‹ Dictionnaire des athées anciens et modernesChapitre 117 sur 134 · SOL · texte numérisé non relu

SOL

peu susceptible de sentimens religieux que nos soldats anglais. Idem.

N. B. Ce qui prouve du moins" que l'idée d'un Dieu n'est pas très-nécessaire à la discipline militaire. Ce n'est pas le nom de Dieu qui a mené nos phalanges républicaines à tant de victoires.

SOLEIL. Les payens reprochèrent à la secte chrétienne de consacrer urr culte âu soleil.

Solem credunt Deum nostrum.

TertuL apolog. XVI.

Le savant Dupuis , dans son Origine des cultes , a prouvé que ce reproche n'est pas sans fondement.

iV. B. On pourrait dire que le soleil est le père de la divinité. Sans lui , on n'aurait peut-être jamais imaginé un Dieu.

SOPHIE-BRET IN , née de 1750 à 1760, et directrice d'une manufacture à Orléans Athée d'opinion seulement , et n'en pratiquant pas tout-à- fait les princ ipes austères, dans sa conduite envers sa famille.

Voyez un mémoire publié à Paris , en janvier 1800 , par le Grand de la Leu ? jurisconsulte connu , et correspondant de l'institut.

SOPHRONIUS. Ce patriarche de Jérusalem avance que les ames ne sont poimy immortelles et incorruptibles.

SORATNUS. ( Quintus Valerius ) Deux vers qui nous restent de ce poète latin du VIIe. siècle de Rome , témoignent qu'il enseignait que Dieu est la cause immanente de toutes choses. Cette opinion ne diffère point du spinosisme.

Jupiter ' omnipotens , regum rex , ipse D eus que Vrogenitor , genitrix queDeum, Deus unus et omnis.

Imitation.

Tout puissant Jupiter ! Dieu des Dieux ! roi des rois ! Toi seul es tout , père et mère à-la-fois.

Contemporain de Jules-César , Soranus fut mis à mort pour avoir divulgué des choses qu'il était défendu de dire. Il ne reconnaissait d'autre Dieu que le monde ,

ou l'assemblage de tous les êtres.

i>i oh j-j ïrnm&'iz* \: A >o!j ^f>*^'f»$âi.

SORA'NUS. Ce vieux médecin , cité par Saint-Augustin , dit que la Nature est maie et femelle 5 il en fait un hermaphrodite , dans l'opinion où il est qu'elle et Dieu ne font qu'un.

SORBONNISTES. Un philosophe .mo-

derne qui avait fait autrefois sa licence A Paris , et qui regardait la faculté de théologie comme une excellente école d'incrédulité , a dit :

« Il n'y a guère de sorbonnistes qui ne » recèlent sous leur fourrure , ou le déisme, « ou l'athéisme ».

jV. B. Mais les fourbes n'avaient garde d'en convenir. Le mensonge les engraissait. Pour nous servir d'une expression de Carrefour , « à être honnête » homme et à dire la vérité , il n'y a que de l'eau » à boire ».

! SORBTÈRE , ( Sam. ) philosophe d'après îe proverbe : dis-moi qui tu hantes , je dirai qui tu es. Sorbière , lié avec Hobbes ! et Gassendi , professait leurs principes* lijî

S OIT F Y S. (les) La grande ame du monde ( espèce de spinosisme ) est encore à présent la doctrine des Soufys et de la plupart des gens de lettres de Perse ; elle se trouve expliquée en vers persiens trèsrelèvés dans leur Goul - Tchen - Raz , ou parterre des mystères.

Bernier , mém. du Mogol.

SPAGNOLI , ( Bapt. ) sur-nommé le

Manlouan ; poète épicurien , ne croyant peint à une autre vie ....

SPECTATEUR anglais. ( les auteurs du )

On peut être en état de faire pins de bien et de se rendre plus utile au monde par la morale sans la foi , que par la foi sans la morale.

La règle pour la morale est beaucoup plus certaine cme celle de la foi.

L'incrédulité n'est pas d'une nature si maligne que le vice.

Un incrédule vertueux peut être sauvé.

Disc. VI , tom. V.

La substance de Dieu est dans la subsistance de chaque être , soit matériel soit immatériel , et il s'y trouve présent d'une manière aussi intime que tout l'être l'est à lui même. V. Disc. tom. VI.

N. B. Nos moralistes anglais étaient spinosistes, dans toute la force du terme ; malgré toute leur circonspection , la vérité perce.

SPEUSIPPE , neveu de Platon.

Marchant sur les traces de son oncle, ce philosophe admettait aussi une force animale, à laquelle il donnait le nom et les prérogatives de la divinité.

SPOOSA , ( Baruch-Bendt ) philosophe

d'Amsterdam , né d'un juif.

Athée de système . et d'une méthode toute nouvelle . quoique le fond de ça doctrine lui fût commun avec plusieurs autres philosophes anciens et modernes , européens et oiienfaux. Il est le premier qui ait réduit en système l'athéisme , et qui en ait fait un corps de doctrine lié et tissu , selon la méthode des géomètres ; mais d'ailleurs , son sentiment n'est pas nouveau. Il y a long-temps que l'on a cru que tout l'univers n'est qu'une substance , et que Dieu et le monde ne sont qu'un seul être.

Tout le monde convient que Spinosa avait des mœurs. Encyclop. et Barle.

Il mourut , à quarante - cinq ans , bien persuadé de son athéisme. Sa garde-malade le crovait un saint.

Spinosa était doux et bon.

Lamettrie , V Homme-yiachine.

B. Spinosa établit nettement et précisément comme son. premier principe , que Dieu est la seule substance qu'il y ait dans l'univers , et que tous les autres êtres no

sont que des modifications de cette substance.

Spinosa était un bon et franc Athée , un de ces hommes tranquilles dont l'étude était l'occupation habituelle , et le désir de s'instruire, la passion dominante; qui, jouissant dans le silence de la retraite , où il vivait par goût et par réflexion , de cette sérénité , de cette paix inaltérable de l'arne si favorable à la méditation, cherchait à se rendre compte de ses opinions , sans se mettre fort en peine du résultat de son examen, c'est-à-dire , sans être arrêté par cette crainte puérile de choquer les idées ou plutôt les préjugés les plus généralement reçus.

IS aigeon , Encjc. Condillac, Spinosa disait : j'avoue que ne trouvant rien d'immatériel ou d incorporel dans la Bible , il n'y a nul inconvénient de croire • que Dieu soit un corps , et d'autant plus que Dieu étant grand , ainsi que parle le roi prophète , pseaume , 48 V. I. il est impossible de comprendre une grandeur sans étendue et qui par conséquent ne soit pas un corps.

Voyez la vie de Spinosa par Lucas j dans les nouvelles littéraires , ams t.

1719 , lom. X , p I , pa%. 40.

L'escriture sainte un donne expressément aucune difinition de Dieu.

L'expérience ne nous enseigne point ce que c'est que Dieu.

L'existence de Dieu n'est point évidente de soi.

L'idée que nous nous formons de Dieu , par les forces de l'entendement 9 qui considère la nature divine comme elle est en elle-même et laquelle il est impossible que les hommes puissent imiter ny prendre pour modèle dans la conduite de leur vie , n'appartient nullement ny à la foy , ny à la religion , et par conséquent les hommes y peuvent errer sans péché.

Voyez Réflexions curieuses , ou traité des cérémonies superstitieuses des juifs 9 1678 , in-12.

La Nature n'apprend à personne que l'on soit tenu d'obéir à Dieu 5 la raison même n'en sait rien .... Par conséquent nul n'y est obligé. Eod. loco.

Spinosa était impie , si l'on veut ; mais

c'était

c'était un savant paisible et de bonnes mœurs. Almanach des Républ. in-iz, p. 29.

Le nouveau dictionnaire Historique les qualifie de subtil incrédule,

Sipînosa était pythagoricien.

ride inter opéra posth. epist. 29.

Vertueux Spinosa ! le fer d'un assassin , 'Bien loin de ralentir ton généreux dessein , T'enflamma davantage ; et ton ame agrandie , Se frayant une route encore plus hardie , D'une seule substance alors tu fis l'aveu , Osas le démontrer , et l'univers fut Dieu.

Sylvain , Lucrèce français.

SPIRITUALITES. Le système des $pt± ritualistes est calqué tout entier sur celui des matérialistes ; il est né après lui ; il en a emprunté toutes les divisions , pour créer la chimère d'un Dieu et d'un monde purement intellectuel. Dupuis , Orig. des cuit.

SQUARCIA-LUPI , (Marcel) auteur d'une diatribe contre le médecin Lucquois Simo , Athée : Summa religio . . . in-j\° . i583. Mais le critique s'y montre tout autant impie.

STELLER, ( George-GuilJ. ) de l'J^aclémie de Pétersbourg.

Les habitans des lies Kuriles et du Kamschatka ne prononcent le mot Kuichu ( c'est le nom deDieu en ce pays-là ) que pour le tourner en dérision ; dans tous les accidens qui leur arrivent j ils ne manquent pas de le maudire et de le blasphémer.

Hist. du Kamschatka ijSo.

STELLINI, (Jacob) religieux somasque et professeur de morale dans l'université de Padoue.

C'est sur les lumières de la raison et non sur les usages ou sur la législation (religieuse et politique) des peuples , qu'on doit juger de la morale Dissertaiioncs , 1764.

iV. B. Nous sommes bien dédommagés de nos pénibles recherches , quand nous surprenons de tels aveux , dans les œuvres de gens qu'on ne soupçonnait pas, avoir pu conserver leur bon - sens sous la robe qu'ils portaient. Un moine italien penser ainsi , et oser l'imprimer ! certes ! d'après cela „ on ne doit plus désespérer de l'esprit humain.

-STEND ARDI , (Carlo) patrice Florentin et Siemaors. r 3 poète italien , auteur d'hymnes ( Inni 9 Livourne , 1763 ) corn-

posés à l'imitation de ceux d'Orphée , et dans le système de ce chantre du naturalisme. ;

Il faut lire sur-tout l'hymne à la Nature.

Dans des notes , Stendardi s'empresse , pour ne choquer personne , de prévenir que par Nature , il entend l'intelligence divine , appliquée à tous les-; êtres.

L t*Att • • • r* \ « iM\eMt\uii*i '■•£»'') ' 1

N. B. On sait le cas qu'il faut faire de ces déclarations orthodoxes que les écrivains , jaloux de, vivre et amis du repos, se hâtaient de faire , quand ils avaient le malheur d'habiter un pays çf inquisition ou de censure. Que de beaux et de bons ouvrages sont entachés de ces sortes d© satisfactions} tristes fruits de la crainte !

STILPON", philosophe Grec.

Bion lui ayant demaiidé clans une place publique , s'il était vrai qu'il y eut des Dieux .• '

«■ Imprudent ! ( lui répondit-il ) écarte la * foule , et tu auras de moi une réponse ».

Cratès lui demandant un jour si les Dieux prenaient plaisir aux prières et aux ai:>* rations des hommes ?

Stilpon répondit :

Page 1