‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 155 sur 350 · LUZ · texte numérisé non relu

LUZ

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c6Wé^ernant la êupériorili de$ évêguei iur les prélrei. Ce prélat a fourni en outre plusieurs articles aux journaux intitulés : le Conservaleur et la Quotidienne^ dont le premier a cessé de paraître en 1823. L'histoire ecclésiastique le rangera parmi les défenseurs les plus zélés de la religion et du trône. Les raisonnements sans réplique répandus dans ses écrits, sont présentés avec chaleur, avec force, avec onction dans un st vie attrayant, et ont produit dans le clergé français les fruits les plus salutaires. Le cardinal de la Luzerne avait deux frères César-Henri, qui fut ministre de la marine sous Louis Xvl, et Anne-César qui fut ambassadeur h la cour de Londres.

Le Traité iur les éviques^ laissé manuscrit

Sar le cardinal de la Luzerne a été publié epuis par M. Tabbé Migne qui l'a fait précéder des avertissements qui suivent :

« L'ouvrage dont on vient de lire le titre est entièrement inédit et ne saurait être marqué à un plus irrécusable cachet d'authenticité; le manuscrit en est tout entier tracé ou corrigé de la main même do son illustre auteur. Nous le tenons d'une proche parente de l'illustre cardinal, par i entremise du plus savant de nos prélats. Parmi les ouvrages connus de M. de la Luzerne, beaucoup ont sans doute de Tiraporlance et de l'étendue; mais aucun^ sous ce double rapport, ne saurait être comparé, même de loin, è celui oui est ici imprimé pour la première fois. D autres éditeurs, à qui il avait été offert, demandaient, dit-on, un an pour le reproduire, et voulaient en former douze volumes du prix de 60 francs. Tant de lenteur et d'appétit ne furent point du goût des possesseurs zélés et désintéressés du manuscrit : nous fûmes appelés. Fidèles à notre petite coutume d'agir, notre proposition unique fut d'en faire un seul volume, afln de le mettre à la portée de toutes les bourses, et de le rendre ainsi le manuel de chaque prêtre, conformément aux désirs de notre bienfaiteur inattendu. D'ailleurs, quoi déplus à propos que cette grande ditfusion dans un temps où chambres, journaux et livres prennent comme à tâche de diminuer lesdrolts de l'épiscopat et d'exalter ceux du clergé secondaire? Porter haut le prix de cet ouvrage, en de telles circonstances, aurait été une espèce de crime ; car c'eût été contrarier les vues de la Providence, qui semble en avoir réservé Tapparition pour le moment où il devenait le nlus nécessaire. « Ce que Gerdil fut pour I Italie, et Lecler

fiour l'Allemagne, de la Luzerne le fut pour a France : l'évêque le plus zélé, l'écrivain le plus méthodique, le controversiste le plus savant, le théologien le plus exact de la On du XYiii* siècle et du commencement duxix*. Il n'est pas un homme, tant soit peu versé dans l'histoire ecclésiastique moderne, qui ne sache que, pendant près de cent ans, protestants, jansénistes et bon nombre de ma^strats, que l'on peut regarder au moins

(10") Ces œuvres complèteB ODt para; elles foimentS volumes io-4*. 1855.

comme desdemi prote9tants,ont tout fait des

Eied8*at des mains pour introduire le presjtériasnisme dans l'Eglise de France, et quele résultat de ces efforts combinés fut le schisme constitutionnel de 91. Tout ce qui« durant ce long période de temps, avait été dit, enseigné et écrit, dans le sens hétérodoxe,fut résumé par Maultrot avec toute l'érudition , tout l'art et toute la conviction dont une mauvaise cause est susceptible. De la Luzerne h son tour, par un travail gigantesque, se nourrit de ce qui avait été dit» enseigné et écrit dans le sens orthodoxe; il s'incorpora l'enseignement d'un siècle, écho des siècles antérieurs sur cette matière, et réfléchit toute une tradition. S'attachaiit alors è Maultrot, pour ainsi dire corps i corps, il ne laissa pas pierre sur pierre d^i colossal édifice que le très-érudit magistrat avait élevé avec tant de labeur. On ne saurait croire avec quel succès le célèbre évégue de Langres trace les lignes si délicates bù commencent et unissent les devoirs et les droits de chaque membre de la hiérarchie sacrée. Dans sa longue carrière d'écrivain, il n'est qu'un point sur lequel nous ne puissions le louer sans réserve : semblable à la lupart des évêques issus de grandes familes , il n'eut pas le bonheur de se préserver de certaines doctrines dites gallicanes, que l'on était alors, pour ainsi dire, forcé de respirer comme I air. Cependant il sut s'arrêter dans de justes bornes, et l'on ne trouverait pas, dans les cinquante volumes dus h sa plume féconde, une seule ligne que la théologie la plus rigoureuse pût condamner comme non catholique. Nous donnerons un jour les Œuvres complètes de ce grand J)omme(10^j,et nous tàcheronsde les absorber en trois autres volumes forts, comme celuici, de dix-neuf cents colonnes. Ainsi, notre édition sera, incomparablement plus complète que les plus complètes, et ne se vendra que 32 francs. »

Avertissement du prélat ^ui nous a confié cê

manuscrit.

t L*une des innovatfons les plus funestes au protestantisme fut de détruire la hiérarchie ecclésiastique , en proclamant l'égalité de pouvoirs entre tous les ministres de TEvangile. L'Eglise anglicane fut l'a seule des sectes protestantes qui conserva son épi^copat et se défendit contre les erreurs presbytériennes des divers disciples de Luther et de Calvin.

« Le jansénisme, qu*on a appelé à si juste titre un protestantisme mitigé , s'eiTorça » non pas de détruire, mais d'aiiaisser Tépiscopat.

« Plusieurs membres des parlements, un certahi nombre de jurisconsultes et quelques prêtres appelants , imbus des préjugés de Celte secte, attaquèrent le droit des évêques, les uns par leurs sentences, les autres par leurs écrits.

« Ces écrits, presque tous oubliés aujourd'hui , se multiplièrent surtout pendant la

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seconde moilié du xtiii* siècle ; ils furent une préparation très-efflcace à la constitution civile du clergé» un secours puissant pour aider le triomphe momentané de TEglise nouf elle qui» par ses eicès» devint le tombeau de presbytérianisme français.

« Peu de temps avant notre grande révoliition^ les arguments produits en faveur de cette triste cause avaient élé résumés dans les écrits de Maultrot, son plus savant et son plus habile défenseur.

' « Un grand théologien (le cardinnl de la Luzerne] a de son c6té réuni les monuments les plus certains de la Iradiiion et les arguments les plus péremptoires produits par ses devanciers en faveur du droit des évo-

ques. Tout le monde connaît la clarté, I exactitude, la logique sévère et Térudition de cet écrivain éminent.

« L'ouvrage gue nous publions était encore inédit; mais il ne pouvait pas être livré k l'oubli» et nous sommes heureux» grâce k la conQance de If* la marquise de Vibraye» de pouvoir le publier. Les circonstances lui donnent tout l'intérêt d'une controverse qui préoccupe vivement les esprits ; mais il n en serait pas moins sans 'cela un ouvrage digne de l'attention de tous les théologiens instruits. Dans nul autre ils ne trouveront un exposé plus complet» çlus méthodi(]ue de toutes les questions oui se rattachent aux droits des évéques et deâ prôires. »

MACCHI (le cardinal Vincent) est né en i770»dans le diocèse deMontefiascone.— Il est aujourd'hui doyen du Sacré Colli^ge » dans lequel il est entré en 1826. Il a été nonce k la cour de France. On lira avec plaisir les détails suivants, que nous trouvons dans VAmi de la religion du 18 avril 1827.

«S. E. H. le eardinal Macchi, ancien nonce k la cour de France» part aujourd'hui mercredi pour retourner k Rome. Son Eminence avait pris congé du roi jeudi» et avait eu l'honneur d'un entretien particulier avec Sa Majesté. Elle a également pris congé de M. le Dauphin et des princesses. Le roi et sa famille ont donné k M. le cardinal des témoignages d'intérêt et de bienveillance. Autrefois il était d'usage que le nonce partant fût nommé k une abbaye.. Les circonstances ne permettant plus de si magnifiques présents» le roi a lait remettre k M. le cardioali Ear le ministre des affaires étrangères, une oîte en or ornée du portrait de Sa Majesté entouré de diamants. Mais quelque honorable que soit cette royale marque de souvenir» M. le cardinal trouvera un prix non moins doux de sou zèle et de ses services dans la reconnaissance des amis de la religion. On se rappellera tout ce qu*a fait Son Ëminence dans une mission de sept années. Il fallut renouer des rapports longtemps interrompus. L'ancien ministère ne voulait accorder qu'une faible augmentation d'évéchés;on parvint k les porter è quatre-vingts» et dans les négociations qui eurent lieu k ce sujet» la sagesse et le zèle de M. le nonce contribuèrent puissamment k un heureux résultat. .L'esprit conciliant de ce prélat» sa prudence» son attachement aux véritaliles intérêts de la France et de la religion, affaiblirent bien des préventions et aplanirent bien des obstacles » et il est remarquat>le qu'au milieu d*une licence d'tsprits qui attaquaient les réputations et les caractères les l»lus honorables, le caractère de M, l'archcvôque de Nisibe fut généralement respecté» quoiqu'il eût fait entendre plusieurs fuis de justes et fortes réclamations sur les maux de l'Eglise. Ce n'est point ici le lieu de parler de toutes les circonstances où son inter« vcntion pût êtr« utile k la religion; il suffit

de dire que son zèle, réglé par une sage cir» conspection, ne se démentit jamais, et que ses rapports» soit avec les ministres du roi, soit avec les évoques et le clergé, furent toujours dignes d'un représentant du Saint- Siège. M. le cardinal Macchi emporte surtout les respects et les regrets de tous ceux qui ont eu l'honneur de I approcher. Son Ëminence doit arriver samedi k Lyon» où elle passera le dimanche; elle est accompagnée, dans son voyage» de MgrNévi» son ancien au« diteur» et de M. le chanoine Pastacaldi» son secrétaire. Mgr Névi» précédemment auditeur de la nonciature en Suisse , puis en France, a été récemment ablégatet camérier secret du Saint-Père; c*est ce prélat qui fut charsé de remettre la barrette de M. le cardinal» où il était destiné k remplir les fonctions de chargé d'affaires» si Son Emincnce fût partie immédiatement après sa promotion, comme c'est l'usage. Mgr Névi a pris part k toutes les affaires importantes que M. l'archevêque de Nisibe a eues è traiter» et a constamment secondé Son Excellence avec autant d'intelligence que de dévouement. Ses lumières» sa capacité» son application aa travail, ont pleinement justifié le choix qu'on avait fait de lui pour la place d'auditeur» et ses longs services ont obtenu une juste récompense par le titre récent que le Saint- Père lui a conféré en l'admettant dans la prélature et en l'attachant k sa maison.»

MACHIAVELLI (François-Marie) »« né k Florence» de la même famille que le célèbre écrivain» patriarche de Conslantinople et évêque de rerrare» nommé, eu 1641» cardinal du titre de Saint-Jean et de Saint«Paul» par le Pape Urbain VIII , mourut le 29 novembre 1653.

MACINFORTE SPERELLI D'ANCONB Jban-Antoinb)» né k Assise» en 1730» fut ait cardinal par Pie VI» en 1777. Il mourut en 1781.

MACLESFELD (Gcillaumb) » né» sous le pontificat d'Innocent IV» k Cantorbéry» suivant les uns» et, suivant les autres» k Coven« try, dans le comté de Warwick» embrassa dans celte dernière ville l'institut des Frè* res prêcheurs. — Après avoir fait êes étu« des a PariSi et y avoir pris quelques degrés^

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il fut reçu docteur iJans TunivcrsHé d'Oxford , où il professa avec un grand éclat. Fidèlement attaché à la doctrine de saint Thomas, il la défendit contre quelques écrits de Henri de Gand et de Guillaume Delàmare. 11 corrigra surtout les méprises de ce dernier» et réfuta solidement ses opinions. Ses notes sur toutes les parties de la Bible Attestent la profonde connaissance qu'il avait des saintes Ecritures; et les discours qu'il prononça devant le clergé d'Angleterre, ne font pas moins connaître ses sentiments re- )i^ieux et l'ardeur de son zèle pour la discipline de l'Eglise. Le Pape Benoti XI, qui connaissait par lui-môme son mérite, le nomma, ielS décembre 1303, cardinal-prdtredu titre de Sainte-Sabine. On dit qu'il mourut avant d'avoir reçu la nouvelle de sa promotion. Le P. Echard cit<' de lui les ouvrages suivants : L FostUlœ in iacra Biblia; IL in etangelium de Virginibus; III. Quœstionet de angelif ; IV. Quœstione» ordinariœ^ contra Henricum de Gnndaro , in quibus impugnal 5. Thomam de Aquino; V. Contra corruptO" rem S. Thomœ; VI. De unitate formarum; VIL De comparatione gtatuum ; VIII. Ora* tionet ad cterum ; IX. Varia problemata» {Voy. EcHARD , Scriptores ordinis FF. Prœdicatorum, t. I, p. 493; — le P. Toubon, Histoire des honmes illustres du mémo ordre, t. I.)

MACDLANO (Vincent) naquit le 11 septembre 1578, à Floreoliola, en Lombardie , d'une famille pauvre et hors d*état de pourvoir è son éducation. — 11 trouva dans l'ordre de Saint-Dominique les secours qui lui manquaient dans sa famille. Entré dans cet ordre à TAge de seize ans, il commença ses éludes à Pavie, les acheva à Bologne, et fut emi)loyé, dans cette dernière ville et aiN leu>*s/^ enseigner la philosophie et la théologie. Eu 1627, inquisiteur è Padoue , puis h Gènes, il fut appelé par Urbain Vlll k Romp, où il devint procureur de son ordre, puis vicaire général. En 1632, le même Pontife le fit commissaire du Sainl-Oflice, et, en 1639, Nicolas Riccardi étant mort, Urbain lui donna la place de maître du sacré palais que celui-ci avait remplie. Haculano s'acquitta si bien de cet emploi, que le Pontife content de ses services, et voulant le récompenser, le fit, en 1641, cardinal-prètre du titre de Saint-Clément, et lui donna l'arcbevéché de Bénévent. 11 résidait depuis un an et demi dans son diocèse ; mais Urbain Vlll, qui ne pouvait se passer de lui , rappela le cardinal, qui se démit de son archevêché et revint h Rome, en mai 16W. Urbain étant mort le 19 juillet 16U, la faction des Barberini (ce terme faction est un terme reçu, et n'a rien de flélrissanl), à la fanpilte desquels appartient ce Pontife, intrigua pour faire élever le cardinal Maculano au souverain pontitical ; mais elle ne réussit point. L'ambassadeur de France, appuyé sur les cardinaux attachés au parti de cette cour, donna l'exclusion au cardinal protégé par les Barberini ; et c'est Innocent X qui fut élu. Maculauo se trouva ensuite à Télec-

tion d'Alexandre VII, et mourut à Rome le 15 février 1667, dans la quatre-vingt-neuvième année de son Age. Ce cardinal n'était pas seulement un bon théologien , c^était aussi un habile architecte ; mais il n'a laissé que des dessins, suivant le P. Echard, dans ses Scriptores ordiniê Prœdicatorum , t. II , p. 6^ et 623. Le Supplément français de Bâte lui attribue les ouvrages suivants, mais sans indiquer s'ils ont été publiés : I. Prolegomena ad architecturam ; 11. Modus facilis et expeditus construendi fortalitia: III. Con^ stitutiones pro clero Beneventano ; IV. Ser^ mânes sacri de tempore.

MACZICJOWSRI (Bernard), Polonais»

évêque de Cracovie, puis archevêque de Gnesne, fait, en 1601k, par le Pape Clément VIII, cardinal du titre de Saint-Jean et de Saint-Paul, mourut en 1608.

M ADRUCE (Christophe), dit le Cardinal de Trente^ fils de Jean Gaudence, baron de Madruce et échanson héréditaire da comté de Tjrol, étudia la droit è Bologne , obtint l'évèché de Trente, sa patrie, puis celui de Brixen, et enfin le chapeau de cardinal, qutt le Pape Paul III lui donna eu 15V2, è la recommandation de l'empereur Charles V, qui avait de grandes obligations à la famille des barons de Madruce , entièrement dévoués h son service. > Le cardinal de Trente surtout entra aveuglément dans les intérêts de cet empereur, et entreprit divers voyages en Allemagne, en F^spagne et en Italie, pour les soutenir. Doyen du Sacré Collège^ il mourut à Tivoli,le 5 juillet 1578,âgé desoiiante-six ans.

Voici son éloge par le P. Alby [16U1 :

c L'homme n'a çoint de pire centre entre ses actions que soi-même, ni de plus noble et moins étranger à la condition de sa nature que le bien des autres. Par la {première inclination il tient de la terre, qui seule entre les pièces de ce grand tout demeure ferme en son propre centre; par l'autre il imite toutes les choses qui s'nvoisinent des cieux, qui ne se meuvent qu'au centre d'un autre, auquel elles font du bien. Celle*là, faussant la aroite assiette de son esprit , le courbe tout contre les choses basses, ravalant la noblesse de ses pensées , et l'empêchant de respirer rien de grand. Celle-ci, relevant sur le mépris et l'abandon du propre intérêt, le porte tout è bien faire aux autres et en rendre plusieurs heureux, ce qui l'approche plus du divin.

« C*est aussi cette noble et généreuse inclination qui a fait de tout temps la différence des grandes âmes d'avec les vulgaires, et qui a gouverné tous les mouvements et les actions du cardinal Madruce , qui, dans la condition d'un particulier modéré a eu lo cœur el la main d*un prince magnifique, et étant parvenu , autant par son mérite que par la grâce du Sainl-Siége, à la dignité de prince do l'Eglise , a obligé tous les grands de ses bons ollices ou de sts avis, et combPé la vertu el le mérite des petits de ses bienfaits et de ses faveurs : grand en sagesse «t conseil ; grand en magnificence ut libéralité;

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grand en amour des lettres et des hommes savants ; grand en aumônes et charités , et plus grand que tout l'empire de la fortune qui payait tribut à sa vertu » et ployait sa conduite sous ses sages conseils.

« La noblesse du sang, qu*il tirait de l'une des pins illustres familles de la ville de Trente , avait beaucoup conlrîbué à lui rendre l'âmp ainsi noble» élevée. Et quoiqu'elle semblât encore le devoir tirer è la profession des armes que son père faisait, comme la pins bruyante pour la réputation de sa gloire, il se jeta rréanmoins, par une élection qui élaît guidée du Ciel , à l'exercice des lettres, avec dessein de se consacrer h la profession ecclésiastique. Donc il fut envoyé è l'université de Bologne , où , brûlant d'un désir passionné de savoir, il emporta dans quelques années toutes lea sciences sortables à sa condition, qu'il rendit plus belles par ses vertus , et plus brillantes par sa modestie.

t 11 ne fut pas plutôt de retour en son .pays, qu'il fut nommé chanoine dans Téglise cathédrale de Trente, puis doyen de la môme église, et bientôt après évoque, quoiqu'il ne fût lors âgé que de dix-neurans ; mais tant de belles qualilés et de mérites extraordinaires contestaient pour augmenter ses honneurs, et parlaient sihautenientpour lui, qu'on n'écouta point la considération des Minées f a qui les ?ertus avaient gagné le devant.

« II entra par cette nouvelle charge en possession d'une place d'honneur que les vœux des gens de bien lui avaient préparée , et dans une nouvelle obligation de remplir par ses belles actions les espérances du public. Aussi fut-il def)uis extrêmement soigneux de se bien acquitter de ses fonctions, autant par nécessité du devoir commun, que par un motif particulier de reconnaissance vurs l'affection de sa patrie, dont il fit de sa vie et de ses mœurs une leçon publique de vertu , et de ses revenus une féconde source de libéralités qu'il répandait sans mesure, si ce n'estque se ressouvenant qu'ils étaient sacrés , il ne les faisait servir qu'aux choses grandes » ou pleines de mérite.

< Le Papo Paul III, bien informé des preuves que le public avait déjk reçues de ses vertus , et s assurant des services que l'Eglise pouvait attendre de lui, le Ht cardinal, et l'appela quant et quant è Rome pour Taider de son conseil au grand dessein qu'il avait d'assembler un concile général , qu'il avait déjà intimé h Mantoue et h Vicène sans effet, pour les difllcuUés qui étaient intervenues, et*qui, depuis, ayant été intimé en la ville de Trente, du conseil du cardinal Hadruce, pour la commodité des protestants d'Allemagne, et pour autres considérations, a réussi , comme tout le monde sait , au Krand honneur et h l'avan^aço incomparable de la chrétienté. Notre cardinal y assista en celte Qualité, non toutefois comme légat, et y renaît de grands et^importants services au

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Saint-Siège , comme étant doué d'une priu dence affinée et d'un savoir exquis, d'une rare facilité d'esprit è démôler les choses embrouillées, d'un jugement net et pur des opinions extravagantes et populaires, d'une éloquence pleine de majesté , et d'autres très-illustres qualités , qui ne relevèrent pas peu l'estime qu'on faisait de lui, et augmentèrent la splendeur de ce grand concile.

« Ce fut encore un effet de ses sages conseils et de la vigueur agissante de son esprit, le notable secours que Paul HT envoya en^- Allemagne sous la conduite de ses neveux Alexandre, et Octave Farnèse, l'un cardinal et son légat, l'autre général de ses troupes , en un temps auquel presque tout le Septentrion, soulevé en factions , menaçait de changer partout l'ancienne religion, avec la face de l'Etat. Et non content d'avoir servi de son conseil h cette entreprise » il servil encore d'instrument à l'exécution , y menant lui-même un renfort de trois régiments italiens, et 1,000 gendarmes choisis, où il eut la consolation de voir un éclatant succèa des armes catholiques , les forces prolestantes rompues, le chef principal prisonnier, les villes rebelles ouvertes au victorieux, la religion sauvée de la ruine qui la menaçait, le Saint-Siège en crédit, l'Eglise en triomphe* l'hérésie en confusion.

« Ces honorables négociations, et la grands créance qu'il avait auprès du Saint-Père, lui acquirent une merreilleuse autorité, qu'il n'emplova qu'à élever la vertu et les bonnes lettres, a donner de l'éclat h la piété, à soulager toutes les misères, et è obliger tout le monde. Sa maison était le logis de la bénéficence pour les petits , et le palais de la magnificence pour les jjrands. Il ne fut ja- < mais de nécessiteux qui y entrât sans j recevoir de la faveur et du secours , ni de seigneur ou de prince qui passât parTrente,

qui n'y fût reçu et caressé dans la splendeur. Il eut l'honneur d^ traiter le roi catholique Philippe II allant en Italie, el les principaux princes d'Allemagne. Et comme il n'y eut rien de si haut dans l'univers qui fût par-dessus la grandeur et la noblesse de son courage, aussi n'y eut-il rien de si bas où il ne portât ses mains libérales, et ne ployât ses charités. Son amitié, comme ses conseils furent recherchés presque de tous les grands , et principalement du duc de Saxe , du roi d'Espagne , et des empereurs Maximilien et Charles-Quint, comme un dea appuis les plus fermes de leurs Etats. Le roi d'Espagne, pour reconnaître les obligations qu'il lui avait, lui donna le gouvernement du Milanais, dans lequel il fit, voir qu'il était aussi propre h l'exécution qu'au conseil, tant pour la paix que pour la guerre, et qu'il avait toutes les bonnes qualités pour gouverner, qui ne se trouvent guère ailleurs gue séparées. Et quoiqu'il soit également injuste de contenter tout le monde, et de ne contenter personne , parce que l'égalité de toutes choses offense sauvent , et le mérite particulier et le bien public, il apporta néanmoins une si excellente modération

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f>n ^a contiuilPy qu*iUln scella de Tapprobation du prince , et de l'applaudissemeot général des peuples.

« Et il ne donna pas moins de satisfaction en Tadminislralion de la Marche d*Ancône comme légat apostolique, envoyé du Pape Pie VI en des temps difficiles, où il fallait remplir crtle charge d'une personne de rare mérite; dans laquelle il fil voir un excellent modèle de la politique chrétienne, concertée avec toutes les vertus dignes d'un grand prélat. Il y fit du service de Dieu, de l honneur du Sainl-Siége et du bien public, comnie d'un beau triangle, la règle de ses mou- Tementselde ses démarches; et fil particulièrement éprouver ses libéralilés aux maisons de la Compagnie de Jésus, qu'il avait toujours chérie et protégée à Tégal do son estime , quoiqu'il lit partout ailleurs couler ses biens comme des fontaines pour la récompense des services, pour la gratification du mérite, et pour l'ornement du public.

c II avait un abord extrêmement affable , un entretien délicieux, un front toujours serein, et un mélange de douceur et de gravita presque inimitable. Son esprit, également vigoureux et présent à toutes choses, n'eut néanmoins jnmais rien de violent, ni en la ferveur de sa jeunesse, ni en la maturité de son âge, et le penchant de ses années ne courba jamais la force et la cons- 'tance de son âme, ni sa persévérance en la ' rerlu. Il mourut è Tivoli, où il s'élait retiré

Pour éviter les extrêmes chaleurs de Rome, an 15*78 , de son Age le 66% le cinquième }our du mois de juillet , qui était le même >our qu'il naquit au monde, auquel les extrémités de sa vie se baisèrent pour faire le cercle de l'honneur, et une riche couronne pour l'immortalité. Son corps fut trouvé trois ans après entier, et porté à Rome en féglise de Saint-Onuphre » où il est enterré.

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