‹ Dictionnaire des athées anciens et modernesChapitre 134 sur 134 · livre intitulé · texte numérisé non relu

livre intitulé

Spinosismus in judaismo detectus ; c'està - dire , le spinosisme découvert dans le judaisme.

N. B. Le Spinosisme est par-tout.

W ALLER, (Edm. ) poète anacréontique, anglais, élève de Saint - Evremont, épicurien de principes et de mœurs ; quoiqu'on l'entendit une fois sermoner le

duc de Buckingliam prêchant Patliéisme à la cour. Alors , Waller était déjà bien vieux. Il cessa de vivre , à l'âge de quatrevingt-deux ans.

WARBURTON. On doit entendre avec Warburton que il'unité de Dieu était un des dogmes de l'initiation , si l'on entend par unité de Dieu , celle du monde et de la force active et intelligente qui y réside : ce qui rentre dans le panthéisme qui a été la religion de toute l'antiquité , avant que les métaphysiciens eussent créé le monde des abstractions , et séparé Dieu du monde , et l'unité de Dieu, de Dieu lui-même.

Dupuis.

N. B. Warburton a rencontré lu vérité , peutêtre sans s'en douter. Ce ^ui est arrivé parfois aux docteurs.

Warburton a composé des dissertations , intitulées :

L'union de la Religion, de la Morale et de la Politique.

Le titre de ce livre rappelé la fable de la Brebis placée entre un renard et un loup.

Sia W E I

WEISS , ( le colonel ) membre du grand conseil du canton de Berne.

Il a été long-temps au service de France , successivement dans les régimens d'Erlach et Ernst.

Le second vol. de ses principes de la Philosophie, 3 vol. 1789, est terminé par une sortie virulente contre les Athées. Il faut que l'auteur ait eu une double doctrine ; car, avec se* amis, il professait l'athéisme.

Le ministre A. -Fr. Bœcken , membre honoraire de l'Académie latine de Gènes , a prouvé dans son examen du traité Philosophique sur la nature de Vame et du cœur humain par JVeiss , que c'était l'ouvrage d'un matérialiste.

L'auteur de la préface de cet examen , imprimé à Tubingen , en 1761 . in-40. ( Le professeur Plouquet ) pense comme Bœcken sur le compte de Weiss.

"WELSENS. (Juste)

J. Veisius , en flamand Welsens , de la Haye , fut un homme docte , mais fort inconstant sur le chapitre de la religion.

Bayle.

WESTERNS

"WESTERNES , îles sur la côte occidentales d'Ecosse , dont les peuples vivent à leur manière , sans urbanité , sans lois , sans religion , et cependant sont généralement honnêtes gens et fort équitables , aimant la liberté.

Le Démosthene moderne , à Utrecht , 1744 , tom. I , iV°- VIII , p. 86 , note,

WESTMINSTER. On lit dans ce temple de Londres , Pépitaphe latine de Buckingham , remarquable par ces deux ou trois traits :

Dubius , non improbus vixi.

Incertus morior , non periurbatus.

Eus entium , misère mei.

C'est-à-dire : j'ai vécu dans le doute , mais non dans le crime ; je meurs daru l'incertitude , mais non dans la crainte Etre des êtres ! . . . etc.

WHITBY, ( Daniel ) théologien ou plutôt philosophe anglais.

Voyez ses Discours où il est prouvé que la raison doit être notre, guide en fait de

religion , et qu'on ne doit rien admettre comme article de foi , qui répugne aux principes communs de la raison. in-8°.

Cet ouvrage et quelques autres lui méritèrent l'honorable qualification d'incrédule. Il mourut presque nonagénaire.

"WICLEFF. ( J. ) Omnes religiones , t/idifférentes , introductœ sunt à diabolo.

Toutes les religions , parmi lesquelles il n'y a pas de choix , ont été introduites par un mauvais génie.

Le fond de la doctrine de cet anglais consiste à reconnaître une nécessité absolue ea toutes choses.

WIEtAND, le Voltaire de l'Allemagne.

WILLIS et Perrault paraissent admettre une ame généralement répandue par-* tout le corps .... Hypothèse qui fut celle de Virgile et de tous les épicuriens.

Il résulte des ouvrages de "VVillis , de Cerebro , de anima brutorum , et de ceux de Perrault , Traité de la mécanique des animaux , que la matière a la faculté de penser , et aussi que la matière se meut par elle-même.

VULCANIUS, (Bonaventure) (auteur flamand ) est de la religion des Dez et des Cartes : il ne sait de quelle religion il est. Scaligerana.

WOLF fait les plus grands efforts pour que Dieu > témoin de l'action de la Nature, ne reste pas oisif et pour ainsi dire les bras croisés devant elle : ce qui tend à l'athéisme. Lamettrie , abrégé des Systèmes.

WOLF , astronome de Dantzig , a déshérité son neveu qui ne voulait pas pro- " fesser l'athéisme.

Note communiquée par J. Lalande.

WOLFIUS. ( J.-C. ) De atheismi vulgo suspectis. Dissertatio.

C'est-à-dire : des personnes suspectées d'athéisme : dissertation.

WOOD. Les religions dépendent plus qu'on ne pense du sol et du climat.

Essai sur le génie d'Homère , ch. Vil.

N. B. On ne pourrait en dire autant des vérités mathématiques : toujours et en tout lieu un triangle à trois cotés.

X^ACA, grand philosophe , métaphysicien excellent, clans le royaume de Siam. . .

Il semblait ne reconnaître point de cause première efficiente . . . . Plusieurs se scandalisèrent de sa doctrine. Les Chinois entr'autres l'eussent absolument défendue, s'il n'eut déclaré , par un livre fait exprès , qu'il croyait un créateur. Avec cette espèce de jnanifeste , il mit sa science à couvert ....

Le P. Cl iris t. Borry.

Il était métempsycosiste , et faisait Dieu et le néant sy nommes.

XENOCRÀTE, philosophe d'une si grande probité, que les magistrats d'Athènes le dispensèrent du serment.

Il ne reconnaissait pour Dieux que les sept planettes et le ciel des étoiles fixes.

Il était élève de Platon et d'Aristote , et vécut plus qu'octogénaire.

XENOPHANE. Son système n'est point éloigné du spinosisme.

Il composa plusieurs poèmes sur des matières de philosophie.

Il est notoire que selon Xenophane, Dieu

n'est autre chose que l'infinité de la matière .... Minucius Félix.

TJnum esse omnia. Xenophane a enseigné qu'il n'y a qu'un seul être , et cet être est le vrai Dieu. Cicéron , quest. Acadéni.

Xenophane , selon Aristote , disait :

Ce qui est un , est Dieu. Métaphjs.

Xenophane soutenait que la Nature n'a point eu de commencement et qu'elle n'aura point de fin , et qu'elle est toujours semblable à soi-même. Eusebe , Plutarque.

C'est ce philosophe qui disait :

Si les bêtes savaient peindre , elles représenteraient la divinité à leur image et ressemblance.

Xenophane fut banni de sa patrie.

Le système de Spinosa a été autrefois celui de Xenophane , de Mélissus , de Parménides , et de tant d'autres ....

Lamettrie , abrégé des Systèmes.

XENOPHON fait dire à Socrate que le soleil est Dieu , que Pame l'est pareillement.

Xenophon , le disciple de Socrate , tient qu'il ne faut pas chercher le vrai Dieu. Minucius Félix , Octavius , p. 59.

YOUNG. Ce poëte religieux anglais , est par fois philosophe, sans s'en douter. Il lui écliappe de faire synonimes Dieu et la Nature.

Jusques à quand l'homme dans son ivresse luttera-t-il contre la Nature ? Ignore-t-il que se révolter contr'elle , c'est se révolter contre la divinité ?

Seconde Nuit.

ZaNOTTI. Indépendamment de toute religion , celui qui vivra selon la raison , sera vertueux; s'il est vertueux, il sera tranquille , il sera heureux , comme Ylnteger Vitœ d'Horace.

Journal étianger par Arnaud, avril ?

1761 , page 74.

ZAMOLXIS. C'est ce philosophe homme d'Etat , qui introduisit le dogme de l'immortalité de l'ame chez les Thraces.

La religion est fUle de la politique.

ZANTE. On y trouve aussi quantité de gens qui font profession d'athéisme, (dans l'île de Zante , en Morée ).

^CoroneLli, description de la Morée.

ZARABELLA. (Jacques)

Zarabellade Padoue, philosophe du XVIe.

siècle , disait qu'à fin de croire l'existence de Dieu , qu'aucune raison naturelle ne démontre , on a besoin de la grâc e.

Il est accusé par Irnperialis d'avoir donné dans ses écrits plusieurs marques d'athéisme. Mais on le loue d'avoir vécu exemplairement.

[Cio ZEN

II ne croj> ait pas davantage à l'immortalité de l'ame.

ZENDEKÉENS. Chez les Arabes ou Sarrazins , les esprits forts aux yeux desquels la théologie et la philosophie ( ou le théosophisme ) s'étaient dégradées par une association ridicule, inclinèrent à l'athéisme : tels furent les Zendekéens et les D a va ri a ne en s* E n cy c 1 o p .

ZENDICISME. Nom d'une secte qui dans l'Orient nie la providence.

Le célèbre poète arabe , Abulola Ahmed 9 en était.

ZENON , insulaire de Chypre , et fondateur du Portique des Stoïciens.

Selon lui , Dieu est l'ame du monde.

Aussi défendait-il de bâtir des temples à la divinité.

Ce philosophe condamnait les sermens , comme indignes de tout homme probe et libre.

Zénon mourut, sans aucune marque d'invocation divine , dit Levayer : aussi désespère-t-il du salut de 6on ame.

Zénon

ZEN 52i

Zenon ne reconnut d'autres Dieux que l'univers ....

Maupertuis , essai de pUilos. morale.

C'était un bel homme.

Il n'eut d'autre métaphysique , que celle de Xenophane.

Zénon et Chrisippe disaient que Dieu et la matière étaient les vrais principes de la Nature.

Ce système était celui de Spinosa , mal développe et couvert par de belles expressions. Philos, du bon-sens , tom. I.

ZÉNON l né à Sidon ; célèbre philosophe épicurien à Athènes , et maître du poète Lucrèce , de Cicéron et de Pomponius Atticus.

Selon lui , l'essence de Dieu est de l'Efher ; le monde est un grand animal sphérique qui renaît de sa cendre comme le phénix.

ZENO. Discipulus Aristonis , ncque formant Dei intelligiposse censel , neque in diis sensum esse dicit , dubitat que omnino Deus animans nec ne , sit Cicero.

Ce disciple d'Ariston pense qu'on ne peut se faire une idée de Dieu .... etc.

Zenon et Cléante son disciple appelaient Dieu le monde animé par l'ame universelle.

ZÉTÉTIQUES. L'un des nomsdonnés aux sectateurs du pyrrhonisme; philosophes irrésolus , qui , dans la crainte de se tromper , ne croyaient à rien.

ZINDIKITES. ( les ) Philosophes mahométans , qui approchent des Saducéens. Ils croient qu'il n'y a point de providence .... Une de leurs opinions est que tout ce que 'l'on voit , que tout ce qui est dans le monde , que tout ce qui a été créé , est Dieu.

ZOROASTRE , philosophe • législateur religieux et civil.

IJEidnia • - Estait ( ouvrage qui forme la tradition des Perses ) nous apprend que dans la loi de Zoroastre , il est déclaré positivement que Dieu a été créé par le temps avec le reste des astres.

Mémoire d'Anquetil du Perron , tom.

XXX VII > A cad. inscript.

Quelques écrivains font dire à Zoroastre : Je viens leur annoncer ( aux Perses ) l'éternité de la Nature ou le feu principe

ZOR 5^3

qui l'anime : voilà le Dieu qu'on adora clans les premiers temps , quand on rendit un culte au soleil.

Stanleii hist. philosophiœ , p. il , 22 et 2,3 , de œlerna Naturâ sive deo' . . . paternus ignis.

Ils lui font dire encore :

Le peuple perdra l'ensemble de la Nature, pour ne s'attacher qu'aux détails. Je l'y ramène sans qu'il s'en doute par cette loi physico-morale.

Faites en sorte de plaire au feu , de plaire à l'eau, à la terre, aux arbres, aux bestiaux , à l'homme pur , à la femme pure .... Plaire au feu , par exemple, c'est en faire un usage raisonnable ; mettre le feu à une grange , c'est souiller la flamme , en lui faisant commettre un crime .... etc.

2V. B. D'oii il faut conclure que le Zend - à - J^esta- , le code religieux de Zoroastre , n'est que le panthéisme ou le spinosisme réduit en culte.

Les croyans ont pris le soin de grossir leur liste du nom de plusieurs personnages célèbres dans les « arts , dans les sciences et même dans la philosophie. Zoroastre et Socrate , disent-ils , reconnaissaient un Etre-Suprême. -Corneille , Descartes et Neuw ton étaient de bons chrétiens 3 dont les prêtres s'enor-

gueiilissent. Ceux-ci rabattraient de Ienrs préten* tiens , s'ils examinaient de près la conduite de ces grands hommes. Un géomètre , un poète , etc. peuvent être croyons , et même de bonne foi , sans que cela étonne. Tout entiers a leur art , ils craindraient de perdre un seul instant de leur vie à l'examen d'une doctrine qu'on leur a inculquée dès l'enfance. La soumission aveugle qu'on exige d'eux, les tranquillise de ce côté. Ils suivent machinalement le train ordinaire des choses ; et pour reculer les bornes de leurs taleus , ils consentent volontiers à rester dans celles de la foi. D'ailleurs , l'expérience leur apprend qu'on ne touche pas impunément à des objet? placés hors de la ligne commune. Ils ont déjà assez d'ennemis , sans provoquer des gens irascibles et implacables. Contens de leur» succès dans la carrière qu'ils parcoureut , ils laissent en paix ce qu'ils trouvent établi au tour d'eux. Si quelquefois on parvient à les provoquer sur ces matières , effrayés eux - mêmes des pas de géant qu'ils seraient obligés d'y faire , ils ont peur de leur propre ombre. Ils aiment mienx demeurer tranquilles, et jouir de leur gloire sans inquiétude.

Voilà la manière de voir des grands hommes les pins modérés. On connaît assez la conduite des autres.

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