GAILLARD DE LA MOTHE PRESSAGE
Français, évêque de Toulouse, créé en 1316, par le Pape Jean XXU , son oncle, diacrecardinal du titre de Sainte-Lucie m 5i7ice, mourut en 1357.
GALAMINI (AoGUSTiN), né en 1552, à Bresighella, dans la Romagne,au diocèse de Faënza, entra jeune encore dans l'ordre de Saint -Dominique. — Après avoir enseigné la philosophie et la théologie dans plusieurs couvents, il fut inquisiteur à Brescia , è Plaisance, h Gênes, h Milan. Clément VU! l'appela è Rome, et le fil commissaire général du Saint-Ofiiice. Paul V le nomma, en 1607, maître du sacré Palais. L'année suiyante, l'ordre de Saint-Dominique le choisit pour général. En 1011, il tint le chapitre général h Paris, et il était encore dans celle ville lorsqu'il apprit que, le 17 août de cetto année, il avait été nommé cardinal sous lo litre de Sainte- Marie de Ara Cœlif parle même Pontife, qui lui donna aussi Tévêché de Lorelte ou de Recanati. Il gouverna celle église avec sagesse. Transféré h celle d'Osimo, il y travailla jusqu'à sa mort, arrivée le 6 septembre 1639 ; il avait 90 ans. II a publié Acta synodalia^ pour ses églises, et des instructions adressées à son clergé. L'ordre deSaint-Dominiaue lui conserve de la reconnaissance pour t érection delà congrégation Occitaine, d'où sont sorties depuis les deux belles provinces de Toulouse et de Saint- Louis.fr oy. Michel Pio, Devirisillustribus or^ dinis Prœdic.f 2 q. ;— Uguelli, Ilalia sacra , t. 1 ; -' FoM'ANiy Theat. Dominic, BibL prov.
Kff
GAL
DICTIONNAIRB
Lombard. 9 ^nn. 1C07; — Ecbard, SeripL erftifiii Prœdie. , 1. 1, )
GALAND fut erâéj cnll80« cardinal par Ic: Papt» Ah»xaii<lrc IJf.
r.ALDlN (Sainl)» né h Milan, de la famille nnble des Vavassoiips de Sale, fut instruit dès son enfance dans les saintes lettres, reçut de bonne heure la tonsure cléricale, et làt élevé dansie clergé de la grande Eglisede Milan.— Ses rerlus ïefirent ju^erdigned'ètre élevé aux saints ordres, et il fut archidiacre fie Milan sous Tarchevèque Ribalde et sous Hubert, son successeur» U eut beaucoup è souffrir sous Tépiscopat de ce dernier, dont il fiarlagca les disgrâces. LVmpereur Frédéric Barbcrousse, irrité contre Milan, qui •▼ait mal reçu des commissaires par lui envoyés pour créer des consuls, et qui, en SloO, s*élait aussi déclarée pour le Pape Aleiandre contre Tantipape Victor, que soutenait ce prince, vint assiéger cette ville en ti6i, et força l'archevêque Hubert à se retirer avant girelle fût prise. Galdin suivît son pasteur ('t Gênes, et alla avec lui trouver le Pape Alexandre, qui était dans cette ville. Ils furent ensuite Tun et l'autre les compagnons des fuites do ce Pontife. Pendant quatre ans environ fis demeurèrent en France/et Galdin assista au concile deTours f)ïï 1163. Dans cette assemblée on yit le roi Louis /eJfti9i€, dix-sept cardinaux, cent vingtquatre prélats, et beaucoup d'autres personnages marquant^. Le Pape Alexandre s'y trouvait aussi. On y annula tout ce qu'avaient fait les schismntiques dans leurs conciliabules de Pavie et de Lodi. En 1165 le Souverain Pontife retourna en Italie avec Hubert et Galdin : les deux derniers demeurèrent à Bénévent. Alexandre retourna k Rome et y appela Galdin, qu'il fit cardinal du titre de Sainte-Sabine, en décembre de la même année 1165. Hubert étant mort à Bénévent le 28 mars 1166, le même Pontifo assembla kRome tout ce qu'il put réunir du elergé de Milan, dispersé par les violences de Frédéric Barberousse, et fît élire p.our archevêque de Milan le cardinal Galdin ,
Îu'il sacra lui-même le 18 avrih Lorsque lilan eut été rebâtie, que la plupart des dommages causés par l'empereur eurent été réparés, Galdin y retourna avec la qualité de légat du Souverain Pontife. Tout le clergé alla h sa rencontre et le reçut avec de grandes acclimations de joie le 5 septembre 1167. Ce prélat, qui mourut le 18 avril 1176, était fort instruit pour son siècle; il manifesta toujours un grand zèle pour maintenir l'unité de TËglise, ainsi que pour la conservation de la vérité. Il était en même temps un modèle de toutes les vertus, qui lui o-U mérité les honneurs dus h la sainteté. Sa fête se célèbre le LSavril. (Foy. BoLLAifD,.<iu 18 avril.)
GALEOT TABLAT de Veikl Mala, Toscan, fut créé en 1378, par le Pape Urbain VI, diacre-cardinal du titre de Sainte-Agathe,
puis de Saînt-Georf;o8 in Vflahro. Ayant quitté le parti d*Urbain VI et été nommé diacre-cardinal du même litre par Ctéraent VO,. il mourut en 1396.
GALKFFI (Pierre-François), né h Césène en 1770 ,évêque d*Albano, fut fait cardinal en 1803, par Pie VII. Il mourut en f837.
GALFKOI ARTUS, créé diacro-cardina»
par le Pape Eugène lli, en 1H6, fut ensuite evêque de Snint-Asnph.
GALLERATI SCOTTl (Jean PBiiiprB), né k Milan en 17^, fut fait cariinal en 1801» par Pie VU. Il mourut en 1819.
6ALL1 (ANTOiifE-AifDRÉ), Bolonais, abbé général des chanoines réguliers de Saint- Sauveur, né le 30 novembre 1607, tut fait cardinal par le Pape Bunott XIV le 26 norembre 1753.
GALL10(PT0LÉH£E),archevêquedeSiponte, ville ruinée du royaume de Naplos, fut connu dans le xTi'sièc.lH sous le nom de cardinal deComo. — Venu è Rome pour y chercher f6rlune,il filpartiede la maison des cardinaux Antoine Trivulce.ThadéeGaddi, puis d*Ange de Médicis. Ce dernier, après son exaltation sous le nom de Pie IV, lui donna Tévêchéde Martorano, puis Tarcbcvêché deSiponle, Anfin le créa cardinal en 1S65.*II porta d aboni le titre de Saint -Théodore, quMI changea depuis pour celui do Sainte-Agathe, et pour les évêchésde Sabine, deFrascati etd*Ostie. Pie V lui conserv.i la charge de secrétaire du cabinet: cl c*est en celte qualité qu'il gouverna en partie sous ce poniifieat; mais son pouvoir devint bien plus étendu sous celui du Pape Grégoire XIII, qui lui conlia le soin de toutes les affaires de TEtat. Gallio fut bientôt un des plus riches cardinaux de son temps ; il acheta des domaines considérables dans le Milanais, fit diverses fondations pieuses à Como, où il rebâtit Téglise de Saint-Albundio, dont il était abbé commendalaire, et laissa une somme de 100,000 écus pour marier les filles pauvres. Il mourut à Rome le 3 février 1607, Agé de 82 ans.
GALLIO (Marc), évêque deRimini, petitneveu du précédent, fut honoré de la pourpre le 1" septembre 1681, par le Pa|.>e Innocent XI, après avoir été nonce à Naples, et vice -gérant de Rome, il mourut le %k iuillet 1683, à TAge de 71 ans. (Voy. Ughel- Li, 7/a/ta jtaera; — de Fou, Lettres: — AuBERT, Histoire des cardinaux ; — Pétra- VELLARio ; — Cabrera, continuateur de Ciaconius.
GALLIO (Antoink-Marie), Pisan, évêque de Pérouse, puis d*Osimo, créé en 1586, (>ar le Pape Sixte V, prêtre-cardinal du titre de Sainte-Agnès et du titre de Saiute-Pra&ède, évêque d*Ostie,doyen descardinaux, mourut en 1620.
G ALLO (MuTiiis), né à Osimo en 1721 , évêque de Viterbe, fut fait cardinal par Pie VI en 1785. Il mourut en 1801.
GALON ou GALLON (Jacques), nommé Gualla par quelques-uns (7] vil le jour h
il) Mallliieii PAris rappollo, Wallo^ riiisiorion c<iivenl Galon, Son vrai nom ciait Cuala, On lit anglais tlniuc é«iit Guah ; itai>in, ïlcmy et Moiuri Um Je vieux néeruloge de l'IùgLiie eubêbieiiue Jo
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DES CARDINAt]!,
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Bechona, tîIIc de Lombardie. En>ré chez de^ chanoinos réguliors près de* Pairie , il fui choisi pourôtre évèque de Verceil, sans . vouloir acce(iter celle dignité. — En 1205 le Pape Innocent 111 le fit cardinal, ei ensuite TenTojra en France pour apaiser les troubles causés par les Albigeois, et pour y 5»rëcher la croisade. Ce cardinal contribua \ la paix gui fut conclue en 1216 entre le roi de France Philippe-Auguste, et le roi d'Angleterre Henri III, après la mort de Jean Sans'ierre. Chargé, parle Pape Honorius III, de la réforme du clergé de Verceil, il fonda, rn celte ville, le monastère de Saint-André. Enfin légat dans la Pouîlle, auprès de Tempercur Frédéric 11, roi des Deux-Siciles il mourut, pendant sa légation, en odeur d'une grande piété, sous le pontificat de Grégoire IX, en 1227. Ce cardinal avait publié des Ordonnances synodales^ qui ont été conservées dans le vl« volume de la Bibliothèque des Pires^ et qu*on attribue sans raison k Galon, abbé du monastère do Saint-Quentin, puis évéque de Paris. (Foy. Aubert, Hist. des cardinaux ; — Ofiuphrr ; — Ughelli ; — CucoNius, YUa et gesta Romanorum Pontificum €t cardinnlium,)
GALVAM (Pato), né è Guimaracns, dans )a province ii*£utre-Douro et Minho, en Portugal, était fils de Pierre Galvam, et de Marie Paes, tous les deux de naissance distinguée. — Quoique fils unique, Payo Galvam embrassa, avec une véritable vocation, la ?ie monastique, et prit, vers 1178, Thabit de chanoine ^é^ulier de Saint-Augustin, au monastère de Sainte-Marina da Cobta. Dom Mendo, qui en était le prieur, voyant l'esprit et la vivacité du jeune religieux, l'envoya faire ses études h Paris, où il apprit la théologie sous dom! Lothaire, religieux du même ordre, de la famille des comtes de Segna en Italie, qui fut ensuite cardinal, puis Pape sous le nom dlnnocent 111. Celuici voulut mener Galvam à Rome, quand il alla recevoir le chapeau de cardinal ; mais le jeune dom Payo n'avait pas terminé ses études, et n'avait pas l'autorisation de son prélat de PoriugaL I! resta donc à Paris, où il prit le degré de docteur en théologie; et souhaitant toujours d'aller voir à Komo le cardinal Lothaire, il fut obligé de rt*tourner en Portugal. A peine y fut-il arrivé, que dom Pierre Amazeno, nrieur de l'église collégiale de Guimaraens, alors desservie par les cha- Doines réguliers, oiïril è Galvam la dignité de maître d'école, qu'il accepta. Il enseigna dans lecloilrc de celte église iusqu'à la mort du Pajie Calixte III, auquel succéda, le 8 janvirr 119^, le cardinal Lothaire, qui prit le nom d'Innocent 111. Sanchc V\ alors roi de Portugal, choisit Galvam pour aller déposer son hommage solennel aux uieds du
Verr^il, h la date de 12^7, Téloge suivant : Cuala de Bichiery» fuit ingen'io, moribuê, eloqueniia. Uneratura liberalium artinm^ êcvnîia juriê canoniâ et cirili», et legit doctrina maximus intcr maguo9, Bailuzo ra|»p(Mtti uiie kMirt* (l^liiiioci'iit III, oùn* Pontife écii^au aux t'iureniins qu't/ leur euruifan ton
Souveraio Pontife, qui reçut l'envoyé avei: les pins grandes marques d'estime et de tendresse, comme on le voit par la lettre do Galvam h Sanche 1", lettre rapportée par Brandam dans la Quatrième partie de sa Ifonarchia Lusitanauh. xu. Innocent jlll, qat conservait toujours la même estime pour le mérite de Galvam, ne permit point qu'il quittât Rome pour retourner en Portugal ; il le nomma vice-chancelier, et, en 1206, dans sa quatrième promotion de cardinaux, le créa cardinal-diacre du titre de Sainte-Mario tu SepiicoUiOj et en 1211, cardinal-prélre do Sainte-Cécile, et évéque d'Albe en 1215. Innocent III, mort en 1216, eut pour successeur, le 18 juillet de la môme année, Cincius, aussi chanoine régulier do Latran» et qui prit nom Honorius 111. Ce Pontife avait pour Galvam la même amitié que son prédécesseur, tellement que saint Dominique s'adressa h celui-ci pour obtenir du Pape la confirmation de son ordre; ce qu'il obtint dès la première année du pontificat d*Honorius, et le cardinal Galvam, évéque d'Albe» signa la bulle de confirmation avec dix-sept autres cardinaux. Quand Honorius invita les princes chrétiens |à la conquête do la Terre- Sainte, et que Jean de Brieune, élu roi de Jérusalem, commandait Tarmée kW.s croisés, le cardinal Galvam était légat a latere Hans cette expéililion. On place sa mort en 12V0. GAMBARA (Hcjbbbt), né à Brescia , en Lombard ie, était 'fils de Jean^François^ comte de Pratalbuino oui, en 1509, avait abandonné le parti des Vénitiens après la bataille de la Chiara d'Adda, et s'était joint aux Français, pour sauver la ville de Brescia, sa patrie. — Cette désertion irrita contre lui les Vénitiens, qui furent apaisés parle Pape Léon X , ami particulier du comte. Ce Pontife affectionnait le jeune Hubert Gambara ; il l'envoya en Portugal avec le canictère de nonce. En 1527, Clément VII l'envoya en Angleterre, auprès de Henri VIII, pour tâcher d'attirer ce prince dans une ligue contre l'empereur Charles V, qui tenait prisonnier le Pontife. Gambara s'acquitia si bien de celte mission, que Clément, pour lui témoigner sa reconnaissance, lui donna l'évôché de Tortone et la légation de Bologne. En 1539, élevé au cardinalat par le Pape Paul III, i( exerça la légation de Parme et de Plaisance, et favorisa habilement les desseins dos Farnèses qui prirent possessioude ces Etats. Léandre Albert! parle de ce cardinal comme d'un habile politique, aimant les lettres et les savants, et ayant une mé-^ moire si heureuse qu'il n'oubliait rien dece qu'il avait appris. Ce cardinal mourut le U février 15^9, à Home, d'où son corps fui transporté à Brescia, où l'on voit son tom^-^ beau et son.épilaphe dans l'église appelée
fits bien-améCuala^ cardînal-diacre de Sainte-^Êariê au Poriique^ dont ta probité et la prudence épronUtê- M étaient plut agréablcê t/ne collet de tout iet autres^ frèret ; qull leur envoyait Uuala pour établir la paix entre eux et Iet citoyent de Sienne, et délivrer ainsà Iet pritonniert.
GAN
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La donna délie Gratte. [Vôy. GoiCHAiiDiif, JTwr, liv. Tiii el XVI ; — Bbmbo, Hist.^ I. xn,el lib. xiv, episl. 2i; — Paul JovE,iïî#/. lib- xt; — Ugoblli, //a/ia Mcra; — Aubb- BTy Hisi. des cardinaux.)
GAMBARA (Jean-François) » neveu du précédent, était fils de Jean Brunero 11, comte de Pratalbuino, qui rendit de grands services è la maison d*Autricho, et qui se distingua parmi les poêles latins de son temps. — On trouve plusieurs de ses poésies dans un recueil de vers de quelques poêles du XVI* siècle, recueil publié h Brescia par les soins de Jean*Aiitoine Tayet. Jean-Fran-
Sois Gambara, né h Brescia le 17 janvier 533, après a voir étudié h Pérouse et è Padoue* fut envoyé à la cour de Tempereur Charles V. De \h il se rendit à Rome, et occupa divers emplois sous les pontilicats de Jules 111 et de Pie IV, dont le dernier le ût cardinal en 1561. Pie V le pourvut de Tévôché de Viterbe. Gambara y Gia son séjour ordinaire, et y fit bâtir une très-belle maison de campagne, dite Bagnaja. Un jour qu'il montrait cette maison h saint Charles, ce digne prélat lui dit naturellement que Targent qu*il y avait dépensé eût été mieui employé à fonder un monastère. Le c-ardinal 'Gambara flonna depuis 3etle maison à son église do Viterbe, où il fit plusieurs fondations, et qu'il répara avec ungrand soin. Il mourut a Rome le 6 mai 1587, Agé de 54» ans. On trouve différentes pièces de vers, composées par lui, dan» le recueil de poésies diverses, édité par Jérôme Ruscelli. (Voy. Zazzera, Délia nobilit. d^ltal. ; — Ciaconius, in Coniinuai. ; — Aubert, Hisê. des card.; — Pe-
TRAMBLLARIO.)
GAMBÉRllHl (Antoine-Dominique), né à Imola en 1760, évèque d'Orviéto, fut fait cardinal par Léon Xll en 1828. Il mourut en 18ii.
GANDULPHE (de Plaisance), abbé de Saint-Sixte de Plaisance, un des deux seuls cardinaux créés par Urbain 111, Pape de 1185 à 1187, mourut en 1229.
G ANG ANELLl ( Jean-Vincent- Antoine ) , fils d'un médecin, naquit au bourg de Saint- Arcangelo, près Rimini, en 1705. — Dès sa plus tendre enfance , s'élevant au-dessus ae son Age et de sa famille, il fit entrevoir une âme créée pour de grandes choses. On le voyait s*élancer par la pénétration de sou esprit hors de la petite sphère où un pays sans ressource le tenait concentré. Il lui semblait que ses camarades étaient trop vulgaires pour l'amuser, et, quoique toujours gai et toujours actif, il aimait mieux rester seul que les fréquenter. — Il fil ses premières études à Rimini, et ceux oui prirent soin de son éducation eurent de fréquentes occasions de l'admirer. On voyait un disciple qui promettait de devenir un grand maître, et Ton s'applaudissait de lui donner des leçons, comme d'une honorable fonction. « Il ne me laiftse pas le temps de lui faire des questions, tant il est prompt à me prévenir,» disait un curé qui l'avait pris en affection. La langue latine Ut bieutùt ses délices. Il s'essayait à
la parler avec tous ceux oui vou.aient lui répondre.
Il avait 13 ans quand il adressa h révèjqae de Rimini un compliment de sa composition. Le prélat, ravi, ne cessait de répéter : «Voilà un enfant qui, un jour, servira utilement la religion. » Une étude trop opiniâtre pensa précipiter au tombeau celui qui donnait dB si brillantes espérances, et il n*y eut qu'un topique appliqué à propos qui lui rendit la vie. «Ma plus grande peine, » ait-il en revenant à lui-mème,'« était de mourir sans avoir vu Rome. » 11 eut occasion de voir un religieux conventuel, nommé en France Cordelier, dont la conversation aussi instructive qu'édifiante intéressait vivement, et c'est peut-être cette entrevue qui le détermina à embrasser la règle de Saint-François. Souvent la plus légère circonstance décide de notre vocation. Il ne pensa plus qu'à quitter son lieu natal, dès que la Providence lui on fournirait les moyens. Il y acquit toutefois un protceleur dans la personne d'un gentilhomme riche et éclairé, €|ui le prit en amitié. Outre que ce dernier lui offrit sa bibliothèque, il le mit en rapports avec la bonne société.
On conseilla vainement au jeune Gançanelli d'embrasser l'état ecclésiastique au lieu de se faire religieux, et il partit pour Drbino dans le dessein d'entrer au noviciat : il avait alors 18 ans et une maturité de jugement qui le mettait à l'abri d'une démarche in-^ considérée
Son début dans le cloître lui gagiia tous les cœurs. Il y porta cet air de candeur et de gaieté qui dénote une Ame sans nuage et sans feinte. C'est alors qu'il prit les noms de François-Laurent. Toujours ami de ses devoirs, il servit Dieu comme un père qu'on aiine.« Je ne suis jamais plus libre, » disait-41 souvent, «que lorsque j ai des obligations k remplir, parce que je ma fais un plaisir de tout ce que je dois faire, n II s'accoutuma de bonne heure k ne répondre jamais qu'avec justesse et précision : « Ses reparties sont vives, » disaient quelquefois ses supérieurs; «mais il y met tant de raison, qu'on ne peut s'en offenser. » On le fit passer successivement à Pesaro, à Rocanali, è Fano et à Rome môme, pour y étudier la philosophie et la théologie, et il s'appliqua avec ardeur è ces deux sciences. Devenu maître, il se fit admirer autant qu'aimer de ses disciples.
Jamais on ne l'entendit se plaindre. Etran^ ger aux cabales du cloître, comme aux affaires du siècle, il n'aimait qu'è se renfermer dans ses devoirs. Son humilité le garantit toujours de l'ambition; les promotions qui se faisaient dans son ordre au temps des élections ne l'intéressaient nullement : « Peu m'importe, » disait-il , < que les supérieurs changent, puisque la règle ne doit jamais varier. » L^élude étant son besoin, il ne pouvait être mieux placé que dans sa communauté. On sait que l'ordre des Frères mineurs produisit dans tous les temps une foule d'hommes distingués par leur savoir autant que par leur vertu. GanganeMi im.*
fin
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DKS CaADINAUX.
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pouvait manquer (]*cn augmenter le nombre, lui dont le génie vaste et facile embrassait tontes les connaissances. Ascoli» Bologne, Uilan furent témoins de ses brillants succès^ quand il j enseignait la philosophie et la loéolo^ie.
On jugea que les provinces n*élaient pas nn théâtre digne de ses laienls, el ses supérieurs s*empressèrcnl de le rappf^ier'à Rome pour demeurer au couvcnl des Saints-Apôtres, et pour professer la théologie au collège de Saint -Bonaventure, fondé «par Siite* Quint : il avait alors 35 ans. Il remplit celte place avec un nouvel éclat; son enseignement répandait le jour le plus lumineux sur les matières les plus obscures. Malgré ses succès, il ne chercha que Tombre du cloître, el il n'aima qu*à vivre ignoré.
Cependant ses talents le mettaient malgré lui en évidence, et, s*il ne devint pas général de son ordre, c*est qu'il s'obstina toujours à refuser celte dignité. « Je vous conjure lie n*ôtre point pour moi,» disait-il aui religieux français qui , dans les différents chapitres, voufaient lui donner leurs voix, « nais d'être toujours mes amis, non silispro me, sed mMt » Comme il était universellement aimé et estimé, il enlevait les suffrages en faveur de ceux qu'il croyait les plus capables de gouverner. Le P. Colombini lui dut Thonneur d'être général , et il se faisait un devoir de le publier.
Quoique Ganganelli s'efforçât de mettre une barrière entre le public et lui, sa cellule était le rendez- vous des savants, des }»rince8v des cardinaux ; car il faut dire li la gloire des Romains, qu'ils vont chercher le mérite partout où il est, et que les Gran^ deurs comme les Amtnenres s'abaissent, sans hésiter, quand il s'agit d'honorer la science el la vertu. Il n'y a point à Rome de religieux, pour peu qu'il soit célèbre*, qui ne reçoive de temps en temps la visite affectueuse de qufflque cardinal , el c'est à cette distinction qu*on doit la noble émulation qui anime en Italie les diverses communautés. «Les ordres religieux n'ont dégénéré dans la plupart des £lais, » disait Benoit XIV au cardinal de la Rochefoucauld, « que parce qu'on IfS avilit au lieu do les faire valoir; quand on saura décorer des honneurs do l'épiscopat les religieux qui se distinguent par la science el par la piété, on trouvera dans les cloîtres des hommes pleins de talents el de vertus. » C'est sous le règne de cet illustre Pontife, que Ganganelli devint consulteur du Sainl-Onice, place importante & Rome, et qui exige beaucoup de connaissances. On sait que la congrégation du Saint-Oflice, composée de douze cardinaux, de plusieurs prélats el de quelques théologiens religieux qui |)ronnent le titre de con- 5ulteurs, juge des matières d'inquisition et d'hérésie , quoique l'inquisition soit depuis longtemps à Rome un tribunal pres(|uesans vigueur. Les Papes, pour ne pas s'écarter de la modération évangélique, fermaient les jreux sur des délits qui n'avaient souvent leurs sources que dans Tétourderie ou le
préjugé» mais qu'on punissait autrefois du dernier supplice en Espagne et en Portugal, où l'inquisition était plutôt une institution politique. Aussi, de tout temps, la ville où on était le moins inquiété pour les affaires de religion, était la capitale du mondc^cbrétion.
La confiance qu'on avait dans les lumières de Ganganelli l'appliqua souvent à des éludes qui n'avaient nul rapport avec ses emplois : il lui fallut approfondir les questions qu'on traite dans les diverses congréf calions. Pour ne pas donner de décisions au lasard, il; se livrait aux plus profondes recherches : « Je crains tellement de me tromper, » disait-il, « quand on me demanda un avis important, que j'emploie trois jours h ce qui n'en exigerait qu'un. » Le matin le surprit plus d'une fois la plume h la main, lorsqu'il croyait n*ôtre qu'au milieu de la nuit, el surtout lorsqu'on l'appliqua à la correction des livres orientaux. Tout autre quo lui eût succombé sous un pareil travail. Pour se reposer, il faisait sa récréation de l'étude du droit canon, science qu'on ignore communément en France, qu'on approfondit en Italie, et qui est d'autant plus nécessaire qu'elle embrasse une multitude d'objets relatifs h la religion et au gouvernement dos Etats. On sait que c*est la jurisprudence ecclésiastique , composée des décrets des conciles , des Papes et des maximes des Pères. Le moine Gratien, en ramassant tout ce qui se rapporte à ces objets, en fil un recueil mémorable qu'il publia en
Bonott XIY s'étonnait avec raison qu'il n'y avait point à Paris d'école où l'on pût s'instruire h fond du droit canonique ; et, en cela, il pensait comme le chancelier d'Aguesseau. Ce magistrat disait un jour au supérieur d'une congrégation : « Nous avons assez de théologiens, mais il nous manque des canoniales ; el si vous voulez rapprocher de vous les évoques, qui s'en sont éloignés, établissez pour vos jeunes gens une étude de droit canon; on aura besoin d'eux, et l'on viendra vous consulter. »
Benoît XIV, encore plus canoniste que théologien, appelait souvent le P. Ganganelli pour avoir son avis : « Il joint, sremarfiuait-il,a une mémoire immenseè une vaste érudition; et, ce qui fait plaisir, c'est qu'il est mille fois |)lus modeste qu*un homme qui ne sait rien, et qu'on croirait qu'il n'a jamais gardé la rotrai'e, tant il est gai. » C'éliit Te moyen de plaire A cet illustre Pontife, donl l'enjouement fut toujours si vif que, malgré les inquiétudes, lesaffaires, la dignité même du souverain pontificat, il n'arrêta jamais le cours Je ses bons mots : par une saillie il se délassait du, travail la plus sérieux.
Quant au P. Ganganelli, on se persuadera facilement que, livré à des études aussi profondes, il n avait pas dégoût pour la direction des âmes, il le fait voir lui-même dans une lettre qu'il écrivit à des religieuses qui
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le persécutaient pour qu*il prtt soin de leur con<:cience. Son relus était conçu en f;cs termes : « Je n*ai aucune des qualités requises pour vous diriger. Toujours vif, quelquefois brusque» souvent distrait* sans cesse occupé, je n'aurais ni le temps, ni la patience de vous écouler. Détachez-vous donc de moît je vous supplie, ou je finirnî par vous faire une confession générale de m^*s im« perfections, qui vous convaincra que je ne suis pas le guide dont vous avez besoin. Le cardinal vicaire connaît des Ames célestes qui auront la patience de peser eravement Tus fautes les plus légères, et c^est à lui qn*il faut vous adresser. Si vous n'aimrz que Dieu, vous penserez que votre règle est votre meilleur directeur, que votre, pcuséo nn sera pure que lorsqu elle n^aura plus d*afTections sensibles» et uu*une Ame vraiment religieuse n'est ni a Céphas, ni ù Apollon» mais h Jésus-Christ. «Quelque temps après» il terminait ainsi une lettre adressée h révoque de Pérouse , son ami : « Enfin les religieuses» peut-élre après vingt lettres qu'elles m*ont adressées» m ont laissé tranquille. Jamais elles ne se seraient avi* Bées de troubler mon repos» si elles savaient combien j'aime ma cellule, mes livres et mon travail. Si jamais je les abandonne^
i'e cesserai d'être heureux. J*ai assez évalué es biens de ce monde pour savoir qu'il n'en est pas de plus grand que d'habiter avec Dieu et avec soi-même. Vous me demandez ce que je fais : Je pense» et je considère les pensées que je faiséclore» comme une petite famille qui m'appartient, et qui me tient compagnie. On n'est seul quelors-
3u'on 8*isole de soi-même» pour se répanre dans la société. Je n'aime ni le Tracas» ni la misanthropie. Je rirais plutôt seul» que de jm*atlrister. » Le P. Ganganellî allant un jour è Assise recueillir l'esprit du fondateur de son ordre » qui naquit et mourut dans ce lieu» rencontra un paysan» dont il fît sa compagnie pendant plus d'une heure. Ils marchaient tous deux ensemble» lorsque le paysan » après l'avoir entendu parler» lui dit : « C'est dommage que vous ne soyez qu'un frère convers (il jugeait de lui par son extérieur fort négligé); car il me parait que, si ▼uus aviez étudié» vous pourriez bien être comme Sixte-Quint. J'ai son portrait chez nous» et je trouve que vous avez son air fin. » L'idée de Sixte est tellement imprimée chez les Italiens, qu'il n'y a pas jusqu'aux gens de la campagne qui n'en parlent fréquemment. Il n'est pas d'enfant du peuple qui ne rêve la papauté» parce qu'on leur inculquf que Sixte-Quint fut élevé du sein de ta pous sière au sourerain pontificat. Montesquiei disait h ce sujet « que les Romains modernei ont encore le germe du génie des anciens, et que, si on leur donnait une heureuse secousse» on en ferait des grands hommes. » Il est étonnant qu'un écrivain célèbre» après avoir déclamé avec la plus grande force contre la folie des guerres et la fureur des combats» tourne en ridicule les nouveaux Romains » parce qu'au lieu de casques et do
sabres» ils ont des bréviaires et des mitres : comme s'il n'y avait pas d'autre voie que celle des armes pour acquérir de la gloire : mais Voltaire a commis bien d'autres ioconséquences. On voudrait bien savoir si ub Sixte y, si tant de Papes» qu'il serait trop long de nommer» ne se sont pas autant illustrés que des ravageurs de provinces» et si la manière dont ils gouvernèrent leurs Etals ne vaut pas bien la manie d'un Charles Xli, qui quitta les siens pour vexer des nations étrangère^» et pour ensevelir ses soldats dans les neiges de InRussie.
La magnanimité consiste dans la grandeur d'Ame» et celle des souverains dans l'art do rendre les peuples heureux.
Il était temps que les honneurs vinssent chercher Ganganelli, ou plutôt l'investir, car il fallait ({uMls lui fissent violence* pour qu'il les acceptÂt. Des appréciateurs du mérite , voulant ajouter a la gloire du Sacré Collège (le corps qui renferma jamais le plus de grands hommes) , le proposèrent à Clément XIII » Pape rempli des plus droites intentions: « C*esc, «lui dirent-ils, « le religieux le plus humble, le plus savant» le plus laborieux » et c'est honorer la pourpre romaine » que de l'en décorer.» Le Souverain Pontife n'eut pas de peine à se déterminer. Il connaissait d'ailleurs» par lui-même et par les notes favorables de Benoît XIV, son prédécesseur, le consulteur du Saint-Oflice.
Le neveu du Pape» Rczzonico» connu sous le nom decardinal Patron» l'envoya chercher au couvent des Saints-Apôtres» et» après lui avoir demandé si son travail était en règle , s'il n'avait rien à se reprocher» lui déclara d*une manière propre ù l'intimider» « qu'un avait dit au Saint-Père bien des choses sur son compte; qu'il hésitait de lui intimer les ordres de Sa Sainteté» dans la crainte de lui causer une trop grande révolution ; que cependant Il ne pouvait s'empêcher de lui apprendre que le Pape voulait absolument... qu il fût cardinal. » Le dénoûment de cette suspension, laquelle faisait croire è Ganeanelli » comme il le dit plusieurs fois » qu on avait indisposé contre lui le Saint-Père, fut un coup do foudre qui parut l'atterrer. Il tomba aux pieds du cardinal» et lui dit: « Ce n'est point une fausse humilité qui m'engage k vous déclarer que je ne mérite nullement cet honneur » mais la conviction que j'ai de mon néant et de mes imperfections. J'ose vous protester que cette promotion ne fera point d*bonneur è Sa Sainteté, qu*elle troublera mon repos par les envieux qu'elle me suscitera ; si le Pape veut honorer I ordre de la pourpre» il y a plus de dix sujets dans le couvent que j habite, qui méritent à tous égards culte faveur beaucoup mieux que moi. »
Quand le cardinal lui eut répondu que le Saint-Père avait prévu son refus , et qu'il lui ordonnait» sous peine de désobéissance, de se soumettre h ses volontés , il n'y eut plus moyen do résister, et Ganganelli, con* fus de son élévation» alla apprendre, presque en tremblant I cette nouvelle h ses coor
GAn
MIS CARDINAIiX.