‹ Dictionnaire des athées anciens et modernesChapitre 39 sur 134 · FEU · texte numérisé non relu

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leurs conceptions sublimes, ne daignent pas descendre de la hauteur oii ils sont placés , poar éplucher les articles de foi de leur enfance. Il* aiment mieux croire sur parole, et s'en rapporter «i l'opinion commune. Cela est plus commode et plus sûr. Ils ont besoin de tranquillité. Pucem amant musœ ....

Helvétius a dit : le crédulité des hommes est l'effet de leur paresse ....

De l'Esprit , dise. III.

Suivant le même philosophe : bien peu de gens osent dire ce qu'ils pensent.

Eod. loco.

FEU. Les habitans de la Terre de Feu occupent un petit archipel voisin du pays des Fatagons.

Une heureuse insouciance , les a empêché jusqu'à présent d'imaginer des Dieux ....

FICHLER , professeur en l'université de Berlin , destitué de sa place , à cause de son opinion.

N. B. En ce moment, dit-on, (la fin du XVIII'*. .siècle ) , l'empire littéraire de l'Allemagne est <jUf . visé pour et contre Dieu.

FLORENTINS .... Parmi les Florentins , il y a une société secrette de hardis

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penseurs ; mais ris ne se distinguent de leurscompatriotes que par leur amour pour l'étude , le goût de la retraite , la tolérance et la retenue. Bornés à leur sphère obscure, mais paisible , on ne les rencontre pas sur le chemin de l'intrigue , dans l'anti-chambre des gens en place. Ils aiment à méditer dans le silence ....

Costumes Civils actuels de tous les peuples connus , 1788.

FLUD , ( Robert ) de Fluctibus , philosophe Ecossois du XIVe. siècle.

La grande ame du monde était sa doctrine ....

Membre de la société anglaise des Chercheurs , ( Voyez ce mot. ) il se porta ie défensenr des frères Rose-Croix.

FO. Foi' , ou Foë , Chinois célèbre , qui mourut k soixante-dix-neuf ans.

A sa mort , il commença de déclarer son

athéisme.

La doctrine intérieure de ses disciples est qu'il n'y a qu'une seule et même substance.

Foë est antérieur à Confucius de beaucoup, et compte ce moraliste illustre parmi ses disciples.

FONTENELLE , ( Bovier ) sage digne de servir de modèle aux philosophes , disait :

II y a des momens pour croire.

Le témoignage de ceux qui croyent une chose établie , n'a point de force pour l'appuyer ; mais le témoignage de ceux qui ne la croyent pas , a de la force pour la détruire. Hist. des Oracles.

N. B. Nous laissons à nos lecteurs le soin de l'application à la croyance en Dieu.

L'auteur du Dictionnaire critique insinue que Fontenelle manque de religion. Il était de la secte nombreuse des Prudens.

FOPPIUS. De Atheismo philosophorum gen tiliii m ce le brio ru m .

FOUCAULT du Viviers , élève du médecin Petit; Athée prononcé. Il a laissé manuscrit un commentaire sur Spinosa. Il mourut jeune , ( 3o ans. ) vers l'année 1774.

FOUR , ( du ) femme aimable , élève de Beaulieu , l'économiste. Poursuivie par le chagrin , elle se poignarda , à Paris , âgée de près de trente ans.

ko FOU

FOURC . . . X , savant chimiste-, de l'Institut national de France.

i\7. B. D'ordinaire , les savans ne croient pas ; mais ils seraient bien aises qu'il n'y eut qu'eux d'incrédules. Semblables aux amans exclusifs et jaloux , on dirait qu'ils ne craignent rien tant que de voir leur doctrine devenir populaire. L'amourpropre, plus que l'amour de la vérité , est le premier chapitre de leur philosophie.

Faciamus experimentum in anima vili , disent quelques Athées avec les médecins ; et c'est- mal. La vérité, ce semble , ne saurait être trop , ni trop tôt connue.

FRANCE. J'ai connu en France quelques Alliées , qui étaient de très - bons physiciens. Voltaire , dictionn.

Ce n'est pas seulement aux études de lû philosophie que l'on impute l'irréligion ? t 'est aussi à celle des belles-lettres ; car on prétend que l'athéisme n'a commencé à se faire voir en France que sous le règne de François Pr. Baj-le et Claviguj.

FRANCKLIN , ( Benjamin ) le Pythagore du nouveau monde , et le second fondateur de la liberté américaine.

FRANC . . S j né dans le duché de Luxem-

bourg , peintre de portraits , à Paris , et quelquefois poète,

FRANCS-MAÇONS. En Allemagne , et ailleurs encore , quelques Athées , amis de la paix , prennent ce nom pour se réunir , sans causer d'ombrage , et sans essuyer de persécution.

N. B. On peut bien croire que dans leurs à-partet il n'est pas question de ces ridicules épreuves , adjnises dans les loges maçonniques ordinaires.

FRASSEN, cordelier. Ce maître en divinité , ( On appelait ainsi les théologiens de métier , ou docteurs en théologie ). n'ayant rien changé à la doctrine de Scot , (Voyez le capucin Casimire de Toulouse), a donc professé un spinosisme non développé.

FRÉDÉRIC II , fils de Henri VI , élu lui-même empereur en 1218.

Il avait l'esprit extrêmement pénétrant.

Il était courageux , magnifique.

Pour faire voir que Frédéric était impie jusqu'à l'athéisme , on lui imputa le livre des Trois Imposteurs. Morêri , dictionn.

FRÉDÉRIC II , (Charles) roi de Prusse»

0t FRE

Frédéric ne gardait point de mesure sur le chapitre de la religion , et heurtait toutes les convenances. A ses repas du soir , la liberté de penser se donnait carrière , sans presque peint de bornes. Aucun préjugé n'y était respecté. Galerie Univ. in-^.p. ioer n.

La crainte donna le jour à la crédulité-

Frédéric II.

Apôtre décidé de l'athéisme . il appellait vieilleries l'opinion de l'existence d'uo Dieu.

Frédéric . ( le grand ) roi de Prusse ? composa l'éloge funèbre de la Mettrie , l'Athée . et le fit prononcer dans une séance publique de l'Académie de Berlin , par un secrétaire de ses commandemens.

S. B. L'ithéiime entrait dans ses rues politique?.

FREINAIS , homme de lettres / traducteur estimable de plusieurs ouvrages anglais. Il avait été attaché à la maison du cardinal de Rohan.

JV. B. Plus on s'approche des prêtre? , plus on 5" éloigne de l'idée d un Dieu.

FRÉRET , ( Èfic. ) ce l'Académie des inscriptions , philosophe parisien , l'élève

de

de Bayle, dont il étudia les principes, pendant sa détention à la Bastille.

Quelques soient nos opinions sur la divinité , substituons la morale de la raison à celle la religion. Lettres à Eugénie.

Si nous examinons sans préjugé la source d'une infinité de maux dans la société , nous verrons qu'ils sont dûs aux spéculations fatales de la religion . . . etc. Idem.

Le temps des grands crimes est toujours le temps de l'ignorance : c'est dans ce temps où communément aussi Ton a le plus de religion. P. Lettre à Eugénie.

Que dirons-nous des Athées ? Sera-t'on en droit de les hair? Non, sans doute . . . .

L'éducation , l'opinion publique et les lois , bien mieux que les chimères de la religion , montreront à l'homme ses devoirs Les notions surnaturelles

n'ajoutent rien aux obligations que notre nature nous impose. Lettres à Eugénie.

J'ai parcouru toutes les contrées de l'univers ; j'ai examiné les mœurs, les usages , les coutumes de tous les pays qui le composent .... J'ai rencontré l'homme par-tout 9 et n'ai trouvé Dieu nulle part.

N. B. Ce mot philosophique est tout aussi éîo*quent pour le moins que le passage de Bossuet tan,É <ie fois cité ; il s'agit de la religion Égyptienne :

« Tout était Dieu , excepté Dieu même ».

Hist. univ.

FRÉVILLE , l'économiste , et le traducteur d'ouvrages anglais. Il professait ^athéisme à Paris , dans les cercles , dans les cafés. Il laissa quelques manuscrits sur cette matière.

Voici un de ses argumens :

L'objet d'une idée abstraite intellectuelle n'existe pas ;

Or, Dieu est l'objet d'une idée abstraite intellectuelle :

Donc Dieu n'existe pas ....

N. B. Et voici le développement ou plutôt la démonstration de ce raisonnement, auquel le fameux métaphysicien de Genève , Charles Bonnet , qni e» eut communication pour y répondre , ne répondit point catégoriquement. Cette pièce inédite nous s paru digne de toute l'attention des bons esprits.

De l'existence de Dieu.

Les objets de nos idées sont réels on idéaux.

' Il est une règle certaine , pour juger de

la réalité ou de l'idéalité de ces objets.

Il suffit , pour en juger , de- connaître la nature de Pidée.

Il est deux classes d'idées ; les idées sensibles et les idées abstraites.

Une idée sensible est le pur résultat de l'action d'un objet sur les organes des sens. L'objet de l'idée sensible est donc un être réel , un être qui a une existence individuelle; car, pour agir , il faut exister.

Une idée abstraite se forme de la comparaison des idées sensibles , par la réflexion. L'objet de l'idée abstraite est nécessairement un être idéal; c'est que l'idée ne résulte plus de l'action de l'objet , mais de la comparaison que nous faisons entre nos idées sensibles.

Dans cette comparaison , nous apercevons le rapport qu'ont entr'elles ces idées sensibles. Ce rapport , nous parvenons , par un acte de noire attention , à le séparer des idées comparées , à le représenter par un signe , ou à l'exprimer par un terme. Et ce rapport , aiusi détaché des idées sensibles, représenté par un signe, bu exprimé par un mot, est l'objet de l'idée abstraite. Il est évident que ce rapport, auquel le

signe ou le terme qui le représente , donne une sorte d'existence , ne peut réellement exister que dans l'entendement.

On conçoi t donc que l'idée abstraite consiste dans la perception et l'expression du rapport qu'ont entr'elles deux ou plusieurs idées sensibles. L'objet d'une telle idée n'est donc jamais qu'un être idéal , dont l'exemplaire n'existe point dans la nature.

Dès-lors , l'existence de Dieu cesse d'être un problème. Montrons-en la solution.

L'idée de Dieu est une idée abstraite. Il est impossible de n'en pas convenir. En voici l'origine et la formation.

En dernière analyse , l'idée de Dieu , est celle de l'être que nous croyons être la cause de toutes les choses qui sont.

L'idée de Dieu n'est donc que l'idée de l'être , unie à celle de la cause.

L'idée de Dieu est donc une idée abs~ traite complexe , ou composée de deux idées générales. Les rapports qui sont les objets de ces idées sont faciles à découvrir.

Le premier de ces rapports est la qualité d'être , commune a toutes les choses qui existent. Et il n'est point entre les êtres divers de rapport plus général. A l'aide

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de l'attention , on sépare ce rapport des objets ; on désigne par le terme être , la perception de celte qualité commune à toutes les choses existentes , et l'on a dans l'esprit l'idée générale de l'être.

Le second rapport est celui de cause, Nous exprimons par ce terme , la capacité d'agir , que nous observons être commune à tous les corps. Nous détachons des corps cette qualité commune ; nous l'exprimons par le mot cause , qui en devient le signe représentatif , et par-là , nous parvenons à fixer dans notre entendement , l'idée de }a cause en général.

L'idée générale de cause , ainsi que celle d'être , ne sont donc que deux idées abstraites.

Mais c'est de la réunion de ces deux idées, qu'on se forme l'idée complexe , que nous disons être l'idée de Dieu.

L'idée de Dieu n'est donc qu'une idée générale abstraite.

L'idée de Dieu ne nous représente donc qu'un être idéal , composé de deux rapports généraux, que l'entendement découvre dans les divers êtres qui agissent sur les organes des sens.

Ces idées abstraites . l'esprit ne les acquiert crue par la comparaison qu'il fait entre ses idées sensibles. Les objets de ces idées ne sont que les rapports qui existent entr'elles. Les objets de ces idées ne sont donc pas des êtres réels , mais seulement des êtres idéaux.

Or . l'idée de Dieu , comme on vient de le voir , est de la classe des idées abstraites.

Si quelqu'un pouvait en douter . je ne voudrais . pour Pen convaincre, que lui faire comparer cette idée . avec quelques-unes des idées sensibles dont elle est tirée.

Il vous est aisé d'observer, lui dirais-je , que tous les objets qui vous environnent , ont une qualité commune, celle d'être. Dirigez votre attention uniquement sur ce rapport général que soutiennent entr'eux les objets divers : détachez ce rapport des objets ; exprimez-le par le terme être. Alors vous aurez l'idée de l'être en général.

Remarquez ensuite , que tous les corps qui s'offrent à vos yeux , en agissant les uns sur les autres . produisent des effets divers. La propriété de produire certains effets est donc une propriété commune à tous les corps. Détachez . par un acte de

voire attention , ce rapport général qui existe entre tous les corps ; désignez -le par le terme cause , et alors vous aurez dans l'esprit l'idée abstraite de la cause , ou l'idée de cause en général.

On comprend donc comment on peut s'élever , de la considération d'un corps particulier . aux idées générales d'être et cause.

Or , remarquez , ajouterais-je , que c'est de la réunion de ces deux idées , qu'on forme l'idée de Dieu. Vous êtes donc forcé de reconnaître que l'idée de Dieu est une idée abstraite. Donc, devez-vous conclure ^ Dieu est l'objet d'une idée abstraite. Donc , Dieu n'est qu'un être idéal. Donc, Dieu n'a point une existence individuelle. Donc , l'existence de Dieu n'est qu'une idéalité. Donc , l'existence réelle d'un tel être est impossible.

Ceci est d'une parfaite évidence : car il est impossible que le même être soit à la fois idéal et réel.

Mais c'est-là ce qui arriverait à l'égard de Dieu. Par la supposition , cet être serait une réalité ; et ce même être , étant l'objet d'une idée abstraite , ne serait , par la nature des choses , qu'une idéalité. Il faudrait donc

que cet être Fût et ne fut pas en mêmetemps , ce qui implique contradiction.

Il est donc démontré que Dieu n'est point un être qui ait une existence individuelle. Les philosophes qui ont eu l'idée de Dieu, n'ont réalisé l'objet de cette idée abstraite , que parce qu'ils n'ont pas fait attention à l'origine et à la génération de cette idée. Ils n'ont pas vu ce qu'elle est dans La nature des choses ; mais ils ont cru le voir, et ils n'ont eu qu'une vision !

N. B. Quod erat deironstrandum.

FR....LE, l'instituteur. Dans son Temple de la Morale > ou Recueil de pensées gnomiques , il a inséré , avec une sorte de prédilection j quantité de vers de la plus haute philosophie 3 tirés des Fragmens sur Dieu 9 et dans le genre de celui-ci :

Non, je n'ai pas besoin d'un Dieu pour être sage.

FUEGO. Les habitans de la Terre Del- Fuego n'ont point la moindre étincelle de religion . . .

CAFFAREL ,

(xAFFAREL , ( Jacques ) bibliothécaire du cardinal Richelieu.

Il y a beaucoup d'apparence qu'il avait des opinions fort particulières , ... dit Bayle... en parlant de la religion de ce savant.

N. B. Cela veut dire , dans la langue de Bayle , -que GafFarel mérite les honneurs de notre dictionnaire.

Dans le sien, Bayle se sert souvent d'expressions propres à le mettre à l'abri de l'animadversion des ministres du saint évangile. Leur intolérance l'obligeait à certaines circonlocutions , à certaines formes préservatrices de la liberté de sa plume et de sa personne.

GALADIN , ( Mahomet ) empereur du Mogol ; illustre par ses belles qualités personnelles , et par son administration toute paternelle, n'eut vraisemblablement pas de religion; car il mourut, l'an i6o5 , sans qu'on ait jamais pu savoir de quel culte il avait été.

N. B. Un homme d'état , digne de ce titre . ne doit croire qu'à la vertu des lois, Malheur à une nation dont les magistrats suprêmes n'auraient d'autre frein que la crainte de Dieu ! Ce serait le règne des prêtres.

GALIEN , ( Cl. ) de Pergame , n'a pas seulement douté de l'immortalité de l'ame; mais il Pa même niée en plusieurs endroits de ses écrits.

La Religion du Médecin , note , p. 89.

Immortalitatis animœ negator. Naturalisiez, Epicurœus , enfin , Atheus , disent les Lexigraphes.

.... "Voilà la véritable science , ( La philosophie hermétique. ) que Galien et ses sectateurs n'ont pu , ni voulu connaître, puisque, ne reconnaissant pas un Dieu , auteur de la nature , ce grand nrystère leur a été et sera pour toujours caché.

Eclaircissement sur la Philos, hermét,

2V. B. Pour l'ordinaire , les alchimistes et les astrologues sont dévots : les chimistes et les astronomes ne le sont pas.

GANGE. ( les philosophes du )

Les brahmes ( Successeurs des gymnosophistes , sur les bords du Gange ). croient 3e monde éternel et sans principe. Un pur esprit ne leur paraît pas possible.

Anquetil, note du dise. prél. Zendavesta , p. 139 , iVi-40.

Quand on leur demande à voir Dieu , ils

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tracent un cercle, comme pour dire : Dieu n'est autre chose que le grand cercle de la nature. Forez les Foj-ages de Dellon.

Ils disent que nos ames sont des parcelles de l'ame générale , comme nos corp3 sont des parties de Punivers.

Brucker , Historia philosophiœ , z/z-40.

Les lettres Jésuitiques sur ce qui se passe en Orient, datées de l'année 1626^ témoignent qu'il se trouve encore aujourd'hui des peuples sur le Gange , lesquels ne reconnaissent aucun esprit supérieur.

Lamotte Levayer , de la Divinité.

N. B. L'athéisme s'est 'prononcé dans l'Inde et à la Chine plus que par-tout ailleurs. Les lumières datent, chez les Orientaux, d'une époque à laquelle les autres nations ne peuvent atteindre.

Foye{ les Lettres de Bailly à Foltaire.

GARASSE , ( Fr. ) jésuite , auteur de la Doctrine curieuse des Beaux Esprits de ce temps;

Il sçut en peu de temps que , selon le jugement du public , son livre était bien plus propre à fomenter l'athéisme qu'à le ruiner. Bayle.

B. Le tort de Garasse et de Hardouin n'eit

pas la calomnie. Ceux qu'ils donnent pour Athées, le sont en effet , soit au positif, soit indirecte^ ment , par suite de leurs principes. Mais nos deux jésuites intolérans sont coupable* d'avoir transformé une opinion en délit ; et ils ont légué leur mauvai» esprit à beaucoup de leurs successeurs.

G A . . T , littérateur français , de Finstitut national de Paris.

On nous assure qu'il est digne de se voir placé dans cette honorable nomenclature.

GARNIER , de Lyon; poète français.

Il vécut en épicurien et mourut en Athée r à Paris , l'an 1783 ou 1784. Il était jeune encore.

GARTH y ( Samuel ) excellent poète et médecin anglais , né au comté d'Yorck , mort le 18 janvier , 171 1.

Pope l'appelé : le meilleur des hommes.

On l'a accusé d'irréligion pendant sa vie et à sa mort.

GASSENDI. (P.) Morin publia hautement que Gassendi n'avait point de religion, et qu'il déguisait ses sentimens par pure politique et dans la crainte du feu. Metu atomorum ignis.

La philosophie de Gassendi n'est qu'un développement , une répara Lion du dogme d'Epicure.

cV Argens , Philos, du bon-sens, t, II.

Gassendi, au lit de mort , après s'être bien assuré que personne ne pouvait l'entendre , dit à un ami :

« Je ne sais qui m'a mis au monde , et » j'ignore pourquoi l'on m'en retire ».

Rêflex. sur les grands Hommes morts en plaisantant , p. 97.

On révoque en doute ce récit ; il est peut-être inexact : mais l'athéisme est une conclusion du système embrasse par ce savant recommandable ; et ceci est applicable à plusieurs autres systèmes de philosophie.

GAULARD , gentilhomme Bourguignon , dont Tabourot , seigneur des Accords , célébra les naïvetés , disait :

Si j'étais roi, je défendrais qu'on parlât de Dieu dans mon royaume, ni en bien, ni en mal.

N. B. En Allemagne et en Suisse , plusieurs gouvernemens embrassèrent autrefois ce parti , sans doute pour prévenir les querelles religieuses , qui jessemblent au festin de Lapithea • on finit

presque toujours par ne plus s'entendre et par se battre.

Il faudra bien un jour faire main basse sur la métaphysique , sur l'ontologie , la pshycologie , l'idéologie. . . . etc. et réduire toute la philosophie à la physique expérimentale et à la morale pratique. Pour nous entendre , simplifions nos études , émondons l'arbre des connaissances humaines ; et c'est à quoi tend l'athéisme.

GAULOIS, Le premier objet du culte des Gaulois , à l'exemple des plus anciens peuples , fut l'univers entier.

Beneton , Eloge hist. de la chasse , p. i&, 171-12 , 1734.

La religion des Gaulois n'était dans le fond qu'une espèce de spinosisme.

Bibl. Geim. p. 147, tom. XXXFII, 1733.

N. B. Nos théologiens français sont encore Gaulois sur ce chapitre , mais sans le savoir , ou du moins sans vouloir en convenir.

GAUTHIER , abbé de Saint- Victor.

écoutez-les , ( théologiens ) , vous ignorerez bientôt s'il y a un Dieu, ou s'il n'y en a point.

GÉANS , ( les ) gigantes.

Impia gens , Deos negans.

Macrob , Saturn. c. 20.

C'était vraisemblablement une société d'hommes instruits et courageux , véritables héros , qui voulurent renverser l'échaffaudage de la religion , et rappeller l'homme à la nature.

N. B. Un véritable Athée , au milieu de la gent crédule , est un géant parmi des nains.

GEBELIN , ( Court de ) né à Wismes : auteur du Monde primitif.

L'abbé Legros prouve , dans V Analyse de ce grand ouvrage , 1786 , in-8°. que Gebelin,qui ne reconnaît rien de spirituel dans l'espèce humaine , doit être placé à la suite des pyrrhoniens et des matérialistes , à la tête des déistes phjsiques. Page 227.

Dans le système de Gebelin , tout rentre dans la sphère des choses matérielles. Tout est matière et ressort purement mécanique.

Page 126.

GEOEFRIN, ( la veuve ) l'amie de d'Alembert ; philosophe française , morte à Paris en 1777.

N. B. On essaya de tourner en ridicule jusqu'aux bienfaits de cette femme , parce qu'elle ne faisait pas le bien au nom de Dieu.

GER.., ( Don ) Ce procureur des Chartreux , qui figura un moment dans la révolution , s'occupe , depuis plusieurs années , d'un ouvrage dans lequel il renverse toute espèce d'opinions religieuses.

Noie communiquée par P . . . d.

GERMANUS. ( Moses ) Ce Juif professa l'athéisme sous le voile de la cabale.

Il eut des imitateurs.

GERSCROM. ( Lévi Ben- ) Ce Rabin soutint publiquement , dans des livres imprimés l'éternité du monde . . . etc.

iV. B. L'éternité du monde , comme on sait, est un athéisme. Dieu et l'Univers , co-éternels , répugnent. Il faut reconnaître un Dieu matière , ou la matière sans Dieu.

GESSIUS , célèbre médecin du Ve siècle. Nous le réclamons , puisqu'il a dit que le mondevientnécessairementdeDieu, comme l'ombre d'un corps.

Docuit diserte mundum ab œterno fuisse et fore in œternum , eumque necessario a Deo esse productum ut umbra a corpore.

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