TOMBEAU DU CARDINAL MADRDCB
Chrislo Itesuscllatorl.
Chrislopliori Madnilii épis. PorUiensis
CarUinali« Tn«lenlini oss^ hic requiescuiiU
Obiilv Julii MDLIXVUI, sut.
Su» Lxvi*, eodeni quo naïus est die recnrrente.
« VEloge de ce cardinal a été écrit par Fil- Tiuciuset Pétramellanus. Un bon nombre de graves auteurs en ont fait honorable mention. »
MADRUCE (Louis), neveu du précédent, fait évêque de Trente après la résignation de son oncle, puis cardinal en 1561, par le Pane Pie IV, soutint très-bien la réputation qu avait acquise son oncle, fut envoyé, en 1S82, par le Pape Grégoire XIII, comme légat en Allemagne, et depuis employé dans Tes affaires les plus considérables de TEglisc. — C'est lui que l'Espagne chargea de ses Intérêts dans les conclaves où furent élus Urbain Yll, Grégoire XIV, Innocent IX et Clément VIII, et qui, dans ces quatre conc'Aves» donna tant d'embarras au cardinal
Hontalte, avec lequel néanmoins il Tut tou« jours forcé de se réunir. 11 mourut à Rome le 20 avril 1600.
HADRUCE (Chablbs). créé, en 160fc, cardinal par le Pape Clément VIII, évêque de Trente et do Sabine , mourut à Rome le U août 1629.
MAFFEI (Bernardin), de Tilluslre famille de ce nom, originaire de Bologne, et réfu-
Siéeh Vérone, en 1274, h la suite des luttes es Guelfes et des Gibelins, naquit, en 131^ à Rome, où il fit les études les plus brillantes. — Poète et orateur distingué, il fut secrétaire du Pape Paul 111, qui lui donna suc*« cessivemenl les évêchés de Massa, de Forimpopolo et de Caserle, puis le chapeau de cardinal en 1549. Ce prélat mourut le 16 juillet 1553, Agé seulement de 40 ans. On A de lui des Commentairet tur les lettrée de Ciciron^ et un Traité sur let inscriptions et Us médailles,
MAFFEI (Marc-Antoine), né h Rome, de la même famille que le précédent, archevêque de Chiéli, dataire et nonce en Pologne, fut créé» en 1570, par Pie V, prêi recardinal du litre deSaint-Calixte, et mourut en 1583.
MAFFEI (Horace), de la même fnmille
Sue les précédents, archevêque de Chiétî, ans le royaume de Naples, fait cardinal par Paul V, en 1606, mourut en 1609.
MAfiALOTTI (Laurent), Florentin, créé en 1623 par le Papu Urbain VIII, diacre^cardinal du titre de Sainte-Marie in Aquiro^ puis prêtre du titre de Saint-Jean et de Saint- Paul, évêque de Ferrare, mourut
en 1637.
HAÏ (Angelo). -^S Nous empruntons à rAmi de la religion les détails suivant* pu* bllés h Toccasion de la mort du cardinal Angt*lo Mai.
« L*illustre cardinal que la mort a frapfié sou<lainement dans la nuit du 8 septembre 1854, a laissé parmi tous les savants de l'Europe un si grand renom que son éloge no sera taxé par personne d'exagération, et que nous pouvons commencer cette notice en disant qu*il fut la gloire du Sacré Collège et le prince des philologues de notre siècle.
Angelo Mai naauit le 7 mars 1782, h Schilpario, dans la vallée de Scalve (province de Bergame). Ses parents voulurent qu*il s'appliqu&t de bonne heure à Tétude, et leur principal soin fut de déployer chez lui, en même temps que les dons de Tintelligence, les qualités du cœur.
« Il eut pour maître le prêtre Louis Mozzé,
3ui avait appartenu à Tillustre Compagnie e Jésus; sous la direction de son érudit concitoyen le jeune Mai lit de grands progrès au séminaire épiscopal de Bergame, et se distingua dans toutes les parties de Tensei* gnement.
« Mais tout è coup il quitta son pays'el, avec quatre de ses compagnons d*étudcs, se rendit h Colorno, où Ferdinand de Bourbon, duc de Parme, avait, avec Tagrémenl du
■Al
MAI
Souver'tîn Pontife Pie*, VI, permis auL Pères Jésuites d'établir une maison.
H Entré dans la Compagnie en 1799, Angelo Mai 8*y appliqua avec ardeur à fétude, et chez lui la piété était à la hauteur du mérite. En 180fc, il fut envoyé à Naples pour y enseigner les humanités. Ce fut alors qu*au milieu de ses recherches comparatives sur les auteurs classiques latins» grecs et italiens, il écrivit quelques compositions poétiques qui révélaient chez lui une ardente imagination. Mais la poésie n'était qu*un délassement, et son esprit tendait vers un bût plus élevéy vers des occupations plus sérieuses.
« Contraint de quitter Naples, il vint à Rome avec quelques-uns des membres de la Compagnie, et après un court séjour dans la capitale du monde catholique, il se rendit à Orviéto oiï l'appelait l'archevêque de cette ville, Jean-Raptiste Lambruschini. Là il s'appliqua à l'étude de la théologie, puis à celle des langues hébraïque et grecque, et enGn de la paléographie, sous Ta direction des ei4ésuites espagnols, Monero et Menchaca. Dans cette dernière science surtout il ne larda pas à devenir passé maître. C'est vers cette époque qu'il fut admis au sacerdoce.
« Tandis qu'il se livrait avec tant d'ardeur et de joie h un travail immense qui embrassait toutes les sciences divines et humaines, Angelo Moï se vit obligé d'obéir à une loi impérieuse en vertu de laquelle chaque Italien devait revenir dans son pays natal. Alors il alla à Milan; Mozzi, son maître dévoué, était avec lui» et en lui procurant la nomination de docteur de la bibliothèque Ambroisienne, il lui ouvrit l'entrée de ce sanctuaire de l'étude.
« Tout le monde sait avec auels soins et
3uels frais le cardinal Rorromee avait réuni ans cette bibliothèque une énorme quantité de manuscrits prérJeui, envoyant dans toutes les parties de TEurope des savants k la recherche des ouvrages qu'ils pourraient acheter, et leur ordonnant de faire copier ceux qu'on ne pourrait se procurer autremont. Mai, à la vue de tant de richesse, conçut le projet d'exhumer de l'ombre et de la poussière les trésors qui y étaient enfouis. Le voilà occupé sans relâche à tourner et à retourner les parchemins, à examiner les palimpsestes confus et embrouillés, à promener partout un regard scrutateur, dans l'espérance de retrouver quelque monument de l'antique science. Il avait reconnu en effet que parmi les œuvres classiques des auteurs de I antiquité il en est un certain nombre de tronquées et d'autres qu'on croit perdues; aussi dans les recherches qu'il f.iisait sans cesse, était-il guidé par son désir de combler quelque lacune de ce genre. Or ces doctes veilles ne furent point supertlui'S : toujours appliqué à déchiffrer des t**xtes que, soit le temps, soit Tignorance des hommes avaient défigurés, de palimpsestes chargés d*écriture, de feuillets qui avaient
été réunis an hasard. Mai eut le bonheur de découvrir de véritables trésors là où d'autres n'avaient su voir que des paperasses inutiles.
« Le premier fruit de ses excellents travaux fut le discours d'Isocrate : De permuta^ tione^ qu'il traduisit en latin en l'illustrant de notes et d'une préface, et qu'il publia. Mustodixi avait fait paraître le texte de ce discours, et Ma! joignit à l'original la traduction et d'importants commentaires. Mais ce n'était là pour lui qu'un essai. Encouragé puissamment par le succès d'une première tentative, il ne se sentit que plus d'ardeur pour continuer son œuvre. Sans se laisser délourner un instant de ses doctes investigations, il réussit en peu d'années^ mettre au jour une foule d'ouvrages en tout ou par* tie inédits. De 1S13 à 1819, il présenta aux savants des travaux qui furent accueillis avec enthousiasme. Dans le nombre nous citerons des fragments d'Homère avec un grand nombre de peintures également antiuues, et dont les sujets sont tirés des œuvres de ce grand poëte; les écrits inédits de Cornélius Fronton ; des lettres inédites d'Antonin le Pieux, de Marc-Aurèle, de Lucius Terus et d'Appien ; des fragments de discours d'Aurélius Symmaque; les Antiquitéi romaines de Denis d*Halicarnasse, qui manquaient jusqu'ici; des fragments inédits de Plante, d'Isëe, de Thémiste le Philosophe; un ouvrage inédit de Porphyre le Philosophe; quelques écrits du Juif Philon; les anciens interprètes do Virgile; doux livres des Chroniquei d'Eusèbe Pamphiîe; trois livres de Julius Valérius sur la vie d'Alexandre de Macédoine; les vi* et xiv* livres sibyllins; une traduction en langue gothique des Epttres de saint Paul et des autres livres de l'Ecriture, par Ulfila.Par ces découvertes inestimables qu'il publia, Angelo Mai rendit de grands services aux amis des lettres. Son nom ne tarda pas à acquérir de la célébrité. Tous les savants avaient les yeux fixés sur l'infatigable investigateur de la bibliothèque Ambroisienne.
« En 1819, l'emploi de premier [bibliothécaire de la Vaticane étant devenu vacant, le cardinal Litta et le cardinal Consalvi s'unirent pour prier le Souverain Pontife Pie VU d'y appeler Angelo Mai, bien certains que nul mieux que loi ne saurait le remplir. Le savant philologue se montra très-datte de cet honneur, qui allait lui permettre de poursuivre à Rome les travaux qu'il avait si bien commencés à Milan. Ses recherches ne tardèrent pas en effet à être couronnées de succès. Il découvrit dans la bibliothèque Vaticane une autre partie des livres de Cornélius Fronton, cachée sous un palimpseste % de plus quelques fragments du droit civil antérieurs au code de Justinien , quelques, discours de Symmaque, la Rhétorique de Julius Victor, etc. Mais ce qui retentit I» plus haut en Europe, ce fut la découverte des six livres De la république de Cicéro% que tout le monde savait bien avoir exista*, mais qui, depuis le xiii* siècle, étaient per«
MAD
MAI
f>n SB contluile, qu'iUln scella de Tapprobalion du prince, et de Tapplaudissemeot général des peuples.
« Et il ne donna pas moins de satisfaction en Tadminislralion de la Marche d'Ancône corame légat apostolique, envoyé du Pape PieYI en des temps difficiles, où il fallait remplir crlle charge d'une personne de rare mérile; dans laquelle il fit foir un excellent modèle de la politique chrélienne, concertée arec loules les vertus dignes d'un grand prélat, II y fit du service de Dieu, de l honneur du Sainl-Siége el du bien public, comme d'un beau Iriangle, la règle de ses mou- Tementselde ses démarches; et fit particulièrement éprouver ses libéralilés aux maisons de la Compagnie de Jésus, qu'il avait toujours chérie et protégée à Tégal de son estime, quoiqu'il fit partout ailleurs couler ses biens comme des fontaines pour la récompense des services, pour la graliflention du mérite, et pour l'ornement du public.
« Il avait un abord extrêmement affable » N un entretien délicieux , un front toujours
' serein, et un mélange de douceur et de gravité presque inimitable. Son esprit, égale-
' mf-nt vigoureux et présent h toutes choses, n'eut néanmoins jnmais rien de violent, ni
' en la ferveur de sa jeunesse, ni en la maturité de son âge, et le penchant de ses années ne courba jamais la force et la cons- 'tance de son âme, ni sa persévérance en la rertu. Il mourut è Tivoli, où il s'était retiré
Pour éviter les extrêmes chaleurs de Rome, an 15*78, de son âge le 66% le cinquième }our du mois de juillet , qui était le même .)our qu'il naquit au monde, auquel les ex- 'trémités de sa vie se baisèrent pour faire le cercle de l'honneur, et une riche couronne pour l'immortalité. Son corps fut trouvé trois ans après entier, et porté à Rome en féglise de Saint-Onuphre » où il est enterré.
TOMBEAD DO CARDINAL MADRDCB.
Chrisio Uesuscilatori.
Ctirislopliori Madriilii cpls. Portiiensis
CarUinalis Triiienlini oss^ hic reqiiiescuiiU
Obiilv JUilii MDLlWlll, sut.
Suae Lxvi'y eodeui quo naïus est die récurrente*
« VEloge de ce cardinal a été écrit par Fil- Tiuciuset Pélramellarius. Un bon nombre de graves auteurs en ont fait honorable mention. »
MADRUCE (Louis), neveu du précédent, fait évêque de Trente après la résignation de son oncle, puis cardinal en 1561, par le Pane Pie IV, soutint très-bien la réputation qu avait acquise son oncle, fut envoyé, en 1S82, par le Pape Grégoire XIII, comme légat en Allemagne, et depuis employé dans Tes afTaires les plus considérables de l*£glisc. — C'est lui que l'Espagne chargea de ses intérêts dans les conclaves où furent élus Urbain YII, Grégoire XIV, Innocent IX et Clément VIII, et qui, dans ces quatre coni'Aves, donna tant d'embarras au cardinal
Montalte, avec lequel néanmoins il fut toujours forcé de se réunir, 11 mourut à Rome le 20 avril 1600.
MADUUCE (Cbablbs), créé, en iWk, cardinal par le Pape Clément VIII, évêque de Trente et de Sabine , mourut à Rome le ik août 1629.
MAFFEI (Rernardin), de l'illustre famille de ce nom, originaire de Rologne, et réfu-
Siéeh Vérone, en 1274, à la suite des luttes es Guelfes et des Gibelins, naquit, en 13li, à Rome, oh il fit les études les plus brillantes. — Poète et orateur distingué, il fut secrétaire du Pape Paul III, qui lui donna su<*« cessivement les évêchés de Massa, de Fo* rimpopolo et de Caserte, puis le chapeau de cardinal en 1549. Ce prélat mourut le 16 juillet 1553, âgé seulement do kO ans. On A de lui des Commeniairet tur U$ leitret de Ciciron^ et un Traité »ur les inscriptions et les médailles,
MAFFEI (Marc-Antoine), né h Rome, de la même famille que le précédent, archevêque de Chiéti, dataire et nonce en Pologne, fut créé, en 1570, par Pie V, prêl recardinal du litre deSaini-Caliite, et mourut en 1583.
MAFFEI (Horace), de la même f.imille
Sue les précédents, archevêque de Chiétf, ans le royaume de Naples, fait cardinal par Paul V, en 1606, mourut en 1609.
MAGALOTTI (Laurent), Florentin, créé en 1623 par le Papu Urbain VIII, diacre^cardinal du titre de Sainte-Marie in Aquiro^ puis prêtre du titre de Saint-Jean et de Saint- Paul, évêque de Ferrare, mourut
en 1637.
MAI (Anoelo). —! Nous empruntons à rAmi de la religion les détails suivants publiés h l'occasion de la mort du cardinal Ang(*lo Mai.
« L'illustre cardinal que la mort a frapf)é souilainement dans la nuit du 8 septembre 185(^, a laissé parmi tous les gavants de l'Europe un si grand renom que son éloge ne sera taxé par personne d'exagération, et que nous pouvons commencer cette notice en disant qu'il fut la gloire du Sacré Collège et le prince des philologues de notre siècle.
Angolo Mai naauil le 7 mars 1782, h Schilpario, dans la vallée de Scalve (province de Bergame). Ses parents voulurent qu'il s'appliquât ae bonne heure à l'étude, et leur principal soin fut de déployer chez lui, en même temps que les dons de l'intelligence, les qualités du cœur.
« Il eut pour maître le prêtre Louis Mozzé,
3ui avait appartenu à l'illustre Compagnie e Jésus; sous la direction de son érudit concitoyen le jeune Mai fit de grands progrès au séminaire épiscopal de Bergame, et se distingua dans toutes les parties de l'ensei* gnement.
« Mais tout è coup il quitta son pays'et, avec quatre de ses compagnons d*études, se rendit h Colorno, où Ferdinand de Bourbon, duc de Parme, avaity avec Tagrémenl du