l paye au Chapitre de Saint-Julien 23# pour les droits de ventes de trois contrats d’acquêts par lui faits de certains terrains sis en la rue Saint-Vincent (1). Le 5 décembre 1610, le Chapitre lui fait grâce de la moitié du droit de ventes pour le contrat d'acquêt d’une maison sise rue Saint-Vincent (2). En décembre 1621, il fait et dore, au Puy-Notre-Dame, les chérubins des deux portes du grand autel, dont Gervais de la Barre venait d'achever l'exécution (3). Étienne Dionise nous semble avoir toujours travaillé en sous-ordre, d'abord en l'atelier de son frère, puis, une fois celui-c1 disparu,
(2) Ibidem, B. 8, fo 18. (3) C. Port, les Artistes angevins, p. 326.
sous la conduite de son neveu Gervais de la Barre.
DIORISSE (...), maître de danse au Mans. Sa veuve, Françoise Couet, mourut à l'hôpital du Mans, le 22 mars 1754, âgée de quatre-vingts ans. Elle était veuve en pre- mières noces de... Moreau, plombeur, et en secondes de... Grignon, praticien.
DOGUENNIER (JEAN), « peintre et vitrier. à la Ferté-Bernard », travailla à l’église de la Chapelle-du- Bois (1631-1632) (1).
- DOLIBON (François) fit le lambris de Coudrecieux, comme l'indique l'inscription suivante : « Le dernier jour du moys d’aoust l’an mil cinq cens cinquante et cinq, fut achevée ceste église de chambriller par Fran- çois Dollibun et estoit procureur Macé Hubert. »
DOLIBON (Maruaurin), fit le lambris de l’église de Lavaré, sur lequel est gravée cette inscription gothique :
Par nos mathuri dolibo du mestier de menuisier et mathuri Ferrat copaigo fut chabrillée cette église Pour lors estoit fabricie procureur Phot Marcé.
Priez Dieu gapres ler vie il vaile au deulx pitié
Pr PER CL X Li:
DONGE (J.), vitrier au Mans. Le 7 mars 1470 (v.s.), les chanoines de Saint-Pierre-de-la-Cour conviennent avec lui de la somme de 4 écus pour réparer les vitres de leur église (2).
(1) L'abbé R. Charles, Étude hist. et arch. sur l’église et paroisse de
Souvigné-sur-Même, Mamers, 1876.
(2) Arch. de la Sarthe, G. 480, p. 70 ve.
DORÉ (GUILLAUME), architecte au Mans, paroisse "+
Saint-Benoît, époux de Marthe Fontaine. Leur fils, Guillaume Doré, aussi architecte, épouse, par contrat du 4 juin 1715, devant les notaires, au Mans, Marie-Anne, fille majeure de défunts René Michelet, maître chapelier, et Élisabeth Vilfeu, demeurant au Mans. A ce contrat signèrent Mathurin Ribalier, Charles. Asselin, È Chevalier, etc. |
DORGUEIL (CrAUDE), «maitre à danser », au Mans fils du suivant et mari de Marguerite Cormier, demeurant paroisse de la Couture. Le 17 septembre 1743, sa femme dicte son testament à Charles Cabaret, notaire royal au Mans. Elle veut être inhumée au grand cimetière ; elle demande des messes et services. Elle donne à son mari tout ce que la coutume lui permet de donner et le nomme son exécuteur testamentaire.
DORGUEIL (EDpmE), maître de danse au Mans, paroisse de Saint-Pavin-de-la-Cité. Veuf de Catherine Pollet, dont il avait plusieurs enfants mineurs, il se remaria à Anne Cuisnier, demeurant en ladite paroisse, fille de Toussaint Cuisnier et de Marie Martin, par contrat du 2 janvier 1722, devant Jacques Chevallier, notaire royal au Mans. Le futur apportait la part des effets de la communauté de biens existant entre lui et ladite Catherine Pollet, sa première femme, d'après l'inventaire dressé ledit jour par ledit notaire.
Au contrat signèrent avec eux : Claude et Renée de la Ronchère; de Cordouen ; Vasse ; Maulny ; Landouillette ; Bourée ; Papin ; Davoust ; Rivière ; Anne Berault ; Pillon ; Chabany ; Le Roux ; François Deschaufours ; Anne Rousseau ; Vallaubrun ; Bougard , N. Varanne ; Le Prince ; Beaury ; MetRenée Soleil ; F. Moulins ; C. Guerrand ; Anne Laisné ;
PDT
R.-F. Aubert ; Lefebvre ; etc., ete. Dans cet inventaire du 2 janvier 1722, il déclarait devoir : 18# à la dame Dampierre, de Paris ; à Catherine Gaillard, servante, demeurant à Paris, 7# 10 sols ; au sieur Tenau, chirurgien de Versailles, 10#, « pour avoir pansé et médica- menté Claude Dorgeuil, son fils, d’une blessure » ; 100 sols à la veuve Varenne, demeurant à Saint-Roch, à Paris, « pour argent presté ». Le 7 dudit mois, ladite Anne Cuisnier fait dresser inventaire de ses meubles et effets par ledit notaire. Veuf d'Anne Cuisnier, Edme Dorgueil se remaria en troisièmes noces, par contrat du 26 janvier 1724, devant Simon Cornilleau, notaire royal au Mans, avec Jacquine Le Prou, fille majeure de défunts Michel Le Prou, maître boulanger, et de Jeanne Belouin, demeurant paroisse Saint-Vincent, assistée de sa mère, de Jean et Joseph Le Prou, maîtres boulangers au Mans, ses frères. Le même jour, ledit notaire dresse inventaire des meubles et effets appartenant aux futurs.
DORIVAL (maitre RoBErr), « taille, musicien passant », chante « à la musique du chœur » de la cathédrale, et pour ce, reçoit 60 sols, le 15 juillet 1650 (1).
DORIZON (PiEeRRE), maître de psallette et grand chapelain en l’église collégiale de Saint-Pierre-de-la- Cour, commissaire désigné par le Chapitre de la cathédrale pour examiner les motifs présentés au concours de
la Sainte-Cécile de 1657 (2).
DORLÉANS (Girres)}, et Pierre MOUSSERON,
maçons tailleurs de pierre, construisirent, en 1622, la tour de l’église de Saint-Calais. Ils reçurent pour ce
(1) Arch. du Chap., B. 10, p. 566.
(2) Tbidem, B. 11, p. 135. — L'abbé Chambois, la Fête de la Sainte- Cécile en la cathédrale du Mans, dans la Province du Maine, t. I, p. 349.
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