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frères : • !^ Sainteté me nomme cArainal , • leur dît-il, «m.iîsne v^ns eiïarouchez point è la voe de c<*lte dignité. Je livrai toujours au miliou de vous« comme un d'entre vous, toujours Totre serviteur , toujours votre ami, ne vous laissant jamais apercevoir que i*aî cliangé d*élat. > Celte promotion eut lieu le 9k sefitembre 1759.
Il tint parole h ses confrères , et, s*il employa chaque année les vingt mille livres que le Pape donnait aux cardinaux religieux, pour soutenir le titre d*éminence« il n'en fut ni moins pauvre, ni moins modeste. Il ne quitta sa cellule pour prendre un apfiarlement au premier dortoir, que parce qu'il ae vit obligé de recevoir souvent des visites d'éclat : « Il m*est impossible de voir le cardinal Ganganelli, «disait un lord qui le visitait fréquemment , «je ne trouve jamais en lui qu'un religieux rempli d'humilité. »
Bientôt tes visites tie cérémonie, les consultations, les fonctions cardinalistes vinrent troubler sa chère solitude; mais il économisa toujours son temps, de manière à pouvoir étudier: « La nuit est une bonne amie sur taquelie je compte, » disait-il , lor5qu on Favail distrait pendant la journée, «elle réparera le dommage qu*on ma causé , en me faisant part de ses heures et de son silence, pour que je tiavaille tout h mon aise. » On prétend qu*un général d*ordre étant venu le visiter, et ay^ui laissé sur sa table un billet de quatre mille écus romains, payables k vue, il le lui renvoya sur-lechamp, en lui mandant mi'il ne connaissait d'autres richesses oue la pauvreté ; que d'ailleurs il serait obligé d'avoir de la reconnaissance , et qu'il ne voulait contracter aucun enfj^gement.
Los diverses congrégations qui se tiennent h Rome ne faisaient que répéter les décisions du cardinal Ganganelli ; il en était l'âme et le flambeau : il y parlait avec autant de clarté que d'érudition, comme un homme qui avait fait une amule orovision de connaissances et d'idées.
Sun savoir ne se t>ornaii pas à la théologie et au droit canon; les belles-lettres, la politique, la bonne philosophie le menaient au niveau de son siècle et des hommes les plus éclairés. Jusque dans ses récréations il •avait s'instruire , tantôt en interrogeant les artistes , tantôt en parcourant des livres capables d'orner l'esprit. On voyait sur sa table les écrits périodiques qui s'imprimaient è Paris: « Ces productions, que jt* godle infloiment, m'apprennent à connaître la littérature française, que je trouve beaucoup moins brillante que la nôtre, mais bien plus concise et bien plus solide. »
Son esprit faisait de fréquentes excursions dans tes pays étrangers, pour se représenter le génie, les usages, les mœurs des nations ; il savait parler avec un Anglais, comme un homme qui aurait habité Londres ; avec un Français, comme un voyageur qui aurait vu Paris. Le grand bomiue est citoyen du noode. Aoiae fut toujours remplie ae personnages
célèbres. C'est le contre de frilalie où Ton vient aboutir, quand on veut se fornit^rou se perfectionner ; on V étudie les hommes , teui-s mœurs, leurs usages , leurs lois; on 7 voit distinctement le tableau des cours et des nations , ainsi que les ressorts qui les font agir. Le concours des élrangc^rs, que la religion ou la curiosité y attire de toutes paris, y développe des passions et des talents, dont les Romains profilent habilement; ils paraissent ne s'occuper que d'euxmêmes , et ils ne laissent rien échapper de tout ce qui s'offre h leurs regards, et de tout ce qu'on leur dit. Le cardinal Gancanelli, avec sa rare pénétration, analysait Tes esprits, et les réduisait à lour juste valeur; mais sa principale étude fut toujours une application constante k ses devoirs : il suffisait de savoir ce qu'il devait faire, pour ètro assuré de ee qu'il ferait, et il avait cela de commun avec ses illustres collègues. Les cardinaux, quoi qu'en ait dît la malignité, vivent k Rome de la manière la plus édifiante ; leurs maisons , toutes superbes qu'elles sont, ressemblent moins k des palais qu'à des mausolées , et ils n*en sortent que pour s'acquitter de leurs fonctions. On n'y connaît ni la table, ni le jeu, ni la société, k tDOins qu'il nyait sur le soir une simple conversation , instroclive autant que réservée. Cependant le cardinal Bellarmiu disait qu'ils n'étaient pas saints» parce qu'ils voulaient ôtre très-saints.
Ni la retraite , ni le travail ne prirent Jamais rien sur la gaieté de Ganganelli : iléla- Suait les chagrins comme un jardinier liabile lague les branches qui arrêtent la végétation d'un arbre. « Chaque homme a une richesse qui lui est propre, »dtsait-il,« et la mienne est la gaieté, le seul patrimoine que mes parents m aient laissé, et que je préfère k tous les trésors. » On ne croirait pas que les cardinaux, qui tiennent.k Rome un rang si élevé, et qui y jouissent des plus grandes prérogatives, se distinguent moins |>ar leur pompe que. par l'affabilité: ils mettent k leur aise tous ceux qui leur parlent, et, malgré l'étiquette attachée k leur grandeur, ils sont populaires, et chacun Tes approche sans être ébloui de leur dignité : ils ne connaissent point ces politesses impérieuses que les cens en place emploient avec act pour ne rien perdre do leur orgueil, et pour avoir en même temps la réputation d'hommes honnêtes. « C'est ce qui me console ,|» disait le cardinal Ganganelli , «de me voir dans la classe des Eminences : r4ir on doublerait et triplerait les honneurs du cardinalat, dontje suis environné, que je n'en serais pas moins le très-humble serviteur du dernier des malheureux. Mon âme auraitelle donc changé, parce qu'on m'appelle Eminence? Il me semble que je suis toujours le même individu qui naquit k Saint- Arcangelo, et que mon être n'a pas plus d'amplitude qu'il n'en avait avani ma promotion. »
. 11 aimait singulièrement les étrangers , et surtout les Français. < Il n'y a |>as jusqu'à
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DICTIONNAIRfi
italien, le roprésunlail comme ayant des dents pour mordre ol un bon ni^z uour sentir:
A demi pcr morslc«re, E buon iiazo per sentire.
Cétail d*autani plus flatteur que les satires qui coururent alors nYfïargnèrcnl personne, «t que, parmi les cardinaux, il y en avait de désignés, l'un comme ne sachant pas parler; Ah! nescio loqui; Tautre comme ayant tout au plus une forme humaine : Animal habenâ yuasi facitm hominis^ etc.
Le conclave dura trois mois et quelques jours, la difliculté de nommer un Pontife dans des circonstances aussi épineuses le rendait très-tumultueux. Les Jésuites avaient beaucoup de cardinaux qui leur étaient dévoués et ({ui craignaient la ruine prochaine de la Société; les opinions étaient continuellement contrebalancées, il fallait trouver les moyens d*allier la religion avec la politique; de soutenir les droits du Saint-Siége et de déférer aux désirs des souverains.
Les cardinaux attachés à la maison de Bourbon savaient que Ganganelli, sans avoir aucune animosité contre Hîs Jésuites, ne les avait jamais cultivés; qu'étant professeurde théologie il combattit plus d'une fois leurs opinions; qu'il s'expliquait hautement sur la nécessité de se rapprocher des puissances; qu'il [)ensait enfin que, dès qu'un ordre religieux était en butte aux princes catholiques, il fallait absolument le supprimer. D'ailleurs, un religieux du Comtat-Yenaissin qui s'était particulièrement lié à Rome avec le cardinal Ganganelli et qui en recevait des lettres fréquentes sur toutes les mesures de Clé.iient Xlll, crut devoir, pour le bien deTEglise, faire part de cette corres* l)omiance au ministère français.
On y vit que sa manière de penser ne s'accordait nullement avec le système précédent ; qu'il était homme à seconder les vues de la maison de Bourbon, et Louis XV ordonna au cardinal de Bernis d'appuyer fortement l'élection de Ganganelli. De Bernis entraîna le cardinal Rezzouico et son parti du côté des Espagnols et des Français; et 4;e fut une victoire importante en ce qu'elle décida l'élection du cardinal Ganganelli. On peut juger, d'après cet exposé sincère, s'il est vrai, comme le débitèrent de méprisables satires, que Clément XiV n'obtint la tiare qu'à la condition de détruire la Société: c'était outrager de la manière la plus criminelle et le chef de l'Eglise et les souverains «ux-mémes que de les supposer capables d'un tel complot.
Ganganelli méprisait trop les honneurs, il avait la conscience trop délicate pour se prêtera une aussi horrible simonie. Mais tel est le sort des plus grands hommes, il n'y ^n a point qui n'aient deux réputations; les uns les préconisent, les autres les déchirent.
C'est le 19 mai 1769 que le Sacré Collège reconnaissant eniin que le cardinal Gangaoelli serait agréable è tous les souverains,' sachant d'ailleurs combien il était savant et ▼urtueuxy le proclama Souverain Pontife. On
le vit paraître alors comme un arc-en-ciel q'ii sort d*u!i nuage épais et qui annonce ie retour du beau ti^mps. il voulait s'imposer iel nom de Sixte VI, mais Clément Xlll l'ayant fait cardinal, il en prit le nom par reconnaissance.
Il fut si peu étourdi de sa dignité suprôroe, qu'on eut toutes les peines du monde à le réveiller le lendemain de son exaltation. Jamais il n'avait dormi d'un sommeil plus tranquille et plus profond. Ce n'est sûrement pas ainsi qu'un ambitieux eût passé la nuit. Lorsque après l'adoration on lui demanda s*il n'était pas fatigué, il répondit avec son ton humble etnaïfcuu'il n'avait jamais vu cette cérémonie plus a son aise, d'autant mieux qu'il se souvenait d'avoir été vivement repoussé h pareille fêle quand il n'était que simple religieux. »
Il est incroyable combien le peuple romain fit éclater sa joie lorsque te cardînai-diacre vint selon l'usage annoncer k haute voit : « Vous avez pour Souverain Pontife François-Laurent Ganganelli, qui s'est imposé le nom de Clément. » On n'entendait que des cris d'allégresse, on s'imaginait que le siècle d'or allait recommencer... Maishélas 1 c'était l'aurore d'un beau jour qui ne devait durer qu'une matinée.
On pressa vivement le nouveau Paiie de faire expédier un courrier à ses sœurs pour leur 'apprendre une si agréable nouvelli-; mais il se contenta de leur écrire par la poste en disant qu'elles n'étaient point ancoulumées à recevoir des ambassades etqno cela leur causerait une révolution.
' 1 prononça, quelques jours après son avènement au trône pontifical, un discours digne do son cœur et de soo génie. Après avoir exposé qu'où voyait dans aa personne, < comment ie néant pouvait derenir quelque chose entre les mains de Dieu, il s'éleva insensiblement jusqu'à déployer la puissance et les prérogatives du souverain pontificat, et lorsqu'il eultracéle plan qu'il se proposait de suivre dans le gouvernement de l'Eglise, il termina ainsi ; « Avec l'aide de Dieu, nous gouvernerons l'Eglise militante de manière à ne pas perdre l'Eglise triomphante, Sir, juvantt DeOf gu^ bernabimuê Èeclesiam miUtMaUm^ tU mm amiiêamus triumohantem.
Jamais Pape n avait éléélu dans un temps plus orageux. Le Portugal vivement irrité contre Rome, comme n'en ayant pas reçu la satisfaction quMI désirait en ce qui concer* nait les Jésuites, avisait aux moyens de se donner un patriarche, et de ne plus commnnicfuer avec le Pa|>e, que par la voie des prières. L'E^^pagne, qui exigeait l'abolitioa de ce même oriire, tonnait continuellement auprès du Saint-Siége, et laissait entrevoir quelque démarche funesleà lacourdeRome.
La France, en possession d'Avignon et indignée de la manière dont on avait traité la duc de Parme, s'unissait è l'Espagne, pour faire éclater en toute occasion son ressentiment. Naples, soutenue par les autres couronnes, et dirigée (»ar un luiuislère éner-
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giqae, retenait BénévenI, PoiUe-Corvo» et monaçait de pousser plus loin êeê limites, ^rtne, la pierre d*achoppeinentt exigeait une rétractation de la part du Pape mèmet oomme une justice qui lui était due. Venise prétendait réformer les communautés religieuses! sans eu conférer arec Rome; la Pologne cherchait les moyens de diminuer les privilèges de la nonciature, et de restreindre Tautorité pontificale ; les Romains eui-mémes murmuraient de voir leurs possessions devenir la proie des étrangers; et pour comble de maui un esprit de vertige, répandu de toutes parts, attaquait les rois, les pontifes. Dieu lui-même, et rangeait le christianisme dans la classe des chimères et des soperMitions. Quel coup d*Œil pour le chef de l'Eglise !
Clément XIV commença par adresser des prières ao Ciel pour les besoins de l'Eglise et de TEtat. Il écrivit à tous les souverains, leur montrant une âme pacifique, et les intéressant vivement par la tendre affection qu*il leur témoignait, il nomma le cardinal Pailavicinî, son secrétaire d*Stat, comme un ministre agréable aui couronnes ; mais bien résolu de gouverner par lui-même, et de prendre sur le fait tous les agents subalter'* oes qui mal verseraient. « Rien, » dit-il, < n*est k négliger lorsqu'on est souverain : les plus petits objets ont des ramifications qui s'étendent jusqu'au! premières racines.»
Dans Cr'S dernières années, une vive controverse s'est engagée sur le pontificat de Ganganelli. Le P. Tlieiuer, gardien des archives du Vatican, a publié les documents originaux relatifs à la suppression des Jésuites; mais il a ac(*.ompagne oes documents d*un commentaire hostile h ces vénérables religieux. M. Crétiueau-Joly, pour les défendre, est tombé dans l'excès contraire, et a outragé la mémoire de Clément XIV ; ils*est même permis des allusions blessantes pour Sa Sainteté Pie IX. Le P. de Ra vignan a clos la discussion par un livre impartial où il rend justice k tout le monde. Outre ces trois ouvrages, dont la lecture est nécessaire pour avoir une idée decetle discussion importante, beaucoupd*autres(celuideM.deSaint-Priest par exemple) ont été publiés sur la suppressioD des Jésuites, è propos des réclamations relatives à la liberté d'enseignement sous la monarchie de Juillet. [Voy, le Dieitotmaire ét$Pap$ê pour l'histoire du pontificat de CUmeni XIV.)
GARAMPI (JosBPH),nékRimini en 1725, évéque de Montefiascone, fut fait cardinal par Pie VI en 1785. Il mourut en 1792.
OARDOQUI (Fr ançois-Antoikb-Xi vibr) né h Bilbao en 1747, tut tait cardinal en 1816, par Pie VU. Il mourut en 1820.
GATTIN IRA. — Voy. Arborio.
GADDE (François) est né le 5 avril 1809 à Cambiano, |>etite mais agréable localité du dîoeèse de Turin, près de laquelle se trouve aujourd'hui la seconde suition du chemin de fer de Turin è Gènes. — Le même jour il fut baptisé dans l'unique église paroissiale dédiée aux saints VîDceut et Anastase martyrs.
Di'.TioRN. ORS Cardinaux..
Le saint baptême lui fut administré par Hyacinthe Compagre,nrieur de cette paroisse, qui mourut en grande réputation de sainteté, non-seulement dans le pays, mais dans les lieux adjacents où il était connu. Il imposa à reniant le nom de François, que celui-ci garda ensuite dans la profession religieuse, dans laquelle beaucoup ont coutume de changer de nom. Le cardinal Gaude a encore son père ; sa mère est morte en 1816, laissant beaucoup d'autres enfants, mais toutes filles. Le cardinal a cependant aujourd'hui un frère, son père s'étant remarié. 11 est cousin de Laurent Martini» chevalier des SaintS'Maurice et î^azare, profes^ seur de physiologie à Tuniversité de Turin, et connu par beaucoup de publications médicales.
Le jeune François fit ses premières études dans sa patrie, jusmrà la grammaire supérieure qu'il étudia a Chieri, ville voisine do Cambiano. Il fit ensuite ses humanités et sa rhétorique ^ Carmagnola, où il eut pour professeur le P. Dertero, des écoles pies, qui était en grande réputation pour son ensei-
fiement. Il avait terminé ces diverses études rflge de ik ans ; et quoique le plus jeune de sa classe, il avait toujours remporté les premiers prii. Quoiqu*en 1821, au moment où il étudiait la grammaire. Tordre des Dominicains ne fût pas encore rétabli en Piémont , ayant pour précepteur le P.
Hyacinthe Giupana, qui appartenait h cet ordre, il eut occasion d'avoir quelque connaissance de cet institut, et de montrer do l'indination à y entrer. Quelques couvents ayant été réouverts peu après, et le noviciat ayant été rétabli dans celui de Turin, ce fut en juillet 1823 que le jeune Gaude, alors en philosophie, demanda aux supérieurs Dominicains de Turin de lui donner Thabit. Le P. Bernard Sapelli était alors provincial; le prieur do couvent était le P. Thomas Tori, qui jouissait d'un grand crédit comme professeur de théologie dogmatique à l'imiversilé de Turin. Le matlre des novices élait le P.Michel Guasco, religieux exemplaire. Ceux-ci d'abord répondirent au postulant que n'ayant pas encore l'Age de quinze ans, il devait commencer par faire une année de philosophie; mais peu de jours après, ils si; déterminèrent è lui donner Thabit sans retard, et ainsi le 3 août de cette année, la Teille de la Saint-Dominique, il le reçut de la main du provincial à Turin. Pendant Tannée de noviciat, quoiqu*ii fût si jeune, on le fit prêcher plusieurs fois, môme publiquementy en se bornant à lui donner un
Iijan qu'il devait développer de lui-même, ^eu après lui, prit l'habit Mgr Thomas Ghilardi, aujourd'hui évêque de Mondovi, qAii lit avec le jeune Gaude neuf mois de noviciat, mais qui fit profession avant lui; car celui-ci dut attendre Tâge de 16ans prescrit par leeoncile de Trente pour la validité de la profession.
Il fut envoyé en attendant, pour commencer sa philosophie, dans le magnifiaue couvent de Bosco (chAteau du diocèse dAlexau-
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drie, près de Marengo» où se livra In fameuse bataille), bâti par le grand pontife DoroinicaiD saint Pie V. Là le jeune Gaude prononça ses vœux solennels le 20 avril ISâS» consacré à Sainte-Agnès de Montepulciano. Il y continua ensuite son cours de philosophie, et il fut appelé à en soutenir des thèses, quand le P. Joseph Velzi, alors vicaire général de l'ordre, et depuis cardinal, vint visiter cette année-là môme les couvents du Piémont, menant avec lui le révérend P. Dominique Buttaoni, aujourd'hui mettre du sacré palais apostolique. Le ieune Gaude poursuivit ensuite è Bosco et a Turin ses études théologiennes, approfondissant la doctrine de saint Thomas, et se distinguant entre ses compagnons sous les divers professeurs de Tordre, mais surtout sous le P. Thomas Schiara, mort depuis peu de mois au couvent de Gênes. 11 élait diacre et âgé do 23 ans, quand en septembre 1832, il fut appelé par le Père
Sénéral, Ferdinand Salabot,dansia province ite de Lombardie, et précisément dans le couvent de Bologne, où il fut deux mois après ortionné prôlre, par le cardinal Oppizoni, archevêque de cette ville. Il fut envoyé d'abord pour professer la philosophie au couvent de Forli; mais en janvier 1833, il vint à vaquer une chaire publique delhéolo-
Sie è Lugo, belle et commerçante ville du iocèse d'Imola, dans l'Etat ponti&cal. Cette chaire destinée h instruire les jeunes ecclésiastiques, porte le nom d'Emaldiana, du nom de son fondateur, Mgr Thomas Emaldi, d'une pieuse et noble famille de Lugo, secrétaire des lettres latines du grand Pape Benoît XIV ; elle a été affectée à perpétuité, par le fondateur, aux Dominicains, pour y enseignef la doctrine de saint Thomas ; et elle a reçu de Benoit XIV l'insigne privilège de pouvoir conférer le grade de docteur, privilège confirmé, après la publication de la bulle Quod dtvtna, de Léon XII, par un décret de la congrégation des Etudes qui avait
i)Our préfet le cardinal Bertazzoli, natif de ;.ugo, ami intime de Grégoire XVI, et grand partisan delà doctrine de saint Thomas.
Le cardinal Gaude n'avait donc pas encore atteint l'&ge de 2<^ ans, et déjà il se trouvait professeur à cette école, supérieur de co couvent, réviseur public de la presse en Qualité de vicaire du Saint-Office, et, en outre, H s*appliquait assidûment à la prédication, au ministère du confessionnal et à l'exercice du culte dans deux églises ; car outre celle de Saint- Dominique qui est annexée au couvent, il y a un sanctuaire, dit de la Vierge de Molino, qui dépend des Pères Dominicains. Comme il arrivait è Lugo, Mgr Mastaï Ferretti, aujourd'hui Pie IX, était transféré de Tévêché de Spolèle à l'évêché d'Imola. Digne appréciateur du P. Gaude qui travaillait à l'instruction de ses clercs de Luro, il te vit avec peine quitter cette ville en 1839, ))Our aller occuper, sur la nomination duVère général Ange Ancaroni,etdu cardinal Lambruschini , préfet de la congrégation des Etudes, une chaire de théologie dogmatique h Taniversité de Macerata, cEaire qu'il dut
acheter par un examen. Bientôt la chaim d'Ecriture sainte de la même université, étant devenue vacante et ayant été mise au concours, le P. Gaude se mit sur les rangs et l'emporta sur ses compétiteurs. Il fut dooe professeur d'Ecriture sainte tout le temps de son séjour à Macerata. Il était en même temps supérieur du couvent, vicaire du Saint-Office, examinateur des ordinands, et enfin il n'y eut pas de sermons, soit pour l'Avent, soit pour le Carême, soit pour les panégyriques, soit pour les retraites des religieuses, qu'il n'accepiflt à la satisfaction universelle. En octobre 1844, après douze ans d'enseignement, il alla à Rome subir l'examen del magisterOf selon la coutume de son ordre. En mars 1846, il avait été élu provincial de la province de Lombardie. il com- . mença àla visiter dans les vacances qui suivirent, mais il ne put terminer cette visite, à la mi-octobre, il reçut du P. Jandel» créé par Pie IX vicaire général de l'ordre, un décret du cardinal Orioli, préfet de la congrégation des Evêques et Réguliers, qui, d'après la volonté formelle de Sa Sainteté, le nommait procureur général de son ordre. 11 se rendit à son poste où il montra la plus grande activité, enseiseignant en outre la théologie dogmatique k l'université de la Sapience, ne laissant de se livrer de temps en temps à divers genres de prédication, et surtout se faisant admirer dans les discours latins qu'il prononçait deux fois l'an dans la chapelle pontificale, devant le Pape et le Sacré Collège. Il remplaça aussi plusieurs fois le vicaire général de l'ordre quand il était absent de Rome.
Le 10 février 1851, il fut nommé examinateur apostulique du clergé romain. Comme on exécutait depuis plusieurs années de grands travaux à l'église de la Minerve, le Saint-Père forma une commission pour y présider. Elle était composée du prieur du couvent, de trois autres religieux gradués, et le P. Gaude en fut vice-président, sous la présidence du cardinal-préfet des évêqueset des réguliers. Le P. Gaude eut la satistaction de voir les travaux terminés et Téglise rouverte solennellement le 3 ao(^t 1855; cinq jours de solennité suivirent la réouverture; le 1*' (4 août) Pie IX consacra lui-même le nouvel autel f^rincipal ; le jour suivant, une procession solennelle transporta sous cet autel le corps de sainte Catherine de Sienne, vierge Dominicaine; et lis trois autres jours furent un triduo solennel en l'honneur de la sainte, dont le panégyrique fut prêché le dernier jour f)ar le P. Gaude. Le 13 mars 1852, il fut nommé membre d'une petite commission qui, sous la présidence du Père vicaire-général, fixa un plan d'études adapté aux temf)S et aux circonstances, pour Tordre desFrèresprêcheurs.Lemoisd'aoQtsuivanl, il reçut de Sa Sainteté une mission spéciale, ' ft Constantinople pour des intérêts ecclésiastiques, et il la remplit à la satisfaction du Pontife. Le 15 mars 1853, il fut nommé, consulteur de la sacré congrégation des ; Evêques et des Réguliers. Le Pane voulant ouvrir le nouveau séminaire Pie9n>ndé h aea