‹ Dictionnaire des athées anciens et modernesChapitre 5 sur 134 · AVE · texte numérisé non relu

AVE

ardens défenseurs du dogme qui établit que sans La crainte d'une providence il e^t impossible d'égaler , par rapport aux bonnes mœurs , ceux qui ont reconnu un Jupiter .... etc. de montrer un plus honnête homme qu'Atticus. Bar le.

AVERROES , qui se surnomme le commentateur par excellence d'Aristote, comme celui qui a le mieux reconnu son génie , n'a jamais reconneu de cause première ny peu comprendre cette divinité.

Laniothe Levayer.

Quelque fondée que l'opinion d'Averroës puisse être sur Aristote \, elle est dans le fond impie .... puisqu'elle conduit à croire que l'ame, qui est proprement la forme de l'homme , meurt avec le corps.

Averroes niait que la création fut possible.... Avicenne était du même avis.

Averroës s'écriait :

Mo ria tu ranima mea, morte philosophorumX

C'est-à-dire : que mon ame meure de la mort des philosophes '

Il est sûr qu'il n'admettait point de peines et de récompenses après cette vie ; car , à

proprement parler , il enseignait la mortalité de l'âme humaine.

AUGUSTIN. (S. ) Dieu est un être dont on parie , sans en pouvoir rien dire.

En et cas, grands docteurs, brt'.lez-donc tous vos livres.

Ce père 4e l'église croit en outre à la fatalité , car il pense que l'homme est déterminé invinciblement mi mal ou au bien. ..

AUR.FLIEN. Cet empereur Romain ne reconnaissait d'autre Dieu que le soleil. C'est être spinosiste.

ATJREOLUS. (P ). Cet archevêque d'Aix a soutenu l'imposibiiité de la création. * C'est être matérialiste.

BACON. ( le chancelier )

L'Athéisme n'ôte pas la raison , ne détruit point les sentimens naturels , ne porte aucune atteinte aux lois ni aux mœurs . . .

Un Athée, loin de brouiller, est un citoyen intéressé à la tranquillité publique par l'amonr de son propre repos... Essais moraux.:

Les temps inclinés à l'athéisme, comme le temps d'Auguste et le nôtre , ont été temps civils et le sont encore là où la superstition bouleverse plusieurs Etats.

Un physicien doit faire dans ses recherches une entière abstraction de l'existence de Dieu , pour suivre son travail en bon Athée, et laisser aux prêtres le soin d'appliquer les découvertes à la démonstration d'une providence , et à l'édification des peuples .... Augm. Scient. III. 5.

Tout ce qui a le moindre rapport à la religion , est sujet à caution. Nov. Organ. 1.2.

De toutes les erreurs , la plus dangereuse, c'est l'erreur divinisée.

Parmi les causes de l'athéisme , le philosophe anglais assigne les siècles éclairés et un temps de paix.

Prenons acte de l'aveu , et corrrl'ions :

Donc , l'nt; éisme n'est point le produit d^s ténèbres, ni L'enfant 4e l'ignorance. Cela doit rassurer.

L'Athéisme laisse à l'homme le sens „ la philosophie, la piété naturelle, les lois, la réputation , et t< ut ce qui peut servir de guide à la vertu . . .

L'athéisme ne troubla jamais les Kbits , mais il en rend l'homme plus prévoyant à soi-même , comme ne regardant pas plus loin. Bacon , cité par Lamoth'e Lei aver,

.A*. B. Le ci-devant supérieur d'un séminaire , ( Ernery ) vient de publier , en 2 vol. 1/7-8°. le Christianisme de Bacon. Ces deux volumes in-8°. , joints à nos citations en sens contraire , pronrent que Bacon , ainsi que Pascal , et pre-que tous les philosophe? de l'antiquité et de notre âge , ont cm et croient encore devoir professer deux doctrines en même temps ; ce qui n'est pas le plus beau côté de leur histoire.

BAGAVADAM. ( l'auteur du ) Plusieurs passages du Bagavadam ne nous permettent p-s de douter que l'existenre de l'ame du inonde et le pantliéirme , sontles principaux dogmes de la philosophie et de la religion des indiens.

Le panthéisme a fait le tour du globe. BALEUS , (G.L.) stoïcien. Rien n'existe que l'univers. Le monde est Dieu.

BALLIN . mathématicien français.

S'il était un Dieu dans le ciel , il n'y aurait point de tyrans sur la terre. . . .

Quand un législateur annonce une loi, sans se mettre en peine de consulter celles de la nature , et qu'il veut la faire exercer au nom de Dieu c'est qu'il sait que ce vain phantôme ne le démentira pas... . .

Puissent donc les peuples s'armer d'assez de courage pour braver et faire rentrer dans le néant la monstrueuse chimère dont les imposteurs ont fait le tyran du ciel ! . . .

Extrait des manuscrits de ce philosophe modtsle du xviîi6 siècle.

BANNIER. L'a théisme a commencé avant le déluge. Mythologie , tom. 1 , m-40. p. 154 et i55.

BARBARA , Imperatrix Hungrire.

Quum ab omni religioue destiluta foret, superos et inferos esse negabat .... Et post moriem , cum nihil supers it , nu lia m deorum animor unique curam essesubeundam.

3o BAR

C'est-à-dire : cette impératrice de Hon~ gr'e , sans religion aucuns, niait tout à plat cju il y eut une divinité au ciel ou dans les enfers Selon elle, après la mort , le néant; elle concluait qu'il ne fallait donc point se mettre en peine de son arae, pas plus que craindre un Dieu ....

BARON. ( Théodore ) Ce médecin de Paris, c[ui y mourut aveugle en 178 . . . professait l'athéisme dans l'intimité de ses amis.

Vbi très medici, duo Alhci.

Le docteur Baron , ancien doyen des médecins de Taris , disait que le proverbe latin serait plus vrai , ainsi amendé : très medici> quatuor Athei.

Trois médecins valent 4 Athées.

PARGNIUS , CC.) napolitain, bibliothécaire du Vatican.

Les siècles les plus savans ont été les plus infidèles . . • Sine Ji de.

N. B. La foi ou la croyance en Dieu , ne serait donc que le digne fruit des siècles ténébreux on barbares ! Il faut bien qu'il en soit quelque chose j cc.r cotte opinion n'a point l'évidence pour caractère. JDieu , enfant de la nuit , selon l'expression

BAR 3i

•d'Hésiode , doit nécessairement se dissiper comme un phantôme, à mesure que le jour de Piitstrucrioft s'insinuera dans les yeux de l'homme. Plus nous grandirons j plus nous ferons d'infidélités à la théologie.

BARTHOLIINT (Thomas ). S. Anselme, archevêque de Cantorbéri , se voyant près de la mort , à l'âge de 76 ans , souhaita un petit délai , afin d'achever une question très-obscure qu'il avait commencé sur l'ame.

S'il eut obtenu encore 76 ans de vie % dit Bartholin , je doute qu'il eut pu venir à bout d'une question si obscure.

Bertholinus , de legendis libris , discert. VI,

JV. B, Quand on en est encore au doute sur l'ame, quelle idée peut-on se faire d'un Dieu ?

BASNAGE , ministre de l'Évangile.

Quelque générale que soit Pidée de la divinité , il faut! avouer que les lois du bien et du mal sont encore plus profondément imprimées dans le cœur . . . c'est pourquoi on a vu quelquefois des impies dont la morale ne laissait pas d'être assez pure.

IV. B. Prenons acte de l'aveu , et concluons : Donc , ii ne faut plus d'échafaudage , quand la maison est bâtie ; donc , la conscience et l'instruction publique sont deux leviers puissans qui suffi-

Page 1