‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 176 sur 350 · NOA · texte numérisé non relu

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DfiS GARDItlAUX.

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d*Anne, doc de Noailles,, pair de France, etc., et de Louise Boyer deSainle-Geneviève des BoiSf dame d'atours de la reine Anne d*Autriche. — Destiné è l*état ecclésiastique, il fat élevé dans Tesprit du christianisme, dont il pratiqua les vertus dès Tenfance. Il sortit avec distinction des épreuves de la licence, el le ii mars 1676, fut re^^u docteur en théologie de la faculté de Pans. Sa naissance et le crédit de sa famille devaient le faire arriver promptement aux premières dignités de VEglise. fin 1679 le roi le nomma è Tévèché deCahors, et, l'année suivante, le transféra sur le siège de Châlons-sur-Marne, une des pairies ecclésiasti(]ues. En 1671 , Tévèque de ChAlons assistait à l'assemblée du clergé tenue au suiet de la régale, et à celle oCL furent adoptes les quatre fameux articles de trâs. Dans ses deux diocèses, il avait moatré tant de vigilance et de charité pastorale que» rar<;hpveché de Paris éthiii devenu vacant en 1695, par la mort de François de Harlay, le roi n'hésita pas è appeler I évèquo do ChAlons à ce siège important. Dans I affaire du quiétisme, le nouvel archevêque voulut se porter médiateur entre Bossuet et Fénelon. qui avait été son condisciple au collège ou Plessis; mais il fut bientôt subiu« gué par l'ascendant du premier. Celui-ci fait bien connaître quelles étaient les dispositions de l'archevêque de Paris, quand il écrivait h son neveu, juin 1697 : « M. de Paris craint M. de Cambrai, et me craint également. Je le contrains ; car sans moi, tout irait ï l'abandon, et M. de Cambrai l'em-

i>orterait.... MM. de Paris et de Chartres sont àibles, et n'agiront qu'autant au'ils seront poussés. ]i En 1700, H. de Noailles, nommé cardinal par Innocent XU, sur la présentalion de Louis XIY, se rendit è Rome, la même anuée, pour entrer dans le conclave où. fut élu Clément XI. Lors des disputes qu'excitèrent les propositions du P. Quesnel, janséniste, il approuva d'abord les écrits de ce P^re, puis se rétracta, il refusa long* temps de signer la bulle Unigenilus^ et la signa en 1728. Sa modération, qui semblait promettre au diocèse une paix profonde, de- Tint, au contraire, la source d'un grand nojnbre de discussions et de mesures vexatoires. Son malheur vint de la faiblesse de son caractère, et de n'avoir pas su choisir un guide sûr pour se diriger. Il est bien apprécié par le cardinal de Baussetqui, dans son Histoire de Fénelon^ s'exprime en ces termes : « Le cardinal de Noailles, avec des vertus et des qualités infiniment estimables, avait ce mélange d*entôtement et de faiblesse, apanage trop ordinaire des caractères plus recommandables par la droiture des sentiments et des intentions, que par la rectitude et l'étendue des idées ; il consuma tout son épiscopat à des discussions où il se voyait sans cesse obligé de reculer pour s'être trop imprudemment avancé, et dans lesquelles il unissait par mécontenter également tous les partis. » Le cardinal de Noailles mourut dans son palais archiépiscopal le k mai 1729. En 1718, on publia un recueil de ses mande-

ments ; il s'y en trouve d*intérès8ants. entre autres celui dans lequel il défend la lecture de la traduction du Nouveau Testament, publiée à Trévoux en 1702. Plein des meilleures intentions, il n'était pas Ait pour les luttes où il se trouva engagé. Doux^ramilier, accessible, il recevait les pauvres comme les riches, avec la même bonté, et s'étudiait & soulager leurs besoins. Dans le funeste hiver de 1709, il envoya fondre son argenterie, pour venir h leur secours. C'est lui qui fit rebâtir à ses frais le palais archiépiscopal, et la basilique de Notre-Dame lui dut des réparations et des embellissements. Il y fut inhumé dans la grande nef, devant la chapelle de la Vierge, avec Tépiiaphe suivante, gravée sur un marbre noir, et qui a été enlevée en 1793 :

AjJ pedes Deiparae,

QuaiD semper religiose cgluerat,

Hic jacet.

Ut tesumenio Jnsêit,

Lad. Ani. de Noailles,

S. R. E. cardiiiaKs, arcbiepiseopiis Parisiensit;

Dui S. GMoaldî, Par Franc!»,

ftcgii ordiais S. Spirilus comiiiendaior,

Provisor Sorbonv, ac remise NavarraeSuperiofu

Commi&sl sibl gregis

Sollicliudine paslor, charilatepater,

Domus Domini ^elo accensus.

In oratione assidiius, in labore indefessas,

In cullu roodestus, in viclu «roplex:

Sibi parcus, in caeteros sancie prodigus,

A teneris ad senium aequalis idenique„

Semper prudens, miil8,pacinciis,

Yiiam transegii benefaciendo.

Ecclesiam Parisiensero

Annis xxxiv.

Rexit, dirixit, excoluit, ornavit:

Ëjiis beneficenitain homînes et taceani,

Hiijus basilic» lapides clamabunt.

Obîii plenua dienim, onuiibus flebilis.

Die Mail 4, an. Domini 1729, aeutis 78. Vire misericordi Divinam misericordiam apprecare.

ilicx piedê de la êainU Vierge^ qu*U avait t^ujourê honorée pieusement ^ ici repose, comme il ra demandé par son testament^ L, A. de Noailles^ cardinal de la sainte Eglise romaine^ archerèque de Paris, duc de Saint Cloud^ pair de France^ commandeur de rordre du Saint- Esprii^ provisêur de Sorbonne et de Navarre, Par sa soUià' tude vrai pasteur du troupeau à lui confié, son père par sa charité^ zélé poux la maison du Seigneur^ assidu à la prière^ infatigable au travail^ modeste dans son extérieur, simple dans sa vie, économe pour lui^ saintement prodigue pour les autres, de l'enfance à la vieillesse toujours um» blable à lui-mime, prudent, doux, pacifique, il a passé sa vie à faire le bien. Pendant '6k ans il a

fouverné réglise de Paris, embelli sa basilique» \i les hommes taisent sa bienfaisance, les pierres decette basilique la proclameront. Il est mortplein de jours, universelliment pleuré, le 4 mat. Van du Sfiigneur i7i9, âgé de 78 ans. Pour cet homme compatissant, implorez la miséricorde divine,

NQBILl (Robeet), né à Montepulciano, d*une famille originaire d*Ôrviète, était

fctit-^fils de Louise de Monte, sœur du Pape ules III.— Robert montra, dès les premières années de sa vie, une grande piété, et fut révolu de la pourpre eu 1553, par le Pape Jules 111, en la 13* année de son âge. 11 vécut si saintementi remplit avec tant (Texactitude

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et (Je ferveur les devoirs d*un bon ecclésinstique» qu'il devint rexcmpte du Sacré Cblli^ge. Le Pape Paul IV disait que le cardinal Nobili était, ou un esprit sans corps, ou un ange incarné. Il mourut le 15 févrierS1559y Affé de 18 ans. Content de Tabbaye de Spi« nete, il ne voulut jamais d'autre bénétice. Quoique mort si jeune, il avait fait plusieurs panégyriques do Saints, dont on a le recueil, et un petit traité De gloria cmlesli.

Voici son éloge historique par le P. Alby L16U].

c Ce n*est pas d'aujourd'hui que Ton a remarqué, que comme les plus belles fleurs des parterres sont le plus tôt passées ; que les lis n'ont qu'un jour, les roses qu'un matin ; et que plusieurs même gôlent en bouton : aussi les plus grands hommes que les siècles portent, meurent souvent jeunes, et en la plus verte vigueur de leurs jours, Ce qui peut arriver de ce que comme une grosse mèche use plutôt le flambeau, la grandeur de leur esprit aceablo leur corps : ou que Pieu môme, de ces belles roses dont le public s'était promis de faire des bouquets, et des eouronnes d'ornemetit pour sa gloire, prend plaisir d'en faire une conserve pour l'immortalité.

« Ce fut aussi le sujet du discours et des regrets que le monde lit sur la courte vie du cardinal Robert de Hobili, en qtii la nature et la grâce semblaient avoir caché des trésors de belles espérances ; voyant tant d'excellentes qualités, tant de vertus et d'espérances consommées en un Age si florissant, nelaisscr rien au public qui les avait admirées au point de leur beauté, que le regret de les avoir perdues ; et un jeune homme, qui méritait vivre des siècles, être sitôt enlevé d'entre les hommes, après une montre de vertus si avantageuse è l'Eglise, si illustre, et si précieuse pour l'exemple du inonde chrétien.

« La naissance et Teitraction qu'il tenait d'un cavalier de mérite de la ville de Mont-

Jmlcian, et d'une nièce du Pape Jules III, ors séant è Rome, ternirent bientôt en possession de tout ce que la nature peut donner, et la fortune promettre de grand è ceux de sa condition. Car il fut fait cardinal en l'Age seulement de 13 ans, auquel un nombre de belles vertus, quoique tendres, parlaient si avantageusement pour lui, qu elles imposèrent silence à l'envie, et convertirent tous les murmures en publiques acclamations pour une élection en laquelle le méf rite avait prévenu et vaincu la faveur.

c Les qualités acquises qu'il ajouta aux dons de la nature, parurent dans son premier Age avec une telle pompe de lumières qu'il n y eut personne qui ne se promit un grand jour a*une aube si belle et si riante liux yeux de tout le iponde. Il était beau comme un ange, d*une taille haute au-dessus des communes, d'un aspect ravissant, et d'un maintien composé d*une majesté gracieuse , d'autant plus aimable qu elle était plus naïve, et presque inimitable h tous tes ■liQcea : et coiume les grAces de son corps

.donnaient un grand lustre h celles qui étaient répandues dans son Ame; et qui seprodui- 'saientdans ses mœurs; aussi, paran juste re* tour, ses vertus rehaussent grandement toutes les autres belles parties qui étaient en lui.

a Ses premiers instincts le rendirent si familier avec la vertu, et si plovable bux mouvements de la dévotion , qu'il semblait qu'il en fût imbu de nature? Il avait, taul petit qu'il était, bAti et orné des autels, de* vant lesquels il faisait ses menues dévotions, et pratiquait force cérémonies de sa façon, avec le chant, la lumière et l'encens. Et comme sa piété n'avait pas suivi la me* sure du temps ; son savoir aussi, et ses i^onnaissances acquises avancèrent tellement sur le terme commun des esprits, qu'il fit voir des fruits excellents dans la première saison des fleurs. En l'Age seulement de dix ans il apprit en quelque perfection la langue latine et la grecque, et se trouva capable de prononcer une harangue latine de sa composition devant le Pape Jules, et les cardinaux qui la trouvèrent si forte de raisonne* ment dans une bouche si tendre et si élevée de pensées dans un Age si bas qu'ils crurent aonner moins à la flatterie au'à la véW rite, de la louer magnifiquement, etd'un essai d'esprit qui surpassait les efl'orts ordinaires ne se promettre rien moins que des miracles,

« Et pour le reste des habitudes morales qui perfectionnent la volonté et achèvent rhomme, il semblait qu'il eût refu gratui* tement, ce qui est le prix commun des travaux et de J'usage de la vie. La prudence même qui est des derniers fruits de l'Age, se recueillit si mûr aux premières actions qui le montrèrent au public, que le Pape qui avait de grandes affections pour lui, n'eut point à craindre de reproches d'avoir suivi son inclination en l'ornant de la pourpre, dont tout le monde le jugeait digne. On ouït legrand cardinal Polus, le nommer l'honneur naissant du Sacré Collége,et comme l'aube de la gloire et plusieurs autres publier hautement, qu'il fallait une telle vertu pour relever l'éclat et la beauté de la pourpre romaine.

« L'élévation pourtant de sa fortune ne lui haussa point le cœur : il en parut plus humble et plus modéré ; et la couleur dé la vertu qui lui couvrit dès lors extraordinairement la visage, sembla faire honte h celle de sa robe. Hais s'il méprisa les vains bon<^ neursquesa nouvelle dignité lui avait appqrté8,il rechercha lagloiresolided'Alrenari'aite* ment recoiinaissant envers Dieu, et d'honorer de tout son pouvoir sa dignité par ses vertus.

« Qr entre celles qui faisaient son train plus honnorable, l'angéliquo pureté de ses mœurs, sa piété, son innocence, sa sobriété, sa douceur, sa simplicité éloignée d'ostentation se rendaient si visibles aux yeux d'un chacun, qu'il servait de loi et de censure à toute la cour de Rome. Il s'appliquait aveo quelque ardeur pour coptenter le désir de son père , à apprendre les secrets de la philosophie ; mais son étude plus chère était des saintes lettres, et des traités qui instruisaient & la conduite.de la vie dévote ; comme

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DES CARDIHAUX.

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