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son soin pins sérieux était d^eiprliner en ses mœurs, ce qn*il avait lu dans les livres, c Pareilleroent,*el quoi qu'il fât eitrômement ennemi de celte pompeuse imitation (le piélé^qui ne cherche que des spectateurs, et qui se produit tout è la montre, sachant bien néanmoins que dans i*éminence de sa dignité Tédification du pul)lic faisait une partie de ses devoirs, et qu'il était obligé, selon sa condition, de donner quelque chose aux yeux du monde, et de n'être pas seulement bon devant Dieu, mais aussi devant les hommes; il visitait souvent les lieux que la dévotion, ou la charité rendaient re<commandables , et assistait avec re»(>ectet attention aux Offices divins, et h tous les autres exercices de piété, tendant ordinal* rement de sa pourpre le pied des autels aux
{trières publiques. Et le voyait-on principalement aux jours que la licence oisive du peuple a dédiés aux spectacles , et aux passetemps, faire le tour des églises qui sont hors des murailles de Borne, accompagné d'une troupe choisie do personnes dévotes et de jeunes ecclésiastiques qu'il avait gagnés h vivre de sa façon , descendre dans les grottes des martyrs, et aux lieux commodes et plus retirés monter en chaire, et discourir des louanges des saints, le visage coloré de l'ardeur d'un séraphin et avec des paroles qui sortaient de sa bouche toutes teintes de 1 affection de son cœur.
« Il semblait, certes, qu'il voulait allonger par artifice une vie que les dispositions de sa nature lui avait promise fort courte: car épargnant avec soin toutes les heures qu'ont accoutumé d'emporter les occupations Taines, et les superflues, il partageait tout son temps è la méditation et aux actions de la Tertu, ne prenant de relâche qu'autant que la seule nécessité en exigeait de lui. Et comme il se sentait obligé d'instruire non moins de parole que d'exemple sa famille, il l'assemblait souvent dans la chapelle de son palais pour l!exhor(er aux devoirs de la Tertu chrétienne, quoique l'exhortation la plus puissante sortit de la bouche de ses vertus qui parlaient toujours è sa famille et à tout le monde.
« Comme il était extrêmement humble de cœur, et fort éloigné des sentiments de vanité qui ont coutume de natlre avec les grandes fortunes , il méprisa fort tout ce vain attirail de luxe qui pare les palais des grands, voulant que la simplicité fût la li- Trée de son train, et l'ornement de son logis: voire il ne voulut jamais souffrir qu'on mit ni armoiries, ni devises, selon la coutume des autres cardinaux , aux tapis-* séries, aux couvertures, h la vaisselle, et aux autres meubles de sou service, ou sur les portes de sa maison; ni qu*on tirât jamais son portrait en quelque façon que ce fût ; jugeant être cbuse indigne de faire parade de l'image du corps dont les traits se défont et les couleurs meurent avec le temps; et d*avoir si peu de soin de polir celle de l'âme, dont les ans ne verront jamais les beautés passées, ni les traits gîités.
« Il était si éloigné de caresser son corps^ qu'il semblait qu'il eût juré d'en ruiner la santé et les forces , le flétrissant avec les jeunes et les longues abstinences, l'eutra-
!;eant avec les cilices et les disciplines, et e consommant dans les veilles laborieuses, 3u'il n'interrompait que d*un court, et bien ur repos qu'il prenait sur le pavé de sa chambre, courert d'un lodier ou d'un ais, ou pour le plus d'un simple matelas ; d'où il se levait tous les jours comme un phénix de son nid, pour recevoir dans son sein, les rayons du ciel, et les pures ardeurs qui brûlaient sa chaste poitrine.
a Mais ce fut principalement lorsqu'il vaqua aux exercices spirituels de saint Ignace, que ces divines flammes s'éprirent plus vivement en son cœur; auquel temps il forma le dessein de faire une entière retraite du monde, et d'appendre sa pourpre qui lui pesait sur les épaules, aux branches de la croix. De quoi ayant communiqué avec son confesseur, homme prudent, et avec les sup<^rieurs de la Compagnie, oi^ il demandait d'être reçu. Après plusieurs pressantes sollicitations, et les prières les plus soumises que ses dévotes volontés lui suggéraient, il acquiesça enfln pour beaucoup de considérations avec lesquelles on satisGt son esprilt de se tenir dans l'état et la condition, en laquelle la providence de Dieu l'avait mis, oi^ la réputation de sa dignité devait rendre sa vertu plus utile et plus agissante, et le fond de sa pourpre nausser l'éclat de ses exemples.
« Il ne laissa pas pourtant de faire un rcr noucemenl aussi parfait du monde que s'il l'eut tout à fait quitté, honorant sa profession par le mérite de toutes les vertus religieuses, auxquelles il tâcha depuis de former ses mœurs selon les règles et l'institut de la Compagnie , pour laquelle il conserva jusqu'à la mort de tendres affections, et laquelle il voulut de son vivant établir à Montpulcian, ville de sa naissance, ayant donné sa propre maison pour servir aux fonctions d un collège. Il tâcha même après la mort de son oncle, le Pape Jules, de se défaire de tous les bénéfices qu'il lui avait donnés, lesquels il remit entre les mains du Pape Paul lY avec résolution de se contenter du simple plat de cardinal : de quoi le Pape le loua, et voulut qu'il les retint, l'en ju-r géant d'autant plus digue, qu'il craignait plus d'en mésuser.
c Ainsi détaché entièrement des affections de l'intérêt et de soi-même; ne tenant qu'à Dieu, hors duquel il ne tenait qu'un vide, et qu'une faible image de bonheur; et sou« piraut sans cesse après ces hautes et ravis-t santés félicités qui donnaient le feu h ses désirs, il tomba en une lente et longue tièvre de six mois, qui acheva de flétrir son corps» et diminua tellement ses forces qu'il fut ré<« duit à un état immobile de tout son corps ; obligé par son extrême faiblesse, et par les poignantes douleurs qui le tourmentaient en changeant de place, de se tenir durant quatre vingts jours tourné sur uo cOié{
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