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Souverain Pontife Pie^.VI, permis aux. Pères Jésuites d'établir une maison.
<c Entré dans la Compagnie en 1799, Angelo Mai 8*y appliqua avec ardeur à Télude, et chez lui la [)iété était h la hauteur du mérite. En 180b, il fut envoyé h Naples pour y enseigner les humanités. Ce fut alors qu'au milieu de ses recherches comparatives sur les auteurs classiques latins» grecs et italiens, il écrivit quelques compositions poétiques qui révélaient chez lui une ardente imagination. Mais la poésie n'était qu'un délassement, et son esprit tendait vers un but plus élevé, vers des occupations plus sérieuses.
c Contraint de quitter Naples, il vint à Rome avec quelques-uns des membres de la Compagnie, et après un court séjour dans la cai'itale du monde catholique, il se rendit à Orviéto oi!i l'appelait i'archevècfue de cette ville, Jean-Baptiste Lambruschini. Là il s'appliqua à l'étude de la théologie, puis à celle des langues hébraïque et grecque, et enGn de la paléographie, sous Ta direction des ei4ésuite8 espagnols, Monero et Menchaca. Dans cette dernière science surtont il ne larda pas à devenir passé maître. C'est vers cette époque qu'il fut admis au sacerdoce.
c Tandis qu'il se livrait avec tant d'ardeur et de joie h un travail immense qui embrassait toutes les sciences divines et humaines, Angelo Mai se vit obligé d'obéir à une loi impérieuse en vertu de laquelle chaque Italien devait revenir dans son pays natal. Alors il alla à Milan; Mozzi, son maître dévoué, était avec lui» et en lui procurant la nomination de docteur de la bibliothèque Ambroisienne, il lui ouvrit l'entrée de ce sanctuaire de l'élude.
c Tout le monde sait avec auels soins et uels frais le cardinal Borromée avait réuni ans cette bibliothèque une énorme quantité de manuscrits préoJeui, envoyant dans toutes les parties de ITurope des savants à la recherche des ouvrages qu'ils pourraient acheter, et leur ordonnant de faire copier ceux qu'on ne pourrait se procurer autrement. Mai, h la vue de tant de richesse, conçut le projet d'exhumer de l'ombre et de la poussière les trésors qui y étaient enfouis. Le voilà occupé sans relâche à tourner et à retourner les parchemins, à examiner les palimpsestes confus et embrouillés, à promener partout un regard scrutateur, dans Tespérance de retrouver quelque monument de l'antique science. Il avait reconnu en eiïetquc parmi les œuvres classiques des auteurs de Tantiquité il en est un certain nombre de tronquées et d'autres qu'on croit perdues; aussi dans les recherches qu'il f.iisait sans cesse, était-il guidé par son désir de combler quelque lacune de ce genre. Or ces doctes veilles ne furent point supert1u«'S : toujours appliqué à déchiffrer des t**xles que, soit le temps, soit Tignorance dvs hommes avaient défigurés, de palimpsestes ciiargés d^écriture, de feuillets qui avaient
été réunis an hasard. Mai eut le bonheur de découvrir de véritables trésors là où d'autres n'avaient su voir que des paperasses inutiles.
c Le premier fruit de ses excellents travaux fut le discours d'Isocrate : De permuta^ tione^ qu'il traduisit en latin en l'illustrant de notes et d'une préface, et qu'il publia. Mustodixi avait fait paraître le texte de ce discours, et Mai joignit à l'original la traduction et d'importants commentaires. Mais ce n'était là pour lui qu'un essai. Encouragé puissamment par le succès d'une première tentative, il ne se sentit que plus d*ardeur pour continuer son œuvre. Sans se laisser déiourner un instant de ses doctes investigations, il réussit en peu d'années 'à mettre au jour une foule d*ouvrages en tout ou partie inédits. De 1313 à 1819, il présenta aux savants des travaux qui furent accueillis avec enthousiasme. Dans le nombre nous citerons des fragments d'Homère avec un grand nombre de peintures également anli-
Sues, et dont les sujets sont tirés des œuvres 6 ce grand poêle; les écrits inédits de Cornélius Fronton ; des lettres inédites d'Antonin le Pieux, de Marc-Aurèle, de Lucius Terus et d'Appien ; des fragments de discours d'Aurélius Symmaque; les Antiquitéi romainei de Denis d'Haï icarnasse, qui manquaient jusqu'ici; des fragments inédits de Piaule, d'Isee, de Thémiste le Philosophe; un ouvrage inédit de Porphyre le Philosophe; quelques écrits du Juif Philon ; les anciens interprètes de Virgile; deux livres des Chroniques d'Eusèbe Pamphiîe; trois livres de Julius Valérius sur la vie d'Alexandre de Macédoine; les vi* et xiv' livres sibyllins; une traduction en langue gothique des Epîtres de saint Paul et des autres livres de l'Ecriture, par Ulfila.Par ces découvertes inestimables qu'il publia, Angelo Maï rendit de grands services aux amis des lettres. Son nom ne tarda pas à acquérir de la célébrité. Tous les savants avaient les yeux fixés sur l'infatigable investigateur de la bibliothèque Ambroisienne.
« En 1819, l'emploi de premier [bibliothécaire de la Valicane étant devenu vacant, le cardinal Litta et le cardinal Consalvi s'unirent pour prier le Souverain Pontife Pie VU d'y appeler Angelo Mai, bien certains que nul mieux que loi ne saurait le remplir. Le savant philologue se montra très-flalté de cet honneur, qui allait lui permettre de poursuivre à Rome les travaux qu'il avait si bien commencés à Milan. Ses recherches ne tardèrent pas en effet à être couronnées de succès. Il découvrit dans la bibliothèque Valicane une autre partie des livres de Cornélius Fronton, cachée sous un palimpseste :t de plus quelques fragments du droit civil antérieurs au code de Justinien , quelques, discours de Symmaque, la Rhétorique de Julius Victor, etc. Mais ce qui retentit le plus haut en Europe, ce fut la découverte des six livres De la république de Cicéro% que tout le monde savait bien avoir existd*, mais qui, depuis le xiir siècle, étaient par*
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■en SA contiuilP, qu'iUln scella de Tapprobation du prince» et de rapplaudissemeot général des peuples.
« Et il ne donna pas moins de satisfaction en Tadministralion de la Marche d*Ancône comme légal apostolique, envoyé du Pape Pie VI en des temps difficiles, oi^ il fallait remplir cette charge d'une personne de rare mérite; dans laquelle il fit voir un excellent modèle de la politique chrétienne, concertée avec toutes les vertus dignes d'un grand prélat. Il y fit du service de Dieu, de l honneur du Sainl-Siége et du bien public, comùie d'un beau Irinngle, la règle de ses mou- Temenlsetde ses démarches; et fit partifulièrement éprouver ses libéralilés aux maisons de la Compagnie de Jésus, qu'il avait toujours chérie et protégée h Pégal de son estime , quoiqu'il fit partout ailleurs couler ses biens comme des fontaines pour la récompense des services, pour la gratification du mérite, et pour rornement du public.
« Il avait un abord extrêmement affable , un entretien délicieux, un front toujours serein, et un mélange de douceur et de gray\\é presque inimitable. Son esprit, égalemint vigoureux et présent a toutes choses, n'eut néanmoins jnmnis rien de violent, ni an la ferveur de sa jeunesse, ni en la maturité de son fige, et le penchant de ses années ne courba jamais la force et la constance de son âme, ni sa persévérance en la rertu. Il mourut è Tivoli, où il s'élait retiré
Pour éviter les extrêmes chaleurs de Rome, an 15*78 , de son Age le 66*, le cinquième jour du mois de juillet , qui était le même jour qu'il naquit au monde, auquel les extrémités de sa vie se baisèrent pour faire le cercle de l'honneur, et une riche couronne pour l'immortalité. Son corps fut trouvé trois ans après entier, et porté à Rome en féglise de Saint-Onuphre » où il est enterré.
TOMBKAU DO CARDINAL MADRDCB.
Chrislo llesuscilatori.
Christopliori Madriilii épis. Portiiensis
Cardinale Triilenliiri ossi hic requiescuiiL
Obiilv Julii MDLIWIII, aeut.
Siue Lxvi', eodeiii quo natus est die récurrente.
« VEloge de ce cardinal a été écrit par Fil- ?iucius et Pétraroellarius. Un bon nombre de graves auteurs en ont fait honorable mention. »
MADRDCE (Louis), neveu du précédent, lait évêque de Trente après la résignation de son oncle, puis cardinal en i56t, par le Pane Pie IV, soutint très-bien la réputation qn avait acquise son oncle, fut envoyé, en 1582, par le Pape Grégoire XIII, comme légat an Allemagne, et depuis employé dans Tes affaires les plus considérables de TEglisc. — C'est lui que l'Espagne chargea de ses Intérêts dans les conclaves où furent élus Urbain YII, Grégoire XIV, Innocent IX et Clément VIII, et qui, dans ces quatre coni**Aves» donna tant d'embarras au cordinal
Montnite, avec lequel néanmoins il fut toujours forcé de se réunir. Il mourut à Rome le 20 avril 1600.
MADKUCE (Charles), créé, en 160^, cardinal par le Pape Clément VIII, évêque de Trente et de Sabine , mourut à Rome le ik août 1629.
MAFFEl (Rbrnardin), de l'illustre famille de ce nom, originaire de Rologne, et réfugiée h Vérone, en i^Hk, à la suite des luttes des Guelfes et des Gibelins, naquit, en 151^ à Rome, où il fit les études les plus brillantes. — Poëte et orateur distingué, il fut secrétaire du Pape Paul III, qui lui donna su(-« cessivement les évêchés de Massa, de Forimpopolo et de Caserle, puis le chapeau do cardinal en 15^9. Ce prélat mourut le 16 juillet 1553, âgé seulement de M ans. On a de lui des Commentairet sur les lettres de Cicéron^ et un Traité sur les inscriptions et Us médailles.
MAFFEl (Marc-Antoi!«e), né à Rome, de la même famille que le précédent, archevêque de Chiéti, dataire et nonce en Pologne, fut créé» en 1570, par Pie V, prêtrecardinal du titre de Saini-Calixte, et mourut en 1583.
HAFFEI (Horace), de la même f.imille
3ue les précédents, archevêque de Chiéti, ans le royaume de Naples, fait cardinal par Paul V, en 1606, mourut en 1609.
MAGALOTTI (Lacreiit), Florentin, créé en 1623 par le Papu Urbain VIII, diacre-cardinal du litre de Sainte-Marie in Aquiro^ puis prêtre du titre de Saint-Jean et de Saint- Paul, é?êque de Ferrare, mourut
en 1637.
MAI (Angelo). — S Nous empruntons h rAmi de la religion les détails suivants publiés h l'occasion de la mort du cardinal Angflo Mai.
« L'illustre cardinal que la mort a frapfté soudainement dans la nuit du 8 septembre 185^, a laissé parmi tous les gavants de l'Europe un si grand renom que son éloge ne sera taxé par personne d'exagération, et que nous pouvons commencer cette notice en disant qu'il fut la gloire du Sacré Collège et le prince des philologues de notre siècle.
Angelo Mai naauille 7mars 1782, h Schilpario, dans la vallée de Scalve (province de Bergame). Ses parents voulurent qu'il s'appliquAt de bonne heure à l'étude, et leur principal soin fut de déployer chez lui, en même temps que les dons de l'intelligence, les qualités du cœur.
« Il eut pour maître le prêtre Louis Mozzé,
3ui avait appartenu à l'illustre Compagnie e Jésus; sous la direction de son érudil concitoyen le jeune Mai fit de grands progrès au séminaire épiscopal de Bergame, et se distingua dans toutes les parties de l'enseignement.
« Mais tout h coup il quitta son pays*el, avec quatre de ses compagnons dYtudes, se rendit h Colorno, où Ferdinand de Bourbon, duc de Parme, avait, avec Tagrément du
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Souverain Pontife Pie^.VI, permis aux. Pères Jésuites d*étabiir une maison.
<c Entré dans la Compagnie en 1799, Angelo Mai s'y appliqua avec ardeur à l'élutle, et chez lui la piété était à In hauteur du mérite. En 180b, il fut envoyé à Naples pour y enseigner les humanités. Ce fut alors qu'au milieu de ses recherches comparatives sur les auteurs classiques latins, grecs et italiens, il écrivit quelques compositions poétiques qui révélaient chez lui une ardente imagination. Mais la poésie n'était qu'un délassement, et son esprit tendait vers un bût plus élevé, vers des occupations plus sérieuses.
c Contraint de quitter Naples, il vint à Rome avec quelques-uns des membres de la Compagnie, et après un court séjour dans la capitale du monde catholique, il se rendit à Orviéto oi!i l'appelait l'archevègue de cette ville, Jean-Raptiste Lambruschini. Là il s'appliqua à l'étude de la théologie, puis à celle des langues hébraïque et grecque, et enfin de la paléographie, sous Ta direction des ei4ésuites espagnols, Monero et Menchaca. Dans cette dernière science surtout il ne tarda pas à devenir passé maître. C'est vers cette époque qu'il fut admis au sacerdoce.
« Tandis qu'il se livrait avec tant d'ardeur et de joie h un travail immense qui embrassait toutes les sciences divines et humaines, Angelo Mai se vit obligé d'obéir à une loi impérieuse en vertu de laquelle chaque Italien devait revenir dans son pays natal. Alors il alla à Milan; Mozzi, son maître dévoué, était avec lui» et en lui procurant la nomination de docteur de la bibliothèque Ambroisienne, il lui ouvrit l'entrée de ce sanctuaire de l'étude.
« Tout le monde sait avec quels soins et
3uels frais le cardinal Borromee avait réuni ans cette bibliothèque une énorme quantité de manuscrits préi'^eui, envoyant dans toutes les parties de ITurope des savants à la recherche des ouvrages qu'ils pourraient acheter, et leur ordonnant de faire copier ceux qu*on ne pourrait se procurer autre* ment. Maï, h la vue de tant de richesse, conçut le projet d'exhumer de l'ombre et de la poussière les trésors qui y étaient enfouis. Le voilà occu|)é sans relâche à tourner et à retourner les parchemins, à examiner les palimpsestes confus et embrouillés, à promener partout un regard scrutateur, dans Tespérance de retrouver quelque monument de l'antique science. Il avait reconnu en eiïetquc parmi les œuvres classiques des auteurs de 1 antiquité il en est un certain nombre de tronquées et d'autres qu'on croit perdues; aussi dans les recherches qu'il faisait sans cesse, était-il guidé par son désir Je combler quelque lacune de ce genre. Or ces doctes veilles ne furent point supert1u<*s : toujours appliqué à déchiffrer des t>*xles que, soit le temps, soit l'ignorance des hommes avaient défigurés, de palimpsestes chargés d*écriture, de feuillets qui avaient
été réunis an hasard. Mai cul le bonheur de découvrir de véritables trésors là où d'autres n'avaient su voir que des paperasses inutiles.
c Le premier fruit de ses excellents travaux fut le discours d'Isocrate : De permuta" fione^ qu'il traduisit en latin en l'illustrant de notes et d'une préface, et qu'il publia. Mustodixi avait fait paraître le texte de ce discours, et Maï joignit à l'original la traduction et d'importants commentaires. Mais ce n'était là pour lui qu'un essai. Encouragé puissamment par le succès d'une première tentative, il ne se sentit que plus d'ardeur pour continuer son œuvre. Sans se laisser déiourner un instant de ses doctes investigations, il réussit en peu d'années 'à mettre au jour une foule d*ouvrages en tout ou partie inédits. De 1813 à 1819, il présenta aux savants des travaux qui furent accueillis avec enthousiasme. Dans le nombre nous citerons des fragments d'Homère avec nn grand nombre de peintures également anti-
Sues, et dont les sujets sont tirés des œuvres 6 ce grand poète; les écrits inédits de Cornélius Fronton; des lettres inédites d'Antontn le Pieux, de Marc-Aurèle, de Lucins Terus et d'Appien ; des fragments de discours d'Aurélius Symmaque; les Antiquitéê romaines de Denis d'Halicarnasse, qui manquaient jusqu'ici; des fragments inédits de Plante, d'Isee, de Thémiste le Philosophe; un ouvrage inédit de Porphyre le Philosophe; quelques écrits du JuifPhilon; les anciens interprètes de Virgile; deux livres des Chroniques d'Eusèbe Pamphiîe; trois livres de Julius Valérius sur la vie d'Alexandre de Macédoine; les vi* et xiv* livres sibyllins; une traduction en langue gothique desEpttres de saint Paul et des autres livres de l'Ecriture, par Ulfila.Par ces découvertes inestimables qu'il publia, Angelo Maï rendit de grands services aux amis des lettres. Son nom ne larda pas à acquérir de la célébrité. Tous les savants avaient les yeux fixés sur l'infatigable investigateur de la bibliothèque Ambroisienne.
« En 1819, l'emploi de premier [bibliothécaire de la Valicane étant devenu vacant, le cardinal Litta et le cardinal Consalvi s'unirent pour prier le Souverain Pontife Pie VU d'y appeler Angelo Mai, bien certains que nul mieux que loi no saurait le remplir. Le savant philologue se montra très-flatté de cet honneur, qui allait lui permettre de poursuivre à Rome les travaux qu'il avait si bien commencés à àlilan. Ses recherches ne tardèrent pas en effet à être couronnées de succès. Il découvrit dans la bibliothèque Valicane une autre partie des livres de Cornélius Fronton, cachée sous un palimpseste :: de plus quelques fragments du droit civil antérieurs au code de Justinien ^ quelques, discours de Symmaque, la Rhétorique de Julius Victor, etc. Mais ce qui retentit le plus haut en Europe, ce fut la découverte des six livres De la république de Cicéro% que tout le monde savait bien avoir existdv mais qui, depuis le xiir siècle, étaient par*
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dus sans que nî Pétrarque» ni Poggie, ni Bessarione, et tant d'au très patients investigateurs fussent parvenus è les retrouver. Une telle gloire était réservée à Angelo Maï, et ce sera pour lui un titre éternel aux yeui de la postérité. A peine cette œuvre si importante eut-elle été publiée par lui avec des notes eiégétiquos et historiques, qu'elle se répandit dans toute l'Europe et fut traduite dans presque toute les langues.
« Nommé chanoine de la basilique patriarcale du Vatican* et admis dans le collège de la prf^lature romainci Angelo Mai ne suspendit pas un moment ses excellents travaux. A Gampidoglio, en 182^, il prononça un remarquable discours » au sujft d*un concours artistique , et il avait pris pour texte : De Vnceord mutuel de larelipion et des ar/s; dans la mêmeannée^il lut à I Académie catholique un autre Discours sur le$ bienfaits de Pie VIT et du clergé envers les lettres. A ces morce<iux justement estimés , il faut joindre Toraison funèbre en latin qu'il pron'>nça dans la chapelle Sixtine lorsqu'on y célébra les obsèques de Jean VI, roi de Portugal, et un discours Pro eligendo Pontifee^ qu'il fil entendre en présence du Sacré Collège au moment ou Ton allait entrer au conclave où fut nommé le Pape Grégoire
« Les travaux publiés par Angelo Mal eussent pu suffire è sa gloire» mais il ne suffisaient pas è son activité.
« Dans le courant de l'année 181i, il fit paraître le catalogue des papyrus égyptiens delà bibliothèque du Vatican, réunis par les Papes Pie VII et Léon XII, et mis en ordre par lui. Mais ce travail n'est rien, si on le compare à la collection des auteurs anciens , en dix gros volumes qu'il commença è imprimer en 1827. Il ne l'eut pas plusiôt achevée qu'il en publia une autre éf^alement en dix volumes sous ce titre : Classici scriptores ex codicibus Vaticanis editi^ entreprise qu'il ne put mener à tin qu'en 1838.
« Sa renommée était devenue immense; toutes les académies se disputaient l'honneur de le compter parmi leurs membres.
L'Angleterre lui décerna une grande médaille d'or, ou l'on voyait d'un côté l'image du roi de l'autre cet eiergue : Angelo Maio.po' limpsestorum inventori atque restauratori. »
« Mais si à l'étranger il était l'objet de mille hommages, sa patrie non plus n*était pas indifférente envers lui.En 1825, Hergame inaugura, avec des fêtes, son portrait placé dans l'Athénée. Dès son avènement, Grégoire XVI voulut donner une preuve éclatante de son estime au savant bibliothécaire en le nommant secrétaire de la sainte Congrég;ation de la Propagande [1833]. Le 12 février 1838, Angelo Mai fut appelé au cardinalat en môme temps que Ibezzofanti, le plus grand polyglotte qui ait jamais existé. Comme s'il eût puisé dans cet honneur une nouvelle ardeur d'étude. Mai joignit aux collections classiques qu'il avait déjk pu-
bliées une œuvre en dix volumes encore, intitulée Spicilegium Homanum^ qui fut acbe» vée en 18^^.
c La mort du cardinal Pacca ayant laissé vacante la préfecture de la congrégation de Correction des livres de l'E'^lise orientale, cette place fut, par ordre du Souverain Pontife, confiée au cardinal Mai. Il fut nommé aussi préfet de la congrégation de Tlndex; mais il échangea plus tard cette'dignité contre la préfecture do la con^icrégaiion du Concile, où il resta jusqu'en 1853, c'ost-è-dire jus-
3u'è l'époque ou il fut nommé bibliothécaire e la sainte Eglise romaine.
« Toujours plein de force et d'énergie, le cardinal Maï n interrompit point ses études et continua d'y consacrer autant d'heures qu'il avait coutume de le faire dans sa jeunesse. C'est aux dernières années de sa vie qu'on doit la nouvelle Bibliothèque des saints Pires^ en six gros volumes. Mais l'illustre cardinal n'eut pas la satisfaction de terminer cette œuvre parvenue à sa moitié seulement. Retiré h Albino, ou il avait été chercher un peu de repos, il y fut saisi d'une inOammation d'entrailles qui l'emporta en trente-cinq heures, dans la nuit du 8 au 9 septembre de cette année, date néfaste pour les sciences et les lettres, qui ont fait en lui une perte irréparable.
« Les dépouilles mortelles du cardînat Mai furent portées dans l'église de Sainte- Anastasie, dont il était titulaire, et le 13 septembre ses obsèques furent solennellement célébrées en présence de Sa Sainteté Pie IX, qui rendait hommage è tant de vertus et de mérite.
« Le nom d'Angelo Maï occupera une place glorieuse dans l'histoire des lettres, et les œuvres que ce savant a remises en lumière feront è sa mémoire un éternel et brillant cortège. Mais, outre tant de titres éclatants, il en est un qui ne contribuera pas moins h la gloire de son nom : par un acte suprême de sa volonté, le cardinal Angelo Maï a légué tout son patrimoine axix pauvres de son pays. Tous les voyageurs amis de la science qui visiteront, h Sainte- Anastasie, la tombe du çrand philologue, salueront aussi en lui le bienfaiteur des indigents de Schilpario, cette humble cité qui désormais est, par Angelo Maï, sortie de son obscurité. » (Traduit du Journal de Rome par M. Alfred des Essarts.)
MAIDALCHINI (François), né à Viterbe, le 12 avril 1621, était neveu de dona Olimpia, si célèbre par l'ascendant qu'elle avait pris sur le Pape Innocent X, son beau-frère, ascendant qu'elle sut toujours conserver. — A l'Age de 26 ans, Maidalchini fut nommé cardinal par le Pape Innocent X, le 7 octobre 16n, et il mourut à Nettuno le 10 juin 1700, Agé de 79 ans. Son corps, transporté h Rome, yfut inhumé dans l'église de Saint- Eustache, en présence du Sacré Collège.
MAILLESEC, ou MALSEC (Gui de), sorti d'une noble famille du Limousin, était évêque de Lodève en 1370, l'année suivante