‹ Dictionnaire des athées anciens et modernesChapitre 49 sur 134 · JUL · texte numérisé non relu

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donc nécessairement ou qu'il n'y ait poinfc de Dieu , ou que tout soit Dieu.

«TULITJS. ( Carias ) Ce bon citoyen de Rome , condamné à mort par Caliguia , dit à ses amis , en souriant : pourquoi vous affliger ? vous cherchez si l'ame subsiste après notre mort, je le saurai bientôt . . . Sénèque, de tranquillilate animi. XIV.

JUTvIEU , ( P. ) ministre protestant.

Dieu, non-seulement, ne peut punir un Athée de bonne foi, qui dogmatise contre la divinité ; il lui doit récompense : car iî suit là loi éternelle et immuable , qui oblige l'homme , sous peine du plus grand pêche mortel qu'il puisse commettre, d'agir selon le dic tamen de sa conscience.

Il y a des Athées qui vivent moralement, bien. Le même.

Pourquoi y a t-il des Athées de prof es-, sion plus honnêtes gens que les Sociniens ?

Tableau du socianisme.

Cette proposition : Il y a un Dieu , se peut démontrer comme je crois, mais ce n'est pas par une démonstration qui soit sensible à un esprit vulgaire , comme on peut faire

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sentir à tout esprit , quelque bas qu'il soit> que six font la moitié de douze.

Jurieu , de la j\ ature et de la Grâce,

JUSTIN , ( S. ) martyr.

Ceux qui suivent la raison peuvent être regardés comme très-religieux , même quand ils seraient Athées.

Quicumque cuni ratione vixenint , christiani sunt quamvis Athei , quales inter grœcos fuere Socrates et Heraclitus , atque ii similes .... Quamvis nuilius numinis cultores habiti sunt. Apolog ....

Saint Justin décide qu'on ne doit pas dire que l'ame soit immortelle.

Dial. curn Tryph*

JU VENAL. (D.-J. )

Fata, regunî homines . . . . tic ... .

Sat. IX.

De la futalité; nous sommes les esclaves ....

Tanneguy le Févre , range ce poète vigoureux parmi les Athées.

KaMTSCHADALES , ( les ) peuples à l'extrémité orientale de l'Asie.

Les observateurs qui nous les ont fait connaître , assurent très-positivement qu'ils n'aiment ni ne craignent Dieu , et que Vidée d'une providence leur parait ridicule. . . .

Ne se refusant rien en ce bas monde , ils ne font aucun cas de l'autre vie. . .

KENDI , ( Al. ) philosophe mahométan , et Athée , ou de la secte des Éternalistes.

Voyez Dahriens.

KEPLER , ( Jean ) l'astronome.

Vossius remarque que les plus sages dirent que la terre était ou un animal , ou une partie du grand animal que l'on appelle le monde.

Kepler n'a pas été éloigné de ce sentiment. On dirait qu'il a donné à la terre une amê douée de sentiment.

Selon lui , toutes les étoiles sont animées.

Gassendi, . .

Remarquez bien qu'il serait assez difficile de réfuter la supposition de Kepler . . . etc.

Bajle.

KNUTZEN , (Matth.) né àOldensworth,

dans le Duchés -vich , composa, en i&fti une lettre latine etdeux dialo^aies alhn-an'ls., contenant les principes d'une sect° qu'iï voulait établir, sous le nom des Conseienc 'eu x, c'est-à-cire , de gens qui ne fesaienl profession de ne suivre en toutes choses que les lois de la conscience et de la raison.

Ce chef des Consciencieux niait l'existence de Dieu. . . etc.

Cet Athée se vantait d'avoir fait un grand nombre de disciples. Il en -> \ a i t . dit-iî . - • t, cens dans la seule ville d'Ièue , en Saxe. Il répandit aussi sa doctrine à AltdorfF. Sa Lettre se trouve toute entière, en latin et en français , dans les Entretiens de lu Cr zt.

Ver> i£-3. Matthias Knutzen , d'Oldenswort, dans le Sieswich , professa publiquement l'athéisme, à -peu -près tomme Boindin et Dumarsais l'ont fait de nos jouis» Knutzen répandit les premières semeiu es de son athéisme à Konisgberg, en Prusse.

Ce fcrave homme ne voulait reconnaître d'autre divinité que la conscience.

Il ajoutait :

La piété F liale est la seule religion digne de l'homme libre. Aiman. des Rêp. p. 5«f- Les folies de cet allemand nous montrent

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que les idées de la religion naturelle , les idées de l'honnêteté » les impressions de la raison, en un mot, les lumières de la conscience peuvent subsister dans l'esprit de l'homme , après même que les idées de l'existence de Dieu et la foi d'une vie £ venir en ont été effacées. Bayle.

Précis du système de Math. Knutzen.

Non esse Deum neque diabolum ....

Loco magistratus et loco sacerdotum esse rationem et sciendam cum conscientia conjunclam , quœ doceat honestè viueve ....

C'est - à - dire : il n'y a ni Dieu , ni diable.

A la place des magistrats et des prêtres , il ne faut pour vivre honnêtement que la rai son et la science , subordonnées à la conscience.

KOORNHERT, (Théodore) d'Amsterdam . . . grand défenseur de la liberté de conscience. Rien ne lui parut plus contraire ii la raison que de persécuter ceux qui ne Êont pas de la religion de l'État. Bayle.

KORTHQLT \ ( Christian ) professeur

en théologie , a publié l'ouvrage latin dont voici le titre :

De Tribus irnpostoribus magnis , liber,

Edoardo Herbert,

T lionne Hobbes ,

JJc/ietlicto Spinosa , 1701 , in-40.

N. B. Cest assez la logique et la méthode de» théologues Allemands et autres , de traiter d'imposteurs les philosophes. Injurier est chose plus facile que de répondre.

KO VAM. Nom d'une ancienne peuplade d'Egypte , qui vit sous des tentes , hors des villes , sans professer aucune sorte de religion : on ne dit pas que cette nation soit turbulente et sans mœurs. Bien au contraire. Voyez Herbelot , Bibl. or.

N. B. Nous avons cité les noms de plusieurs peuplades Athées , et nous aurions pu en inscrire un bien plus grand nombre. En général , le peuple , civilisé ou non , quelque soit sa croyance , vit , dans le fait , comme s'il ne reconnaissait pas de Dieu. Les seuls objets qui lui tombent sous les sens , l'affectent réellement. Le vulgaire n'est pas métaphysicien.

X<ABLEE , de Beaugency , poëte et littérateur français.

Dieu - mot abstrait et inintelligible. Vaste sujet de dispute. Signal de proscriptions.

On ne croit point en Dieu. La croyance est un sejntiment éclairé qui fait voir ce que l'esprit peut comprendre.

Hors de lui , l'homme ne voit , ne comprend que de la matière.

Ce Dieu , selon vous , est un être moral $ un pur esprit. Mais le moral ne résulte-t'ii pas d'une organisation physique ? Et de bonne foi , voyez-vous le moral séparé de la matière ? Là-dessus , vous faites des distinctions fines , ingénieuses. C'est ainsi que vous vous tirez de l'embarras de faire à une demande très-simple, une réponse simple , claire et précise.

Sur tous les objets soumis à l'intelligence humaine , les idées se sont simplifiées , éclaircies , à mesure qu'on s'en est occupé ; sur le mot Dieu , au contraire, elles se sont compliquées et obscurcies , ce qui arrive toujours quand on parle d'une chose sans ïa comprendre , ou qu'on se sert de mots dont ont ignore la signification.

Vous appeliez ordre le cours périodique des saisons. Le bel ordre que le retour constant des mêmes désastres et des mêmes maux !

LABORDE. Les philosophes Egyptiens regardaient le monde comme un vaste Touty qui est Dieu. Essai sur La Musique , in-q°.

LABRUYÈRE. (J.) Autant de têtes, autant de religions.

N. B. La Bruyère était très-réservé , et fort attentif à ne pas blesser les convenances j Dieu ne se soutient dans le monde que par-là. En général , les meilleurs esprits , les tètes les plus saines se piquent de montrer leur prudence , en sacrifiant à l'erreur , quand l'erreur est dominante. Si la vérité perce dans leurs écrits ou leurs paroles , c'est comme malgré eux , ou à leur inscu.

LACROZE. Une longue méditation , une étude profonde , de bonnes mœurs et un renoncement parfait aux préjugés , peuvent conduire un grand génie à l'athéisme : c'est donc assurément à tort qu'on veut persuader aux hommes que rien n'est plus évident que les preuves de la divinité.

Entretiens sur divers sujets.

LAGTANCE

LAC s25

LACTANCE opine sur la nature de hme, à-peu-près comme Arnobe, son Maître:

Il eotrpare le corps à une lampe , Je sang à l'huile; î'ame est la flamme ou la lumière.

. . . Anima sicut lu me m oleo. . .

De opif. Dei , XVII.

N. B. Etendez cette comparaison : appliquez-la >»u monde, à Dieu , à l'ame universelle ; vous avez le spinosisme tout pur.

LAFARE , ( Ch.-Aug. ) poète épicurien français.

L A FONTAINE , ( Jean ) le Fablier.

Les véritables Athées réclament le bon Lafontaine. Il vivait parfaitement , sans éprouver le besoin d'un Dieu. C'était le moindre de ses soucis. Sa belle ame , toute â la nature , était étrangère à ces idées factices , inventées par de.> fourbes , pour contenir , disent-ils , les méchants , mais bien plutôt pour faire des dup.'s.

Lafontaine est mort comme un saint , a dît Limère.

Qu'importe ! il avait 74 ans. Sa verve était éteinte. Ce n'était plus Jean.

Qui s'en alla f comme il était venu ,

du moins il se Pétait bien promis : c'était monsieur de Lafontaine cathéeiiisé, embêté , ( pardon, honorable lecteur) par monsieur le vicaire de Saint-Roch.

LAGRANGE , de Paris. L'instituteur des enfans du Baron d'Holbach , l'ami de Di .emt , et le traducteur de Lucrèce et de Sénècrue.

L A G . . . GE célèbre géomètre , ds l'Institut national de France.

Je crois impossible de prouver qu'il y a un Dieu.

N. B. S'il est raisonnable , s'il est digne do l'homme de ne croire que ce qu'on lui prouve , toui

les géomètres doivent être Athées.

LAIXEZ . (Alex. ) poète et philosophe ; épicurien français. Il fit le voyage de Hol-» lande , tout exprès pour s'entretenir avec Bayle.

Lainez, prêt à cesser de vivre , ( en 1719 , il demeurait à Paris , ) demanda à être transporté à la campagne , pour v contempler la nature , a va ut de fermer les yeux. Au mépris de ses dernières volontés , un prêtre lui apporta le viatique.

ïiÀLANDE , ( Jérôme ) l'astronome , et de l'Institut national , a réclamé lui-même une place clans ce Dictionnaire , en ces termes :

« Je ne veux pas qu'on puisse dire un » jour de moi : — Jérôme Lalande , qui ne » fut pas l'un des derniers astronomes de » son âge , ne fut pas l'un des premiers 3> philosophes Athées — ».

Dans quelques-unes de ses lettres à ses amis , il signe Lalande , doyen des Athées....

Cousin croit que mon athéisme m'a sauvé en 1794. . . Notes de Lalande.

Lorsque je fais un calcul , il s'opère dans mon cerveau et dans ma main un mouvement qui est sans doute matériel.

Un mouvement quelconque de la matière peut être produit par l'action d'une autre matière agissante,, stimulante, attirante , ou poussante , de quelque manière.

Concevons que ce mouvement du cerveau et de la main , soit excité par une matière analogue , et appropriée à nos organes , comme le serait une épingle pour irriter une fibre engourdie , et que le même mouvement soit excité par cette épingle sur les

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